— Thorin, sur ta gauche !
Avant même que Thranduil ne finisse sa phrase, Thorin s'était déjà retourné pour tirer deux balles dans la poitrine du soldat qui tenta de le prendre à revers. Le blond vint à ce moment pour faucher les deux autres qui s'étaient approchés à leur tour dans l'espoir d'immobiliser Thorin. La chute des corps sonna sourdement dans le calme soudain de la salle d'où s'élevaient seulement des gémissements d'agonie.
Récupérant un poignard tandis que le brun rechargeait ses armes, Thranduil commenta simplement :
— Ils n'ont pas reçu l'ordre de nous tuer.
— Smaug estime certainement que nous avons plus de valeur vivants que morts. Il préfère perdre ses hommes par dizaine plutôt que de détruire un potentiel investissement.
— Nous devrions le retrouver et le mettre hors jeu maintenant.
A la remarque formelle de Thranduil, Thorin acquiesça, parfaitement d'accord, mais Oropher arriva à cet instant, entouré de ses hommes et il annonça d'une voix dure :
— Non. Smaug a déjà pris la fuite, il n'est pas notre priorité, nous devons-
— Il vient de s'en prendre à Fili ! Qui sait ce qu'il lui aurait-
— Fili est maintenant en sécurité chez les Sang-déchoirements, il n'est plus un facteur à prendre en compte dans cette situation.
— Quoi alors ? On laisse ce criminel s'en tirer si facilement ?
L'idée semblait parfaitement inenvisageable pour Thorin qui vérifiait déjà la sécurité de ses armes et Oropher insista fermement :
— Oui. J'ai l'intuition qu'il nous sera plus utile vivant et libre… Laissez-moi le trouver seul, je pense avoir une proposition à lui faire.
— Faire une proposition à l'homme qui vient d'enlever et séquestrer mon fils ?
Braqué, Thorin lui envoya un regard noir et Thranduil s'approcha de lui pour signifier son soutient. Il eut la conviction que c'était plus pour le principe de contredire son père que par réelle compassion pour Fili mais, tout de même, le brun apprécia l'idée.
Toutefois, peu intimidé, Oropher concéda sans patience :
— Une proposition à celui qui a les moyens de vous apporter beaucoup plus que ce que vous ne le pensez, Thorin. Si vous n'êtes pas prêt à faire la moindre concession envers vos ennemis dès maintenant, le seul conseil que je puisse dorénavant vous donner est de plier bagage et de retourner en Ered-Luìn.
Sauvage… Ca avait le mérite d'être dit avec tact et délicatesse… Thorin commença à cerner le principe, mais, encore, Oropher ajouta en marchant vers lui :
— En tant que futur roi, il est plus intéressant d'avoir un sujet comme Smaug dans la poche plutôt que de couper maintenant la tête des Pyrothanes. Savez-vous qui prendrait sa place s'il tombe ? Espérez-vous vraiment que la chute de Smaug marquera le glas de cette famille et ne l'enjoindra pas, au contraire, à se lever contre vous ou Erebor ? Êtes-vous si naïf et si aveugle ?
Le mot « Stupide » n'avait pas été dit à voix haute, mais Thorin l'entendit tout de même et il s'en vexa, toutefois, ce fut Thranduil qui répondit à sa place :
— Entre celui qui désire nouer une alliance avec un type coupable des pires méfaits et un autre qui désire débarrasser Erebor d'une telle plaie, la dernière question pourrait t'être retournée, papa…
Il fut, à ce moment, difficile de dire lequel des deux regards, entre celui du fils ou du père, irradiait le plus d'animosité, de ressentit et de colère bridée. Toutefois, la voix du plus vieux était parfaitement froide lorsqu'il répondit simplement en tournant les talons :
— Je n'ai pas de compte à te rendre, Thranduil. Tout comme je ne me justifierai pas davantage. Je vais vous faire escorter jusqu'au manoir, tout les deux. Reposez-vous et tenez-vous à l'écart, vous avez assez fait pour aujourd'hui. Je m'occupe de Smaug personnellement, ayez confiance, il ne sera plus une menace très longtemps…
Thorin allait répliquer, mais Oropher sortit à ce moment et la moitié de ses hommes restèrent sur place, les encadrant de manière ouvertement menaçante pour les forcer à prendre l'autre direction. Désemparé mais déterminé à suivre le plus vieux malgré tout, Thorin se mit en garde pour se soustraire de son escorte forcée, mais Thranduil se colla à lui pour glisser à son oreille :
— Ne résiste pas. C'est sa manière de faire. Ca a toujours été sa manière de faire. Il ne connaît pas la discussion…
Le blond semblait plus résigné qu'autre chose et, face aux soldats qui n'avaient pas hésité à braquer leurs armes sur eux, Thorin consentit à obtempérer en silence et à sortir du bâtiment. Bouillonnant, il garda les lèvres closes durant tout le trajet en voiture qui les ramenait directement au manoir, entourés de plusieurs gardes qui, certainement, rapporteraient le moindre de leurs faits et paroles à Oropher.
Ce ne fut qu'une fois isolés dans l'aile, très protégée, mise à disposition de Thorin, qu'il demanda au blond d'une voix furieuse :
— Dans quel camps joue-t-il, au final ?
— Le notre, à sa façon.
— Il est donc capable de s'en prendre à nous si jamais nous n'allons pas dans son sens ?
Thranduil haussa les épaules et s'assit sur le grand canapé de la pièce en portant son regard vers la vitre ouvragée, apercevant le parc caché dans la pénombre de la nuit. Ennuyé, il commenta d'un ton bas :
— Disons simplement qu'il ne conçoit pas que nous puissions résister à ce genre de petite démonstration de force… Il a toujours agit en solo et ça lui a toujours réussi. Si jamais ses alliés commencent à prendre des initiatives qu'il n'approuve pas, il se contente de les « escorter » gentiment hors des zones critiques le temps qu'il règle le problème comme il l'entend…
Encore, le regard de Thorin bouillonna et il manqua de récupérer immédiatement ses armes pour y retourner. Mais, conscient qu'il avait, initialement, permis à Oropher de prendre les choses en mains et, surtout, que le plus vieux était le mieux placé pour régler efficacement le problème de Smaug, il préféra rejoindre Thranduil sur le canapé en demandant d'une voix neutre :
— As-tu déjà essayé de lui résister ?
Thorin venait radicalement de changer de sujet dans le genre demi-volte renversée et Thranduil se tourna soudain vers lui pour lui lancer un regard déstabilisé, comme s'il se demandait franchement d'où sortait cette question ou, alors, si Thorin ne venait pas de faire en sorte d'amener la conversation simplement pour aborder ce sujet particulier qu'il avait déjà essayé de creuser plusieurs fois auparavant.
Il ne soutint pas longtemps le regard du brun et se détourna à nouveau pour regarder la vitre en haussant les épaules :
— Peut-être seras-tu le premier à le faire… Jusqu'ici, il a toujours obtenu tout ce qu'il voulait de tout le monde…
Il y avait quelque chose dans sa voix ou, plutôt, il manquait quelque chose. Atone et inexpressive, elle était la même que si le blond venait de commenter le temps et Thorin soupira en glissant le dos de ses doigts sur son bras :
— Thranduil… Pourquoi ne veux-tu pas me parler ?
— Pas de ça.
— Tu ne veux pas que je sache ?
Glissant sur la légère tunique de combat sombre que Thranduil n'avait pas encore ôtée, les doigts de Thorin remontèrent le long de l'épaule pour rejoindre la courbe de la mâchoire qu'ils cajolèrent gentiment et le blond soupira :
— Il n'y a rien à savoir.
— De ce que j'ai vu, jusqu'à maintenant, de tous les gens qui lui ont adressé la parole, tu es le seul qui ose se dresser face à lui et lui tenir tête… Même moi suis, pour l'instant, sagement resté dans son sillon… Je me demande simplement quel est le prix à payer pour cela et j'ai la conviction que tu es le seul à le connaître…
Insistant, il se pencha sur lui et ses doigts quittèrent la joue pour descendre le long de la gorge. Thranduil tourna à ce moment son regard vers lui et Thorin le soutint avec assurance. Sans ajouter un mot, il s'empara de la fermeture éclaire qu'il fit descendre très doucement, dévoilant sous le vêtement ce magnifique torse imberbe, toujours marqué de zébrures violacées qui rappelaient ses funestes blessures. Le blond le laissa faire, comme s'il ne savait pas à quel point Thorin était sérieux, dans la discussion ou dans ses actes. Immobile, il se contenta de vriller son regard à celui, bleu, du plus vieux qui, profitant de son inertie, lui retira totalement la tunique qu'il laissa choir au sol en continuant sur le ton de la conversation :
— Je dois lui faire comprendre que je ne suis pas juste un pion sur l'échiquier… Je veux être celui qui bouge les pièces moi aussi…
— « Toi aussi » ?
Docile, Thranduil se laissa guider par Thorin lorsque celui-ci, remontant gentiment sa main sur son épaule, l'invita à s'allonger dans le canapé tout en s'installant au dessus de lui pour le surplomber en justifiant simplement, appréciant la vue plus que de raison :
— Même Oropher l'a reconnu… Tu as joué une partie de maitre ces dernières années… Ces informations que tu as distillées autour de toi, ces personnes que tu as contactées au bon moment… Tu es aussi le premier à avoir annoncé la présence d'un prêtre de Morgoth…
— J'essayais simplement de survivre.
Thorin haussa un sourcil pas vraiment convaincu par cette apparente modestie et, simplement, il se redressa pour retirer sa propre tunique, dévoilant à Thranduil un torse solide et musculeux. Le blond eut un coup de chaud et dû se faire violence pour ne pas porter immédiatement ses doigts sur la peau qui irradiait d'une chaleur attrayante. Peu habitué à devoir faire face à un désir de son corps plus puissant que sa propre volonté, il resta immobile lorsque les mains de Thorin, moins prudes, se posèrent franchement sur lui. Il sentit son souffle s'emballer sans qu'il ne soit capable de le maitriser et une chaleur surprenante se répandit en lui mais, trop fier pour se laisser aller si facilement, il maitrisa un vertige et fit mine de s'intéresser à la conversation que Thorin reprit d'une voix neutre :
— Je me demande, d'ailleurs… C'est une question qui me tourne souvent en tête, même si tu avais nié cette hypothèse lorsque j'en avais initialement fait la remarque mais… Etait-ce toi qui avait donné l'identité du gardien à Smaug ? Lorsqu'il avait utilisé cette information pour s'en prendre aux Sang-Dêchoirements et aux Raa'z ?
Il ne répondit pas, se contentant de fermer les yeux lorsque la bouche de Thorin rejoignit ses mains sur la peau pour l'embrasser paresseusement, remontant le long de son abdomen. Il tressaillit à peine lorsque les lèvres vinrent gouter sa gorge, puis le souffle de Thorin échoua dans le creux de son oreille :
— Pourquoi poser cette question… Cela ne peut être que toi… Jusqu'alors, personne d'autre ne connaissait l'identité du gardien, n'est-ce pas ?
Encore, Thranduil garda le silence et, indolemment, Thorin embrassa ses épaules en reconnaissant :
— Tu savais comment Smaug utiliserait cette information et que ton identité serait, alors, découverte… Tu savais aussi que, par cette simple action, l'alliance de ces trois familles deviendrait impossible, qu'ils s'entredéchireraient car c'était trop tôt pour eux, leur « amitié » était trop fragile pour survivre à la révélation sur l'identité du gardien… Ainsi, tu as réduit à néant la plus grosse menace qui planait sur la faction Alvarienne avant même que les plus hauts gradés ne soient conscients que l'Alliance entre Smaug, Raa'z et Sang-Dêchoirement avait le potentiel de renverser le gouvernement actuel… Mais…
Il laissa sa phrase en suspend et, neutre, Thranduil compléta :
— Mais je ne savais pas que Fili serait impliqué…
— Et qu'il doublerait Raa'z et Sang-Déchoirement, formant une alliance improbable avec ces derniers par la même occasion…
Les lèvres avaient repris leur exploration, continuant avec les épaules et la gorge, que Thorin affectionnait tant. Thranduil ne répondit pas, il se contenta de pousser un soupir ravi, posant, finalement, ses mains sur les flancs du brun qu'il caressa langoureusement. Mais Thorin, insérant un genou entre ses cuisses pour l'inviter à les écarter et prendre place entre elle, posa son avant-bras sur la poitrine du blond pour le maintenir contre le canapé alors qu'il se redressa pour remarquer d'une voix dangereusement plus grave, plus sérieuse et plus tranchante :
— C'est l'intervention de Fili qui a fait tourner les chose en notre faveur… C'est donc considérant ce fait que je sais que ce n'est pas pour aider la section Alvarienne que tu as fait tout ça. Au contraire.
Le ton venait de changer. Dur et grondant, il amena la température de la pièce à baisser soudainement de quelques degrés. Pris au piège par la position d'apparence intime, mais démontrant finalement une garde sans faille de la part de Thorin, Thranduil ne broncha pas lorsque le brun martela d'un chuchotement acéré en plantant ses yeux dans les siens :
— Ces événements se sont déroulés la semaine même où je suis revenu à Erebor…
Coincé sous le corps de Thorin dont la prise ne lui permettait même pas de se débattre, Thranduil n'eut aucun mal à comprendre l'insinuation et, plutôt que de réfuter la déduction qu'en avait fait le plus grand, il serra les lèvres et lui envoya un regard dur, le mettant au défi de contester ses choix. Un silence s'écoula et, plus dangereux, presque menaçant, Thorin se baissa sur Thranduil pour le regarder dans les yeux en parlant d'une voix basse :
— Le jour de mon arrivée, tu es allé trouver Smaug. Quatre jours plus tard, l'alliance dangereuse des deux plus grandes familles d'Erebor était brisée, Smaug savait que tu étais le gardien, Daïn connaissait la localisation de la pierre et tu étais son dernier allié et les Raa'z n'avaient plus de soutient. Diviser pour mieux régner, n'est-ce pas ? Les leçons de ton père ne sont apparemment pas tombées dans l'oreille d'un sourd…
Pas encore inquiet mais réceptif à l'aura dangereuse de Thorin, Thranduil porta sa main sur l'avant-bras puissant qui l'immobilisait et il eut le réflexe de plier un genou pour le remonter le long de la taille du plus grand qui reprit de cette voix sourde en se pressant contre lui :
— Si tu étais allé au bout de ton idée… Si jamais tu avais continué et appâté Smaug en lui offrant Oropher, son plus grand rival, celui dont toi, le seul, connaît les failles… si jamais tu avais fait savoir à Daïn et Azog que tu étais celui qui avait le pouvoir de leur offrir la pierre et que tu avais posé tes conditions… Des conditions qui, sans aucun doute, concernaient ma disparition et celle du premier héritier après moi… Tu aurais tout gagné… La chute d'Oropher, celle de la faction Alvarienne et l'allégeance des trois plus grandes familles qui, grâce à toi, auraient obtenu pouvoir et richesse au delà de leurs espérances…
Encore, Thranduil ne prit même pas la peine de réfuter et, même, il concéda d'une voix très sérieuse :
— La faction Alvarienne est corrompue, il est temps de la mettre à terre d'une manière ou d'une autre.
La prise sur son torse s'alourdit, allant jusqu'à compromettre son souffle et Thorin gronda d'un ton bas :
— Penses-tu qu'amener Smaug et Azog aussi haut aurait été mieu- Ho… Je vois… Ce n'est pas pour rien que tu gardais les Raa'z sous la main… Un conflit auto-destructeur serait si vite arrivé… Daïn, le premier héritier après Fili et moi, aurait eut le champs libre pour s'asseoir sur le trône tout en sauvant la ville de deux menaces qui tenaient tête à a section Alvarienne…
Fouillant dans le regard de Thranduil, Thorin sembla y lire les réponses à ses questions et il commenta simplement :
— Pourquoi as-tu changé tes plans, finalement ? Etait-ce la pression du prêtre de Morgoth qui t'inquiétait ?
— Justement. C'était la présence du prêtre de Morgoth qui m'a poussé à agir de manière aussi drastique… Je savais qu'il était tapi quelque part, qu'il chuchotait à l'oreille d'Oropher et que tu étais sa cible… Je te considérais comme un dommage collatéral, un pion à évincer, que le prêtre avait simplement fait venir à Erebor pour appeler la pierre avant de se débarrasser de toi ou de t'utiliser d'une autre manière… Je n'avais pas si tord quant à ses plans…
— Et donc ? Qu'est-ce qui a changé ?
Thranduil pinça les lèvres et sa main qui tenait l'avant-bras se contracta légèrement, avant de se déployer pour le caresser, appréciant la fermeté des muscles qui roulèrent sous sa peau.
— Tu te doutes, non ?
— Non. Il va falloir que tu me le dises…
Sa voix était toujours aussi grave, mais Thranduil crut entendre une note taquine et il le fusilla du regard. Toutefois, le brun était vraiment sérieux et pas prêt à faire des concessions, alors le plus jeune admit du bout des lèvres, continuant de caresser le bras qui le tenait impitoyablement :
— Ces plans n'auraient jamais permis que, à un moment où à un autre, je te laisse me toucher comme tu le fais parfois…
— Parce que tu en avais envie ? Que je te touche ainsi ?
Encore, ce mélange aussi taquin qu'intimidant dans cette voix si basse et Thranduil jugula un frisson lorsque, de son autre main, Thorin vint pétrir sa cuisse, descendant sans aucune pudeur pour découvrir le galbe de sa fesse avant de glisser à l'intérieur de la jambe, griffant le tissu qui recouvrait la peau extrêmement fine à cet endroit. Thranduil ne put contenir un accro dans son souffle mais, doucement, il répondit d'une voix neutre qui contrastait fortement avec le magnétisme de son regard :
— Je te l'ai déjà dit : « J'ai eu le temps de revoir le jugement que j'avais sur toi »…
— Est-il seulement question de jugement ?
Sans qu'il n'ait le temps de répondre, le plus vieux se pencha franchement sur lui pour parler à nouveau dans le creux de son oreille sans cesser de malaxer la cuisse qu'il écarta pour mieux se placer entre ses jambes et approcher son bassin de celui du plus jeune :
— Tu étais prêt à mettre la faction Alvarienne à terre, à utiliser Smaug pour détruire ton père et Daïn pour prendre le pouvoir… Je n'étais pour toi qu'un « dommage collatéral »… Un « pion » que tu avais finalement accepté de rencontrer hors du bureau et à qui tu as commencé à partager des informations que nul autre que toi ne possédait… Un « pion » à qui tu as donné l'autorisation de te toucher et te parler comme aucun autre ne l'avait jamais fait avant moi… Une simple nuisance chez qui tu t'es réfugié lorsque tu as perdu la manche et à qui tu as demandé l'aide lorsque Saroumane manqua de te mettre échec et mat... Qu'est-ce qui a changé ?
Thranduil garda les lèvres closes et Thorin se redressa pour le regarder dans les yeux et demander de cette voix indéchiffrable, portant sa main à son visage pour le caresser gentiment :
— Tu ne me le diras pas ?
La prise sur sa poitrine s'allégea et Thranduil lui renvoya un intense regard chargé de doutes mais, aussi, de certitudes. Thorin ne broncha pas lorsque, sans prévenir, le blond repoussa son bras avec douceur pour poser sa main sur sa nuque. Encore, ils échangèrent un long regard en silence puis, lentement, le plus jeune entrouvrit sa bouche et affermit sa prise sur sa nuque tandis qu'il approchait son visage jusqu'à happer les lèvres de Thorin dans un baiser tendre. Le plus vieux y répondit en glissant sa main dans son dos, qu'il caressa avec passion, avant de se pencher à nouveau pour allonger le plus jeune sur le canapé et le surplomber. A aucun moment le baiser ne se rompit, au contraire, il prit en fougue et en intensité alors que Thorin pressait son corps contre celui de Thranduil qui laissa ses doigts parcourir le dos aux muscles bien dessinés. Finalement, il n'avait pas vraiment besoin de le formuler à voix haute, Thorin l'avait bien comprit : Thranduil, qui, jusqu'alors, avait mené toutes ses batailles seul, avait, enfin, trouvé quelqu'un sur qui compter. Entre autre.
Charmé par ce type qui, finalement, s'avérait aussi dangereux que ses pires ennemis, même s'il était conscient que ce n'était pas sur ça qu'il était supposé craquer, Thorin appréciait être celui qui avait bouleversé ses plans radicaux. Le plus jeune ne le cachait même pas. Récupérant sa langue qui était très occupée à découvrir la bouche de Thranduil de fond en comble, il se redressa pour souffler contre ses lèvres :
— Même si tu ne veux pas me le dire, laisse moi te donner raison… Laisse moi te faire comprendre que miser sur moi était la bonne décision… Et, surtout, que l'Arkenstone t'a choisi, toi, non seulement pour tes aptitudes mais, aussi, parce que, quoiqu'il arrive, c'est toi que le premier héritier d'Erebor aurait choisi.
Quelque peu étourdi par le baiser, Thranduil ne sembla pas comprendre immédiatement de quoi il était question, mais un rougissement extrêmement léger réchauffa ses joues lorsque, sans rien ajouter, Thorin se leva et lui tendit sa main pour l'inviter à le suivre, ajoutant un éloquent signe du regard en direction de la porte close de sa chambre à coucher.
oOo
Merci d'avoir lu !
J'espère que ceux qui sont en vacances profitent bien et que ceux qui sont au travail n'en souffrent pas trop.
J'hésite, pour le prochain chapitre, à continuer celui-là ou bien revenir du côté de Fili et Kill, eux aussi ont deux ou trois choses à se dire...
Peut-être les deux ;)
On verra bien.
Bisous à tous et merci beaucoup pour les reviews !
