Bonjour

J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes. Maintenant, un petit chapitre pour égayer le futur retour au boulot ! Profitez bien de votre dernier we pour certains.

Réponses aux reviews :

Gaby : Ravie que le précédent chapitre t'ait plu. Eh oui, Harry a fait front face au mauvais comportement de Parvati !

PlumedeSorbier : Merci pour tes compliments. Je vois que la réaction d'Harry face à Padma a plu à tout le monde

Voici la suite !


Chapitre 3

Harry ne sait plus où se mettre, Hermione papote gaiement avec nos deux sauveurs, Terry et Blaise. Je crois qu'elle est autant soulagée de la désertion des sœurs Parvati que moi. Pour des raisons autres bien sûr. C'est vrai qu'elles n'étaient pas tendres avec Hermione. Moi, j'avoue que je ne réalise pas encore. Je suis passé par tellement d'émotions en quelques minutes.

Terry et Blaise sont à l'avant, Hermione, Harry et moi sommes à l'arrière. Harry est contre la fenêtre et n'ose pas ouvrir la bouche. J'ai cru la terre s'ouvrir sous moi lorsque Parvati a commencé à sous-entendre que je tournais autour d'Harry ou qu'on faisait des choses dans son dos. Je ne pensais pas que quelqu'un aurait remarqué quoique ce soit, surtout elle qui semblait n'accorder aucun regard au cloporte que j'étais. Je pense qu'Hermione avait sans doute commencé à détecter des petits signes, surtout depuis cette fameuse photo d'Harry dans une Pride. Je n'arrive déjà plus à analyser mes émotions depuis la découverte de cette fameuse photo alors essayer de décrypter les pensées d'Harry à cet instant met quasi impossible. Il se tourne vers moi le regard un peu hagard.

« Je te dois des excuses

-Quoi, pourquoi des excuses ? C'est elle qui…

-Tu dois me détester.

-Quoi mais qu'est-ce que tu racontes ? »

J'ai l'impression qu'il n'entend même pas mes réponses. Il est dans son monde, un monde plein de ténèbres où tout ce qu'on pourrait lui dire ne l'atteint pas. Je me penche et lui touche doucement la main pour lui faire remarquer ma présence. Je n'ai jamais été doué pour réconforter les gens. Harry a toujours donné l'illusion de tout maîtriser alors que le monde s'effondre autour de lui. Harry n'a besoin de rien ni de personne. Sa gravité m'effraie, je m'essaie à un peu d'humour :

« C'est à toi que tu dois des excuses. T'infliger ça, mon pauvre !

- Comment j'ai pu en arriver là ? Me mettre en couple avec une homophobe ? Je suis un pauvre abruti

-Bon, ça suffit, la dépréciation là ! »

Mon ton était un peu moins bienveillant que ce que j'aurais voulu. Mais là j'en ai marre ! Je lui agrippe et lui soulève le menton pour le regarder dans les yeux pour l'invectiver plus vertement. Je suis pas très doux comme mec, j'avoue. Mais cette soudaine proximité nous a bloqués tous les deux sur place.

« Bon. J'ai réussi à capter ton attention. »

J'ai toujours son menton dans une main et je lui essuie les quelques larmes qui lui avaient échappé de l'autre. Il semble si vulnérable, si fragile. Je ne l'ai jamais vu dans cet état et c'est bien la première fois que je suis le soutien de qui que ce soit. Mais je suis prêt à tout pour Harry. Je me surprends à me surpasser moi-même. A surmonter mon sentiment d'inutilité.

...

Je me sens tellement mal. Pendant tout ce temps, je me suis cherché des excuses pour toutes ces choses que j'avais laissé faire. J'avais tellement peur de déplaire, de perdre ma place de leader. C'est tout ce que j'ai. Sans ça, je ne suis rien. Je sais que Ron a l'impression d'être une pauvre merde. Mais j'y ai contribué. Pour me sentir puissant, il fallait que les autres autour de moi se sentent faibles. et avant que je ne m'en rende compte, j'étais devenu un odieux connard envers mes amis. Qu'est-ce que j'ai de plus que les autres ? Mais justement rien ! Au contraire ! Et ils ne s'en sont jamais rendu compte. « Je suis Harry. Et je vous présente mes deux meilleurs amis… Ah non, ils n'ont pas de prénom, ce sont juste les meilleurs amis de Harry Potter, voilà. » C'est très imagé mais en résumé, c'est ça. Et cette attitude m'a collé à la peau. Et je leur ai fait croire que, sans moi, ils n'étaient rien, ils n'avaient aucune identité. Pendant un moment, j'ai commencé à avoir des remords. C'est quand même pas évident d'être un connard en permanence. Surtout avec Ron…

Mais je me suis acharné ! Je ne voulais surtout pas qu'il voit qu'en fait c'est moi qui me considérais comme de la merde si lui n'était pas là. Je ne supportais pas qu'il continue à vivre sans moi. Il ne peut juste pas continuer à exister si moi je ne suis pas là… Rire, s'amuser, socialiser… Non, ce n'est pas possible… Il ne pouvait pas… Pas si je ne suis pas là. Il devait me dire que ça avait été bien mais qu'il n'avait pas pu en profiter parce que je n'étais pas avec lui… Il devait louper la moitié de la représentation théâtrale à m'écrire des textos, se faire sortir du cinéma parce qu'il gêne les gens avec son écran de téléphone allumé pour les mêmes raisons, ne participer pleinement à aucune conversation au restaurant parce qu'il est encore et toujours avec moi au téléphone. Et ça, c'est s'il a osé choisir une activité à laquelle je ne peux pas participer. Ce qu'il ne fait bien sûr jamais. Parce que même si il choisit une activité qui ne me plaît aucunement et que je préfèrerais crever plutôt que d'y aller et si malgré tous mes efforts, je n'ai pas réussi à lui faire renoncer… Eh ben, j'y vais quand même… Parce que, je le répète, il ne peut pas vivre sans moi... C'est aussi effrayant que ça…

J'avoue, de temps en temps, ça me bouffe d'être comme ça et j'ai l'impression de plus pouvoir me regarder en face. Et puis, il rigole très fort à une blague qu'un mec que je ne connais pas vient de sortir et j'ai l'impression que mon cerveau se déconnecte. Ca me met dans une rage folle et j'ai l'impression que je pourrais fracasser la gueule de ce mec. Comment se fait-il que je ne connaisse pas ce mec avec qui il semble si familier ? J'ai pourtant fait un tour de tous ces collègues dès son premier jour de stage pour bien cerner tout le monde. C'est qui lui ? Pourquoi il me l'a caché ? J'attends un peu avant de poser la question : C'était qui ? Il me répond nonchalamment mais je le tiens à l'œil ce mec. Je repasserais plus souvent le chercher au boulot.