Bonsoir

Hihi ! Ravie que ça te tienne en haleine hinatanatkae^^ J'espère que la suite te plaira.

Bonne lecture !


Chapitre 12

Ca faisait une petite minute que je cherchais Ron et Draco du regard, un peu inquiète de les avoir perdus de vue lorsque j'ai vu les cheveux blonds de Draco au loin. Mais mon inquiétude refait surface. Ron n'est pas avec lui et le visage de Draco est fermé comme je ne l'avais jamais vu. L'inquiétude se peint également sur le visage de Blaise dès qu'il voit son ami. Blaise attire Draco plus loin et je pars à la recherche de Ron en remontant le cortège en sens inverse d'où Draco semblait venir.

Il me faut deux minutes pour le trouver, assis sur un muret, en pleurs. J'essaie de comprendre ce qu'il me dit entre deux sanglots. Il se traite d'abord de tous les noms avant de bien vouloir m'expliquer toute l'histoire. Et, une fois fini, il se remet à s'insulter dans sa barbe et en vient même à se frapper la tempe avec violence. J'attrape son bras à la volée alors qu'il entamait déjà son prochain coup. Je crie, prise de panique par la violence que je n'avais pas vu venir et qu'il s'inflige à lui-même :

« Ron ! Ca suffit ! Tu as été maladroit, c'est vrai. Mais je doute qu'il t'en veuille indéfiniment et il n'aimerait pas te voir te faire du mal comme ça »

Je savais que cette dernière phrase allait faire mouche. Il prend de vives respirations pour se reprendre. J'en profite pour attraper mon téléphone et envoyer un message à Blaise. Je n'ai pas le numéro de Draco.

« Ron s'en veut terriblement. Où êtes-vous ? »

Mais vu le visage fermé de Draco, j'ai bien peur de mettre un peu avancée sur sa faculté à pardonner. Je crains qu'on ne découvre un aspect encore inconnu de la personnalité de notre ami. J'espère vivement que Draco n'est pas quelqu'un de rancunier.

Blaise me répond rapidement qu'il vient lui-même nous chercher et nous demande où nous sommes. On attend une petite dizaine de minutes avant de voir Blaise arriver. Ron a eu le temps de sécher ses larmes, même si ses yeux restent un peu rouges. La Pride s'achève, la foule se disperse dans les bars et cafés alentour. Blaise nous informe qu'ils se sont installés dans un pub. On le suit sans rien dire. Terry, Millicent et Draco sont installés à une grande table, ils discutent de ce qu'ils ont vu durant la Pride. Draco ne nous jette pas un regard. Son visage est totalement impassible. Il discute mais ses traits sont figés et ne laissent glisser qu'un sourire froid de temps en temps. Terry essaie de nous inclure dans la conversation mais Draco rebondit sur autre chose, l'air de rien. Terry insiste alors pour nous demander notre avis sur je-ne-sais-quel sujet. Draco prend une inspiration tendue et se lève en marmonnant qu'il va se rechercher une bière. Le silence se fait à la table. Ron soupire et se laisse glisser sur sa chaise de désespoir. Blaise soupire et siffle presque :

« C'est pour ça qu'il n'aime pas parler de ça ! Il ne veut pas qu'on le voit comme une victime sans défense.

-Je ne le vois pas comme une victime !

-Tu lui as envoyé son statut de victime en pleine face ! « battu » ! T'es sérieux là ? « battu » !... T'es con ou quoi ?

-… Qu'est-ce que je suis censé faire ?

-Ben, t'excusez pour commencer ! Mais, après, franchement, je ne sais pas. Draco est génial mais c'est la personne la plus orgueilleuse que je connaisse et, là, t'as vraiment touché un point sensible ! »

...

Draco est accoudé au bar et attend qu'on s'occupe de lui. Faut dire qu'après la Pride, il y a du monde partout. Le bar est bondé. Très vite, ça n'échappe pas. Un mec vient l'aborder. Il le laisse parler dans le vide un moment avant de le faire déguerpir en une phrase bien placée. Je prends mon courage à deux mains et me lève. Je vais m'excuser. Il détourne le regard dès que je m'installe à côté de lui mais je me lance :

« Je suis désolé Draco. Mes propos ont été très maladroits. Je voulais juste dire que tu semblais avoir vécu la même merde que moi j'ai vécu avec Harry et cette histoire de bleus. Je n'aurais pas aimé qu'on utilise le mot… que j'ai utilisé pour autant. J'étais juste totalement désorienté. J'avais follement envie de t'embrasser mais je ne comprenais pas pourquoi toi tu aurais eu envie de ça. Tu es un mec génial et – tu vas encore dire que je me dénigre mais – je suis qu'une pauvre merde à côté de toi ! »

Il me lance un regard d'avertissement. Je rebondis immédiatement :

« Regarde ! Je t'ai fait du mal et tu t'inquiètes encore de mon estime envers moi-même ! Tu es un mec génial !

-Je sais que je suis un mec génial, Ron, tu n'as pas besoin de me flatter… »

Je souris à sa boutade. Et reprends :

« Alors, tu comprends ? Quand j'ai vu que… qu'on allait…, j'ai paniqué ! J'ai cherché toutes les explications possibles au fait que tu puisses t'intéresser à moi... Mais c'est pas pour autant que je te vois comme une victime sans défense.

-… « victime sans défense » ? C'est Blaise qui t'a dit ça ?

-… Non ! Je… Ca m'est venu tout seul…

-Tu mens très mal, Ron… Ecoute… J'ai été une victime... C'est vrai… Et renier ça reviendrait à minimiser la… « merde que j'ai vécu » comme tu dis… Tu ne peux pas avancer si tu n'acceptes pas ton statut, temporaire mais réelle, de victime... Comme tu ne peux pas avancer si tu minimises les actes d'Harry à ton égard, « cette histoire de bleus », avec des phrases comme « j'ai la peau qui marque »… Je sais que j'ai été une victime pendant un temps. Mais je ne le suis plus, ça ne me définit pas. Tu ne peux pas me balancer que je m'intéresse à toi parce que… j'ai été un jour une victime. Ca ne fait pas de moi une victime à vie. Plein d'autres choses me définissent avant ça. Qu'est-ce qui te fait sourire ?

-Tu as dit « je m'intéresse à toi » !

-… Ce sont les mots que tu as toi-même employés…

-Oui mais tu les avais dits au passé tout à l'heure ! »

Il réalise que ce que je viens de dire est vrai mais il n'a pas le temps de répondre que le barman nous interrompt pour prendre notre commande. Il en profite pour esquiver et ramène une tournée générale que j'aide à porter à la table, vu que je suis là autant que je serve à quelque chose, comme il dit.

Blaise me fait une moue impressionnée lorsqu'il voit Draco revenir un peu plus disposé que précédemment. Je me retiens de sourire. La conversation reprend, plus légère. Hermione et moi participons également, Draco ne nous coupe plus la parole. Ses traits reprennent vie. Ses yeux pétillent à nouveau lorsqu'il me regarde. On reste plongés dans le regard de l'autre un moment, sans plus rien entendre de la conversation. Jusqu'à ce que Millicent tape dans ses mains pour nous sortir de notre rêverie : « Bon ! On va danser, les mecs, vu que la discussion ne vous intéresse pas ? » Je rougis alors qu'ils sont déjà tous pratiquement debout, prêts à partir. Hermione propose d'aller manger un bout avant d'aller en boîte, qu'on ne finisse pas comme hier et puis il est encore tôt.