Bêta : Mokonalex
Assistante : Mirabelle31
Disclaimer : Comme d'habitude, je ne suis pas JKR et donc je ne touche pas un kopec pour mes histoires. C'est pas une raison pour me les piquer...
Note d'auteur : Cette histoire est complète. C'était à la base un One-Shot écrit pendant les fêtes de fin d'année, mais vu sa longueur (près de 48 000 mots) ma bêta a hurlé qu'elle ne corrigerait pas un monument pareil, surtout qu'elle hait les tragédies... Donc voilà... la fic est coupée en chapitres. Voici le prologue.
Attention, c'est une tragédie, pas un conte de Noël, vous être prévenus.
Univers alternatif. Snarry avec slash, bashing de Bubus... mort des personnages principaux. Prévoyez les kleenex.
Comme pour les 17 ans d'Harry Potter, le prologue est la fin de l'histoire ou presque. L'aventure commencera au chapitre 1.
Après avoir jeté un coup d'œil agacé par l'une des fenêtres de son bureau et vu le soleil se coucher sur le Lac Noir, Albus Dumbledore se retourna et son regard croisa le cadran de la vieille pendule accrochée parmi les tableaux sur le mur de pierres de taille.
— Mais qu'est-ce qu'il fabrique, au Nom de Merlin ? Il ne faut pas tout ce temps pour lancer un Avada Kedavra ! Qu'on ne me dise pas que Monsieur a des états d'âme ! Il n'en avait pas lorsqu'il était un Mangemort à part entière ! Avec tous les poisons qu'il a inventés pour Voldemort ! Pfff ! Je dois tout faire moi-même ici ! marmonna le vieil homme, visiblement furieux.
Le Directeur traversa à grandes enjambées son bureau sous les regards inquiets des portraits et celui dégoûté et haineux de Phineas Nigellus Black. Il ouvrit la lourde porte, en franchit le seuil et referma le battant derrière lui. Aussitôt seuls, les portraits se mirent à discuter à voix basse.
— Je n'arrive pas à croire qu'il lui ait demandé ça ! pesta Armando Dippet. Comment exiger ça d'un sorcier, même un ancien Mangemort ? Une honte, un crime !
— Vous le connaissez aussi bien que moi, Armando, soupira Dilys Derwent en se laissant aller contre le dossier de son fauteuil peint. Malheureusement, il ne nous écoute jamais et nous ne pouvons rien y faire…
— Mon héritier ! gronda le Professeur Black, les deux mains serrées sur les accoudoirs de son siège. Ma lignée détruite à cause de ce… de ce… vaurien de Dumbledore ! Et maintenant, le dernier héritier du titre va… est…
Le sorcier peint se leva brusquement et quitta son tableau sous les regards apitoyés de ces collègues.
— Mettons-nous à la place de ce pauvre Phineas… C'est terrible pour la Maison des Black ! Déjà la mort de Sirius l'avait bien ébranlé, mais là…
— Mes chers collègues, nous ne pouvons malheureusement rien faire. Nous sommes tenus au secret par les enchantements mis sur nos tableaux, déclara un nommé Elmer, visiblement aussi contrarié que les autres directeurs peints.
Pendant que les portraits affichaient leur désapprobation et leurs griefs, Dumbledore avait descendu l'escalier à vis et tranquillement cheminé à travers les couloirs quasi déserts de Poudlard. Il n'avait croisé que l'équipe de Quidditch de Poufsouffle qui rentrait de l'entraînement et Argus Rusard qui balayait le hall en ronchonnant comme à son habitude. Le vieil homme prit la direction des cachots des Serpentards et se dirigea d'un bon pas vers l'appartement de son Maître des Potions. Ce mécréant n'avait pas intérêt à être ivre ! Et il n'avait pas intérêt non plus à lui avoir désobéi, sinon il allait lui faire regretter d'être né et le renvoyer à Azkaban d'où il n'aurait jamais dû le faire sortir ! Severus Rogue avait une certaine utilité mais nul n'était irremplaçable, surtout lorsqu'on désobéissait à ses ordres.
Les barrières magiques de l'espion ne résistèrent pas à l'ordre d'ouverture de la porte. En tant que directeur, Dumbledore pouvait entrer partout comme il le voulait dans le château, y compris dans les quartiers de ses enseignants.
L'appartement spartiate du Directeur de Serpentard semblait désert d'un premier abord. Dès que Dumbledore entra dans les lieux, les torches magiques revinrent à la vie.
— SEVERUS ! Où êtes-vous ? Avez-vous fait ce que je vous ai demandé ? Et pourquoi ne répondez-vous pas à la cheminette ? SEVERUS ?
Personne ne répondit ni ne se montra. Il semblait que l'appartement était désert. Dumbledore savait très bien que le Professeur Rogue se trouvait dans le château. Les barrières magiques de protection datant des fondateurs lui indiquaient en permanence, ou presque, les mouvements de son personnel entrant ou sortant de Poudlard. Et Severus Rogue n'était pas sorti du château, donc l'animal devait se cacher quelque part. Peut-être chez Minerva McGonagall ou même Filius Flitwick. Il avait intérêt à avoir obéi et fait son devoir lorsqu'il allait lui remettre la main dessus !
La kitchenette était déserte, la salle de bain aussi. Il ne restait que la chambre. Le Directeur gronda dans sa moustache en imaginant Severus Rogue ivre mort vautré en travers de son lit à cuver ses abus de Vieil Ogden. L'homme n'abusait pas souvent de la boisson, mais lorsqu'il le faisait, c'était parce que Lord Voldemort l'avait fortement contrarié ou… torturé aux Endoloris.
Albus poussa la poignée en fer forgé et le lourd battant s'ouvrit. La pièce était plongée dans la pénombre. Il plissa ses yeux en deux fentes suspicieuses en découvrant une forme sur le lit.
— SEVERUS ! DEBOUT !
Il entra dans la chambre et là aussi les torches magiques se rallumèrent, dispensant une lumière dansante sur les murs de pierre du cachot.
Et là, il se figea. Dans le lit du Maître des Potions, il y avait trois corps. Deux hommes, visiblement nus, se tenaient enlacés sur le côté, les bras autour du corps de l'autre. Le drap et les couvertures aux couleurs de Serpentard les dissimulaient à partir de la taille. Au pied du lit, enroulé en boule sur les pieds d'un des deux hommes, Albus vit un Elfe-de-Maison qui semblait dormir.
— Severus ! Qu'est-ce que vous fichez-là ? Et qui est avec vous ? Répondez !
Dumbledore avait bien reconnu la peau pâle de Severus Rogue et ses longs cheveux noirs dans le corps qu'il voyait de dos. En revanche, il ne voyait pas le visage de l'homme qu'il tenait entre ses bras, juste qu'il avait des cheveux bruns et courts.
Devant l'absence de réponse du maître des lieux, Albus s'avança, posa sa main sur l'épaule froide du sorcier et entreprit de le secouer. Son geste ne rencontra aucune résistance et le corps de Severus bascula sur le dos. Le Directeur vit aussitôt l'absence de mouvements respiratoires, la pâleur anormale et les traits détendus du Serpentard. L'homme qu'il tenait entre ses bras avait suivi le mouvement et son corps également inerte reposait à demi sur le torse de Severus. Albus reconnut aussitôt les traits d'Harry Potter. Lui aussi était d'une pâleur cadavérique et ne respirait plus. Dumbledore posa deux doigts sur la carotide du Sauveur et comprit qu'il était mort.
Ensuite, il fit la même chose avec son professeur de potions. Lui aussi avait trépassé. En touchant l'épaule de Severus Rogue, Albus ne s'était douté de rien car il faisait un froid glacial toute l'année dans les cachots du Serpentard. Au moins, l'idiot avait obéi et avait exécuté ses ordres, mais qu'est-ce qu'il fichait dans ce lit, nu, avec le Gryffondor ? Et pourquoi était-il mort lui aussi ? Il ne lui avait pas demandé ça ! Est-ce que Potter avait tué son détesté professeur ? Et d'abord que fichait cet énergumène dans le lit de Severus ?
Ce fut à ce moment-là que le vieux Directeur remarqua que les deux hommes tenaient chacun dans une main, un petit flacon noir visiblement débouché.
— Un suicide collectif ? Vous ne pouviez pas obéir sans faire de cinéma ? Maintenant je dois me trouver un autre espion ! Mais quel idiot !
Dumbledore posa un regard distrait et fortement agacé vers l'Elfe qui était roulé en boule au pied du lit.
— Dobby ! Bien entendu ! Il fallait que cet imbécile d'Elfe suive son idole !
Le vieux professeur quitta la chambre en refermant la porte derrière lui. Il n'avait pas l'intention de dévoiler le décès des deux hommes avant le lendemain. Comme disaient les Moldus, la nuit portait conseil et il devait réfléchir aux conséquences de la dernière folie de Severus. Au moins, il avait tué Potter, c'était le principal. Par Merlin, qu'est-ce qu'il avait eu du mal à le faire obéir ! En remontant vers sa tour, Albus réfléchissait activement. Qui allait bien pouvoir remplacer le Maître des Potions comme espion ? Et en plus, il allait devoir trouver un autre professeur pour enseigner la matière de Severus et un nouveau Directeur de Maison pour les Serpentards. Que de soucis ! Décidément, on ne lui épargnait rien ! C'était tellement difficile d'obéir sans simagrées ? Franchement, il ne demandait pas grand-chose… juste un petit meurtre de sang-froid. Enfin quand même, pour un Mangemort ce n'était rien…
