Je ne possède aucun des personnages de la série.

SAISON 1 EPISODE 1 : Sur le trajet pour entrer en Libye, Stringfellow ne cesse de revivre ce qui vient de se passer et en passant par chez lui, il prend une décision qui risque de changer toute sa vie

Il ne fait pas bon de se remettre à regarder de vieilles séries qui passent à la télé, surtout quand elles font parties des coups de cœur de votre jeunesse... Et surtout si elle parle de relation fraternelle et paternelle fortes...

Ce texte fait le lien entre la fin de l'épisode pilote et l'épisode 2 parce que finalement, il manque ce passage qui est pourtant primordial pour le reste de la série. Voilà donc ma version :

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


UNE DÉCISION QUI CHANGE TOUT

Stringfellow tremblait toujours légèrement lorsqu'il quitta le désert, laissant le corps de Moffet carbonisé. Il tremblait parce qu'il n'avait pas voulu la laisser là-bas et qu'ils avaient emmenés le corps de Gabrielle avec eux… Le corps… Elle lui avait juré de survivre, de mettre fin à cette fichue malédiction qui l'entourait, mais elle était morte elle aussi… morte comme tous ceux qui s'étaient approchés un peu trop de lui, tous ceux à qui il s'était ouvert et qu'il avait aimé…

...

Le trajet de retour fut donc étrange, silencieux et douloureux. A l'approche de l'espace aérien américain, la voix d'Archangel résonna dans les hauts parleurs.

- Hawke ? Santini ?

Comme Stringfellow resta silencieux, ce fut Dominic qui répondit.

- Oui bel archange.

- Je vous fais parvenir les coordonnées pour notre point de rendez-vous, nous nous retrouvons là-bas dans deux heures.

- Entendu.

- Et bravo pour cette brillante mission !

- Brillante, marmonna Stringfellow quand la communication se coupa. Je ne vois rien de brillant.

- Je sais… Tu veux que je rentre les coordonnées.

- Non, pas tout de suite… Nous avons une halte à faire avant.

Dominic ne dit rien, mais fronça les sourcils. Une halte ?

...

Il lui fallut plusieurs longues minutes avant de comprendre où se dirigeait Stringfellow… C'était chez lui…. D'un mouvement leste, il posa l'hélicoptère sur le petit ponton d'atterrissage et en descendit avant d'ouvrir la porte pour prendre le corps de Gabrielle.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Elle aimait cet endroit… Laisse-moi seul s'il te plaît…

Dominic voyait bien qu'il état bouleversé, qu'il tremblait de tous ses membres, mais il ne se voyait pas aller contre sa demande. Il avait besoin de se retrouver seul avec elle, alors il hocha la tête et ne le suivit pas tout de suite lorsqu'il s'enfonça dans les bois en la portant.

Le vieux pilote soupira et remonta en direction de la maison. Ted dormait devant la porte et en entrant, il ne put retenir un grand sourire en découvrant que la collection de tableaux de son ami avait repris sa place. Au moins, Archangel et la FIRM semblaient satisfaits de la mission.

En soupirant, il se rapprocha du bar et se servit un verre. Il avait besoin d'un remontant après tout ce qu'il venait de traverser et puis, il était triste pour String. Il était si solitaire, si renfermé sur lui-même, pour une fois qu'il trouvait quelqu'un qui le touchait et lui faisait fendre l'armure, il fallait qu'il la perdre… Encore une fois.

...

Au bout d'une heure, Dominic décida d'aller voir où se trouvait Stringfellow. Il lui avait demandé de le laisser seul, mais là il commençait à s'inquiéter. A son tour, il s'enfonça dans les bois et ne mit pas longtemps à le retrouver. Il ne pouvait se trouver que là… à côté de ce chêne où il avait enterré les cendres de ses parents. Il avait creusé une tombe à côté. Une tombe dans laquelle il avait déposé le corps de Gabrielle avant de le recouvrir et de dresser une croix en bois sommaire. Ses vêtements étaient tâchés de terre et il s'était à moitié écroulé sur la tombe fraîche. Ses tremblements lui indiquèrent qu'il pleurait et Dominic se rapprocha.

Sans un bruit, il se mit à genoux à côté de lui et frotta doucement son dos en lui murmurant.

- Allez String, je sais que c'est dur. Je suis là.

- Va t'en…

- Ecoute, je ne vais pas te laisser passer la nuit là et…

- Non, tu ne comprends pas… Va t'en pour de bon !

- Pour de bon ? Demanda Dominic en fronçant les sourcils.

- Oui… Avant que je te tue… Tu ne vois donc pas que tu es le seul encore en vie. Je t'en prie, va t'en avant qu'il ne soit trop tard et…

Dominic ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase et passa un bras autour de ses épaules pour le ramener contre lui.

- Allons, tu sais que c'est ridicule cette histoire de malédiction.

- Pourtant, ils sont tous morts à part toi, murmura Stringfellow en s'accrochant à son ami.

- Eh bien justement, tu vois que c'est idiot. Je tiens à toi, toi aussi je crois, on vit et travaille ensemble depuis des années et regarde, je suis vivant. Tout va bien String. Ne pense pas à cette prétendu malédiction.

Le jeune homme ne dit rien, mais laissa sa tête quelques minutes de plus sur l'épaule de Dominic qui le laissa faire. Il avait besoin de se reprendre et d'apaiser sa douleur, il l'aiderait.

...

De longues minutes passèrent donc, puis Dominic glissa une main sur la nuque de Stringfellow tout en lui murmurant.

- Je pense qu'il faudrait regagner l'hélicoptère. Archangel doit se demander ce que nous faisons.

- Oui, tu a raison.

Se redresser lui entraîna un vertige, mais Hawke se rattrapa par le bras de Dominic et parvint à se maintenir debout. Ensembles, ils redescendirent en direction de la cabane et du ponton.

Quand ils y arrivèrent, Dominic donna une tape sur l'épaule de Stringfellow qui le surprit.

- Quoi ?

- Je ne t'ai pas dit ! Ils doivent être contents de nous, ils ont remit ta collection en place !

- Ma collection ?

- Oui ! Tous tes tableaux sont revenus.

Dominic souriait, heureux de lui apprendre la nouvelle, mais il fut surpris par la réaction de Stringfellow qui parti en courant en direction de la cabane. Il entra en courant et frissonna en découvrant ses tableaux à leur place. Ça au moins, ils lui avaient rendus, mais le reste…

Devant les yeux étonnés de son ami, le jeune homme se mit à fouiller partout dans la cabane. Dominic fronça les sourcils.

- Le dossier ? Tu as vu un dossier ?

- Un dossier ?

- Oui ! Ils m'ont rendus les tableaux, mais ils devaient aussi me déposer un dossier !

- Je n'ai pas vu de dossier. De quoi il parle ?

- De Saint John ! Hurla Stringfellow alors que ses émotions reprenaient le dessus faisant jaillir sa colère. Il devait me donner toutes les pièces pour le retrouver !

- Eh bien, je crois qu'ils n'ont rien et…

- Ils m'avaient promit ! Hurla Stringfellow totalement bouleversé. Saint John contre leur hélicoptère… qu'il soit vivant ou mort…

- Tu sais avec eux…. En plus il faut qu'on leur ramène et…

- Non.

- Comment ça non ?

- Je ne veux pas leur ramener, Dominic….

Un éclair de surprise sincère passa sur le visage du vieux pilote.

- Ne pas le ramener, mais…

- Nous avion un accord, leur hélicoptère contre Saint John, tu comprends ?

- String, c'est…

- Ça fait 14 ans, Dominic ! Je veux savoir ce qu'il lui est arrivé… Je veux qu'on me rende mon grand frère !

Un cri… Un cri du cœur qui toucha le vieux pilote en plein cœur. Lui qui avait appris à paraître froid, dur et sans émotion… Dés qu'on parlait de Saint John, il perdait pied… Est-ce qu'il s'était rendu compte qu'il tremblait des pieds à la tête rien qu'en prononçant son nom ? Dominic en doutait et il se rapprocha pour le prendre par les épaules pendant qu'il murmurait de nouveau.

- Tu comprends Dominic ? Je veux qu'on me rende mon frère… même s'il n'y a plus qu'un corps dans une tombe… Je veux qu'on me rende mon frère… Si… Si je leur ramène cet appareil, ils n'auront plus aucune raison de m'aider alors qui si je le garde…

- Tu auras un argument pour faire pression, conclut Dominic.

Sous ses doigts, il le sentit frissonner. Il était vraiment bouleversé. La mort de Gabrielle avait rouvert de profondes blessures.

- Ça fait 14 ans… Personne ne s'est jamais soucié de lui… Si ça se trouve, il y a un dossier sur une étagère qui prend la poussière quelque part sans que personne ne s'y intéresse. Qu'est-ce que ça peut leur faire à eux ? Ce n'est pas leur frère…

Chaque mot était si rempli de douleur que Dominic finit de faire deux pas pour se rapprocher. Il passa carrément son bras autour de ses épaules et le ramena vers lui. Stringfellow ne le repoussa pas.

- Ne pense pas à ça, murmura Dominic.

- C'est pourtant la vérité, souffla le jeune homme en s'agrippant à son dos. Je suis seul, qui pourrait bien se soucier dans tous ces politiques ou ces biens pensants du sort de mon frère ? Il n'est rien de plus qu'une quantité négligeable…

- String…

- C'est la vérité… et c'est pour ça que ma décision est prise. Je vais garder Airwolf… Dit-il en se redressant, prenant un ton froid et déterminé. De cette manière, ils vont commencer à m'écouter.

- Tu sais qu'ils vont le chercher.

- Alors, je vais le cacher. J'ai une idée de cachette.

- Ils pourraient venir ici et…

- Qu'ils viennent, je ne les crains pas. S'ils veulent le revoir, ils vont devoir faire ce que moi je veux.

- C'est dangereux de les provoquer.

- C'est bien pour ça que je ne te demande pas d'être mon complice, tu…

- Hors de question, protesta le vieux pilote.

- Pardon ? S'étonna Stringfellow.

- A la mort de tes parents, je vous ai élevé tous les deux. Je l'aime ton frère, moi aussi. Je veux savoir ce qu'il lui ait arrivé tout autant que toi, parce que je vois bien qu'il y a quelque chose qu'on nous cache et puis… tu as vu ? Il faut être deux pour le piloter cet engin.

- Dominic, tu…

- String, nous avons commencés ensemble, nous finirons ça ensemble. Alors ? Tu disais savoir où cacher la dame ?

OooO

En soupirant, Hawke remonta en direction de sa maison, mais se figea avant de passer la porte. Sa main glissa dans son dos et il récupéra son pistolet avant de pousser celle-ci de l'épaule et de glisser à l'intérieur en braquant son arme devant lui.

- Vous allez m'abattre maintenant ?

Dans son canapé était assis Archangel et son assistante, Marella. Hawke les dévisagea, répondant d'une voix sourde.

- Ça dépend ? Vous êtes armés ?

- Non, dit Archangel en se levant.

- Mais nous pourrions l'être, répliqua Marella sur un ton froid et vous seriez déjà mort.

- Je ne crois pas, marmonna Stringfellow, la mort ne m'aime pas trop.

- Laissez-moi faire, dit Archangel à son assistante avant de se retourner vers Stringfellow. Vous voulez me fouiller ?

Hawke n'esquissa pas un geste et le patron de la FIRM lui sourit.

- Et puis je n'ai pas intérêt à vous tuer, vous avez quelque chose que je veux.

- Et qui nous appartient ! Lança Marella.

- Cela tombe bien, moi aussi, répliqua Stringfellow en baissant son arme qu'il remit dans son dos avant de se diriger en direction de son bar.

Il se servit un verre et se retourna vers ses invités non désirés.

- Ça nous donne une raison de commencer une vraie conversation.

- Je n'en suis pas sûr, nous avions un accord. Vous nous ramenez cet hélicoptère et…

- Vous me donnez toutes les informations que vous aviez sur mon frère.

- Hawke… Votre frère a disparu depuis 14 ans et…

- Et alors ? Ne me dites pas qu'il n'existe pas de dossiers quelque part.

- Il est mort bon sang !

- Non ! S'exclama Stringfellow en lui jetant son verre.

Archangel l'évita et ce dernier alla se briser sur le mur.

- S'il est mort je veux un rapport, une tombe… un corps… qu'il repose ici… Avec mes parents.

Archangel nota ses légers tremblements et soupira.

- J'ai convaincu nos instances de vous rendre vos tableaux.

- Encore heureux, c'était du vol…

- Mais je ne pourrais peut-être pas les empêcher de venir les reprendre ou de détruire cet endroit…

- Dans ce cas, je détruirais votre précieux appareil.

- Hawke…

- Non, j'en ai marre de me faire manipuler ou malmener par tous ces gens qui se croient au dessus des lois. Je reprends la main Archangel ! Si vous voulez que je vous rende cet hélicoptère, si vous voulez que je vous aide à vous faire bien voir de vos patrons, il va falloir m'aider.

- Très bien… Je crois que j'ai compris. Je ne vous pensais pas si dur en affaire.

- On parle de mon frère, répliqua Stringfellow en retournant vers le bar pour se servir un nouveau verre.

- Le problème c'est qu'ils vont vouloir savoir si vous êtes de bonne foi.

- Venant d'eux, est-ce que je peux rire ? Demanda le jeune homme.

- Sans cette garantie, ils ne feront rien et nous resterons au même stade.

- Et une garantie ça ressemble à quoi dans leur langage ?

- Disons que nous acceptons de vous laisser Airwolf.

- Monsieur ! S'indigna Marella.

- C'est une supposition, la calma ce dernier. Disons que nous acceptons de vous laisser Airwolf. Est-ce que vous seriez prêt à travailler pour nous en échange ?

- Travailler ?

- J'ai déjà une liste d'opérations qui nécessiteraient le concours d'Airwolf. Alors disons que si vous m'aidez en effectuant ces missions avec Mr Santini et bien en échange, je remets sur le haut de la pile le dossier de Saint John.

- Ce n'est pas du chantage ?

- Je ne suis pas celui qui en a fait en premier, Hawke.

Le jeune homme ne répondit pas, mais le foudroya du regard. Est-ce qu'il mettait réellement sur le même plan ses douleurs et les intérêts de la CIA ?

- Est-ce que je pourrais refuser celles qui ne me plaisent pas ?

- C'est vous qui pilotait Airwolf… Moi je ne fais que vous fournir les munitions et le ravitaillement

- Je ne suis pas sûr que ce soit une réponse.

- Cela en est une, à vous de la prendre comme vous le voulez.

- Je vois, marmonna Stringfellow en buvant une gorgée.

Il se tut et Archangel laissa passer quelques secondes avant de lui demander.

- Alors ? Nous avons un accord ?

- Est-ce que j'ai vraiment le choix ? Répliqua le jeune homme.

Son vis-à-vis ne lui répondit pas et Hawke posa son verre avant de soupirer et de lui tendre la main.

- D'accord, vos opérations contre des informations sur mon frère.

Archangel sourit et lui serra la main.

- Je savais bien que nous allions trouver un accord !

- Est-ce que j'avais le choix ? Lui répliqua Stringfellow sur un ton amer. Maintenant allez-vous en d'ici et dites à vos dirigeants d'oublier cet endroit, sinon je mets fin à notre accord et je fais sauter votre précieux hélicoptère !

OoooO

Hawke était seul… Il avait bien tenté de s'allonger pour prendre un peu de repos, mais son esprit était trop en ébullition pour ça. Alors il s'était relevé, empoignant son violoncelle avant de venir s'asseoir sur le ponton où il avait l'habitude d'en jouer.

En tentant de maîtriser ses émotions, il avait fait glisser l'archer sur les cordes, se souvenant de sa mère lui apprenant à en jouer à ce même endroit… Mais ce ne fut pas le seul fantôme qui jaillit de son esprit lorsqu'il entama la "Serenade des Aigles" de Prokofiev ce soir-là… Il y eu Saint John, pour lequel il se surprit à prier… prier pour qu'il ne fasse pas ça pour rien, pour qu'il soit en vie quelque part et qu'il finisse enfin par l'arracher au cauchemar et par le retrouver… Il avait besoin de son grand frère… bien plus que tout le monde pouvait le penser… La douleur de son absence n'avait jamais cessé et il en était épuisé… Il avait besoin de lui…

Et puis… quand l'un des aigles poussa un léger cri en planant au dessus de sa tête, un autre fantôme l'assaillit… Gabrielle… Gabrielle dont il avait mis le corps en terre auprès de celui de ces parents, sur cette terre qu'elle avait apprit à aimer… Gabrielle qui lui avait montré qu'il avait à nouveau le droit d'aimer quelqu'un et qu'il avait perdu… comme tous les autres…

Se doigts tremblèrent un peu sur les cordes, mais il continua de jouer, tentant d'ignorer les larmes qui coulaient sur ses joues, des larmes que personne ne verraient à part les aigles…

Et la sérénade continua…