Je ne possède aucun des personnages de la série.

SAISON 1 EPISODE 1 : Ce n'était pas le meilleur des jours et lorsque l'hélicoptère blanc remonta le vallon, surplombant le lac, Stringfellow Hawke comprit que quelque chose était en train de se passer.

Il ne fait pas bon de se remettre à regarder de vieilles séries qui passent à la télé, surtout quand elles font parties des coups de coeur de votre jeunesse... Et surtout si elle parle de relation fraternelle et paternelle fortes...

Ce texte reprend le début de l'épisode pilote en s'intéressant au ressenti des personnages, parce que c'est une scène marquante et que les sentiments de Stringfellow sont tellement à fleur de peau que j'ai eu envie de mettre des mots dessus.

Premier texte en français d'ailleurs sur le fandom... Grosse pression du coup.

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


JE VEUX SAINT JOHN

Stringfellow Hawke était installé sur son ponton. Violoncelle, signé stradivarius en main, il jouait, par habitude, la « Sérénade de Aigles » de Prokofiev tout en observant un aigle pêcheur planer au-dessus du lac. Ce n'était pas la première fois que l'animal venait pêcher prêt de lui quand il jouait et cela le faisait sourire. A croire que le rapace était mélomane. Le jeune homme aimait ce moment simple de communion avec la nature, A cet instant il n'y avait rien d'autres que lui, la nature, l'aigle et Ted, son chien, couché à ses pieds. Tout était paisible et c'était ce qu'il lui fallait aujourd'hui. Il joua les dernières notes et frémit en baissant la tête, se perdant dans ses pensées. Des pensées qui furent interrompues par un bruit qu'il connaissait bien : le moteur d'un hélicoptère.

Le jeune homme redressa la tête et, en voyant arriver dans la vallée cet hélicoptère d'un blanc immaculé, Stringfellow comprit que sa tranquillité était finie et soupir de résignation lui échappa… Il savait qui venait le sortir de sa retraite et cela ne l'enchantait guère, surtout un jour comme aujourd'hui où il avait décidé de ne rien faire d'autre à part jouer de la musique et ne penser à rien… Enfin… ne penser à rien à part à Saint John… Cela faisait 14 ans aujourd'hui qu'ils avaient été séparés, 14 ans qu'il le cherchait… qu'il espérait qu'il soit encore en vie quelque part… De toute manière, tant qu'il lui resterait un souffle de vie, il ferait tout pour retrouver son grand frère… C'était peut-être utopiste, mais c'était comme ça… Il ne s'arrêterait de chercher que devant un corps… Il n'était pas très « social » de base, mais en ce jour précis, il ne voulait voir personne.

Dominic lui-même savait qu'il ne fallait pas le déranger ce jour-là, mais pas lui. Ce visiteur ne respectait pas ce genre de chose ou du moins, ceux qui l'envoyaient s'en moquait. Le jeune homme soupira de nouveau et se leva de son siège pour gagner la cabane. Il déposa avec précaution le violoncelle sur son trépied, lança un disque de musique classique pour avoir l'esprit porté sur autre chose et fit le tour du bar pour se servir un verre en attendant que ses invites non désirés franchissent le seuil de sa porte.

Par la baie, il remarqua une femme brune tout de blanc vêtu et un homme dans un costume immaculé avec un bras en écharpe et une canne. L'archange semblait avoir eu un accident. Quelqu'un lui avait brisé les ailes ? Quand il pénétra dans la pièce, il comprit aussi qu'il avait perdu un œil et fut intrigué. Archangel n'était pas né de la dernière pluie et il ne serait pas venu ici et dans cet état sans une bonne raison.

Ce dernier s'immobilisa et posa son regard sur Stringfellow, qui derrière son bar, débouchait une bouteille pour se servir un verre de vin blanc. Archangel ne lut aucune surprise dans le regard bleu du pilote et émit un léger rire en refermant la porte. La jeune femme qui l'accompagnait, laissa son regard errer dans le chalet, estomaquée de découvrir une collection d'œuvre d'art de cette qualité dans un endroit aussi pittoresque.

Archangel se rapprocha et s'installa sur un tabouret du bar pendant que la jeune femme fit de même.

- Voici Stringfellow Hawke… Gabrielle.

- Enchanté, dit la jeune femme en souriant.

Stringfellow lui jeta à peine un coup d'œil tout en lui servant un verre de vin blanc. En revanche, il ne quitta pas Archangel des yeux.

- Où est Marella ?

- Malade, répondit après quelques hésitations ce dernier.

Le jeune homme comprit le sous-entendu et répondit sincèrement.

- Désolé…

Puis, il ajouta pendant que la fameuse Gabrielle le dévisageait.

- Ça fait longtemps…

- Deux ans, lui confirma Archangel avant de rajouter rapidement. J'ai un boulot pour vous.

Stringfellow n'y prêta pas attention. A son retour du Vietnam, il avait été approché par la FIRM, une branche secrète de la CIA. Ces types lui avait fait miroiter bien des choses, à commencer par la possibilité de retrouver Saint John. Le jeune homme les avait crus. Il avait mené des missions et remplis toutes les obligations qu'ils lui avaient demandés, mais sans qu'ils ne lui donnent quelque chose en retour. Alors, deux ans plus tôt, il avait tout lâché, les abandonnant en plein milieu d'un projet TOP SECRET impliquant un hélicoptère de combat surpuissant… Il n'avait pas envie de faire machine arrière. Il n'avait même pas envie d'écouter la proposition d'Archangel !

- J'en ai déjà un, répliqua donc Stringfellow en ne quittant pas la fameuse Gabrielle des yeux.

Archangel prit un air contrarié. Il paraissait encore plus froid que d'habitude, il ne serait pas facile de le convaincre. Il lui fallait un argument de poids pour le lui faire comprendre qu'il devait accepter, celui qui lui venait n'était sans doute pas e plus approprié, le connaissant, mais il se devait de le tenter, alors il tenta sa chance.

- 1 million de dollars. La moitié tout de suite et le reste à la livraison.

- La livraison de quoi ? Demanda-t-il un peu intrigué.

- Airwolf, répondit Gabrielle.

Stringfellow prit un air effaré et tourna la tête en direction d'Archangel pendant que la jeune femme continua.

- Moffet l'a volé i semaines.

- Bravo, répliqua le jeune homme à Archangel qui lui fit une moue d'impuissance.

- Oui, répondit seulement le patron de la FIRM.

Il avait le droit de le chambrer. Il n'avait pas été très bon sur ce coup…

- Cet endroit est merveilleux, Mr Hawke, dit Gabrielle pour désamorcer la tension entre les deux hommes.

Cela marcha parce que Stringfellow reporta son attention sur la jeune femme.

- Vous avez effrayé l'aigle.

- J'ai quoi ? Demanda-t-elle dans un petit rire gêné.

- En venant, vous l'avez effrayé.

Un éclair d'incompréhension passa dans le regard de Gabrielle qui se tourna vers Archangel pour trouver une réponse, mais ce dernier savait qu'il n'y avait rien à faire.

- Je suis désolé.

- Allez le dire à l'aigle, répliqua Stringfellow en portant le verre de vin à ses lèvres.

Il but une gorgée, reposa le verre un peu brutalement et lançant un regard sombre à Archangel, il les abandonna en marmonnant.

- Je n'attendais pas de visite, je vais pêcher deux truites.

Gabrielle tourna à Archangel un nouveau regard effaré pendant que Stringfellow se dirigea en direction de la porte. Il était clair qu'il était en colère. Il attrapa sa canne à pêche, siffla Ted et se glissa à l'extérieur en claquant la porte.

Une fois qu'ils furent seuls, Gabrielle se tourna en direction d'Archangel.

- Mais pourquoi est-il furieux ?

- Peut-être que tu lui plais.

La jeune femme adopté un air médusé. Ce qu'il venait de dire n'avait aucun sens !

OoooO

La partie de pêche, seule sur les eux du lac, lui prit deux heures pendant laquelle Stringfellow eut tout le temps de réfléchir. Il était agacé par la venue d'Archangel tout autant que par la présence de cette fille ou le vol d'Airwolf… Cet appareil était une bombe à retardement et ils n'étaient même pas capables de le garder en sécurité, ces incapables ! Il revint donc tout aussi énervé au chalet pour préparer à manger pour ses hôtes.

...

La nuit tombait doucement. Gabrielle s'était changée. Elle portait une robe blanche immaculée comme il était de coutume pour toute l'unité d'Archangel. Avec le tisonnier, elle remettait les buches en place, pendant que Ted, le chien de Stringfellow, la regardait avec insistance. Il tenta de glisser son museau sous sa jupe et elle la tira tout en écoutant la conversation.

Stringfellow n'avait pas envie de replonger et de retomber dans les filets de la FIRM, mais savoir qu'Airwolf avait disparu l'inquiétait… Cet appareil pouvait tuer des milliers de gens. Il détestait l'idée de le voir tomber entre les mains de mauvaises personnes. Alors, il avait fini par capituler et, en baissant la tête, il avait murmuré dans un souffle.

- Qu'est-ce que vous savez de la disparition ?

Archangel l'avait gratifié d'un léger sourire triomphant qu'il regretta aussitôt. Il n'était pas là pour le provoquer, surtout pas aujourd'hui. Il détestait d'ailleurs cet ordre venant d'en haut l'obligeant à venir ce jour précis. Alors il lui donna les quelques informations qu'il avait en sa possession.

- Moffet l'a fait très vraisemblablement passé par le Sud à travers l'Amérique Centrale, puis du Brésil jusqu'à l'Afrique du Nord. La même route prise lors de la Seconde Guerre Mondiale, ça nous a prit deux semaines de surveillance intense pas satellite pour localise Airwolf.

Stringfellow écoutait d'une oreille, s'amusant de Ted tentant de renifler sous la jupe de Gabrielle et de l'air choqué de celle-ci, tout en triturant des cigares qu'il avait l'habitude d'offrir à ses invités. Il ne fumait pas, mais certains apprécies le geste. En plus, cela lui donnait une contenance et lui occupait les mains. Ce fut à cet instant qu'Archangel conclut.

- Il est en Libye, chez Kadhafi.

Le jeune homme adressa un regard à Gabrielle qui les rejoignait, puis soupira.

- Bravo ! S'exclama Stringfellow en lançant le cigare qu'il tenait à Archangel. Les Russes aussi…

- Non, pas encore répondit celui-ci en passant l'objet à Gabrielle. Il ne les a même pas laissé jeter un œil.

- Kadhafi le garde pour lui, expliqua Gabrielle.

Stringfellow lui adressa un léger coup d'œil avant de braquer les yeux sur Archangel.

- Pourquoi ne pas le faire sauter au lieu de le voler ?

- Impossible. Moffet a fait sortir Airwolf des programmes de nos ordinateurs.

- Et moi, comment je fais ? Demanda Stringfellow pendant que Gabrielle s'éloignait d'eux pour observer ses toiles de maître.

- Il y a une raffinerie pétrolière la Mirabel Oil, c'est une raffinerie française, mais la plupart de leurs techniciens sont américains. Quand vous aurez atterri à Tripoli, on s'occupera de vous. Le transporteur de l'entreprise sera dans le Golfe à votre disposition. Vous n'aurez probablement pas à voler plus de 200 milles pour y être.

Il présentait ça comme si ce n'était rien, mais Stringfellow avait conscience que c'était presque une mission suicide, d'où les 1 million de dollar pour le décider à la tenter. Il soupira et ferma les yeux une fraction de seconde. S'il avait comme il se moquait de l'argent. S'il voulait un million, il suffisait qu'il décroche n'importe qu'elle toile sur ses murs et il en aurait une dizaine de plus !

- Oui, à travers l'armée et les forces de l'air de Kadhafi ! Lança Stringfellow en se levant.

Il fit le tour de la table base et se rapprocha d'Archangel non sans avoir jeté un coup d'œil d'une fraction de seconde sur les photos posées sur la cheminée.

- En tous cas, il n'y a pas de russes ! Répliqua Archangel.

- Mais c'est leur armement, répliqua Stringfellow en s'asseyant sur le bord de la cheminée au côté de l'agent secret.

- Ce ne sont pas eux qui s'en servent ! De plus, vous êtes payé un million de dollar pour ça ! Lui rappela Archangel.

Ce type ne voyait donc en lui qu'un simple mercenaire pour lui rappeler sans sens le montant de sa prime ? Ils avaient pourtant travaillé ensemble de longues années. Il ne le connaissait pas mieux que ça ? Alors si c'était l'argent qui les préoccupaient…

- Et combien Moffet a touché ?

- Probablement 5 millions, lui répliqua Gabrielle qui admirait toujours ses toiles.

- Et j'en aurais qu'un ?

- Les traîtres sont payés toujours plus que les patriotes, répliqua la jeune femme en pensant que les mercenaires l'agaçaient au plus haut point.

Si seulement, elle pouvait savoir à quel point c'était faux. Tout ces chiffres lui importaient si peu ! A ce moment précis, Stringfellow avait compris qu'il avait la main. La FIRM était dans l'embarras, Airwolf était une menace et il était le seul assez fou pour risquer sa vie dans cette opération… parce qu'il était l'un des seuls pilotes à avoir déjà piloté Airwolf… En fait, à part Moffet, il était même le seul… Tout cela c'étaient des avantages… Des avantages qui lui redonnaient la main et pourraient peut-être les forcer à tenir les promesses qu'ils lui avaient faites.

- Moffet ne l'a pas fait pour l'argent. Alors, moi non plus, répliqua Stringfellow en se levant.

Gabrielle parut étonnée et Archangel comprit qu'il n'allait pas aimer la suite. Le jeune homme pivota, un léger tremblement parcourut son corps et il posa les yeux sur une photo bien précise posée sur la cheminée, gardant le silence quelques secondes avant de murmurer d'une voix sourde qu'il tenta de maîtriser sans quitter des yeux la photo.

- Je veux Saint John.

Il ne tourna pas la tête, continuant à fixer la photo, luttant pour ravaler ses larmes. Archangel prit un air consterné et baissa la tête. Mon Dieu, il venait de mettre tellement de douleur dans cette simple phrase. Depuis le temps qu'il le connaissait, il avait toujours été frappé par cet amour fraternel puissant et par le désespoir qui l'envahissait dés qu'il mentionnait le nom de son frère… Pire, même après toutes ces années, il ne pensait qu'à ça… Il tremblait même un peu sans s'en apercevoir. Le souci, c'était que la CIA ne pouvait pas faire de miracle.

- Merde…Vous n'êtes pas sérieux !

Le regard bouleversé et triste qu'il lui adressa lui donna sa réponse sans qu'il n'ait besoin de la formuler.

- Mais si vous l'êtes.

Bien évidement qu'il l'était ! Un jour comme aujourd'hui, il ne pouvait que l'être !

Stringfellow fut content de ne pas avoir à lui répondre. Pour le moment, il tentait de se maîtriser, parce qu'il était à deux doigts de s'effondrer en larmes… Le jour n'aidait pas, mais avoir parlé de son frère, avoir mentionné son nom, suffisait à lui donner envie de se recroqueviller dans un coin et de pleurer, d'hurler qu'il voulait qu'on lui rende son frère.

En face de lui, Archangel était réellement touché de le voir dans cet état, mais il savait bien qu'il ne pourrait jamais lui donner satisfaction, alors il lui répondit en soupirant.

- Ecoutez Hawke. Cela fait maintenant 14 ans ! Les probabilités pour que votre frère soit encore en vie sont de dix milles contre une !

Il savait bien que Stringfellow ne voulait pas l'attendre. Il voyait bien la douleur que lui entraînaient ses mots, mais il devait les entendre. Il ne pouvait pas vivre toute sa vie dans une telle souffrance. Il fallait qu'il avance, mais ce n'était pas gagné. Il le vit trembler plus fort, serrer les poings pour ne pas s'écrouler et murmurer.

- Eh bien s'il est mort… commença-t-il avant de marquer une pause pour ne pas pleurer à cette simple idée. Je pourrais ramener son corps.

Archangel ferma les yeux à son tour. Touché par la détresse de Hawke. Il l'aimait bien. Il avait son caractère, mais il l'appréciait et il était touché par sa douleur. Surtout qu'il savait qu'il ne pourrait sans doute pas lui donner ce qu'il voulait. Il avait déjà fait des recherches, mais son frère avait disparu depuis trop longtemps, sans doute mort dés le premier jour, même s'il refusait cette idée.

Stringfellow savait ce qu'il allait lui dire et il ne voulait pas l'entendre, pas ce soir, pas aujourd'hui. Alors, il coupa court à la conversation, marmonnant en s'éloignant, quittant presque la pièce en courant.

- J'ai du boulot pour demain matin !

Archangel le regarda presser le pas pour quitter son propre salon et se sentit mal. Il fuyait. Évoquer Saint John avait suffi à le faire souffrir, à le faire trembler, alors il fuyait tant qu'il avait encore le contrôle de lui-même. Cela l'attrista plus qu'il ne l'aurait voulu parce qu'il connaissait Hawke, sa détermination, son courage… Tout cela venait de Saint John… de cette lutte qu'il menait pour retrouver sa trace et qui lui donnait une raison de respirer. Il aurait tellement préféré qu'il accepte ce fichu million de dollars !

Sans un regard en arrière, le jeune homme monta les premières marches de l'escalier qui menait à l'étage.

- Vous trouverez des couvertures prêt de la fenêtre, les nuits sont fraîches.

Il contourna Gabrielle sans lui accorder un seul regard, s'immobilisant une fraction de seconde sans oser la regarder lorsqu'elle murmura.

- Bonsoir.

Il ne lui répondit pas. Il n'avait pas vraiment la tête à ça et accéléra pour monter les dernières marches. Son chien l'observa et courut pour le rattraper, l'animal semblait habituer à dormir aux côtés de son jeune maître.

Quand il eut disparu, Gabrielle rejoignit Archangel et murmura d'une voix sans appel.

- Il n'a pas assez de courage pour cette mission.

Archangel prit un air grave. Elle ne connaissait pas toute l'histoire. Elle ne savait pas tout ce qu'il se cachait derrière la demande de Hawke.

- Oh que si… Mais est-ce que nous en avons-nous ? Demanda-t-il alors que Gabrielle observait la photo de Stringfellow et de Saint John en militaire, à côté de leur hélicoptère.

La jeune femme parut déstabilisée et regarda de nouveau la photo. Il y avait de la tristesse sincère sur le visage de son patron et c'était la première fois qu'elle voyait ça.

- Saint John ? Demanda-t-elle.

- Son frère aîné…Disparu dans une mission conjointe au Vietnam, déclaré disparu depuis ce jour.

- Le Vietnam ?

- 14 ans.

- 14 ans ! Il est mort depuis longtemps.

- Allez donc lui dire, répliqua Archangel…

Le prenant au mot, la jeune femme fit mine de se diriger vers l'escalier, mais ce dernier tendit le bras pour la retenir.

- Pas tout de suite.

- De quoi, mais…

- Pas tout de suite… Il vous aime bien. Je ne pense pas qu'il ait envie que vous le trouviez en train de pleurer.

- Pleurer ?

- Il a parlé de Saint John… Il tremblait… Il a quitté cette pièce avant de s'effondrer.

- Mais ce n'est pas un peu trop extrême ?

- Non, c'est de ma faute, je n'ai pas dit non à nos supérieurs et ce n'est pas un bon jour.

- Le Jour ?

- Le 11 juin… ça fait 14 ans aujourd'hui… Il a du penser à lui toute la journée… Je le connais. Tout de suite, il est en train de pleurer. Laissez-lui son intimité.

...

En effet, Stringfellow s'était laissé tomber tout habillé sur son lit et s'était recroquevillé sur lui-même pour tenter de lutter contre des larmes qui avaient fini par le vaincre. En enfouissant sa tête dans l'oreiller, il étouffait ses sanglots, mais il était totalement bouleversé par ce court échange et il murmura juste avant de basculer dans le sommeil.

- Je te le promets Saint John. Je vais te ramener à la maison.