Le soleil déclinait dans le ciel, dardant de ses rayons devenus plus faible, le corps d'un jeune garçon courant le plus vite qu'il pouvait pour dépasser son ami et rival. Il ne savait pas pour quelle raison ils faisaient encore la course l'un contre l'autre mais la seule chose dont il était certain, c'est qu'il n'allait pas laisser son ami le dépasser. Il courut encore plus ardemment et aperçu enfin la ligne d'arrivée, qui n'était autre que le gymnase de volley-ball de leur lycée. Il s'écroula devant les quelques marches qui permettait l'accès au gymnase et essaya de reprendre son souffle. Il sentit son rival s'écrouler à ses côtés, essoufflé lui aussi par la course.

« Ça fait 59 victoires à 58 pour moi, ricana le plus petit des deux.
—Ferme-là, grogna le second tout en essayant de reprendre une respiration normale.
—Il ne faut pas être jaloux voyons, Kageyama-kuuun. »

Quand il sentit plus qu'il ne vit le regard meurtrier du dit Kageyama, Shōyō se releva en vitesse et rejoignit le reste de l'équipe de volley qui se changeait dans le local. L'un des plus âgés de l'équipe vînt l'enguirlander.

« Hinata.
—Oui !
—Combien de fois vous a-t-on dit de ne pas vous éloignez plus que nécessaire ? demanda-t-il d'un calme effrayant.
—Pardon capitaine... »

Ledit capitaine soupira et secoua la chevelure de feu qui s'était baissé, penaud.

« Ce n'est rien mais la prochaine fois ne disparaissez pas comme ça. D'ailleurs où est passé Kageyama ? »

Il eut le temps de finir sa phrase que Kageyama apparaissait dans l'encadrement de la porte. Le regard que lui lança son capitaine le fit frémir et détourner le regard.

« Pardon...
—Dépêche-toi de rentrer te changer. »

Le retardataire acquiesça. L'équipe finit de se changer dans la joie et la bonne humeur, un peu trop prononcé chez les secondes années qui s'amusaient à embêter leurs cadets. Mais ils furent vite repris par leur capitaine. Quelques instants plus tard, de retour dans leurs uniformes, chacun pris le chemin du retour. Comme à leurs habitudes, ils passèrent à la supérette tenue par leur coach et sa mère, qui leur offrit des boissons en plus des brioches que leur avait offert leur capitaine Daichi pour leurs efforts durant l'entraînement. Avant de repartir Ukai les retenus pour leur annoncer une nouvelle.

« Demain rendez-vous tous sans exceptions dans la salle des professeurs après vos cours, Takeda-sensei à une annonce à faire. »

Il darda ses yeux sur les secondes années, plus particulièrement sur Tanaka et Nishinoya.

« Et je ne veux pas de retard. Compris ?
—Oui ! scanda l'équipe.
—Bien, et manger correctement quand vous rentrez ! »

Ils prirent chacun une des brioches et se séparèrent. Shōyō et Kageyama continuèrent un bout de chemin ensemble et finirent par se quitter, Shōyō se mit donc en selle - il prenait toujours son vélo pour aller et rentrer du lycée - et rentra rapidement. Il fut accueilli par sa petite sœur, Natsu. Elle lui ressemblait énormément avec ses cheveux de feu ébouriffés et ses grands yeux ambrés. Elle lui sauta au cou.

« Bon retour à la maison !
—Je suis rentré ! dit-il en l'enlaçant fortement. »

Il ôta ses chaussures et les troqua pour une paire de pantoufle d'intérieur bleu. Il se laissa entraîner par sa sœur vers la salle à manger ou il découvrit sa mère mettant le couvert pour le dîner.

« Coucou maman !
—Oh Shōyō tu rentres tôt aujourd'hui ! dit-elle en l'embrassant.
—Takeda-sensei avait une chose urgente à régler apparemment.
—Hum. Vous m'aidez ?
—Ouais ! »

Ils s'affairèrent à aider leur mère et finirent par manger dans une bonne ambiance. Le dîner était agrémenté des monologues de Shōyō qui décrivait sa journée et des remarques enfantines de Natsu, ponctué des rires de la mère de famille. Quand ils passèrent au dessert, Mme. Hinata s'arrêta de manger et s'adressa à son fils aîné.

« Shōyō, il se pourrait que je doive partir durant deux semaines dans peu de temps, commença-t-elle. »

Shōyō était étonné par la nouvelle mais aussi de la façon dont elle annonçait cela.

« Comment ça ? demanda-t-il avec inquiétude. »

Sa mère dû le remarquer parce qu'elle lui prit la main et lui en caressa le dos.

« Ta tante-
—Hanayo-chan ?
—Oui, elle a quelques problèmes et elle aurait besoin de mon aide. Donc je voulais te demander si ça ne te dérangerait pas de garder ta sœur durant ce temps ? Je sais que je t'en demande beaucoup, avec tes cours et l'entraînement mais-
—Ne t'inquiète pas, la coupa-t-il avec un sourire. Je m'en sortirai très bien ! Pas vrai Na-chan ? demanda-t-il en se tournant vers la cadette qui les observait curieusement. »

Elle sourit grandement et hocha la tête vigoureusement.

« Oui ! Parce que grand frère c'est le meilleur ! cria-t-elle en levant les bras vers le haut. »

Shōyō se sentit fondre devant l'adorable bouille de sa sœur et fondit sur elle pour l'emprisonner dans une étreinte chaleureuse et fraternel. Leur mère sourit tendrement devant le magnifique tableau qui lui était offert et se dit que, oui c'était une très bonne idée de laisser la garde de Natsu à Shōyō. Soudain elle pensa à un détail assez important.

« Seulement pour certains jours, il faudra peut-être que tu quittes ton entraînement plus tôt pour venir la chercher. Et peut-être même la garder à ton lycée le temps que tu finisses. Ça ne te dérange pas ? »

Il fit la moue mais accepta quand même. C'était seulement pour deux semaines après tout.

« Par contre, il faudrait que j'en parle avec le coach, se murmura Shōyō en fronçant des sourcils. »

Mais sa mère l'entendit.

« Ah ne t'en fait pas pour ça mon chéri. Je m'occuperai de l'administration de ton lycée et de parler avec ton entraîneur, dit-elle avec un doux sourire comme pour apaiser son fils qu'elle savait tourmenter. »

Il lui offrit un grand sourire et se releva en lâchant sa sœur pour prendra sa mère dans ses bras.

« T'es la meilleure ! »

Mme. Hinata rigola d'un rire cristallin et cajola son fils.

« C'est pas juste moi aussi je veux que maman me fasse un câlin ! cria soudain Natsu en faisait la moue.
—Mais bien sûr ! Viens là ma poupée ! »

Et ils finirent leur dîner enlacés les uns aux autres. Le lendemain, sa mère le prévint qu'elle l'accompagnerait au lycée après avoir déposé Natsu, pour s'occuper du problème administratif. Une fois n'était pas coutume, Shōyō ne prit pas son vélo et monta dans leur voiture à l'arrière avec sa sœur, pour jouer avec elle. Il l'embrassa quand ils arrivèrent devant l'école primaire et attendit le retour de sa mère. Entre temps il était passé sur le siège passager. La route vers le lycée se fit dans le calme jusqu'à ce que la maman décidât de briefer son fils sur ce qu'il devra faire durant les deux semaines et lui communiqua ainsi, l'emploi du temps de Natsu qu'il inscrivit sur l'application bloc note de son téléphone portable.

« Heureusement que je t'ai appris à faire à manger, soupira de soulagement la génitrice. Même si ce n'est pas toujours réussi, continua-t-elle avec une grimace voulue.
—Hey ! Je t'ai entendu ! »

Elle rigola de l'air outré de son enfant et bifurqua dans une allée adjacente au lycée, où se trouvait le parking. Elle gara la voiture et accompagna son fils qui la guida vers la salle des professeurs. Beaucoup d'élève se retournèrent sur leur passage, ce qui intrigua Mme. Hinata. Elle se pencha légèrement vers son fils pour attirer son attention et lui demanda le pourquoi de cette attention particulière.

« Ce doit être parce qu'il est rare de croiser un parent d'élève ? proposa-t-il en haussant les épaules.
—Peut être.
—Ah ! On est arrivés ! »

Il toqua contre la porte grise qui s'ouvrit en coulissant, offrant à leur vue le visage souriant d'une professeure.

« Hinata ! Que se passe-t-il ? C'est rare de te voir à la salle des professeurs. Tu as plutôt tendance à la fuir, dit la jeune professeure. »

Shōyō alla répliquer quand il vit la lueur moqueuse qui flottait dans les yeux noirs de son interlocutrice. Il maugréa et évita consciencieusement le regard curieux de sa mère. Il se racla la gorge pour prendre la parole.

« Bonjour Ono-sensei. Ma mère, qu'il désigna d'un geste de la main, voulait parler avec Takeda-sensei.
—Oh vous êtes la mère d'Hinata ! s'exclama sa professeure principale. Enchanté je suis sa professeure principale. »

Mme. Hinata prit chaleureusement la main qui lui était tendu. Elles commencèrent à parler de Shōyō au grand dam de celui-ci. Il commença à paniquer, quand il aperçut Takeda à travers l'ouverture de la salle des professeurs. Il l'appela donc avec une pointe de désespoir dans la voix lorsqu'il entendit que les deux femmes avaient entamées la dangereuse pente qu'était ses notes. Il déglutit fortement et souffla de soulagement quand il vit le responsable du club de volley ouvrir la porte entièrement, lui permettant de se positionner au côté d'Ono-sensei.

« Hinata, bonjour ! Que me vaut ce plaisir ?
—Bonjour sensei ! Eh bien, il se racla gorge et attrapa la manche de sa mère pour lui faire comprendre que son professeur était là.
—Ah excusez-moi ! Enchanté, je suis la mère de Shōyō, vous devez être Takeda-sensei ? »

Takeda était étonné mais se ressaisit rapidement.

« En effet, enchanté de même. Vous avez besoin de renseignement ?
—En effet, j'ai un léger problème sur les bras et je voudrais en parler avec vous et le proviseur adjoint. Si cela est possible bien sûr. »

Son fils sursauta à la mention du proviseur adjoint sous le regard perçant de ses deux professeurs, qui n'avaient pas manqués une miette de son attitude.

« Bien évidemment, répondit Takeda. Veuillez me suivre, nous allons nous installer plus loin.
—Bien. »

Elle se tourna vers son fils et lui ébouriffa les cheveux.

« Je m'occupe de les convaincre et toi pendant ce temps tu vas aller en cour.
—Mais-
—Pas de mais qui tienne, Shōyō. Tu ne rateras pas une leçon. C'est hors de question. »

Elle se rapprocha de lui, intimidante.

« Surtout après ce que ma dit Ono-sensei sur ton compte. »

Il glapit et lança un regard craintif à sa professeure qui observait tout cela d'un regard amusé.

« Qu'est-ce qu'elle a-
—Peu importe. Nous verrons ce soir. »

Shōyō se dit que ce serait une bonne idée de partir très loin soudainement. Dans un autre pays. Voire une autre planète. Il sentit une main se poser sur son épaule, le faisant sortir de sa torpeur et vit sa professeure principale, lui sourire.

« Je vais te raccompagner, puisque nous avons cours ensemble la première heure. »

Il hocha la tête, sa mère lui planta un baiser sur le front et rentra dans la salle avec Takeda. Il rejoignit sa salle de classe en jetant fréquemment des regards en arrière sous l'œil amusé d'Ono.

« Elle ne va pas s'envoler tu sais ? »

Il sursauta et acquiesça rapidement.

« Je sais mais...je me demande juste si elle va réussir à les convaincre, finit-il en murmurant. Et si je survivrai à la tempête ce soir... »

La sonnerie annonçant le début des cours, retentit pile au moment où ils se retrouvèrent devant la porte de la seconde cinq.