Chapitre 12 : Dîner
Hermione avait reçu une lettre de Ron il y avait quelques jours qui l'invitait aux Trois Balais. Il avait indiqué dans sa lettre qu'ils se retrouveraient tous les trois avec Harry, et qu'il avait quelqu'un à leur présenter. Hermione ne savait pas vraiment de qui il pouvait s'agir puisque Ron vivait en ce moment une vie de tombeur, il ne restait pas avec la même fille plus d'une semaine. Mais bon, peut-être qu'une fille avait fait chavirer son cœur ?
Donc, Hermione attendait assise à une table un peu reculée aux Trois Balais en ce dimanche 28 octobre 2005. Elle était un peu en avance. Après quelques minutes d'attente, elle vit Harry arriver. Il l'embrassa sur la jour et s'assit à côté d'elle.
– Coucou Harry. Tu sais qui Ron va nous présenter ?
– Aucune idée, répondit le concerné. Et toi ?
– Pareil.
Ils attendirent quelques minutes en parlant de tout et de rien, puis Ron arriva. Ils reconnurent au loin ses cheveux roux et en bataille, sa carrure qui était devenue imposante et sa démarche un peu gauche. Il tenait la main d'une fille. Une fille brune aux yeux verts clairs et au visage couvert de taches de rousseur, coiffée d'une tresse sur le côté. Elle était habillée d'un haut vert foncé, d'une veste en jeans bleu et d'un pantalon moulant orange. Elle était plutôt jolie, mais ses habits étaient affreusement mal assortis.
Quand Ron arriva près d'eux, il les regarda tour à tour, un peu gêné.
– Hermione, Harry, je vous présente Olivia, ma… petite-amie.
– Salut, dit Olivia en tendant la main à Harry, souriante.
Harry la lui serra et Olivia tendis sa main à Hermione. Cette dernière se leva et lui embrassa les deux joues, balayant d'un geste la main tendue d'Olivia. Ron fut heureux de voir Hermione si chaleureuse. Il attendait cette rencontre avec beaucoup de trac et espérait du fond du cœur qu'Olivia, la femme qu'il aimait, plairait à ses deux meilleurs amis. Ils étaient les seuls dont le jugement lui importait.
Ils s'assirent tous les quatre à la table et il commandèrent chacun une boisson. Hermione commença alors la conversation :
_ Ça fait combien de temps que vous êtes en couple alors ?
_ Environ 3 mois, répondit Ron, mais on a préféré attendre un peu avant de s'afficher.
– Wouah, félicitations ! Et sinon, tu fais quoi dans la vie ? dit Hermione en sirotant du jus de cirtouille.
– Je suis journaliste. Je travail chez les Moldus dans une grande agence de presse.
– Ah ! Tu es Moldue ? demanda Hermione, curieuse.
– Non, non ! Enfin, je suis née moldue, mais je suis une sorcière.
– Comme moi ! dit Hermione en souriant.
Ils discutèrent un peu de leurs métiers respectifs.
– Sinon, Hermione ! Je vois que tu as un gros bidou ! dit Olivia en riant.
– Oui, tu as remarqué, répondit Hermione, souriante.
– Qui ne l'aurait pas vu ! Alors, c'est un garçon ou une fille ?
– Garçon. Je suis enceinte de presque 7 mois.
– Oh ! C'est pour bientôt alors !
– Encore 2 mois et demi quand même !
Ron et Harry suivaient de la tête la discussion des deux femmes, tournant la tête vers l'une quand elle prenait la parole et vers l'autre quand c'était son tour.
– Et qui est l'heureux papa ?
Hermione fut soudain gênée, effaçant son sourire rayonnant de son visage.
– Oh, tu ne connais pas !
– Chérie, dit Ron en regardant Olivia, Hermione est tombée enceinte par accident.
Olivia afficha une mine étonnée et confuse.
– Oh, je suis désolée ! Vraiment, c'était indiscret et…
– Ce n'est rien. Tout le monde trouve étrange que la si sérieuse Hermione Granger soit tombée enceinte célibataire et avec une situation instable.
– Non, ce n'est pas ça ! Enfin… je veux dire…
– Ne t'inquiètes pas, dit Hermione en souriant. Quand tu apprendras à me connaître, tu verras que je ne suis pas vraiment celle que tout le monde pense que je suis.
Quelques minutes plus tard, Harry dit qu'il devait y aller pour garder Bérry car Daphné partait chez ses parents avec sa sœur ce soir-là. Harry et Bérry n'y allaient pas car c'était une de leur « réunion de famille », et les parents Greengrass avaient décidé que tant que Harry n'était pas marié à Daphné, il ne faisait pas partie de la famille. Bérry n'y allait pas car elle était soit-disant trop jeune pour ça. Sacrés Sang-Pur !
*...¨...¨...¨...¨…¨...*
Drago cuisinait du canard et des pommes de terre à l'aide de la magie. Il avait du changer de repas en voyant sa mère arriver, et il avait eu de la chance de trouver du canard dans un coin du garde-manger. Narcissa mettait la table et rangeait un peu par-ci par-là, et bien que l'appartement de son fils soit très bien rangé, telle ou telle babiole n'était selon Narcissa pas à la bonne place.
Ils n'avaient pas encore vraiment parlé, échangeant seulement quelques banalités. Quand le repas fut près, Drago apporta le tout sur la table et servit sa mère qui s'était installée. Il s'assit lui aussi après avoir pris de quoi manger.
Sa mère gardait obstinément le silence, dégustant les mets préparés avec beaucoup d'élégance, comme à son habitude. Narcissa prenait un grand soin à éviter le regard de son fils, l'ignorant royalement. Son visage était impassible, pas l'ombre d'un sourire éclairant son beau visage aux traits fins. Drago décida alors d'engager la conversation, trouvant ce silence pesant et gênant.
– Alors, qu'est-ce qui vous amène, maman ?
– Drago, je me fais une joie d'entendre ta voix et de te voir enfin. C'est vrai, tu as une mère, j'ai un fils, ça fait du bien de se voir de temps en temps, n'est-ce pas ?
Drago compris tout de suite l'allusion.
– Je suis désolé de ne pas être venu vous voir plus souvent, mais j'ai été très occupé ses derniers temps, maman.
– Ce n'est en aucun cas une excuse. La preuve : je passe te voir ce soir, et je te trouve sans l'ombre d'une quelconque occupation, seul chez toi. J'imagine que ce n'est pas le premier soir que tu n'as rien à faire. Pourquoi ne viens-tu pas voir ta chère mère dans ces moments-là ? Et ton père ? Tu n'es pas allé le voir depuis des mois Drago.
Narcissa était vexée. Maintenant qu'elle avait dit ce qu'elle avait sur le cœur, elle laissait entrevoir au travers de ses yeux et de son expression ce qu'elle pensait en partie. Et Drago voyait qu'elle était vexée, vexée que son fils ne vienne pas la voir plus souvent, vexée de se retrouver seule tant de temps, son mari en prison et son fils ne se préoccupant pas assez d'elle selon Narcissa pour venir la voir.
Elle était alors venue pour le voir et le secouer un peu. Elle avait besoin de voir son fils, et Narcissa comptait bien le rendre assez gêné pour qu'il vienne la voir au minimum une fois par semaine. Elle était tout de même sa mère, celle qui avait prit de son précieux temps pendant tant d'années pour lui donner tout ce dont il avait besoin, celle qui avait pris de son temps pour l'aimer. Il pouvait bien consacrer un peu de sa vie pour aller tenir compagnie à sa pauvre mère, tout de même !
– Maman, pardon. J'ai l'esprit occupé en ce moment alors…
Narcissa oublia tout à coup les raisons de sa visite. Son fils avait l'esprit occupé… par quoi ? Son petit garçon n'allait pas bien ? Son Drago avait des problèmes ?
– Qu'est-ce qu'il y a, Drago ? Un problème ?
Drago avait de plus en plus peur. Il fallait trouver les bons mots. Les bonnes phrases. Le bon ton. Il n'était pas courageux. En tant que Serpentard à part entière, il était lâche et savait incroyablement bien mentir. Il aurait suffit d'un petit mensonge, un tout petit, pour lui enlever cette corvée effrayante que d'annoncer cette nouvelle à sa mère.
– Non, pas vraiment… Rien de grave.
Narcissa sentait que son fils était préoccupé. Elle sentait qu'il devait dire quelque chose. Elle le connaissait mieux que personne. Chacune de ses expressions impassibles aux yeux de tout les autres étaient transparentes pour Narcissa. Elle lisait en son fils comme dans un livre ouvert alors que d'autre voyaient Drago comme une personne mystérieuse et en tout temps illisible.
– Dit-moi, Drago, ordonna-t-elle de sa voix autoritaire qu'elle employait lorsqu'il était plus jeune et qu'il faisait une bêtise.
– Bien…
Il réfléchit quelques secondes à la manière de s'y prendre, puis décidant de ne pas trop se creuser la tête, il dit :
– Voilà, je vais… être père.
Narcissa n'avait pas vraiment réagi. Ce n'était pas si étonnant que ça. Son fils était adulte, il était en âge d'élever un enfant. Bien que le fait qu'il ne soit pas marié la dérangeait un poil, elle n'était pas si étonnée qu'elle aurait dû l'être. Elle était même plutôt heureuse que son fils lui offre un petit-enfant.
– Quand est-ce que le bébé naîtra ?
– Dans deux mois et demi, normalement, dit-il, un peu penaud.
– Eh bien mon fils, il était temps que tu me l'annonce. Mais c'est jouable. C'est dommage, la mère sera bien enceinte au mariage. J'espère qu'elle ne grossira pas trop entre le temps où nous choisiront la robe et la cérémonie. Mais en quelques semaines, je ne pense pas que…
– Stop !
Drago avait beaucoup d'audace de couper sa mère dans son monologue. Il n'en avait absolument pas le droit. On ne coupe pas ses parents. La mine choquée de sa mère en témoignait. Mais seulement là, c'était un cas d'extrême urgence.
– Je ne me marierai pas avec la mère, maman. Hors de question.
– Mais tu n'avais pas prévu de demander Astoria en mariage dans peu de temps ? C'est l'occasion de…
– Non ! Je ne ferais pas ça !
Les beaux yeux bleu clair de Narcissa s'assombrirent de colère en quelques secondes.
– Deux fois en très peu de temps, Drago. Je t'interdis de me couper la parole de la sorte, est-ce bien clair ?
– Je n'ai plus 5 ans, maman. C'était la seule manière de vous arrêter.
– Pourquoi est-ce que tu dis que tu ne le feras pas ?
Ça y était. Ce devait être le moment. Aller, il devait se lancer !
– Astoria n'est pas la mère. C'est Hermione. Hermione Granger.
L'expression étonnée et choquée de Narcissa se peignit très clairement sur son visage élégant. Hermione Granger, la mère de son petit-enfant ? Ce n'était pas possible…
– Comment en es-tu arrivé là, Drago ? Je croyais que tu côtoyais Astoria en ce moment ?
– C'est un accident. Je ne savait pas qu'il s'agissait d'elle !
Pas dupe, Narcissa comprit vite.
– Tu es allé à une des soirées Polynectar de Weasley ?
– Oui. Je ne savais pas que c'était Granger, maman.
Après quelques minutes de profonde réflexion, Narcissa acquiesça. Après tout, si ce n'était pas volontaire, elle ne pouvait pas lui en vouloir. Mais tout de même, son petit-enfant, un Sang-Mêlé !
– Tu as trompé Astoria.
Ce n'était pas une question. Drago soupira.
– Bien sûr que non. Je n'aurais jamais fait ça. Ça s'est passé avant que je ne sois en couple avec Astoria.
Méfiante, Narcissa acquiesça doucement.
– Granger, la mère de l'enfant de mon fils… Qui l'aurait cru ?
Drago rit ironiquement.
– Sais-tu si j'aurais un petit-fils ou une petite-fille ?
– Un petit-fils.
Drago sourit. Il allait avoir un fils.
– Un petit-fils…
Narcissa était sceptique. Elle ne savait pas vraiment quoi penser. D'un côté elle était heureuse de devenir grand-mère, d'avoir prochainement un petit-fils. Mais le fait que la fille Granger en soit la mère la gênait affreusement. Oui, cette fille était très intelligente et pas des plus affreuses, mais c'était une Sang-impur ! Bien qu'elle ait moins de préjugés que son époux sur les Moldus et Nés-Moldus, elle ne pouvait pas dire qu'elle les adorait, ni que la perspective que son petit-fils soit Sang-Mêlé l'enchantait !
– Eh bien Drago, je crois bien que tu as ramassé le gros lot ! dit-elle avec froideur.
– Je ne vous le fais pas dire.
*...¨...¨...¨...¨...¨...*
Trois jours plus tard, Narcissa attendait seule, assise dans une pièce surveillée aux murs d'un blanc immaculé. Il était étonnant de trouver une telle blancheur dans le bâtiment si sombre qu'était Askaban.
Elle venait voir son mari une semaine sur deux. Elle ne voulait le laisser seul plus longtemps, elle ne le supportait pas. Narcissa n'avait pas le droit d'aller le voir plus souvent que ça de toute façon. Au début, alors que Lucius venait juste d'être enfermé, elle ne voulait pas venir le voir. Il les avait fait trop souffrir, elle et leur fils. Mais l'amour avait eu raison d'elle : après un mois sans aucun contact entre les deux époux, Narcissa était allée voir Lucius. Elle ne supportait pas l'idée qu'il puisse rester seul pendant tant de temps dans une cellule sans aucune compagnie. Elle savait depuis longtemps qu'elle aimait sincèrement l'homme qu'elle avait épousé, le père de son unique enfant, mais elle avait pleinement réalisé l'ampleur de son amour lors de ce mois de séparation. Un mois, c'était peu. Mais elle l'avais vécu comme une année.
Alors ces 10 petites minutes qu'ils vivaient ensemble tous les 15 jours étaient très précieuses aux yeux de Narcissa. Elle n'aurait raté un de ces rendez-vous pour rien au monde.
Une porte d'une blancheur aussi intense que les murs d'une telle façon qu'elle se confonde avec un de ceux-ci s'ouvrit sur un Auror accompagné de Lucius. Les cheveux platine de ce dernier étaient ternes et sales, sa chemise noire avait quelques boutons de décousus et un ou deux trous, ses yeux gris étaient sans vie, vides. Mais dès l'instant où il vit Narcissa, une petite étincelle presque imperceptible apparut dans ses yeux. Une ombre de sourire s'esquissa sur son visage.
– Lucius… murmura Narcissa en se levant à son arrivée.
– Bonjour, Narcissa, répondit-il d'une voix légèrement plus rauque qu'à l'habitude.
Il s'approcha de sa femme lentement et déposa un baiser sur son front. Il faisait rarement ce genre de choses. Les gestes tendres, ce n'était pas vraiment son truc. Mais en ce moment, dans cette prison humide et seul toute la journée, il était en manque de contact. Sa femme lui manquait. Il réalisait pleinement qu'il tenait vraiment à elle.
Ce geste rempli de douceur avait fait du bien à Narcissa. Cela lui prouvait qu'il n'était pas marié avec elle seulement pour créer un héritier. Qu'il tenait à elle. Que toutes ces années passées ensemble ne signifiaient pas rien pour lui.
Lucius s'assit en face de sa femme quand il l'eut lâchée. Narcissa posa un doigt timide sur la main de son époux posée sur la table en bois entre eux. Puis quand elle vit qu'il ne faisait rien pour l'en empêcher, elle posa sa main sur celle de Lucius. Doucement, elle commença à la lui caresser de son pouce, timidement. En général, Lucius n'appréciait pas trop que sa femme le touche de cette manière. Il l'a repoussait dans ces cas là. Alors avec les années, Narcissa avait apprit à y aller doucement pour ne pas le brusquer.
– Ça va ? Tu résistes ? demanda tendrement Narcissa.
Lucius ferma un instant les yeux. Il se remémorait tous les souvenirs qu'il avait de cette prison. Aucun n'était heureux, agréable. Exceptées les visites de Narcissa. Son quotidien était sombre, les cellules étaient humides, les prisonniers étaient violents et fous pour certains.
– Je fais de mon mieux, Narcissa. Je n'y arrive pas. Je ne vais pas tenir. Je n'en peux plus…
Lucius avait les larmes aux yeux. Cela faisait tant d'années qu'il n'avait pas pleuré… Eh oui, le grand Lucius Malefoy avait déjà pleuré.
Narcissa était bouleversée de voir son mari dans un tel état. Le voir sur le point de pleurer, entendre sa voix si désespérée, voir des rides de fatigues et de malheur apparaître chaque semaines sur son visage aux traits tirés…
Narcissa laissa échapper une larme. Elle posa son autre main sur la joue de Lucius. Celui-ci pencha légèrement la tête afin de mieux sentir le contact de la main de son épouse sur sa joue. Ce genre de choses étaient tellement rares dans leur couple.
– Il faut que tu y arrives… Tu sors dans peu de temps. Sois fort, Lucius. Soit courageux.
– Tu sais, Narcissa, à cause… ou grâce, peut-être… à cause de mes quelques années en prison, j'ai réalisé que les petits plaisirs de la vie sont importants. Un Noël, le premier jour de l'année, l'anniversaire de mon fils, le tien… Des jours que je croyais être complètement normaux et que j'aurais tellement voulu partager avec vous toutes ces années…
Narcissa pleurait à chaudes larmes à présent, caressant la joue de son mari où des poils grisonnants étaient apparus avec tendresse, sentant son cœur se gonfler d'amour en l'entendant parler.
– Je regrette, Narcissa, prononça Lucius d'une voix brisée au même moment qu'une larme traîtresse glissait le long de sa joue.
La seule qu'il laisserait couler.
Ces quelques paroles faisaient tellement de bien à Narcissa. C'était comme si l'étau qui enserrait son cœur depuis plusieurs années déjà se brisait en partie. Le lourd poids sur ses frêles épaules s'était allégé. Il regrettait. Il regrettait de leur avoir fait du mal, de s'être allié à Voldemort, d'avoir fait les mauvais choix. Mais Narcissa le savait : il ne regrettait pas d'être comme il l'était, d'être lui-même. Et il faisait bien. Parce que s'il n'avait pas été lui-même, rien n'aurait été pareil. Narcissa ne l'aurait pas aimé. Et bien que sa vie n'ai pas toujours été rose, elle avait vécu tellement de bons moments mariée avec Lucius qu'elle ne parvenait pas à lui en vouloir complètement.
Narcissa essuya la larme sur la joue de Lucius doucement, puis elle avança un peu sa tête vers lui et déposa son front contre le sien. Ils fermèrent tout les deux les yeux, profitant l'un de l'autre, se remémorant tant de souvenirs, de moments passés ensemble. C'était reposant, et ça marquait la paix entre eux.
– Lucius, je dois te dire quelque chose, dit-elle une fois complètement calmée en voyant que les 10 minutes qui leur étaient accordées étaient presque terminées.
– Oui, Cissy ?
Narcissa sourit en entendant ce surnom que son mari n'utilisait que lorsqu'il était en confiance. Il l'utilisait spontanément quand il se sentait bien, détendu.
– Je… Bon, ça ne va pas te plaire.
– Dis-moi.
– Tu promets de ne pas te mettre en colère, hein ?
Elle était inquiète que Lucius ne fasse un scandale en l'apprenant. Le connaissant, il en était capable.
– Promis, dit-il, nullement conscient qu'il ne pourrait pas tenir la promesse qu'il venait de faire.
Narcissa sourit une nouvelle fois en voyant son époux le faire timidement.
– Voilà, donc… Drago va avoir un bébé.
Lucius ne comprenait pas. C'était plutôt une bonne nouvelle que son fils engendre un héritier, bien qu'aux dernières nouvelles, Drago n'était pas marié.
– En quoi le fait que mon fils ait un enfant pourrait me mettre en colère ?
– Voilà le moment que tu ne vas pas aimer… Donc, la mère de cet enfant, c'est Hermione Granger qui est enceinte de 7 mois.
Lucius eut un moment d'incompréhension. Granger… Ce nom lui disait quelque chose… Sûrement une Sang-Pur ! Il chercha quelques secondes dans tous les noms de familles au sang pur qu'il connaissait quand ça le frappa. Granger. Granger, Weasley, et Potter. La Granger de Potter. La Hermione Granger Sang-de-Bourbe et Gryffondor lèche-bottes de Potter !
– La Sang-de-Bourbe ? s'exclama-t-il, horrifié.
Il n'était pas réellement en colère. Il était juste tellement surpris qu'il ne parvenait pas à cacher ce qu'il ressentait comme il savait si bien le faire. Il se demandait comme une telle chose avait pu arriver. À vrai dire, Lucius n'avait jamais pensé que son fils puisse se salir de cette manière.
– Lucius ! Arrêtes donc avec ce mot ! Hermione Granger est née-Moldue, en effet.
Lucius s'apprêtait à rajouter quelque chose que Narcissa estimait de désagréable, alors elle le coupa :
– Tu m'avais promis de ne pas te mettre en colère.
Ceci eut le don de faire taire Lucius, bien que son visage exprime à présent toute sa colère et toute sa surprise.
– Drago… ce n'est pas de sa faute. Je t'ai déjà parlé des soirées Polynectar de George Weasley ? (Lucius acquiesça d'un signe de tête.) Eh bien Drago y est allé. C'est à une de ces soirées que Granger est tombée enceinte.
Lucius comprit tout. Le fait que Drago n'avait pas pu savoir qui était réellement la femme avec laquelle il avait couché. Mais tout de même, Granger ! Il n'aurait pas pu en choisir une autre ? La Granger, mère de son -à coup sûr- petit-fils ?
Un garde entra à ce moment dans la pièce.
– Les 10 minutes sont terminées. Monsieur Malefoy, veuillez me suivre.
Lucius se leva docilement, il effaça ce qu'elle lui avait dit de son esprit le temps de quelques minutes et avança doucement vers Narcissa, sa femme qu'il ne reverrait pas avant deux semaines. D'ici là, il savait qu'il compterait les jours, les heures, les minutes. Ces rendez-vous étaient la seule chose qui le faisait tenir.
Il s'agenouilla devant sa femme assise, mit une main sur sa joue, l'autre sur sa taille, et il se colla à elle. Il respira son odeur en quelques inspirations, puis en se relevant, il lui déposa un baiser sur le front. La douceur n'était pas son point fort, mais cet instant, il en avait plus que besoin et ses gestes étaient spontanés.
Il repartit vers le garde, et quand il fut à sa hauteur, il se tourna vers Narcissa. Sa beauté froide l'électrisa, comme à chaque fois qu'il la voyait. Ses yeux d'un bleu presque transparent… Sa bouche teintée d'un délicat rouge à lèvres… Ses cheveux blonds attachés en élégant chignon, dégageant son visage fin et gracieux… Sa peau blanche aux joues légèrement rosées… Il l'a trouvait magnifique, même après toutes ces années de mariage.
Le sourire plein d'espoir qu'il lui adressa avant que la porte ne se referme, coupant leur échange de regards, rassura Narcissa. Il avait pour quelques minutes oublié que Granger serait la mère de son premier petit-fils. Et il tiendrait. Il tiendrait encore jusqu'à temps qu'il sorte de cet Enfer.
Un avis ?
Merci pour vos review, au fait :)
J'espère que ce chapitre qui contient beaucoup de Narcissa vous aura plut !
La semaine prochaine je posterais sûrement le samedi aussi, mes mercredi sont de plus en plus chargés :)
A bientôt !
