Chapitre 14 : Une nouvelle vie

Ginny était assise sur un banc dans le grand jardin du manoir. Elle ressassait la soirée, encore énervée que Daphné l'ai mise à côté de Blaise. Elle lui pardonnerait, évidemment, mais pour l'instant elle avait besoin d'être énervée contre elle, pour qu'elle comprenne bien que son geste ne lui avait pas plut.

Elle vit Blaise arriver vers elle d'une démarche un peu bancale. Il s'assit à côté d'elle en silence, à l'autre bout du banc. Il avait un verre à la main et regardait fixement devant lui, prenant une gorgée de temps à autres.

– Qu'est-ce que tu veux ? dit Ginny dont la colère effaçait la gêne.

– Pourquoi tu m'évites ? demanda Blaise d'une voix calme sans bouger les yeux.

Quelle question ! Alors comme ça, il s'en était rendu compte ?

– Je ne t'évites pas.

Sa tentative de mensonge ne berna apparemment pas Blaise qui sourit sarcastiquement.

– N'essaie pas de mentir, Ginevra. C'est réservé aux Serpentard. Et ça ne te va pas.

Ginny soupira.

– Tu n'es pas venu vers moi non plus, dit-elle.

– Ce n'est pas moi le courageux dans l'histoire.

– Blaise, tu me fatigues. Tu me reproches quelque chose alors que tu as fait exactement pareil.

– Pourquoi tu m'évites ? demanda-t-il à nouveau comme si il n'avait pas entendu ce que Ginny avait dit.

– J'en sais rien, moi ! Que voulais-tu que je fasse ? Et toi, pourquoi tu m'évites ?

– Parce que tu m'intimide, Ginevra. Tu me fais peur. T'as vu, moi j'ai une excuse.

Ginny le regarda quelques secondes. Ça ne servait à rien de lui parler ce soir, l'alcool embrumait son esprit.

– Arrêtes de boire, dit-elle en lui arrachant son verre des mains et en le vidant par terre.

Blaise ricana.

– J'attendais seulement que tu me le demandes toi-même pour le faire, tu sais ?

– Blaise… Tu es bourré.

– Et alors ? Ce n'est pas la première fois. Et j'ai l'esprit parfaitement clair quand je parle avec toi.

Ginny eu beaucoup de mal à se retenir de sourire quand il lui sortit un de ses sourires charmeurs.

– Pourquoi je t'intimide ? demanda-t-elle, curieuse et contente de ne pas être la seule à être peu sûre d'elle.

– J'en sais rien, c'est ça le pire ! Ça doit être tes cheveux… Ou ton stupide caractère de Gryffondor. Ou alors j'ai mieux ! Quand t'es en colère, tu fous vraiment la trouille. Mais en même temps, ça te rends très sexy…

– Blaise, arrête, dit-elle en rougissant un peu.

– Non mais c'est toi qui m'as demandé aussi. Alors, pourquoi tu m'évites ?

Ginny réfléchit quelques secondes puis lui répondit :

– À quoi ça va nous mener tout ça ? Je commence à vraiment t'apprécier et toi tu joues avec mes sentiments… Je sais bien que tu n'en a rien à faire de moi, je m'en ficherais dans d'autres circonstances, mais… Arrêtes de t'amuser avec moi, d'accord ? Ce qui s'est passé au lac, c'était rien. Juste un souvenir, murmura-t-elle comme à elle même.

– Je me fiche pas de toi, Ginevra. Je t'aime bien.

– Et alors ? Pourquoi tu m'as embrassée, Blaise ? Dis le moi.

– Parce que… Parce que j'en avais envie.

– Et maintenant, il se passe quoi ? On fait quoi ?

– Il n'y a rien à faire. On apprend à se connaître, et on voit : si tu m'aimes bien, si je t'aime bien, alors c'est parfais, mais si on ne s'aime pas, alors on reste amis. Fin de l'histoire. Je vois pas pourquoi tu te tracasses avec ça !

– Bah désolée, mais je suis comme ça ! À prendre ou à laisser.

– Les femmes, je te jure… murmura-t-il pour lui-même. Tout ce temps sans se voir pour une histoire de « On fait quoi après ? ». T'avais qu'à venir me voir, je t'aurais tout de suite dit « ce qu'on fait après ».

Ginny rit un peu.

– Allez viens on rentre, il faut que tu dessoûles. Vas prendre une douche, je te prépare une potion.

Blaise se leva en même temps que Ginny. Pendant quelques mètres, il fit mine de tituber, obligeant Ginny à le rattraper à chaque fois qu'il manquait de tomber. Il lui fit un clin d'œil charmeur alors qu'elle lui tenait le bras, lui montrant clairement qu'il faisait exprès. Mais Ginny ne lui dit rien et ils rentrèrent dans le manoir.

En passant pour aller jusque dans la salle de bain, ils virent Hermione endormie sur l'épaule de Drago, faisant sourire Ginny et ricaner Blaise.

Quand Blaise fut douché et un peu plus sobre, la fin de la soirée se déroula beaucoup mieux pour eux deux. Il dansèrent même ensemble, leur gêne oubliée. Comme avait dit Blaise, ils apprendraient à mieux se connaître, et ils verraient bien.

Le midi du 25 décembre, après avoir ouvert les cadeaux au manoir Zabini, ils fêtaient Noël en famille, chacun de leur côté. Hermione se rendait chez les Weasley avec ses parents. Molly avait insisté pour qu'ils viennent, et Hermione ne voulait pas les laisser seuls pour Noël. Harry et Daphné venaient aussi, ainsi que les enfants Weasley bien évidemment.

Drago, Astoria et Narcissa mangeaient chez Blaise ce midi-là, la mère de ce dernier revenue chez elle, avec les Greengrass. Un comité de Sang-Pur, comme à chaque 25 décembre. Ensuite, Narcissa et Drago passeraient à Askaban voir Lucius, fêtant ainsi un peu Noël en famille.

Harry, Daphné et Ginny étaient passés chercher les parents d'Hermione et les avaient escortés tous les trois au Terrier.

Bérry fut à nouveau gâtée par ses grands-parents et tontons par alliance, bien qu'elle pensait qu'il s'agissait du Père Noël. Ils se régalèrent, les divers plats préparés par Molly avaient étés comme toujours préparés avec soin et passion. Les Granger furent encore questionnés par Arthur sur les différentes fonction de certains objets moldus. Mais à présent, ils étaient habitués.

Puis vint le 1 janvier 2006. Ils firent une nouvelle fois la fête, se déchaînèrent sur la piste de danse toute la nuit. Hermione était de plus en plus épuisée par sa grossesse et avait hâte d'accoucher, malgré une petite appréhension croissante.

8 janvier 2006 :

Tout était prêt. La valise d'Hermione enfermant les affaires du bébé et les siennes était posée dans un coin du salon. La future maman ne quittait plus son Portoloin qui la mènerait à Sainte Mangouste immédiatement après activation. Parce qu'après tout, l'accouchement pouvait se dérouler très lentement, mais aussi très vite.

Il ne se passa rien ce jour-là.

9 janvier 2006 :

Hermione et Ginny revenaient de Sainte Mangouste pour que la future maman se fasse examiner. C'était obligatoire en cas de dépassement de terme. Mais d'après la sage-mage, le travail n'était pas encore commencé. Hermione ressentait de petites contractions depuis quelques jours déjà, mais rien qui prévienne l'arrivée imminente de l'accouchement d'après les sages-mages.

Ce ne serait pas non plus pour ce jour-là.

10 janvier 2006 :

Hermione mangeait chez ses parents. Daphné et Ginny avaient été inquiètes à l'idée qu'elle y aille toute seule, mais elle les avait rassurées en leur disant qu'elle leur enverrait un Patronus en cas de problème.

Mais il n'y eu pas le « problème » en question ce jour non plus.

13 janvier 2006 :

Il était 3 heures du matin. Hermione était levée et buvait un café, encore un peu endormie. Il était quasiment impossible de dormir ces derniers temps. Ses contractions quotidiennes s'étaient grandement amplifiées dans la nuit et elle songeait sérieusement à aller à la maternité. Elle sentait que ça approchait, et elle en était heureuse. Enfin ! Il avait fallut attendre 5 jours après le terme ! Elle avait hâte d'accoucher, vraiment !

Quand les contractions devinrent encore plus fortes, elle se leva et pris sa baguette. Ginny était de garde à Sainte Mangouste, et elle ne voulait pas être seule. Alors, Hermione envoya un Patronus à Daphné, essayant d'être douce pour ne pas réveiller les Potter en catastrophe.

Elle alla s'habiller. Elle enfila une robe ample qu'elle avait achetée pour le jour de l'accouchement. Elle prit sa valise et son téléphone portable moldu qu'elle n'utilisait presque jamais. Hermione envoya un hibou à Drago pour le prévenir qu'elle allait à Sainte Mangouste.

Harry et Daphné arrivèrent quelques minutes après. Hermione commençait tout juste à trouver le temps long lorsqu'ils franchirent le seuil de la porte.

– Hermione ! Alors, ça y est ? demanda Daphné, à la fois excitée et angoissée à peine entrée dans l'appartement.

– Harry ! Daphné ! Je suis désolée de vous avoir appelés, mais je ne me voyais pas aller à Sainte Mangouste seule. Je commence sérieusement à stresser et…

– Hermione ! Je t'ai dis que tu devais m'appeler quand ça arrivait, alors tais-toi un peu et on y va ! Prends ton Portoloin et c'est parti.

Hermione tendit le biberon qui lui servait de Portoloin devant elle, puis Harry et Daphné s'y accrochèrent. Elle l'activa et ils se retrouvèrent tous les trois en un rien de temps dans le hall de Sainte Mangouste. Après avoir rempli les papiers nécessaires, ils furent accueillis par la sage-mage d'Hermione.

– Bon, ça va aller Hermione ?

– Mais oui Harry, je ne suis pas en sucre ! Ne t'inquiètes pas. Aller, files. Tu reviendras quand le travail sera fait.

La mine inquiète, Harry embrassa les deux joues d'Hermione avec affection puis parti. Elle lui avait dit plus tôt qu'il était inutile qu'il reste le temps de l'accouchement et qu'il ferait mieux de rentrer se reposer.

Une fois examinée par la sage-mage et allongé dans le lit médical, Hermione se tortillait à chaque nouvelle contraction au côté d'une Daphné bienveillante.

– Oui, c'est douloureux, mais une fois avec ton bébé dans les bras, tu ne t'en souviens même plus.

La jeune femme avait un sourire épanoui sur les lèvres en se remémorant la naissance de Bérry.

– Au fait, désolée d'avoir mis du temps à venir tout à l'heure, c'était juste le temps de nous habiller et d'emmener Bérry à Molly.

– Ne t'inquiètes pas, je suis déjà contente que tu sois là ! Je ne sais pas ce que j'aurais fais, toute seule.

– Tu as prévenu Drago ?

– Oui, avant que vous arriviez. Il ne devrait pas tarder. Tu pourras partir une fois qu'il sera là, si tu veux. Je ne veux pas te priver de ton sommeil.

– Non, je reste. Drago ou pas, c'est moi qui suis arrivée en première !

Hermione rit un peu puis souffla fort l'instant d'après quand une contraction se fit sentir.

– Harry va prévenir mes parents ?

– Il va les chercher, je lui ai dit de le faire, ils ne devraient pas tarder, répondit Daphné.

Dès que la phrase de Daphné se termina, la porte s'ouvrit sur les deux Granger aux yeux pétillants de bonheur mêlée de légère inquiétude et à la mine à peine réveillée. Ce spectacle fit sourire Hermione.

– Ma chérie ! Est-ce que ça va ? Pas trop douloureux ?

– Ne t'inquiètes pas maman, je gère pour l'instant. Mais c'est vrai, j'ai un peu mal quand même.

– Mon Hermione, le jour où tu es née à été le plus douloureux de ma vie. Mais il a aussi été le plus heureux.

Hermione ne su pas trop si elle devait rire ou pleurer de cette remarque.

– Harry a été doux pour vous réveiller ?

– Disons qu'il est un peu paniqué. Donc pas tellement, répondit le père d'Hermione.

La presque-maman pouffa en détaillant la chemise de son père enfilée à la va-vite, froissée et dont les boutons étaient mal mis, et ses cheveux plus en bataille qu'à l'habitude ainsi que ses multiples épis.

– Alors, ça avance vite ? demanda Katia, la mère d'Hermione, qui s'était assise au chevet de sa fille.

Avec Daphné d'un côté, sa mère de l'autre et son père au pied du lit, Hermione était bien entourée.

– Mon col est ouvert à deux centimètres. Ma sage-mage a dit que ça allait plutôt lentement pour un dépassement de terme.

Katia acquiesça puis posa doucement sa main sur le ventre d'Hermione, le caressant tendrement.

– Il nous aura fait attendre, ce petit chenapan. Tu as pensé à un prénom ?

Hermione haussa les épaules et répondit :

– Pas vraiment. Je me suis dit qu'on aurait le temps d'y réfléchir avec Drago en attendant que j'accouche. On attend qu'il arrive.

– J'ai pensé à Pierre. C'est comme ça qu'on t'aurait appelé ton père et moi si tu avais été un garçon.

Hermione fit une petite grimace.

– J'aime pas. Non, plus ça va et plus je pense qu'il faut que j'attende de le voir pour choisir. Peut-être qu'un prénom me sautera aux yeux à ce moment là.

Ils continuèrent à parler de tout et de rien, puis les Granger partirent en voyant Hermione souffrir de plus en plus. Il fallait qu'elle se repose, et ce n'était pas en parlant que ça allait s'arranger.

Drago n'était toujours pas arrivé. Elle se demandait si il avait bien entendu le hibou qu'elle avait envoyé frapper à sa fenêtre, si le hibou en question ne s'était pas égaré ou encore si Drago ne s'était pas désartibulé en transplanant. Daphné lui conseilla d'arrêter de s'inquiéter, ce qu'elle fit après une contraction bien placée.

La sage-mage entra dans la petite salle alors qu'Hermione et Daphné parlaient.

– Alors Miss Granger, tout va bien ?

– Ça peut encore aller. Vous proposez la péridurale ?

En effet, cette méthode tant appréciée chez les Moldus avait fait son apparition chez les sorciers : la péridurale sorcière, demandée et approuvée par tant de femmes, la plupart du temps le Saint Graal lors de l'accouchement. Hermione comptait bien accoucher avec cette précieuse aide. Elle n'était pas douillette mais préférait souffrir le moins possible quand elle le pouvait. Elle s'était renseignée, c'était une potion qu'il fallait ingérer lentement et qui ne ferait pas immédiatement effet, à boire une fois seulement à 8 centimètres de dilatation qui soulagerait la maman le temps de l'accouchement.

– Bien sûr. J'allais justement vous la proposer. Mais il faut encore attendre avant de vous donner la potion. Je vais vous examiner.

Quelques minutes après, la sage-mage dit :

– 5 centimètres. Ça avance lentement, Miss Granger, et il est encore trop tôt pour mettre la péridurale. Je reviens dans une heure pour faire le point.

30 minutes. Puis 1 heures. Puis la sage-mage revint.

– 6 centimètres. Bon, ça avance. Ce n'est pas encore le moment de mettre la péridurale, malheureusement. Vous m'appelez si il y a un problème.

Elle ressortit, et l'attente recommença.

Daphné se faisait les ongles. Elle utilisait du vernis moldu depuis qu'elle fréquentait Hermione, avec ensuite un sort de protection et de solidité, il donnait soit-disant un résultat « plus naturel et durable que du vernis sorcier ». Elle s'appliquait sur les ongles un magnifique rouge sang, concentrée sur sa tâche. L'odeur dérangeait légèrement Hermione, mais elle ne pouvait rien dire à son amie qui avait la gentillesse de rester avec elle dans ce moment difficile qu'elle aurait eu du mal à affronter seule.

Après on-ne-savait-combien de temps, Ginny arriva dans la pièce. Discrète, elle se faufila à côté d'Hermione et lui demanda comment ça se passait.

– Je suis en pause. Ta sage-mage, Sophie, m'a prévenue que tu étais là. On est avec un patient qui demande beaucoup d'attention, je me suis libérée 5 minutes pour venir te voir mais je crois que je vais devoir y aller.

– Je comprends, Ginny. Vas-y. Je suis déjà contente que tu sois venue.

Après lui avoir déposé un baiser sur le front, Ginny dit :

– Bon courage, 'Mione. Je reviens te voir une fois ton bébé né !

Puis elle s'en alla presque en courant, ne voulant pas faire trop attendre ses collègues.

– Ça fait 5 heures qu'on attend. Pourquoi Drago n'est pas là ? Il y a du avoir un problème, dit Hermione.

– Je ne sais pas, 'Mione. Il s'est peut-être rendormis, dit-elle sans conviction.

Elle ne savait pas pourquoi, Hermione avait un mauvais pressentiment. Elle sentait qu'il s'était passé quelque chose, mais elle ne saurait dire quoi.

– Tu veux que je lui envoie un Patronus ?

Hermione acquiesça à la demande de Daphné. Une fois la chose faite, elle attendirent encore une bonne heure. Personne.

– Daphné, je m'inquiète. Tu veux pas demander à Harry d'aller le chercher ?

Elle le fit. C'est alors que 30 minutes plus tard, la porte s'ouvrit enfin sur quelqu'un d'autre que la sage-mage qui faisait des allers et venues toutes les heures environ.

Harry avait le visage crispé de colère et d'inquiétude. Il était aussi désolé. Hermione su tout de suite qu'il s'était passé quelque chose de grave, confirmant ses inquiétudes.

– Harry, qu'est-ce qu'il y a ?

– Cet enfoiré s'est tiré, Hermione. Il est parti. Malefoy s'est barré.

Quoi ? Non, impossible, elle n'avait pas bien compris.

– Tu… Quoi ?

– Je suis désolé, 'Mione. Il n'est plus là. Il a laissé un mot à Blaise, il s'est tiré.

Le cerveau d'Hermione semblait tourner au ralenti. Il s'est tiré… ? Comment ça ? Où ça ? Quand ça ? Pourquoi ça ?

– Mais… alors il ne viendra pas ? dit-elle d'une voix très aiguë.

Harry pinça les lèvres, puis s'approcha doucement d'Hermione. Il lui caressait les cheveux quand il dit :

– Non, 'Mione. Il ne viendra pas.

Il ne viendra pas. Drago ne viendra pas. Malefoy ne viendra pas. Il n'assistera pas à l'accouchement. Il ne rencontrera pas son fils. Il ne sera pas présent. Il ne la soutiendra pas.

– Mais… Il avait promit !

– Il ne tiendra pas sa promesse. Comme quoi, les caractéristiques des Serpentard reviennent toujours.

Malgré le fait qu'elle soit profondément choquée, Daphné lança un regard noir à Harry. Mais elle devait avouer que la lâcheté de Drago était bel et bien ressortie.

Harry était dans une colère noire. Il faisait de son mieux pour se contenir devant Hermione, mais si il avait Malefoy en face de lui, il lui montrerait sa façon de penser. Il en était dégoûté. Hermione avait eu tellement confiance en lui, avait tellement été sûre qu'il serait là… Et non, ce fils de Mangemort resterait comme il l'était, vil et lâche, comme Harry avait toujours pensé qu'il était.

Hermione était complètement perdue. Mais en même temps, tout était clair. Il l'avait trahie, par Merlin ! Il lui avait promit d'être là lors de l'accouchement, il lui avait promit ! Il l'avait trahie ! Elle était dégoûtée, dégoûtée de s'être faite avoir de la sorte. Elle avait confiance en lui, par Merlin ! Elle pensait réellement qu'il allait venir et qu'il la soutiendrait, mais non ! Il l'avait trahie, et il était parti on-ne-savait où ! Mais quelle idiote elle avait été de le croire ! Quelle idiote ! Elle en était presque au stade où elle s'en voulait plus qu'à lui. Quelle cruche elle avait été de se faire berner comme ça ! Elle s'en voulait affreusement d'avoir été si facile à manipuler. Si bête, si idiote…

Elle sentit soudainement du liquide couler entre ses cuisses. Puis une grosse pression s'exerça dans son bas-ventre.

– Il sort ! Par Merlin, Daphné, il sort ! Appelle la sage-mage !

C'était arrivé d'un coup. Tout à coup, tout s'enchaîna à une vitesse hallucinante. Harry sorti de la salle le plus rapidement possible et alla rapidement chercher la sage-mage. Celle-ci arriva vite et Harry resta dehors, allant dans la salle d'attente.

– Miss Granger, du calme, je vous examine.

L'examen fut plus douloureux que les fois précédentes, et le besoin de pousser se fit de plus en plus présent très rapidement.

– Vite, vite, il sort ! dit Hermione en essayant de se maîtriser.

– Dilatation complète, c'est parti. Mettez-vous en position, je vais chercher les étriers.

– Attendez ! Et la péridurale ? demanda Hermione, paniquée.

– On a pas le temps de vous la donner, c'est allé trop vite. Vous allez accoucher.

La respiration d'Hermione s'accéléra, et elle rechercha du soutien.

– Daphné ! Ça fait mal ? Est-ce que je vais avoir très mal ? Tu as eu une péridurale toi ?

– Oui, je l'ai eue. Calmes-toi, Hermione. Respires doucement. Tout va bien se passer.

Hermione acquiesça en secouant frénétiquement la tête, essayant de se convaincre elle-même.

– Allez Miss Granger, mettez-vous en position, on attend la prochaine contraction et vous poussez.

Alors elle poussa quand la douleur maintenant familière arriva. Elle ressentait du soulagement à pousser, mais aussi beaucoup de douleur. « Allez, Hermy, soit forte » se dit-elle en redoublant d'efforts.

À côté d'elle, Daphné lui tenait la main et la tête, lui soufflant des encouragements. Sa seule présence la rassurait, l'apaisait en quelques sortes.

Ça ne dura pas longtemps. Il ne fallut que quelques minutes pour mettre au monde son bébé. Après une dernière poussée éreintante, elle le vit. Sa peau était légèrement fripée et violette. Ses yeux étaient fermés et ses poings étaient serrés et pressés sur ses joues potelées. On lui déposa le nouveau-né sur la poitrine et elle eu le temps de l'admirer plus précisément. À ses yeux, il était beau. C'était son bébé. L'être qui avait grandit dans son ventre pendant un peu plus de 9 mois.

L'émotion qu'elle avait ressenti en posant ses yeux sur lui déclencha un flot de larmes et effaça la douleur qu'elle avait éprouvé avant l'arrivée de son petit garçon.

– Félicitation ! Quel est son prénom, à ce joli petit garçon ?

Elle réfléchit tout en admirant le nouveau-né, pleurant silencieusement. Elle était heureuse, mais elle sentait que d'autres émotions l'envahissaient peu à peu. Elle s'efforça de se changer les idées quand elle repensa à la fuite de Drago. Quel prénom pourrait-elle donner à son petit garçon ? Elle repensa à la discussion qu'elle avait eu avec Drago quelques mois plus tôt :

J'aime bien Alan…

Alan ? Mouais… Je sais pas, j'aime pas trop.

Éden ?

Non. J'aime pas du tout.

Alors propose quelque chose !

Euh… Je ne sais pas… Peut-être… Scorpius ?

Hermione eut beaucoup de mal à ne pas sursauter en écarquillant les yeux.

Hors de question. Tu n'appelleras pas mon fils Scorpius.

Alors Caelum ?

Caelum ? Ce n'est pas un prénom.

Drago soupira.

Tout peut devenir un prénom !

Mon fils aura un vrai prénom.

Elle revint au présent, regarda à nouveau son bébé et dit à la sage femme :

– Calum. Il s'appelle Calum.

C'était bien, Calum. Ça plaisait à Drago et c'était un vrai prénom. Parce que même si Drago était parti, malgré elle, Hermione avait toujours un maigre espoir. C'était plus fort qu'elle.

Elle contemplât son bébé alors que la sage-femme l'emmenait afin de lui prodiguer les soins nécessaires. Elle l'aimait déjà tellement… Pour l'instant, c'était tout ce qui comptait. Il fallait voir les choses comme ça.


Bonjour !

Alors ? Qu'en avez vous pensé ?

Je dois bien avouer que je stresse un peu pour la publication de ce chapitre.

J'aimerais beaucoup que vous me disiez ce que vous en pensez, c'est vraiment le "commencement" de l'histoire, un moment important dans cette fic. A quoi bon poster une histoire si les lecteurs ne disent pas ce qu'ils en pensent ?

Voilà, j'espère que ce chapitre vous aura plut et à bientôt !