Titre : N'as-tu rien à me dire ?
Rating : T
Pairing : Lurry
Disclaimer : Lucius Malfoy est à mouhahahah
Statut : Terminée
Résumé : Lucius apprends que Harry lui a caché l'enfant qu'ils ont eu après une folle nuit de passion.
NdA : Contrainte : moins de 4 000 mots
Bêta : Lil' Mam. Un grand merci à elle !
.oOo.
Lucius était installé tranquillement à une table du Chaudron Baveur, buvant un mimosa par cette chaude fin de matinée de printemps. Il venait de terminer ses achats sur le chemin de Traverse pour le futur mariage de son fils, et avait décidé de se récompenser par une boisson légèrement alcoolisée.
Il avait presque fini lorsqu'il avait aperçu deux personnes entrer dans le bar et s'asseoir à une table non loin de lui. Lucius s'était protégé d'un sort pour ne pas être remarqué après avoir été servi par Tom, afin d'observer son environnement sans être dérangé. Evidemment, sa curiosité avait vite pris ses droits lorsque deux membres du Trio d'or s'étaient assis à quelques pas de lui.
Le monde sorcier attendait avidement des informations au sujet de Harry Potter, disparu de la circulation depuis plus de deux ans.
L'ancien Mangemort avait donc lancé un sort pour entendre distinctement malgré le Muffliato habillement lancé et écoutait maintenant allègrement la conversation.
« Tu es sûre ? » murmura Ronald Weasley à sa petite amie, Hermione Weasley, née Granger.
« Presque… » répondit la jeune femme de la même façon. « Ca colle avec les renseignements que nous avons déjà récoltés. Le tout est de ne pas nous tromper et de ne pas accuser qui que ce soit à tort. »
« De toute façon il se fâchera… » grogna le jeune homme. « Depuis sa rupture avec Samuel il n'est plus lui-même. »
Lucius se demanda s'ils parlaient de Potter, mais imaginait que c'était le cas. Peu de choses pouvaient mettre le jeune Weasley dans cet état, si ce n'était son meilleur ami. Il ricana en remarquant à quel point Ronald ressemblait à Arthur au même âge. Lucius avait adoré taquiner son compagnon de classe, comme il savait que Draco avait fait avec ses descendants. Quoique "taquiner" n'était peut-être pas le bon mot si on prenait en compte le fait que Lucius avait battu Arthur au sang pour l'avoir bousculé sans faire attention.
« Il est hors de question de lui dire quoi que ce soit Ron ! » siffla la jeune femme, sortant Lucius de ses songes.
« Pourquoi ?! » cria presque le plus jeune mâle de la tribu Weasley. « Depuis le temps qu'il nous cache cette histoire ! Alors que ça nous concerne ! Nous sommes son parrain et sa marraine je te rappelle ! »
Lucius devenait de plus en plus intéressé par la conversation et se fit plus attentif encore, son mimosa oublié sur la table. Quel était le rapport entre Potter et le filleul de ses deux meilleurs amis.
« S'il ne veut pas nous le dire, nous n'allons pas en parler, » répondit la jeune femme. « C'est suffisamment dur pour lui d'aborder le sujet. »
« Alors à quoi ça sert de chercher ? »
« A le protéger ! Si nous connaissons l'identité de cette personne, nous pourrons surveiller si elle s'approche de la vérité et prévenir Harry ou mieux encore, la contrer. »
Le jeune homme grogna mais ne répondit pas. Il semblait inquiet. Son épouse tendit la main pour la poser sur la sienne, au centre de la table. Elle reprit d'une voix douce :
« Nous le faisons pour Junius aussi… »
Junius ?
Lucius imaginait plusieurs scénarios en écoutant les paroles des deux membres du Trio d'or. Ils étaient le parrain et la marraine d'un certain Junius, qui avait un rapport avec Potter. L'esprit en ébullition, Lucius écouta attentivement Granger lorsqu'elle reprit :
« Nous savons déjà que c'était un Serpentard, car Harry me l'a avoué alors qu'il était légèrement alcoolisé à la dernière fête de Noël. »
Weasley grimaça mais acquiesça.
« Et on sait qu'il était blond, » ajouta-t-il avec un frisson de dégoût, avant d'ajouter dans un murmure : « Tu ne penses pas que c'est Malfoy hein ?! »
Lucius s'approcha inconsciemment et tendit l'oreille, bien qu'il entendait parfaitement grâce à son sort. Les jeunes gens parlaient de sa famille et il était bien décidé à comprendre de quoi il était question.
« Non, » répondit la jeune fille, le faisant soupirer de soulagement. « Ca ne peut pas être Draco. Il n'est pas gay à ce que je sache, et Harry m'a dit qu'il était plus vieux. Même si je ne peux pas savoir de combien d'années, je ne pense pas que les deux mois qui séparent leurs naissances comptent dans le calcul. »
« Alors qui ? » demanda Weasley, s'agitant sur sa chaise.
« Peut-être que nous pourrions demander à Snape… » murmura Granger.
Sa déclaration fut suivie d'un ricanement presque méprisant de la part de son époux.
« Oh oui ! Je me vois déjà arriver dans la grotte qui lui sert de refuge et demander à Snape une liste exhaustive de ses anciens élèves blonds qui auraient pu mettre Harry Potter enceint il y a deux ans ! »
Si Lucius n'avait pas été aussi maître de lui-même, il serait probablement tombé de sa chaise. Un Serpentard blond qui aurait pu mettre le Survivant enceint ? Deux ans auparavant ? Oh non ! Ce ne pouvait pas être Draco. Mais il savait parfaitement qui pouvait être le père de l'enfant.
Il se souvenait parfaitement de la peau halée et brillante sous sa langue. Il se souvenait du goût légèrement salé et fruité de celle-ci. Il se souvenait aussi de deux yeux verts brillant de luxure, de cheveux épais et sauvages, de poils noirs et hirsutes. Il se souvenait de la facilité avec laquelle il avait fait chanter ce corps, l'avait fait frémir et l'avait fait jouir. Il se souvenait d'un baiser renversant et d'adieux chuchotés.
Il s'en souvenait comme si c'était hier.
Se relevant subitement, Lucius claqua quelques mornilles sur la table, faisant sursauter les deux personnes à la table d'à côté qui cherchèrent d'où provenait le bruit. Bien avant qu'ils ne puissent concentrer leur attention sur le sort pour voir à travers, Lucius était parti, emportant ses paquets avec lui.
Il se dirigea immédiatement vers Gringotts et, sans un regard pour personne, passa au guichet des clients privilégiés pour s'adresser au gobelin qui s'y trouvait.
« Je veux un test de généalogie et peut-être un rituel de suivi, » ordonna-t-il sans emphase.
Le gobelin ricana et pris le temps de finir de compter la pile de Gallions avant de lever les yeux vers Lucius qui tapait impatiemment sa canne contre le sol en marbre. Il n'y avait pas de politesse entre eux. Lucius avait de l'argent et payait pour des services. Les gobelins convoitaient cet argent et étaient suffisamment bons pour le gérer sans louange, chacun trouvant son compte dans cet arrangement.
Après une minute d'attente, la créature sauta de son siège, disparaissant de la vue de l'ancien Mangemort, et contourna le guichet pour se tenir devant l'homme.
« Suivez-moi, » grinça-t-il avant de se détourner vers une porte éloignée.
Lucius s'exécuta et parcourut les couloirs de Gringotts, pensant à la conversation qu'il avait espionnée quelques minutes auparavant.
Serait-ce vraiment possible que Potter ait eu un enfant après la nuit qu'ils avaient passée ensemble ? Il avait disparu sans laisser de trace quelques semaines plus tard, mais Lucius ne s'en était pas inquiété. Le jeune homme, alors qu'il était légèrement éméché, lui avait confié son besoin de partir, de quitter cet endroit trop médiatique pour quelqu'un comme lui.
Avait-il décidé de partir au moment où il avait découvert sa grossesse ?
Mais pourquoi ? Pourquoi ne l'avait-il pas informé ? Pourquoi n'avait-il pas demandé de l'aide ? Pourquoi n'avait-il pas fait savoir à Lucius qu'il avait eu un fils ?
Ils ne s'étaient pas quittés en mauvais termes.
Après plusieurs orgasmes, ils avaient décidé que cette nuit ne se reproduirait pas, que c'était l'histoire d'une seule nuit - d'une super nuit - et qu'ils ne devraient pas le mentionner à qui que ce soit, de peur que la presse ne rende leurs deux vies difficiles. Les deux hommes avaient eu conscience d'être légèrement éméchés, mais Lucius était presque certain d'avoir jeté un sort de contraception. Alors… Pourquoi ?
Tant de questions tournaient dans la tête de Lucius et pourtant, une seule pensée revenait à intervalle régulier : Et si…
« C'est ici, » grinça le gobelin en désignant une porte en bois de deux mètres de hauteur.
Lucius acquiesça et entra dans la pièce désignée. Il marcha vivement dans la pièce et se posta devant le bureau. Un autre gobelin, semblant plus vieux que le précédent, écrivait frénétiquement sur un grimoire épais, dans une langue que Lucius supposa être du Gobelbabil.
Encore une fois, il patienta avec quelques grognements mécontents, jusqu'à ce que la créature lève les yeux vers lui.
« C'est pour un test de généalogie ? » grinça-t-elle.
Lucius acquiesça brusquement et s'installa sur la chaise désignée par le gobelin. Celui-ci ouvrit les tiroirs de son bureau et y prit une potion, un couteau, un bol en pierre, un parchemin vierge et un petit carnet qu'il posa en évidence et dans un ordre précis.
Contournant le meuble, il se tint devant Lucius et tendit une main aux doigts crochus.
« Bras, » demanda-t-il.
L'homme tendit son bras et regarda le gobelin remonter sa manche, saisir le bol en pierre, le couteau et inciser profondément. Il retint une grimace et soigna la blessure dès que la créature lâcha son bras, avant de nettoyer magiquement le couteau utilisé. Il regarda attentivement le bol être déposé sur le bureau, s'assurant qu'aucune goutte n'en était prélevée. Le sang était précieux pour tout être magique.
Le gobelin contourna à nouveau le bureau et déboucha la potion bleu profond qu'il versa dans le récipient. Le mélange se mit à crépiter et de petites étincelles vertes en sortirent pour tomber en pluie fine sur le bureau. La créature ouvrit le carnet et lut les incantations dans un chant grave. La potion crépita plus violemment encore et siffla joyeusement. Le gobelin prit le bol et en versa le contenu sur le parchemin vierge. Le liquide se mit à bouillir puis s'évapora lentement sous les yeux de Lucius qui regardait attentivement les lignes se former dans un magnifique arbre, chaque branche représentant une partie de la famille.
En bas du tronc, deux noms : Draco Lucius Malfoy et Junius Sirius Potter.
Le souffle de Lucius se bloqua dans sa poitrine lorsqu'il eut la confirmation de ses soupçons. Il avait eu un fils. Un deuxième fils avec nul autre que Harry Potter. Le même Harry Potter, maintenant disparu depuis deux ans.
Il avait un fils qu'il s'appelait Junius.
Un fils visiblement blond, tout comme lui.
Un fils.
Un fils…
« Cent cinquante Gallions, » fit la voix du gobelin devant lui.
« Je n'ai pas fini, » claqua Lucius. « Je veux un rituel de suivi sur Junius Sirius Potter. »
.oOo.
Lucius fut surpris lorsqu'il transplana devant une petite maison, ressemblant plus à une cabane pour lui qui était habitué au luxe de son manoir. Il sentait l'air iodé et le soleil tapait contre sa nuque, si bien qu'il se décala d'un pas pour se mettre à l'ombre d'un chêne.
Il savait qu'il se trouvait à l'ouest de l'Espagne, près des plages de sable chaud et juste au dessus du Portugal. Il savait parfaitement qu'il devait détonner dans cet environnement où tout le monde se baladait en short, tongs et débardeur, mais il s'en moquait, n'ayant d'yeux que pour la petite maison dans laquelle se trouvait vraisemblablement son ancien amant et son fils dont il ne connaissait que le nom.
Lucius passa une main fébrile sur sa cape pour y enlever quelques plis inexistant et sortit de l'ombre du grand arbre pour avancer vers la bâtisse. Avisant une sonnette, résolument moldue, il décida plutôt de lever le bras et de frapper durement sur la porte en bois.
Il entendit un juron, puis des bruits de pas étouffés, juste avant que la porte ne s'ouvre sur un Harry Potter renfrogné.
« N'as-tu rien à me dire ? » attaqua immédiatement Lucius, entrant dans la petite maison et se dirigeant vers le salon sans y être invité.
« Entre, je t'en prie, » ironisa Harry, levant les yeux au ciel.
Il referma la porte et le rejoignit alors que Lucius observait minutieusement les lieux. C'était propre, pas tout à fait rangé mais pas non plus le fouillis auquel il s'attendait de la part d'un Gryffondor. Le salon devait faire approximativement la taille de sa salle de bain, mais cela ne semblait pas déranger Harry qui circulait tranquillement entre les meubles pour le rejoindre.
« Comment m'as-tu retrouvé ? » demanda Harry, les sourcils froncés.
« Je t'ai posé ma question en premier Potter, » grogna Lucius.
« Je n'ai rien à te dire. Comment m'as-tu retrouvé ? » demanda à nouveau Harry, la mâchoire serrée.
« Tes amis ne sont pas très discrets, » répondit succinctement Lucius. « Alors, vas-tu me dire- »
Harry l'interrompit en levant la main, l'air concentré sur un bruit que Lucius ne pouvait entendre. Après quelques secondes, il soupira puis se tourna pour se diriger vers un petit couloir sombre desservant plusieurs portes.
Lucius, la bouche toujours ouverte d'avoir été coupé dans ses propos, regarda avec curiosité ce qui pouvait faire qu'un être humain s'intéresserait à autre chose qu'à lui. Il ne fut pas déçu et claqua sa mâchoire lorsqu'il vit revenir son ancien amant, un petit garçon dans les bras.
L'enfant avait des cheveux blonds, mais pas comme les siens ou ceux de Draco. Ils étaient blond cendré, comme un mélange subtil entre sa chevelure presque blanche et les mèches noires de Harry. Il avait des petites joues rondes, de grands yeux verts et un sourire éblouissant.
Harry aussi souriait. Il regardait l'enfant et semblait avoir une vraie conversation avec lui, lorsque Lucius n'en comprenait aucun mot. Lorsque Junius tourna les yeux vers lui, il sourit d'autant plus et se tortilla dans les bras de son père pour descendre. Harry acquiesça de bonne grâce et posa l'enfant par terre. Tremblant sur ses petites jambes potelées, Junius avança énergiquement et tomba plusieurs fois sur ses fesses rembourrées, avant de se redresser pour continuer son chemin vers Lucius.
« Tap ! Tap ! Tap ! » criait-il les mains tendues devant lui.
« Tu l'attrapes Jun ? » demanda Harry avec un rire. « C'est bien ! » dit-il en applaudissant.
Lorsque l'enfant arriva près de Lucius, il se jeta à sa jambe pour s'y accrocher, souriant follement, son nez se fronçant alors qu'il trépignait de joie. Sautant sur place, le petit garçon s'accrocha férocement au pantalon de Lucius et rit plus fort encore, laissant un filet de bave couler le long de son menton.
« Alors, » demanda finalement Harry. « Qu'est-ce que tu veux ? »
Lucius décolla les yeux de l'enfant qui avait chuté sur son séant pour jouer avec le laçage de ses bottes, et regarda Harry. L'observant vraiment pour la première fois depuis son arrivée, Lucius remarqua le visage légèrement changé de son ancien amant, ses épaules moins voûtées, ses yeux plus pétillants.
Harry avait toujours été beau garçon, et il l'avait toujours remarqué. Lorsqu'il l'avait enfin eu, après une soirée arrosée au Ministère, il avait été satisfait et avait pensé rayer ce moment de sa mémoire, pour le ressortir seulement dans ses instants de plaisir solitaire. Harry était toujours aussi beau, voire plus.
« J'aimerais avoir des explications sur l'apparition soudaine d'un fils sur mon arbre généalogique. »
« Soudaine ? » ricana Harry. « C'était il y a plus d'un an. Je ne t'ai rien caché. »
« Mais tu ne m'en as pas parlé, idiot, » grogna Lucius.
Les épaules du jeune homme s'affaissèrent et il passa une main lasse sur son visage.
« Ecoute… » murmura-t-il. « C'était un coup d'un soir. On avait décidé de ne plus se revoir, tu avais déjà ta propre famille et… Je ne voulais pas que tu me prennes la mienne. »
« C'est comme ça que tu me vois ? » grinça Lucius. « Un homme sans coeur capable d'arracher un enfant à la personne qui l'a porté. »
« Non… » répondit sincèrement Harry. « Disons que c'était la moins probable des solutions, mais qu'elle était tout de même là… Dans un coin de mon esprit… Assez présente pour que je ne veuille pas prendre le risque. »
« Quelle excuse… »
« Ca va Lucius ! » grogna Harry, se relevant subitement pour faire les cents pas dans la pièce. « Nous avons décidé de n'en parler à personne, pour que ça n'impacte pas nos vies ! Voulais-tu vraiment que je vienne toquer à ta porte avec un ventre immense ! Je serais tombé sur ton épouse et elle aurait été ravie de me voir ! »
« Tu connais très bien ma situation avec Narcissa, Harry ! Elle sait parfaitement que je ne lui suis pas fidèle depuis notre mariage, » répondit froidement Lucius, baissant à nouveau les yeux vers l'enfant qui bavait allègrement sur ses chaussures.
Il ne pouvait pas en être dégouté, bien qu'il essaie vraiment. Junius tapait des mains puis tapait ses bottes comme s'il jouait au piano une mélodie terrible. Son immense sourire montrait ses gencives sur lesquelles n'avaient poussé que deux dents.
« Ne me fait pas croire qu'elle serait heureuse de te voir avec un nouvel enfant qui pourrait convoiter la fortune qu'elle réserve à Draco, » déclara Harry, ramenant son attention sur lui.
« Mon épouse est loin d'être aussi vénale, » siffla Lucius. « Elle n'aurait pas été ravie, certes, mais elle aurait compris. »
« Peu importe Lucius ! Les consignes étaient claires quand tu as quitté la pièce dans laquelle nous avons baisé : ce n'était qu'une fois, une seule ! »
« Et ça m'empêchait de le voir ? De connaître son existence ? »
« Qu'est-ce que j'aurais été pour toi ? Qu'est-ce que nous aurions été ? Ceux qui te rendent visite dès que la presse est partie ? Ceux que tu caches dans un placard et gardes jalousement ? Ceux que tu entretiens grassement pour ne subir aucun remord ? Excuse-moi de ne pas vouloir que mon fils passe son enfance à me regarder seul au milieu de ta petite famille parfaite et heureuse. Je voulais trouver quelqu'un qui nous accepterait, qui n'aurait pas honte de nous et qui nous aimerait, tous les deux. »
« Et bien peut-être que la raison pour laquelle je t'ai quitté ce jour là était justement l'amour que je te portais ! » hurla Lucius.
.oOo.
Un silence étourdissant planait dans le salon d'une petite maison du nord est de l'Espagne. Il était seulement entrecoupé de petits éclats de rires de Junius qui avait remonté le bas de pantalon de Lucius et tentait de tirer ses chaussettes.
« Touille ! Touille ! » glapissait-il en riant.
Les adultes, eux, se fixaient intensément, la respiration haletante, l'esprit embrouillé par les quelques mots qui y résonnaient encore et encore. Lucius avait déclaré si aisément son amour pour Harry, que s'en était assourdissant.
Le Sauveur du monde sorcier le regardait, les yeux légèrement écarquillés, la bouche entrouverte, avant de froncer les sourcils. Il réfléchit quelques instants, puis demanda d'une voix létale :
« Serais-tu assez Serpentard pour me faire croire que tu es amoureux de moi, juste pour me clouer le bec ? »
Aussitôt, le sourcil droit de Lucius se redressa et il ricana :
« Et je pensais que tu étais trop Gryffondor pour t'en apercevoir. »
« Salaud ! » grogna Harry, les poings serrés.
Lucius regarda l'enfant, toujours à ses pieds alors qu'il tentait de se relever en se tenant à sa canne, puis Harry, indiquant qu'il ne pouvait se montrer violent ou insultant devant Junius. Son sourire arrogant sembla agacer Harry, mais aussi l'amuser, comme s'il retrouvait quelque chose qu'il avait adoré détester.
Après quelques secondes, Lucius se pencha et attrapa Junius sous les aisselles pour le poser sur sa hanche. Il murmura un sort pour sceller sa baguette dans sa canne et laissa l'enfant jouer avec la tête de serpent. Il fit deux pas en avant pour se tenir devant Harry.
« Je sais que le début de l'aventure n'a pas été un merveilleux conte de fées, » murmura-t-il, à présent sérieux. « Mais j'ai la chance d'avoir un deuxième enfant, ce qui n'était pas arrivé à un Malfoy depuis des générations. Ne me laisse pas à l'écart, je te le demande. »
Lucius s'approcha encore, laissant juste quelques centimètres entre ses bras tenant Junius et Harry. Il continua, sa voix toujours aussi basse :
« Vous ne serez pas mon joli petit secret, je ne vous cacherai pas, ne vous entretiendrai pas, ne vous forcerai à rien. Mais… Avec cet enfant, nous avons la preuve que nos magies sont compatibles. Avec nos ébats passionnés, dont le souvenir mémorable hante toujours mes nuits, nous savons que nos corps se complètent à la perfection. Ce n'est peut-être pas si fou d'imaginer que nous puissions tenter quelque chose, dans un avenir lointain. J'ai toujours eu un petit regret par rapport à ce que nous avons fait il y a deux ans. »
Lucius regardait Harry qui semblait presque hypnotisé par ses paroles. Il sourit et déposa Junius par terre, le laissant ramper vers une balle multicolore qui trainait dans un coin.
« Quel regret ? » murmura l'ancien Gryffondor, sans le quitter des yeux.
« Je répondrai à ta question quand tu auras répondu à la mienne. Pourquoi l'as-tu nommé ainsi ? »
Harry sembla reprendre pieds avec la réalité et regarda son fils. Il parla à voix basse, si bien que Lucius dut tendre l'oreille pour l'entendre :
« Junius est l'équivalent du mois de juin, son mois de naissance. Ce mois est aussi associé à la déesse Junon, la protectrice du mariage. Je voulais me marier un jour, et je voulais que mon fils soit partie intégrante de cette union. Sans oublier Lucius Junius Brutus, le fondateur de la république romaine. »
La confirmation de ses soupçons rendit Lucius heureux. Il sourit légèrement, sachant qu'il n'avait pas été totalement mis de côté dans les décisions d'Harry au cours de ces deux dernières années.
« Alors, quel est ton regret ? » demanda doucement Harry.
« J'ai toujours regretté de ne pas t'avoir vu au réveil après notre débauche. Je suis certain que tu dois être époustouflant dans des draps de soie. »
Après ce dernier murmure, Lucius disparut de la charmante petite maison de Harry Potter, non sans laisser le léger effleurement de ses lèvres sur la peau de celui qu'il avait décidé de séduire.
Tous deux ignoraient que plusieurs années plus tard, lorsque Lucius pourrait enfin se repaître de l'image de son époux allongé dans des draps de soie chaque matin, il poserait sa main sur le ventre légèrement gonflé de celui-ci et murmurerait :
« N'as-tu rien à me dire ? »
FIN
Voilà un petit OS, une impulsion du moment :)
Pour ceux qui ont suivi mes posts précédent, j'organise un concours d'écriture, vous trouverez les détails sur le forum « Concours d'Epsi » et pour ceux qui ne trouveraient pas, contactez moi par MP pour le lien ;)
Epsi
