Cet OS est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème magnolia en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un MP :)

Au vu de l'heure avancée la nuit dernière, je l'ai complété ce matin à tête plus reposée.

Bonne lecture !


Albus était nerveux. Il avait les mains moites et les épaules tendues. S'il s'écoutait, il partirait en courant. C'était une idée qui le tentait bien. Après tout, il n'était pas un Gryffondor, il n'avait pas à prouver son courage. Sa mère lui avait souvent dit qu'il devait apprendre à s'écouter, est-ce que ce ne serait pas le moment ?

T'es qu'un trouillard, Potter. Bon, s'il faisait ça, il donnerait raison à Scorpius qui s'était moqué de lui quelques heures plus tôt et ça, c'était juste inimaginable. Non, il était un Potter tout de même ! Le courage, il l'avait dans le sang. Enfin, plus ou moins. Moins ou plus. Et s'il partait ?

Albus soupira. Il tournait en rond, c'était pour ça qu'il était planté depuis plus d'un quart d'heure devant cette porte blindée. Sa main crispée lui faisait mal et il savait qu'il finirait par être en retard au match annuel Potter-Weasley s'il continuait de perdre du temps. Et James comptait sur lui pour battre leur père cette année.

Bon, se dit Albus, c'est parti. Il se lança et toqua. Il n'eut pas à attendre longtemps avant que sa vision ne change, après un quart d'heure passé à observer ce marron foncé légèrement craquelé.

Non, maintenant, face à lui se tenait Maëlle. Quand il la vit, un sourire serein se forma sur les lèvres du sorcier. Maëlle Instald, ancienne préfète de Poufsouffle et camarade de Potions d'Albus durant leurs deux dernières années à Poudlard. Ce qu'elle était belle, se dit Albus. Ce qu'il adorait les traits doux de la sorcière.

- Albus, que fais-tu ici ? demanda-t-elle sans cacher sa surprise.

Les yeux de la sorcière se posèrent sur ce qu'Albus tenait dans ses mains. C'était un bouquet de fleurs épais, dont la beauté n'avait d'égale que sa grosseur.

- C'est pour toi, dit Albus d'un ton abrupt en serrant d'une poigne forte le bouquet.

- Heu, sembla hésiter Maëlle, je te remercie.

Elle voulut tendre la main vers le bouquet, mais le manque de mouvement du sorcier l'en dissuada. Il n'était pas à l'aise, ça se voyait, et elle n'insista pas pour récupérer son cadeau.

- Ce sont de très jolies fleurs que tu as prises, dit-elle d'un ton doux visant à le rassurer.

- Je les ai choisies, dit Albus en rougissant.

Maëlle retint un rire. Elle n'était pas habituée à une telle maladresse du sorcier. C'en était comique, lui qui lui avait toujours paru très sûr de lui durant leurs études. Ce Serpentard qui connaissait tout le château, qui s'entendait avec tout le monde mais qui n'appréciait qu'une poignée de personnes qui n'étaient pas de sa famille. A cet instant, il semblait avoir perdu quatre ans et être retourné en quatrième année.

- Tu les as très bien choisies.

- Ce sont des magnolias, expliqua Albus en regagnant confiance en lui. Je les ai choisies car elles symbolisent la force et la pureté. Je sais que ta mère est malade et que c'est une épreuve difficile pour toi. Je veux que tu saches que je pense à toi et que je suis là si tu en as besoin.

Maëlle ne dit rien durant quelques secondes. Elle était interloquée et regardait le sorcier d'un air confus. Son expression troubla Albus qui sentit ses mains devenir humides de nouveau. Avait-il été trop franc ? L'avait-il effrayée ? Pourtant, Albus était si fier de sa trouvaille.

- Hum, essaya de formuler Maëlle, je te remercie Albus, mais... ce sont des lys que tu m'as pris.

- Ah, se contenta de répondre Albus.

Il se sentait bête. Lui, Albus Severus Potter, qui portait le nom de deux Directeurs de Poudlard, s'était trompé dans les fleurs qu'il avait choisies, et avait limite fait une déclaration à la fille de ses rêves depuis la troisième année. Il ne se sentait clairement pas Gryffondor alors qu'il réfléchissait à un moyen de disparaître de cette situation.

- Et, continua Maëlle d'un ton gêné, ce sont des fleurs que l'on offre en cas de décès.

Ce n'était pas possible. Il ne restait à Albus qu'à creuser sa tombe. Enfin, son trou. C'était le genre de choses qui n'arrivait qu'à lui. C'était sûr que ce n'était pas à James que ce genre de situation arrivait. Son frère avait une telle aisance avec les filles, une telle facilité à créer le contact qu'il n'avait jamais réussi à se poser réellement. Ce n'était pas non plus à Scorpius que ça arrivait, lui qui avait réussi à séduire sa cousine Rose sans réellement trop se battre. Non, ça ne pouvait arriver qu'à Albus, amoureux depuis des années de la même sorcière, qui avait commencé à vraiment lui payer attention parce qu'ils étaient dans le même groupe d'entrainement aux concours d'Aurors. Il n'était même pas sûr qu'elle avait déjà fait réellement attention à lui durant leurs binômes de Potions.

En face de lui, Maëlle ressentit la gêne du sorcier. Elle attrapa délicatement le bouquet de fleurs, incitant avec douceur le sorcier à lâcher sa prise dessus, et elle l'invita à entrer boire un thé.

- Je suis désolé, finit par dire Albus alors qu'il s'asseyait sur le tabouret de l'îlot central de la cuisine. J'étais sûr que c'étaient des magnolias.

Maëlle rigola alors qu'elle remplissait un vase d'eau et qu'elle mettait les fleurs dedans. Elle approcha son visage du bouquet pour sentir les fleurs, et Albus la trouva magnifique.

- C'est l'intention qui compte, Albus, dit Maëlle, et ton intention me touche le fond du coeur alors je t'en remercie.

Albus inspira. C'était comme si le verdict avait été déclaré et qu'il ressortait de la séance innocent. Finalement, il se détendit en observant l'appartement de la jeune fille.

- Par contre, commença Maëlle en regardant le sorcier, je prévoyais de partir faire des achats. Il me faut de la poudre d'écorce de saule pour notre cours de demain.

- Ah d'accord, fut la simple réponse d'Albus.

Quel idiot, s'il n'avait pas perdu un quart d'heure devant cette satanée porte, il aurait pu passer ce temps avec elle. En même temps, ce n'était peut-être pas si mal, il devait rejoindre sa famille. Il avait un match à gagner après tout ! Rien n'était plus important que la famille.

- Tu veux te joindre à moi ? demanda Maëlle avec un sourire. La course ne devrait pas prendre longtemps, et on pourrait aller boire un verre juste après ?

Albus dut se contrôler -littéralement se contrôler- pour ne pas sauter au plafond. Non, il ne laisserait pas passer cette chance. Même si cela impliquait de se faire décimer par les deux branches entières de sa famille. Bien sûr que la famille était importante, il ne disait pas le contraire.

- Avec grand plaisir, dit Albus avec douceur alors que son regard croisait celui de Maëlle.

Au diable les Potter, se dit-il avec un grand sourire.