Il était une fois, une larme de soleil tombée des cieux. De cette petite goutte est née une fleur magique aux pétales d'or. Elle avait le pouvoir de guérir les maladies et les blessures. Mais une vielle femme du nom de Gothel la découvrit et s'empara de la fleur qu'elle cacha du monde entier. En s'appropriant ses pouvoirs, elle réussit à garder une jeunesse et une beauté éternelle. Il lui suffisait de chanter cette douce mélodie :
Fleur aux pétales d'or
Répands ta magie
Inverse le temps
Rends-moi ce qu'il m'a pris
Guéris les blessures
Éloigne la pluie
Ce destin impur
Rends-moi ce qu'il m'a pris
Ce qu'il m'a pris
Jusqu'au jour où la reine du royaume voisin de Corona sur le point de donner la vie était souffrante, très souffrante. Si bien que l'on se mit à chercher un remède miracle et dans ce cas précis, une fleur d'or magique. Malgré les efforts de mère Gothel pour garder ce cadeau du ciel, la fleur fut trouvée et ramenée à Corona. La magie de la fleur d'or guérit la reine d'une potion. Une jolie petite fille est née, une princesse, avec une magnifique chevelure dorée. Elle fut prénommée Raiponce. Le royaume était aux anges et le couple royal fier de cette petite merveille. Pour fêter sa naissance, le roi et la reine lancèrent une lanterne dans le ciel. Mais ce n'était que le début de leur cauchemar. Mère Gothel, toujours aussi avare de ce précieux filtre de jouvence, s'introduit une nuit dans la chambre du couple au berceau du bébé. En chantant, elle découvrit que la magie de la fleur d'or avait pénétré dans ses cheveux. Elle tenta d'en garder un échantillon en lui coupant une mèche, mais celle-ci devint brune et perdit tout son pouvoir. Elle vola alors le bébé sous les yeux de ses parents impuissants et disparut dans la nuit noire. Désespérés, le roi et la reine envoyèrent leur garde royale remuer ciel et terre pour retrouver leur chère petite fille. Mais malgré tous leurs efforts, elle demeura introuvable. C'est au cœur de la forêt, dans une tour cachée que Gothel élevait Raiponce comme sa propre fille. Elle avait trouvé une nouvelle fleur magique, mais cette fois elle la gardait en lieu sûr. Il lui suffisait de brosser ses cheveux pendant que la petite chantait.
"- Pourquoi n'ai-je pas le droit d'aller dehors, demanda un soir la petite fille ?
- Le monde est bien trop dangereux pour toi. On y croise des gens affreusement égoïstes. Tu dois rester ici en sécurité. Tu comprends petite fleur ?
- Oui maman.
- Mais si tu me désobéis, Jack Frost l'apprendra et viendra couper tes beaux cheveux pour te punir.
- Qui est Jack Frost maman ?
- Oh c'est une longue histoire petite fleur.
- Racontez-la moi.
- Non pas ce soir il est tard.
- J'ai pas sommeil ! S'il vous plaît racontez-moi !
- Bon viens sur mes genoux.
- Oui !"
La petite se leva de son tabouret et se plaça face à Gothel qui la prit sur ses genoux. Elle posa la brosse à côté d'elle et s'installa confortablement.
"- Voyons par où commencer. Ah j'y suis. C'est une légende que ma grand-mère me racontait quand j'étais petite au coin du feu. J'étais encore une petite fille, un peu plus grande que toi, quand elle est partie mais jamais je n'ai oublié cette histoire. Il y a des années, Jack Frost était un enfant comme toi. Il avait une famille qu'il aimait comme toi dont une petite sœur. Un jour alors qu'ils patinaient tous les deux sur la glace, elle se fissura sous leurs pieds. Jack se sacrifia en poussant sa petite sœur hors de la glace fissurée et disparut dans l'eau glacée. Mais la lune lui sauva la vie en lui donnant le pouvoir de glace à condition qu'il se charge de répandre l'hiver chaque année le moment venu.
- C'est donc lui qui répand de la neige partout et donne toute sa beauté au paysage qui en est recouvert ?
- Tu as tout compris. Mais il arrive souvent que Jack Frost n'en fasse qu'à sa tête et décide de répandre la neige en n'importe quelle saison. Il se peut que certaines années, la neige ne vienne pas en hiver mais au printemps, ou que l'hiver soit plus long que d'habitude, voire qu'il n'y ait pas du tout de neige. Mais quelque soit la saison où il décide de la répandre, il rend les enfants heureux en leur permettant de jouer à se lancer des boules de neiges ou à faire de la luge. C'est très amusant. En leur apportant la joie, il les protège de l'affreux Croque-Mitaine qui apporte les cauchemars des enfants, dit Gothel en levant ses mains, répandant une ombre menaçante sur la petite fille.
- Oh j'ai peur !
- Ne t'inquiète pas petite fleur. Même si tu as l'impression que tes cauchemars sont réels souviens-toi, il ne peut rien t'arriver. Chaque fois que tu auras peur dans ton sommeil, appelle-moi et je te sortirai des griffes du Croque-Mitaine.
- Oui maman.
- Mais Jack Frost a aussi un cœur aussi glacial que ses pouvoirs. Il punit les enfants qui n'ont pas été sages. Quand il l'apprend, il fend les airs pour couper leurs cheveux. Couic couic couic, fit-elle en faisant semblant de couper les cheveux de Raiponce avec deux doigts !
- Au secours Jack Frost coupe mes cheveux, rit la petite fille en se cachant sous le fauteuil !
- Mais s'il pense que tu n'es pas assez punie, il n'hésitera pas à te manger toute crue !"
Elle attrapa la petite créature riant aux éclats et la tira de sous le fauteuil. Elle fit semblant de la dévorer pour la faire rire encore plus. Quand elle se calma, elle la serra tendrement dans ses bras.
"- Je ne vous désobéirai jamais maman.
- Je l'espère bien petite fleur. Quoi qu'il arrive, je ne laisserai personne te faire du mal. Je t'aime de tout mon cœur ma chérie.
- Je vous aime plus encore.
- Je t'aime bien plus que cela. Allez il est tard."
Elle prit la petite fille dans ses bras et monta des escaliers menant à une pièce cachée par des rideaux. C'était une chambre avec un grand lit, une armoire, une bibliothèque et une coiffeuse. Elle coucha Raiponce dans son lit en la bordant jusqu'au cou. Elle déposa un baiser sur son front.
"- Bonne nuit Raiponce. N'oublie pas qu'il ne peut rien t'arriver dans tes cauchemars. Appelle-moi et je viendrai te sauver.
- Oui maman. Bonne nuit."
Elle sortit de la chambre en regardant la petite fille s'endormir. Elle lui sourit tendrement et tira les rideaux. Elle descendit l'escalier et alla sa coucher dans une autre chambre. Ce qu'elle ignorait c'est que les murs d'une tour ne pourrait jamais gâcher le rêve de la petite fille de sortir un jour sentir l'herbe sous ses petits pieds. Quand la tour fut plongée dans le silence, Raiponce rouvrit ses grands yeux verts et se glissa hors de sa chambre. Elle descendit discrètement les escaliers à tâtons, traînant ses longs cheveux d'or derrière elle. Elle passa sans bruits devant la chambre ouverte de Gothel et ouvrit une fenêtre donnant sur une clairière. Dans le ciel bleuté de la nuit, on voyait des milliers de lumières voler comme chaque année le jour de l'anniversaire de la princesse disparue. La petite fille regarda émerveillée ces étoiles s'élevant pour fêter son anniversaire.
Les années passèrent, Raiponce grandit tout comme ses cheveux atteignant les 20 mètres. Elle devint une belle jeune fille gaie et téméraire s'occupant de mille et une distractions pour ne pas s'ennuyer. Le matin précédant ses 18 ans, un petit caméléon se glissa entre les volets de la fenêtre donnant sur la clairière, tout effrayé. Il se cacha derrière un pot de fleurs. Il reprit son souffle en avalant de travers. Il se confondit avec les couleurs du pot.
"Ah, s'exclama Raiponce en repoussant les volets ! Hmm et non visiblement Pascal n'est pas caché sur le rebord de la fenêtre !"
Elle s'éloigna dans la pièce en jetant un coup d'œil derrière elle. Pascal éclata de rire en voyant qu'il avait gagné, jusqu'à ce qu'une mèche blonde l'attrape par la queue et le tire en l'air. Il se retrouva la tête en bas, nez à nez avec Raiponce la tête en bas.
"Je t'ai eu !"
Pascal poussa un cri de déception et reprit sa couleur verte. Raiponce le reposa doucement.
"Ça fait 22 points pour moi. Le premier qui arrive à 23 a gagné ça te va ?"
Le caméléon répondit par une grimace de refus.
"Très bien très bien à quoi veux-tu jouer, soupira Raiponce ?"
Le visage de Pascal s'illumina. Il lui indiqua la clairière de sa queue.
"Oh non tu sais bien que non, dit-elle en l'attrapant par la queue pour le poser sur ses genoux ! J'adore cet endroit tout comme toi."
Le caméléon déçu la fixa des yeux et lui tira la langue.
"Oh voyons Pascal tu exagères on n'est pas si malheureux, dit-elle en le prenant dans ses mains !"
Elle pivota vers l'intérieur et courut pieds nus en traînant ses longs cheveux. Elle escalada les poutres en bois maintenant le toit. Elle lança ses cheveux jusqu'à un long crochet en bois et tira dessus. Le toit s'ouvrit en laissant entrer la lumière. Elle se laissa glisser le long de sa corde de fortune et rejoignit Pascal en bas en chantant.
Sept heures je me réveille et dehors il fait clair
Vite je balaie il faut que la maison brille
Je cire, je frotte, je range et je chasse la poussière
Je nettoie chaque placard
Jusqu'à sept heures et quart
Ensuite je lis un livre, et même deux ou trois
J'ajoute quelques couleurs qui ne plaisent qu'à moi
Puis c'est guitare, tricot, gâteau et quelques fois
Je me demande où est la vraie vie
En sortant son gâteau du four qu'elle respira, elle regarda le haut de la cheminée bien triste sans couleurs. Elle leva son pouce gauche en le tournant plusieurs fois. Pascal l'imita en fermant aussi son œil droit. Puis décidée, elle sortit sa boite de peinture et barbouilla le mur vierge de bleu foncé.
Après-midi c'est puzzle, fléchettes et cookies
Papier mâché, danse classique, échecs et mat
Poterie, théâtre de marionnettes et bougies
Gymnastique, arts plastiques, corde et Pascal m'épate
Puis je relie mes livres, je rêve d'aventure
J'ajoute de la couleur, il en manque j'en suis sûre
Ensuite je brosse, je brosse et brosse ma chevelure
Dans cette prison où j'ai grandi
Et je me demande et demande et demande
Où se cache la vraie vie ?
Et demain soir s'élèvent les lumières
Comme c'est le jour de mon anniversaire
À quoi ressemble cette soirée d'été ?
Je suis plus grande, je dois pouvoir y aller
Elle acheva son illustration sur le haut de la cheminée représentant la nuit des étoiles de son anniversaire en se peignant elle-même y assistant.
Non loin de là, un garçon volait près du château de Corona. Il avait les cheveux blancs et les yeux bleus. Il portait un sweat à capuche bleu avec des motifs gelés et un pantalon marron lacé au niveau des mollets et le bas déchiré. Il tenait à la main un bâton de berger gelé. Il s'arrêta sur le toit et admira la vue. Il plongea vers le sol et se laissa tomber. Au moment de toucher terre, il remonta en volant. Il continua de voler autour du château jusqu'à s'arrêter devant une fenêtre. Il aperçut une femme et un homme vêtus de vêtements royaux avec une expression des plus tristes. La femme lisait un livre, assise à côté d'un berceau vide. Le roi contemplait la mer par une autre fenêtre. Il soupira et fixa désespéré le berceau. La femme se leva et le rejoignit. Elle lui effleura la joue en lui faisant un petit sourire, avant que quelques larmes coulent de ses yeux. L'homme la serra dans ses bras.
"- Oh qu'avons-nous fait pour perdre notre chère petite fille, sanglota la femme ? Le ciel a décidé de nous mettre à l'épreuve.
- Pour avoir volé une fleur qui appartenait à une sorcière.
- J'aurais préféré mourir que de vivre en la sachant loin de moi.
- Ne dis pas ça mon amour tu te fais du mal. Si nous perdons espoir maintenant elle gagnera. Même si cela prendra des années, nous l'attendrons jusqu'à notre dernier souffle."
Dehors, Jack Frost eut de la compassion pour eux.
"Pauvre femme, je comprends ce que tu ressens. Dommage que je ne puisse faire sourire que les enfants."
Il plongea et s'arrêta dans la ville. La première chose qui lui sauta aux yeux était les guirlandes de drapeau violets avec un soleil doré accrochées. On dirait qu'une fête se prépare. En se promenant, il sourit plusieurs fois en voyant des enfants s'amuser. Il continua jusqu'à s'arrêter devant une grande mosaïque. Il reconnut immédiatement le couple qu'il avait aperçu. En voyant leurs couronnes, il comprit qu'il venait de voir le roi et la reine de Corona. Ils avaient l'air bien plus heureux. En baissant les yeux, il vit que la reine tenait une magnifique petite fille dans les bras. La couleur dorée de ses cheveux au lieu de brune éveilla sa curiosité. Elle ressemblait fort à la reine avec ses yeux verts. Jack baissa les yeux en remarquant une mère et sa petite fille déposer un bouquet de fleurs sur la marche.
"- Pourquoi doit-on mettre des fleurs maman ?
- C'est pour ne pas oublier la princesse disparue. Demain soir comme chaque année aura lieu la fête des lumières. Tout le monde lancera des lanternes à sa mémoire.
- C'est pour ça que le roi et la reine sont toujours tristes ?
- Oui hélas ma chérie. Viens allons t'acheter une jolie robe pour demain.
- Oh oui j'en veux une rose avec des fleurs !"
Jack sourit à cette tendre scène. Il n'y avait rien de mieux pour lui réchauffer le cœur gelé qu'un enfant et sa mère. Il fit apparaître une fleur cristallisée dans sa main et la déposa sur la marche. Il se retourna en sentant une présence derrière lui. Une petite voie féminine le salua. C'était une petite fille aux cheveux noirs et aux yeux bleus lui souriant. Elle s'approcha de lui pour lui faire un câlin. Jack sourit et la souleva du sol. Elle lui fit un autre câlin et lui fit un baiser sur la joue. Il remarqua une femme lui ressemblant les regarder en souriant, peut-être sa mère. Il la reposa en la poussant un peu. Elle comprit et retourna près de sa mère.
