Pendant ce temps, Raiponce rangeait son matériel de peinture dans sa boite avec l'aide de Pascal en soupirant.

"- Oh c'est décidé ! Oui c'est un grand jour pour nous Pascal, dit-elle alors que le caméléon grimpait sur son épaule ! Je vais prendre mon courage à deux mains et lui demander !

- Raiponce, cria Gothel en bas de la tour !

- Oh !

- Lance-moi ta chevelure !

- Courage Raiponce, dit-elle en serrant les poings !"

Pascal se tint droit pour l'encourager.

"Oui je le sais, je le sais ! Vite il ne faut pas qu'elle te voit, dit-elle à Pascal en le posant sur le mur au-dessus de la cheminée."

Elle tira les rideaux pour cacher son illustration et s'assura à ce que Pascal se fonde parmi les couleurs.

"- Raiponce, s'impatienta Gothel ? Ce n'est pas en restant en bas que je vais rajeunir !

- Oui mère voilà !"

Raiponce accrocha ses cheveux à un crochet de fer et les lança à Gothel. Elle les attrapa en faisant une grosse boucle pour y poser son pied. Une fois accrochée, Raiponce tira de toutes ses forces et la remonta.

"- Oh bonjour, salua Raiponce en reprenant son souffle. Contente de vous revoir mère.

- Oh Raiponce, souffla Gothel en baissant la capuche de sa cape noire ! Comment fais-tu pour accomplir cet exploit chaque jour sans jamais faillir ? Chérie je suppose que c'est absolument exténuant, soupira-t-elle en caressant son visage !

- Oh non ce n'est rien !

- Dans ce cas pourquoi as-tu été aussi longue, demanda Gothel d'un ton ironique en tapotant le nez de Raiponce du doigt ? Trésor je te taquine, rit-elle !"

La jeune femme répondit par un rire nerveux. Gothel s'arrangea devant un miroir.

"- Très bien, alors mère, hésita Raiponce. Comme vous le savez demain est un jour un peu spécial.

- Oh Raiponce ! Regarde dans ce miroir. Sais-tu ce que je vois ? Je vois une jeune femme ravissante, pleine d'assurance et d'énergie. Oh tu es là toi aussi, gloussa la brune ! Je te taquine ! Cesse donc de tout prendre au sérieux, dit-elle en s'étirant la peau du visage !

- D'accord. Mère, comme je le disais demain est un grand jour...

- Raiponce maman se sent très fatiguée aujourd'hui. Peux-tu chanter pour moi chérie ? Ensuite nous discuterons.

- Oh bien sûr mère !"

Raiponce courut aussitôt chercher un fauteuil et un tabouret. Elle assit Gothel, à sa grande surprise, et revint rapidement avec une brosse. Elle s'assit en vitesse et donna une partie de ses cheveux et la brosse à Gothel. Elle récita sa chanson aussi vite qu'elle put malgré les demandes de Gothel de ralentir. Elle les brossa rapidement et rajeunit aussi vite. Ses cheveux se soulevèrent tous seuls en reprenant leur couleur noire.

"- Raiponce !

- Mère, interpella la jeune femme en s'appuyant sur un accoudoir du fauteuil ! Tout à l'heure j'ai tenté de vous faire comprendre que demain est un grand jour et comme vous n'avez pas réagi je vais être plus claire ! C'est mon anniversaire, rit-elle en s'accrochant au bras de Gothel ! Voilà !

- Non non non impossible, répondit Gothel en la faisant la lâcher ! Je le sais je m'en souviens très bien. Ton anniversaire c'était l'an dernier.

- C'est tout l'intérêt d'un anniversaire, c'est annuel, ça revient tous les ans."

Voyant qu'elle faisait mine de ne pas comprendre, Raiponce soupira et se rassit sur son tabouret.

"Mère je vais avoir 18 ans. Et ce que je souhaiterais..."

Elle soupira de nouveau, abattue.

"- Ce que je voudrais vraiment pour mon anniversaire c'est, ce que je demandais depuis plusieurs années, dit-elle en grognant entre ses dents sur la fin.

- Bon Raiponce je t'en prie ne te mets pas à marmonner ! Tu sais ce que je pense de ceux qui marmonnent ? Blabla blablabla, grimaça Gothel les yeux au ciel en faisant caqueter sa main ! Il n'y a rien de plus désagréable, je te taquine, tu es adorable, je t'aime tendrement chérie, enchaîna la femme en se levant le rire aux lèvres !"

Raiponce soupira en voyant qu'elle avait encore raté. Elle baissa les yeux vers le sol en entendant un bruit de Pascal. Elle regarda le caméléon caché derrière le pied d'un meuble. Il lui fit signe de la patte pour l'encourager à réessayer. Elle trembla des lèvres en se tenant une mèche.

"Oh la fête des lumières je veux y aller !"

Gothel qui prenait une pomme dans la corbeille à fruits la reposa en l'entendant. Elle se racla la gorge pour lui demander de répéter.

"- Pardon ?

- Oh et bien j'espérais que vous m'emmèneriez à la fête des lumières, dit Raiponce en montant sur le haut de la cheminée pour tirer un rideau.

- Ah tu veux parler des étoiles.

- Alors à ce sujet."

Elle lança le bout de sa chevelure sur une fenêtre ronde en hauteur et l'ouvrit, laissant entrer la lumière sur une carte astronomique peinte par Raiponce.

"- J'ai observée les étoiles, c'est un phénomène constant. Et ces lumières, elles apparaissent chaque année à mon anniversaire et seulement à mon anniversaire. Alors je ne peux m'empêcher de penser qu'elles...Qu'elles sont là pour moi. J'ai besoin de les voir mère, et pas seulement depuis ma fenêtre. Je veux y être. J'ai besoin de savoir ce qu'elles représentent.

- Tu voudrais aller dehors ? Oh voyons Raiponce, soupira Gothel en fermant les volets de la fenêtre menant à la clairière ! Regarde-toi, aussi fragile qu'une fleur, dit-elle en la prenant par les bras pour la faire tourner avec elle !"

Tu n'es qu'un bébé, un petit poussin

Pourquoi vivons-nous ici dans la peur ?

"- Je sais pourquoi.

- Mais oui."

Pour qu'il ne t'arrive rien

"- Oh je sais que viendra ce jour maudit, se plaignit Gothel en tirant un rideau de la grande fenêtre sur elle-même !

- Heu ?"

Où l'oiseau voudra quitter son nid

Mais pas tout de suite

"- Mais...

- Chut, fit Gothel en lui mettant un doigt sur les lèvres !"

Écoute petite

N'écoute que moi

Elle cogna légèrement son bassin sur la poutre dans laquelle était incrusté le crochet de bois. Le toit se referma et la tour se trouva plongée dans le noir. Raiponce alluma une bougie pour s'éclairer. Gothel se mit à la terroriser sur les dangers du monde pour la dissuader d'aller à cette fête en lui en faisant voir de toutes les couleurs.

N'écoute que moi, oui écoute ta mère

Nous sommes dans un monde amer

N'écoute que moi, car de toutes les manières

Partout le mal guette sur terre

Bandits, voleurs, poisons, sables mouvants

Cannibales, serpents

Oh la peste aussi

De grosses bestioles,

L'homme aux dents pointus

Ça suffit tout cela me contrarie

Maman est là, maman te protégera

Voilà ce que je suggère

Évite le drame, reste avec moi

Écoute ta mère

N'écoute que moi

C'est maman qui te le dit

Toute seule tu es perdue

Tu es mal vêtue, immature, maladroite

Ils te mangeraient toute crue

Sotte et naïve, tu n'es qu'une empotée

Étourdie et même hum flasque

Mais excuse-moi, tu te laisses aller ma beauté

Comme je t'aime, je te dis tout

Maman te comprend

Elle peut t'aider et surtout

La seule chose que j'espère

Quand Gothel la laissa enfin respirer, elle apparut derrière Raiponce dans la lumière. La jeune fille accourut la serrer dans ses bras.

"- Raiponce.

- Oui ?

- Je ne veux plus t'entendre parler de quitter cette tour, est-ce clair ?

- Oui mère, soupira Raiponce.

- Oh je t'aime de tout mon cœur ma chérie.

- Je vous aime plus encore.

- Je t'aime bien plus que cela."

Elle déposa un baiser sur sa tête et lui tapota le nez d'un doigt.

N'oublie pas, ou tu le regretteras

N'écoute que moi

Elle sépara deux mèches de sa chevelure et recula dans l'ombre en glissant ses mains dessus, laissant Raiponce triste.

"- À très bientôt ! Je reviendrai très vite ma petite fleur, cria Gothel à Raiponce alors qu'elle se laissait glisser le long de sa chevelure !

- Je serai là, murmura Raiponce en décrochant ses cheveux du crochet."

La jeune femme, déçue d'avoir définitivement échoué, appuya sa tête contre ses bras sur le rebord de fenêtre. Elle fixa le paysage en laissant sa chevelure pendre et se faire caresser par la brise.

De retour à Corona, Jack Frost commençait à s'ennuyer après sa promenade. Cela faisait plusieurs fois qu'il faisait les cent pas sur le toit du château ou s'amusait à créer des petits tourbillons de flocons avec son bâton. Des fois être immortel apporte des inconvénients aussi. Il sortit de la poche de son sweat une boule à neige. Il l'avait bêtement oubliée. Elle pouvait le mener où il voulait aller mais jamais il n'a laissé le hasard s'en charger.

"Voyons où tu vas me mener aujourd'hui."

Il la lança, créant un portail dans le vide. Il sauta dedans et se laissa tourbillonner en riant. Il s'arrêta déçu en voyant qu'il était de retour dans la forêt jouxtant le royaume de Corona.

"Oh stupide boule à neige ! C'est la première et dernière fois que j'utilise cet objet débile pour laisser le hasard choisir ! Ou alors c'est le Vent du Nord qui se moque de moi ! Qu'est-ce qu'il veut que je fasse ici celui-là ? Y a rien à part des arbres, des buissons et un rideau de feuilles !"

Vexé, il lança son bâton contre le rideau de feuilles. Il se calma en voyant qu'il était passé à travers. Il repoussa une partie des feuillages et récupéra son bâton un mètre plus loin. En levant la tête, il vit qu'il était dans une grotte. Il jeta un coup d'œil derrière lui.

"Mmm qu'est-ce que tu as à cacher toi ?"

Il avança et vit que la grotte s'ouvrait sur une clairière. En continuant, il s'arrêta en voyant une tour s'élever dans une belle clairière où coulait une cascade dont le bruit enchanta ses oreilles.

"Pourquoi le Vent du Nord m'aurait conduit ici ? Un enfant malheureux qui a besoin de retrouver le sourire ? Allons voir."