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CHAPITRE 15
Sans aucune crainte
Dimanche matin, je bougeai lentement, l'esprit brumeux et le corps languissant. Tout ce que j'enregistrais à mon réveil c'était la chaleur qui m'entourait, jamais auparavant je ne m'étais sentie aussi bien, j'étais réticente à me réveiller, à perdre cette sensation. Puis la chaleur bougea dans mon dos et je me souvins…
Le hangar. Chez Edward. Sa chambre. Edward.
Nous avions fait l'amour hier soir. Deux fois. Et les deux fois étaient plus incroyables que je n'aurais jamais pu l'imaginer. J'avais dormi dans son lit, dans ses bras, nos mains entrelacées et posées sur mon cœur. Dans la lumière du jour je savais que je ne regrettais pas d'avoir franchi cette étape avec lui, pas du tout et j'étais déterminée à ne pas avoir un matin embarrassant.
Il bougea à nouveau, sa jambe glissant entre les miennes alors qu'il reprenait lentement conscience.
"Bonjour," dit-il doucement, en appuyant ses lèvres sur l'arrondi de mon épaule, la voix rauque de sommeil. Je voulais le voir pour savoir à quoi il ressemblait quand il se réveillait. Les deux fois où j'avais dormi avec lui sur le canapé de mon appartement et la nuit de la panne d'électricité il s'était réveillé avant moi et était déjà debout. Me tournant paresseusement dans ses bras, je chassai le sommeil de mes yeux en clignant pour l'observer.
Ses paupières étaient lourdes, ses joues un peu écrasées sur le tissu de l'oreiller et son petit sourire paresseux était déjà là, avec un peu de bave au coin de sa bouche. Il était parfait.
"Bonjour," murmurai-je, en souriant et essayant d'oublier le fait que j'étais nue. Ça n'avait pas d'importance puisqu'il avait vu chaque centimètre de moi hier mais je restais toujours timide.
Il sourit de contentement, se penchant paresseusement pour frotter son nez contre le mien avant de me caler contre son torse, posant sa joue sur mes cheveux alors que ses doigts trainaient sur mon dos.
"Quelle heure est-il ?" demandai-je, au bord du ronronnement à cause de la sensation du bout de ses doigts.
Je le sentis bouger un peu, sûrement pour regarder l'heure sur sa table de chevet avant de se réinstaller, enroulant son bras un peu plus serré autour de moi avant de soupirer. "Je suis sûr que ce réveil se trompe. Il n'y a pas moyen qu'il soit déjà l'heure de se lever."
Je rigolai mais ne discutai pas, contente de rester dans le cocon de ses bras un peu plus longtemps et je me retrouvai dans les limbes de l'assoupissement pendant que ses doigts continuaient leur exploration paresseuse. Après un moment il amena son autre main sur mon visage, tapotant mon nez alors que mes yeux s'ouvraient. "J'aime me réveiller avec toi," sourit-il.
"Ce n'est pas difficile d'ouvrir les yeux pour te voir," souris-je. Il se pencha pour m'embrasser et je mis ma main sur ma bouche.
"Haleine du matin," marmonnai-je.
"Moi aussi. Je pense qu'elles s'annulent," dit-il, enlevant ma main de ma bouche pour passer ses douces et chaudes lèvres sur les miennes. Il était tout sauf menthe fraiche alors qu'il m'embrassait paresseusement pour me dire bonjour. Je découvris que son haleine du matin ne me dérangeait pas vraiment.
"Bon," grogna-t-il, en étirant ses bras au-dessus de sa tête et se livrant à un bâillement enthousiaste alors qu'il s'asseyait dans le lit. "Je suppose que nous avons été suffisamment paresseux. Mon estomac est sur le point de commencer à se manger lui-même."
Avec un autre bâillement il rejeta les couvertures et se leva. "Je vais sauter dans la douche. Tu vas me rejoindre," demanda-t-il avec un sourire narquois quand je rougis avant de me pencher pour embrasser mon front. "Juste une douche Swan, je sais que tu es probablement endolorie."
"Peut-être un peu," admis-je, en grimaçant alors que la légère douleur dans mes muscles se faisait sentir.
"Allez," dit-il en tendant sa main. "Une douche chaude va te faire du bien."
Il avait absolument raison. Dès que je me mis sous le jet chaud je sentis que chaque douleur commençait à s'estomper. J'essayai de ne pas rougir à la vue de lui nu mais je n'étais toujours pas habituée surtout quand nous ne partagions pas 'des moments sexy' comme le disaient les filles. Il m'attrapa en train de le regarder et me fit un clin d'œil avant que je mette mon visage sous l'eau, la chaleur ne changeant rien à la rougeur de mes joues.
"Tu as des projets pour aujourd'hui ?" lui demandai-je, ma voix résonnant dans la douche alors que je me mouillais les cheveux.
"Rien de très important," dit-il attrapant le shampoing, en versant une noisette dans sa main. "Je suis censé aller chez mes parents et aider à quelques travaux dehors. Et toi ?"
"Juste me détendre," souris-je, espérant profiter de ce jour de congé. "Je devrais probablement faire un peu de lessive, peut-être quelques courses pour la semaine. Et demain retour au boulot."
"Viens," demanda-t-il en me poussant sous l'eau.
"Quoi ?" demandai-je, en clignant pour chasser l'eau de mes yeux.
"Je vais te laver les cheveux Swan et je ne peux pas vraiment le faire si tu restes toujours sous l'eau," expliqua-t-il, en tendant sa main savonneuse alors qu'il inversait nos positions.
"Je peux me laver les cheveux tu sais."
"Oui mais tu le fais tous les jours," dit-il, ses doigts plongeant entre les mèches mouillées pour faire pénétrer le shampoing dans la masse des cheveux. "Je veux le faire cette fois."
"Bien," soupirai-je, feignant la lutte. Ses doigts massèrent mon cuir chevelu et ça ressemblait au paradis. Il fit pénétrer le shampoing partout en faisant bien attention de ne pas mettre de mousse dans mes yeux.
"Comment vont les choses sur la glace ?" demanda-t-il, en continuant sa mission.
"Vraiment bien," soupirai-je, essayant de me concentrer sur la conversation et non sur le fait que je voulais ronronner comme un chaton. "J'ai sûrement déjà la moitié de mon programme libre mais bon… on va voir si ça passe."
"Pourquoi tu dis ça," demanda-t-il, récupérant le pommeau de douche pour rincer les cheveux et me faisant pencher la tête en arrière.
"C'est beaucoup d'essais et d'erreurs," expliquai-je." On doit faire les ajustements au fur et à mesure. Si on essaie de forcer un mouvement simplement parce c'est ce que j'avais en tête au départ, ça aura l'air forcé. Du moins c'est ce que je crois comprendre. J'ai fait quelques chorégraphies avant mais rien d'aussi long. C'est beaucoup de travail mais ça me plait. Beaucoup."
"Est-ce que je pourrais voir un jour ?" demanda-t-il, en raccrochant le pommeau de douche et attrapant le savon pour se laver rapidement avant que je puisse lui proposer de le faire.
"J'espère que beaucoup de gens vont le voir," dis-je timidement.
"Ha ha Swan. Tu comprends bien ce que je veux dire."
"On verra. Au moins pas avant que ce soit fini."
"Ce n'est pas juste, ma mère le verra avant que ce soit fini," se plaignit-il, en me tendant le savon et en faisant la moue. Ce n'était même pas une grimace ridicule et taquine mais une moue maussade et véritable. Et c'était sacrément adorable.
"Elle ne fait pas attention à ce qu'il se passe sur la glace une fois sur deux, Edward," expliquai-je. "Elle pense à autre chose. Tu sais au début j'étais vraiment inquiète qu'elle prenne ce job mais elle est géniale."
"Pourquoi étais-tu inquiète ?" demanda-t-il avec curiosité. Je réalisai que je ne lui avais jamais parlé de ce qu'il s'était passé avec Esmée et elle non plus. Elle m'avait dit qu'elle ne trahirait jamais ma confiance mais je n'avais jamais imaginé qu'elle ne dirait rien sachant combien ils étaient proches tous les deux.
Je haussai les épaules décidant de résumer. "Je suppose qu'après ce qu'il s'est passé avec ma mère j'étais nerveuse d'avoir quelqu'un que je connaissais qui allait reprendre ce rôle. Mais avec Esmée ce n'est pas pareil. Elle n'assume pas tout, les fonctions sont plus séparées et déléguées. J'espère qu'elle n'est pas trop débordée - enfin je pense que ça fonctionne mieux de cette façon. "
"Quoi ?" demanda-t-il, reprenant le savon quand j'eus fini et le reposant à sa place.
"Rien," essayai-je d'éluder en me mettant sous l'eau pour me rincer. "Tout ça n'aurait jamais dû être fait par une seule personne dès le départ."
"Bella," dit-il, ne gobant pas cette explication.
"Tu ne peux pas juste laisser tomber hein ?" rigolai-je et ensuite je soupirai à son expression patiente. "Ecoute ce n'est pas un grand défi. J'en ai déjà parlé avec ta mère et aussi avec Rose un peu, je suis en train de digérer tout ça…"
"Tu ne m'en as pas parlé à moi."
"Ce n'était pas pour t'exclure Edward, je te promets. Tout se passe tellement bien entre nous ces derniers temps que je n'ai pas voulu faire revenir sur tout ce drame avec ma mère. Encore," expliquai-je, désireuse de lui faire comprendre que je n'essayais pas de lui cacher des choses.
"Quel drame ? Est-ce qu'il s'est passé quelque chose ?" demanda-t-il, les yeux remplis d'inquiétude.
"Non," dis-je rapidement pour le calmer. "C'est le problème. Je l'ai appelée la semaine dernière. J'ai décidé de ne pas engager de poursuites judiciaires contre elle. Je veux essayer de voir si nous pouvons arranger les choses. Je sais que tu es loin d'être son plus grand fan et honnêtement c'est pareil pour moi. Je suppose que j'espère juste que maintenant qu'elle n'est plus aussi proche de ma carrière, les choses pourront changer. Quoi qu'il en soit elle n'a pas répondu et elle ne m'a pas rappelé. Et c'est pour ça que j'étais nerveuse de demander de l'aide à ta mère. J'ai déjà perdu une mère à cause de mon patinage. Je ne sais pas si je survivrais si j'en perdais une deuxième."
"Tu l'as dit à ma mère ça ?" demanda-t-il après une minute.
"Oui."
"J'espère qu'elle t'a bien dit que c'était absolument impossible."
"Oui," et je souris." Quelque chose comme ça."
"Bien. Personne ne te laissera tomber ici, Bella. Tu es coincée avec nous," dit-il, me tirant contre lui sous l'eau chaude.
"Alors," dis-je après une minute attrapant le shampoing. "Si tu as lavé mes cheveux est-ce que ça veut dire que je peux laver les tiens ?"
Nous arrêtâmes l'eau quelques minutes plus tard, après que j'eus le temps de faire courir mes doigts dans ses cheveux bronze et mouillés. Il me tendit une serviette moelleuse et en prit une pour lui. C'était vraiment dommage car les gouttes d'humidité qui collaient à sa peau lisse et nue étaient plutôt tentantes.
"Maintenant, je vais sentir comme un garçon toute la journée," me plaignis-je, en inhalant l'odeur masculine qui s'accrochait à mes cheveux.
"Je dois admettre que j'ai un faible pour ton odeur habituelle," dit-il en souriant, tout en arrangeant sa serviette à sa taille.
"Oh vraiment ?" demandai-je joyeusement. "Je m'assurerai de faire savoir aux fabricants de Philosophy que tu approuves leur parfum Strawberry Milkshake."
"C'est ça ?" demanda-t-il, me tirant dans ses bras et m'embrassant le haut de la tête. "Je pourrai prendre un flacon pour quand tu n'es pas là."
"Je ne vais pas mentir, Edward. C'est un peu bizarre," gloussai-je, en soupirant et en posant ma joue contre sa poitrine nue.
"Ne m'en parle pas. Depuis notre première rencontre à l'aéroport, je ne peux même pas sentir une fraise sans penser à toi," murmura-t-il, ses doigts traînant légèrement de haut en bas le long de ma cuisse.
"Vraiment ?"
"Oui," dit-il, une expression contemplative sur son visage avant de reparler, sérieusement. "Tu te souviens quand je t'ai dit qu'on traînait tous chez Billy ? Ce mardi-là, j'ai passé la soirée entière à surveiller la porte, en espérant que tu passerais par là. Je ne savais rien de toi à part que tu étais la plus belle fille que j'aie jamais rencontrée et que tes cheveux sentaient d'un parfum enivrant comme des fraises. J'ai commandé des daïquiris à la fraise toute la soirée parce que ça me rappelait ton odeur… Emmett m'a charrié toute la soirée."
C'était peut-être la chose la plus gentille que j'aie jamais entendue. Ce qui en disait long, vu que je sortais avec Edward qui semblait avoir un quota à respecter sur des choses adorables à me dire. Mes souvenirs de cette soirée-là étaient loin d'être agréables. J'avais tellement peur d'aller le rencontrer.
Nerveuse à l'idée qu'il agisse différemment du gentil gars qui m'avait aidé avec mes bagages, inquiète qu'il ne se souvienne pas de moi ou en me revoyant qu'il se rende compte qu'il n'aimait pas ce qu'il voyait. Ma peur, associée à un coup de fil merdique de Renée, m'avait éloignée de lui ce soir-là. Si le destin n'avait pas eu la bonté de nous réunir à nouveau, je ne pouvais pas imaginer ce que serait ma vie. Ce qu'il serait advenu de moi.
"Je suis désolée de ne pas être venue ce soir-là," chuchotai-je, remplie de regrets et sachant maintenant qu'il était assis là-bas, à m'attendre… en vain.
"Hé," il haussa les épaules, embrassant mon front. "Tout se passe bien, n'est-ce pas ?"
"Je dirais beaucoup mieux que bien," dis-je, avec un petit sourire.
"Tu as raison. C'est beaucoup mieux," dit-il, en baissant les lèvres vers les miennes. Le baiser commença doucement, de façon décontractée. Quelque part en chemin, notre étreinte s'approfondit, nos mains dérivant sur nos serviettes jusqu'à ce qu'elles tombent.
Ses mains à mes fesses, me soulevant sur le comptoir alors qu'il se pressait contre moi, bandant déjà.
"Bella ?" chuchota-t-il, entre des baisers désespérés.
"Humm ?" Je murmurai contre ses lèvres, mes mains caressant ses hanches.
Il laissa tomber ses mains sur mes poignets et brisa notre baiser, posant son front sur le mien, son souffle contre mon visage. "Je pense qu'on devrait parler."
"D'accord," dis-je en hésitant. Parler était la dernière chose que j'attendais qu'il veuille à ce moment-là.
"Ce n'est rien de mal," m'assura-t-il rapidement, en prenant un peu de recul mais en gardant les mains sur mes poignets, faisant des cercles sur mon pouls. "Je ne veux pas que tu penses que maintenant qu'on a couché ensemble le sexe est tout ce qui compte. Je veux dire que je te veux plus que je n'aie jamais voulu quelqu'un mais je ne veux pas perdre tout le reste entre nous parce qu'on a couché ensemble. C'est juste que... le sexe peut changer les choses, eh bien, pas peut, ça change les choses. Et ce n'est pas grave. Je veux coucher avec toi et je veux que tu te sentes à l'aise avec ce côté de notre relation. Mais ce n'est qu'un côté, Bella. Il y a tellement plus que ça entre nous."
"Je le sais, Edward. Je ne veux pas perdre ce que nous avons non plus," soupirai-je, en me penchant vers l'arrière sur le comptoir. "Je ne sais pas vraiment ce que je fais ici."
"C'est un territoire assez nouveau pour moi aussi. Ce n'est pas comme si j'avais eu une tonne de relations. Même si c'était le cas, ce serait complètement différent. Toi et moi, on est différent. Dans le bon sens du terme, ne te méprends pas."
"On s'en est bien sortis jusqu'ici, n'est-ce pas ?" demandai-je timidement.
"Plus que bien," confirma-t-il.
"Alors, continuons à faire ce que nous faisons. Tu sais, quoi qu'il doive arriver, ça arrivera. On va vivre les choses comme elles viennent. C'est d'accord ?"
"Ça a l'air d'un plan", dit-il en souriant et en me prenant du comptoir, à l'improviste, alors que je couinais.
"Edward ! Qu'est-ce que tu fais ?" demandai-je, en m'accrochant à lui.
"Je suis le mouvement, Swan," dit-il, me laissant tomber sur le matelas avec un rebond, en riant avant que son corps ne couvre le mien.
⁂
Deux heures et demie plus tard, Edward me reconduisit chez moi avant de se rendre chez ses parents. Mes cheveux étaient noués, emmêlés par le manque de brossage. Vêtu de son pantalon de survêtement et un t-shirt noué à ma taille, j'essayai de me faufiler dans le couloir jusqu'à mon appartement et glisser tranquillement dedans. Avant d'y arriver, j'entendis la porte de l'autre côté du couloir et je grimaçai, sachant qu'on m'avait attrapée.
"Arrête-toi là, Bella Swan !" ordonna Alice. Je me retournai, essayant d'avoir l'air innocent.
J'étais clairement prise la main dans le sac, mes vêtements de la veille ayant été mis dans un sac qui pendouillait de mon poignet.
"Qu'est-ce que tu crois faire exactement ?" demanda Rose, rejoignant sa colocataire dans l'entrée.
"Euh, ouvrir ma porte pour pouvoir entrer ?"
"Non. Tu essaies de te faufiler et tu ne le fais pas très bien," dit Alice en riant, et en m'attrapant par la main pour me traîner dans leur appartement. "Ramène ton cul par ici."
"Allez les filles, on est vraiment obligés de faire ça maintenant ?" pleurnichai-je, mais je ne me suis débattis pas beaucoup, sachant que c'était inutile.
"Oui," dit Rose, en aidant Alice à me tirer, et à fermer la porte derrière nous. "Viens ici."
"Maintenant, voyons voir ce que nous avons ici," dit Alice, son doigt tapant sur sa lèvre en me regardant. "Les vêtements d'hier soir dans un sac, des vêtements de mec et tu sens comme le shampoing pour mec."
"Sans parler du fait que tu rayonnes pratiquement," ajouta Rose.
"Quelqu'un a eu de la chance hier soir !" cria Alice, en tapant dans ses mains.
"Alors, comment c'était ? Nous avons besoin de détails !" s'exclama Rose, conduisant notre trio dans le salon pour nous mettre à l'aise sur le canapé.
"Quel genre de détails ?" demandai-je, avec scepticisme.
"Eh bien, rien de super spécifique, mais que s'est-il passé ? C'était bon ?" demanda Alice.
"Alice, la fille est allumée comme une ampoule de deux cents watts, pour l'amour de Dieu. Elle est pratiquement lumineuse. Tu crois vraiment qu'elle ressemblerait à ça si c'était mauvais ?" dit Rose sèchement.
"D'accord, très bien. Et alors ?" dit Alice, en tirant ses genoux jusqu'à sa poitrine pour l'envelopper les bras autour.
"Je ne sais pas vraiment ce que tu veux savoir…" marmonnai-je, maladroitement.
"Bells, il n'y a que nous. Tu n'as pas besoin d'être timide. Dis-nous ce que tu veux," offrit Rose.
"Je ne sais pas," dis-je, en tirant sur ma queue de cheval. "Après être partis nos sommes allés chez lui et au début c'était un peu bizarre, comme s'il n'avait aucune idée de ce qu'il se passait. J'ai vraiment essayé d'être subtile, comme vous l'aviez dit mais il ne comprenait pas. Il parlait de trouver à manger et de regarder un film alors je n'ai pas dû faire comme il fallait."
Je m'arrêtai et elles se regardèrent avec un air entendu avant d'éclater de rire.
"Oh !" haleta Alice entre deux rires. "Pauvre Edward !"
"Bella," dit Rose, en essayant de se calmer pour s'expliquer. "Je ne pense pas que ce soit toi qui n'aies pas fait les choses comme il faut. Il essayait probablement d'empêcher ses pensées d'aller dans cette direction au cas où il te comprendrait mal. Je veux dire ce gars est célibataire depuis un moment maintenant il ne veut probablement pas espérer et se retrouver seul avec ses boules bleues si tu n'es pas vraiment prête."
"Je suppose que tu as raison," acceptai-je, en haussant les épaules avant de continuer. "Eh bien nous avons fini par en parler et il a finalement compris. Puis nous nous sommes embrassés et il m'a porté dans l'escalier comme dans Autant en emporte le vent…" soupirai-je, en me souvenant de ce moment toujours clair dans mon esprit.
"Oh bien joué," roucoula Rose.
"Il y a une raison si c'est un classique," songea Alice.
"Et ensuite nous sommes allés dans sa chambre et il s'est inquiété que tout soit parfait pour moi. Du genre, il voulait mettre de la musique et des bougies, tout ça quoi," leur dis-je, me sentant déjà plus à l'aise de leur parler de ce qu'il s'était passé la nuit dernière, l'excitation bloquant ma timidité.
"Ah !" firent-elles ensemble.
"Il a été tellement patient avec moi, je ne sais pas, tellement gentil, je suppose. Pas comme s'il avait peur mais plutôt comme… je me suis sentie chérie. Je ne m'étais jamais sentie comme ça auparavant. Personne ne m'a jamais fait sentir comme ça."
"Seigneur, ça semble si… doux, Je jure le sexe doux est totalement sous-estimé," murmura Rose, s'appuyant contre l'accoudoir du canapé.
"Alors c'était bon, je suppose," déclara Alice, en attendant mon approbation. "Tu as fini ?"
Je rougis me recroquevillant un peu, tirant mes genoux vers moi. "Pas la première fois. Je veux dire, il, euh m'a touchée avant mais pas pendant."
"Première fois ?" couina Alice. "Donc vous l'avez fait une autre fois ?"
"Oui," je m'éclaircis la voix bizarrement les joues rouges. "Euh deux fois hier soir. Et une fois encore ce matin," ajoutai-je dans un souffle.
"Putain Bells !" s'exclama Rose en me tapant dans l'épaule avec enthousiasme. "Trois fois ? Tu assures ma fille."
"Très bien," annonça Alice en se levant. "Il faut fêter ça !"
"Alice il n'est que treize heures. Et on est dimanche," lui rappelai-je.
"Bella pour une occasion comme celle-là il n'y a pas d'heure. Ne pense pas à ça comme à des cocktails. Penses-y comme à une initiation."
"Hum Alice ? Je pense que c'est Edward qui s'est chargé de l'initiation hier soir," rigola Rose, en me poussant alors que je lui tapai sur le bras. "Oh Bella qu'est-ce que tu ferais sans nous ?"
"Tu sais quoi Rosalie ? Je n'en ai pas la moindre idée…"
⁂
Alors que mai dérivait vers juin, le temps semblait s'écouler plus rapidement. Au début de l'été ma vie tomba dans une nouvelle routine. Du lundi au vendredi j'étais à la patinoire presque toute la journée. Jusqu'à ce que la saison soit finie, le patinage serait mon travail à temps plein et comme tout, cela nécessitait de longues heures. Je reprenais la force que j'avais toujours eue dans mes mouvements et bâtissais une nouvelle confiance que je n'avais jamais possédée avant. En plus de mes séances quotidiennes à la salle de sport et sur la glace, Marcus avait suggéré de prendre une heure par jour pour travailler avec un instructeur de ballet ce qui permettrait de donner un peu plus de fluidité à mes mouvements.
J'avais déjà suivi des cours de danse même si je les avais toujours un peu redoutés. Sans mes patins mes pieds étaient souvent maladroits. Zafrina mon instructrice était patiente et encourageante. Elle se concentrait plus sur les mouvements de mes bras et les assouplissements que sur la technique pour mes pieds. En peu de temps j'avais commencé à m'amuser et j'avais même hâte de la voir tous les jours. Marcus avait eu raison de prévoir que cela aiderait. Je sentais déjà la différence dans mes entrainements.
Ma chorégraphie avançait. J'étais sur le point de terminer mon programme libre même s'il serait probablement peaufiné jusqu'à ce que je le montre. Marcus et moi avions commencé à discuter pour mon programme court même si rien ne s'était encore passé. Il poussait pour quelque chose d'un peu plus éclatant et je ne savais pas si je l'avais en moi pour le faire sortir. Esmée continuait à venir à la patinoire chaque jour, quelquefois elle traînait plus longtemps lorsqu'avec Marcus ils avaient des choses à discuter. Elle n'était jamais envahissante, restant toujours en retrait et offrant ses suggestions mais elle n'allant jamais plus loin. C'était sûrement le plus gros changement par rapport à Renée. Esmée n'avait pas d'exigences envers moi.
Alors que les jours défilaient sans que je n'obtienne aucune réponse de ma mère, je commençai à réaliser que je devrai probablement accepter ce fait qu'elle ne reviendrait jamais vers moi. Notre relation serait tendue, pleine de souvenirs amers et de souffrance. Le mieux que je puisse faire était de rester concentrée sur les choses positives dans ma vie et essayer de ne pas m'attarder sur les regrets.
Des questions commençaient à être posées sur mes projets pour la saison à venir. En avril Renée avait annoncé à la presse que j'avais pris une saison sabbatique mais que je serai de retour pour la course aux prochains Jeux Olympiques. Depuis qu'elle était partie je n'avais plus fait d'annonce. Rien n'avait été dit au sujet des changements et j'avais supplié Marcus de ne pas publier de communiqué de presse jusqu'à ce que je me sente un peu plus confiante dans mes décisions.
Je n'avais aucun doute que quand ça se saurait - que je chorégraphiais mes programme -, il y aurait un essaim de spéculations. Il y aurait des gens qui seraient favorables et optimistes et autant de personnes qui douteraient que je puisse le faire, qui riraient de l'idée même. De nombreux patineurs chorégraphiaient leurs programmes mais peu d'entre eux le faisaient pour ce qui devait être jugé. En choisissant, je m'ouvrais complètement. Je serai exposée, vulnérable, exposerai ma création au monde et inviterai quiconque à me critiquer. Jusqu'à ce que je sois plus solide dans ce que je montrerai je n'étais pas pressée de jeter cet os charnu à la presse carnassière.
J'avais encore du temps mais je savais que ça n'allait plus durer bien longtemps. Le début de la saison se rapprochait et si je voulais avoir une chance de me battre il fallait que je commence à prendre des décisions concernant mon plan d'action.
Bien que l'entrainement me garde occupée, je trouvais du temps pour me concentrer sur ma vie en dehors de la patinoire. Je voyais Edward quasiment tous les jours. J'allais souvent chez lui le soir après l'entrainement pour dîner avec lui, regarder la télévision et rattraper notre retard. Parfois il venait chez moi si la séance avait été particulièrement éprouvante et que je n'avais plus l'énergie nécessaire pour faire le court trajet jusqu'à chez lui.
Il était rare que nous passions une nuit ensemble pendant la semaine. Nous allions nous entraîner ensemble le matin mais passer la nuit signifiait la tentation de faire bien plus que dormir et avec mon horaire d'entrainement rigoureux je ne pouvais pas me permettre moins de huit heures de sommeil complètes.
Les weekends c'était une toute autre histoire. Au début j'avais été nerveuse, j'avais craint que quitter sa maison le lendemain de la soirée de danse du hangar brise la nouvelle bulle intime que nous avions créée. J'avais craint d'être mal à l'aise avec le nouveau tour qu'avait pris notre relation et que la prochaine fois soit gênante ou forcée. Ce n'était pas le cas. Le sexe ne prenait pas le pas sur notre relation mais était devenu partie intégrante de celle-ci. Nous n'avons pas voulu en parler mais laisser les choses suivre leur cours naturellement.
Presque tous les vendredis soir nous les passions avec les autres, d'abord pour regarder la finale de hockey de la saison. Les Blackhawks avaient perdu contre les Red Wings de Detroit et les gars avaient été très contents d'avoir vu leur rival perdre sèchement. Une fois cette équipe sortie, ils purent encourager plus objectivement les deux dernières équipes en lice pour la coupe.
Le vendredi suivant nous sortis jusqu'à deux heures du matin au cinéma dehors. Une autre fois nous étions allés voir un match au Metrodome. Ensuite je rentrais toujours à la maison avec Edward et c'est là que nous restions généralement jusqu'à dimanche après-midi.
Nous n'avions pas discuté de cela, nous étions tombés dans cette habitude. Après deux semaines Edward avait vidé un tiroir de sa commode pour que je puisse laisser quelques affaires. La vue de ma brosse à dent bleue à côté de la sienne verte me rendait ridiculement heureuse.
Ce sentiment de vertige semblait être commun à notre groupe d'amis. A l'approche du mariage d'Alice et de Jasper tout le monde et surtout Alice semblait être de bonne humeur. J'étais étonnée de voir à quel point Alice était calme. J'avais toujours entendu dire que les mariages étaient des affaires stressantes surtout pendant les dernières semaines précédant le Jour J. Dans son cas ça semblait être tout l'inverse.
Plus les jours passaient plus Alice était détendue. Elle vérifiait ses listes de choses à faire et nous recrutait pour faire des choses fastidieuses comme faire des éventails avec les programmes ou passer des rubans autour des bocaux pour mettre des lumières dans les arbres autour de la tente. Pour Alice aucun détail n'était insignifiant et bien que nous protestions quand il s'agissait de l'aider dans ses efforts de bricolage sans fin nous étions heureux de le faire pour arriver à ce jour dont elle avait rêvé.
Une semaine et demie avant le mariage, nous étions tous à son appartement pour graver le nom des invités sur de petites coupes en bois avec des stylos graveurs pour marquer leur place. La troisième fois que je me suis presque brûlée, Emmett essaya de me voler le stylo.
"Très bien… qui a eu cette idée brillante de donner à cette fille un outil qui brûle ? " rigola-t-il. Je le fixai tenant mon stylo bien fort. "Allez Babybel, donne-le moi. Tu vas te blesser. Ou quelqu'un d'autre…"
"Tu ferais mieux de t'inquiéter pour le tien, Emmett et ne t'occupe pas de moi," insistai-je, le remerciant avec le sourcil de la garce me le rendant et riant en m'ébouriffant les cheveux.
Je regardai mon bout de bois et vis que je m'étais trompée. Je jetais le petit disque sur le tas des ratés.
"Des problèmes ?" Edward gloussa devant mon soupir de dégoût, les yeux rivés sur son propre bout de bois alors qu'il gravait le nom en caractères élégants.
"Comment peux-tu faire ça ? Ce n'est même pas ton écriture. Les garçons ne devraient pas être capables d'écrire si joliment !"
Je me plaignis de l'injustice de la chose, ramassant l'une de ses œuvres achevées pour l'examiner de plus près.
"Même ceux qui font des pattes de mouche comme moi ont appris à écrire, Bella. Il faut juste de la patience," sourit-il.
"Je peux être patiente quand je le veux," murmurai-je, en ramassant un bout de bois et en prenant grand soin de peaufiner chaque petite lettre. Il me fallut quatre bonnes minutes pour écrire le nom et ça n'avait pas l'air aussi élégant que ceux d'Edward mais je souris quand même en le lui montrant avant de continuer.
La conversation était légère et facile entre nous pendant que nous travaillions, parlant des projets pour le week-end prochain. L'anniversaire d'Edward était samedi et j'avais passé des semaines à agoniser pour trouver un cadeau pour lui. J'avais enfin trouvé le cadeau qu'il fallait la veille et j'avais maintenant hâte d'être samedi pour pouvoir le lui donner.
Le plan actuel était que nous nous rejoignions tous Esmée et Carlisle chez eux pour un barbecue, à condition qu'il fasse beau. Edward insistait beaucoup sur le fait qu'il voulait juste quelque chose de discret. Bien sûr, le truc simple ne suffisait jamais à satisfaire Alice. Elle avait prévu une sorte de surprise et gardait tout secret, en nous disant juste qu'on ne devrait pas faire d'autres projets pour ce soir-là.
J'étais en train d'écrire l'un des noms de ma liste quand Emmett dit : "Tu sais gamine que tu as encore beaucoup de bagages à faire la semaine prochaine."
"Je sais," gémit Alice, en enfouissant son visage dans ses mains pendant une minute. "Je n'ai même pas encore commencé à vider un placard. Ça va me prendre un mois après le mariage pour sortir d'ici."
Je faillis faire tomber mon stylo à pyrogravure et je dus consciemment empêcher ma mâchoire de tomber, en état de choc.
Alice allait déménager.
Bien sûr que j'aurais dû m'attendre à ce qu'elle déménage… elle allait se marier. Les gens mariés vivent ensemble pas avec leurs copines.
Pourquoi l'idée qu'Alice déménage pour aller vivre avec Jasper était un tel choc, je n'en étais pas sûre, mais … ça me frappa comme un coup de poing dans l'estomac.
Mon esprit divagua tandis que la conversation se poursuivait autour de moi.
"Ce n'est pas ton genre de tergiverser, Ali," dit Edward.
"Ouais, ouais, je sais. J'ai eu d'autres choses à faire et je ne voulais pas emballer quoi que ce soit. Je pourrais en avoir besoin. Maintenant je pense que je devrais soudoyer quelqu'un pour qu'il le fasse à ma place. Bella ? Rose ? Je ne peux pas faire confiance à Emmett, il jetterait toutes mes chaussures de marque dans un sac poubelle et dirait que c'est bon."
"Je suis prête pour une fête d'emballage dimanche, si tu veux de l'aide…" proposa Rose. "Bells, t'es partante ?"
"Quoi ?" demandai-je, sortant de ma stupeur. "Oh, dimanche. Ouais, c'est bon, je serai là." Je reportai mon attention sur la gravure devant moi mais je vis le regard confus sur le visage d'Alice.
Je n'avais pas pu m'en empêcher. C'était ridicule, égoïste et complètement déplacé mais ça faisait mal de me dire qu'elle allait partir. Rose voudrait-elle partir aussi ? Peut-être qu'Emmett et elle avait l'intention d'emménager ensemble maintenant qu'Alice ne serait plus là.
Depuis mon premier soir dans le Minnesota, Rose et Alice avait vécu de l'autre côté du couloir. C'était naïf de ma part de ne pas réaliser que ça pouvait changer et que nous ne serions pas toujours voisines mais ça faisait mal de penser à rentrer à la maison sans la possibilité qu'Alice fasse irruption chez moi pour me harceler.
"Ça va ?" murmura Edward à mon oreille. Je hochai la tête en le regardant avec un sourire rassurant.
Je terminai les trois derniers noms sur ma liste, en essayant de plaisanter amicalement avec tous sans révéler ce qui se passait dans ma tête. En jetant un coup d'œil à l'horloge, je remarquai qu'il 'était presque neuf heures et demie et je saisis cette excuse pour m'échapper, annonçant qu'il était temps pour moi d'aller au lit car demain matin serait une autre journée complète d'entraînement.
J'essayai de m'éclipser le plus discrètement possible, en ignorant sagement les commentaires taquins d'Emmett à propos de mon habitude de me coucher tôt. J'essayai de dire bonne nuit à Edward et de l'encourager à rester mais il insista pour me raccompagner jusqu'à ma porte.
Il me suivit dans le couloir et attendis que j'ouvre ma porte. En l'ouvrant, je me retournai vers lui.
"Content ? Tu m'as vu arriver sans encombre jusqu'à ma porte. Maintenant, vas-y, va traîner avec les autres. Amuse-toi. Ce n'est pas parce que ton idiote de copine doit se coucher tôt que tu ne peux pas rester dehors tard et t'amuser," l'encourageai-je, passant mes mains sur sa poitrine pendant qu'il me frottait les bras.
"Tu n'es pas idiote Bella," dit-il en embrassant mon front. "Je peux entrer une minute ?"
"Bien sûr," Je haussai les épaules, poussant la porte, jetant mes clés sur la table d'entrée quand il ferma la porte derrière nous.
"Alors, tu vas me dire ce qui te tracasse ?" demanda-t-il, assis sur les marches de l'escalier menant dans l'alcôve.
"Rien ne me tracasse," dis-je évasivement, prenant la main qu'il me tendait et m'installant entre ses jambes, mes mains sur ses épaules. "Il faut juste que j'aille au lit."
"Quand vas-tu réaliser que tu ne peux rien me cacher, Bella ?" soupira-t-il, atteignant une mèche pour la repousser de mon visage. "Je peux le voir dans tes yeux. S'il te plaît, dis-le-moi."
"Je n'en ai pas vraiment envie," grimaçai-je.
"Pourquoi pas ?" demanda-t-il, incapable de cacher la douleur dans sa voix.
"Parce que tu vas penser que je suis une personne égoïste et horrible, ok ?" avouai-je. "Et tu aurais raison de le penser."
"Bella, tu ne pourrais jamais être une personne horrible, même si tu essayais," dit-il, en me tirant pour que je m'assoie sur ses genoux. "Tu ne l'as pas en toi."
Je posai ma tête sur son épaule et chuchotai : "Je ne savais pas qu'Alice déménageait, d'accord ?"
"Oh !"
"Oui, "oh'. C'est stupide, n'est-ce pas ?"
"Ce n'est pas stupide," argumenta-t-il doucement, dessinant des cercles avec son pouce sur mon genou. "Je suis sûr que ce sera un grand changement de ne pas l'avoir ici. Je sais qu'il m'a fallu du temps pour m'habituer quand je suis parti à l'université et ne plus l'avoir dans la même maison."
"Ce n'est pas comme si ça me contrariait. Ça m'a juste surpris, c'est tout," expliquai-je en levant la tête, mes doigts jouant doucement sur le dos de sa main. "Je ne lui en veux pas d'aller vivre avec son mari et ce n'est pas un truc de jalousie, c'est juste - c'est ce que tu as dit, 'un grand changement'. Tout le temps que j'aie passé ici, elle était de l'autre côté du couloir. J'ai l'impression d'avoir un pilier arraché sans aucun avertissement. Tu vois ? Egoïste. Ça n'a rien à voir avec moi et ça ne devrait pas me regarder."
"Elle n'ira nulle part, Bella," dit-il en tournant la main pour lier ses doigts aux miens.
"Elle ne te quitte pas. Elle va juste quitter l'appartement."
"Je le sais bien. Je ne l'ai juste pas vu venir. Je suppose que le truc de l'abandon est un peu un déclencheur, avec toutes les conneries qui se passent avec ma mère…" souris-je sans humour et en lui serrant la main puis je voulus me mettre debout. Il me tint fermement en place, inébranlable jusqu'à ce que je le regarde dans les yeux. Il me disait qu'il pouvait toujours lire tant de choses rien qu'en regardant dans mes yeux et je commençais à comprendre plus clairement en voyant les émotions dans les siens. Compréhension, sympathie, acceptation, amour.
"Bella ?" commença-t-il, en s'arrêtant un moment, alors que quelque chose dans ses yeux se transformait et qu'il avait l'air de changer de direction, ses lèvres se recroquevillant en souriant. "Tu ne pourrais pas te débarrasser d'Alice même si tu le voulais. Elle est comme de la super glue. Le lien est instantané et permanent."
"Tu ne voudrais peut-être pas dire ça devant elle," gloussai-je. "Je ne sais pas si elle aimerait être comparée à un adhésif industriel."
"Je suppose que vous n'en avez pas parlé ensemble," dit-il, en se frottant les mains sur mes cuisses.
"Non… et ne lui dis rien, s'il te plaît. Je sais qu'elle a déjà tiqué parce que je suis partie si brusquement mais je veux juste laisser tomber. Elle est si heureuse en ce moment et je suis vraiment heureuse pour elle. Il s'agissait simplement d'une réaction incontrôlable," dis-je, complètement disposée à tout oublier.
"Je ne dirai rien," promit-il, "mais je pense qu'elle voudrait t'en parler."
"Probablement," soupirai-je, en me penchant pour embrasser sa tempe. "Je devrais vraiment me coucher. "On ne peut pas tous rentrer faire la sieste après une matinée au gymnase."
"C'est vraiment dommage, Swan," dit-il, me bousculant tout en allant vers la porte. "Les siestes en milieu de journée sont l'une des grandes complaisances de la vie."
"Quand toute cette folie sera finie, je me joindrai peut-être à toi pour une fois," souris-je en frottant mon nez contre le sien dans un baiser esquimau.
"Je te garderai une place," sourit-il, en inclinant son visage pour porter ses lèvres vers les miennes dans un doux baiser. "Doux rêves, amour."
"Bonne nuit, Edward," murmurai-je, l'embrassant une fois de plus avant qu'il ne me sourit et ne se tourne vers la porte. Je tendis la main pour prendre la sienne. "Et merci."
"Pour quoi ?"
"Pour le voir toujours et pour ne pas lâcher," murmurai-je, en le regardant dans les yeux, en espérant qu'il pourrait comprendre à quel point ça comptait pour moi.
Il prit du recul pour m'envelopper dans ses bras, ses lèvres prenant les miennes dans une étreinte passionnée avant de planter plusieurs baisers doux sur mon front et sur mes cheveux pendant qu'il me tenait fermement contre sa poitrine.
"C'est quelque chose qui ne changera jamais," murmura-t-il. Je hochai la tête contre son torse bien que ce ne soit pas une question. Il s'éloigna et me regarda pendant une minute avant de caresser doucement mes joues et de dire, "On se voit dans la matinée."
Je verrouillai la porte derrière lui, prenant un verre d'eau du robinet avant d'éteindre les lumières et d'aller dans ma chambre pour faire ma routine du soir. Je me lavai le visage et roulai intérieurement des yeux à la façon dont je m'étais comportée. Comme un enfant. Alice ne m'abandonnait pas parce qu'elle déménageait, elle franchissait une nouvelle étape dans sa vie. Elle était une adulte en bonne santé qui savait ce qu'elle voulait et faisait ce qui était nécessaire pour y arriver. Ce n'était pas à elle de traîner ici jusqu'à ce que je sois prête à la laisser partir.
C'était la deuxième fois que j'avais une réaction instinctive, une de celle que j'avais vis-à-vis de ma mère. Plus cela se produisait plus je réalisais à quel point mes plaies étaient profondes. J'avais besoin de faire une différence entre Renée et les autres personnes dans ma vie. Si elle ne voulait pas changer c'était sa décision mais je ne pouvais pas la comparer aux autres autour de moi. Edward, Esmée, Alice. Aucun d'entre eux ne lui ressemblait comme ils me l'avaient prouvé à maintes et maintes reprises. C'était injuste de ma part de faire des parallèles.
En rampant dans mon lit je résolus de passer voir Alice le lendemain matin à l'heure du déjeuner, pour lui dire à quel point j'étais excitée pour elle et lui offrir toute l'aide que je pourrais. Je me blottis dans mon oreiller me sentant déjà un peu mieux.
"Toc toc," appela doucement Alice depuis ma porte. Je ne l'avais même pas entendue bien que cela ne soit pas une surprise. Je me retournai pour la voir sur le seuil, un peu craintive. "Tu dormais déjà, pas vrai ?"
"Non," soupirai-je en m'asseyant et en m'appuyant contre la tête de lit, lui faisant signe de me rejoindre.
Elle accepta mon invitation, s'installant sur mon lit, les jambes étendues de la même façon que moi. "Bella je suis désolée de ne rien avoir dit…"
"Allons Alice," l'interrompis-je. "Ne sois pas ridicule, tu n'as pas à t'excuser. Je ne t'en veux pas, pas même un petit peu et je suis désolée si c'est comme ça que tu l'as ressenti. Ça m'a simplement prise par surprise, c'est tout."
"J'aurai dû en parler plus tôt. Je veux dire nous étions déjà fiancés quand tu es arrivée ici et ensuite nous sommes devenues meilleures amies si rapidement," murmura-t-elle, posant sa tête sur mon épaule alors que la mienne reposait sur sa tête. "C'est tellement facile d'oublier que nous n'avons pas toujours été meilleures amies."
"Je comprends ce que tu veux dire," soupirai-je. "Je ne peux même plus penser à quoi ressemblait ma vie avant que vous soyez tous là. Solitaire. Je pense que c'est pour ça que j'ai réagi aussi égoïstement. Je ne pourrais pas redevenir comme j'étais avant, pas maintenant que je sais comment est là vie avec des voyous comme vous." Nous rîmes alors que je la poussai du coude.
"Tu sais quoi ?" dit-elle tranquillement après un moment. "Rose et moi avons passé une nuit entière à sangloter ensemble quand je me suis fiancé et que nous avons compris que nous devrions nous séparer. Ce n'est pas égoïste. C'est un grand changement. C'est un bon changement et je suis prête pour celui-là et bien que je me marie et que je déménage avec Jasper c'est un début mais c'est aussi en quelque sorte une fin. Ça ne me manquera pas d'être célibataire ou de sortir ou toutes les autres choses stupides que les gens font avant de se marier mais ce qui va me manquer c'est d'être ici avec Rose et avec toi."
"C'est vrai ?"
"Oui. Ça va me manquer de ne plus pouvoir juste traverser le couloir pour voir si tu es chez toi et emprunter les chaussures de Rose quand elle ne le sait pas. Ça va me manquer d'avoir des soirées entre filles à l'improviste et de pouvoir parler avec ma meilleure amie quelques minutes," soupira-t-elle passant son bras autour de moi. "Mais ensuite je me rappelle que je ne pars qu'à quelques minutes d'ici. Si tous les feux sont verts et que je prends les rues secondaires, je peux être ici en moins de six minutes, Si c'est toi qui conduis il en faut douze," me taquina-t-elle.
"Ah c'est malin !" ricanai-je.
"Ce sera différent," reconnut-elle en se reculant un peu ainsi je pouvais voir son visage. Le fait que ses yeux soient brillants de larmes me fit me sentir un peu mieux. " mais le fait que je me marie et que je déménage ne change rien à notre amitié. Tu seras toujours la Dee de ma Cher."
"Et tu seras toujours la Michelle de ma Romy," rétorquai-je avec un rire humide alors que je l'étreignais, passant juste un bon moment à nous réconforter l'une l'autre. "Comme je l'ai dit j'ai juste eu un sursaut d'égoïsme," expliquai-je quittant ses bras et essuyant quelques larmes qui m'avaient échappé. "C'est déjà passé. Tu peux déménager maintenant."
"Merci pour ta permission maitresse Bella. Je vais juste récupérer mes affaires et m'en aller," fit-elle en éclatant de rire, essuyant ses larmes aussi. "Sérieusement Bella, ça va me manquer de ne plus être ici avec vous les filles. Peut- être que Rose et toi pourriez déménager dans notre chambre d'amis."
"Oui d'accord," rigolai-je. "Ensuite Emmett voudra passer la nuit et aucun d'entre nous ne pourra dormir."
"C'est vrai. Il y a un avantage majeur à ne pas avoir de colocataire. Et c'est pour le sexe bruyant et sans retenue," soupira-t-elle. "Je pense que je vais devoir convaincre Jazz de me prendre sur la table de la cuisine. J'ai toujours voulu faire ça mais j'appréhendais trop de le faire quelque part où mon frère l'avait déjà fait."
Hé," gémis-je, le visage déformé. "Emmett et Rose ? Est-ce la même table où nous étions assis ? J'espère que vous avez complètement nettoyé. Et plusieurs fois."
"Nope. Je l'ai fait faire à Rose et je l'ai surveillée à distance. Je ne pouvais pas m'approcher de cette chose tant que les empreintes du cul d'Emmett n'étaient pas effacées. C'est juste dommage qu'il ne soit pas aussi facile d'effacer ce souvenir dans mon cerveau. Bien sûr j'ai demandé des comptes," dit-elle avec un sourire diabolique. "La fois d'après chez Emmett nous avons traîné dans sa salle de jeu et avons fait l'amour sur son futon - où il joue à sa box."
"Redis-moi de ne pas avoir de rapport sexuel quand tu es dans les parages," dis-je, en me réinstallant dans mes oreillers. "Tu es démoniaque."
"Tu peux faire tout ce que tu veux, tenez-vous simplement loin des parties communes."
"Je m'en souviendrai," rigolai-je en bâillant, le soulagement d'avoir pu gérer cette situation m'avait donné sommeil.
"Alors je peux mettre ton nom sur mon rouleau de ruban adhésif d'emballage pour dimanche ?" murmura-t-elle sa tête sur l'oreiller à côté de moi.
J'ouvris les yeux et lui fis un grand sourire. "Je ne manquerai ça pour rien au monde..."
La seule chose qui m'embêtait, c'est qu'à chaque fois que mes pensées dérivaient... mes joues devenaient d'une couleur rose embarrassante et me trahissaient complètement. Je devenais plus à l'aise d'avoir ces pensées coquines mais je n'avais pas besoin que quelqu'un d'autre sache juste combien de fois ça semblait arriver.
Comme maintenant, alors que nous roulions jusqu'à la maison de ses parents pour dîner avec toute sa famille, ce n'était probablement pas le meilleur moment pour me souvenir de la façon dont ses cheveux glissaient entre mes doigts plus tôt ce matin-là, alors que mon orgasme m'envahissait et que j'en avais attrapé une poignée de ses mèches.
"Vous êtes en retard !" nous réprimanda Alice, en se précipitant avant même que nous soyons garés. J'essayai rapidement de passer en mode "famille" dès que nous sortîmes de la voiture. "Viens Bells, je vais t'aider à ramener tout ça à la cuisine."
"Hé !" s'exclama Edward, quand Alice le poussa de son chemin pour sortir le porte-gâteau du siège arrière. "Tu n'as rien à dire à ton frère préféré aujourd'hui ?"
"Si, si," elle roula des yeux, se mettant sur la pointe des pieds, pour lui faire une bise sur la joue. "Joyeux Anniversaire, mon vieux. Les gars sont dans l'arrière-cour à "superviser" le grill. Va demander à Jazz de vérifier que tu n'as pas de cheveux gris."
"Morveuse…" murmura-t-il affectueusement, profitant de l'occasion pour la décoiffer, vu que ses mains étaient pleines et elle ne pourrait pas l'en empêcher.
"Tu vas payer pour ça plus tard, Edward Anthony…" et elle le fixa.
"J'ai si peur, Mary Alice !" se moqua-t-il, se tenant derrière moi, enveloppant ses bras autour de ma taille et en lui tirant la langue par-dessus mon épaule.
"Va embêter quelqu'un d'autre, Birthday Boy. Et oublie ta copine, on a besoin d'elle !" dit-elle en se tournant pour partir.
"Je devrais probablement aller voir comment je peux aider," soupirai-je, en tournant dans ses bras alors qu'il ne faisait rien pour me libérer.
"Mais c'est mon anniversaire et je veux que tu restes où tu es," sourit-il et il se baissa pour m'embrasser. "Tu dois faire ce que je veux. Ce sont les règles."
"Edward ! Tu auras tout le temps pour les câlins plus tard !" cria Alice depuis le porche. "Tu peux te passer d'elle pendant un quart d'heure…"
"Non, Alice, je ne peux vraiment pas," soupira-t-il, la main sur ma joue. Alice gémit d'exaspération et passa la porte, la laissant ouverte derrière elle. "Surtout pas quand tes joues rougissent dans cette délicieuse nuance de rose et je peux dire exactement à quoi tu penses," dit-il à voix basse. Il m'embrassa les deux joues puis il fit tomber sa bouche sur mon cou et un léger gémissement s'échappa de mes lèvres quand ses dents effleurèrent le point sensible où mon pouls battait.
Puis je me souvins que nous étions chez ses parents, avec sa sœur juste là et sa mère, son père quelque part dans les environs. Je revins à la raison, en le poussant grossièrement.
"Toi. Tu n'arranges pas la situation !" essayai-je de le gronder, même si mes lèvres étaient courbées avec un grand sourire. Il fit un pas vers moi, les yeux chargés de détermination.
"Nu-uh-uh, monsieur," le prévins-je, tenant ma main devant moi en m'éloignant de lui pour attraper mon sac à main et son cadeau dans la voiture, en le gardant en ligne de mire. "Je vais aller trouver ta mère et voir si elle a besoin d'aide. Toi, va chercher les garçons et évite les ennuis."
"Bien," dit-il, puis il ferma la portière arrière de sa voiture et la verrouilla. " De toute façon ce n'est pas amusant d'avoir des ennuis sans toi."
Il prit l'allée qui serpentait autour de la maison jusqu'à l'arrière-cour, pendant que je montai le porche et entrai, allant vers la cuisine. J'y trouvai Rose en train de mélanger une salade mais personne d'autre.
"Salut, Rose," la saluai-je, posant le cadeau d'Edward avec la petite pile de cartes et des articles emballés de couleurs vives sur la table.
"Hé l'étrangère !" répondit-elle, les lèvres souriant malicieusement alors que je m'approchai d'elle et pris une carotte du plateau de légumes. "Est-ce qu'Edward a eu un bon anniversaire jusque-là ?"
"Pourquoi tu me demandes ça ? Va lui demander…" lui dis-je en rougissant, parce qu'en ce qui me concernait, c'était un très bon anniversaire jusqu'à présent et ce n'était même pas le mien.
"Tu es beaucoup plus facile à énerver. C'est plus marrant d'essayer de te faire rougir avec tous ces détails coquins."
"Oui, c'était bien," dis-je, en me raclant la gorge. "J'ai juste dormi, pris mon petit-déjeuner, détente quoi."
"Beaucoup de parties de jambes en l'air ?" dit-elle en riant quand je lui envoyai un petit regard douloureux. "Oh allez, Bells, pas besoin d'être timide. Nous savons tous comment sont les garçons pour leur anniversaire, surtout maintenant que vous avait fait l'amour tous les deux. Et c'était bon à en juger par le sourire satisfait sur ton visage."
"Rose," murmurai-je doucement, jetant un coup d'œil autour de moi pour m'assurer que personne n'était là. Mais elle avait raison. Je ne pouvais littéralement pas m'arrêter de sourire.
"Oh ne t'en fais pas ! Esmée et Alice sont descendues au sous-sol pour prendre plus de bière et les garçons sont tous à l'extérieur," me rassura-t-elle, tout en baissant la voix. "Alors, as-tu de grands projets pour ton homme ce soir ?"
"Je ne sais pas," dis-je en haussant les épaules. "Je n'ai aucune idée de ce qu'Alice a en tête."
"Je ne parle pas de ça…" dit-elle, en levant les yeux au ciel. "Je parle d'après la fête, tu sais. Petite fête privée pour clore la grande fête d'anniversaire."
"Ce n'est pas comme si j'avais quelque chose de prévu, Rose. On ne planifie pas vraiment ce genre de choses, c'est juste que, je ne sais pas…" Je jetai un coup d'œil par la fenêtre de la cuisine et me sentis réconfortée par le fait que les quatre hommes se tenaient en demi-cercle autour du gril, buvant de la bière et bavardant, complètement inconscients de notre conversation. Ce n'était pas tout à fait vrai. Je n'avais pas de 'plans' en soi, mais j'avais un petit quelque chose caché dans mon tiroir dans sa chambre. "Donc oui, probablement, mais ce n'est pas comme si j'avais planifié une grande scène de séduction."
"Vous avez essayé autre chose ?"
"Qu'entends-tu par autre chose ?" demandai-je.
"Comme différentes positions et tout."
"Pas vraiment," avouai-je, en hésitant un instant sur les détails et en décidant finalement que si j'allais m'ouvrir à quelqu'un à ce sujet, c'était Rose. Elle savait de quoi elle parlait et il n'y avait pas ce truc de famille gênant. "Il a toujours été au-dessus. J'étais juste plus à l'aise comme ça, pour que je m'habitue, tu vois ? Je ne sais pas, je veux dire, c'est toujours très bien, donc ce n'est pas comme si je me plaignais ou quoi que ce soit."
"Chérie, même si c'est bon, tu dois te diversifier un peu," dit-elle, en cueillant une tomate cerise dans le saladier et la mettant dans sa bouche. "Ce n'est pas comme si le sexe n'existait qu'en une seule saveur. C'est une variété. Tu dois les tester tous avant de savoir ce que tu préfères."
"Tu marques un point, je suppose," concédai-je, en me levant pour m'asseoir sur le comptoir. "Alors, quoi, juste quand on est au milieu de tout ça..."
"Suis ton instinct, Bella," dit-elle. "Si ça te fait du bien, ça lui fera du bien… Sur cette note, avez-vous déjà essayé... tu sais…"
"Quoi ?"
"Tu vas vraiment me le faire dire ! ?" dit-elle sèchement en levant les sourcils vers moi. "Au milieu de la cuisine d'Esmée, avec le Dr. DILF juste derrière cette porte."
"Comme si tu n'en avais pas déjà dit des trucs… inappropriés, Rose," me défendis-je avec sarcasme. "Tu vas vraiment jouer les timides maintenant ?"
"Bien," marmonna-t-elle, en regardant autour d'elle pour une fois. "As-tu essayé d'aller plus bas ?"
"Hein quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ?" demandai-je, complètement perdue.
"Fellation, Bella !" siffla Rose en soufflant, roulant les yeux à ma lenteur.
"Oh !" m'exclamai-je, à voix haute. Je claquai ma main sur ma bouche avant de chuchoter. "Non. Pourquoi ? Devrai-je ?"
"Eh bien, ce n'est pas vraiment quelque chose que tu devrais ou ne devrais pas faire. C'est une préférence personnelle. Je disais ça comme ça, je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui n'aime pas ça," dit-elle en allant vers le frigo pour sortir la vinaigrette. "Et avec le bon gars ? En fait, ce n'est pas si mal. C'est un peu excitant de voir un mec grand et fort se tortiller à ton contact, tu vois ?"
"Humm," fis-je, d'accord avec elle, bien qu'en réalité je ne le savais pas, mais j'entendis Alice et Esmée qui remontaient les escaliers et je ne voulais vraiment pas me faire prendre en train de parler de tailler une pipe, par la mère de mon copain, peu importe à quel point nous étions proches.
"Juste une suggestion…" gloussa Rose en me faisant un clin d'œil, alors qu'Alice arriva en trimbalant une caisse de bière.
"Quelle suggestion ?" demanda Alice, jetant curieusement un coup d'œil entre Rose et mes joues rougissantes.
"Oh, rien. Je dis juste à Bella qu'elle devrait essayer une recette spéciale pour Edward un jour. Emmett est un grand fan !"
J'avais le visage rouge comme un camion de pompier et j'allais vers le réfrigérateur pour essayer de me cacher et de me rafraîchir les joues. Tandis que j'étais légèrement mortifiée par l'endroit où la conversation avait eu lieu, Rose m'avait certainement donné matière à réflexion. Mais peut-être plus tard. Quand ses parents, frère et sœur ne seraient plus dans le coin.
Le dîner avec les Cullen fut rempli de rires et de conversations, entre des gens qui s'intéressaient vraiment à la vie des autres. Il semblait y avoir une sorte de pacte tacite selon lequel le mariage d'Alice et de Jasper n'était pas un sujet de discussion, étant donné qu'au cours des dernières semaines tout avait tourné autour de l'événement à venir. Mais, avec le mariage dans seulement une semaine, il se glissait dans les discutions de temps en temps.
Il y eut une discussion concernant ce que les gars avaient prévu pendant leur trêve, dU camping dans le nord ou de quelques camps d'été pour les petites équipes de hockey locales. On parla même de mon entrainement et de ce que faisait Esmée. Alice évoqua à nouveau la possibilité de me donner un coup de main avec les costumes. Quelque chose que j'avais décidé de lui laisser faire mais ça attendrait le retour de sa lune de miel au Bahamas.
Vers la fin du repas, la conversation glissa vers le sujet principal de cette fête et des histoires commencèrent à couler sur les anniversaires mémorables d'Edward. Son cinquième anniversaire dont le thème était Batman avec tous les enfants du voisinage et quand Carlisle avait fait son apparition en justicier masqué ça avait terrorisé une petite fille du voisinage. Edward chambra Alice pour son anniversaire qui avait lieu à la piscine, elle avait voulu aider sa mère et transporter le gâteau, elle l'avait laissé échapper et il s'était écrasé par terre. Apparemment Alice n'avait plus jamais été autorisée à toucher un gâteau d'anniversaire depuis.
Ensuite Esmée qui n'était pas censée être au courant raconta la première fête d'anniversaire d'adolescence avec le jeu de la bouteille et sept minutes au paradis, Edward rougit tellement qu'il enfouit son visage dans mon cou, ses épaules tremblant de rire. Et quand Alice mentionna qu'il fallait regarder les albums photos, Edward donna son soutien inconditionnel à Emmett pour que le gâteau soit amené.
Alors qu'Alice et Rose débarrassaient la table, Esmée alla chercher les cadeaux, me passant une boite de bougies pour mettre sur mes cupcakes.
"Oh seigneur," s'écria Alice quand elle les vit. "Ils sont adorables, Bella. Il va les aimer."
"Tiens-toi loin, ouragan Alice," plaisantai-je, la poussant loin du plateau pour plaisanter. "J'aimerai bien qu'ils arrivent à bon port."
J'avais trouvé cette idée il y avait deux semaines en cherchant sur internet. C'était des cupcakes au chocolat avec du glaçage bleu clair, rappelant le bleu naturel de la glace. Sur le dessus j'en avais décoré la moitié avec de petites crosses de hockey et les autres avec de petits palets noirs. Ils n'étaient pas spectaculaires j'espérai seulement que ça le ferait sourire.
Et c'est exactement ce qu'ils firent. Tout le groupe se mit à chanter pendant que je les amenais, illuminé par les bougies. Quand je posai le plateau devant lui, il rit et me tira près de lui, me serrant dans ses bras et embrassant mon front. La chanson s'arrêta et je me mis sur la pointe des pieds pour l'embrasser sur la joue, lui murmurant 'fais un vœu' à l'oreille. Il me sourit et dit "mon vœu s'est déjà réalisé cette année."
Après les cupcakes furent mangés et les cadeaux ouverts, Alice annonça que nous sortions tous les six. Elle avait loué une salle de jeux à proximité, avec un mini-golf, un laser tag et tous les classiques comme le skee-ball et le jeu préféré d'Edward et Emmett le Wacky Gatoir.
Une fois dans l'immeuble ils se dirigèrent directement vers la machine et firent huit parties d'affilée. Leur expression ainsi que leur façon de jouer nous fit beaucoup rire.
Pour le reste de la soirée nous jouâmes comme des gamins, nous précipitant d'un jeu à l'autre.
Nous fîmes une partie de mini-golf et même si j'abandonnais au quatrième trou je les suivis, les applaudissant depuis le banc de touche et les aidant à marquer les points. Après trois rounds épuisants dans la salle laser à deux étages, Edward et moi nous retrouvâmes dans la salle de jeu, finissant la soirée en beauté avec des mini-beignets et une partie de skee-ball pendant qu'Emmett défiait Jasper au basket et Alice et Rose allaient jouer à Dance révolution.
"Alors tu as passé un bon moment ?" demandai-je, faisant rouler paresseusement la balle pour la faire monter le long de la rampe et ratant chacune des cibles.
"Je ne sais pas. Il me reste encore une heure et demie…" sourit-il, en jetant un coup d'œil à sa montre avant de lancer sa prochaine balle, directement dans le trou central.
"Je suis nulle à ce jeu," me plaignis-je, ratant à nouveau mon coup.
"Tout est question de finesse Swan, Allez viens," suggéra-t-il, en me tirant devant lui. "Tu es trop concentrée sur la cible. Tu dois réfléchir davantage à la façon dont tu vas y arriver. Si tu as une bonne prise tout se passera bien." Il ajusta mes doigts sur la petite sphère en bois et la balle roula directement dans le cercle du milieu. "Tu vois ?"
"Hummm," je me retournai, haussant un sourcil vers lui avec humour. "Tu te penses si excitant maître skee-ball ?"
"Je suis chaud Swan. Sports Illustrated l'a dit," plaisanta-t-il, se moquant de ma déclaration antérieure.
"Vraiment ?" rigolai-je, assise sur le bord de la rampe et m'appuyant contre mes mains. "J'ai dû rater ça."
"Maman l'a à la maison," dit-il se penchant pour m'embrasser. "Je vais m'assurer que tu en aies une copie."
"Fais donc ça. Je suppose que c'est captivant" murmurai-je, entre de doux baisers taquins alors que sa main passait sous le tissu pour caresser ma peau.
"Mec, trouve-toi une chambre !" cria Emmett depuis l'autre côté. "Aucun de nous ici ne veut vous voir tous les deux vous peloter sur la rampe du Skee-ball."
Edward et moi nous mîmes à rire pendant qu'il se dégageait et me tendit sa main pour m'aider à me relever alors qu'il essayait de se réajuster discrètement dans son jean.
Avec un sourire sournois je jetai un coup d'œil par-dessus son épaule pour m'assurer que les autres étaient concentrés sur autre chose que nous. Gardant sa main dans la mienne, je le tirai pour pouvoir lui murmurer à l'oreille. "Tu sais il te reste encore une heure et demie et je pourrais encore avoir un cadeau d'anniversaire pour toi." Je glissai ma main libre lentement sur sa cuisse, effleurant le tissu, le sentir durcir à mon contact.
"Putain Bella. Tu vas me tuer…" marmonna-t-il, en luttant pour ne pas grogner alors que ses hanches appuyaient contre ma main.
"J'espère que non," rigolai-je. "Si tu meurs tu ne pourras pas avoir ton cadeau." Poussée par sa réaction et sachant ce que j'avais en tête, je me mis sur la pointe des pieds et pinçai doucement son lobe d'oreille.
"Merde," siffla-t-il. "D'accord je pense que nous sommes prêts pour la nuit, qu'en penses-tu ?"
"Je suis prête à rentrer chez toi," expliquai-je à voix basse, le regardant à travers mes cils alors que mes doigts appuyaient plus sur lui. "Mais je ne pense pas que le sommeil soit sur l'agenda avant un moment."
"Seigneur Bella," grogna-t-il, accrochant ses doigts aux passants de mon pantalon pour m'attirer plus près. "Rosalie a mis quelque chose dans ton verre ou quoi ? Où est passé ma douce petite-amie timide ?"
"Elle est toujours là," gloussai-je, en frissonnant, son souffle chaud caressant mon visage alors que mes doigts se frottaient moqueusement sur sa longueur. "Juste l'ambiance festive. Et la naissance de mon petit-ami incroyablement sexy est certainement quelque chose qui se fête. Totalement," ajoutai-je, le serrant fermement par-dessus son jean.
"Enfin Bella. Tu ne peux pas faire des choses comme ça, la maintenant," grogna-t-il, sa main me saisissant le poignet pour m'empêcher de faire le moindre geste, ses yeux fermés pour arriver à se concentrer. "Je te jure que je suis sur le pont de te prendre sur cette rampe, que mon frère et ma sœur soient maudits…"
"Je suppose que nous ferions mieux de partir alors," suggérai-je, relâchant lentement ma main et posant un léger baiser sur sa gorge. "Je ne voudrais pas que ça se termine comme une anecdote embarrassante à raconter à ton prochain anniversaire."
"Cela pourrait valoir toute une vie d'humiliation," gloussa-t-il douloureusement, essayant de maîtriser sa respiration avant d'ouvrir les yeux et de me regarder, secouant la tête d'amusement et dérouté face à mon comportement inattendu.
Il avait raison d'être surpris par mon comportement, même au cours des deux dernières semaines depuis que nous faisions l'amour j'étais restée un peu timide et réservée, le laissant prendre l'initiative. Cela devait lui sembler étrange que j'agisse soudainement d'une manière si provocante. Je me surprenais moi aussi un peu mais avec Edward je me sentais à l'aise d'exprimer ce que j'avais toujours enterré si profondément sous la surface.
Avec lui je n'étais pas gênée par les sentiments de désir qu'il éveillait en moi ou par le fait que je fantasmais presque constamment sur nos ébats. Ça et ma conversation précédente avec Rose, je me sentais plus audacieuse et capable de reprendre le contrôle pour une nuit. Elle avait eu raison. Voir Edward trembler de désir diminuait complètement toute hésitation que je pouvais encore ressentir en testant de nouvelles pistes avec lui…
Nous dîmes rapidement bonsoir à nos amis, Edward embrassa Alice sur la joue et la remercia pour ce merveilleux cadeau d'anniversaire. Et Emmett nous accompagna de huées enthousiastes jusqu'à la porte.
Quand nous atteignîmes la voiture, Edward me fit reculer, me coinçant contre la surface dure alors qu'il appuyait son bassin contre moi et m'attaquait avec sa bouche. Lorsqu'il fut à bout de souffle il s'éloigna et appuya son front contre le mien.
"Si tu veux que ça dure plus de dix secondes il faut que ça soit la dernière mention à quoi que ce soit de sexuel avant que nous arrivions dans ma chambre et dans mon lit. Compris ?" demanda-t-il. J'opinai car j'avais le vertige à cause de son baiser.
Je m'attendais à un trajet tendu et rempli d'anticipation mais Edward était doué pour tout compartimenter et il maintint une conversation enjouée sur les événements de la journée, me remerciant à nouveau pour mon cadeau.
Il m'avait fallu du temps pour penser à quelque chose mais j'avais finalement trouvé l'inspiration, en ayant vu sa collection de bandes dessinées vintage exposée dans sa salle de jeux au sous-sol.
Après une bonne recherche en ligne et de l'aide de Rose, j'avais été en mesure de trouver un Batman numéro 5 original, la première apparition de la Batmobile, imprimée en 1941. Le sourire étourdi et enfantin qui s'était répandu sur son visage quand il l'avait déballé avait valu chaque centime et chaque moment d'anxiété que j'avais eu pour en arriver là.
J'espérais seulement que l'autre chose que j'avais prévue pour lui serait reçue avec autant d'enthousiasme. Quand nous franchîmes le seuil de sa porte, Edward verrouilla la serrure et juste comme ça, l'amabilité décontractée avait disparu, la passion grandissante reprenant de plus belle.
Cette fois quand il me porta dans l'escalier, mes jambes étaient enroulées autour de sa taille et mes lèvres étaient attachées à sa mâchoire, ses mains m'enveloppant solidement les fesses. A mi-chemin dans l'escalier, il fit une pause, me maintenant contre le mur alors qu'il m'embrassait avec avidité, les mains libres pour errer sur mon corps quand je déchirai sa chemise.
"Chambre," murmura-t-il, nous éloignant du mur et me hissant un peu plus haut sur sa taille. Une fois dans sa chambre, je descendis avant qu'il puisse me jeter sur le lit. J'avais un petit quelque chose en tête et je serai trop distraite s'il me couchait sur le lit.
En l'embrassant, je l'aidai à se débarrasser de son jean, l'arrêtant quand il s'approcha de moi pour attraper l'ourlet de ma chemise.
"Donne-moi une minute, d'accord ?" le suppliai-je, en reculant, en cédant presque à son regard quand il fit la moue à cause de l'interruption abrupte. "Sérieusement, vingt secondes, c'est tout ce dont j'ai besoin."
Il gémit un peu, ses doigts plongeant dans ses cheveux et frottant grossièrement son visage.
"Si c'est plus que ça, je viens te chercher…" prévint-il quand je m'éloignais, en prenant quelque chose dans la commode et disparaissant dans la salle de bains. J'enlevai la plupart de mes vêtements et enfilai le t-shirt avec le symbole de la chauve-souris tendu sur la poitrine. C'était une taille super petite et inappropriée à porter en public mais j'espérais qu'il l'aimerait. Le t-shirt s'arrêtait juste à mon nombril et je laissai une large partie de mon ventre exposée au-dessus du short assorti qui avait le même symbole sur mon bassin. Je relâchai ma queue de cheval. D'après moi, il me restait environ quatre secondes, alors je secouai rapidement la tête, en me regardant dans le miroir pour m'assurer qu'ils avaient l'air ébouriffé. Satisfaite de l'effet, je laissai mes vêtements entassés et j'ouvris la porte.
Il était resté au même endroit, la tête dans les mains mais dès qu'il entendit la porte, ses yeux furent sur moi. Ça aurait été comique la façon dont il se figea mais l'intensité de son regard me fit me mordre la lèvre, trop occupée à essayer de ne pas me frotter les jambes l'une contre l'autre pour soulager la douleur qui s'y accumulait.
Je m'appuyai contre le chambranle de la porte, ne sachant quoi faire. Il était encore comme une statue et je ne savais pas si je devais rester où j'étais ou si je devais aller le voir. Je repoussai mes cheveux qui sont tombèrent sur mon visage et tirai sur le bas de mon t-shirt, un peu gênée.
"Et alors ?" demandai-je, incapable de supporter le silence plus longtemps. La brume de ses yeux se dissipa, ses lèvres firent ce sourire tordu, avec juste une pincée d'espièglerie. Je soupirai de soulagement, mon sourire reflétant le sien quand je traversai la pièce pour le rejoindre.
"Putain, baby," gémit-il, tendant la main pour me prendre les mains, écartant mes bras joints pour voir ma tenue avant de me tirer entre ses jambes pendant qu'il s'asseyait sur le bord du lit. "Tu es comme quelque chose qui sort tout droit de mes rêves mouillés d'adolescent." Je souris mais lui grimaça en se rendant compte de ce qui était sorti de sa bouche, inquiet d'avoir dit quelque chose qui me mette mal à l'aise. Il tira maladroitement sur ses cheveux avant de faire retomber les mains sur lit derrière lui. "Désolé, c'était bizarre, non ?"
"Non. J'aime bien ça en fait," l'assurai-je, désireuse de lui faire prendre conscience de ma confiance retrouvée dans notre relation physique. Je ne voulais pas qu'il s'inquiète de la façon dont je réagirai à ce qu'il choisirait de me dire. Je voulais qu'il soit ouvert avec ses pensées pour que je me sente à l'aise de partager les miennes avec lui. Je reculai juste assez pour pouvoir me pencher et poser un baiser mouillé sur sa mâchoire et lui murmurer à l'oreille. "Tu fantasmes sur moi, Edward ?"
"O-oui-oui," dit-il le souffle coupé et je me réjouis de la sensation de son pouls qui battait sous mes lèvres. Je laissai traîner le bout de ma langue au-dessus de sa clavicule, admirant ses muscles tendus et la vue de ses doigts blanchis là où ils serraient les draps. Il semblait réceptif, encourageant même mon attitude effrontée et je décidai de foncer.
Je levai mon visage pour qu'il soit au même niveau que le sien, l'embrassant une fois avant de prononcer contre le coin de ses lèvres. "Est-ce que tu fantasmes que je te prenne dans ma bouche ?"
Il recula légèrement en arrière, ses yeux s'ouvrirent de surprise, se remplissant de convoitise pendant qu'ils cherchaient les miens.
"Parce que j'en ai envie, Edward…" chuchotai-je, en gardant les yeux sur lui et appuyant un doux baiser sur le côté de sa bouche. "J'ai envie d'enrouler mes lèvres autour de ta ..."j'hésitai un instant, "bite".
"Oh Seigneur !" Il gémit longuement, la tête en arrière, les veines de son cou saillantes. Je décidai de prendre ça pour un oui, en pressant lentement mes lèvres sur sa poitrine je me baissai pour m'agenouiller entre ses jambes, écartant davantage ses genoux. Son estomac tremblait tandis que je traînais ma langue le long de son boxer, suivant le chemin avec le bout de mon doigt avant de l'accrocher à l'intérieur de l'élastique et faire descendre le tissu le long de ses jambes, exposant ainsi son érection.
Honnêtement, je n'avais aucune idée de ce que je faisais mais je me souvins de l'insistance de Rose qui avait dit qu'à peu près n'importe quoi lui ferait du bien. J'espérai qu'elle avait raison et j'essayai de me détendre et de me fier à ce qui me semblait naturel. J'enroulai mes doigts autour de lui, le caressant plusieurs fois sur sa longueur, décidant de commencer avec quelque chose qui m'était au moins un peu familier. Je jetai un coup d'œil pour voir les yeux d'Edward sur moi.
Son regard me rendait sexy, désirable et je ne voulais pas détourner le regard. Donc, avec mes yeux verrouillés sur les siens, je sortis ma langue pour mouiller mes lèvres, jetant un coup d'œil sur sa bite pendant que j'enroulai mes lèvres autour du bout puis je le regardai pendant que je glissai sa longueur dans ma bouche.
"Putain. Oui...Bella, c'est si bon," gémit-il, entre des halètements étouffés. Je passai mes doigts sur ses cuisses, en massant fermement les muscles durs ses cuisses. En les ramenant, je râpai mes ongles contre lui et un violent frisson parcourt tout son corps, sa bouche s'ouvrant d'un gémissement guttural.
Note à moi-même. Les ongles, c'est bien.
Je continuai à lui faire plaisir avec ma bouche, enroulant ma langue autour de sa largeur, le relâchant quand j'étais à court d'air, pour ensuite recouvrir la pointe avec la langue, tourbillonnant autour du bout avant de le prendre plus profondément. Ce n'était pas si mal et il semblait définitivement apprécier.
Ses hanches poussèrent légèrement, presque inconsciemment, contre moi alors que j'essayai de le prendre plus profondément, en m'arrêtant un instant quand je craignais que mon réflexe nauséeux ne se déclenche. M'apaisant une fois de plus pour respirer, je me penchai et posai un baiser bouche ouverte à la base de sa longueur avant de l'engloutir une fois de plus. Il siffla et ses mains plongèrent dans mes cheveux, me surprenant un peu mais me faisant crier de plaisir alors que sa prise se resserrait.
"Ça va ?" grogna-t-il, en me massant le cuir chevelu avec ses doigts, serrant mes mèches.
"Mmm…" ronronnai-je, le sentant trembler. Ses mains restèrent solidement ancrées dans mes cheveux pendant que je travaillai toute sa longueur avec ma bouche, sans pousser ni forcer, sans retenue, simplement en suivant le rythme que j'avais fixé. Je le sentis palpiter contre ma langue et me demandai s'il allait tenir encore longtemps.
Je n'eus ma réponse qu'un moment plus tard, lorsque sa prise sur mes cheveux se relâcha, le flux sanguin revenant dans mon cuir chevelu. Sa main me soulagea de sa longueur puis il me tira sur lui alors qu'il tombait sur le lit, passant rapidement mon t-shirt au-dessus de ma tête pour me caresser les seins.
"Aussi incroyable que cela puisse être…" murmura-t-il contre mes lèvres, sa langue s'emmêlant avec passion avec la mienne alors que ses mains se déplaçaient au-dessus de ma colonne vertébrale, poussant ma culotte le long de mes hanches pendant que je me tortillais pour l'aider à l'enlever. "… je ne viendrai qu'une seule fois avant minuit et je veux que ce soit à l'intérieur de toi."
Il mit sa main entre mes jambes et glissa un doigt en moi, nos gémissements transperçant l'air car j'étais déjà mouillée et prête pour lui. Il se redressa un peu plus sur le lit, avec moi à cheval sur lui. Ouvrant le tiroir de sa table de chevet, il fouilla un peu, récupérant le petit paquet en aluminium, le déchirant avec empressement avec ses dents pendant qu'il continuait à caresser mon centre, tournant autour de mon clito et hâtant mon propre éveil tout en enfilant le préservatif de l'autre main. Eloignant la main, ses doigts immobilisèrent mes hanches, me serrant contre lui jusqu'à ce que je sente sa longueur glisser contre moi. Je fermai les yeux, savourant la sensation de lui en moi, mon sang pulsant déjà d'anticipation.
Ses doigts relâchèrent leur prise et ses mains coururent le long de mon torse pour prendre mes seins en coupe. Il releva son buste pour prendre mon mamelon dans sa bouche, son souffle lourd contre ma peau. Sa langue fit des cercles sur le mamelon et mes hanches continuaient à se relâcher sur les siennes, touchant toute sa longueur pendant que je gémissais à cause des glorieuses frictions que cela provoquait.
"Bella ?" souffla-t-il, soulevant ses lèvres de ma peau en levant la main vers ma joue.
"Oui…" soupirai-je, en regardant profondément dans ses yeux vert foncé, et le voyant se pencher lentement vers l'arrière jusqu'à ce qu'il soit couché à plat sur le lit pendant que je restai au-dessus de lui.
"Je te veux comme ça," chuchota-t-il, ses mains caressant mes épaules puis la courbe de mon dos jusqu'à ce qu'elles reposent sur mes hanches. "C'est d'accord ?"
A ce moment-là, je lui aurais donné tout ce qu'il demandait mais ce n'était pas difficile de lui céder. Je hochai la tête, poussant une fois de plus contre lui avant qu'il ne me soulève suffisamment pour se stabiliser à mon entrée, s'enfonçant lentement en moi.
Comme d'habitude Il me fallut quelques instants, pour m'adapter, même si à chaque fois c'était un peu plus facile. Il était toujours patient, immobile, ses doigts m'apaisaient jusqu'à ce que j'ouvre les yeux, lui assurant que j'étais prête à continuer.
C'était différent d'être sur lui. A chaque fois que nous étions ensemble comme cela, c'est lui qui déterminait le rythme et je me rendis vite compte qu'il serait presque impossible pour lui de le faire dans notre position actuelle. Ses mains restèrent à mes hanches et ses mouvements apaisants devinrent encourageants alors que je me penchais, posant mes mains sur sa poitrine. Je balançai mon bassin contre lui, lentement au début alors que je m'habituais aux nouvelles sensations de cette position puis plus avidement. Alors que j'adoptai un rythme plus régulier, ses mains quittèrent mes hanches pour me caresser les côtés, atteignant mes seins pour les saisir alors que ses poussées correspondaient aux miennes.
Le bout de ses pouces effleura mes mamelons puis il remit ses mains sur mes hanches, arrêtant mon mouvement et me tenant fermement en place, sa longueur totalement enfoncée en moi. Ses yeux étaient fermés et sa respiration difficile alors qu'il s'asseyait, le mouvement touchant un endroit différent en moi, me faisant geindre de plaisir. Nos visages étaient face à face et ses mains commencèrent à guider mon corps de bas en haut sur sa queue, ses lèvres s'accrochant désespérément aux miennes, nos torses pressés l'un contre l'autre alors que le rythme reprenait, accélérant, me conduisant à mon plaisir et je l'espérais au sien, pour atteindre notre paroxysme ensemble. Ses bras étaient enroulés autour de moi et je me sentis partir. Trois poussées rapides et inégales plus tard Edward me suivit, son visage enfoui dans mes cheveux et un gémissement vibrant sur mon cou.
Je restai assise là, maintenue en place par sa prise ferme, immobile sauf le mouvement de ma poitrine alors que j'essayai de respirer et qu'un frisson occasionnel me parcourait. Ses mains commencèrent à traîner paresseusement dans mon dos, ses doigts jouant sur les légères bosses de ma colonne vertébrale. Après quelques minutes, il inspira longuement et embrassa mon cou avant de m'éloigner de lui. Il ne bougea pas de plus de quelques centimètres pour jeter le préservatif dans la corbeille à papier près de son lit, avant de se rallonger avec moi, nos jambes enchevêtrées et nos visages proches.
"Il est minuit une," murmura-t-il, avec un sourire satisfait. "Le meilleur anniversaire de ma vie."
⁂
Pendant la semaine qui précéda le mariage, le temps passa vite. Le dimanche après-midi Rose et moi avions aidé Alice à emballer ses affaires. Cela avait été amusant d'entendre les histoires sur tous les petits bibelots qui garnissaient ses étagères. Passer dans son placard avait été une aventure épique. Elle avait toujours les vêtements de la décennie précédente, refusant de s'en séparer, insistant sur le fait que certains reviendraient à la mode. Un jour. Les robes de fin d'année, les uniformes de pom pom girls, les vieux pulls de hockey de Jasper. Les annuaires scolaires, des peluches, un dossier de projet d'école, des papiers et des bulletins de notes qu'Esmée lui avait transmis. Tout fut rangé dans des cartons pour être transporté dans leur nouvelle maison. Pour le moment Rosalie resterait seule dans leur appartement.
Le mardi après-midi, Alice et Jasper partirent pour le nord s'occuper de certains détails de dernière minute et se détendre puis Esmée et Carlisle le lendemain. Emmett, Edward, Rose et moi y allâmes ensemble le jeudi soir après que Rose eut fini ses heures et moi mon entrainement.
Les trois heures de route pour atteindre le chalet des Cullen sur Bay Lake passèrent rapidement entre les parties entraînantes d'I Spy et le jeu des plaques d'immatriculation. A chaque fois que nous approchions d'un tunnel Emmett exigeait que tout le monde retienne sa respiration pendant toute la longueur ou nous aurions de la malchance et nous verserions dans le fossé.
Lorsque nous empruntâmes le petit chemin qui menait au lac je fus étonnée de voir à quel point quelques kilomètres pouvaient faire la différence passant de la ville animée au pays immobile. Dehors l'air était frais et sain, le cadre calme et on entendait le bruissement de la bise dans les arbres environnants. Jusqu'à ce qu'Alice arrive pour nous accueillir.
Je n'aurai pas dû être surprise par le chalet surtout après avoir vu leur maison en ville mais cela m'étonnait toujours. Pour moi, un chalet évoquait de minuscules cabanes en bois avec deux pièces qui servaient surtout à ranger tout ce dont vous aviez besoin au bord du lac.
Le chalet était en bois mais c'est à peu près tout sur quoi j'avais raison.
Au départ j'étais un peu confuse des raisons pour lesquelles Alice avait choisi cet endroit pour célébrer son mariage puisqu'elle semblait être citadine jusqu'au bout des ongles. C'est là que Jasper et elle s'étaient rencontrés pour la première fois lorsque les gars l'avaient emmené avec eux pendant un long week-end après son arrivée dans l'équipe. Je comprenais la valeur sentimentale qu'ils y accordaient mais avant de le voir je ne pouvais pas comprendre pourquoi elle l'avait choisi alors qu'il y avait aussi de très beaux endroits en ville. Le chalet était comme un vieux château au milieu d'une terre paisible.
Alice me fit faire le tour avec excitation, m'expliquant où les choses allaient se dérouler pour le mariage et me faisant profiter de ses souvenirs de quand elle était enfant, adolescente et adulte. Elle me montra un petit coin de gazon derrière une colline herbeuse. Cela aurait été impensable pour n'importe qui d'autre mais pour Alice c'était l'endroit où Jasper et elle s'étaient embrassés pour la première fois et où ils se verraient pour la première fois le jour de leur mariage. Au lieu d'attendre la cérémonie ils avaient décidé de s'accorder un moment privé puis de faire les photos avant l'arrivée des invités afin de ne pas avoir à quitter la fête ensuite.
En me promenant je me sentais parfaitement en paix. Le chalet lui-même était énorme, deux niveaux surplombant le magnifique lac bleu clair. Des arbres majestueux poussaient partout mais il y avait beaucoup de grandes étendues de gazon et de fleurs dont l'une se trouvait près de la maison et serait utilisée pour la réception.
En bas d'un escalier raide il y avait un grand ponton au-dessus de l'eau, avec un bateau et deux jet-skis.
Quand nous eûmes fini de visiter les lieux elle me ramena à la maison. L'intérieur était élégant et chaleureux ce qui était clairement le cas d'Esmée. Trois chambres à l'étage plus une au rez de chaussée. Quand nous arrivâmes les gars avaient déjà rentré nos bagages et s'étaient éparpillés dans la maison. Emmett était là-haut déjà prêt pour la baignade. Et en courant vers la porte il se mit à appeler Edward et Jasper en leur disant de bouger leurs culs paresseux. C'est Edward qui apparut ensuite, s'arrêtant tout juste pour m'embrasser et me dire d'enfiler un maillot avant de se précipiter dehors, suivi de près par Jasper qui essayait de le retenir alors qu'ils sortaient. En moins d'une minute les trois garçons étaient arrivés sur le quai et avaient sauté dans le lac.
"Rien ne change jamais !" rit Esmée, en regardant affectueusement les garçons par la fenêtre. "Tu devrais aller te changer et profiter. Et fais un double nœud si tu as des attaches parce qu'Emmett ne peut jamais résister à une proie facile. " Elle rit et me tapota le bras avant d'aller à la cuisine pendant que nous cherchions nos maillots.
"Alice !" appelai-je, quand j'eus fini de fouiller dans mon sac. Elle passa sa tête par la porte, déjà vêtue de son bikini rose vif et tenant une serviette. "Enfer qu'est-ce que c'est que ça ?" demandai-je, en agitant un petit bout de tissu bleu.
"Ton nouveau maillot ! Considère-le comme un cadeau pour être une de mes demoiselles d'honneur."
"Comment tu as pu faire ça ? Je n'ai fait les bagages qu'hier et tu étais déjà ici."
"Rose," couina-t-elle. "Change-toi Bella, tu perds un temps précieux."
Je fis comme elle me le demandait, grommelant et attachant fermement ma serviette pour me couvrir. Il n'était pas question que j'aille jusqu'au lac en ce qui ressemblait à des sous-vêtements. En descendant dans la cuisine pour retrouver Alice et Rose elles ricanèrent et secouèrent la tête alors que je les regardais, tirant encore un peu plus la serviette et faisant glisser mes lunettes de soleil sur mes yeux.
Une fois que nous fûmes près de l'eau, Rose abandonna ses sandales et sa serviette sur la balustrade et fit un beau plongeon depuis le quai. Alice fut un peu plus prudente, trempant d'abord son pied dans l'eau pour tester la température et descendant par l'échelle pour patauger, jetant un regard vers les garçons pour s'assurer qu'ils n'allaient lui faire aucune farce avant qu'elle soit dans l'eau.
Je m'attardai en arrière espérant qu'ils soient tous suffisamment distraits pour que je puisse me débarrasser de ma serviette et me mettre sous l'eau avant que quiconque puisse me voir. Pas de chance. Chacun me fit signe de les rejoindre. Alors que j'hésitais encore je ne pus m'empêcher de réaliser à quel point il était ridicule d'être si prude. Je pouvais me produire devant des millions de gens mais je ne pouvais pas facilement déposer ma serviette devant cinq personnes qui me connaissaient mieux que quiconque ? En roulant des yeux je laissai tomber et accrochai ma serviette près de celle de Rosalie, puis vérifiai que les nœuds du maillot tenaient bien avant de marcher jusqu'au bout de la plate-forme.
"Alors Babybel, tu vas être une poule mouillée comme Alice et prendre le chemin le plus sûr ?" rit Emmett, en enfonçant sa sœur sous l'eau maintenant qu'elle était rentrée toute seule.
Je lui envoyais un regard menaçant avant de reculer de quelque pas puis de courir pour m'élancer, atterrissant au milieu d'eux, les submergeant tous.
"OHOH," salua Emmett, quand je remontai à la surface en m'offrant son poing. "Tu sais pour une si petite chose tu as un bon impact."
Jusqu'à ce que le soleil soit bas sur l'horizon nous restâmes au bord de l'eau. Alice vérifiait l'écran solaire toutes les demi-heures et quand Emmett et Rose ont commencé à se chercher sur le quai Alice leu cria, "Alors fais gaffe Emmett si ma demoiselle d'honneur a un œil au beurre noir, tu paieras pour devoir faire photoshopper toutes les photos de mon mariage."
En réponse il rit fort tout en jetant Rose à l'eau avant de se tourner vers Alice. Il la prit sur son épaule et dit " Chill Bridezilla," avant de la jeter par-dessus bord après Rose.
Ils avaient aussi sorti les jet ski et je m'étais vraiment amusée quand Edward m'avait emmenée pour mon premier tour. Il m'avait même laissé conduire au milieu du lac. Je refusai d'y aller avec Rose ou Emmett après avoir vu certaines de leurs cascades. Quels fous !
A moment donné Jasper et Alice étaient partis faire un tour au bord du lac et Rose et Emmett étaient rentrés à la maison pour prendre un verre et se mettre à l'ombre quelques instants. Edward et moi flottions paresseusement dans l'eau, sur le dos, nos doigts se touchant.
Je dérivai les yeux fermés pendant que l'eau me berçait doucement. Puis sorti de nulle part quelque chose pinça mes fesses sous l'eau et je criai alors que j'essayai de m'éloigner rapidement. Mes yeux scrutèrent l'eau alors que mon cœur battait la chamade jusqu'à ce que je voie Edward à côté de moi, l'expression espiègle.
"Espèce d'idiot," m'écriai-je, en riant alors que je le rejoignais quelques instants plus tard.
"Je suis désolé, Bella," dit-il en m'enveloppant de ses bras, bien que sa voix ne soit pas du tout désolée. "Je n'ai pas pu m'en empêcher."
"Je pensais qu'il fallait que je sois sur mes gardes avec Emmett, pas avec toi…" dis-je, en simulant l'irritation, en tapant le doigt sur sa poitrine.
"Tu sais, Emmett n'est pas le seul ici qui sait comment s'amuser," dit-il, en agitant les sourcils vers moi alors qu'il me tenait, en pédalant dans l'eau pour nous maintenir tous les deux.
"Je n'ai jamais cru qu'il l'était."
"Oui, mais je pense que tu pourrais être un peu plus convaincante," dit-il en souriant malicieusement et commença à nager vers le ponton en saisissant le bord avec ses mains pour contourner le moteur du bateau à la nage avant de nous propulser doucement dans l'espace vide entre les flotteurs métalliques qui maintenaient le ponton à flot.
Une fois que nous fûmes dans l'endroit ombragé et privé, il se pencha vers moi pour m'embrasser, la peau mouillée et fraîche à cause de l'eau, ses cheveux gouttant de temps en temps sur ma joue pendant que nos langues se rencontraient. Mes jambes étaient verrouillées autour de sa taille. C'était peu profond pour qu'il puisse se lever, bien qu'il doive s'accroupir pour éviter de se cogner la tête contre le plancher du bateau.
Ses mains caressaient avidement ma poitrine, tassant le tissu mouillé sur le côté, m'exposant ainsi pour pouvoir plus facilement caresser ma peau nue.
"Je ne t'ai pas encore dit à quel point tu es sexy dans ce maillot…" murmura-t-il, ses lèvres tombant sur ma clavicule et ensuite plus bas contre ma poitrine. Mon corps s'inclina inconsciemment jusqu'à ce que je flotte pratiquement sur le dos avec Edward planant au-dessus de moi alors que je m'arquais dans son toucher.
Juste au moment où je commençai à perdre toute idée de l'endroit où nous nous trouvions, un bruit fort et rapide retentit autour de nous. Edward se leva et se cogna la tête contre le bateau, jurant et se frottant la tête, le visage renfrogné. "Merde, Emmett !"
"Rien de tel qu'un bon vieux Shivaree, Eddie !" gloussa Emmett, du quai de l'autre côté du flotteur métallique. Je m'empressai de remettre mon haut, reconnaissante qu'il n'ait pu rien voir même s'il avait évidemment déduit où nous étions et ce que nous faisions.
"Garde ça pour les jeunes mariés ce week-end. Je vais avoir une putain de bosse de la taille d'une balle de softball sur ma tête," cria Edward, en retour quand je lui jetai un regard compatissant et tendis mes doigts pour frotter tendrement l'endroit où il avait cogné. Il fit la moue et on entendit Emmett se jeter à l'eau et le jet ski avec Alice et Jasper s'approcher rapidement, avant de pencher la tête vers le bas pour la poser sur ma poitrine pendant que j'embrassais la bosse et continuai à frotter doucement avec le bout de mes doigts.
"Tu sais, ça ne me dérangerait pas d'être blessé si tu es toujours là pour embrasser ma blessure et faire que ça aille mieux," soupira-t-il, en me serrant la poitrine pendant un moment. Je ris légèrement avant de le câliner une fois et de suggérer de sortir de là, avant qu'Emmett ne décide de jouer au requin et s'en prenne à nous.
Vers l'heure du dîner, Esmée et Carlisle vinrent nous rejoindre avec une glacière et un sac rempli de frites et de sandwichs. Nous montâmes sur l'embarcation pendant que Carlisle nous baladait sur le lac pour un dîner croisière.
Après une longue et épuisante journée au soleil et sur l'eau, Edward et moi, nous effondrâmes dans l'une des chambres à l'étage, nous endormant directement, lui blotti contre mon dos.
Le lendemain matin, Alice nous enleva Rose, Esmée et moi pour une journée complète d'embellissement au spa dans la ville voisine. C'était vraiment sympa, étant donné qu'on était pratiquement au milieu de nulle part. Apparemment, les veuves de pêcheurs avaient besoin d'un petit quelque chose pour les garder occupées.
Nous étions rentrées au chalet juste à temps pour nous préparer pour la répétition et à partir de là, tout était bien chargé, chargé, chargé. Après une répétition en douceur et un dîner en famille, Alice annonça que les garçons étaient bannis de la maison principale pour le reste de la nuit. Le chalet était réservé aux filles jusqu'à ce qu'elle et Jasper puissent se voir l'après-midi suivant.
Au début les gars s'étaient tous plaints de devoir dormir dans le chalet d'invités mais Emmett, comme toujours, avait vu le bon côté des choses et avait crié que le premier au chalet avait la couchette du haut. Jasper et lui s'enfuirent sur la colline, Jasper criant après lui que c'était son mariage et qu'il devait être celui qui choisissait le couchage. Edward resta en arrière, pour me souhaiter bonne nuit et me convaincre de m'éclipser et de le retrouver plus tard. Alice l'attrapa et le poussa dehors pendant que je lui lançai un regard d'excuse en lui souhaitant bonne nuit.
Toutes les trois, et même Esmée pour une courte période, campâmes dans le salon avec des oreillers, du popcorn, des Cosmopolitans et un DVD de la série Sex and the City. Il ne me fallut que deux épisodes pour devenir complètement accro, trouvant la série à la fois divertissante et éducative. Esmée fila au lit après nous avoir toutes embrassées sur le front, en nous rappelant que demain serait une journée très chargée et de ne pas veiller tard.
"Les filles…" chuchota Alice.
"Hmm ?" murmurâmes-nous, Rose et moi, au bord de l'inconscience.
"Je me marie aujourd'hui !"
Nous gloussâmes et Rose l'envoya au lit, sinon elle aurait des poches sous les yeux.
"Je vous aime," soupira Alice pendant qu'on s'endormait. "Vous êtes les meilleures amies qu'une fille puisse avoir."
Je n'aurais pas pu être plus d'accord avec elle.
⁂
Le lendemain matin, il y eut beaucoup d'activité. Partout où je regardais, il y avait des gens. Ceux qui montaient la tente de réception dans une clairière à la limite des arbres, des chaises en bois blanc dépliantes furent alignées en rangées ordonnées au bord du lac. Les fleuristes travaillaient sur l'arche qui se tiendrait au-dessus de l'autel, en attendant que l'espace de réception soit aménagé de façon qu'ils puissent aligner les tables avec leurs arrangements élaborés.
Je vis à peine Emmett, Edward, Carlisle et Jasper près de la tente de réception, en train de travailler dur pour accrocher les lanternes en verre dans les arbres, bien qu'il semble qu'Emmett se concentre davantage à distraire les des autres et bousculer les échelles sur lesquelles ils étaient perchés, ce qui donna lieu à une bagarre amicale.
"Bella Swan, éloigne-toi de la fenêtre," ordonna Alice de son siège à la table de la cuisine, où elle était assise.
La coiffeuse travaillait dur pour boucler ses cheveux et ajouter les extensions. "Je te jure, tu es la fille dans la relation, tu es censée être celle qui a le pouvoir de la volonté."
"Je n'y peux rien," gloussai-je, en prenant le siège en face d'elle et en sirotant mon café. "Il est tellement mignon."
"Je suppose que je partage ton avis, vu que nous partageons la même génétique. Donne-moi un coup de ça, tu veux ?" demanda-t-elle, tendant la main vers ma tasse. "Je crois qu'on a regardé un épisode de trop hier soir."
"Oh, Alice, une fois que ton adrénaline aura monté, tu ne penseras même plus à être fatiguée," dit Esmée de là où elle était, appuyée contre le comptoir.
"Ouais, dès qu'on t'aura ligotée dans cet engin que tu appelles une robe, tu auras probablement assez l'énergie pour courir cinq kilomètres," gloussa Rose.
"Vous y croyez, les filles ? Je n'ai pas l'impression que c'est vraiment en train d'arriver…" soupira Alice, rêveusement "Je sais juste que tout va être parfait."
En regardant son expression exaltée, je savais qu'Alice ne parlait pas des détails de la journée. Peu importait que certaines choses soient en retard ou que l'ourlet de sa robe blanche ne soit plus aussi blanc, l'important c'est qu'à la fin de la journée, elle et Jasper se marieront, entourés de leur famille et de leurs amis.
La matinée se transforma en début d'après-midi et nous réussîmes finalement à lacer Alice dans sa robe pendant que le photographe commençait à prendre des photos discrètement. Esmée, vêtue de sa parure de mère de la mariée, posa soigneusement le voile sur la tête d'Alice pendant qu'elles partageaient toutes les deux un moment de tendresse et les larmes de bonheur. Je ne pus m'empêcher de regretter que ma propre mère certainement ne ferait pas la même chose pour moi quand mon jour arriverait. Mais je ne m'y attardais pas. La tristesse n'avait pas sa place dans un si beau moment.
Rose et moi nous enfilâmes rapidement nos robes. J'avais eu raison d'estimer que Rose serait magnifique et en enfilant le satin lisse de ma robe, je me sentais vraiment capable de me tenir à côté d'elle. La robe était beaucoup plus discrète, mais avec le 'v' qui plongeait sur le devant et sur le dos, je me sentais élégante et séduisante, surtout avec mes cheveux en vagues dans le dos et mon cou exposé.
Nous nous entraidâmes avec nos accessoires et laquâmes une dernière fois nos cheveux. Rose prit la traine d'Alice pendant que je pris nos bouquets pour aller dehors et envoyer la mariée rencontrer son marié. Nous l'accompagnâmes jusqu'à ce qu'on puisse distinguer Jasper attendant devant nous, puis nous nous éloignâmes pour les laisser seuls un moment. On riait toutes les deux quand je sentis quelque chose chatouiller le bout de mon nez et en me retournant je vis Edward, me souriant, l'air complètement fringant dans son smoking noir, la soie verte de sa cravate et sa pochette carrée assortie à ma robe et à un petit bouton blanc épinglé sur son revers.
"Hé !" soufflai-je, en manquant de faire tomber mes fleurs en oubliant que je les tenais et quand j'essayai de le toucher. Il les rattrapa facilement et me les rendit en me faisant un clin d'œil malicieux. "Merci," chuchotai-je, rougissant de l'effet qu'il avait sur moi.
"Crois-moi, Swan. Tu n'es pas la seule à être ébloui," sourit-il en prenant ma main libre et me faisant tourner. "Je ne pensais pas qu'il soit possible que tu puisses être plus belle," dit-il, me tirant tout près pour un baiser. "Mais à chaque fois, tu me coupes le souffle."
Je lui répondis en souriant, en l'embrassant une fois, avant de me pâmer dans ses bras en flirtant. "Non, je vais m'évanouir…" soupirai-je, en imitant Scarlett O'Hara.
Il sourit en réponse, son visage se déformant un peu en essayant d'imiter Clark Gable. "Je veux que tu t'évanouisses. C'est pour ça que tu aies faite," fit-il lentement avant d'approcher ses lèvres pour m'embrasser passionnément une fois de plus.
"Un homme qui peut citer Autant en emporte le vent il faut le garder," rigola Rose, à côté de nous. Je rougis en réalisant à quel point il était facile de tout oublier tout autour de nous. "Tu devrais prendre exemple sur ton frère là-bas, Grand Homme."
"Non," se moqua Emmett. "Il semble que je me sois bien débrouillé seul. En plus, ça aurait semblé stupide venant de moi. C'est Eddie qui a de la douceur dans cette famille."
Rose souffla, passant son bras sous celui d'Emmett alors qu'Edward m'enveloppait du sien. Nous attendîmes qu'Alice et Jasper émergent, revenant quelques minutes plus tard avec un très grand sourire.
Pendant le reste de l'après-midi nous nous promenâmes alentour avec le photographe, cédant à toutes les idées d'Alice. Nous devions être de retour à trois heures pour les photos officielles de famille et nous y arrivâmes quelques minutes à l'avance, passant sur le rang devant alors qu'Alice inspectait chaque détail.
"Je reviens tout de suite," annonçai-je, en posant mon bouquet sur la chaise vide à côté d'Edward. "Il faut que je boive. Quelqu'un veut quelque chose ?" Les autres refusèrent et je me tournai pour rejoindre le chalet.
"Ne sois pas trop longue, Bella," me cria Alice. "Nous allons commencer nos photos de famille parce que la famille de Jasper a pris du retard. Quoi ? Jazz ne fais pas comme si ce n'était pas le cas…"
Je jetai un coup d'œil en arrière. "De quoi tu parles Alice ? Je pensais que nous avions déjà fait les photos du mariage."
"Oui. Les photos de famille Bella. Une fois que papa et maman auront terminé ils devraient venir ici pour que nous puissions les faire. Hé, si tu les vois à la maison peux-tu leur dire que nous sommes prêts ?"
"Ouais bien sûr…" marmonnai-je, me détournant et me dépêchant d'y aller. A l'intérieur je passai par l'escalier pour contourner la foule de traiteurs qui s'étaient emparés de la cuisine et me précipitai dans la chambre à l'étage où j'avais dormi avec Edward, faisant claquer la serrure derrière moi alors que l'émotion menaçait de me submerger.
Famille ?
C'est vraiment ce que pensait Alice.
Cela pouvait sembler aussi simple qu'une photo mais un portrait de famille semblait si permanent. Ce serait quelque chose qu'ils contempleraient dans cinquante ans quand Alice et Jasper célébreraient leurs noces d'or. Quand ils la regarderaient ce jour-là je serais là avec eux, figée dans le temps. Les Cullen semblaient si soudés. La famille était évidemment de la plus haute importance pour eux. Je ne pensais pas qu'ils me demandent d'en faire partie s'ils pensaient que je n'étais qu'une présence éphémère et diraient un jour très loin dans le futur : "C'était quoi son nom déjà. Tu te souviens ?"
Ça ne me surprenait pas qu'ils aient demandé à Jasper et Rose. Evidemment Jasper entrait légalement dans la famille et dans le cas de Rose et Emmett ça ne semblait être qu'une question de temps. Mais je ne les connaissais que depuis quelques petits mois. Me voyait-il comme quelque chose de vraiment permanent ?
Au dîner de répétition j'avais rencontré les Hale, les parents de Jasper et Rosalie. Ils étaient polis, tendus. Leur père était froid et ne se mélangeait pas beaucoup aux autres et ils étaient partis immédiatement après le dîner. Leur mère paraissait triste et il était évident qu'elle ressentait encore des choses pour son ex-mari, bien que ça fasse une décennie qu'ils étaient divorcés. Voir combien Jazz et Rose étaient différents de leurs parents était très éclairant. Il était évident qu'ils avaient fleuri par eux-mêmes et finalement trouvé leur vraie place près des Cullen. M et Mme Hale les avaient conçus mais les Cullen étaient leur vraie famille.
Pourrait-il en être ainsi pour moi ?
J'allai vers la fenêtre et je pouvais les voir en bas. Rosalie arrangeant le voile d'Alice, Jasper, Emmett et Edward ensemble en train de rire, Carlisle et Esmée à côté d'eux, leurs bras enlacés tout en regardant leurs enfants avec fierté et affection.
Je voulais que ce soit pareil pour moi. Je voulais être sur cette photo et je commençai à croire que j'avais une place ici.
Je regardai le photographe les rassembler, positionnant chaque personne alors qu'Edward regardait s'il me voyait quelque part, bientôt rejoint par Alice. Je reculai de la fenêtre ne voulant être prise.
"Babybel !" hurla Emmett. "Ramène tes fesses ici, fille. Vite allez !"
"Langage, Emmett !" gronda Esmée. Je portai mes doigts à mes lèvres pour essayer de contenir mon sourire alors que je me précipitai dehors pour les rejoindre.
Ma famille.
⁂
Dès que les photos furent finies, Alice renvoya les gars où ils devaient attendre le début de la cérémonie alors que nous allions nous cacher pour l'arrivée des invités. Je n'eus même pas le temps de dire un mot à Edward avant que nous soyons séparés et ça devrait attendre la fin de la cérémonie.
Très vite toutes les chaises furent occupées et le prélude se termina tandis qu'Esmée donnait un dernier baiser sur la joue à Alice et qu'elle se dirigeait là où elle devait être. Carlisle resta avec nous, escortant sa fille et se mit dans la file d'attente.
Tandis que la musique changeait, j'embrassai Alice et lui souhaitai bonne chance. Rose me fit un clin d'œil et me taquina en me disant de ne pas trébucher sur les pétales de roses.
Je surveillai mes pieds pendant la première moitié de mon parcours dans l'allée, nerveuse à l'idée de le faire avant de réaliser que cela semblait probablement ridicule pour la foule de gens rassemblés là. Quand je levai les yeux, je trouvai immédiatement ceux d'Edward à côté d'Emmett et il était radieux.
Je gardai les yeux sur lui tout le long de l'allée, mes pieds stables et je pris ma place, lui faisant un rapide clin d'œil. Je remarquai que Rose venait à côté de moi alors que la musique retentissait et que l'assemblée se levait.
La cérémonie fut magnifique, les arbres majestueux qui nous entouraient, nous offrant des bouts de lac bleu entre leurs troncs. Je regardai les gens dans la foule, les familles, les couples, des gens qui allaient s'engageaient comme Alice et Jasper le faisaient, certaines peut-être plus d'une fois, certains qui avaient rompu cet engagement et d'autres qui ne le feraient jamais. Je regardai Esmée et Carlisle observer leur fille prononcer ses vœux, leurs mains jointes et posées sur le genou de Carlisle. Elle frottait son alliance et il tendit la main pour toucher la sienne avec un doux sourire, se souvenant probablement du jour où ils se l'étaient passée.
Jasper et Alice répétèrent les mots de l'officiant, les vœux traditionnels qui avaient été répétés par de très nombreux couples au cours des siècles. Alors qu'ils s'engageaient à s'aimer, s'honorer, se chérir l'un l'autre, mes yeux croisèrent ceux d'Edward de l'autre côté de l'autel et je fus instantanément fascinée.
Dans ses yeux je pouvais voir un mariage différent dans un endroit et à un moment différent. Là ce serait moi qui porterais la belle robe blanche et Edward qui attendrait à l'autel. Ce seraient nos mains qui seraient jointes et nos voix qui prononceraient ces mêmes vœux. Ces mots qui bien que prononcés par des millions d'autres, paraissaient complètement uniques parce qu'ils n'avaient jamais été dits auparavant. Ce seraient nos vœux et ceux de personne d'autre.
Je réalisai que c'est ce que je voulais plus que tout. Je voulais voir ce jour devenir réalité pas juste dans ma tête. Peut-être pas tout de suite mais un jour. Peu importe que mon genou lâche ou que je ne fasse pas partie de l'équipe olympique. Peu importe que ma mère ne me parle plus jamais. Tout ce qui importait c'était lui. Les Cullen étaient ma famille mais plus que ça, je voulais qu'Edward soit ma famille. A moi. Pour toujours. Tout comme je voulais être la sienne.
Mille souvenirs passèrent devant mes yeux du moment où je l'avais vu à l'aéroport et ensuite à la patinoire, notre premier baiser et la façon dont il m'avait raccompagnée à la maison après. La façon dont son visage s'était éclairé quand enterré dans un banc de neige, je lui avais demandé pour notre premier rendez-vous. La couleur de ses yeux la première fois où je l'avais sentis bouger en moi et comment était sa voix quand il m'avait murmuré "Je t'aime" pour la première fois.
Ma respiration se coupa alors que ma vision devenait parfaitement claire comme si le brouillard n'avait jamais été là.
Je le regardai et vis finalement que j'étais amoureuse de lui. Il n'y avait pas de doute, pas de question, aucune hésitation.
J'aimais Edward.
Des larmes remplirent mes yeux alors que la découverte me comblait, chaque fissure et chaque entaille qui avait éraflé mon cœur s'apaisa quand je réalisai qu'il était tout ce qui comptait. Tant qu'il m'aimait, moi je l'aimais, je n'aurais jamais besoin d'autre chose. Alors que la première larme tombait sur ma joue, son front lisse se plissa pendant qu'il murmurait : "Tu vas bien ?"
Je hochai la tête et lui fis un sourire larmoyant quand ma lèvre inférieure trembla. Maintenant que je le savais, je ne voulais pas perdre un instant de plus sans lui dire. Alice et Jasper échangeaient les alliances, il ne leur restait que quelques minutes avant qu'ils soient proclamés mari et femme et qu'Edward m'escorte dans l'allée.
Mais même ces quelques minutes étaient trop longues.
Alors, les yeux fermement fixés sur lui, je lui dis silencieusement : "Je t'aime."
Il se figea, les yeux écarquillés, la bouche détendue. Pour les minutes restantes de la cérémonie, c'est ainsi que nous sommes restés, nos regards imperturbables, nos corps immobiles. Les applaudissements de la foule brisèrent notre transe et nous nous retournâmes pour voir Jasper et Alice se perdre dans un premier baiser enthousiaste avant leur départ de l'autel.
Emmett et Rosalie suivirent avant qu'Edward et moi nous rencontrions devant l'autel. Nous nous regardâmes pendant un long moment avant qu'il ne me tende la main et nous remontâmes l'allée ensemble.
Quand arrivâmes au bout, nous ne rejoignîmes pas les autres. Au lieu de ça, Edward m'entraina, me faisant signe de le suivre sans un mot. Nous nous éloignâmes une peu et tombâmes sur une belle clairière parsemée de fleurs sauvages. Je n'arrivais pas à me concentrer sur où j'étais, j'étais trop concentrée sur l'homme devant moi.
Une fois que nous fûmes seuls, hors de vue et hors d'atteinte, il se tourna finalement vers moi. Ses yeux brillaient de mille feux et son expression était intense alors qu'il me serrait de près, encadrant mon visage de ses mains chaudes, ses doigts tremblant légèrement contre mes joues.
"Redis-le…" demanda-t-il, la voix basse et pleine d'émotion. "A voix haute."
Je déglutis une fois, ayant besoin que ma voix soit claire et forte. "Je t'aime, Edward." Des larmes tombèrent sur mes joues pour être essuyées par ses pouces quand je répétai : "Je t'aime tant."
Je n'eus pas l'occasion d'en dire plus avant que ses lèvres ne s'écrasent sur les miennes, ma tête tourna délicieusement quand je me perdis dans l'étreinte, dans l'émotion, en lui. J'aimais cet homme de tout mon cœur et je ne voulais plus jamais qu'il en doute.
Il m'embrassa le visage, ses bras autour de moi en me serrant plus fort. Sa paume reposait sur l'arrière de ma tête, me berçant contre son torse et je sentis le grondement d'un rire joyeux commencer avant de l'entendre. Il m'éloigna, le sourire sur son visage plus beau que tout ce que je n'avais jamais vu quand il me répondit en chuchotant : "Je t'aime aussi."
⁂
Après avoir pris quelques instants de plus pour nous, nous nous sommes faufilâmes pour rejoindre la joyeuse réception, félicitant nos amis alors qu'Alice me fit un clin d'œil révélateur.
Comment savait-elle ?
Les boissons coulaient à flots et le dîner était servi. Rosalie et Emmett portèrent des toasts qui firent rire les invités, tandis que les paroles d'amour et de famille de Carlisle laissèrent tout le monde en larmes. Alice et Jasper coupèrent leur gâteau et au coucher du soleil sur le lac, ils partagèrent leur première danse.
Au fur et à mesure que l'obscurité tombait, les arbres s'illuminèrent de centaines de minuscules lumières blanches, transformant l'espace en pays des rêves. Tout au long de la nuit, des histoires furent racontées et des rires partagés. Edward resta toujours à mes côtés, ne me quittant qu'à contrecœur pour danser avec sa mère et sa sœur pendant qu'Emmett puis Carlisle, me faisait danser. Alors qu'Edward et moi partagions une autre danse, il me chuchota à l'oreille qu'il avait une surprise pour moi, me conduisant hors de la piste de danse et loin de la tente.
Je fronçai un sourcil quand il s'arrêta à la porte du chalet mais tout ce qu'il me dit c'est qu'un sac m'attendait à l'étage et que je devais le retrouver au même endroit dans cinq minutes. Je fis ce qu'il me demandait, en riant un peu quand je trouvais un pantalon de survêtement, un sweat à capuche, ainsi que mes Converses usées qui m'attendaient. Avec seulement cinq minutes, je ne pris pas la peine d'enlever les épingles de mes cheveux, je m'étais changée et dépêchée de redescendre pour le retrouver habillé décontracté tout comme moi.
"Où allons-nous ?" demandai-je, mais il ne fit que sourire et m'attraper la main, m'emmenant dans l'obscurité, loin de la tente et des gens qui dansaient.
Nous allâmes tranquillement vers le quai, l'eau clapotant doucement contre le ponton et le long du rivage. L'air était vif et frais mais calme, même pas perturbé par la moindre brise, l'odeur du sable et de l'herbe se mêlant à l'air pur de la nuit. Avec le bruit des grillons on pouvait à peine discerner la musique de la réception en haut de la colline, bien que les lumières ne puissent pas nous atteindre. La lune était faible mais les étoiles étaient brillantes, remplissant le ciel de plus de petits points de lumière que je n'en avais jamais vu auparavant.
"Waouh !" chuchotai-je, pendant qu'il me conduisait sur le quai. "C'est magnifique ici."
"Oui, c'est vrai," répondit-il, en me prenant dans ses bras. "Surtout avec toi ici."
Je lui souris, contente qu'il y ait juste assez de la lumière pour que je puisse voir son visage.
"Je t'aime," murmura-t-il. Mon sourire s'agrandit, parce que cette fois je pouvais lui répondre.
"Je t'aime aussi." Je pris son visage en coupe, frottant sur la légère barbe qui s'y trouvait. "Maintenant que je l'ai dit, je n'arrive pas à croire qu'il m'ait fallu autant de temps. J'aurais dû pouvoir le voir dès le début. Il y avait tant choses et j'aurais dû réaliser ce que je ressentais."
Il me serra contre lui et je soupirai, le sentant faire la même chose. "Ça ne me dérange pas que tu aies pris un peu plus de temps, tant que tu ne l'oublies pas."
"Je n'oublierai jamais, Edward," chuchotai-je à voix basse, même si son ton était taquin, je reculai pour regarder dans ses yeux. "Tu es tout pour moi. Tu es à moi pour toujours."
Nous restâmes là, nos corps se balançant légèrement ensemble au rythme des clapotis de l'eau et de la musique au loin, nous laissant aller à un moment tranquille où il n'y avait rien d'autre que lui et moi.
"C'était la surprise ?" demandai-je, en me souvenant de ses paroles lorsque nous avions quitté la réception.
"En quelque sorte," gloussa-t-il légèrement. "Je savais qu'il allait y avoir du monde jusque tard dans la nuit. Et je te voulais pour moi tout seul, même avant que tout ça n'arrive."
" 'Tout ça' c'est quoi exactement ?"
"Le fait que tu aies enfin retrouvé tes esprits, bien sûr," dit-il ironiquement et je me mis à rire contre son torse. Je ne pouvais pas argumenter.
"Alors, quoi ? On campe ici jusqu'à la fin de la fête ?"
"Pas exactement…" dit-il en haussant les épaules, en faisant un geste vers le côté du large quai en bois où des couvertures et oreillers était entassés. " As-tu déjà dormi à la belle étoile ?"
Il me libéra pour étendre les couvertures, les empilant pour créer un matelas doux.
"Vous autres aimez beaucoup dormir par terre…" taquinai-je, en l'aidant à taper les oreillers. "Est-ce que vous avez quelque chose contre les matelas ?"
"Non, mais ils sont tellement contraignants..." dit-il, en s'allongeant sur les couvertures et en m'ouvrant les bras.
"Regarde cette vue," murmura-t-il, en faisant un geste vers le ciel. "On ne peut pas voir ça de l'intérieur sur un matelas."
Je tournai mon visage vers le sien, étudiant ses traits comme si je le regardais pour la première fois.
"Tout ce que je vois, c'est toi."
Ses yeux restèrent sur les miens alors que ses lèvres descendaient pour un doux baiser. Après quelques minutes, il m'assit devant lui pendant qu'il enlevait patiemment chaque épingle de mes cheveux jusqu'à ce qu'ils tombent en vagues sur ses mains.
Nous nous rapprochâmes, dénudant l'autre patiemment, pas pressés, nous savourions ce moment comme s'il ne finirait jamais. La réalité reviendrait mais pas cette nuit. Cette nuit, c'était juste pour nous.
Il fit l'amour à ma peau avec ses mains et sa bouche jusqu'à ce que je sois complètement souple sous lui, j'avais hâte qu'il se joigne à moi. Il récupéra son pantalon par terre et je l'arrêtai, doucement en lui tenant le poignet.
"Non," chuchotai-je.
"Bella, j'ai juste..."
"Je sais, je sais. Ne le fais pas," répétai-je. Le moment était trop précieux pour parler de réalité, alors j'espérais qu'il comprendrait mon plaidoyer et ferait confiance à mon assurance. "Tu n'en as pas besoin. Je te fais confiance. Je t'aime. Je veux t'aimer sans aucune barrière."
"Tu es sûre ?" demanda-t-il, en me caressant le visage.
"Prends-moi, Edward," répondis-je, m'alignant sous lui. "Je suis à toi. Seulement à toi."
Ses mains cherchèrent les miennes et nos doigts s'entrelacèrent tandis qu'il glissait doucement en moi et que je chuchotai, "Toujours à toi."
