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CHAPITRE 24

Allumer la flamme


La veille de mon départ pour Vancouver et les cérémonies d'ouverture j'étais seule à la maison.

Avais-je revérifié mon sac pour la quinzième fois ? Etais-je en train de passer en revue les mouvements de mes programmes dans ma tête ? Etais-je en train de ramper sous les couvertures pour essayer de dormir un peu avant mon vol très tôt ?

Non, j'étais assise dans mon lit, feuilletant un magazine de mariage. Non seulement cela mais j'étais entourée par une multitude de documents liés au mariage y compris les listes de suivi des échéances potentielles et un classeur personnalisé qu'Alice m'avait présenté le lendemain de notre annonce. Elle disait qu'elle faisait cela pour m'aider à trouver mon 'style' de mariage.

Pourquoi je regardais tout ça maintenant ? Je n'en étais pas sûre. J'avais certainement des questions plus urgentes que de décider quel type de pièces maîtresses rendrait mon mariage personnel et unique. Et c'est exactement ce que j'avais dit à Alice lorsqu'elle avait déposé un sac plein de "documents de recherche" sur le pas de ma porte en plein milieu de la crise olympique.

Elle m'avait dit que ça me fournirait une distraction si je devais avoir besoin d'une pause dans le patinage artistique et de m'inquiéter de tous les résultats possibles des deux prochaines semaines.

Comme d'habitude elle était parfaite. Quand j'étais rentrée de la patinoire cet après-midi-là et que je me souvins qu'Edward avait une réunion avec son équipe qui le retiendrait jusque tard dans la soirée, j'étais désespérée d'avoir quelque chose à faire – n'importe quoi – pour me débarrasser de la manie olympique pendant quelques minutes.

J'avais fait la chose responsable, pris mon dîner puis vérifié deux fois mon sac pour m'assurer d'avoir tout ce dont j'avais besoin pour mon bref passage à Vancouver avant de rentrer chez moi. Puis je me laissai tomber sur le lit dans l'un des pulls molletonnés surdimensionnés d'Edward et une paire de jambières. Je vidai le contenu du sac, repoussant toutes les pensées de patinage de ma tête et je m'immergeai complètement dans un autre type de folie.

La folie du mariage.

Cela faisait seulement quelques jours que j'avais accepté la demande d'Edward, faisant remonter l'idée de devenir sa femme beaucoup plus haut dans la liste des choses que je m'imaginais se passer dans ma vie.

Cette partie ne me faisait pas tellement peur. Il n'y avait pas un seul brin d'hésitation dans mon esprit ou mon cœur à l'idée de passer ma vie avec Edward de façon permanente. C'était lui.Il était tout. J'avais confiance que quoi que la vie envoie sur notre route, nous trouverions une solution. Comme une équipe.

Mais en parcourant les magazines qui se vantaient de titres comme plus de 800 robes de mariées (la vôtre est ici) je me sentais déjà submergée par la pensée d'un mariage.

Je veux dire et si la mienne n'était pas là ? Cela voulait-il dire que j'avais échoué ? Etait-ce sensé être une sorte de prophétie que j'échouerai aussi en tant qu'épouse ?

Je n'avais pas menti quand j'avais dit à Alice et à Rose que je ne m'étais jamais imaginé comme une mariée. Quand j'étais petite je ne rêvais pas de robes blanches et de fleur d'oranger. Peut-être que c'était parce que je n'avais jamais trouvé de gars que je pourrais m'imaginer épouser, pas avant Edward.

Maintenant j'étais fiancée. J'étais censé planifier un mariage, pas seulement en rêver. Je ne me sentais pas du tout préparée.

Feuilleter les magazines ne faisait qu'empirer les choses. Une heure plus tard, j'étais encore plus perdue que lorsque j'avais commencé. Il y avait tellement d'options et de détails ridicules à prendre en compte. Comment puis-je choisir la bonne ?

Blanc, ivoire, écru, soie, satin, taffetas. Ourlets décolletés et tour de taille… c'était suffisant pour me faire tourner la tête. Et ce n'était que pour la robe…

Dégoûtée par moi-même et par l'industrie du mariage en général, je me laissai tomber sur le lit. Les journaux et magazines que j'avais étalés autour de moi bruissaient et se froissaient sous mon dos. C'était un peu satisfaisant de les chiffonner sous moi et de les jeter au hasard sur le côté du lit.

Dans quoi m'étais-je embarquée ?

Passant mes mains sur mon visage je me laissai aller à un gémissement excessif. Je comprenais maintenant pourquoi Alice avait un travail et assez lucratif. J'étais plus que tentée de lui faire un chèque et de lui dire de le faire. Ça ressemblait un peu à de la triche. Je veux dire j'étais excitée à l'idée de me marier. Plus précisément j'étais ravie d'épouser Edward. Je voulais avoir ce moment devant notre famille où nous nous engagions l'un envers l'autre. Je voulais le faire tomber à la renverse en me voyant dans une robe époustouflante et sentir ses doigts effleurer mon voile avant d'embrasser doucement mes lèvres pour la première fois en tant que mon mari.

Mari. Je n'avais jamais beaucoup réfléchi à ce mot dans le passé. Maintenant c'était quelque chose que je voulais désespérément. Je voulais être sa femme.

Je souhaitai juste pouvoir d'une manière ou d'une autre ignorer ce stress initial de décider comment y arriver.

Pourquoi Alice n'avait-elle pas inclus une copie de La préparation du mariage pour les Nuls dans ce sac ?

Cette pensée me secouait et me fit rire. Je me rappelais comment avant mon premier rendez-vous avec Edward, j'avais acheté et étudié religieusement un exemplaire du Rendez-vous pour les Nuls. Je me souvenais aussi de l'ampleur du désastre. Ça n'avait pas aidé, ça m'avait rendue tellement nerveuse que j'avais pu à peine lui parler pendant les vingt premières minutes du rendez-vous.

Avec le recul je réalisai que c'était comme ça que je me sentais tout le temps – incertaine, non préparée. Il y a un an j'avais l'impression d'avoir besoin d'un manuel d'instructions pour à peu près tout dans la vie. Mais d'une manière ou d'une autre j'avais réussi à m'en passer. J'avais éclos toute seule, je m'étais fait des amis et m'étais trouvé une famille. J'avais rencontré l'amour de ma vie. J'avais commencé le processus de raccommodage avec mon père. Je m'étais fixé des objectifs et les avais dépassés. J'avais pris des décisions concernant ma vie et je savais que j'étais prête à continuer à en prendre.

Je m'étais fait une vie dont j'étais fière – pas seulement à cause de mes réalisations sur la glace. Maintenant j'étais fière de la personne que j'étais hors de la glace aussi.

Je me souvenais quand Edward m'avait coincé lors de notre premier rendez-vous quand j'agissais bizarrement, comment il m'avait rappelé que c'était toujours juste lui, qu'un petit mot comme 'rendez-vous' ne changeait rien.

C'était toujours lui. C'était toujours moi. C'était toujours nous.

Des mots comme "fiancé" et "marié" étaient un peu effrayants et beaucoup plus gros que "rendez-vous" mais c'était toujours nous.

J'épousais Edward. Peu importait ce qui fonctionnait pour quelqu'un d'autre j'avais juste besoin de trouver ce qui fonctionnerait pour nous. Bien sûr nous n'avions pas la relation la plus conventionnelle mais nous formions une sacrée équipe.

Réalisant soudain cela, la pensée de notre mariage ne semblait pas si effrayante.

Pendant la demi-heure suivante je restai là où j'étais. Je ne repris pas les magazines ou continuai à parcourir les listes de conseils et d'idées utiles des épouses précédentes et des tendances les plus récentes selon les professionnels. Je regardais le plafond et pensais à ce que je voulais pour notre mariage.

J'en étais encore là vers vingt-deux heures quand j'entendis enfin la porte d'entrée s'ouvrir et les bruits désormais familiers d'Edward rentrant à la maison. Ses bottes restaient dans l'entrée alors qu'il tapait la neige de leurs semelles, sa parka faisait du bruit quand il la jetait sur le dossier d'une chaise plutôt que de la suspendre dans le placard comme il était censé le faire. Ensuite il y avait mon préféré. Il se frottait les mains et soufflait dessus parce que la plupart du temps il renonçait à mettre des gants pour le court trajet entre sa patinoire et la maison. Il n'y avait à peu près rien d'aussi adorable que sa façon enfantine de frissonner et de secouer la neige de ses cheveux marmonnant un "brr" silencieux.

Il s'activa pendant une minute, vérifiant la maison comme il le faisait toujours et fermant à clé pour la nuit avant que j'entende ses pieds en chaussettes marcher dans l'escalier.

"Hé toi !" murmura-t-il en franchissant la porte. Ses cheveux étaient foncés et humides, sa mâchoire couverte de barbe et ses joues et son nez roses du froid de la nuit de février. Bien que ses yeux soient un peu rouges et fatigués et ses pas un peu lents, il réussissait toujours à avoir l'air beau à tomber surtout quand ses lèvres firent un sourire.

"Hé toi-même ?" dis-je, en m'asseyant et en remontant mes jambes devant moi pour mieux le voir. "Longue journée ?"

"Ouais," soupira-t-il, enlevant son sweat et fouillant dans son tiroir pour un t-shirt et un pantalon pour la nuit. "Ce nouvel entraîneur de ligne qu'ils ont amené est un sadique total. Comme dans cette scène de Miracle où Herb Brooks les garde tous sur la glace pour toujours ? Ouais ce genre de sadique. Il a la voix la plus agaçante qui soit, Em était sur le point de le frapper."

"Eh bien il est bon au moins ?" demandai-je, pour essayer de ne pas être trop distraite par la vue de son torse nu alors qu'il se changeait. Ou la façon dont cette petite traînée de poils vaporeux descendait juste sous la taille de son pantalon en flanelle qui pouvait facilement être retiré.

"Ouais il est génial. Il va complètement nous mettre en forme et faire bouger les choses," concéda-t-il, entrant dans la salle de bain avant de tourner la tête. "Mais c'est une bite."

"Si ça marche…" fis-je en haussant les épaules, poursuivant la conversation pendant qu'il faisait ce qu'il avait à faire dans la salle de bain. "Les entraîneurs ne sont pas là pour être nos meilleurs amis. J'ai détesté Marcus."

"Comment as-tu pu détester Marco Polo ?" demanda-t-il.

"J'étais une fille de treize ans. Je détestais tout le monde," expliquai-je, rassemblant mes cheveux avant de m'allonger sur le dos et de retomber sur les oreillers.

"Je parierai que tu étais une adorable ado," dit-il, après s'être rincé la bouche, sa voix résonnant dans la salle de bain.

Je ris, me souvenant que j'avais été tout sauf adorable à l'époque.

"As-tu besoin de prendre une douche ?" demandai-je.

"Non, j'en ai pris une au Xcel avant de partir," dit-il, en éteignant la lumière dans la salle de bains et arrivant vers le lit. Lorsqu'il vit tous les magazines qui le jonchaient, il s′arrêta net et me sauta dessus pour se mettre à ses côtés, comme il était enclin à le faire. "C'est quoi tout ça ?"

"Oh, ça ? C'est tout ce dont on a besoin pour organiser le mariage de ses rêves…" expliquai-je, avec un geste englobant le désordre qui m'entourait. "En fait, non, pas tout. Apparemment, c'est juste la partie émergée de l'iceberg."

Il prit le magazine à côté de moi, toujours ouvert à la dernière page que j'avais lue et l'examina rapidement.

"Noces terriennes élégantes. Cent façons de dire "oui" tout en restant respectueux de l'environnement," poursuivit-il
dans un marmonnement bas avec son front plissé. Il feuilleta quelques pages, sa main se posant sur sa nuque. Qu'est-ce que c'est que toute cette mer… euh ça ?" demanda-t-il, se reprenant rapidement mais pas assez.

Je dus me retenir de rire. Il avait l'air si penaud et confus en feuilletant une copie de ′Les mariages de Martha Stewart′.

"Mais Edward," dis-je lentement, en lui arrachant le magazine des mains et en essayant d'avoir l'air
offensé. "Est-ce que tu viens presque d'évoquer les détails concernant l'union bénie de nos âmes comme...
de la merde ?" Je serrai le magazine sur ma poitrine et fis une moue avec ma lèvre mais je ne pouvais pas arrêter ma bouche de trembler vu qu′un rire bouillonnait dans ma gorge. J'avais eu à peu près la même réaction que lui.

"Je ne sais pas de quoi tu parles…" dit-il innocemment, en se penchant pour m'embrasser avec un
sourire espiègle.

"Mmmhmm," ronronnai-je sarcastiquement mais je cédais et appréciais la douce pression de ses lèvres et de
sentir son nez froid se frotter contre le mien.

"C'est beaucoup de trucs quand même," dit-il entre deux baisers. "Et ça prend ma... place."

Je gloussai et le repoussai après un dernier baiser.

"Oui, c'est la façon dont Alice essaie de me distraire pour que je ne panique pas à propos des Jeux Olympiques," dis-je, pendant que nous rassemblions les magazines, les empilant en tas désordonnés et en les mettant par terre. "Apparemment, si je me fais piquer par le virus du mariage, tout le reste se mettra en place comme par magie."

" Tu y crois vraiment ? " demanda-t-il, en levant un sourcil.

"Non," avouai-je en riant. "Mais elle veut bien faire et ça m'a fait penser à quelque chose d'autre que le patinage artistique pendant quelques minutes".

"Je suppose que c'est une bonne chose alors," dit-il, en s'allongeant et en me tirant vers le bas pour me reposer sur sa poitrine.

"Ne la laisse pas te bousculer, d'accord ?" murmura-t-il, en faisant tourner une mèche de mes cheveux entre ses doigts. "Ce n'est pas parce que j'ai ma bague à ton beau doigt que nous devons commencer immédiatement à planifier le mariage du siècle."

"Mais, baby…" gémis-je, en traînant mon doigt de façon taquine sur le bout de son nez. "Orchestre symphonique que j'ai toujours voulu doit être réservé… deux ans en avance !"

Il haussa son sourcil vers moi pendant un moment et me regarda comme si j'avais perdu la tête. "Tu plaisantes."

"Oui," ris-je, en poussant plus haut pour lui embrasser la joue.

"Bien," marmonna-t-il, en nous faisant rouler jusqu'à ce qu'il puisse enfouir sa joue dans mes seins. "Pendant un moment, j'ai cru que j'étais au lit avec ma sœur. C'est juste flippant."

Sa main glissa sous l'ourlet de mon sweat-shirt, ce qui me fit sursauter car ses doigts étaient encore froids. Il la glissa sur mon ventre et pris mes seins dans sa main, la laissant reposer là, juste parce qu'il savait qu'il pouvait le faire. Nous restâmes allongés là pendant quelques minutes de calme, en profitant de la présence de l'autre après une longue journée d'absence.

"Savais-tu que la tendance actuelle en matière de robes de mariée consiste en ces énormes jupes bouffantes qui ressemblent à des matelas ?" demandai-je, en jouant avec les pointes de ses cheveux.

"Quoi ?" me demanda-t-il, la voix étouffée par ma poitrine.

"Sérieusement. Regarde ça," lui dis-je, en tendant le bras pour attraper le magazine sur ma table de chevet. Je feuilletai quelques pages et en mis une devant son visage.

"Eh bien, c'est... intéressant," dit-il après un long moment. Il me prit le magazine des mains et le jeta sur le côté du lit. Il se hissa pour me chevaucher, les mains posées sur mes cuisses alors que le bout de ses longs doigts plongeait sous le haut de mes jambières. "Tu ne vas pas porter quelque chose comme ça, n'est-ce pas ?"

"Quoi, tu ne penses pas que je serais belle dans ce qui est essentiellement une couette ?" demandai-je innocemment, en caressant doucement son torse.

"Je pense que tu serais fantastique sous une couette. Nue et avec moi en toi…" dit-il, en plongeant sa tête pour me pincer l'oreille puis le cou. "Est-ce que ça compte ?"

"Eh bien, je ne pense plus aux robes de mariée, c'est sûr," murmurai-je d'un air tremblotant, mon souffle se transformant en gémissement quand ses dents s'enfoncèrent doucement dans ma peau.

"Que dis-tu du patinage artistique ?" demanda-t-il, en passant sa langue sur la coquille de mon oreille alors que ses mains me serrait doucement les hanches. "Tu penses à ça ?"

"Est-ce que je sais faire du patinage artistique ?" lui demandai-je avec légèreté, en passant mes doigts sur son dos et en glissant sous son caleçon. Mes doigts s'enfoncèrent dans sa chair, le rapprochant jusqu'à ce que je puisse sentir la longueur de son érection ferme se frotter contre moi. "Je suis désolée, il semble que j'ai perdu toute capacité pour tout autre chose que te toucher. Et t'embrasser," poursuivis-je, en appuyant des baisers bouche ouverte contre son cou. "Et t'imaginer nu et en moi."

"Tu sais, si tu arrêtais de parler et que tu te mettais au travail, tu n'aurais pas besoin de t'imaginer, " expliqua-t-il dans un murmure.

"Es-tu vraiment si facile ?" lui demandai-je, en poussant sur ses épaules pour que je puisse grimper sur lui.

"Pour toi ?" demanda-t-il avec un sourire, en saisissant l'ourlet de mon sweat-shirt. "Toujours."

Je ris légèrement quand il souleva le t-shirt et le fis passer par ma tête, mon rire se transformant en un doux gémissant alors qu'il s'asseyait, ses paumes couvrant mes seins nus et ses lèvres murmurant des baisers sur ma clavicule.

Le bout de ses doigts caressait ma peau, traçant légèrement les courbes de mes côtes avant d'atteindre le coton qui couvrait mes hanches. Je me penchai pour aider, en commençant à tirer sur le tricot des jambières pour les enlever aussi.

"Non, laisse-les," protesta-t-il, ses lèvres contre ma peau et ses mains recouvrirent les miennes. "Elles sont sexy."

Je souris, en éloignant mes mains pour plonger dans ses cheveux, en serrant les mèches comme mes lèvres se liaient aux siennes, nos langues s'entremêlant passionnément. Nous ne nous séparâmes qu'un instant, lorsque Edward s'occupa rapidement de ses vêtements. Il se débarrassa de son t-shirt avant de me recueillir dans ses bras, nos poitrines nues serrées l'une contre l'autre, nos cœurs battant à tout rompre alors que ma peau réchauffait la sienne.

Son nom était le seul mot sur mes lèvres lorsque nous nous réunîmes, nos corps s'emboîtant parfaitement. Ses mains et sa bouche me conduisirent à des hauteurs que lui seul pouvait me faire atteindre, mon corps s'adaptant au sien comme lui seul pouvait le faire. Ses hanches s'enfonçaient entre mes jambes écartées, me remplissant. Me complétant. Je jouis avec un cri haletant, m'agrippant à ses épaules alors que mes jambes se resserraient autour de sa taille.

Ses mains s'enfoncèrent délicieusement dans mes mèches alors que ses mouvements devenaient erratiques avant qu'il ne me suive et trouve sa propre libération. Il dit mon nom dans un gémissement alors qu'il se raidissait puis s'effondrait sur moi.

Il bougea juste assez pour ne pas m'écraser, me plaçant sous lui, posant sa tête sur mon cœur qui battait rapidement et passa sa jambe et son bras autour de mon corps épuisé.

C'est dans des moments comme celui-ci que je comprenais vraiment qu'il était à moi. Pour toujours. Pour le reste de ma vie, j'aurais des moments comme celui-ci : l'accueillir à la maison, plaisanter et parler de nos journées, nous amuser, flirter et faire l'amour. Pas tous les jours, évidemment. Je n'étais pas assez naïve pour croire que notre vie serait un parfait conte de fées ou un roman sentimental. Mais quoi qu'il en soit, chaque jour, je l'aurais lui.

Notre peau se refroidit et nos cœurs se calmèrent. La faible lumière scintillait sur ses cheveux cuivrés alors que sa tête bougeait légèrement au rythme de mon souffle. Sa propre respiration se régula au point que je pensais qu'il s'était peut-être endormi mais son pouce frottait légèrement ma hanche, donc je savais qu'il était réveillé, juste comblé.

Je savais que j'avais un million d'autres choses à penser mais je ne pouvais pas empêcher mon esprit de dériver vers mes réflexions avant qu'Edward ne franchisse la porte. J'étais consciente que traditionnellement les gars ne se souciaient pas beaucoup des détails d'un mariage mais une partie de moi se demandait si peut-être Edward le faisait. Je me dis que je devais au moins lui demander avant de l'écarter en tant que marié désintéressé.

"Edward ?" murmurai-je.

"Hmm ?"

"Est-ce que tu... Que veux-tu pour notre mariage ?"

Il soupira et se tut un instant. Puis il leva la tête, se déplaçant sur le matelas pour s'allonger sur le côté. Il me sourit dans la faible lumière et effleura la courbe de ma joue. "Je veux... que tu ne t'inquiètes pas pour ça. Il n'y a pas d'urgence, Bella."

"Je sais cela. C'est juste que... je ne sais pas…" je haussais les épaules, levant la main pour entrelacer mes doigts avec les siens, en frottant ma joue contre ses articulations. "Je n'ai jamais envisagé mon mariage avant. Je ne suis pas Alice qui a rêvé de ce jour pendant la majeure partie de ma vie."

"Il n'y a rien de mal à ça. Ce n'est pas parce que nous sommes fiancés que tu dois te transformer en maniaque du mariage. En fait pour ma santé mentale j'espère vraiment que tu ne le fais pas, " sourit-il avec espièglerie, tapotant le bout de mon nez avec son index.

"Je ne pense pas que tu aies à beaucoup t'inquiéter à ce sujet," l'assurai-je, me blottissant contre lui. "Je ne me vois pas vraiment me soucier de la typographie des invitations ou de la manière de présenter les cartes d'escorte."

Il ricana légèrement et me serra la hanche. "Bon sang, qu'est-ce que c'est que les cartes d'escorte ?"

"Honnêtement je n'en ai aucune idée," avouai-je avec un petit rire.

"Bien alors nous n'en avons probablement pas besoin."

"Probablement pas," cédai-je, me blottissant plus dans le creux de son cou.

Il me tenait solidement là, dans ses bras, ses doigts caressant légèrement ma colonne vertébrale. Après quelques minutes, il déposa un baiser sur ma tempe et laissa ses lèvres s'y attarder.

"Tu veux savoir ce que je veux ?" murmura-t-il. J'acquiesçai et reculai la tête juste assez pour pouvoir le vert profond de ses yeux dans la lumière de la lampe. "Je veux juste être marié avec toi. C'est la seule chose qui compte vraiment pour moi."

Je souris et remis ma tête à sa place, embrassant doucement son cou. "Honnêtement ? C'est tout ce que je veux aussi. Je veux dire, je veux que nos familles y soient. Et je suppose que l'idée de passer par la mairie ou de s'enfuir à Las Vegas ne me semble pas trop attirante mais tout… tous ces trucs… ? Ça n'a pas d'importance pour moi. Il y a là-dedans plus de choses que je ne veux pas que le contraire."

"On trouvera. Ensemble," dit-il avec certitude. "Mais nous n'avons pas à le faire ce soir."

"Je suppose que ce n'est pas vraiment une bonne façon de se distraire si cela ne fait que déplacer l'anxiété d'un sujet à l'autre," gémis-je, en levant les yeux au ciel.

"Non pas vraiment," gloussa-t-il, en déposant un autre baiser sur ma tête. Il me tapota la hanche et bougea pour que nous puissions rentrer sous les couvertures, me tirant à nouveau dans ses bras. "Tu es prête à partir ?"

"Ouais. A peu près. Ce n'est pas comme si j'avais besoin de beaucoup puisque je serai de retour après-demain," haussai-je les épaules. "Je n'emmène même pas mes patins. Pour finir j'aurai dix fois plus de choses au retour."

"C'est vrai, vous les Olympiens êtes couverts de cadeaux et de produits gratuits, quelle vie super dure !"

"N′est-ce pas ?" plaisantai-je avec un gros soupir. "C'est l'unique raison pour laquelle je veux y aller. Une garde-robe gratuite."

Il rigola et secoua la tête en m'ébouriffant les cheveux. "Tu es excitée ?"

"En quelque sorte ?" dis-je, incertaine, en croisant mes bras sur son torse comme ça je pouvais poser mon menton et le regarder parler. "C'est bizarre… on ne dirait pas que ça va commencer demain. Surtout que je vais revenir de suite. Je n'ai pas grand-chose de plus à faire que défiler avec l'équipe et donner des interviews."

"Regarde toi… Championne," dit-il, avec un sourire adorable. "Tu la joues si cool avec tout ça. Cérémonie d'ouverture ? Se produire devant des millions ? Juste un jour ordinaire dans la vie d'Isabella Swan…" plaisanta-t-il.

"Ce n'est pas vrai," rigolai-je, en le tapant légèrement. "Je suis sûre que quand je vais arriver là-bas, je vais me laisser entraîner. Et je peux te dire que la semaine prochaine quand nous y retournerons pour la compétition je serai complètement flippée."

"Pourquoi tu flipperais ?"

"Ce sont les Jeux Olympiques, Edward," dis-je simplement.

"Tu y as déjà été," il haussa les épaules. "Et tu leur as botté le cul au Championnat national."

"Ça ne signifie pas que ça va être une partie de plaisir. On ne sait jamais ce qu'il peut se passer. Ce n'est pas parce que j'ai bien patiné à Spokane que ce sera pareil à Vancouver. Je peux faire des erreurs. Je peux tomber sur mes fesses. Face à des millions de personnes," dis-je, en tremblant d'horreur à cette pensée. "Et pour y avoir déjà été… je ne sais pas, c'est différent cette fois. Peu importe, ce sont les Jeux Olympiques. Peu importe le nombre de fois où tu y participes c′est un putain de défi."

"Oui un énorme défi," dit-il tranquillement. Sa main monta sur ma joue, ses yeux fixés intensément sur les miens. "Et peu importe ce qu'il va se passer…"

"Oui," approuvai-je, ma main sur la sienne et serrant ses doigts. "Je sais. Cette partie est différente. Je n'aime pas ressentir avoir besoin de prouver quelque chose à quelqu'un. La dernière fois il n'était question que de la fin et des résultats. Gagner et décrocher une médaille. Je le veux toujours mais ça ne va plus influencer ma carrière. Tant que je donne tout ce que j′aie ce sera suffisant."

Ses yeux scrutèrent les miens pendant un moment avant que ses bras ne se déplacent autour de moi, me serrant fermement contre lui. "Je suis tellement fier de toi Isabella. Tu le sais, non ?"

Je hochai la tête contre son épaule, des larmes me piquant les yeux face à l'intense sincérité de sa voix. Il m'appelait si rarement par mon nom complet, donc chaque fois qu'il le faisait cela faisait accélérer mon cœur. Pas comme avant quand Renée m'appelait ainsi, refusant de m'appeler autrement. Il accélérait parce que la façon dont Edward le disait montrait son amour et son adoration, me disait que j'étais chérie et acceptée pour exactement qui j'étais.

Je pouvais me souvenir de cette nuit où il m'avait énoncé toutes les choses qu'il aimait chez moi en répétant mon prénom en entier. Maintenant à chaque fois que je l'entendais, ces mots, sa voix, c'est tout ce à quoi je pouvais penser.

"Tu sais combien c'est important pour moi que tu dises ça et que tu le penses vraiment n'est-ce pas ?" murmurai-je, en réponse à sa question.

"Oui," murmura-t-il. Nous nous installâmes sur le côté, nos mains liées entre nous.

"Alors tu penses que tu dois parler à la presse de ton nouveau programme ?" demanda-t-il.

"Oui probablement. Nous devrons finaliser la musique et tout le reste quand nous serons sur place, donc je suis sûre que la presse le saura."

"Je suppose que je dois me préparer, les gars vont me tomber dessus en disant que je compose des chansons d'amour guimauve pour ma fiancée," me taquina-t-il avec un sourire.

"Si quelqu'un t'embête avec ça, je…" je laissai la phrase en suspens essayant de réfléchir à un châtiment approprié. "Je vais enfoncer la pointe de mon patin dans leurs culs !"

Il rit de bon cœur et roula des yeux. "Tu passes vraiment beaucoup trop de temps avec ma mère. Elle t'a refilé ses tendances violentes."

"Je le pense ! Ce n'est pas de l'eau de rose," dis-je en caressant sa joue râpeuse. "C'est magnifique."

"Je suis content que tu le penses," dit-il avec un sourire heureux. "Tu dois en avoir assez de l'entendre depuis le temps que tu répètes dessus à l'entraînement."

"Jamais," dis-je sérieusement. "Tu es sûr que tu es d'accord avec ça ? Je pensais ce que j'ai dit, si ça t'ennuie je ne m'en sers pas."

"Bella, je t'ai dit que ça me va."

"Non, je sais. Je veux que tu saches que je comprendrais si ça n'allait pas," expliquai-je. "Je veux dire c'est vraiment très personnel et… bon… intime. Et la diffusion des Jeux Olympiques est internationale."

"Et j'ai hâte de m'asseoir dans les gradins et te regarder patiner sur ma musique," dit-il, la lueur excitée dans ses yeux ne faisait que confirmer ses mots. "Il n'y a rien à cacher. Je l'ai écrit parce que je t'aime. Je sais ce que cela signifie pour toi. Et ce que tu en as fait ? Mon Dieu Bella te voir patiner comme ça ? Je n'ai pas les mots pour te dire ce que ça me fait de te regarder. Mais que d'autres entendent et voient ce que tu en as fait ? Cela n'enlève rien et ne le rend pas moins important."

"Je suis contente de te l'avoir montré en premier. Parce que c'est à toi, juste comme la musique est à moi."

"Je sais. Peu importe le nombre de personnes qui te voient patiner comme ça, je sais ce qui se cache derrière."

Mon cœur se gonfla, une forte émotion monta dans ma voix alors que je chuchotai, "Je t'aime."

"Je le sais aussi," murmura-t-il, posant ses lèvres sur les miennes, le souffle de ses prochaines paroles toucha le coin de ma bouche. "Ton cœur est mon bien le plus précieux."

"Tu sais beaucoup de choses, garçon mélancolique," soupirai-je, en frottant ma joue lisse contre sa peau râpeuse. " "J'ai de la chance d'avoir un fiancé aussi intelligent."

"Tu veux savoir ce que je sais d'autre ?"

"Quoi ?"

"Je sais …" dit-il lentement, en soulevant mon menton pour me regarder dans les yeux. "Que nous ne serons pas à l'aéroport à temps si nous ne nous endormons pas."

Je ris et frottai mon nez contre le sien. "Ai-je dit intelligent ? J'aurai dû dire âne savant."

Il me sourit avant de tendre la main pour éteindre la lumière. "Tant que la partie fiancée ne change pas…"

A une heure impie le lendemain matin, Edward sortit du lit et me conduisit à l'aéroport. J'étais un peu jalouse que dès qu'il m'aurait laissée, il retournerait se coucher pour quelques heures. Il n'avait même pas pris la peine de se changer, il avait simplement gardé son pantalon de pyjama et enfilé ses bottes et sa veste. Pendant ce temps je volerai pendant trois heures et j'étais sûre de rester éveillée tout le temps. Je ne pourrais jamais dormir à bord d'un avion même si j'allais loin.

Il fut assez gentil pour se garer et venir avec moi à l'enregistrement plutôt que de me laisser aux portes avec un 'au revoir' précipité. Il resta près de moi, me faisant asseoir sur ses genoux et dans ses bras sur l'une des banquettes inconfortables jusqu'à ce que Marcus, mon seul compagnon de ce voyage particulier, apparaisse. Je m'attardais aussi longtemps que possible sur notre dernier baiser, lui souhaitant bonne chance pour son dernier match cet après-midi-là, avant la pause. Ensuite je passai mon bras sous celui de Marcus et nous prîmes la file d'attente pour passer la sécurité et prendre notre vol.

Marcus me garda calme et détendue pendant le long trajet pour passer la frontière du Canada. Il me raconta des histoires de son voyage aux JO quand il patinait en couple en 1952 et partagea des anecdotes amusantes sur les coulisses, d'autres expériences qu'il avait eues aux jeux d'hiver tout au long des années alors qu'il entraînait d'autres patineurs.

C'était vraiment un homme fascinant. Je l'avais toujours respecté mais en travaillant étroitement avec lui cette saison sans le tampon de Renée, j'avais énormément appris sur lui en tant que personne. Au cours des derniers mois notre agréable relation de travail s'était transformée en bien plus. Il n'était plus simplement un guide ou un mentor, il était un ami. Et avec les Cullen qui l'accueillaient, il était pratiquement devenu un membre de la famille, presque comme le grand-père de substitution que je n'avais jamais eu.

En l'écoutant parler je me sentais tellement inspirée. Il était clair qu'il aimait son travail. Je suppose qu'il avait dû le faire pour continuer même quand il était certainement en mesure de prendre sa retraite confortablement. Il avait eu ses difficultés, il avait eu des patineurs avec lesquels il s'était affronté, des parents qui se mettaient en travers de son chemin, Renée n'étant qu′une d'entre eux mais il avait clairement obtenu une intense satisfaction dans son travail – en aidant les patineurs à découvrir leurs forces et façonner leurs techniques pour explorer le talent dont ils avaient été pourvus. En le regardant parler de certains des moments préférés de sa carrière, l'éclat dans ses yeux disait clairement quelque chose. Joie.

Une vingtaine de minutes avant l'atterrissage même les histoires de Marcus n'arrivèrent plus à me distraire. J'avais dit à Edward que je ne commencerai probablement pas à paniquer avant notre prochain vol vers Vancouver. Et je ne paniquais pas… pas exactement. Pas concernant le patinage. La pensée de tout ce qu'il y avait à faire une fois que nous atterririons me rendait impatiente de descendre de l'avion et de m′y mettre alors que l'anticipation de la cérémonie ce soir-là avec toutes les caméras et l'attention, me donnait le trac.

En descendant de l'avion nous fûmes immédiatement plongés dans l'excitation. Vancouver avait fait tout son possible pour bien accueillir les athlètes et la foule attirés par les Jeux Olympiques. Tout le long des couloirs du terminal il y avait des affiches et des dépliants annonçant les jeux. Des panneaux d'affichage aux couleurs vives mettaient en vedette des athlètes. Cela me coupa un peu le souffle quand je reconnus ma silhouette parmi eux, m'arrêtant net au milieu du terminal encombré.

Putain de merde. Je suis aux Jeux Olympiques.

Même y avoir été seulement quatre ans plus tôt ne rendit pas cette révélation moins étonnante.

Je pris une photo avec mon téléphone et l'envoyai à tout le monde chez moi, souhaitant autant que possible partager mon excitation avec eux.

L′aventure ne faisait que commencer. Marcus et moi nous installâmes rapidement dans notre hôtel près du village olympique laissant nos bagages et nous dirigeant vers l'organisation pour nous enregistrer. Ce processus prit quasiment toute la matinée et une partie de l'après-midi. Nous obtînmes nos accréditations avec nos passes officiels et tout un tas d'informations qu'Esmée allait examiner – du moins je l'espérais – pour ne pas avoir à m'en soucier.

Ensuite on m'accompagna dans un grand entrepôt de la taille d'un terrain de foot rempli de stands de cadeaux. Le rêve de tout acheteur - la pause shopping. En regardant autour de moi, je savais qu'Alice serait au paradis si elle était à ma place. Je pris une autre photo et la lui envoyais, récoltant une réponse immédiate et incompréhensible qui mentionnait les mots "fléau" et "pouf." Ça me fit rire de voir simplement la bave couler sur son menton en imaginant le tas démentiel de vêtements que j'allais recevoir.

En me déplaçant dans la salle, je me fis équiper pour les cérémonies d'ouverture et fermeture puis je pris des objets au hasard qui attiraient mon attention, en prenant quelques tailles différentes pour pouvoir partager tout ça chez moi. Quand j'eus fini, j'avais trois sacs de sport trop remplis de nouveaux vêtements d'hiver et de sport et je voulais désespérément une sieste. En revanche, j'avais une garde-robe complète pour les deux semaines à venir et je n'avais pas à faire de bagages, sauf mes affaires de patinage pour notre deuxième voyage ici.

J'eus à peine le temps de déposer mes sacs à l'hôtel et de me changer en tenue officielle avant de filer au stade pour la cérémonie. Il s'agissait alors de se dépêcher puis attendre. Les coulisses étaient immenses mais très fréquentées car des athlètes du monde entier essayaient de trouver leur chemin et leurs équipes. Finalement, nous avons été un peu plus compartimentés mais l'équipe américaine seule était énorme. Il me fallut un certain temps pour trouver des visages familiers dans la mer de couleur marine et blanche.

"Swan ! " J'entendis la voix d'Eric alors que j'errais sans but, essayant de voir par-dessus les corps imposants de
certains des membres les plus imposants de l'équipe américaine.

"Oh, Dieu merci !" Je poussai un soupir de soulagement en le repérant. Je me faufilai entre les gens pour pouvoir le rejoindre et rester parquée au même endroit.

"Plutôt excitant, hein ?" me demanda-t-il, en glissant son bras autour de mes épaules et en me donnant une tape.

"Je serais plus excitée s'il ne faisait pas si chaud ici," ris-je, en enlevant ma veste rembourrée et en la drapant sur mon bras. Le pull crème en tricot n'était pas beaucoup plus frais mais c'était une amélioration. Celui qui a pensé à nous coller un pantalon blanc ajusté n'a manifestement pas pris en compte que nous resterions à l'intérieur à transpirer comme des fous. En fait, j'espérai que rien n'apparaît sur les caméras.

"Parfois, il faut souffrir pour avoir du style, baby," dit sagement Eric, en tendant les bras devant lui et en admirant son ensemble.

"C'est assez mignon," avouai-je, en retirant mon chapeau pour secouer ma tête. Je n'avais pas besoin d'une tête en sueur avant même d'entrer.

"Putain oui, c'est vrai. Tu t'attendais à quelque chose de différent ?"

"On ne sait jamais. Il y avait ces chapeaux vraiment moches qu'on a dû porter aux Jeux Olympiques de Turin," lui rappelai-je.

Il grimaça et tendit la main pour caresser le modèle actuel, bien plus joli, sur sa tête. "Oui, c'est vrai. J'ai brûlé l′autre. Mais cette fois, c'est Ralph qui s'est occupé de nous. Ralph ne déçoit jamais".

Je gloussai et je m'appuyai contre le mur, en essayant de me mettre le plus à l'aise possible. La cérémonie ne commencerait qu'à sept heures, et en tant qu'une des dernières équipes du Défilé des Nations, nous aurions au moins une autre heure d'attente.

Mon téléphone vibra dans ma poche, me faisant sourire avant même de vérifier si c'était son nom sur l'écran. Mon sourire ne fit que grandir en lisant le texto d'Edward :

Hé, beauté ! Je m'installe devant la télé avec le reste de la bande. J'ai hâte de te voir !

"Aaah…" roucoula Eric, en regardant par-dessus mon épaule. "Vous êtes mignons tous les deux, c'en est presque nauséabond."

"Peu importe," murmurai-je, mes joues rougissant quand je lui donnais un coup de coude. Mais je ne pouvais même pas essayer de combattre le sourire sur mon visage. J'aimais bien le fait que nous étions "nauséabondement mignons" ensemble. Je venais d'envoyer un texto rapide, lui demandant comment son match s'était déroulé lorsqu'un autre visage familier apparut.

"Hey les gars !"

Angela arriva en se faufilant parmi les gens autour de nous, évitant une foule plutôt bruyante alors qu'elle s'avançait.

"Hé, Angela," l'accueillis-je, avec une étreinte rapide. "Tu viens d'arriver ?"

"Il y a environ vingt minutes," elle soupira, en enlevant aussi sa veste. " Seigneur, est-ce qu'ils...chauffent ou autre chose ?"

"Je sais, non ?" demandai-je. "Ça donne presque envie d'une cérémonie en plein air dans le froid glacial. Au moins nous serions mieux habillés pour cela."

"Totalement, mais je jure que si je dois faire mes débuts olympiques avec des traces de sueur sur les fesses, quelqu'un va en entendre parler…" gémit-elle. Je gloussai, sortant mon téléphone de ma poche quand il vibra pour voir un autre texto d'Edward m'informant qu'ils avaient gagné leur match.

"Alors, qu'est-ce que vous mijotez ?" demanda Angela.

"Oh, rien," soupira Eric. "J'intercepte juste quelques textos du délicieux petit-ami d'Isabella."

"Fiancé," corrigeai-je distraitement, en tapant une réponse sur mon téléphone. Je l'avais dit dans ma tête assez souvent depuis sa demande au point que c′est devenu automatique.

"Quoi ?" Eric haleta. "Tu es fiancée ?"

Je sentis une vague de déjà-vu m'envahir en voyant son expression. Il y avait quelque chose… qui me faisait penser à Alice.

"Euh, ouais", bégayai-je, un peu gênée d'avoir laissé échapper si facilement cette info. Ce n'est pas que nous ne le disions pas aux gens, nous n'avions simplement pas fait d'annonce officielle à ce stade. Autant j'adorais Eric, je savais bien que quand il le saurait, tout le monde serait au courant dans les quarante-cinq minutes environ. "Euh, Edward m'a fait sa demande la semaine dernière".

"Oh mon Dieu, oh mon Dieu, oh mon Dieu ! C'est tellement excitant !" couina Eric, me prenant dans ses bras en sautant en rond, me tirant avec lui.

"Félicitations, Bella," sourit Angela, qui me prit dans ses bras une fois qu'Eric m'eut relâchée. "Je dois être d'accord avec Eric, sur ce coup-là, il est délicieux. Et il est vraiment sexy," ajouta-t-elle, les joues rouge vif instantanément en mettant sa main sur sa bouche. "Oh mon dieu, je n'aurai probablement pas dû dire ça de ton euh… futur mari."

Je secouai la tête et lui souris, en lui tapotant l'épaule en signe de camaraderie. "Il est vraiment sexy. Avoir un mari extrêmement désirable est juste le fardeau avec lequel je vais devoir apprendre à vivre," soupirai-je, lui faisant un clin d'œil rapide.

Nous passâmes le temps à essayer de nous raconter ce que nous avions fait depuis le championnat national, comment était l'entraînement et nos réflexions sur la compétition des autres équipes. Angela et moi nous rapprochâmes en raison de la pression que nous ressentions de la part des médias. Apparemment, une femme de l'équipe américaine montait sur le podium de patinage artistique à chaque édition des Jeux d'hiver depuis les années soixante et ce serait à l'une de nous de perpétuer cette grande tradition.

La conversation se tourna rapidement vers l'avenir et ce qui allait suivre. Nous avions tous les trois été invités cet été-là à Stars on Ice, et Eric s'était déjà engagé pour le show dans les trente-trois des quarante et une villes. Angela travaillait encore sur quelques problèmes avec son entraîneur mais elle était assez excitée d'y aller aussi. C'était bien de savoir que si je décidais de partir en tournée, il y aurait au moins deux visages amicaux dans le bus.

Ensuite, on nous demanda de faire la queue pour entrer dans le stade.

"Oh ! Allons-y !" applaudit Eric avec enthousiasme. "J'ai eu le scoop sur le meilleur endroit où entrer pour la caméra."

"Eric..." pleurnichai-je. Bien sûr qu'il voudrait aller droit au but, alors que moi je serais très bien contentée d'une entrée en plein milieu du peloton, anonymement mêlée aux autres.

"Swa-an…" gémit-il, me frappant dans les côtes pendant que mes bras étaient occupés à se glisser dans mon manteau. "Ne laisse pas ce joli visage se perdre, ma fille. Donne aux gens à la maison quelque chose pour qu′ils puissent sourire." Il enroula ses bras autour de moi, me berçant et parlant d'une voix grinçante. "'Aw, regarde comme elle est adorable ! Regarde, maman, c'est ma favorite ! Le patinage artistique féminin est le seul sport que je veux regarder aux Jeux olympiques, juste pour voir Swan !"

"Tais-toi, Eric !" murmurai-je de bon cœur, en le repoussant. "Arrange ton chapeau," lui dis-je, en le tapant sur le front, ce qui le détourna facilement de ses taquineries.

Il haleta et agrippa sa tête, essayant d'arranger ce qui n'était même pas en désordre. "C'est une bonne chose que j'ai apporté un miroir," il le sortit et fit un gros effort pour lisser chaque mèche de cheveux. "De quoi ai-je l'air ?"

"Tu es magnifique, ma chérie," chantai-je, avec un accent exagérément prononcé, en arrangeant mon propre chapeau. "Très chic olympique."

"Toi aussi, poupée," dit-il, en me picorant la joue et en liant son bras au mien. Il offrit l'autre à Angela. "Allons faire notre marche !"

On nous fit avancer, pour ensuite attendre à nouveau. Je me divertis et essayai de ne pas me concentrer sur la chaleur en envoyant et recevant des SMS d'Edward. Alors que nous nous mettions en place, les sons de la foule déjà à l'intérieur du stade nous envahit, je décidai que je ne voulais pas me contenter de lui envoyer un SMS. Je voulais qu'il partage ce moment avec moi, même si ce n'était que par téléphone. Les gens tout autour sortait leur propre téléphone, prenait des photos et appelait leurs proches. Je me dis que ce ne serait pas mauvais de faire la même chose.

Il répondit immédiatement, sa voix me calmant instantanément. Bien que les papillons de l'anticipation battent encore dans mon ventre lorsque j'entendis l'hymne olympique par-dessus le vacarme de la foule. J'étais vraiment là. Une grande partie de ce moment me parut complètement surréaliste et cela m′aidait d'avoir Edward au bout du fil pour me ramener sur Terre.

"Hé, ma belle, où es-tu ? Ils sont en train de finir avec l'Ukraine, tu n'es pas la prochaine ?"

"Ouais, on est juste à la porte," dis-je, en me bouchant l'oreille pour pouvoir mieux l'entendre. "J'arrive avec Eric et Angela. Nous sommes vers la fin, peut-être ?"

"Oh, génial," dit-il, en transmettant l'information au reste de la famille. Bien qu'il ait été difficile d'entendre par téléphone, je pouvais juste distinguer leurs voix excitées en arrière-plan.

"Comment ça a été jusqu'à présent ?"

"Ça a l'air vraiment, cool, Bella. Je jure que cet endroit doit être bondé."

"C'est le cas. Et il fait vraiment chaud…" lui dis-je, en tirant sur le col roulé de mon pull pour avoir un peu d'air.

"Je transpire à mort ici."

Il rit. Puis j'entendis un grand cri de joie au téléphone et dans le stade, alors qu'ils annonçaient les Etats-Unis et l'équipe se mit en marche.

Sortir du tunnel pour entrer dans le stade fut un moment très fort. C'était en effet énorme et extrêmement bruyant. Le niveau de bruit était pratiquement assourdissant lorsque nous commençâmes notre tour, souriant et en faisant des signes de la main au fur et à mesure de notre avancée. Je continuai à parler avec Edward, bien que la majeure partie de ma contribution à la conversation soit marquée par des rires.

Tout l'endroit était illuminé de lumières bleues glacées, qui scintillaient sur la foule et sur le sol. C'était un énorme pays de merveilles hivernales. Je n'avais jamais rien vécu de tel, même pas aux Jeux Olympiques de Turin. Je n'avais certainement personne pour partager la fascination la dernière fois. Même si Edward n'était pas là physiquement pour marcher avec moi, je peux dire qu'il comprenait l'ampleur de cet événement.

A la moitié de notre tour, j'entendis une série de cris et de hurlements au téléphone. Emmett siffla, suivi d'un cri de "Tu es belle, Babybel !"

"Oh Seigneur, je suis à la télé, n'est-ce pas ?"

"Oui, tu l'es, ma belle. Fais-nous un signe de la main, tu veux ?" demanda Edward.

Je gloussai et jetai un coup d'œil autour de moi, trouvant une caméra juste à ma droite. J'essayai de m'empêcher de rouler des yeux et leur fit signe, décidant de faire avec et de leur envoyer un baiser à travers l'objectif. J'entendis un "waouh" suivi du rire d'Edward, je compris qu'il ne devait pas y avoir beaucoup de retard dans la transmission.

"Mon Dieu, tu es mignonne !" murmura Edward. "Regarde-toi toute sportive et patriotique."

"Ouais, ouais, je suis la poupée Barbie olympique ordinaire," ris-je, cédant au roulement des yeux quand je ne vis plus la caméra devant moi. "Est-ce qu'ils disent quelque chose à la télé ?"

"Ouais, juste euh... en train de parler de..." il s'éloigna avant de marmonner tranquillement. "Sainte merde".

"Quoi ?"

"Baby, ce pantalon te donne un air spectaculaire," gémit-il doucement.

"Quoi ?" répétai-je, en regardant furieusement autour de moi. Il y avait des caméras partout, donc je ne pouvais pas savoir exactement de quel angle cela venait. Je ne pouvais qu'espérer que ce n'était pas un gros plan.

"Super !" gémis-je. "Ça a toujours été mon rêve de voir mes fesses apparaître sur la télé internationale".

"Eh bien, j'apprécie certainement l'angle de la caméra," dit-il. "Bien que je ne sois pas très enthousiaste à l'idée de partager la vue avec des milliards d'autres personnes. Ce cul est à moi."

"Je pense que je vais avoir besoin de preuves à ce sujet," dis-je sèchement.

"Elle est là, à ton doigt. Elle scintille même donc tu ne peux pas la manquer."

"Oh c'est ça que ça veut dire ?" demandai-je, tendant la main devant moi et remuant les doigts, bien que l'anneau soit caché sous mes gants.

"Mmmhmm," ronronna-t-il, avant de gémir à nouveau légèrement. "Oh mon dieu, tu ferais mieux de croire que quand tu seras de retour à la maison tu vas encore porter ce pantalon pour moi. Et rien d'autre."

Je gloussai et jetai un coup d'œil une fois de plus, me demandant d'où diable cette caméra filmait et pourquoi ils ne pouvaient pas trouver quelque chose de plus intéressant à filmer que mes fesses.

"J'ai l'impression que je ne le porterai pas très longtemps," taquinai-je à voix basse.

"Tu as probablement raison," flirta-t-il en retour. Je pouvais pratiquement voir le sourire narquois sur son visage. "D'accord cette caméra doit vraiment faire un panoramique ou je vais être dans une situation embarrassante entourée de toute ma famille."

"Pervers," réprimandai-je.

"Baby je suis un gars. Un jeune homme avec une fiancée magnifique et athlétique qui est actuellement affichée en haute définition sur mon téléviseur grand écran dans un pantalon blanc serré qui montre ses fesses très fermes et pulpeuses. Tu devrais être inquiète si ça ne m'affectait pas."

Je ris espérant que le rougissement qui avait envahi mes joues puisse passer pour de l'excitation due à la cérémonie. J'essayai de cacher un peu mon visage puis je réalisai combien de caméras il y avait partout, se cacher était presque impossible. Au lieu de cela je me contentai de protéger au moins une partie de mon visage pendant que nous continuions à bavarder.

"Ça fait toujours de toi un pervers. C'est une cérémonie respectable, un moment propice dans l'histoire du sport," le grondai-je en plaisantant. "Tu as les idées trop mal placées, toi !"

"Je n'y peux rien. Va te plaindre à Ralph Lauren de t'avoir fait mettre ce pantalon."

"Tu es vraiment un vilain coquin," marmonnai-je bien que son flirt soit grandement apprécié. J'aimais qu'il puisse me faire sentir tellement sexy même quand j'étais quasiment habillée des pieds à la tête.

"Tu sais que tu aimes ça," murmura-t-il

"Oui j'aime vraiment ça," soupirai-je. "Je vais m'assurer de laisser celui-là au-dessus, dans ma valise."

"Pourquoi tu mets ta main devant ta bouche ?" demanda-t-il.

"Parce que la dernière chose dont j'ai besoin c'est que quelqu'un là, puisse lire sur les lèvres et que tout soit étalé dans les tabloïds pour dire que la princesse de la glace américaine échangeait des propos coquins avec son fiancé pendant la cérémonie d'ouverture…"

"Oh allez amour," rigola-t-il. "Ce serait une belle histoire à raconter à nos petits-enfants…"

"Ouais," me moquai-je. "C'est juste le genre de choses que tu aurais voulu que ta grand-mère te raconte."

"Pourquoi pas ? Je parie que mon grand-père pensait qu'elle était sexy."

"Oh mon Dieu, Edward, c'est juste que…" Je m'arrêtai frissonnant. "Je n'ai même pas connu mes grands-parents et ça me dégoûte."

"Pourquoi ça te dégoûte ? Tu ne penseras plus que je suis sexy quand je serai vieux et gris ?"

"Eh bien, oui… mais c'est différent," dis-je. "Ne me demande pas pourquoi…"

"Bella quand tu seras vieille et ridée je penserai toujours que tu es la femme la plus sexy que j'aie jamais rencontrée."

"Ouah," roucoulai-je, faisant une moue.

Nous arrivâmes dans le dernier virage et nous dirigeâmes vers les tribunes pour prendre nos places juste au moment où le stade éclatait de nouveau et que le Canada faisait son entrée. Je mis fin à la conversation avec Edward, lui disant que je l'appellerai plus tard une fois que je serai rentrée à l'hôtel.

La parade des nations arrivait en fin de cérémonie et les athlètes ne voyait pas grand-chose. Mais nous avions été annoncés dès le départ pour que nous puissions nous asseoir et profiter de l'excitation. C'était génial de rester assis avec Eric et Angela, entourés par nos coéquipiers étourdis pendant que nous regardions le spectacle éblouissant se dérouler devant nous – lumières, effets spéciaux, musique et mots inspirés. Des frissons remontèrent mon dos quand ils hissèrent le drapeau olympique et récitèrent le serment officiel avant d'allumer le chaudron qui resterait allumé pendant les seize jours des Jeux.

La lueur du feu dansait sur mon visage, enflammant mon cœur alors que j'étais là, entourée par mes collègues olympiens.

J'étais tellement prête pour ça.

Le reste de mon cour séjour à Vancouver fut très occupé. Après les cérémonies d'ouverture nous connûmes tous une telle montée d'adrénaline que personne ne pouvait vraiment penser à retourner dans sa chambre pour dormir. Je traînai au village olympique avec Eric, Angela et un groupe de coéquipiers dont quelques surfeurs des neiges, des joueurs de hockey et un couple de danse sur glace que je connaissais vaguement. Il semblait que faire partie de l'équipe nationale réunissait tout le monde rapidement. Je ne reverrai probablement aucun d'eux après la fin des jeux mais pendant au moins pour une nuit nous étions tous exactement au même endroit, remplis de crainte et d'excitation (et juste un soupçon de terreur) de faire partie de tout ça.

Après avoir à peine dormi j'étais de nouveau debout pour faire quelques interviews et la conférence de presse de patinage artistique féminin. Une fois de plus j'étais reconnaissante qu'Angela soit ma compagne plutôt que Lauren. Je ne pensais pas pouvoir m'asseoir à côté de Lauren Mallory après tout ce qu'il s'était passé. Il n'y avait aucun moyen que je puisse me forcer à faire semblant de la soutenir pour la presse ou que nous nous encouragions quoi qu'il arrive.

Avec Angela c'était facile, même amusant de m'asseoir à côté d'elle et de plaisanter avec la presse. Elle était toujours ébahie, quelque chose dont je me souvenais clairement et honnêtement je n'avais jamais complètement surmonté ma première participation aux Jeux. Il y avait cette lumière dans ses yeux qui disait qu'elle voulait tout, même si elle n'avait pas encore la certitude de pouvoir l'avoir. Chaque fois que je lui aie dit qu'elle pouvait facilement rivaliser avec une Sarah Hughes et tous nous surprendre, elle rougissait et riait. N'ayant acquis que récemment cette confiance en moi à vingt-cinq ans, je savais à quel point c'était difficile d'arriver. J'espérais pour elle que cela ne lui prendrait pas aussi longtemps.

Les obligations médiatiques étant terminées jusqu'à la semaine suivante, Marcus et moi fîmes nos bagages pour rentrer chez nous.

Une fois là-bas dès que j'eus atterris, je repris l'entraînement. Deux jours complets sans un seul moment sur la glace si proche de la compétition me rendaient un peu anxieuse alors j'attrapai rapidement mes patins et repartis en force à la patinoire dès le lendemain matin. Les jours s'écoulèrent dans une brume de manger, dormir et patiner en mettant l'accent sur le dernier. Marcus et Esmée étaient toujours là pour s'assurer que je ne me poussais pas trop. La dernière chose dont j'avais besoin était de me déchirer un muscle ou autre chose stupide.

A la fin de la dernière journée d'entraînement à domicile je me sentais bien. Mes deux programmes étaient solides et cohérents. J'avais répété ma berceuse avec et sans le triple axel, voulant me sentir totalement à l'aise avec l'une ou l'autre option. Honnêtement je ne me souvenais pas lequel j'avais utilisé quand je l'avais montré à Edward la première fois. J'avais été tellement prise par les émotions du moment. Je voulais vraiment utiliser le triple. En pratique je le posais parfaitement bien plus de fois que je le ratais. Mais il m'arrivait encore de le rater. Consciemment je savais que cela ne me ferait aucun bien d'insister obstinément à l'utiliser si les choses ne fonctionnaient pas bien les jours précédents le libre. C'était une décision que nous devions prendre beaucoup plus près de ce jour.

Je franchis la porte juste au moment où le soleil d'hiver plongeait bas dans le ciel. La voiture d'Edward était déjà dans l'allée et les lumières chaudes de la maison étaient allumées, m'accueillant chez moi. Nous étions au milieu d'une vague de froid et les températures étaient tombées bien en dessous de zéro. Une grande partie de moi voulait juste se blottir sur le canapé devant le feu, des couvertures et une tasse de chocolat chaud et profiter d'une soirée tranquille avec Edward avant de partir pour Vancouver le lendemain matin.

Je fis une petite moue en sachant que cela ne se passerait pas ainsi, cet après-midi j'avais reçu un message d'Esmée nous invitant tous chez eux pour un dîner en famille. Un bon repas relaxant avec eux tous, serait presque aussi bon, avec le bonus supplémentaire que je serais moins susceptible de penser au patinage si j'avais sept personnes bruyantes pour me distraire. Je n'avais pas eu beaucoup de temps à passer avec eux ces derniers temps même si je savais qu'ils le comprenaient tous, ça me manquait toujours.

Le feu et Edward seraient toujours là ensuite. Peut-être que nous laisserions tomber le chocolat chaud pour d'autres activités.

"Edward ?" appelai-je, en rentrant et enlevant mes bottes.

"A la cuisine amour," répondit-il immédiatement.

"Tu ne cuisines pas j'espère !?" plaisantai-je, en m'arrêtant au placard pour suspendre mon manteau, en roulant des yeux et prenant le sien qui était resté sur le fauteuil.

"Est-ce que ça sent le brûlé ?" demanda-t-il sèchement, me faisant rire pendant que je jetai mes gants dans le panier et refermai la porte. Il n'y avait aucun espoir pour cet homme dans une cuisine. Il pouvait découper et éplucher des légumes mais à la seconde où vous lui demandiez de mélanger deux ingrédients et de les cuire, il s'ensuivait un désastre.

Je humais l'air profondément et souris. Ça sentait simplement comme la maison.

"Non ça sent très bon par ici, comme …" Je m'arrêtai en entrant dans la cuisine et en voyant qu'Edward n'était pas seul.

"Papa ?" demandai-je et j'en restais bouche bée de surprise. Je clignai des yeux pour m'assurer que je ne rêvais pas.

Charlie était appuyé contre le comptoir alors qu'Edward était assis sur l'ilot central, ils tenaient chacun une bouteille de bière et ressemblaient à des amis. Mon père était censé partir de Seattle pour nous rejoindre à Vancouver demain dans l'après-midi et nous retrouver à l'appartement.

"Hé Bella," dit-il et il leva la bouteille m'accueillant comme si c'était totalement normal qu'il traîne ici dans ma cuisine.

"Papa ! Que diable fais-tu ici ?" demandai-je, en avançant. Une fois que je fus plus près je pus voir son amusement et l'excitation dans ses yeux brun chocolat, contredisant son comportement cool et décontracté habituel. Je jetai un coup d'œil à Edward levant mes sourcils en une question silencieuse pour qu'il me dise ce que j'avais manqué. Il haussa simplement les épaules et sourit en sirotant sa bière, en faisant un geste vers Charlie.

"Oh tu sais je passais juste dans le quartier et j'ai pensé vous rendre une visite," gronda Charlie, en se redressant un peu en s'éloignant du comptoir.

"Rooo tu exagères !" m'exclamai-je, en le tapant sur l'épaule. "Tu étais censé nous rejoindre depuis Seattle demain."

"Oui, bon. Esmée a fait quelques ajustements avec mon voyage comme ça je pourrai voyager avec vous tous," fit-il. "Cette femme n'aime pas qu'on lui dise non."

"Vraiment ?" demandai-je alors que je faisais un sourie enchanté. "Tu vas voler avec nous ?"

"Bon c'est sûr que je ne vais pas rester ici. J'avais oublié à quoi le mois de février ressemble dans le Minnesota. Il gelait à mort là-bas pendant que j'attendais que ce mec arrive pour me chercher," grommela-t-il en désignant Edward de son pouce.

"Hé je te l'avais dit Charlie," argumenta Edward, avec un petit rire. "Tu aurais dû attendre à l'intérieur comme je l'avais dit."

"Oui oui. Petit morveux," marmonna Charlie. Il leva la main et ébouriffa grossièrement les cheveux d'Edward. "Tu es sûre que tu veux garder celui-ci, Bells ? C'est un peu Monsieur Je-Sais-Tout."

Je ris, mon cœur se réchauffant de les voir ensemble. Deux hommes qui comptaient énormément pour moi de manières différentes et ils avaient développé un lien étroit avant même que je ne m'en rende compte.

"Ouais," soupirai-je, en aplatissant les cheveux d'Edward et les remettant à leur place comme il aimait qu'ils soient. Ensuite je regardai dans ses yeux et je souris quand je vis qu'il me fixait heureux et content. "J'en suis presque sûre papa. Je me suis plutôt attachée à lui."

Edward me sourit et me fit un clin d'œil, me tirant entre ses genoux et enroulant nonchalamment ses bras autour de moi.

"Eh bien d'accord alors. Je suppose que tu aurais pu faire pire," concéda Charlie avec un mouvement amusé de sa moustache. "Le garnement a juste besoin d'apprendre un peu de respect pour l'autorité."

"C'est toi qui as commencé à agir de la sorte alors je te traite comme tel," dit-il par-dessus mon épaule, me serrant doucement.

Charlie éclata de rire. "Tu vois ce que je veux dire Bells ? Pas de respect pour son futur beau-père. Rappelle-moi de te faire visiter mon armoire d'armes à feu quand vous viendrez tous les deux à Forks pour une visite."

"Peu importe Charlie," se moqua Edward. "Tu m'aimes trop pour te servir d'un pistolet contre moi."

Charlie rit. "Ça pourrait te faire du bien," dit-il en se dirigeant vers le frigo pour prendre une autre bière. Et cela me fit plaisir de le voir se sentir comme chez lui dans notre maison.

"Ton entraînement s'est bien passé ?" murmura doucement Edward dans mon oreille, en posant son menton sur mon épaule.

"Ouais. Je ne devrais avoir que quelques marques colorées sur les hanches cette fois-ci," dis-je sèchement, en grimaçant lorsque mon pouce a trouvé un endroit sensible.

"Je t'enduirai de glace minérale plus tard," murmura-t-il, la chaleur de son souffle contre mon oreille et la promesse dans sa voix rauque me firent frissonner.

Je tournai la tête un peu, oubliant que mon père n'était qu'à quelques mètres de moi me retrouvant face aux yeux profonds et émeraudes d'Edward. Je me léchai les lèvres, mon regard s'arrêta un instant sur celui d′Edward, souhaitant une fois de plus que nous puissions fermer les portes et exclure le monde pour une nuit. Il
y avait vraiment trop longtemps que nous n'avions pas pu prendre du temps juste nous deux.

"J'ai déjà hâte," murmurai-je, en me retournant pour lui faire face et en me penchant doucement pour
embrasser ses lèvres.

Je voulais que ce soit juste un petit baiser rapide et désinvolte mais bon sang, ses lèvres étaient si douces. Et je ne l'avais pas vu de toute la journée, je l'avais à peine vu plus de quelques heures par jour depuis que j'étais rentrée de Vancouver. Qui pourrait me reprocher de l'embrasser et de me fondre dans ses bras juste un peu ? Surtout quand il répondait avec enthousiasme. Le bout de ses pouces effleura la peau nue de mon dos, juste
au-dessus de mon pantalon de yoga pendant que mes mains couraient sur ses cuisses musclées et couvertes de denim, à partir du genou puis en se déplaçant vers le haut pour saisir doucement ses hanches alors que j'essayais de me rapprocher.

Le bruit d'un raclement de gorge faible mais intentionnel, me réveilla comme si on m'avait jeté un seau d'eau froide, me faisant revenir au moment présent. Oups. Oui. Charlie.

"Désolé, Chef," marmonna Edward timidement, un sourire sur son visage. Un soupçon de rose se montra sur ses
joues alors qu'il desserrait les bras et s'éloignait un peu plus de moi. Mon visage était rouge de gêne également mais il n'était pas question que je m'excuse. Après tout, nous étions fiancés. Et vivions ensemble. Ce n'est pas comme si Charlie était complètement inconscient du fait que nous étions... enfin, intimes.

"Hé, vous êtes chez vous…" dit Charlie, en détournant les yeux et en buvant sa bière, ses propres joues juste un peu roses. Nous faisions une sacrée équipe. "Je n'ai juste pas besoin d'être témoin de... ce qu'il se passe là," bégaya-t-il, en faisant un geste maladroit entre nous avec sa bouteille de bière.

Edward rit, en levant les mains comme pour dire "n'en dis pas plus". Il souffla un peu et se frotta les mains sur ses cuisses, en jetant un regard entre nous deux.

"Je vais juste vous laisser un peu de temps pour vous retrouver," dit-il, me poussant doucement pour pouvoir descendre. "Charlie n'a pas encore vu la maison, pourquoi ne pas lui montrer ?" suggéra-t-il, en hésitant un peu avant de me donner un baiser rapide sur le front. "Nous devrions partir chez mes parents vers six heures alors tu as un peu de temps".

"OK," acceptai-je, en tendant la main pour tenter de le tirer en arrière pour un baiser de plus. Je me mordis la lèvre pour retenir un rire quand il retira hâtivement sa main de la mienne, me lançant un regard douloureux qui disait de ne pas pousser ma chance. Toujours un gentleman.

Une fois qu'Edward fut sorti, Charlie et moi n'eûmes qu'un moment de gêne initiale et j'en fus assez fière. Pour une raison quelconque, cela avait toujours été plus facile, plus confortable, quand il y avait d'autres personnes autour de nous pour d'amortir les similitudes de nos personnalités qui faisaient que de nous rapprocher était difficile. Mais nous étions tellement mieux maintenant, tous les deux faisant un effort pour y arriver. Après une vie entière de sentiments blessés et de malentendus, je pensais que nous avions fait des progrès miraculeux.

Je fis faire à Charlie une petite visite de la maison, en passant pas mal de temps dans la cave, également connu sous le nom d'"antre d'Edward" ou la "caverne du mec" comme j'aimais l'appeler, où tous les "trucs sympas" étaient rangés. Je lui montrai fièrement montré la vitrine des trophées où les symboles de nos réalisations étaient exposés. Le dernier ajout en date était ma médaille d'or des championnats nationaux, fraîchement monté et accroché au mur avec une photo de groupe de moi avec toute la famille, prise après la cérémonie de remise des médailles.

Après avoir traversé le reste de la maison, nous nous retrouvâmes dans le salon. Au lieu de s'asseoir sur le canapé, comme je m'y attendais, Charlie alla jusqu'à la cheminée, regarder les différentes photographies encadrées.

Il jeta un coup d'œil dessus, s'arrêtant de temps en temps pour les regarder de plus près. Les photos encadrées étaient un mélange de nos photos préférées - nous en famille, entre amis, ensemble. La plupart étaient plus récentes, allant de l'époque où nous nous étions rencontrés à aujourd'hui mais il y en avait quelques-unes qui dataient d'avant notre relation.

L'une de mes préférées était une photo d'Edward et de sa famille se tenant debout sur la glace du Xcel, prise après son premier match professionnel. Emmett et lui portaient toujours leur tenue complète, leurs joues roses à cause du froid et de l'effort, leurs cheveux humides de sueur. Edward avait l'air si frais et excité, ses parents le soutenant fièrement et Emmett agenouillé devant et Alice assise sur ses genoux. Il était clair de voir l'amour qui les unissait et ça n′avait pas changé.

Cette même affection était évidente sur la photo à côté, la photo de famille sur laquelle j'avais été incluse à la cérémonie de mariage d'Alice et de Jasper. Cela m'émouvait toujours un peu de voir que leur amour s'était étendu à Jasper, Rosalie et moi-même. Nous n'avions jamais eu l'impression d'être des nouveaux venus dans la solide unité familiale déjà en place. Nous étions traités comme si nous avions toujours eu une place là-bas, comme s'ils nous attendaient pour les compléter.

Charlie reprit la photo suivante, tout en riant à gorge déployée pendant qu'il examinait. C'était la photo de nous six, prise juste après le plongeon de l'ours polaire en mars dernier. J'ai été frappé par le fait que c'était exactement la même photo que Renée avait prise dans mon étagère quand elle avait mis les pieds dans mon appartement. Elle l'avait regardée avec un léger dégoût et un certain agacement pour la vie que je m'étais forgée. La voir scruter cette photo m'avait donné mal au cœur.

Et je fus vraiment frappée à moment-là par la différence entre mes parents. Charlie regardait cette photo avec de l'admiration et du respect. Il les avait tous bien accueillis, malgré son calme parce qu'il savait qu'ils étaient importants pour moi. Il était reconnaissant de leur présence dans ma vie. Il était si évident, en voyant son expression, que tout ce qu'il voulait, c'était que je sois heureuse, et qu'avoir cet aperçu de ma vie ici - voir que j'étais vraiment heureuse - lui suffisait. J'étais soudainement extrêmement reconnaissante que mon père et moi ayons eu une autre chance.

"Papa ?" lui dis-je doucement, en me tenant à côté de lui.

"Hmm ?" me répondit-il distraitement, en continuant à étudier les photos.

"Je suis vraiment contente que tu sois venu," murmurai-je.

Il se tourna vers moi, sa moustache se mit à bouger avec son sourire et il enroula un bras autour de moi… et me serra contre son épaule. "Moi aussi, Bells."

Je restai dans son étreinte en lui racontant l'histoire de quelques-unes des photographies, l'éclairant sur certains des faits marquants de l'année écoulée et sur ma vie dans le Minnesota. Il s'arrêta net en tombant sur une photo placée près de l'extrémité de l'étagère, un simple cadre en bois qui contenait une photo de moi et Charlie de quand j'étais petite fille. J'étais vêtue d'un costume rose étincelant et assise sur les genoux de mon père dans les gradins de la petite patinoire locale où j′avais participé à ma première compétition.

"Je me souviens de ça," chuchota-t-il, en prenant le cadre pour regarder de plus près, en caressant doucement le verre du bout du doigt, son visage arborant un sourire. "Tu as patiné sur la musique de la Belle au bois dormant et tu étais si excitée de faire ton premier Salchow. Tu les as appelés les "Chow Cows".

"Je ne m'en souviens pas," gloussai-je, aux sottises de mon jeune moi. "J'ai juste toujours aimé la photo. Je l'avais dans ma chambre quand j'étais plus jeune. Après notre départ. Puis... eh bien, les choses ont changé. Maman a commencé à changer. J'ai commencé à changer. J'étais tellement en colère contre toi du fait que je croyais que tu ne te souciais pas de moi et bien sûr, elle ne faisait que l'encourager. Alors pendant longtemps, je l'ai mise de côté."

"Bella…"

"Non, papa, c'est bon," l'interrompis-je en douceur. "Il n'y a pas de retour en arrière et on ne peut pas changer ce qu'il s'est passé. Mais nous réparons enfin nos erreurs. Je suis tellement heureuse de pouvoir sortir cette photo maintenant et je sais maintenant que mon père m'a toujours aimée, même si nous nous étions perdus de vue pendant un certain temps".

Il me prit dans ses bras, l'odeur du tabac et de la verdure remplissant mes narines puisque mon visage était appuyé contre sa poitrine couverte de flanelle. Je le sentis embrasser le haut de ma tête, son souffle légèrement chancelant alors qu'il me tenait fermement.

"Je l'ai fait, ma petite fille," dit-il d'une voix rauque. "Je t'ai toujours aimé et je t'aimerai toujours plus que n'importe quoi. Je ne suis pas très doué pour le dire mais j'espère que tu le sais".

Je hochai la tête contre sa poitrine et le serrai contre moi. "Je le sais."

"Euh, c'est vrai," bafouilla-t-il, en reculant d'un pas et en toussant un peu gêné. Je voulais rouler les yeux en voyant avec quelle facilité il retombait tout de suite dans son attitude réservée. Mais c'est juste une partie de ce qui faisait de lui Charlie. "Alors... J'ai en quelque sorte, eh bien, j'ai quelque chose pour toi."

"Quoi ? Non, papa, tu n'as pas besoin de m'apporter quoi que ce soit. Tu t'es déjà arrangé pour prendre tout ce temps libre pour aller à Vancouver, c'est tout ce que je voulais."

"Oh, ce n'est rien, Bells. Je devrais y être. Je veux y être. Je sais que j'ai beaucoup de choses à rattraper, le fait de ne pas être là au fil des ans. Anniversaires, Noël, ne pas t'avoir vu patiner aux derniers Jeux Olympiques et tous ces autres moments importants où j'aurais dû être là pour toi. J'ai juste, euh, je suis vraiment nul pour ce genre de choses".

"Quoi ?"

" Tu sais, les trucs ringards et émotionnels…" grommela-t-il, fouillant dans la poche de ses Levi's usés.

"Ce n'est pas vraiment mon truc, alors... voilà." Il tenait une petite boîte, l'agitant un peu quand je ne la pris pas tout de suite. Il semblait plutôt désireux de s'en débarrasser, le regard sur son visage donnait l'impression qu'il tenait une bombe à retardement ou quelque chose comme ça.

Je levai les yeux au ciel mais résistai à discuter davantage. C'était évidemment important pour lui et j'avoue être très touchée par ce geste, surtout en voyant à quel point c'était important pour lui.

J'ouvris le couvercle de la boîte et je sentis mon cœur s'arrêter. A l'intérieur, installés sur un coussin de velours se trouvaient deux simples clous d′oreilles en saphir bleus étincelants.

"Si tu ne les aimes pas, tu peux en parler à Edward," bégaya-t-il en se frottant le cou. "Il m'a en quelque sorte aidé à les choisir."

"Vous êtes allés faire du shopping ensemble ?" demandai-je, mes yeux s'écarquillant plus à cela qu'au cadeau lui-même. C'était tellement... adorable.

"Eh bien, nous sommes allés dans un magasin et j'ai acheté quelque chose. Je ne pense pas que cela nous fasse vraiment être des copains de shopping," dit-il, vaguement horrifié à l'idée.

"Merci, papa," lui dis-je en faisant un geste avec la boîte. " Elles sont vraiment belles. "

"Je voulais juste que tu aies quelque chose, tu sais, à garder avec toi," m'expliqua-t-il. "Je sais que nous ne nous verront pas si souvent, avec toi qui vis ici et moi à Forks."

"Ce n'est pas un si long voyage de Forks à St. Paul," murmurai-je avec un doux sourire. "Et apparemment Esmée a déjà une chambre d'amis à ton nom."

Il gloussa et hocha la tête puis il tendit la main et posa sa main chaude et calleuse sur la mienne.

"Ça va dans les deux sens, Bells. Si toi et Edward voulez un jour venir à Forks, et bien, la porte est... toujours ouverte".

"Nous te prenons au mot," promis-je, en levant ma main sous la sienne pour relier nos doigts.

"Bientôt."

Résumé:

Projets de mariage et moments de tendresse à la maison

En route pour Vancouver et les cérémonies d'ouverture

Le visiteur surprise