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EPILOGUE
"Mac ?" criai-je, en fouillant le rez-de-chaussée de notre maison, jetant un coup d'œil à chaque porte. "Nous devons y aller mon pote !"
Pas de réponse. L'enfant pouvait devenir une souris quand il le voulait. Ce qui était agréable parfois mais pourquoi devait-il choisir maintenant ?"
"Allez Big Mac, maman et ta sœur vont nous attendre ! Tu sais à quel point elles sont grincheuses quand nous sommes en retard…"
Je montai les marches deux à deux et plongeai ma tête dans sa chambre, fronçant les sourcils quand je la trouvai vide à part le bazar du petit garçon. Bella va être remontée si elle voit qu'il n'a pas rangé sa chambre comme il le lui avait dit.
Je commençai à m'énerver et ma patience diminuait, je parcourus le couloir jusqu'à notre chambre. Parfois il aimait se mettre avec un livre sur le petit canapé au pied de notre lit.
La couette n'était pas dérangée, chaque oreiller soigneusement tapé pas un seul élément déplacé.
Pas de Mac.
Alors que mes yeux parcouraient la pièce ils s'arrêtèrent sur un objet posé sur notre commode. Entre la boite à bijoux de Bella et mon tas de boutons de manchette, les colliers et la monnaie se trouvait le grand cadre en bois que mes parents nous avaient donné après notre mariage. Les mots l'amour est patient étaient inscrits dans le cadre.
La patience. C'est ce dont j'avais besoin maintenant.
En grandissant les valeurs avaient beaucoup d'importance dans notre maison. Mes parents avaient essayé d'inculquer les leurs à chacun d'entre nous, enfants, et ils les appliquaient chaque jour à travers des enseignements, des mots et des actions. Pour moi ils étaient un exemple vivant et respirant des vertus qu'ils souhaitaient que chacun de nous incarne.
Finalement, j'ai appris – comme tous les autres enfants – qu'aucun de mes parents n'était parfait mais j'ai admiré la façon dont ils ne s'éloignaient jamais de ce qu'ils croyaient important…
Honnêteté, Fidélité. Respect. Amour, l'un pour l'autre et envers leurs enfants.
Et patience.
Cette dernière avait toujours été un peu plus difficile à saisir pour Alice et Emmett.
Emmett était un grand fan de la gratification instantanée surtout pendant son adolescence. Il voulait toujours tout maintenant et n'aimait pas attendre. Cela fonctionnait généralement de cette façon pour lui aussi. Il m'a toujours semblé que les choses venaient si facilement pour lui : les sports, les amis, les filles. Surtout les filles. Bien qu'il n'ait pas été le meilleur élève, il s'était débrouillé et avait été rapidement accepté dans son université de premier choix grâce à une bourse de hockey. Il n'avait pas vraiment eu besoin d'attendre quoi que ce soit... jusqu'à ce qu'il rencontre Rose.
Et Alice, elle était trop planificatrice. Elle avait besoin de délais et de structure et de beaucoup de listes. Elle n'avait jamais été une fan de cette notion que si vous bâtissez des rêves ils se réaliseront. Elle avait toujours été une avocate de construisez et entraînez chaque personne que vous connaissez (et cinq de leurs amis) à venir et à l'admirer.
Pendant que mon frère et ma sœur luttaient avec ça, pour une raison quelconque la patience était toujours cette vertu que je saisissais facilement.
La plupart du temps au moins. Pas tellement en ce moment.
Dans combien d'endroits différents un enfant peut-il se cacher ?
Je roulai les yeux d'exaspération. Un gars essaie d'attraper dix minutes sur SportsCenter et pour ça il paie très cher ensuite.
"Masen Anthony Cullen !" beuglai-je, sortant le grand jeu. Quand papa m'appelait par mon nom complet j'arrivais toujours en courant. Nous savions qu'il voulait toujours quelque chose quand il utilisait cette tactique.
Malheureusement, mon fils ne semblait pas avoir la même peur que j'avais à son âge. Pas un seul regard.
Bon, merde. Il faut bien qu'il soit quelque part.
Je me grattai la tête, essayant de réfléchir où il avait bien pu disparaître. Il avait été sage cet après-midi depuis que je l'avais récupéré à l'école. Un peu déçu d'avoir perdu leur match de hockey hier soir mais rien de dramatique.
Où diable est-il ?
Tout en poursuivant ma recherche, j'essayai de garder mon sang-froid, me rappelant comment j'avais fait face à l'impatience par le passé.
Au début avec de petites choses. Comme travailler mes devoirs d'orthographe et enregistrer toutes ces règles de grammaire embêtantes dans ma mémoire. Même quand je voulais déchirer mon cahier en deux et lancer des fléchettes aiguisées au plafond.
Ou essayer si fort d'attendre cette poussée de croissance quand mes parents n'arrêtaient pas de me le dire. Celle qui me ferait passer d'un garçon maigre et parsemé de rousseur à un homme imposant et ciselé. J'aurais attendu un peu plus longtemps si j'avais su que grandir si vite signifiait être pris dans le purgatoire d'un corps d'adolescent maladroit pendant bien trop d'années.
Je n'oublierai jamais quand j'avais fait mes premiers essais pour apprendre à patiner. Tomber et manger de la glace n'est pas amusant. Et j'en avais mangé beaucoup. Mais j'avais écouté mon père quand il m'avait dit d'être patient et de continuer d'essayer. Avec un travail acharné et de la persévérance je finirais par comprendre et commencerais à patiner mieux que mes amis.
Et il avait raison. Alors que la première année d'études secondaires arrivait j'étais le plus rapide sur des patins et j'avais déjà été appelé pour faire partie d'une équipe.
Quand j'eus le courage de demander à la première fille de venir au bal avec moi et qu'elle m'avait jeté sans ménagement ma mère me consola en faisant comme si elle ne voyait pas les larmes rebelles dans mes yeux, une évidence que j'aurai préféré cacher de mon cœur d'adolescent brisé. Elle s'était couchée avec moi sur ma couette des Minnesota North Stars dans une chambre qui était décorée avec des posters de Wayne Gertzky et Mike Modano. Elle avait arrangé mes cheveux et gratté mon crâne. Et elle m'avait dit d'être patient. Qu'un jour je rencontrerai la fille qui m'aimerait pour exactement qui j'étais, qui m'apprécierait et chérirait mon cœur autant que je chérirai le sien.
… il fallait juste que je l'attende.
Et ce conseil était un peu plus difficile à suivre.
Tout au long de mes études secondaires, j'avais regardé mes amis se lier avec des filles à l'école, tombant amoureux et rompant aussi vite, tellement que j'arrivais difficilement à suivre qui était avec qui.
Et ce n'était pas comme si j'étais resté complètement chaste.
Et alors que j'essayais de croire que ce que ma mère m'avait dit était vrai, que la fille parfaite pour moi était quelque part, là, dehors, mes hormones hurlantes me disaient autre chose. Je réparais donc ce cœur brisé pendant le premier cycle du secondaire. J'ai flirté, embrassé, j'ai même attiré une fille sur le siège arrière de ma voiture après un match particulièrement génial pour parler, se peloter un peu… d'accord, peut-être beaucoup.
Puis j'ai perdu ma virginité face à cette même jolie fille après que notre équipe ait remporté le championnat d'état durant ma dernière année. Même si je savais que ça ne durerait pas.
A l'université j'ai continué à passer un bon moment. Me vanter d'être l'un des meilleurs buteurs de l'équipe (dans l'une des universités les plus réputées du pays) ne me laissa pas en manque d'attention féminine. Malgré tout je ne déconnais pas avec toutes les filles qui venaient à moi, comme certains de mes amis, j'avais une vie sociale assez équilibrée pour un gars de mon âge. Je n'avais pas été un coureur de jupons mais je n'avais pas non plus été un moine.
Et ensuite il y avait eu Kate.
Au début je pensais que ça pourrait être elle, la bonne. Elle était douce gentille et magnifique. Tout ce que je pensais avoir voulu… au début. Mais il était vite devenu clair que Kate n'était pas celle-là. Elle avait été pratique, permettant de combler un vide pendant un certain temps.
J'aimais être dans une relation – la compagnie qu'elle offrait et avoir quelqu'un à ramener chez moi pour les dîners en famille même s'il était clair qu'ils ne s'entendaient pas particulièrement. J'aimais avoir quelqu'un à qui parler, qui m'encourage, que je puisse tenir dans mes bras. Quand j'étais avec elle je réalisais à quel point j'avais été seul auparavant, quel était mon manque de ce point de vue.
Mais ce n'était pas la femme dont ma mère m'avait parlé, celle qu'il fallait que j'attende.
Nous avions rompu juste avant Noël et je me retrouvai en position de septième roue dans une famille pleine de couples parfaits.
Pendant un an j'étais resté tout seul, me concentrant sur mon travail et maintenant une relation très proche avec ma famille et mes amis. J'avais ri, souri mais je n'avais jamais été vraiment heureux. Et comme elle l'avait fait quand j'avais douze ans ma mère s'était assise à côté de moi et m'avait caressé la tête. Et elle avait répété les mêmes mots.
Sois patient.
Elle l'avait redit quand je m'y attendrais le moins, la bonne fille trébucherait sur mon chemin.
Et trébucher c'était exactement ce qu'elle avait fait.
Au moment où Bella avait trébuché sur ses béquilles et était tombée dans mes bras à l'aéroport, je savais qu'elle serait importante.
Quand elle m'avait regardé avec ses magnifiques yeux de Bambi, c'était comme si j'avais trouvé ce que j'attendais.
Quand elle ne s'était pas présentée au bar la semaine suivante j'étais sûr d'avoir raté ma chance d'une manière ou d'une autre. Toutes ces années d'attente et j'avais laissé la fille de mes rêves glisser entre mes doigts et sortir de ma vie. J'avais été tellement déçu et énervé contre moi-même, sans parler de l'univers. Elle avait été juste là !
La patience et moi nous sommes un peu battus cette semaine-là…
Puis je l'ai vue à travers la vitre, assise entre ma mère et ma sœur. J'avais été tellement secoué que je n'étais pas sûr que ce ne soit pas mon imagination. J'avais tellement voulu la revoir que je pensais être en train de rêver. Et c'est ce que pensa une partie de moi pendant tout le match. M'attendant à ce qu'elle disparaisse de nouveau dès que j'aurais quitté la glace.
Mais quand je sortis du vestiaire pour retrouver ma famille et mes amis ce soir-là, elle était toujours là, m'attendant.
Immédiatement je sentis que tout allait bien dans l'univers, effaçant ma déception et la remplaçant par une pure exaltation. Et du soulagement.
Je ne l'avais pas perdue. A partir de là je n'ai plus jamais remis la patience en question.
Et c'était une bonne chose car j'en ai eu besoin.
Dès le début il est devenu clair pour moi que Bella était différente. Quand je l'ai rencontrée elle ne s'était pas encore trouvée, elle n'avait pas confiance en elle, elle ne faisait pas facilement confiance et pour cause. Il y avait eu tellement de fois au cours de ces premières semaines de notre amitié que j'ai voulu qu'elle se dépêche d'ouvrir les yeux et de voir à quel point elle était incroyable, à quel point nous pouvions être ensemble.
Et elle l'a fait… lentement.
Ça n'a pas toujours été facile mais comme je l'avais dit à Bella, au cours de cette première année ensemble, ça en valait toujours la peine.
Elle en valait toujours la peine.
Le bonheur qu'elle avait apporté dans ma vie, la façon dont elle s'était parfaitement intégrée à ma famille. La façon dont elle me faisait sourire tous les jours, même dans mes pires jours. Oui, elle en valait la peine.
Et bien que la patience et moi soyons devenus de grands amis, de temps en temps nous devions nous battre un peu. Mais à la fin de la journée nous étions toujours dans la même équipe. La patience était mon ailier.
Surtout dans des moments comme celui-ci lorsque mon petit très sournois de sept ans, se cachait.
Je jetai un coup d'œil dans la chambre d'Emma même si je doutais qu'un garçon de sept ans ait un intérêt quelconque pour le paradis violet à volants où notre fille de cinq ans dormait. Encore une fois peine perdue.
Et les endroits où chercher commençaient à se faire rares.
Notre maison n'était pas immense après tout, mais assez grande pour qu'un enfant d'un peu moins d'un mètre vingt puisse se cacher pendant un long moment.
Nous avions quitté notre maison quand nous avions découvert que Mac était en route. Alors que nous aimions tous les deux la maison dans laquelle nous étions tombés amoureux, la même où nous avions commencé notre mariage, ce n'était tout simplement pas pratique pour nous deux. Nous n'avions pas bougé bien loin, à quelques kilomètres seulement et depuis nous y étions.
Je suppose que nous ne pouvions pas être qualifiés d'âmes errantes. Nous avions tendance à trouver notre place et à creuser. Nous aimions tous les deux voyager mais nous avions toujours besoin d'une maison où revenir.
Je traversai le salon en évitant les jouets qui restaient rarement dans les paniers que Bella avait achetés pour les ranger. Je jetai un coup d'œil sous la table basse qui était couverte de traces de feutre, très compliqué à nettoyer - vérifiai derrière le canapé avec plein d'oreillers avant que je ne les vire. Tu cherches un enfant, mec, pas tes clés perdues.
Je jetai un bref coup d'œil dans la pièce, tout en sachant qu'il n'était pas là. Les photos accrochées sur le mur et posées sur les étagères, racontant les années de notre vie commune, une copie écornée de Sense & Sensibility ouverte sur le siège ensoleillé de l'alcôve de la pièce de devant qui était une demande de Bella quand nous avions cherché une nouvelle maison. Elle avait toujours aimé s'asseoir et rêver, et c'était toujours le premier endroit où je la trouverais.
Dommage que Mac n'ait pas été aussi constant.
En dernier recours, je descendis au sous-sol. Il y avait quelques lumières allumées mais quelqu'un oubliait toujours de les éteindre. J'appelai plusieurs fois, en jetant un coup d'œil dans la pièce, que Bella avait surnommé ma "caverne de mec". Avec un écran de projection, des canapés moelleux et notre vaste mur de trophées le long du mur du fond. Mon maillot Wild accroché au milieu, avec la robe de patinage de Bella de son long programme à Vancouver exposée juste à côté.
Les voir côte à côte me faisait toujours sourire et me rappeler cet hiver-là, cet air qu'elle avait avec cette robe quand je m'étais agenouillé et lui avais demandé de m'épouser. Comment elle avait été si gracieuse et si belle avec sur la glace devant des milliers de personnes lors des Jeux Olympiques, tellement envoûtante et magnifique que j'avais eu du mal à respirer durant tout le temps. Son expression quand, moins d'une heure plus tard, elle se tenait sur la plus haute marche du podium et saluait pour recevoir sa médaille. D'or. Je n'ai pas honte d'admettre que j'avais les larmes aux yeux quand je l'avais vue sur la plus haute marche, sa main sur son cœur alors que la bannière étoilée résonnait dans le Coliseum.
Ma fille le méritait, même si elle avait finalement compris qu'elle n'en avait pas vraiment besoin.
Quand je n'obtins pas de réponse, je fis presque demi-tour pour continuer à chercher. Puis une petite touffe de cheveux bruns en désordre, juste au-dessus du dossier du canapé, attira mon attention.
Je soufflai de soulagement. Finalement je commençai à paniquer.
"Te voilà," dis-je, faisant le tour du canapé. "Tu ne m'as pas entendu t'appeler ?"
Mac était là, recroquevillé dans le coin. Mon fils. L'une des meilleures choses qui me soit jamais arrivée. Et il était en pleine crise de morosité.
J'étais toujours un peu stupéfait de voir tout ce qu'il avait pris de moi, même au début. C'était comme me voir quand j'étais enfant. La seule différence était que le balai ébouriffé sur sa tête était du même brun acajou profond de Bella et il avait aussi hérité de la forme de sa bouche. Tout le reste, le nez, le visage, les yeux, c'était tout moi. Bella avait déjà prophétisé qu'il serait entouré de filles dans pas longtemps.
Il portait son sweatshirt favori trop grand avec le logo Wild sur le devant et jouait avec un ours en peluche, le même que j'avais jeté sur la glace à Bella après son programme court aux Jeux Olympiques. Elle le gardait sur une des étagères du mur des trophées et Mac aimait s'asseoir avec lui quand il se sentait démoralisé. Il y avait vraiment quelque chose qui se passait.
"Oh. Hé, papa", dit-il d'un ton grincheux, en tournant ses yeux verts vers moi. Il me gratifia d'un petit demi-sourire qui n'atteignit pas ses yeux avant de regarder l'ours sur ses genoux.
"C'est quoi ce visage renfrogné, Big Mac ?" demandai-je en lui tapant sur le menton. "Tout va bien ?"
"Oui, ça va." Il haussa les épaules et serra l'ours un peu sur sa poitrine.
"Mec, ça ne sert à rien d'essayer de me cacher des trucs…" soupirai-je, en m'appuyant sur le canapé, face à lui. "Je suis le Papa, tu te souviens ? Je sais tout."
"Ce n'est pas vrai," me dit-il, en me faisant cette petite expression qu'il avait maîtrisée si tôt. " Tu ne sais pas ce que maman va t'offrir pour Noël".
"Oui, c'est parce que maman est rusée avec ce genre de choses. Mais je peux toujours dire quand elle est contrariée par quelque chose… et c'est la même chose pour toi," lui dis-je, en tendant la main pour lui piquer les côtes. "Alors, allez. Avoue. Qu'est-ce qui te tracasse ?"
"C'est vraiment stupide," marmonna-t-il. "Certains des gars à l'école rageaient à propos du match d'hier soir."
"Et alors ?"
"Eh bien, tu te rappelles de ce but que j'ai manqué à la deuxième période ?" demanda-t-il. Je hochai la tête sans vraiment y réfléchir.
Apparemment, Mac l'avait fait, parce qu'il avait l'air gêné quand il marmonna le reste de son explication. "Ils me taquinaient parce que c'était un tir facile. Ils ont dit que je pourrais tout aussi bien échanger mes patins de hockey contre un tutu et devenir un patineur artistique comme maman si je ne peux pas apprendre à tirer avec le palet."
Petits merdeux.
Il fallait que ce soit Derek et Cody. Bien sûr, ils n'avaient que sept ans mais il était clair qu'ils étaient tous les deux de petits enfoirés arrogants. Mon premier instinct fut d'aller les trouver et de cogner leurs crânes ensemble pour avoir mis ce regard de misère sur le visage de mon enfant. Mais cela m'aurait causé des problèmes avec la ligue, sans parler des autres parents. Même s'ils étaient presque tous d'accord avec moi. Je suppose que je devrais me contenter d'une "discussion de père" pour régler le problème, du moins pour l'instant.
"Hé," dis-je doucement, en me rapprochant de Mac jusqu'à pouvoir lui donner un coup de coude dans l'épaule. Ses yeux étaient énormes et pleins de confiance quand il me regardait. J'espérais pouvoir trouve le bon moyen de dire les choses pour régler ce problème. "Tout d'abord, ces gars sont des... euh... crétins."
"Papa !" dit-il en haletant, la bouche ouverte. "Tu es l'entraîneur. Je ne pense pas que tu sois censé dire que tes joueurs sont des crétins."
"Ouais, eh bien je suis ton père d'abord et l'entraîneur ensuite. Entre toi et moi, ces gars sont des cons."
"Ouais, ils le sont un peu," dit-il, les lèvres se tordant en un petit sourire.
"Deuxièmement, toi plus que quiconque, dois savoir à quel point ta mère est cool et que le patinage artistique n'est pas... juste de tourbillonner dans une jupe étincelante."
"C'est en partie ce qui m'a rendu si furieux," dit-il, son petit front se creusant de mécontentement. "Je n'ai pas aimé comment ils se moquaient d'elle."
"Ils sont juste jaloux," lui dis-je, en passant mon bras sur le dossier du canapé, au-dessus de sa tête. "Combien d'autres enfants ont une mère avec deux médailles olympiques ?"
"Ouais... elle est plutôt cool," il haussa les épaules, ses doigts jouant avec le petit maillot de l'ours.
"Bien sûr qu'elle l'est. Sais-tu que Sports Illustrated a dit un jour qu'elle était l'une des meilleures athlètes au monde ? En comptant à la fois les garçons et les filles. Tu penses qu'ils diraient ça si elle était juste un patineur artistique quelconque ? Il faut beaucoup de travail et…"
"Je sais, papa mais je ne veux pas être un patineur artistique…" gémit-il. "Je veux être un joueur de hockey. Comme toi."
Je vous le dis, il n'y avait rien de plus impressionnant et de plus terrifiant à la fois que de voir ce regard dans les yeux de Mac. L'amour, la fierté, l'admiration. Il m'avait dit que j'étais son héros et j'essayai d'être à la hauteur de ce titre tous les jours mais ce n'était certainement pas toujours facile.
"Il faut continuer à s'entraîner," lui dis-je, avec un sourire encourageant. "Chaque joueur a un jour sans, de temps en temps."
"Même toi ?"
"Même moi," je fis un signe de tête. "Quand je jouais pour les Wild, il y avait des tonnes de tirs que j'aurais dû réussir et qui ne sont pas rentrés. Mais parfois, on rate. Et cela ne veut pas dire que tu abandonnes. Tu continues... en essayant et en continuant à tirer jusqu'à ce que tu marques un point. Ensuite, tu essaies de marquer le prochain. Tu sais ce que Le Grand Maître a dit : "Tu manques..."
"Cent pour cent des coups que tu ne tires jamais," il finit la phrase que je lui avais répétée un certain nombre de fois. "Je sais."
"Je sais que c'est dur quand tes coéquipiers te donnent du fil à retordre mais tu dois apprendre à laisser glisser," lui dis-je en lui touchant le visage avec mon doigt. "Joue ton jeu, fais de ton mieux. C'est tout ce que tu peux faire."
La misère a disparu de ses yeux vert brillant, remplacée par du courage et de la détermination. Voilà mon garçon.
"Ok…" il hocha la tête. "Je vais essayer."
"Je t'aime, mon pote," lui dis-je, en enroulant mon bras autour de son cou et en le tirant dans mes bras, en lui ébouriffant les cheveux.
"Ouais, ouais, ouais," gémit-il, bien qu'il ait enroulé ses petits bras autour de moi. "Je t'aime aussi, papa".
"Allons-y avant que les filles ne commencent à pleurnicher," lui dis-je, en lui donnant une tape dans le dos.
"Il n'y a qu'Emma qui pleurniche," fit remarquer Mac, en descendant du canapé. "Maman ne fait que lever un sourcil. Comme ça." Il pinça les lèvres et haussa exagérément son sourcil gauche dans une sacrément bonne imitation du visage irrité de Bella.
"Tu te crois si intelligent que ça ?"demandai-je. "Viens par ici !"
Je tendis la main et réussis à le prendre dans mes bras avant qu'il ne puisse s'échapper, enfonçant mes doigts dans ses côtés alors qu'il laissait échapper un rire. Je l'attrapé par les genoux et je le fis passer par-dessus mes épaules, en le faisant pendre dans mon dos alors que je me dirigeais vers l'escalier.
"Non papa !" protesta-t-il, en me tapant sur les fesses, car c'était le seul endroit qu'il pouvait atteindre.
"Lâche-moi, tu veux ? "
"Aucune chance, mon pote."
⁂
Quinze minutes plus tard, après un arrêt rapide pour prendre ma version d'un drapeau blanc, Mac et moi arrivâmes dans le parking vide de la patinoire locale. La même sur laquelle j'avais joué quand j'étais enfant et la même sur laquelle Bella s'était entraînée lors de sa dernière saison de compétition. Bien qu'il y ait eu des réparations et des rénovations au cours des onze années qui s'étaient écoulé depuis, tant de choses étaient restées les mêmes.
J'avais eu beaucoup de bons souvenirs sur cette glace…
Bella aussi, c'est pourquoi elle n'avait pas hésité un instant quand je lui avais parlé de la possibilité de l'acheter il y a quelques années. Elle m'avait simplement passé les bras autour du cou et m'avait dit que c'était le meilleur cadeau qu'elle ait jamais pu demander.
C'était déjà notre patinoire auparavant. L'acheter avait simplement rendu la chose légale.
J'avais déposé Bella à la patinoire ce matin-là après avoir fait faire une révision à sa voiture. Elle avait eu une journée bien remplie, en consacrant d'abord un peu de temps aux routines qu'elle chorégraphiait pour quelques patineurs de compétition pour lesquels elle travaillait en free-lance. Puis, dans l'après-midi, elle avait une poignée de leçons privés. Enfin, elle finissait sa journée avec son tout nouveau projet, un cours de débutant pour les filles, y compris notre propre petite fille tourbillonnante.
C'est l'une des choses que j'admirai le plus chez Bella. Son dynamisme, son ambition, ses rêves. Alors qu'elle aurait pu simplement prendre sa retraite il y a longtemps, l'idée ne lui avait jamais traversé l'esprit.
Elle relevait toujours de nouveaux défis, sur la glace ou ailleurs.
L'été suivant Vancouver, nous avions fait le tour du pays avec sa tournée de patinage.
Bien qu'il ait été difficile d'être sur la route et souvent loin de chez soi, ce fut un été étonnant qui nous avait rapprochés. Mais tout n'avait pas été qu'amusement et jeux. Bella considérait la tournée comme une occasion de se faire un nom en tant que chorégraphe, non seulement en créant ses propres programmes mais en aidant d'autres patineurs de la tournée également. A l'automne, elle avait déjà commencé à recevoir des demandes.
Elle continue à travailler en free-lance, ce qui lui donne la possibilité de travailler à la maison pendant que les enfants sont à l'école et que je suis sur la route. Sa réputation faisait que c'était les patineurs qui venaient à elle plutôt que l'inverse. Ce n'est que récemment qu'elle s'est mise à l'entraînement, en commençant par une poignée de patineurs au niveau régional. Elle aspirait à explorer davantage ses capacités au cours des années à venir mais voulait attendre que Mac et Emma soient tous deux à l'école à plein temps.
En plus de cela, elle restait occupée avec diverses organisations caritatives. Invitée de temps en temps pour des événements de grande envergure et même patiner pour de organismes de bienfaisance ce qui lui ai permis de garder le pied dans le patinage de compétition.
Mais malgré le nombre de balles avec lesquelles elle devait jongler, elle gardait toujours notre mariage et l'éducation de nos enfants au centre de son attention.
Et mes rêves. Depuis le début elle m'avait toujours encouragé à poursuivre mes ambitions, même si cela présentait de nouveaux défis pour nos vies et notre relation. Et chaque fois que je pensais à refuser quelque chose pour prendre la route la plus sûre et la plus facile, elle me poussait en avant, me rappelant que je l'avais toujours soutenue dans la poursuite de ses rêves et qu'elle voulait m'apporter le même soutien.
Ainsi, lorsque l'occasion se présenta pour moi d'enfiler le maillot de l'équipe olympique américaine à Sotchi, en Russie, quatre ans après son incroyable performance de Vancouver, elle avait été ma plus grande pom-pom girl. Et bien qu'elle soit enceinte de sept mois de Mac à l'époque, elle avait traversé la moitié du globe en avion et assisté à chaque match, me soutenant inlassablement et avec enthousiasme depuis les tribunes.
Si deux mille dix avait été le sommet de la carrière de patinage de Bella, deux mille quatorze avait sûrement été la mienne. Avec une médaille d'argent en poche, je pris l'avion pour rentrer chez moi avec ma belle femme et accueillir notre beau petit garçon. Et comme si cela ne suffisait pas, moins de deux mois plus tard, j'étais sur la glace à domicile avec mon équipe et nous serrions tous dans nos mains le métal froid de ce qui concrétisait mon rêve ultime pour le hockey. La Coupe Stanley.
Emmett, Jasper et moi étions restés dans l'équipe pendant quelques années encore, profitant du temps sur la glace avant de passer à de nouveaux projets. Jasper s'était lancé dans la rédaction sportive, en commençant un blog qui suivait tous les derniers événements de la LNH, tandis qu'Emmett avait suivi une voie plus bruyante en devenant commentateur.
Quant à moi, lorsque le moment vint de raccrocher mes patins, je suivis mon nouveau rêve, en m'engageant comme entraîneur adjoint de mon alma mater, les Golden Gophers du Minnesota. Au début, c'était un peu bizarre, regarder les matchs depuis le banc de touche sans espoir de sauter par-dessus les planches pour entrer dans l'action. Mais au cours des deux saisons où j'ai travaillé avec le programme, j'ai trouvé une immense satisfaction au façonnage et la formation des jeunes patineurs qui avaient toute leur carrière devant eux.
Le bonus supplémentaire : mon emploi du temps avec l'équipe universitaire était moins rigoureux que celui de la NHL.
Cela me permettait de passer plus de temps à la maison avec Bella et les enfants. Elle et moi avions assez bien géré de nombreuses périodes d'hiver de voyages prolongés et de séparations mais c'était tellement merveilleux de savoir que je rentrerais à la maison presque tous les soirs.
Peu importe à quel point j'aimais le hockey, ce n'était rien comparé à l'amour que j'avais pour Bella, Masen et Emma. Ils étaient mon monde.
Bien que jouer me manque, l'entraînement me donnait le temps de prendre du recul et de me tenir aux côtés de Bella en regardant nos enfants grandir.
Et je passe encore beaucoup de temps de glace, j'entraîne l'équipe des Mites de mon fils avec Emmett et Jasper. Le plus jeune garçon de Jasper et Ali a le même âge que Mac et de temps en temps nous nous amusons à jouer à cinq, après l'entraînement.
Peut-être qu'un jour, je retrouverai la NHL, mais pour l'instant, je ne peux pas demander beaucoup plus de choses dans ma vie.
Je franchis les portes lourdes et familières de la patinoire, respirant l'air frais et vif. J'avais toujours pu respirer plus facilement avec de la glace dans l'air. C'était comme une addiction, je n'en avais jamais assez. Je suppose que j'étais un garçon du Minnesota à cent pour cent.
Avec Mac qui traînait devant moi, chargé de son sac de hockey, je fis une pause, je le faisais toujours et je m'imprégnai de la belle vue qui s'offrait à moi. Là, à travers du plexiglas éraflé, était ma raison d'être. Ma Bella.
Je ne pensais pas que je m'habituerais un jour à sa beauté ou à la façon dont mon cœur battait un peu plus vite chaque fois qu'elle apparaissait. Peu importe le nombre d'années que nous avions passé ensemble, peu importe le nombre de fois où je la prenais dans mes bras, j'étais toujours étonné de voir à quel point nous allions bien ensemble.
Elle n'était plus la même que lorsque je l'avais rencontrée mais elle était tout aussi éblouissante. Peut-être encore plus maintenant. Je connaissais chaque centimètre de sa peau lisse et soyeuse, chaque tache de rousseur subtile sur son nez, chaque tache d'or dans ses yeux marron foncé. Elle avait toujours été mince et tonique, avec le corps d'un athlète professionnel. J'étais toujours étonné qu'elle puisse être si douce mais si forte en même temps.
Après avoir pris sa retraite, elle consacrait moins de temps à l'entraînement mais elle était toujours restée active. Sans la lutte constante pour maintenir son corps dans la condition optimale requise pour une activité de haut niveau, sa silhouette s'était adoucie en courbes délectables que j'étais toujours désireux de caresser. Elle avait toujours été sexy pour moi mais c'était un vrai plaisir de passer mes mains sur ces courbes arrondies et sexy. Même après dix ans de mariage, je ne pouvais pas garder mes mains loin d′elle.
Mes lèvres se recourbèrent en un sourire en la regardant, virevoltant et gloussant aux côtés d'une petite fille aux boucles cuivrées et brillantes et à la peau de porcelaine. Je savais que si cette petite chose levait les yeux, je verrais de grands yeux brun chocolat, une réplique exacte de sa mère et un sourire qui me faisait me sentir tout chaud et tout guimauve. La première fois qu'elle avait regardé vers moi, mon cœur s'était perdu pour elle, tout comme il l'avait fait pour Bella quelques années auparavant.
Mon bébé. Mon Emma.
J'avais envoyé un message à Bella pour lui dire que Mac voulait passer du temps sur la glace quand nous arriverions alors elles avaient toujours leurs patins, glissant ensemble dans un moment rien que pour elles. J'aimais regarder mes filles comme ça quand elles pensaient que personne ne les voyait. Emma vacilla un peu sur ses minuscules lames et Bella ne tarda pas à la rattraper, plongeant dans la masse de boucles gloussantes, ses petites jambes couvertes de collants bleus scintillant et d'une jupe à volants.
Elle était vraiment une petite chose et c'était la plus mignonne. Tout comme sa maman qui était carrément sexy dans un pantalon de yoga serré, un gilet matelassé sur son t-shirt à manches longues et des jambières sur ses mollets. Putain… les jambières. J'adorais ces choses. Elles me rappelaient la première fois que je l'avais vu les porter avec ce minuscule short quand j'étais arrivé à l'improviste chez elle le jour de la St Valentin alors que nous n'étions encore qu'amis."
Amis, j'en ricanais encore. Elle avait toujours été mon amie mais elle n'avait jamais été que ça. J'avais su dès le début que nous étions beaucoup plus que ça.
Voir Bella avec nos enfants, la façon dont ses yeux s'illuminaient, l'énergie qu'elle avait pour eux, l'amour qui irradiait si facilement d'elle… Peut-être que ça paraissait ringard mais putain c'était magique.
Mac annonça notre présence en posant bruyamment son sac d'équipement sur les gradins en métal. La tête de Bella se releva instantanément, un grand sourire sur le visage quand elle me vit. Peut-être avait-elle oublié que je l'avais irritée…
"Papa !" Emma poussa un cri de joie, remuant dans les bras de Bella pour se frayer un chemin vers moi alors que je passais les bords et me jetais sur la glace.
"Hé, mon petit ange !" la saluai-je avec un sourire, me baissant pour l'attraper alors qu'elle se jetait de tout cœur dans mes bras, toujours confiante que je l'attraperai. Je la hissais, picorant un baiser sur ses lèvres boudeuses. Ensuite je l'installais confortablement sur ma hanche. "Ça s'est bien passé en classe aujourd'hui ?"
"Très bien," s'exclama-t-elle en soufflant et tapant des mains d'excitation. "Maman m'apprend comment faire une pirouette debout." Elle passa ses mains autour de mon oreille et prononça la suite à voix basse. "Elle a dit que j'avais fait de mon mieux mais je n'ai pas l'intention de le dire devant les autres filles, c'est du favoritisme."
Je retins un petit rire à sa sincérité enfantine. Elle ne manquait jamais de me faire sourire avec sa grande naïveté.
"Eh bien si maman l'a dit… ça doit être vrai," lui dis-je triant doucement sur une de ses boucles. "Elle sait."
"Parce qu'elle est la meilleure patineuse de tous temps, pas vrai ?" dit-elle avec un soupir rêveur, en battant des cils.
"C'est vrai," lui souris-je, puis je tournai mon sourire plein d'espoir vers Bella alors qu'elle s'approchait. "Et la plus jolie."
"N'essaie pas d'utiliser la flatterie pour m'adoucir, Cullen" bourdonna-t-elle, enfonçant une pointe dans la glace et en posant ses mains sur ses hanches. "Tu es en retard."
"Euh oh papa, tu as encore des ennuis," chuchota Emma avec un rire. "Maman a le sourcil."
Je me mordis la lèvre pour ne pas sourire et il était clair que Bella faisait de même. Pourtant je savais que ça la dérangeait que je sois en retard, alors je me retins et me raclai la gorge pour cacher mon amusement.
"Pourquoi tu ne vas pas t'entraîner à ta pirouette comme ça tu pourras me montrer ?" suggérai-je, en posant Emma sur ses pieds et en lui tapotant les fesses sur ses volants.
"D'accord !" s'exclama-telle, en s'éloignant à quelques pas avant de tourner la tête et de nous regarder. "Tu promets que tu vas regarder ?"
Oh seigneur cette petite moue boudeuse… ! Elle me menait tellement par le bout du nez que c'en n'était plus du tout drôle.
"Promis mon cœur," lui dis-je et je fis une croix sur mon cœur. "Donne-moi juste deux minutes d'accord ?"
Elle s'éloigna en patinant et je tournai mon attention vers Bella.
"Désolé d'être en retard," dis-je, en comptant sur l'aide de ce petit demi-sourire qui, elle me l'avait dit plus d'une fois la rendait toute chose. Je lui offris le gobelet en papier épais que je cachais derrière mon dos. La gourmandise préférée de Bella - un chocolat blanc chaud. "Je viens avec une offrande de paix."
Elle baissa ses yeux sur ma main en réfléchissant. "Il vaudrait mieux qu'il y ait un supplément de crème fouettée pour cette offrande paix."
"Bien sûr qu'il y en a," dis-je, en l'agitant plus près d'elle. "Juste comme tu l'aimes."
Elle soupira et tendit la main pour me le prendre, profitant de sa chaleur pour se réchauffer les doigts.
"D'accord, tu es pardonné," dit-elle. Comme s'il y avait le moindre doute. Nous savions tous les deux qu'elle ne pourrait jamais rester en colère contre moi bien longtemps. Elle se rapprocha et leva sa main pour poser ses doigts sur ma joue. "Toujours aussi charmeur."
"Rien que pour toi amour," plaisantai-je, en me baissant pour l'embrasser.
Alors que j'allais sentir son souffle sur mes lèvres, je sentis un tiraillement insistant sur la jambe de mon pantalon.
"Papaaaa," grogna Mac, se frayant un chemin entre nous. "Je pensais que tu avais dit que nous pourrions venir nous entraîner pas vous bécoter avec maman."
"Eh bien excuse-moi Sir Masen," dit sèchement Bella, accrochant son menton entre ses doigts et tournant son visage vers elle. "Bonjour à toi aussi."
"Hé maman," dit-il, avec un signe brusque de main. "Puis-je aller enfiler mes patins ?"
Il s'était déjà tourné pour s'éloigner mais Bella ne tarda pas à le rattraper.
"Hep, hep hep, attends un peu," fit-elle. Mac s'arrêta net et se retournant, ses épaules s'affaissant et l'air très impatient.
"C'est comme ça ?" demanda Bella, se penchant pour l'étouffer dans une étreinte, frottant sa joue contre la sienne de la même manière qu'elle le faisait depuis qu'il était bébé. "Pas de câlin, pas de baiser, pas de 'tu m'as tellement manqué aujourd'hui ma belle, merveilleuse maman à moi.'"
"Mamaaan," protesta Mac en riant lorsqu'elle commença à l'embrasser sur la joue. "Laisse-moi partir !" Il se libéra de son étreinte et fit une grimace de dégoût en essuyant sa joue.
"Ouais, ouais tu es un dur mais je t'ai à l'œil," dit-elle en roulant des yeux. Elle le faisait vraiment. Mac était à un âge où les démonstrations d'affection n'étaient pas considérées comme cool, le gamin était le garçon à sa maman. Je rentrais souvent à la maison pour les trouver blottis ensemble.
"As-tu passé une bonne journée à l'école ?" lui demanda Bella, lissant ses cheveux avec ses doigts dans un effort inutile.
"Ouais ça allait," il haussa les épaules puis tourna son attention vers moi. "Peut-on jouer maintenant ?"
"Bien sûr mon pote," lui dis-je. "Va mettre tes patins et j'arrive dans une minute. Je vais juste parler avec maman un peu."
"Eh bien dépêche-toi. Vous êtes toujours en train de vous embrasser et ça prend une éternité," grogna-t-il, et je ris de bon cœur car c'était totalement vrai. Et je n'étais pas sur le point de m'en excuser.
"Vas-y, sors de là," le chassa Bella en se penchant pour s'appuyer contre mon torse. "Je te l'envoie dès que j'en ai fini avec lui."
Mac grogna et partit pour sortir les patins de son sac pendant que j'en profitais pour saluer correctement ma femme. Mes bras s'enroulèrent autour d'elle, la serrant contre moi. Elle sourit et leva son visage vers le mien, passant ses bras autour de ma taille, une tenant toujours le gobelet.
"Quand tu en auras fini avec moi, hein ?" murmurai-je, en plongeant ma tête pour la pousser avec mon nez. "Et quand ce sera exactement, Mme Cullen ?"
Elle soupira et se mit sur la pointe des pieds frottant ses lèvres douces sur les miennes dans un baiser prolongé. "Jamais."
"Le gamin risque d'attendre longtemps là-bas." Je souris et plongeai la tête pour capturer sa bouche pour un autre baiser. Elle avait un goût de rouge à lèvres aux fraises et de chocolat blanc et je me précipitai avec impatience pour un autre échantillon. Ensuite un autre. Et un de plus avant que qu'elle ne glousse et ne détourne la tête pour décourager mes avances enjouées. Elle avait raison. Je ne me lassais jamais de l'embrasser et j'étais toujours avide de ses lèvres parfaites et boudeuses.
Elle fit glisser ses mains sur mon torse et me regarda avec un sourire triste. "Que s'est-il passé ?"
Eh oui les mamans savent toujours quand quelque chose ne va pas avec leurs enfants.
"Quelques enfants lui font passer un sale quart d'heure à cause du match hier soir," partageai-je tranquillement. Je rigolai quand je vis l'étincelle de feu dans ses yeux et un froncement de sourcil contrarié. Elle est si mignonne. "Rien qui nécessite que tu sortes tes griffes, maman ours. Nous avons discuté. D'homme à homme. Il ira bien."
Elle soupira, la tension ayant instantanément disparu de ses épaules. Ses yeux restaient un peu inquiets et juste un peu tristes alors qu'elle regardait vers l'endroit où Mac était assis. "Les enfants peuvent être si méchants parfois et il prend les choses tellement à cœur," me regarda-t-elle. "Tu es sûr qu'il va bien ?"
"Promis." Je lui souris de manière rassurante et déposai un baiser sur son front, apaisant son inquiétude avec mon contact et mes mots. Je la sentis hocher la tête contre moi et se blottir dans mes bras, j'ai su qu'elle me croyait. J'espère qu'elle ne s'inquièterait pas trop. "Comment s'est passé ton cours ?"
"C'était bien," dit-elle de nouveau joyeuse en levant la tête pour me regarder. "Il est assez évident que quelques-unes des filles ne consacrent pas de temps à l'entraînement mais je suppose que c'est ce qu'on apprend aux patineuses débutantes. Tout le monde ne persévère pas."
"Elles ne peuvent pas toutes devenir des superstars médaillées d'or," la taquinai-je, en tapotant son nez.
"Ouais mais elles sont si mignonnes dans leurs petites robes de patinage scintillantes, vacillant et dérapant partout," gloussa-t-elle, en remuant les doigts.
"Tu sais ça fait un bon moment que je ne t'ai pas vu dans une petite robe de patinage scintillante…" dis-je, de façon suggestive, immédiatement coincé avec cette image en tête. Bella était fantastique, putain, en robe de patinage. Les jambes exposées, la façon dont le justaucorps épousait parfaitement son petit cul lorsque la jupe se relevait pendant qu'elle bougeait, l'adhérence du tissu sur ses seins…
Euh ouais, ça arrive définitivement. Bientôt. Ma bite devenait difficile. Et j'avais plein de belles images dans ma tête.
"C'est vrai," répondit-elle avec un sourire narquois. "Cela fait à peu près aussi longtemps que je ne t'ai pas vu avec tes protections sous ta tenue de hockey."
"Peut-être que nous devrions envoyer les enfants chez leurs grands-parents un soir et tu pourrais me donner un petit cours en privé." Je baissai la voix pour qu'elle soit rauque et bourrue juste la façon dont elle aimait. J'appuyai mes hanches contre elle, frottant ma bite essayant simultanément de soulager une partie de la tension dans mon pantalon et de convaincre Bella. Puis juste pour faire valoir mon point de vue je dis doucement contre sa peau crémeuse en grattant mes dents contre son cou. "Seul à seul."
"Tu le crois hein coach ?" demanda-t-elle, sa voix un peu haletante. Putain oui, c'est ça.
"Hummmm, très bientôt," fis-je, mes doigts serrant ses hanches. Sa tête tomba en arrière juste assez pour donner plus de territoire à explorer à ma bouche.
"Ce soir sera assez tôt ?"
"Hein ?"marmonnai-je distraitement, entièrement concentré à prodiguer de l'attention sur cet endroit tendre juste en dessous de son oreille que j'aimais particulièrement.
"Esmée a appelée cet après-midi," expliqua-t-elle. Celle attira mon attention. J'arrêtai de grignoter et regardai son visage en essayant de déterminer exactement ce qu'elle me disait. "Ton père et elle ont proposé d'emmener les enfants pour le week-end. Ils vont venir ici et les récupérer dans une heure."
Je me fendis d'un sourire même si mes boules étaient douloureuses d'anticipation. Deux nuits sans enfants ? Direct dans les buts !J'écrasai son petit corps contre moi et rencontrai sa bouche avec enthousiasme alors qu'elle riait. Mes lèvres souriantes contre sa peau, je gémis, "J'adore mes parents."
"Paaapaaaaa !"
"Va marquer des buts avec ton fils." Bella me sourit innocemment alors que sa main traînait malicieusement le long de mon ventre et que ses doigts effleuraient ma bite. "Nous continuerons cela… plus tard." Elle souligna ces mots avec une petite pression de sa main. Ce qui était vraiment méchant putain, vu qu'elle allait s'éloigner en me laissant bandant et tendu. Friponne.
Elle me tapota le torse et m'embrassa sur la joue. Elle sirotait son chocolat en s'envolant pour aller vers Emma et allumer la musique, me laissant languir pour elle et ce qui allait se passer une fois que les enfants seraient partis. En passant les mains dans les cheveux, je me laissai aller à un irritant gémissement d'avoir été bloqué. Puis je m'affalai sur les gradins pour sortir mes patins de mon sac, en voulant me débarrasser de la trique qui appuyait inconfortablement sur la braguette de mon jeans.
Plus tard mec. Elle a promis. Peut-être qu'on peut même la convaincre de faire une petite reconstitution dans le vestiaire.
Même si j'aimais mes enfants, j'étais sacrément excité à l'idée d'un week-end avec Bella. Et si j'avais de la chance, nous passerions la plupart du temps dans notre chambre sans aucun vêtement. Sauf peut-être mon maillot. Je ne me plaignais jamais qu'elle le porte au lit. Il y avait juste quelque chose dans le fait de voir mon nom et mon numéro sur son dos pendant que je la baisais par derrière, toute lisse et serrée et... Putain. Ça n'aide pas.
J'enfilai mes patins, les serrant un peu trop fort et attrapai ma crosse et gants, sortant pour tirer quelques buts avec Mac tout en priant que mes parents se montrent à temps.
Bien sûr, une fois que j'étais dehors à m'amuser avec Mac, le temps passa vite. Son petit sourire exalté quand il faisait un bon tir, ses rires retentissants quand je le poursuivais autour du filet… j'adorais jouer avec lui.
Bien que Bella et moi ayons mis nos enfants sur des patins très tôt, nous ne les avions jamais forcés à faire quoi que ce soit. Ils patinaient s'ils le voulaient et l'accent était toujours mis sur le plaisir, pas sur le travail. Mais je savais qu′un jour, ils auraient peut-être d'autres rêves qui n'auraient rien à voir avec le patinage. Et quel que soit le chemin qu'ils choisiraient, Bella et moi les encouragerions.
Mais je devais admettre que des moments comme celui-ci, se retrouver sur la glace avec ma famille, était l'un de mes préférés au monde.
Pendant que je me déplaçais, j'aidais Mac à rassembler les palets pour les remettre dans le seau pour un autre round, je me tournai vers Bella et Emma pour voir Bella s'exhiber un peu pour le plus grand plaisir de notre fille. Emma adorait regarder sa maman patiner et voulait être comme elle. Elle essayait déjà de convaincre Bella de lui apprendre cette folle pirouette avec la jambe levée près du visage. Quel enfer, c'est ce que j'avais dit Bella. Je savais exactement où mon esprit allait quand je la voulais faire ce mouvement et il n'y avait pas moyen que ma douce et innocente petite fille commence à mettre ces idées dans la tête des garçons excités. Charlie me soutenait. Il avait déjà menacé de venir de Forks avec un fusil de chasse la première fois qu'un garçon de sa maternelle lui avait dit qu'elle était jolie.
Mais Bella, c'était une autre histoire. Elle pouvait faire cette spirale quand elle le voulait. Heureusement pour moi, elle pouvait encore le faire. Ma femme était toujours aussi souple qu'un élastique. Un putain d'élastique sexy comme l'enfer, avec des muscles et des jambes qui semblaient toujours incroyablement longues pour sa petite taille. Et cela me rendait encore fou de luxure à chaque fois.
Comme maintenant. Merde, on avait vraiment besoin de ce week-end.
Je retournai mon attention vers Mac, en essayant de ne pas garder un œil sur l'horloge pendant que nous nous entrainions à marquer.
Puis la musique passa à un air familier. Mac gémit alors que mes lèvres partaient dans un sourire, en lui faisant un clin d'œil avant de glisser sur la glace pour entraîner ma femme comme je le faisais toujours quand cette chanson arrivait.
"Pas encore…" grommelait Mac, sans pouvoir lutter complètement contre un sourire.
Oui, encore. Chaque fois. Je ne pouvais m'en empêcher. J'étais un bâtard romantique et c'était notre chanson. Heureusement pour moi, Bella aimait quand j'étais ringard et jouait toujours le jeu.
"Je ne peux vraiment pas rester," dit-elle, en chantonnant et en me tendant la main quand elle me vit approcher.
"Bébé, il fait froid dehors," lui répondis-je en chantant, serrant sa main dans la mienne et la tirant pour qu'elle patine avec moi.
"Je dois m'en aller."
"Bébé, il fait froid dehors," chantai-je, en tendant les bras pour l'entourer, en accordant nos pas.
"Ce soir a été…" chanta-t-elle en penchant la tête sur le côté pour que mes lèvres puissent se presser contre sa joue. Je pouvais la sentir sourire comme je le faisais.
"J'espérais que vous passeriez."
"C'est très gentil," continua-t-elle.
"Je vais te tenir les mains, elles sont gelées." Je retrouvai ses mains, en entrelaçant nos doigts.
C'était la perfection, de patiner avec elle. A chaque fois. La façon dont ses joues étaient roses à cause d'un mélange de froid et de mon flirt, comment nos corps étaient parfaitement en harmonie lorsque nous glissions sur la glace. C'était putain de génial d'avoir ça avec elle.
Au milieu de la chanson, elle se retourna dans mes bras et me sourit. Mon Dieu, qu'elle était belle.
Et je me souvins d'une autre fois où nous avions chanté ensemble cette chanson, pour une fois nous étions ailleurs que sur la glace. Au lieu de cela, je l'avais tenue dans mes bras alors que nous dansions sur un plancher en bois avec un feu crépitant à proximité. Nous n'étions entourés que de notre famille et de nos amis les plus proches, avec de brillantes nouvelles alliances qui brillaient à nos mains gauches.
Si nous ne nous sommes pas mariés tout de suite nous n'avions pas attendu trop longtemps. Nous avions échangé nos vœux un vendredi après-midi de janvier, deux ans exactement après notre rencontre. Nous avions eu moins de vingt invités, en gardant ce moment intime et parfaitement nous. Au crépuscule de cette journée inhabituellement chaude, je me tenais debout sous les lumières scintillantes du parc où nous avions partagé notre premier baiser et je l'avais regardée avancer sur le sol, légèrement recouvert de neige, au bras de son père.
Je n'avais jamais vu son sourire aussi éclatant et je ne l'avais jamais vue plus belle que ce jour-là.
Elle portait une robe d'un bleu si pâle qu'elle était presque blanche, avec une jupe douce et fluide et un haut en dentelle qui se resserrait à sa taille minuscule, ne faisait qu'accentuer son spectaculaire décolleté. Pour la cérémonie, elle avait enfilé un fin pull vaporeux pour se protéger du froid. La chose était si douce que j'avais profité de mon rôle de marié passionné pour garder les mains sur elle toute la soirée. Elle avait un bouquet de tulipes, parce que c′était des fleurs que je lui avais donné lors de notre premier rendez-vous.
Je me souvenais de la chaleur de sa main dans la mienne lorsque je la regardais, heureuse, des yeux pétillants et j'avais fait le vœu de l'aimer et de la chérir pour toujours. Et sa voix n'avait jamais faibli quand elle avait fait de même.
En regardant ces yeux maintenant, près de dix ans plus tard, ils étaient exactement pareils, remplis d'amour et de contentement.
Je passai mes doigts sur sa douce joue rose puis les mis dans les cheveux sur le côté de son visage pendant que j'oubliais la chanson et ne pensai plus qu'à elle.
"Je t'aime, Isabella Cullen," murmurai-je.
Elle me sourit de plaisir et se mit sur la pointe des pieds pour embrasser mes lèvres.
"Tout comme je t'aime," murmura-t-elle.
"Oh pour l'amour de Dieu, est-ce que ces deux-là sont encore là ?" entendis-je la voix de mon père crier, d'un air taquin, l'accent du Minnesota toujours aussi évident dans sa voix. Bella me dit que j'ai un peu de l'accent, aussi, bien que je ne l'ai certainement jamais remarqué.
Nous levâmes les yeux pour voir mes deux parents se tenir à la porte ouverte du bord de la patinoire.
"Grand-père Carlisle, Nana Esmée !" s'écria Mac, se précipitant vers eux avec la main de sa sœur fermement dans la sienne, l'aidant à retrouver son équilibre lorsqu'elle glissait un peu. "Vous êtes là ! Sauvez-nous !"
Je murmurai doucement à l'oreille de Bella. "Oui, je vous en prie. Prenez-les."
Bella ricana et me donna une légère tape sur la poitrine, le clin d'œil qu'elle me fit en se détournant, me dit qu'elle pensait exactement la même chose.
Nous sortîmes de la glace et aidâmes les enfants avec leurs patins, en rassemblant leurs affaires pendant que nous discutions quelques minutes avec mes parents.
Bien qu'ils aient vieilli et quelques cheveux gris de plus, ils semblaient toujours aussi jeunes et dynamiques qu'ils l'avaient toujours été pour moi. Ce qui était bien car leurs sept petits-enfants les gardaient actifs.
Emmett et Rose avaient finalement fait le grand saut à l'automne, après le mariage de Bella et moi. Moins de deux mois plus tard, ils avaient annoncé qu'ils attendaient un bébé. Apparemment, une fois décidés, ils étaient prêts à tout. Alice et Jasper étaient juste derrière avec la naissance de leur fils seulement quelques mois après que Rose et Emmett aient eu leur première petite fille.
Mes parents profitaient de chaque ajout à leur famille et étaient toujours prêts à voler un ou deux enfants les week-ends. C'est une autre raison pour laquelle j'étais heureux que nous soyons tous restés près de chez nous tout au long des années.
Avec la famille de Bella, les choses étaient un peu différentes. Charlie vivait toujours à Forks. Quand il s'était envolé pour le Minnesota pour notre mariage, il avait amené une charmante femme nommée Sue qu'il voyait depuis quelque temps. Ils avaient fini par se marier plus tard cet été-là, pour le plus grand plaisir de Bella. Je savais qu'elle avait peur qu'il se sente seul.
Charlie et Sue prenaient l'avion pour lui rendre visite deux fois par an, encore plus souvent maintenant qu'ils avaient des petits-enfants à gâter et nous essayions d'aller dans l'Etat de Washington chaque fois que nous le pouvions. Bella avait même fait installer le Sk*pe à Charlie l'année précédente pour qu'il puisse bavarder par vidéo avec les enfants.
Et puis il y avait Renée. Elle était revenue dans nos vies quand Bella était enceinte de Mac. Apparemment, entendre la nouvelle que sa fille attendait un enfant avait assez fait bouger quelque chose en elle pour qu'elle fasse un effort de rédemption. Le pardon était un processus lent, surtout au début. Bella et moi étions très réticents aux efforts de Renée pour nous contacter et essayer de se réconcilier avec sa fille. Mais avec le temps, nous avons vu à quel point elle était vraiment repentante et avons décidé de l'écouter. Bien que méfiante, ma Bella avait ouvert son cœur courageux à la femme qui l'avait abusée et maltraitée et lui avait laissé une chance.
Nous apprîmes qu'elle avait demandé le divorce de Phil immédiatement après la débâcle des Championnats Nationaux et tous les scandales qui avaient été mis à jour. Elle avait commencé à se faire soigner peu de temps après, attendant de pouvoir approcher sa fille, jusqu'à ce qu'elle ait suffisamment progressé sur des problèmes qui existaient avant même la naissance de Bella.
Nous nous étions débattus pour la laisser entrer mais savoir qu'elle avait commencé à faire des changements lui a lentement valu notre confiance même si c'était avec beaucoup de prudence. Elle avait déménagé en Arizona et s'était finalement trouvé une vie en dehors du patinage artistique. Elle s'était lancée dans la gestion de projets pour une entreprise de construction et avait découvert qu'elle appréciait beaucoup cela.
Bella me disait que le plus grand indicateur pour elle que Renée faisait vraiment un effort, était qu'elle avait cessé de rechercher l'attention des hommes. Apparemment, grâce à sa thérapie, elle avait réalisé combien ses rapports avec les hommes avaient été toxiques, tant pour elle que pour Bella. Les hommes, pour elle, étaient devenus une addiction, une faiblesse, et elle avait enfin commencé à se sevrer de leur destruction, en essayant d'apprendre à vivre seule et à prendre soin d'elle-même pour une fois.
Je devais admettre que j'avais vu les différences en elle, surtout une fois que Mac et Emma étaient entrés dans sa vie.
Renée ne serait jamais ma personne préférée mais pour le bien de Bella, j'étais content qu'elles aient lentement trouvé un moyen de panser ces vieilles blessures. Il y avait encore de la tension, même après toutes ces années mais elles faisaient toujours des progrès. Et comme Renée vivait sa vie en Arizona, nous ne la voyons pas autant que cela.
Même si elle raccommodait les choses avec Renée, Bella considérait toujours Esmée comme sa mère. Elles étaient si proches toutes les deux que ça me réchauffait toujours le cœur de les voir ensemble. La première femme que j'aie jamais aimée et celle qui possédait de mon cœur.
Je les regardai et souris alors qu'elles travaillaient ensemble pour envelopper les enfants dans leurs manteaux et enfiler leurs bottes. Bella se pencha pour les embrasser et les serrer dans ses bras et caressa la joue de ma mère en disant au revoir. Maman donna la main à ses petits-enfants et fit un arrêt pour que je puisse l'embrasser aussi. Je serrai la main de mon père en riant, quand il me fit un clin d'œil conspirateur et un signe en partant.
Une fois qu'ils furent sortis, je me retournai pour trouver Bella, voulant la prendre et la porter jusqu'au coin le plus privé possible et commencer ce week-end, éventuellement en se pelotant en chemin. D'accord… bien sûr en se pelotant en chemin. Elle aimait ça.
Elle était retournée sur la glace, ramassant quelques palets égarés que Mac et moi avions oubliés.
Je me glissai derrière elle, étouffant un gémissement quand elle se baissa pour attraper un palet. Bon sang, son cul est spectaculaire.
Elle se retourna, en sursautant un peu quand elle me vit si près. Son regard se baissa pour un instant et quand elle me regarda dans les yeux, ils étaient remplis de malice. Avec un sourire coquin sur les lèvres et un clin d'œil grivois, elle s'éloigna sans un mot pour finir de rassembler les palets.
Elle semblait avoir l'intention de me tuer lentement, en se penchant exagérément à chaque fois, bien plus que nécessaire. Et l'expression de son visage quand elle le faisait me disait qu'elle savait exactement ce qu'elle me faisait.
Avec un sourire, elle fit tomber le petit tas de palets dans leur seau et reprit lentement son chemin vers moi. Je tendis la main vers elle, pour la saisir lorsqu'elle s'éloigna, plantant la pointe de son patin dans la glace et tournoyant en cercle.
"Viens par ici," lui demandai-je, en tendant à nouveau la main.
Elle ne faisait que sourire et secouer la tête, inclinant son corps dans la direction opposée. Cette fois, je ne pus étouffer mon gémissement d'appréciation en regardant la courbe de son dos, la remontée de ses seins, son cul se tendant en se déplaçant. Je n'eus pas besoin de le faire. Elle l'attendait évidemment.
"Pour quoi, Edward ?" dit-elle d'un ton taquin, se mettant enfin à ma portée. Ses mains se posèrent sur ma poitrine, en s'agrippant légèrement au tissu fin de mon t-shirt. "Est-ce que la pointe de mon patin t'excite ?"
"Tu sais que c'est toujours le cas," lui dis-je, en glissant mes mains sur son dos, en pétrissant mes doigts contre ses hanches en se déplaçant plus bas.
Elle ronronna de satisfaction alors que je baissais la tête pour lui sucer légèrement le cou.
"Qu'est-ce que tu vas faire ?" me demanda-t-elle d'un air taquin. "Me mater ?"
"Putain, c'est vrai," gémis-je, prenant la suggestion comme son consentement et la cognant soigneusement contre les planches derrière nous, en faisant claquer le plexiglas. Je levai les bras, en enroulant mes doigts sur la vitre et l'épinglant au mur, appréciant la façon dont ses seins se serraient contre ma poitrine et la sensation de ma bite se frottant contre elle alors que je rapprochais mes hanches. Mes lèvres cherchaient les siennes, goûteuse, exigeantes, dévorantes.
Et cela m'amenait seulement à la désirer davantage.
"Ce week-end a été long à venir, baby," murmurai-je contre ses lèvres, gémissant quand ses dents s'enfoncèrent dans ma lèvre inférieure alors que ses mains me caressaient le dos. "Cela fait trop longtemps que nous n'avons pas eu la maison pour nous seuls."
"Oh, Edward," soupira-t-elle, plongeant ses mains dans mes cheveux et tirant ma tête en arrière. Elle sourit.
Elle me regarda avec tant d'amour dans les yeux et me dit : "Ne sais-tu pas que de bonnes choses arrivent à ceux qui savent attendre ?"
Jamais mots plus vrais n'avaient été prononcés. Au moins pour moi.
Je souris et me baissai pour l'embrasser à nouveau. Doucement. Lentement. Nous avions tout le temps du monde.
F I N
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