Pendant que Pegasus prévenait Sogoruko de l'arrivée de son petit fils, les trois frères passèrent l'après-midi à lancer une recherche de la photo à travers le net. Qui sait peut-être que Marik chercherait à brouiller les pistes en postant la photo ailleurs que sur un site pornographique. Mais leur enquête tomba dans une impasse, la photo était nulle part sur Internet. C'était bon signe pour le moment. Yugi dormit profondément jusqu'au lendemain matin. Ses cousins et son oncle se turent pour ne pas l'alarmer mais continueront leur enquête tous les jours. Marik pourrait très bien la poster n'importe quand. A chaque fois un échec, le chasseur semblait s'être calmé. Leur garde fut baissée trop vite, car voici ce qui arriva une semaine après.


Par cet après-midi ensoleillé, les quatre cousins sortirent en ville pour que Yugi prenne l'air. Alors qu'ils marchaient dans la rue commerciale, Yugi aperçut quelques mètres plus loin son harceleur. La panique le gagna et il se sépara de ses cousins en courant dans une rue perpendiculaire. Bien entendu il se perdit et tourna en rond jusqu'à revenir sur ses pas. En cherchant ses cousins, il eut la malchance de croiser Marik. Pourtant celui-ci continua son chemin sans lui prêter attention, à la plus grande surprise de Yugi qui resta figé sur place. Les voix de ses cousins l'appelant et courant à sa rencontre le sortirent de son état second.

"- Mais où étais-tu passé, demanda Seto ? Qu'est-ce qui t'a pris de te sauver comme ça ?

- Si vous m'aimez ne levez surtout pas les yeux.

- Les gars indésirable à 13h, prévint Noah.

- C'est pas vrai, pria Mokuba. Bon on fait quoi ?

- Avançons droit devant comme si de rien n'était, proposa Seto."

Tous les quatre prirent la direction du nord en avançant aussi naturellement que possible. Malheureusement Marik les avait repérés car il les suivait. Il sortit son téléphone de sa poche et composa le numéro de Ishizu.

"- J'ai retrouvé Yugi, rejoignez-moi à l'ancien Furet du Nord toujours ouvert.

- Merde il appelle des renforts, soupira Noah ! On peut paniquer maintenant ?

- On va surtout foncer, prévint Seto !"

Ils se mirent à courir en hurlant malgré les ordres de leur poursuivant de lui rendre son amour. Yugi commençant à s'essouffler, Seto attrapa son poignet et l'entraîna à sa suite. Ils continuèrent jusqu'à un magasin abandonné dont les portes étaient ouvertes. Une fois à l'intérieur, ils coururent entre les cartons avant de se retrouver bloqués par un mur.

"Un cul de sac on est coincé, avertit Mokuba !"

Ils se retournèrent en entendant Marik s'approcher. Noah poussa Yugi derrière lui pendant que ses frères se regroupèrent autour d'eux.

"- Terminus messieurs, maintenant rendez-le moi. Je n'ai aucune envie de vous faire du mal.

- Faudra d'abord nous passer sur le corps, lança Mokuba !

- Ça peut s'arranger, sourit ironiquement Marik."

Quand il claqua des doigts. Ishizu et Rishido surgirent derrière les trois frères en leur passant une corde autour du cou. Par une pression sur un bouton, les cordes se soulevèrent avec eux. Ils perdirent pied et se retrouvèrent pendus.

"- Non pitié Marik pas ça !

- Mais mon amour tu sais très bien ce qu'il te reste à faire si tu veux qu'ils soient épargnés. Moi j'ai tout mon temps mais eux. Reste à savoir combien de temps ils pourront retenir leurs respiration, dit-il en gloussant."

Yugi resta figé de peur et tourna son regard vers ses cousins. Trop de sang s'accumulait dans leurs cerveaux, ils avaient de plus en plus de mal à respirer.

"- STOP C'EST BON TU AS GAGNÉ RELÂCHE-LES JE T'ÉPOUSERAI !

- Voilà qui est mieux."

Marik claqua de nouveau des doigts, Ishizu appuya sur le bouton de la mort ici devenu celui de la vie. Les trois garçons tombèrent lourdement à plat ventre en reprenant leur souffle et en versant des larmes. Ils avaient condamnés leur cher cousin à passer le reste de sa vie avec ce monstre et ils ne pourront rien faire pour l'empêcher de lui faire du mal. Yugi se précipita vers eux.

"- Yugi pourquoi, demanda faiblement Seto en levant la tête vers lui ?

- Tu n'as pas le droit de faire ça, gronda Noah en reprenant son souffle !

- On peut encore empêcher ce désastre, promit Mokuba.

- Il n'y a qu'un seul moyen pour que vous restiez tous en dehors de ça. Dites à tonton, maman et grand-père que je les aime et qu'ils ne viennent pas me chercher. C'est pour eux que je le fais. J'aurais dû céder dès le premier jour, ça aurait évité ce drame.

- On t'interdit de dire ça, coupa Seto ! Tu es notre famille et tu mérites mieux que ce pervers ! Pense à Yami !

- Yami m'a abandonné pour sa peau. Il n'était pas le genre à se laisser abattre mais on peut dire qu'il a préféré fuir alors que ses amis ne cessaient de se morfondre à savoir s'ils le reverraient un jour. Pour moi il n'existe plus et n'a jamais existé. J'ai été stupide de placer la deuxième partie de mon vœu en lui.

- Oh que c'est émouvant, chouina Marik en faisant semblant d'essuyer une larme ! J'adore ta façon de faire ton deuil ! Allons terminé mon cœur. Au passage je ne veux plus voir cette vieillerie. Pas question d'avoir ça chez moi, grogna-t-il en arrachant la chaîne du cou de Yugi.

- Non laisse-le moi c'est tout ce qu'il me reste de lui !

- Veux-tu que je le brise en mille morceaux ? Alors ferme-la et maintenant suis-moi à moins que tu veuilles que je te fasse mal, ordonna-t-il en jetant le puzzle devant les trois frères !

- Je t'en supplie ! SETO NOAH MOKUBA !

- YUGI ! ATTENDS LAISSE-NOUS LUI DIRE AU REVOIR !"

Mais Marik traîna Yugi hurlant de désespoir à l'extérieur du magasin, suivi de Ishizu et Rishido. Les trois frères ne purent rien faire hormis entendre les cris de leur cousin jusqu'à ce qu'ils deviennent inaudibles pour eux.

"- Qu'est-ce qu'on fait maintenant, demanda Mokuba ?

- Seto, tu sais ce qu'il nous reste à faire, interrogea Noah ?

- Oui il est temps qu'on en finisse ensemble une bonne fois pour toutes. Venez allons le retrouver."

Ils se relevèrent en ramassant le puzzle de Yugi et sortirent du magasin. Ils continuèrent jusqu'à arriver devant la fontaine au centre de la grande place. Là les attendait un garçon du même âge que Yugi et lui ressemblant, sauf que trois de ses mèches blondes formaient comme une couronne en pointant vers le haut, ses yeux violets étaient ceux d'un égyptien et sa taille le dépassait de plusieurs centimètres. Il se leva et vint à leur rencontre.

"- Mais il n'y a que vous trois. On s'était mis d'accord que vous deviez me rendre mon Yugi adoré, celui que j'ai aimé dès que son regard de braise a brûlé mon cœur entier.

- Épargne-nous ton eau de rose Casanova, coupa Seto ! Marik a retrouvé notre cousin et l'a enlevé. En voici la preuve, ajouta-t-il en lui montrant le puzzle.

- Quoi ? Et vous n'avez rien fait !

- J'aurais bien voulu t'y voir votre majesté, grogna Noah ! Il a failli nous pendre au plafond comme des criminels ! Tiens regarde les marques qu'on a sur le cou ! Un peu plus et nos têtes explosaient par surcharge sanguine !

- Je vois ça. Ce serpent à sonnette si je le retrouve.

- Tu es sûr de vouloir revoir Yugi, demanda Mokuba ? Parce qu'avant que sa liberté et ses espoirs soient réduits comme peau de chagrin, il a dit des propos sur toi qui ne sont pas beaux à entendre.

- Que veux-tu dire ?

- Il a gardé de profondes séquelles tout au fond de lui depuis ta disparition. Il a fait devant nous un deuil en te qualifiant d'égoïste. Yami m'a abandonné pour sa peau. Il n'était pas le genre à se laisser abattre mais on peut dire qu'il a préféré fuir alors que ses amis ne cessaient de se morfondre à savoir s'ils le reverraient un jour. Pour moi il n'existe plus et n'a jamais existé. J'ai été stupide de placer la deuxième partie de mon vœu en lui.

- Mais quel vœu ? C'est quoi cette histoire ? Ce ne serait pas celui quand...

- Quand grand-père lui a offert l'objet du Millénium de ton ancêtre, expliqua Seto, il a ajouté que le jour où il le compléterait, il lui accorderait un vœu. Étant solitaire et la cible de tous les gosses de son école et son quartier à l'époque, il lui a demandé d'avoir des amis fidèles, dont un avec qui il partagerait plus que de l'amitié. La première partie s'est réalisée après que les brutes de son lycée soient envoyées en prison avec un piège tendu par deux de ses anciens bourreaux et son amie d'enfance. Pour la deuxième, son choix s'est porté sur toi Yami. Notre cousin est tombé amoureux de toi mais tu t'es enfui en le laissant seul en ce monde avec un pervers ayant jeté son dévolu final sur lui.

- Alors pendant que je me cachais pour tous les protéger de ce malade, l'amour de ma vie me pleurait jour et nuit en priant mon retour. Oh non Yugi qu'est-ce que j'ai fait ?"

Yami se mit à trembler pendant que les larmes coulaient. Il se laissa tomber à genoux en sanglotant. Il tomba lourdement sur ses mains en s'appuyant et en gémissant le nom de celui qu'il aimait. Noah poussa un profond soupir et donna un violent coup de poing à Yami qui bascula sur le côté. Il se précipita vers lui et le souleva par le col de sa veste.

"- Mais tu vas arrêter de chialer ouais ? T'es sûr d'être le descendant d'un pharaon toi ? Non parce que je ne pense pas qu'il est resté planté devant cette bestiole de cinquante mètres en se pissant dessus ! Ce n'est pas comme ça que tu retrouveras Yugi ! Alors tu vas bouger tes fesses et ensemble on va le sortir de cette merde avant qu'il ne s'ouvre les veines pour y échapper ! Maintenant relève-toi et suis-nous !

- Où ça, demanda Mokuba ?

- Rentrons à la maison. A l'heure qu'il est, ce salopard a déjà confisqué le portable de Yugi pour le détruire et nous empêcher de le localiser. Mais en y réfléchissant, ce condescendant ne sait pas que nous sommes les fils de l'homme aux longs cheveux blancs chez qui il a toqué. C'est ça l'avantage à n'avoir pris que des caractéristiques physiques de sa mère. Et comme papa a son numéro, rien de plus simple que de localiser son téléphone puisqu'il ne se doute pas qu'on l'a en notre possession.

- Toi en revanche tu as le génie de ton père, remarqua le petit frère.

- Et quand on l'aura trouvé je lui mettrai une branlée à "Magic and Wizard".

- Minute papillon, coupa Mokuba ! J'ai bien mieux qu'un duel de monstres moi, continua-t-il avec un petit sourire sadique. Ne serait-ce pas l'occasion de ressortir les épées de nos arrières grands-parents ? Ce serait marrant de voir le Dom Juan de carnaval se faire embrocher.

- Bien vu petit frère, l'occasion de ressortir les vieilles antiquités, confirma Seto."

Yami hocha la tête et se releva en passant le puzzle autour de son cou. Le petit groupe rentra et raconta tout ce qu'il s'était passé à Pegasus. Ils lui exposèrent ensuite leur plan.

"- Alors c'était toi le beau pharaon des temps modernes de mon neveu. Je sais que sa vie amoureuse ne fait pas partie de mes affaires mais laisse-moi te dire une chose. Prends bien soin de lui, il est fragile. Si tu te montres pire que ce monstre pervers, ce sera moi qui t'embrocherai.

- Rassurez-vous monsieur, je prendrai soin de lui après l'avoir arraché à ce cauchemar.

- Tenez les garçons, voici le numéro. Retrouvez Yugi, moi je vais ressortir les épées et bien les astiquer. Un duel d'escrime doit se faire avec le matériel approprié."

Tous se mirent à l'ouvrage. Mokuba lança un logiciel de localisation et tapa le numéro. Il appuya sur la touche recherche en espérant que la théorie de Noah soit vraie. Bingo, la recherche leur donna vite un résultat. Une maison perdue en pleine campagne située à une vingtaine de kilomètres de Domino City. Sur l'image, ils aperçurent un objet dans un coin qu'ils n'arrivaient pas à identifier. En zoomant, ils comprirent que c'était une caméra. Marik ne comptant plus laisser Yugi lui filer entre les doigts maintenant qu'il l'avait, la maison devait aussi être truffée de caméras à l'intérieur. Ils lancèrent le piratage du système de surveillance de la maison. Le piratage réussit, ils inspectèrent toutes les pièces jusqu'à tomber sur celle d'une petite pièce avec des barreaux à la fenêtre. Dans un coin, Yugi était recroquevillé en position fœtale et tremblait de tous ses membres. Quand Mokuba activa le son, ils comprirent qu'il sanglotait. Yami poussa un profond soupir en voyant l'amour de sa vie dans une profonde détresse. Il serra le puzzle dans ses mains. A cet instant, il aurait voulu pouvoir le prendre dans ses bras et le consoler. Voir Yugi dans un tel état lui avait toujours pincé le cœur, les larmes n'allaient pas à son beau visage. La porte s'ouvrit et Marik entra. Yugi leva son visage baigné de larmes et le fusilla du regard.

"- Qu'est-ce que tu me veux, lança Yugi ? Tu m'as volé ma liberté en te servant de mes cousins, ça te suffit toujours pas ? Ta vanité est si capricieuse que ça ?

- Allons ne gaspille pas ta si jolie voix pour ça Yugi. Tu sais aussi bien que moi que tu n'es pas en position de m'insulter, pas après ce que tu as fait. Mais maintenant c'est terminé puisque tu passeras le reste de ta vie à mes côtés. Si seulement tu savais combien j'ai rêvé de ce moment. Rien que toi et moi, ensemble pour la vie. Notre bonheur sera complet quand tu me diras oui dans trois jours. Tu seras beau dans ta robe de mariée. Tu as toujours eu ce côté féminin qui te va si bien et accentue ta beauté si divine. Oh mon Râ je ne comprendrai jamais comment tu fais pour me rendre aussi dingue Yugi Muto ! Je te promets que je te ferai mien, si tu vois ce que je veux dire."

Il s'approcha du jeune homme apeuré qui se blottit encore plus dans son coin. Il prit son menton entre ses mains et le souleva pour coller leurs lèvres. Yugi plissa ses paupières closes dont s'échappèrent encore plus de larmes en sentant sous ce baiser ce sourire qu'il a toujours détesté chez Marik. Enfin il le relâcha et quitta la pièce en lançant un clin d'œil à son futur fiancé adoré, le laissant continuer de pleurer. Bien qu'il ait dit que Yami n'avait jamais existé à ses yeux, il aurait voulu qu'il soit près de lui en cet instant et que ces lèvres acides et repoussantes étaient les siennes telles qu'elles lui apparaissaient : douces, chaudes et gourmandes avec un goût si doux et sucré. Yami grinça des dents après que ce Marik ait eu le culot de voler à Yugi son premier baiser en plus de sa liberté et son bonheur devant ses yeux. Ce crime, il le prendra droit dans ses tripes.

"- Trois jours, répéta Seto. En étant patients, ce sera beaucoup plus marrant de foutre en l'air son mariage à la con.

- Bien sûr pendant que Yami le transformera en trophée de chasse nous on foutra le boxon dans la baraque, ça nous calmera, proposa Noah.

- Je sais pas si je pourrai tenir sans lui faire bouffer la hache de papa, sourit sadiquement Mokuba. Ça lui laissera un goût bien amer.

- Attends-moi mon amour, dans trois jours je t'appartiendrai."

Ils organisèrent leur mission de sauvetage le reste de la journée. Ils s'y rendront en fourgonnette pour faire leur entrée fracassante par un mur détruit. La famille s'arma chacun d'une arme dont une batte de base-ball, un pied de biche, une pelle et un bâton de hockey. Bien leur pris de vérifier les caméras de surveillance car les préparatifs du mariage avancèrent si bien qu'il fut avancé au lendemain après-midi. Ils se mirent en route sitôt l'information transmise. Ils embarquèrent dans la fourgonnette conduite par Pegasus pour arriver dans la soirée. Ils se garèrent dans le bois non loin de la maison pour passer inaperçu. Ils mangèrent des sandwichs qu'ils avaient préparés en inspectant les caméras. Yugi n'avait pas bougé de son coin de la journée. Il refusait les repas servis par Marik malgré la faim qui le tiraillait clairement. Puisqu'il n'était pas en mesure de se rebeller, autant l'exprimer avec ce qu'il a. Heureusement que la robe de marié qui allait le combler de ridicule n'était pas dans la chambre sinon il l'aurait mise en pièces. Yami ne lâcha pas le puzzle de la soirée, il pouvait presque sentir une part de Yugi. Avant de s'endormir, il posa ses lèvres sur la pièce de l'œil en imaginant que c'était les lèvres de son amour.