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Carte Noire,

un voleur nommé désir

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Source : Gundam Wing AC

Auteure : Yuy

Bêta de lumière : Lysanea

Genre : yaoi, romance, policier et UA.

Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient sauf Black Light, Kimo Lost/Maxwell dit « Le Joker », Scarlette, Jenna et John Johnson, Gale et l'Inspecteur Morris, Aideen dite « L'Irlandaise », Masanaga dit « Le Japonais du Sud », Joe Fisher, le Gardien du loft 781, Lionel et Jeff, Akane, Lieutenant Nanako Gotô, Yumi, Capitaine Marc Guérin, Capitaine Alec Bowers, Lieutenant Antoine Faure, Capitaine Blake McGuire, Agent spécial Kale, Jack Glade, Anita Stones, Faye Ship, Ito Li, Barbara Linardt, Stan et Shawn McGuire, Steve Harris, Akito, Towika, Eichi, les frères Studners, Commandant Giuliano Cortesi dit Elmo, Gasper, Rosy, Charles, Luca, Standford, Surk, Shin-ji, Estelle, Docteur Akeno, Antonio, Katrine, Vincent, Fernand Faure, Isabelle De la Forgerolle-Faure, Cure-dent, le Colonel Jackson, Maurice Bailey dit « le géniteur », Daniel Bailey, Freddy, Miss Lili, Phoebe, Jason Stich, Hakim, Stuck, Jackie, Jake MacCain, Sean Davis, Silvio, Rosy MacGarette et l'Agent spécial Tsuki…

Couple : Heero x Duo

Note : Vous êtes bien installés, à San Francisco ? Mince…

Lime

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À Ly-chan, mon impérissable

et à tous les lecteurs

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Bonne lecture !

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9 – Mauvaise pioche !

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Cinq jours plus tard,

dans les rues de San Francisco…

Duo est le premier étonné, mais à son grand soulagement, il n'a pas croisé la route de son « loueur de café attitré », depuis son retour de Los Angeles…

Pour autant, il ne sait toujours pas comment il doit s'y prendre pour manipuler Heero à sa guise et l'amener là où il veut qu'il soit, afin que son plan fonctionne.

*Que sait-il de moi, exactement ? Autant que Masanaga ? Pourquoi ne m'arrête-t-il pas, dans ce cas ? Pourquoi… pourquoi a-t-il fallut que ce soit lui ?* se torture-t-il l'esprit, sans relâche, de jour comme de nuit, tandis que le tonnerre retentit bruyamment au-dessus de leurs têtes, à Daniel et lui.

Mais Duo ne presse pas le pas et continue, au contraire, à marcher lentement, le regard rivé sur les chewing-gums qui jonchent le bitume… Ceci, en partie pour s'empêcher de chercher Heero des yeux, au cas où il serait sorti faire des courses, lui aussi.

*Si seulement j'avais pu ou su éviter ce coup de foudre…* se lamente-t-il, in petto.

Comme pour enfoncer le clou, la foudre illumine soudain le ciel, gris et sombre, avant que le tonnerre ne retentisse une fois de plus, au bout de…

- Un, deux, trois, décompte Daniel, à voix basse.

La pluie tombe drue, à présent et détrempe rapidement leurs habits déjà humides.

- J'aime pas être mouillé ! ronchonne le garçon.

Ils ne sont plus qu'à une dizaine de mètres de chez eux, mais si Duo a pensé à équiper son « fils » d'un imperméable à capuche, il n'a pas jugé utile de se protéger lui-même.

Moroses, ils finissent par pénétrer leur immeuble, grimpent ensuite jusqu'au deuxième étage, puis enfilent le long couloir et… tandis que Duo ignore ouvertement Heero qui rentre vraisemblablement chez lui - son parapluie gouttant sur le sol tend à le prouver – Daniel, de son côté, lui offre un grand sourire.

- Salut, Heero ! lance-t-il avec espoir.

Mais c'est sans compter sur Duo qui le tire un peu brusquement par la main, afin qu'ils puissent s'engouffrer aussi vite que possible dans leur appartement, avant que Duo ne claque la porte en un signe de rejet.

- Dad, qu'est-ce qui se passe ? l'interroge Daniel en fronçant les sourcils.

Las, Duo ne cherche pas à quitter ses vêtements imprégnés d'eau glacée et se traine plutôt jusqu'à son canapé-lit pour s'y laisser tomber, puis observer les gouttes transparentes s'étirer et glisser le long des vitres…

- Dad ?

Se faisant, elles se reflètent sur son mur, pareilles à des larmes noires ; celles qu'il ne s'autorise plus à verser depuis qu'il est gamin…

- Dad, pourquoi tu m'réponds plus ?

Comme si l'on projetait son chagrin en 16/9 sur la toile…

Toc !

*Un coup ?* s'interroge Duo, parfaitement immobile, au demeurant. *Non mais qui frappe un coup ? On tambourine trois fois, au minimum…*

- T'as entendu, dad ? l'interpelle de nouveau Daniel, le cœur battant.

Toc, toc !

- C'est qui ? demande Daniel, sans ouvrir.

- J'm'en charge, Dany, s'interpose Duo d'une voix éteinte. Va dans ta chambre, s'il-te-plaît…

Non sans trainer des pieds, Daniel obéit en faisant triste mine et c'est transi de froid que Duo ouvre, se fige, puis referme la porte aussi sec.

Toc, toc !

Plus de réponse…

Heero réitère donc son geste, plus fort.

- C'est qui ? entend-il de nouveau la voix étouffée de Daniel.

- Va-t-en ! Duo ordonne-t-il à Heero.

*Que s'est-il passé durant son déplacement ?* s'interroge le preventer.

- Ouvre-moi, demande-t-il calmement.

De rage, Duo donne un grand coup de pied dans la porte.

- PARS !

- Mais dad, c'est Heero ! panique Daniel qui a reconnu la voix de leur voisin.

- C'est tout ce que tu as dans le ventre ? Heero provoque-t-il Duo.

Derechef, le natté sort de ses gonds et cogne sa porte de toutes ses forces…

Apeuré, Daniel se met à pleurer.

- Daddy… Daddy, arrête, s'te-plaît !

- Deux options se présentent à toi, Max,le prévient Heero. Soit tu m'ouvres, soit je fais venir un serrurier et tu paieras la note, c'est toi qui choisis.

Après un temps de réflexion interminable, Duo se résout finalement à tourner lentement la poignée…

D'autorité, Heero s'occupe de pousser la porte pour entrer.

Il n'a jamais vu l'intérieur de son appartement et marque un temps d'arrêt face à la nudité des lieux…

- Enlève tes vêtements, commande-t-il ensuite de sa voix ferme. Tu risques de tomber malade.

- J'oubliais que t'étais un superhéros, se moque Duo, tout en gardant ses distances.

- Tu vas attraper froid.

- A défaut d'attraper autre chose…

- Tu trembles et tu fais peur à ton fils, le dispute-t-il.

- Qu'est-ce que ça peut bien te faire ? réplique-t-il.

Heero se rapproche de lui et comme la pièce principale n'est pas grande, Duo ne peut pas reculer éternellement.

- Pourquoi es-tu là ? veut-il savoir.

*Vas-y ! Crache le morceau, preventer de mes deux !* pense-t-il.

Sans mot dire, son « voisin » lui ôte plutôt son pull.

- Pourquoi es-tu là ? répète sèchement Duo, qui se laisse faire, malgré tout.

- Pour toi, avoue-t-il.

*Sans blague ?* le raille intérieurement le voleur, tandis qu'Heero entreprend de faire glisser son jean trempé comme il peut…

Ce pourrait être un moment gênant ou bien excitant, mais la tension et la violence sourde qui se dégagent de la situation ne prêtent pas à sourire, ni à fantasmer.

- Va prendre un bain, prescrit ensuite Heero en jetant ses affaires dans un coin de la pièce.

- Tu n'as pas d'ordre à me donner, dit-il en maîtrisant son irritation.

- Prends ton temps et essaye de te détendre, conseille-t-il sans faire état de son humeur. Je m'occupe de Daniel.

Sur un dernier regard, tout ce qu'il y a de plus hostile, Duo obéit néanmoins ; ce qui ouvre la voie à Daniel…

- Heero ? l'interpelle-t-il, une fois assuré que son « père » ne peut plus les entendre.

- Hn ?

- Il est tout bizarre depuis qu'il est revenu de son travail…

- Je sais, mon bonhomme.

- Alors, pourquoi t'es pas venu plus tôt ? le questionne-t-il d'une voix inquiète où perce une pointe de reproche.

- Je n'étais pas certain que ce soit une bonne idée et je me suis dit que Max avait bien le droit à un moment de répit.

- …

- Si tu te faisais tant de soucis pour ton père, pourquoi n'es-tu pas venu me chercher ?

- J'ai plus le droit, révèle-t-il d'un air malheureux.

- Pourquoi ça ?

- Ché pas, répond-il en haussant les épaules. J'ai essayé de l'aider, comme tu m'as dit, mais mon super pouvoir n'a pas marché…

- Tu as fait tout ton possible, petit guerrier. Ne sois plus triste…

Voyant que Daniel ne s'apaise toujours pas, Heero le prend dans ses bras.

- Tu te sens mieux, là-haut ?

Le sourire retrouvé, Daniel hoche la tête en signe de contentement.

- Tu as le bas de ton pantalon et les chaussettes mouillés, remarque Heero.

- Oui et j'aime pas être mouillé en plus !

- Tu veux bien aller te changer, le temps que je…

- Non, ne pars pas !

- … le temps que je te prépare un chocolat chaud, termine-t-il. Si tu ne m'avais pas coupé la parole, tu n'aurais eu aucune raison d'angoisser.

Daniel se mord la lèvre, pris en flagrant délit.

- Tu restes, alors ? demande-t-il confirmation, à mi-voix.

- J'en ai très envie… Allez, va te changer et plus vite que ça ! commande-t-il avec douceur en le posant au sol.

- Tu peux venir avec moi ?

- Tu as peur d'être tout seul ? s'étonne-t-il.

- Non, je voudrais te montrer ma chambre…

Heero sourit, lorsqu'une idée lui traverse l'esprit.

- Tu veux peut-être y aller en éclaireur, afin de sécuriser les lieux ?

- Ouais ! murmure-t-il à son tour, se prenant au jeu de l'espion engagé par Heero.

- Oui, le corrige-t-il.

- Oui, répète-t-il.

- Réglons nos montres.

- J'en ai pas mis, aujourd'hui.

- Compte jusqu'à trente et j'arrive.

- Reçu cinq sur cinq !

- Go !

Daniel détale !

Trente secondes plus tard, comme prévu, Heero pousse la porte dont l'inscription le met pourtant en garde : « Zone à risques ».

La pièce est à couper le souffle et contraste violemment avec la fadeur du reste de l'appartement.

*Il a tout fait pour lui donner du rêve et c'est réussi* complimente-t-il Duo, in petto.

Fier comme un paon, Daniel se tient debout, en équilibre sur le rebord d'un des doigts de la main de robot mobile qui lui sert de lit.

- Dad t'a sacrément gâté, à ce que je vois, constate Heero en tournant sur lui-même pour admirer les peintures murales.

- Oui ! confirme l'enfant, les yeux pétillant de bonheur.

- Tu ne t'es pas changé, rouspète-t-il d'une voix douce.

Aussitôt, Daniel saute du lit pour foncer sur sa commode, afin d'en sortir un pantalon et une paire de chaussettes propres.

- Les dessins sont magnifiques et ton lit est génial, apprécie Heero.

- Ouais !

Un regard du preventer…

- Oui, se corrige Daniel, tout en terminant de se changer.

- Et si tu me racontais un peu l'histoire de cette fresque ?

- J'ai pas de… fresque.

- Les peintures sur les murs, explique-t-il.

- Ah ! D'accord…

Le temps que met l'enfant pour raconter et décrire le monde parallèle des robots mobiles – que le preventer devine aisément comme étant les fameux Mobiles Suits « Wing » et « Deathscythe » - Duo décide de sortir de l'eau.

Bien qu'il s'étonne d'avoir réussi à profiter de sa séance de SPA improvisée, ou plus justement « ordonnée », il n'est pas surpris de ressentir un certain malaise lui coller à la peau…

*J'suis mou, fripé et crispé !* peste-t-il intérieurement.

Au signal sonore du bain qui se vide, Heero s'en va investir la cuisine dans l'intention de leur préparer une boisson chaude à tous les trois. Mais lorsqu'il ouvre le placard du haut, à droite, il se reçoit un paquet de café sur la tête, dont un, entamé, qui s'y déverse depuis l'étagère…

*C'est bien ce qu'il m'avait semblé…* se dit Heero en redressant le sachet de Carte noire©, au trois quart vide, à présent.

C'est le moment que choisit Duo pour réapparaître dans le salon et il ne peut s'empêcher de rire. Cependant, son hilarité soudaine est de courte durée face à l'expression indéchiffrable d'Heero…

Alors, sans un mot, le dénatté va ouvrir sa porte d'entrée, puis attend que son « voisin » - qu'il pense furieux - veuille bien sortir de chez lui.

*Comment vais-je faire ?* se turlupine-t-il en se pinçant l'arête du nez.

Après avoir secoué la tête et ébouriffé sa tignasse brune indisciplinée, Heero le rejoint effectivement pour claquer la porte…

… de l'intérieur.

- Je me doute, depuis notre dîner, que tu n'aimes pas le café, Max, lui révèle-t-il.

Duo redresse la tête et prend le risque de se noyer à nouveau dans les profondeurs miroitantes de son regard…

Un monde, bleu de Prusse, fait de glace et de feu.

- Assied-toi, je vais nous préparer le déjeuner, propose Heero.

- Ouiii ! s'écrie Daniel en sautillant de joie. Je mets le couvert ! se hâte-t-il d'offrir ses services en sortant complètement de derrière sa porte de chambre, d'où il a pu suivre toute la scène.

Heero rompt donc leur échange visuel, à Duo et lui, pour s'affairer à sa tâche…

- La fourchette à gauche, Daniel, lui inculque-t-il les arts de la table tout en cherchant ses ustensiles de cuisine.

- Avec le couteau ?

- Non. Le couteau se place à droite, le côté tranchant vers l'assiette.

- Okay, apprend-il d'un air absorbé.

De son côté, Duo nage plutôt en eau trouble…

Ce n'est que lorsqu'il fixe le bout de poisson devant lui qu'il réalise clairement qu'il est en train de partager son repas avec le preventer infiltré chargé de l'arrêter et avec l'homme qu'il est censé exécuter, afin de préserver la vie de son « fils ».

- Tu n'aimes pas ? se renseigne Heero, entre deux bouchées.

- Si, c'est trop bon ! répond Daniel, alors que la question s'adresse à Duo.

- Max ? l'interpelle Heero, à nouveau.

- Si, si.

- Mange, dans ce cas. Tu es pâle comme un mort et je n'ai pas l'intention de te laisser garder mon plat intact pour qu'il devienne une relique, comme tu l'as fait pour le paquet de Carte noire©… Cela, bien que tu détestes vraisemblablement cette boisson, sous-entend-il ensuite.

A cette remarque, tout en subtilité, Duo lui jette un étrange regard avant de confier, à brûle pourpoint :

- Tu es la quatrième personne à faire ça pour moi…

S'il ne l'était pas déjà, sa déclaration lui vaut à présent d'être le centre de leur attention.

- Mon père m'a fait des pâtes au beurre, une fois, poursuit-il, les yeux dans le vague. Mais il s'est vite rendu compte que ce n'était pas sa partie ! J'épluchais les haricots verts avec celle qui fut comme une mère pour moi et elle me faisait des gâteaux de riz. Enfin, celui qui fut plus qu'un frère me faisait des pâtisseries. Puis maintenant… toi.

- Tu parles de Kimo ?

La question d'Heero extirpe Duo de ses lointains souvenirs…

*Ah ! Oui… Je lui en ai parlé pendant notre dîner…* se remémore-t-il.

- Oui.

- T'as un père, une mère et un frère ? s'enquiert Daniel, les yeux écarquillés.

Comme s'il croyait cela impossible. Que son daddy s'était fait tout seul…

- Ma famille est morte, mon cœur.

- Tous, même ton frère ? insiste-t-il.

- Oui, même lui.

- Comment ?

- La faute au mauvais sort, répond-il d'un air évasif en glissant son regard soupçonneux sur Heero.

- Oh ! C'est dommage, se désole Daniel en balançant ses jambes sous sa chaise.

Les deux hommes, quant à eux, continuent de se fixer dans un silence tendu durant un long, très long moment… jusqu'à ce que Daniel ne réclame un dessert.

- Vois ce qu'il y a dans le frigo, chaton, lui indique Duo.

- Comment l'as-tu su ? l'interroge Heero.

Duo se lève pour se diriger vers la grande fenêtre du salon, les mains dans les poches.

- Pourquoi veux-tu savoir ça ? Tu es là, à ne pas me lâcher d'une semelle, mais tu ne m'as pas demandé une seule fois si je voyais quelqu'un, ou non…

- Bah, tu vois personne, dad, intervient le garçon en léchant l'opercule de son yaourt.

- Dany, je parle avec Heero ! s'emporte-t-il, avant de s'en excuser aussitôt.

Mais il est trop tard, le mal est fait.

- C'est rien, ment l'enfant dans le but d'épargner son « père ».

Afin de le consoler et lui faire oublier cette incartade, Heero l'invite à venir s'asseoir sur ses genoux, puis lui dépose un doux baiser sur la tête.

- Finis ton yaourt, Daniel, dit-il ensuite. Ton père est juste un peu fatigué…

Le garçon acquiesce en plongeant sa cuillère dans le pot d'un air gourmand.

Face à eux, à contre-jour, Duo soupire, se sentant à la fois coupable d'avoir crié sur son « fils » et rasséréné qu'Heero ait su réagir si vite et si efficacement.

- Heero, tu vibres ! fait soudain remarquer Daniel.

Immédiatement, le preventer sort son téléphone de sa poche avant, afin de consulter ce qu'il sait être un texto. Celui-ci provient effectivement de Trowa qui lui annonce laconiquement :

« Kale »

- Je dois y aller, s'excuse Heero en quittant la table.

- Oh, non ! se plaint Daniel.

- Une urgence sociale, peut-être ? s'enquiert Duo d'un air pince-sans-rire.

- Comme qui dirait, oui.

- Tu reviens quand ? veut savoir Daniel.

- Dès que possible.

- Dad, je peux sortir ? demande-t-il subitement en allant enfiler ses chaussures.

- Oui, répond distraitement Duo, lequel est obnubilé par celui qu'il sait être un Preventer d'élite missionné pour lui arracher sa liberté chérie.

Après un dernier signe de tête, poli mais quoiqu'un peu raide du côté du natté, Heero se hâte de rejoindre Trowa…

A l'appartement des Preventers…

Heero trouve son coéquipier en pleine conversation téléphonique et affairé à ranger leur matériel…

- On sera là dans dix minutes, assure Trowa, en leurs noms, avant de presser son bluetooth pour couper la communication. Ton équipe vient de m'appeler : Masanaga a quitté le Bleu Scape, direction son fief.

- Tu n'as pas risqué de briser ma connexion pour me dire ça, devine-t-il en l'aidant à faire place nette.

- D'après Kale, la tête de Carte Noire vient d'être mise à prix… Mort ou vif, précise-t-il.

Sous l'effet de la colère froide qui gronde immédiatement en lui, Heero fronce les sourcils en observant son ami d'un air pensif.

- L'ouverture virtuelle de cette chasse l'homme a d'ores et déjà laissé une empreinte distincte, avance-t-il, en fin connaisseur.

*Il ne me reste plus qu'à remonter sa trace, même si je me doute que le hacker a pris soin de pulvériser sa connexion et de se connecter via des centaines de bornes relais…* pense-t-il en se figurant les meilleures techniques possibles pour y parvenir.

- Jackson et Kale nous attendent, lui apprend encore Trowa.

- Autant vider les lieux, dans ce cas. L'infiltration touche à sa fin.

- Tu comptes les extraire quand ? se renseigne-t-il au sujet de Duo et Daniel.

- Cette nuit, pour ne pas que les autres enfants en soient témoins. Mais avant, je dois démasquer le commanditaire de cette cabale, ainsi que son probable complice et technicien. Cela devrait me prendre deux heures, tout au plus, estime-t-il.

Ils quittent ensuite l'immeuble des Lilas d'un pas alerte, valises en mains et sans se douter un seul instant qu'ils sont épiés, étant bien trop alarmés du dernier rebondissement…

- Hey ! Hakim ! le hèle Daniel tout en espionnant Heero et son fameux ami se diriger vers un 4x4, garé plus bas dans la rue.

- Quoi ? répond nonchalamment l'adolescent de sept ans son aîné, en pivotant vers lui.

- Chut ! Faut pas qu'ils nous entendent…

- Qui ?

- Eux, indique-t-il en pointant du doigt la voiture noire qui s'ébranle déjà. Vite ! Il faut les suivre…

- Et j'ai quoi en échange ? négocie-t-il, comme à son habitude.

Daniel sort les vingt dollars d'argent de poche mensuel que lui donne Duo.

- Ça marche ! Monte derrière, l'invite-t-il sur son vélo.

Nerveux, Daniel grimpe sur le porte bagage prévu à cet effet.

- Dépêche !

- J'ai le droit de démarrer, peut-être ? J'ai même pas mis le pied sur la pédale !

- Vingt de plus, si tu la boucles !

Hakim se garde bien de rétorquer, cette fois-ci, en s'appliquant plutôt à filer leur cible…

Dix minutes plus tard…

Hakim est affalé sur son guidon, le souffle court.

- J'ai jamais dû… pédaler aussi vite… de toute ma vie…

- Merci, dit Daniel en descendant.

- C'est qui, ces types ? veut-il savoir, soupçonneux.

- T'occupes… Et tu dis rien à dad !

- Okay.

- C'est pas la peine de rester.

- Pas question ! Max va me tuer s'il apprend que je t'ai laissé tout seul… Et tu peux être certain qu'il le saura, tôt ou tard, d'une manière ou d'une autre !

- Je rentrerai avec son meilleur ami, lui assure-t-il.

- Jamais vu, dit-il en croisant les bras.

- C'est le nouveau voisin : Heero.

Hakim cligne des paupières d'un air ignorant.

- Le X-Men, précise Daniel.

- Ah ! Ouais ! Je vois qui c'est… Mais, c'est toujours non.

- Hakiiim !

- Tu n'as que huit ans, mon pot ! Et Max, il plaisante pas avec ta sécurité.

Daniel souffle longuement d'agacement, même s'il ne peut s'empêcher d'être fier que Max l'aime autant.

- Bon, bah, viens avec moi, alors, capitule-t-il.

Hakim hausse les épaules, puis le suit en vélo jusqu'à ce qu'ils atteignent le bâtiment…

- Des preventers ? s'écrie l'adolescent, incrédule. Ah ! Non, non, non, moi je rentre pas là-d'dans !

- Bah, retourne chez nous, alors ! s'impatiente Daniel d'un air exaspéré.

- Pourquoi tu veux aller ?

- Je ne veux pas aller ! Je veux retrouver Heero !

Hakim soupire à son tour.

- Vas-y. Je t'attends ici…

- Comme tu voudras ! Mais faudra pas venir te plaindre si tu trouves le temps long et je n'ai pas l'intention de te donner plus d'argent, le prévient-il.

Hakim lui fait un clin d'œil en levant les mains en signe de réédition, déjà satisfait d'avoir gagné quarante dollars pour une activité qu'il pratique à longueur de journée, soit, parcourir la ville à vélo. Ceci, à la fois pour son propre plaisir, qu'en guise de « livreur de l'ombre ».

La bête noire des sociétés de coursier, qui, contrairement à ces jeunes gens, sont soumis à la réglementation en vigueur et paient des taxes…

Pendant ce temps,

à l'Agence Preventers de San Francisco…

Le 4x4 noir s'engouffre promptement dans le garage, sous l'œil attentif d'un agent spécial, alors occupé à prendre soin de sa moto.

Sans délais, avant même que le moteur ne soit coupé et le véhicule tout à fait à l'arrêt, Heero et Trowa en sautent littéralement, plus qu'ils n'en descendent, pour monter ensuite jusqu'à la salle informatique qui leur a été réservée, afin de se mettre immédiatement au travail…

Seulement, le Colonel Yuy n'a pas le temps d'entrer la suite complète des mots clefs de recherche que Kale entrouvre la porte.

- Désolé de vous déranger, Heero, dit-il sur un ton d'excuse, mais il y a là quelqu'un qui désire vous voir…

- Ça devra attendre.

- C'est-à-dire que…

- Qui est-ce ? demande Trowa en s'interposant physiquement.

- Heero ?

Au son de cette voix, cristalline et mutine, l'interpellé s'immobilise, les doigts en suspens au-dessus du clavier, puis pivote lentement sur son siège.

- Daniel… Que fais-tu ici ? le questionne-t-il tout en sortant son téléphone pour appeler Duo au 555-112.

- Tu nous as suivis ? l'interroge Trowa, à son tour, l'amorce d'un sourire au coin des lèvres.

- Oui, avoue l'enfant, en découvrant, par la même occasion, la voix de l'ami d'Heero.

- Max, c'est Heero, dit-il, signe que Duo a daigné décrocher.

- Qu'est-ce que tu m'veux ?

Heero trouve tout de même étrange que Duo soit devenu si désagréable avec lui, du jour au lendemain, et ce, sans raison apparente…

- T'informer que Daniel est avec moi.

- Quoi ?

- Il m'a suivi alors que je me rendais à mon agence de travail.

Il entend Duo souffler à l'autre bout du combiné.

- Je viens le chercher…

- Inutile. Je te le ramènerai, tout à l'heure. J'ai de quoi l'occuper, ici.

-

- Ça te pose un problème ?

- Ça devrait ?

- Non.

- Alors non, dans ce cas.

Heero entend nettement quelqu'un toquer à la porte de Duo.

- Je dois te laisser. A toute à l'heure, dit-il en raccrochant, sans attendre l'éventuelle réponse d'Heero.

Celui-ci range donc son téléphone en se demandant, non pas si Duo va se débattre, mais sur quelle durée et quels moyens il sera prêt à employer en sachant que Daniel en subira forcément les conséquences ; qu'elles soient néfastes ou bénéfiques…

Comme le garçon en question se tient toujours sur le seuil à fixer ses pieds d'un air fautif et en se tortillant les doigts, Heero vient le prendre dans ses bras. Et, comme à chaque fois qu'il le réconforte de par son aura protectrice, Daniel se détend.

- T'es un sacré numéro, souligne le Colonel Yuy.

- Je vous ai vu avec vos valises… Tu t'en vas ?

- Oui, mais je vous emmène, Maurice, Max et toi.

- Maurice peut rester ici, suggère-t-il.

- Daniel…, le réprimande-t-il d'une voix douce.

L'enfant se mord la lèvre.

- Pourquoi tu veux qu'on parte ? se renseigne-t-il ensuite. Et où ça ?

- Je te l'expliquerai, mais plus tard. Pour le moment, je dois travailler. Kale, tu veux bien…

- Non ! le coupe Daniel en s'agrippant à lui. Je veux rester avec toi… s'il-te-plaît…

- Es-tu capable de rester à mes côtés sans m'interrompre ?

- Oui.

- Très bien.

- Comment nous as-tu suivi ? veut savoir Trowa, intrigué.

- Hakim m'a emmené en vélo. Il est dehors à m'attendre… Je lui ai dit de repartir, mais il a peur de se faire disputer par dad.

Les deux preventers échangent un regard complice et Trowa comprend qu'il peut aller libérer Hakim de son poste de gardien provisoire.

- J'te ramène un jus de fruit ? s'enquiert-il auprès de l'enfant.

- Oui, merci.

Daniel attend que l'agent d'élite ait quitté la pièce pour interroger Heero.

- Comment il s'appelle, ton ami ?

- Trowa. Trowa Barton.

- Vous êtes des preventers, tous les deux ?

- Oui.

Daniel fronce les sourcils.

- Mais… je ne comprends pas pourquoi tu ne nous as rien dit ?

- C'est compliqué, répond Heero. Tu dois juste savoir que je mets tout en œuvre pour que Max et toi ne soyez pas séparés, mais que pour ça, vous devez me suivre.

- Pourquoi ?

- Pour le bien de Max. C'est important. Mais là encore, je ne peux pas t'en dire plus.

Daniel garde le silence, un court instant…

- Je ne pourrai plus voir mes copains, alors ?

- Non, mais je sais que tu t'en feras de nouveaux, très vite.

- Mais, on va habiter où ?

- Chez moi.

- Ah bon ?

- Hn. J'ai une fille de ton âge. Elle s'appelle Akane. Je suis certain que vous allez bien vous entendre…

Comme Daniel ne dit plus rien, la mine préoccupée, Heero le pose au sol en restant agenouillé devant lui ensuite.

- Tu me fais toujours confiance, petit guerrier ?

- Oui, mais j'ai peur…

- Max et toi allez perdre vos repères, il est vrai, mais je te promets que vous allez reprendre confiance en vous et en votre nouvelle vie, à tous les deux.

- On sera tout le temps chez toi ? veut s'assurer Daniel.

- Pas toujours, non. Pour des raisons de sécurité, Akane et toi devrez résider quelques temps chez mon ami, Quatre. Lui-même à une fille qui s'appelle Towika.

- Mais après, on sera chez toi, tout le temps ?

- Dans la mesure du possible, je l'espère, oui.

- D'accord… De toute façon, c'est pourri, ici ! prétend-il pour se donner du courage.

Heero lui sourit, dépose un baiser sur sa tête, puis attire un autre siège près du sien, afin que l'enfant puisse s'y asseoir confortablement.

- Voici pour toi, p'tit malin, dit Trowa en entrant dans la pièce, une brique de jus de pomme à la main.

- Merci, Trowa, murmure Daniel, comme Heero a repris son activité.

Durant l'heure suivante, le garçon respecte son engagement de ne rien faire qui pourrait entraver la mission d'un superhéros. S'il doit garder le silence, il prend tout de même plaisir à découvrir l'univers, non seulement d'un preventer, mais surtout, celui d'Heero…

Cependant, aussi passionné qu'il puisse l'être, Daniel finit par s'assoupir, la tête reposant sur la veste de l'Agent d'élite Yuy, roulée en boule sous sa joue.

- Je l'ai, annonce Heero, au bout d'un moment.

Bien qu'il n'ait pas haussé le ton, l'enfant se réveille malgré tout en un léger sursaut.

- Hein ? marmonne-t-il, avant de bailler et de s'étirer.

- Envoie, réclame Trowa en posant son café à côté de l'un des trois écrans qu'Heero gère simultanément.

- Stuck. Un type du coin… Il a un casier de pirate informatique bien fourni.

- Un pirate ? s'enquiert Daniel, tandis que Trowa va ouvrir la porte pour appeler Kale.

- Présent ! dit-il en entrant.

- Stuck est notre gars, l'informe Heero.

- Euh… Il doit y avoir une erreur. Ce type est un indic pour la police locale. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il est devenu totalement réglo, mais c'est tout comme.

- Le contrat serait un leurre ? avance Trowa, intuitif.

- Ça m'en a tout l'air, répond Heero, un poil contrarié.

Ils n'ont besoin d'échanger qu'un bref regard pour confirmer leur pensée commune…

Une conviction dénuée de preuves tangibles pour étayer leur théorie du complot, certes, mais ils sont certains que Masanaga est le commanditaire et qu'il s'est finalement décidé à inclure Duo dans sa machination à l'égard de Solo Smith.

- Que croyait-il ? L'effrayer ? suppute Trowa d'un air dubitatif et en faisant allusion aux manigances du Japonais du Sud. Il ne se rendra jamais, ajoute-t-il au sujet de Carte Noire. Et aux dernières nouvelles, personne n'est en mesure de le livrer, exceptés nous.

- Pour le coup, ils ont surtout réussi à vous faire perdre votre temps ! lance Kale.

Lequel n'est pas en mesure d'entrer dans la confidence et donc de saisir réellement la portée de leurs réflexions.

- Il a cherché à nous éloigner de lui, même temporairement, réalise Heero. A présent, la question est de savoir pourquoi ? s'interroge-t-il lorsque la porte s'ouvre brusquement sur le Colonel Jackson.

- Les flics détiennent Carte Noire et à en juger par l'euphorie ambiante, ils sont en train de le démonter, annonce-t-il, le front moite. Mon équipe est déjà prête. C'est quand vous voulez !

- Daniel, tu restes ici, ordonne Heero avec précipitation.

- Mais… mais…, s'inquiète l'enfant qui ressent le stress monter chez les adultes.

- Tu ne bouges pas de là.

Comme Daniel s'apprête à pleurer, Heero se saisit de sa veste de « costume » preventer pour l'en emmitoufler.

- Je t'ai fait une promesse, petit guerrier. Obéis-moi sans poser de question, c'est très important.

- D'accord, obtempère-t-il en serrant son vêtement de superhéros. Je t'attends ici, c'est promis.

Satisfait, Heero lui embrasse la tête, puis prend le temps de l'étreindre quelques instants, avant que Trowa et lui ne décampent ensuite en moins d'une minute, l'équipe d'intervention du Colonel Jackson sous leurs ordres…

Environ une heure plus tôt…

Alors que Duo rate sa pâte à macaron pour la troisième fois, tant il est perturbé par les récents évènements, son mobile sonne, faisant clignoter un numéro inconnu…

Il décide néanmoins de décrocher, mais sans s'annoncer.

- Max, c'est Heero.

- Qu'est-ce que tu m'veux ?

- T'informer que Daniel est avec moi.

- Quoi ?

- Il m'a suivi alors que je me rendais à mon agence de travail.

Duo soupire à l'idée que Daniel se retrouve pleinement impliqué dans cette affaire.

- Je viens le chercher…

- Inutile. Je te le ramènerai, tout à l'heure. J'ai de quoi l'occuper, ici.

*Tu m'étonnes que tu ne veuilles pas que je vienne !* se dit-il, intérieurement.

- Ça te pose un problème ?

- Ça devrait ?

- Non.

- Alors, non, dans ce cas.

Toc, toc, toc !

- Je dois te laisser. A toute à l'heure, conclut-il en lui raccrochant pratiquement au nez.

Toc, toc, toc !

- Qui est-ce ? s'enquiert-il en s'essuyant les mains dans un torchon et en s'avançant vers l'entrée.

- C'est moi… Jackie, répond une jeune fille d'une voix faible et hésitante.

- J'arrive, ma puce !

Il ouvre la porte, confiant, s'attendant à devoir dépanner ses parents d'un peu de sucre ou de farine, quand, en lieu et place, il se retrouve violemment projeté au sol, avant d'y être lourdement et douloureusement plaqué par deux hommes.

- Carte Noire, vous êtes en état d'arrestation ! annonce l'un d'eux, bourru, en lui enfonçant le canon de son browning sur sa nuque, tandis que l'autre lui enfile des menottes.

*Daniel !* s'inquiète immédiatement Duo, ne leur donnant pas le plaisir de résister…

Quelques longues minutes plus tard,

au Commissariat central de San Francisco…

Une autre gifle cuisante retentit dans une pièce sans fenêtres, sombre et exiguë, qui leur sert de salle d'interrogatoire, disons… secondaire.

- Alors, on fait moins le malin, là, hein ? Pour la dernière fois, où est Black Light ? crie le plus corpulent des deux flics.

Jake MacCain.

- Pour la énième fois… je ne sais pas de qui vous parlez ! répond Duo d'une voix lasse.

Terrassé par la douleur et la fatigue, le natté se penche en avant afin de cracher un long filet de sang. Puis, il s'avachit de nouveau sur sa chaise en métal, les poignets ensanglantés par ses menottes trop serrées et qui lui tordent les bras vers l'arrière.

- Tu mens !

- Jamais…

Il a soif et mal partout d'être assis-là et « interrogé » depuis ce qui lui semble être une éternité…

Un autre coup dans la mâchoire.

- On va te mettre en pièce, sale petit merdeux !

- Ça t'énerve de ne pas m'entendre gémir, ou te supplier d'arrêter, hein… ? Un voleur comme moi, ça doit se mater facilement… Bah, qu'est-ce qui se passe ? T'as pas pris ta pilule du bonheur ? T'as la « main » molle ?

- Arrête, Jake ! s'interpose son coéquipier.

Celui qui joue le rôle du gentil : Sean Davis.

- Astérix a parlé, le raille Duo. Il a pas oublié de prendre sa potion magique, lui !

- Ta gueule ! aboie McCain.

- Ave… McDeluxe.

- Où est Solo Smith ? le questionne calmement l'Inspecteur Davis, tout en manipulant sa paire de solaire.

La police n'est pas encore au courant de l'arrestation de Solo par les preventers. Tout ce qu'ils savent, ils le tiennent d'un de leurs indics qui leur a soudainement révélé l'adresse et l'identité de Carte Noire, avec, en annexe, quelques bribes de son histoire passée et notamment, la responsabilité de Solo Smith dans le multiple-meurtres des orphelins Maxwell…

- Solo… ? répète Duo, incrédule.

- T'as très bien entendu, sac à merde ! lance McCain, à bout de nerfs. Réponds !

- Pourquoi le recherchez-vous ? s'enquiert Duo en replongeant dans le cauchemar de son enfance.

- Ici, c'est nous qui posons les questions, du con !

- On vous aura mal renseigné… Solo Smith est mort.

- Ce mec t'a trahi, intervient Sean Davis. On est au courant de toute l'affaire, alors crache le morceau, Duo. Franchement, j'vois pas pourquoi tu le couvres !

- J'comprends rien… à ce que vous dites…

*Seulement que c'est cet enfoiré de Masanaga qui m'a vendu !* devine aisément Duo. *J'ai tout le temps que je veux, tu parles ! Monsieur me fait surveiller et trouve le temps long, alors il me jette en pâture aux…*

La nouvelle gifle monumentale qu'il reçoit interrompt le fil de ses pensées.

- Vous… vous trompez de gars, parvient-il encore à articuler, tout en grimaçant sous la brûlure de l'impact cinglant. Celui que j'ai connu est mort…

Jake McCain, perdant le peu de patience qui lui reste, l'empoigne brutalement par la nuque.

- Ce fumier est tout ce qu'il y a de plus vivant !

- …

- Solo Smith est Black Light, déclare tranquillement l'Inspecteur Davis. Vous vous êtes connus par le passé, tu ne peux pas ignorer ses activités.

- Je vous dis qu'il est mort ! rabâche Duo en y mettant toutes ses forces. Il doit s'agir d'une erreur… Quelqu'un aura pris son identité…

- Et pourtant…

- OÙ EST-IL ? hurle MacCain. OÙ EST BLACK LIGHT ?

Un énième coup au ventre, puis à la tête.

Duo est sonné.

Echoué sur sa chaise métallique, tassé sur lui-même, la respiration chaotique et le visage tuméfié, le voleur croit son heure arrivée, lorsqu'un éclair lumineux l'aveugle, signe qu'une personne vient d'ouvrir la porte depuis l'extérieur…

- Retirez-vous, somme une voix, posée, certes, mais non moins menaçante.

Sa voix.

- Ah, ouais ? Et pour quel motif ? fulmine McCain en bombant le torse.

- Jake, maitrise-toi ! aboie aussitôt Davis en venant se saisir du papier tendu par celui qu'il identifie rapidement comme étant le Colonel Yuy, Preventer d'élite. Eh, merde !

- Quoi ? veut savoir MacCain en faisant aller son regard d'Heero à son coéquipier.

- C'est une Ordonnance Preventers, lui apprend-il d'un air las.

Autrement dit, ils sont obligés de s'y soumettre, puisqu'effectivement, ils ne peuvent pas contrer l'ordonnance émanant d'un colonel preventer et encore moins, celle provenant d'un de leurs Administrateurs.

- De quoi ils se mêlent, ceux-là ? conteste vivement Jake. Cet homme est à nous !

Peinant à garder la tête haute, l'homme en question rouvre les yeux et accroche instantanément ceux de son « voisin » qui le couve d'un regard de propriétaire.

- Cet homme est à moi, réplique Heero, catégorique.

*Tout s'éclaire…* comprend Duo, frissonnant, malgré la migraine terrible qui lui fracasse le crâne. *Comme je ne montrais aucun signe de rapprochement amoureux avec Heero, Masanaga a fait en sorte de précipiter notre « union ». Lady Gaga savait qu'Heero ne me laisserait pas aux mains des flics*

- Ce dossier est sur le point d'être résolu ! rétorque MacCain en parlant de Carte Noire.

Lequel a enfin été arrêté par leur service.

Profondément agacé par le comportement de certains représentants de la loi et notamment, par ceux-là même qui se sont permis de tabasser Duo par pur plaisir, l'expression d'Heero se durcit considérablement.

- Je ne suis pas venu pour discuter, lâche-t-il d'une voix claquante. Détache-le, exige-t-il ensuite.

Ebranlé par son charisme incontestable, l'inspecteur lui tend la clé des menottes, croyant en avoir terminé, quand l'agent d'élite saisit son bras en le lui broyant d'une main de fer.

- Putaiiin ! Tu la veux ta pute ? Prends-là, j'te la donne pour rien ! AAAH !

Le coup à l'estomac fuse, suivi d'un puissant uppercut dans la mâchoire.

Comme propulsé dans les airs, MacCain rebondit sur le mur noir et crasseux de la salle, avant de venir percuter la petite table en métal qu'il entraîne dans sa chute dans un son tonitruant.

- Non mais ça va pas ? intervient Sean Davis en allant aider son coéquipier à se relever. Qu'est-ce qui vous prend ? On est du même bord !

- C'est à lui de le faire, prend-il la peine de s'expliquer, avant de presser son laryngophone bluetooth. J'ai besoin d'une ambulance dès notre arrivée sur le tarmac d'Osaka : la cible est toujours consciente mais son état nécessite des soins d'urgence.

- Compris, Trowa lui répond-il dans l'oreillette.

- Détache-le, réitère Heero, d'un air si placide qu'il en devient effrayant.

D'un regard, Sean fait comprendre à Jake qu'il ne peut rien pour lui, cette fois-ci.

Blessé dans son amour propre, humilié comme jamais il ne l'a été, MacCain va docilement ôter les menottes de son « ex-dossier »,contraint et forcé.

- Tu d'vrais arrêter les beignets, Obélix, Duo trouve-t-il encore la force de le provoquer. Ou alors… tu renouvelles ta garde-robe… et investis dans les rayures.

- Vous êtes prié de garder le silence, Monsieur Maxwell, commande Heero d'une voix sévère, tandis que les deux inspecteurs quittent la pièce, furieux.

- Ton vœu va s'exaucer… plus vite que tu ne le crois, lui promet Duo en se levant difficilement.

Il tente ensuite de se maintenir debout, seul, mais ne réussit qu'à tituber avant de s'étaler lourdement sur le sol.

Heero s'y attendait, mais n'a rien fait pour l'empêcher de tomber, ni pour amortir sa chute. Sans quoi, Duo aurait refusé toute l'aide qu'Heero est d'ores et déjà en mesure de lui apporter.

A présent que le natté ne peut qu'admettre qu'il dépend, momentanément, du preventer, ce dernier vient s'agenouiller à ses côtés et l'interroge à son tour :

- Es-tu mêlé, de près ou de loin, aux affaires de Solo Smith, alias Black Light ?

- Pourquoi ? demande-t-il plutôt. Pourquoi, toi ? Tu ne devais pas savoir tout ça…

- Ne joue plus la mauvaise carte, Duo.

C'en est trop !

Piqué au cœur et sur le carreau, Duo s'effondre en larmes, brûlantes et silencieuses…

*J'ai perdu ma liberté, mon fils, tout* se dit-il, alors que le Colonel Yuy le hisse sur ses deux jambes, puis le soutient jusqu'à la sortie, sous les regards hargneux des policiers.

- C'est toujours toi qui as le beau rôle, hein ? lance le voleur d'une voix faible.

Se laissant aller à cette force tranquille, il regrette de ne pas s'être évanouit pendant le passage à tabac de l'Inspecteur Jake MacCain. Ainsi, il n'aurait pas eu à lutter contre le sentiment de délice qu'il éprouve à être dans les bras de son preventer…

Dès l'instant où Heero franchit le seuil de la double porte d'entrée du bâtiment, Trowa vient lui prêter main forte afin de supporter le poids mort qu'est devenu Duo, puis à l'allonger à l'arrière de leur véhicule.

- Daniel ne doit pas le voir dans cet état, déclare Heero en maintenant fermement Duo contre lui, sa tête reposant sur ses cuisses.

- Je prendrai le prochain vol avec Maurice et le p'tit, propose Trowa, tandis que Kale, au volant du 4x4, fonce vers l'aéroport militaire de San Francisco.

- Hn.

- Dano…, murmure Duo, fiévreux.

- … est en sécurité, lui certifie Heero.

Quelques minutes plus tard…

Heero et Trowa installent Duo dans l'un des larges fauteuils du P-Jet…

Comparé à sa chaise en métal, dure et froide, le confort de son siège en est presque choquant.

- Paré au décollage, mes Colonels ! leur apprend le pilote.

- Je descends dans une minute, le prévient Trowa. Il vous faudra revenir pour un deuxième convoie.

- Entendu.

- Nous pouvons procéder à l'évacuation du prisonnier, annonce Heero.

- Génial ! lance Duo d'une voix crispée par la douleur. J'ai dû marcher dans la merde du pied gauche, si je comprends bien ?

Ayant eu le temps de se familiariser avec le « personnage », Heero ne répond rien, se contentant de s'asseoir, face à lui.

- Où tu m'embarques ? veut savoir le voleur aux arrêts.

- Au Japon.

- Qu'est-ce que les preventers me veulent ? Pourquoi as-tu fait tout ce voyage pour m'interpeller, moi ?

- …

- T'es un beau salaud, hein ?

- …

- Tu t'es bien foutu d'ma gueule !

- Tu vois, fait remarquer Trowa à Heero en s'appuyant négligemment sur le dossier de son siège. Nous qui craignions qu'il refuse de coopérer.

- T'es qui, toi ? l'apostrophe Duo, du mieux qu'il peut.

- Trowa Barton. Tu m'as sucré mon Carte noire©.

- T'étais là, ce jour-là ?

- Tu ne les lui ôtes pas ? demande plutôt Trowa à Heero, au sujet des menottes qu'arbore Duo et qui l'attachent aux accoudoirs.

- Je ne prends pas ce risque.

- P'tit joueur ! se moque Duo, qui se sait effectivement doué pour se défaire de ce type d'attache pour peu que ses mains soient jointes ; ce qui n'est pas le cas, présentement.

- Tu préfères être ligoté ? l'interroge Trowa, l'œil brillant de curiosité.

- Range-moi cet air salace !

- Monsieur se laissera-t-il tenter par un petit rafraichissement ? lui propose-t-il, à la manière d'un steward.

- Non merci, l'atmosphère est suffisamment « rafraichie » à mon goût.

- Dans ce cas, je te laisse bouder dans ton coin, peut-être ?

- Fais donc ça !

Le sourire aux lèvres, Trowa quitte enfin la carlingue, sous le regard furibond du natté.

La seconde d'après, le téléphone d'Heero se met à vibrer et c'est sous ce même regard qu'il répond…

- Yuy.

- Salut, Sensei ! dit Blake. Tout va comme tu veux ?

- Hn.

- Il n'est pas content, je parie ? Oh ! Il se fera à nous, j'en suis sûr.

- …

- Nous sommes fins prêts à vous recevoir, annonce-t-il avec plus de sérieux, face au silence de son Colonel. Sally vous accueillera sur le tarmac. Quant à Alec, il est parti se procurer l'émetteur satellite micronisé et le bracelet nous a déjà été livré. Ils n'attendront plus que toi pour être paramétrés.

- Parfait. A tout à l'heure.

- Euh… Sensei ?

- Hn.

- Je pensais accrocher des serpentins et lui préparer un petit goûter. Habituellement, ça marche bien sur les américains… Qu'est-ce t'en dit ?

Pour toute réponse, Heero lui raccroche au nez, puis se lève pour aller chercher une bouteille d'eau.

Seulement, Duo refuse de se désaltérer lorsqu'Heero vient poser la paille contre sa bouche.

- Je sais que tu as soif, Duo.

Mais son prisonnier s'obstine, avant tout blessé d'avoir été trompé par…

*… l'homme que j'aime* s'avoue-t-il, in petto.

Ne lui laissant plus le choix, Heero est forcé de… lui caresser tendrement la joue.

- Arrête ça ! s'offusque Duo en s'arrachant vivement à son contact, les yeux humides. T'as pas le droit, ajoute-t-il dans un souffle, en ancrant ses yeux aux siens.

Tenace, Heero lui presse à nouveau la paille contre ses lèvres, déterminé à le faire boire, coûte que coûte.

Au pied du mur et bouleversé, Duo se résigne donc à étancher cette soif-ci

Une heure plus tard,

à l'Aéroport international d'Osaka…

Le moins que l'on puisse dire est que le vol plané fut plombé !

Duo n'a plus décroché un mot, luttant de toutes ses forces pour ne pas céder au sommeil… en vain.

Cependant, sa sieste, mouvementée et de courte durée, est brusquement interrompue par l'agitation qui survient.

- Allez, messieurs, au boulot ! prescrit une voix de femme.

- Hein ? se réveille Duo en sursaut. Hnnng ! gémit-il, aussitôt. Putain, ma tête ! lâche-t-il en grimaçant.

C'est parce qu'il peut presser ses tempes de ses mains qu'il réalise qu'Heero lui a finalement ôté ses menottes.

Dans le même temps, deux hommes en blouses blanches l'empoignent doucement afin de le monter sur un brancard, tandis que l'un d'eux programme leur effort de traction.

- A trois. Un, deux, trois, on pose ! Okay, on le sangle.

- 'ro ? le recherche instinctivement Duo d'un air comateux, avant de se rappeler qu'il lui en veut à mort.

- Je suis là, l'informe Heero en prenant place dans l'ambulance.

- M'en fiche !

- Bonjour, Monsieur Maxwell. Je suis Sally Chang et je vais m'occuper de vous.

- Désolée, ma belle, mais il semble que mon « Maître », ici présent, vienne de saisir en mon nom… pour mon seul bien, cela va sans dire… l'opportunité d'être à son service. Et sincèrement, je ne vois pas comment j'aurais pu refuser pareille offre !

Le véhicule s'ébranle, sans que la doctoresse urgentiste preventer ne fasse cas de sa raillerie.

- N'en fais pas trop, Duo, intervient Heero.

- Milles excuses, Superman !

- …

Alors que l'ambulance roule à bonne allure, toute sirène hurlante, Sally fournit les premiers soins ; principalement pour des plaies minimes.

- Ils n'y sont pas allés de main morte, ces tordus, constate-t-elle en enfilant un saturomètre à l'index de Duo.

Cela permet d'évaluer l'état général du patient.

- Je n'ai pas besoin de l'intuber, mais je dois tout de même l'oxygéner, précise-t-elle en le branchant sur une bombonne d'oxygène.

Elle ouvre ensuite le frigo pour s'emparer d'une poche contenant un liquide transparent.

- Je m'étonne que tu n'aies pas pu intervenir avant, adresse-t-elle au Colonel.

- Je me suis fait avoir, se reproche-t-il.

Sally en fait tomber sa compresse et doit rouvrir l'armoire de rangement pour en reprendre une autre.

- Un indic de la police de San Francisco, doué en informatique, a diffusé une ouverture de chasse sur Carte Noire, poursuit-il. Le temps de remonter jusqu'à lui et de comprendre le stratagème, les flics s'étaient emparés de Duo.

- Mince ! le raille encore ce dernier.

- Je vois, dit-elle en finissant de désinfecter son front. Comment l'ont-ils trouvé puisque personne à par vous n'est censé connaitre son identité ?

- C'est une bonne question, répond l'agent d'élite en fixant Duo d'un air pensif.

Celui-ci ne peut malheureusement pas détourner la tête pour fuir la confrontation visuelle qu'Heero lui impose, mais il demeure néanmoins mutique.

Pourtant allongé et sanglé sur une civière, recouvert d'une couverture en aluminium bien que l'ambulance dispose du chauffage et le cou maintenu par un collier cervical - davantage par précaution - Duo choisit tout de même de se débattre.

- Oh, non, non, mon p'tit père ! se fâche Sally. Tu vas devoir rester tranquille.

Sourd aux ordres du médecin, Duo cherche à ôter son masque à oxygène, quand une main ferme l'arrête et le lui remet en place d'autorité.

Aussitôt, le regard des deux hommes se croise à nouveau…

- Son rythme cardiaque s'accélère, l'informe Sally.

Heero lâche le masque à oxygène pour lui prendre la main d'une façon qui n'échappe pas à son amie.

- Calme-toi, Duo, l'enjoint-il.

A présent, Duo peut à peine ouvrir son œil gauche, tant son visage est gonflé par endroit et notamment au niveau des paupières et des arcades sourcilières.

- Peut mieux faire, se moque gentiment Sally, puisque les palpitations perdurent.

Duo cède, reconnaissant volontiers qu'il a agi avec stupidité.

Mais c'était plus fort que lui !

De son côté, Sally sort un flacon contenant un produit décongestionnant, afin d'en pulvériser généreusement sur son patient.

- D'ici quelques heures, ton visage aura dégonflé, assure-t-elle.

- Merci, dit Duo.

- C'est normal.

- On est arrivé ! les avertit le conducteur en terminant de manœuvrer pour se garer.

Ensuite, seuls Sally, deux infirmiers et Heero accompagnent Duo jusqu'à sa chambre ultra-sécurisée du « Preventers Help » de Sakai ; une ville de la préfecture d'Osaka.

- Son état s'est stabilisé…, est en train de rapporter la doctoresse à son équipe.

Alors qu'elle attribut ses tâches à chacun, Heero l'interrompt :

- Ne choisis qu'une personne de confiance, en dehors de toi.

- Très bien. Je ne cherche pas à discuter… Silvio, tu te chargeras de lui prendre la température !

- Dans vos rêves ! se rebelle soudain Duo. Qu'il essaye de me toucher pour voir.

- Ce n'est qu'une métaphore, Duo, le rassure-t-elle en souriant. Tu permets que je t'appelle par ton prénom ?

L'ainsi nommé grogne son approbation, plus qu'il ne la donne avec enthousiasme.

- Il est adorable, adresse-t-elle à Heero d'un ton ironique. J'te le laisse. S'il se passe quoique ce soit que Silvio ne puisse gérer, ce qui m'étonnerait fort, bip-moi.

- Hn. Le bonjour à la famille.

- Je n'y manquerai pas. D'autant plus que l'Administrateur suit ce dossier de près, le prévient-elle, l'air de rien.

Sally adore taquiner son mari, Wufeï Chang, en employant son titre honorifique preventers.

Méditatif, Heero suit son départ du regard, avant d'en jeter un sur Duo.

- Tu comptes crécher ici toute ta vie ? l'apostrophe celui-ci, tandis que Silvio lui administre un calmant.

Sans manifester la moindre considération pour sa « question », Heero décide de passer un appel, tout en restant au pied du « volcan », comme si le Vésuve n'était pas entré en éruption.

- On est à bord, annonce directement Trowa, lorsqu'il décroche son téléphone. Finalement, le pilote a ordonné qu'on envoie un deuxième Jet pour ne pas qu'on ait à l'attendre, lui, personnellement.

- C'est trop bien ! se félicite Daniel.

- Je t'envoie Marc et Alec. Je dois veiller sur lui.

- Ne te donne pas cette peine ! lance Duo en sentant son corps s'engourdir et son esprit s'embrumer.

- C'est notre faute, déclare Trowa.

- Je sais, j'ai merdé sur ce coup.

- On est deux sur ce coup, si tu me passes l'expression, insinue-t-il, taquin.

- Baka.

- Duo s'est fait dénoncer par quelqu'un qui en sait peut-être autant que nous à son sujet. Je pense que Stuck n'a pas agi sur un ordre policier, mais qu'il a pris le risque d'accepter un contrat.

- Ou bien, il n'aura pas eu le choix.

- Il faut absolument que Duo nous parle.

- Hn.

- C'est qui, Duo ? demande Daniel.

- Quatre m'a contacté, l'informe Trowa en faisant signe à l'enfant de se taire en portant un doigt en travers de ses lèvres.

Heero est agréablement surpris de l'apprendre.

- Il s'est proposé de prendre le petit chez lui, le temps que tu donnes le feu vert et que tu sois disponible. Il attend également ton signal pour venir évaluer Duo.

- Hn.

- Trowa m'a dit qu'il était gentil, Quatre, rapporte Daniel, à moitié sur le ton d'une question.

- Il l'est, confirme-t-il. Tu peux lui faire confiance.

- Comme à toi ?

- Comme à moi.

- Et je le vois quand, dad ?

- Dès que possible, promet-il.

- D'accord.

- J'te laisse, dit Trowa. A tout à l'heure.

- A plus, Heerooo ! crie Daniel.

Ils coupent simultanément la communication, tandis qu'Heero se rapproche du lit.

- Qui t'as vendu, Max Well ? l'interroge-t-il, tout de go.

Duo ne répond pas.

- Duo Maxwell…

Pas un mot.

- Carte Noire

Pas même un battement de cil.

- Black Shadow

Cette fois-ci, Duo pose son regard brumeux sur lui.

- Eloigne-toi… de moi, exige-t-il faiblement.

Mais Heero choisit plutôt de lui caresser la main que Duo n'a plus la force physique de retirer.

- J'veux… plus… te voir, parvient-il à articuler d'une voix trainante et les paupières lourdes.

- Laisse-toi aller, Duo. Je veille sur toi.

Un raclement de gorge, discret.

Comme un toussotement…

Heero se tourne alors vers Silvio.

- Monsieur Maxwell s'en sort bien, lui confirme l'infirmier. J'ai malheureusement affaire à des cas similaires de passage à tabac où des hommes bien plus costauds que lui gémissent comme des fillettes à la seule vue d'une aiguille, commente-t-il tout en gribouillant sa feuille de soin en de petits mouvements fluides et nerveux. Pas de nez, ni de côtes cassés… Ils n'ont sans doute pas eu le temps pour ça, j'imagine ! Pas d'hématomes graves ou nécessitants un suivi médical particulier, sauf si vous êtes névrosé et que vous souhaitez lui faire passer des examens plus poussés, ajoute-t-il d'un ton interrogatif.

A la fin de sa tirade, l'infirmier relève la tête tout en remontant ses lunettes sur le haut du nez et se retrouver confronté au regard qu'Heero fixe sur lui.

- Non, vous ne l'êtes apparemment pas, en conclut Silvio, soudainement incommodé. Il aura une sale tête pendant quelques jours. Une sorte de sucette Chupa chups© de toutes les couleurs, juge-t-il bon de préciser en lui tendant le bloc note. Une p'tite signature pour l'autorisation de garde et il est à vous.

- Il n'a jamais cessé d'être à moi, répond très sérieusement Heero.

- Si vous le dites, dit-il en soulevant un sourcil, perplexe.

Heero signe donc, sans se donner la peine de participer plus au monologue du scientifique qui ne demande pas son reste pour sortir.

Le lendemain,

au petit matin…

Un doux rayon de soleil vient illuminer la chambre, la parant ainsi de mille éclats et réchauffant son atmosphère, initialement froid et austère…

- Mhmmm, gémit Duo, perdu entre rêve et réalité.

Heero, quant à lui, est déjà réveillé et fait rapidement le tour du lit pour commander le compte-gouttes de la poche de morphine, faiblement dosée. Conséquemment, Duo somnole encore durant une heure, environ, avant d'émerger complètement.

- 'ro ?

Il a beau prétendre ne plus vouloir de lui, cela n'empêche pas qu'Heero soit présentement son seul et unique point de repère dans ce nouvel environnement.

- Tu as dormi d'une traite, lui apprend-il en venant presser sa main en signe de soutien.

Duo cligne des yeux, une fois, deux fois, puis se soustrait à cette brève étreinte.

- J'imagine que tu vas pouvoir m'interroger ? T'as prévu quoi, au cas où je ne parlerais pas ? De me priver de morphine ?

Il essaye de ricaner, mais le résultat n'est pas très ressemblant.

- Pour des raisons que tu connais certainement, tu es maintenant placé sous ma protection rapprochée.

- Tellement rapprochée que les moules-frites m'ont collé des gnons pendant ce qui m'a paru être une éternité, souligne-t-il son incompétence en tâtant doucement son visage.

- J'ai failli à mon devoir, reconnait Heero. Si tu souhaites me remplacer par Trowa, j'obéirais et m'emploierais à garantir ta sécurité sans t'imposer ma présence.

Le temps d'une seconde, Duo en oublie sa rancune et sent plutôt la panique lui serrer la gorge et lui comprimer la poitrine.

- Non, répond-il, avant de soupirer. Je dois être affreux.

- Ce n'est pas ces deux lâches qui t'auront le plus abîmé, sous-entend Heero.

Sans relever son propos, si juste qu'il en est dérangeant, Duo cherche maintenant à s'asseoir.

- Hnnng ! Punaise !

Afin de soutenir son effort, Heero télécommande le lit.

- J'peux me débrouiller tout seul ! râle le patient, tandis qu'Heero replace correctement ses oreillers dans son dos.

Puis, comme si de rien était, il décroche le téléphone de la chambre.

- Chocolat et céréales complètes, s'il-vous-plaît, commande-t-il. Merci.

- Tu es resté là toute la nuit ? s'enquiert finalement Duo, du bout des lèvres et en évitant de croiser son regard.

- Cela fait partie de ma mission.

- Et t'aurais été jusqu'à coucher avec moi pour remplir ta « mission » ?

- J'aurais pu choisir d'emprunter cette voie, mais non.

- Tu as déjà dû le faire ?

Heero sourit en coin : Duo tente de le piéger.

- Si cela doit se produire entre nous, nous ne ferons pas l'amour dans le cadre de mon travail, Duo.

Après un long silence, parfaitement gérable pour Heero et franchement troublant pour Duo, celui-ci finit par souligner un point d'importance.

- Tu me prives de ma liberté.

- Je sais.

- Mais ce n'est pas toi qui m'as frappé.

- Je ne cherche pas d'excuses.

- Ce n'est pas ta faute ! Tu vas pas en faire un fromage, si ?

- Non.

- Parfait !

Toc, toc !

- Bonjour ! dit gaiement une infirmière, suivie de près par Silvio. Monsieur a bien dormi ?

- Monsieur n'a pas trop eu le choix ! rétorque Duo.

L'infirmière marque une pause, puis termine de glisser le plateau devant lui.

- Merci, dit Heero.

- Je vous en prie, dit-elle avant de sortir, laissant Silvio inspecter son patient durant un court instant.

- Tout me semble correct, juge-t-il.

- Vous trouvez ? l'interpelle Duo, grinçant.

Silvio ne prête pas attention à sa mauvaise humeur et s'occupe plutôt à griffonner la deuxième page du rapport médical accroché en bout de lit, avant de se retirer.

- Il va falloir que tu me dises toute la vérité, Duo, reprend Heero.

- Il faudrait, oui, concède-t-il sur un ton qui signifie clairement qu'il n'a pas l'intention de le satisfaire.

Toc, toc, toc !

- C'est moi, Blake ! s'annonce-t-il. J'suis avec Quatre.

- Plus on est de fous, plus on rit !

- Entrez, les invite Heero.

Les deux preventers obtempèrent. Et alors que Quatre pose sur Duo un regard bienveillant et curieux, Blake, quant à lui, est totalement subjugué par Carte Noire.

- J'ai suivi toutes tes aventures. J'suis un grand fan !

La cuillère de céréales de Duo reste en suspens, sa bouche entrouverte, tandis qu'Heero fait les présentations.

- Duo, voici ton admirateur secret : l'Agent spécial Blake McGuire.

- 'lut ! prononce le natté, de mauvaise grâce et d'un air sceptique.

- Dis-donc, ils n'y sont pas allés de main morte, souligne Blake.

- A quoi tu l'vois ? le raille Duo.

- Bah, à ta tête ! Non, mais si tu voyais ta tronche !

- Oui, admet Duo d'un air méditatif. Effectivement, les américains sont casse-couilles.

- Tu l'auras remarqué, toi aussi, lâche Heero.

Si le regard de Duo pouvait tuer, l'Agent d'élite Yuy serait mort.

- Je te présente Quatre Raberba Winner, reprend-il.

- Je sais qui c'est, le coupe Duo. Une cible de choix pour des gens comme moi et un Agent Preventer d'élite de réserve, explique-t-il ensuite, avec amertume. C'est tout ce qu'i savoir.

Heero et Quatre s'entre-regardent un instant, complices.

- Je vois que tu as toujours une dent contre les représentants de la loi, remarque ce dernier.

- « Toujours » ? répète Duo en lui lançant une œillade meurtrière. On s'connaît ?

- Ton dossier révèle un penchant pour l'insubordination.

- Je ne suis pas un dossier ! s'enflamme-t-il.

- J'suis d'accord, s'offusque gentiment McGuire. Ce type est une légende !

- Blake, le réprimande Heero, comme on le ferait avec un enfant turbulent.

- Et à lui, tu ne dis rien ? lui reproche-t-il en boudant. C'est toujours sur moi que ça tombe, de toute façon !

Un instant, Duo se demande s'il n'est pas en train de rêver, finalement.

- Duo, as-tu déjà entendu parler du Joker ? l'interroge Heero.

- Evidemment !

- As-tu une idée de qui ça pourrait être ?

- Non et même si je le savais, je ne te le dirais pas.

- Et pour ce qui concerne Black Light ?

Heero ne s'attire pas même un battement de cils de la part du natté.

- Sensei te sauve les miches, intervient Blake d'un air soudainement mécontent.

Duo n'a aucun mal à deviner que le terme japonais signifiant « Maître » désigne Heero.

- S'il n'avait pas pris la décision de t'intercepter, tu aurais fini au fond d'une cellule, tôt ou tard, poursuit-il. Ou pire !

- Je savais parfaitement ce qui m'attendrait si je me faisais prendre, rétorque Duo.

- Tu n'as fait aucun faux pas durant tes missions. C'est donc que quelqu'un d'influent vous a manipulé, la police et toi.

- J'parle ni aux poulets, ni aux ânes !

- T'es bien conscient que tu ne pourras pas tenir ce langage très longtemps ?

- Tu paries ?

- Solo Smith…

- … EST MORT ! Combien de fois dois-je vous l'dire ?

Heero n'a pas besoin d'employer la force pour le forcer à se calmer ; une légère pression sur son épaule suffit.

Notant tout de même qu'il ne permet pas à Duo de s'en dégager, cette fois-ci.

- Solo Smith, alias Black Light, est depuis peu sous les verrous dans la prison Preventers de Tanabe, lui apprend et confirme Heero.

- C'est impossible… Il est mort, 'ro… Je l'ai vu de mes propres yeux !

*'ro ?* s'interrogent Quatre et Blake.

Ce dernier va pour répondre, mais Heero l'en empêche d'un geste de la main.

- Nous ne savons pas de quoi tu as été témoin, exactement, mais je peux t'assurer que Solo est bien vivant.

Le silence se fait et perdure, tandis que Duo repasse les plis de son drap, se gratte la nuque, se frotte le nez et fait crisser sa cuillère au fond du bol.

- Je le sais déjà, mais j'ai besoin de te l'entendre dire, reprend Heero au bout d'un moment. Es-tu mêlé, de près ou de loin, aux affaires de Solo Smith, dit Black Light ?

- Non. Je… je n'ai rien à voir avec… ses affaires. C'est surréaliste !

- Qui t'as vendu, d'après toi ? l'attaque carrément Blake, à présent. Non, mais réfléchis deux secondes, tête de nœuds !

- Sors d'ici, Blake, lui intime le Colonel Yuy.

- Nous savons tous qui a les moyens de tisser une telle machination et dans un délai aussi court !

- Ne m'oblige pas à t'y contraindre moi-même, le menace-t-il.

Son agent obtempère alors immédiatement et quitte la chambre.

- J'crois que j'ai perdu un fan ! lance Duo, histoire de camoufler le gouffre abyssal qui vient de se rouvrir sous lui.

- L'homme, que nous soupçonnons d'être responsable de ta dénonciation, a fait enlever son frère cadet, l'informe Heero. Ton soutien est notre meilleure chance de le récupérer vivant. Lui et les autres.

- Et qu'est-ce qui vous fait croire que j'peux vous aider ?

- Parce que tu le connais, affirme Quatre, intuitif.

- A mes yeux, Solo est mort il y a seize ans. Au final, je ne sais pas grand-chose sur lui.

- Je ne parlais pas de lui.

L'empathe et Heero respectent le nouveau silence méditatif de Duo, préférant lui laisser le choix des révélations.

Pour l'instant.

- Ça lui va comme un gant, commente Duo, le regard dans le vague. Black Light

- Parce que tu as su percevoir l'étincelle de lumière dans le noir de son esprit, traduit Quatre d'une voix apaisante.

- C'est pas dans mon dossier, ça.

- Le tien est plutôt mince, en fait.

Tous deux se sourient, ce qui invite Duo à se détendre.

- De quoi l'accuse-t-on, au juste ? se renseigne-t-il.

- Solo Smith est coupable de complicité de vol, recels, d'association de malfaiteurs, de viols avec violence, d'homicides et de meurtres avec préméditation, récite Heero.

Duo sent l'air lui manquer.

Il s'attendait à tout sauf à ça !

*Délits de vol, oui, mais…* pense-t-il confusément.

Il se passe la main sur le visage, puis plonge ses doigts dans ses cheveux en secouant la tête, les yeux embués de larmes contenues.

- J'comprends pas. J'comprends plus rien !

Quatre adresse un discret signe de tête à Heero, lequel le rejoint dans le fond de la pièce.

- Je te propose de suspendre l'interrogatoire et de le laisser se reposer jusqu'à ce qu'il soit en état de venir à l'agence, propose Quatre. Le plus dur reste à venir.

- Nous prenons le risque qu'il se ferme à nouveau.

- Oui, admet-il.

- Entendu, accepte-t-il après un court instant de réflexion. Comment s'adapte Daniel ?

- A ce propos, je m'attendais à ce que Duo nous demande de ses nouvelles. Quitte à vouloir négocier ses informations en échange d'une protection pour son fils, voire d'une nouvelle identité, au vu des circonstances. Mais au lieu de ça…, ajoute-t-il avant de s'interrompre d'un air calculateur. Duo s'est-il renseigné sur son sort ?

- Plus depuis que je lui ai assuré que Daniel est en sécurité.

- Certes, mais… Sait-il ce qu'il est pour son fils, exactement ?

- Non.

- Parfait, semble-t-il se réjouir. Pour répondre à ta question, vous lui manquez, Duo et toi, mais nos filles l'adorent et réciproquement. Quant à Maurice, il réside dans le bâtiment d'en face. Trowa se charge de refaire ses papiers au petit bout.

- Je remarque une progression notable dans vos rapports.

- J'ai décidé de ne plus lui faire obstruction, confirme-t-il en souriant tristement.

Heero n'a pas le temps de répondre qu'il aperçoit une ombre se dessiner sous la rainure de la porte.

Toc, toc, toc !

- Entrez, autorise-t-il en revenant auprès de son « prisonnier ».

Bien qu'il ait donné des ordres, c'est une infirmière non-accréditée qui vient déposer un autre plateau devant son homme.

- Je me suis dit que, peut-être, vous voudriez encore une tasse de chocolat, suppose-t-elle.

Abattu, Duo se recroqueville sur lui-même.

- Une minute ? la retient Heero.

- Oui ?

- Quel est votre nom ?

- Rosy MacGarette.

- Vous ne faites pas partie de l'équipe du Docteur Chang et n'êtes pas sous les ordres directs de Silvio.

Le ton suspicieux d'Heero interpelle Duo qui se décide à observer la scène avec attention.

- Non, en effet. Ma collègue est très occupée, alors c'est tout naturellement que j'ai proposé mon aide, explique-t-elle en souriant d'un air contrit.

- Hn. Je peux avoir un gobelet ?

- Oui, tout de suite, monsieur.

Elle revient rapidement avec l'objet demandé, le pose sur le plateau et est une nouvelle fois retenue par le Colonel Yuy.

Sous les regards, interrogatif pour Duo et confiant pour Quatre, Heero remue ensuite le pichet de lait chocolaté, puis en verse dans le gobelet, avant de le tendre à l'infirmière.

- Je… je ne comprends pas, bredouille-t-elle.

La boisson empeste le cyanure. Réputé quasi-indétectable, Heero est l'une des rares personne au monde à être capable de le sentir à l'odeur.

- Buvez, ordonne-t-il.

Duo le fixe d'un air éberlué. Visiblement, il ne fait pas partie de ce petit nombre en mesure de détecter ce poison.

- Mais, enfin je… ?

Transpirante et nerveuse, elle n'a de cesse de jeter des regards vers Duo.

- Buvez, réitère Heero.

- Peut-être qu'elle n'aime pas le chocolat, suggère Duo.

Haletante, la jeune femme prend le gobelet d'une main tremblante et en fixe le contenu pendant de trop longues secondes…

- Que se passerait-il si je faisais analyser ce breuvage ? l'interroge Heero.

Sous la pression du Colonel, l'infirmière se met à pleurer.

- Des hommes sont venus menacer ma famille, avoue-t-elle d'une voix tremblotante. Je… je suis sincèrement désolée, ajoute-t-elle à l'intention de Duo.

Aussitôt, Quatre s'en va chercher Blake, afin qu'il prenne la jeune femme en charge.

*Masanaga* songe immédiatement Duo. *Il me fait savoir qu'il peut nous atteindre, Daniel et moi, à n'importe quel moment et que j'ai tout intérêt à le satisfaire rapidement*

- T'as toujours rien à nous dire ? l'interpelle Blake en tenant la malheureuse par le bras.

Il profite qu'Heero soit occupé à converser avec un agent preventer, issu d'une autre agence territoriale et présent dans le couloir, à ce moment-là, pour tenter de lui soutirer quelques informations.

- Tu n'es pas en état de l'interroger, intervient Quatre. Et je doute que tu le sois un jour.

- Il faudra bien que quelqu'un daigne le secouer !

- Il me semble qu'Heero t'a assigné une mission.

- Nous perdons du temps.

- Quoi que tu en penses, nous nous plierons au protocole établi par le Colonel Yuy, sévit-il d'une voix ferme.

Craignant de subir une mise à pieds, si près du but, Blake lance un dernier regard noir à Duo, puis se détourne d'eux, à regret, les laissant seul à seul, l'empathe et le voleur.

- Je n'ai pas l'intention de me confier à qui que ce soit, le prévient aussitôt le natté.

Toutefois, Quatre sourit avec l'air de celui qui a déjà vu son vœu être exaucé.

- Vas-y, crache le morceau ! l'invite Duo. T'en meurs d'envie !

- Tu as déjà accordé ta confiance à Heero.

- Pas complètement ! rectifie-t-il en tournant la tête, mécontent de devoir dévoiler une partie de cette vérité pour démentir l'affirmation de Quatre, laquelle est un peu trop tranchée à son goût.

- C'est un homme d'une rare intégrité.

- Je vous souhaite beaucoup de bonheur !

- L'Agent Tsuki prend le relais, les informe Heero en revenant soudain auprès d'eux. Tout va bien ?

Duo ne répond rien.

- Je dois vous laisser, prévient Quatre en échangeant un regard entendu avec Heero, avant de partir, à son tour.

- Réjouis-toi, 'ro… Y a pire que toi ! se plaint Duo en se renfonçant dans ses oreillers.

Le lendemain matin…

Le rapport de force entre Heero et Duo s'est réinstallé plus durement que jamais…

Alors que le preventer patiente admirablement que Duo veuille bien accepter son sort et baisser d'un cran, Heero n'obtient de lui que des rebuffades.

*Quatre nous a prévenus… Sa liberté est ce que Duo a de plus précieux, la seule chose qu'il n'a jamais vraiment possédée et sur laquelle il a eu un semblant de contrôle, toute sa vie. Et voilà que je la lui confisque, à présent*

- Habille-toi, s'il-te-plaît, lui demande calmement l'agent d'élite.

En attendent la venue de l'Agent spécial Alec Bowers, Duo doit se préparer à sortir.

- Casse-toi de ma piaule, dans ce cas !

- Je me retourne.

- Ça ne me convient pas !

- C'est pourtant tout ce que tu auras, Duo. C'est tout ce qu'il te reste, aujourd'hui. Tu n'as plus d'autres options.

La gorge nouée par la douleur du chagrin et de la colère mêlées, Duo a du mal à contenir ses larmes.

*Je préfère me brûler les yeux plutôt que de pleurer à nouveau devant lui !*

Lui, l'objet de ses fantasmes et de ses tourments.

D'un geste rageur, Duo repousse le drap pour descendre du lit, puis enfile ses jeans, tee-shirt et chaussures.

Sans avoir besoin que Duo ne le prévienne - Heero suit ses mouvements à travers le son spécifique dû aux froissements des vêtements entre eux et sur la peau – le preventer sait que son « protégé » est désormais fin prêt.

Pivotant sur lui-même, Heero se retrouve donc à nouveau sous les feux des projecteurs.

*Je ferai tout pour recouvrer ma liberté ! Sois certain que je ne m'arrêterai pas une seule seconde de rechercher une issue. Tout le monde a une faille. La tienne est bien cachée, certes, mais je la trouverai. Oh, oui, je la trouverai ! Et ce jour-là, je m'en irai. Je m'en irai, même si je dois te blesser pour ça !* promet Duo, in petto, une lueur martiale dans ses prunelles.

Toc, toc !

- Alec, s'annonce-t-il.

- Entre, l'invite Heero.

Son agent s'exécute en lui présentant aussitôt l'émetteur satellite micronisé et le bracelet numérique à cheville extra-plat.

- Salut, adresse-t-il à Duo, timidement, ayant eu des échos de la visite de Blake.

- …

De son côté, Heero ouvre son communicateur portatif afin de paramétrer le matériel ; ce qui ne lui prend qu'un instant.

- Pour le moment, tu n'es pas autorisé à t'éloigner de moi à plus de cent mètres, l'informe-t-il ensuite en venant s'agenouiller à ses pieds. Lève le bas de ton jean, s'il-te-plaît.

Duo obtempère, furieux.

C'est la touche finale, le détail qui le prive totalement de sa liberté de mouvement.

Heero n'ignore pas l'effet désastreux que cette mise en place a sur lui et fera en sorte qu'il se sente le mieux possible.

Enfin, c'est sans compter sur son discours technique !

- Si tu devais sortir de cette zone d'assignation, une onde radio alerterait mon terminal et une onde électrique à intensité graduelle finirait par t'immobiliser. Mais il s'agit aussi de mesurer ton rythme cardiaque et ton taux d'adrénaline. Ainsi, nous pouvons savoir si tu es en danger, ou non, et envoyer une équipe te repêcher.

- Et si je l'enlève ?

- Tu ne peux pas, se permet d'intervenir Alec, naïf.

Duo tourne alors lentement la tête dans sa direction pour braquer sur l'agent spécial un regard des plus hostiles, le faisant déglutir et reculer d'un pas.

- L'émetteur micronisé sous-cutané que je vais t'implanter prendrait le relais, répond Heero.

- Et tu comptes me l'implanter, où ? le questionne-t-il de nouveau en reportant son attention sur lui.

- Relève ta manche, indique-t-il, avant de planter l'aiguille dans le faisceau externe de son bras.

C'est à peine si Alec ose respirer, tant l'atmosphère est tendue et suffocante.

- Bien, en route, déclare Heero, une fois l'opération terminée.

- J'avance la voiture, les prévient Alec, trop heureux de pouvoir s'éclipser, même quelques minutes.

- Coursier, voiturier, chauffeur… Dis-donc, t'a un sacré C.V. ! Fais gaffe, 'ro ! J'serais toi, j'me ferais du souci pour mon poste.

Déconcerté, Alec consulte du regard son Colonel qui lui fait signe de partir devant, sans plus attendre, tandis que Duo lui emboîte le pas et va tenir la porte.

- Tu crois qu'il va se passer quoi, Heero ? Je ne me laisserai pas faire et tu le sais.

- Je sais.

- Je n'ai pas l'intention de vivre ta vie, d'obéir à tes ordres. Je ne suis pas ton brave petit soldat particulier !

- Je sais.

- Tu comptes utiliser Dany contre moi ?

- En aucune façon.

- Alors, quoi ? Tu t'attends à ce que je te saute au cou parce que « heureusement pour moi que c'est toi qui m'a retrouvé ! » ? A ce que je te fasse de gros poutous ?

- Je dois vraiment répondre à ça ?

- Tu t'attends à ce que je te dise « merci » ?

- Non.

- Pourtant, je t'en dois un…

- …

- Je suis peut-être hors de moi et déterminé à te semer, mais je reste honnête. Cela n'empêche pas que je vais te mener une vie d'enfer, mon Colonel. Attends-toi à regretter de m'avoir rencontré ! promet-il, avant de sortir de la chambre d'un pas vif.

Heero l'imite, peu après, mais lui laisse une allonge de quelques mètres en observant sa natte onduler nerveusement sur le tissu noir de son t-shirt.

*Peu importe qu'il me déteste. L'important pour moi est qu'il soit à l'abri d'une suite d'évènements d'où l'on ne peut revenir, auquel cas, autrement que comme une ombre* pense Heero, tandis que Duo pousse énergiquement une première porte coupe-feu.

L'espace d'un instant, le double battant se referme sur le preventer, les dissimulant à la vue l'un de l'autre.

Cependant, l'idée de fuite n'a pas fini de d'effleurer le voleur qu'Heero réapparait déjà et constate que Duo s'est arrêté au milieu du couloir, la silhouette de profil.

En réponse, le preventer s'immobilise à son tour, tous deux s'entre-regardant en chien de faïence.

*Quelques secondes de plus et j'aurais pu arracher mon bracelet et dégager de là !* croit Duo. *Tu veux me faire comprendre que tu me rattraperas toujours, Heero ? Que je suis incapable de t'échapper ? A mon tour de te donner une leçon !*

Après un moment de flottement, le temps pour Duo de ravaler sa frustration, il se détourne et reprend sa progression, Heero sur ses talons.

Ce n'est que lorsque Duo touche la dernière porte coupe-feu, lourde et épaisse, qu'il sent la main du preventer se saisir fermement de son bras.

Le natté se félicite alors de n'avoir pas marqué physiquement son sursaut intérieur, parce qu'il n'a pas entendu l'agent d'élite presser le pas, ni senti le déplacement d'air de son corps, précipité contre le sien.

C'est à cet instant précis qu'il doute pour la première fois de pouvoir se soustraire à sa surveillance. Mais il rejette au loin cette idée, s'interdisant de perdre tout espoir, de s'avouer vaincu avant même d'avoir essayé.

- Pas d'imprudence, lui recommande Heero.

Il n'a pas envie d'être spécialement sévère ou autoritaire avec lui. Il souhaite sincèrement, sans prétention, aider Duo à commencer une nouvelle vie avec Daniel. Sans plus d'ombre autour d'eux.

- C'est bien de te parler à voix haute, réplique Duo en se dégageant d'un mouvement sec. Ça permet de faire le point sur ce qu'il faut faire et ne pas faire.

La provocation, l'ironie, les jeux d'esprits… Autant d'armes à sa disposition pour retrouver contenance, de se convaincre qu'il contrôle encore la situation, ou, tout du moins, une partie… même infime.

Ce que Trowa, Quatre et Heero ont su comprendre, contrairement aux Agents Blake et Alec. Cela dit, Heero ne commet pas l'erreur d'ignorer les capacités de diversion et donc, d'évasion de Carte Noire et l'empoigne plus fermement.

- Je ne ferais pas ça, si j'étais toi.

- Ah ! Mais ça ne fait aucun doute, Mister Contrôle. Seulement, tu n'es pas moi !

- Je peux utiliser d'autres moyens pour te neutraliser et te forcer à coopérer. J'ai obtenu que tu ne dépendes plus que de ma juridiction.

- Alors là, y a plus aucun doute ! J'ai marché dans la merde du pied gauche, j'ai écrasé une pièce de l'autre, plusieurs fois, précise-t-il au plus fort de son ironie grinçante. Et j'ai rencontré un leprechaun !

- Capitule, Duo. Tu te trompes de cible.

- Crève ! Mhm ! gémit-il, davantage par surprise que par la douleur aigue de son épaule, tout à fait supportable.

D'un geste prompt, Heero lui a fait une clef de bras imparable.

- Tu me montres enfin ton vrai visage.

- Je t'en prie, Duo. Ressaisis-toi, bon sang !

- Sensei ? l'interpelle Alec en s'approchant lentement, le Range rover en arrière-plan, derrière les portes coulissantes de l'établissement.

- Duo ? demande Heero.

- Ça va ! Lâche-moi !

La réputation du Colonel Yuy n'étant plus à faire, le personnel médical, témoin de l'incident, n'est pas inquiet et continue de vaquer à ses occupations, assuré que le prisonnier ne sera pas maltraité.

- On va à l'agence ? se renseigne Alec, tendu.

- Non, chez moi, répond Heero. Tu nous y déposes et passeras nous prendre avec ma voiture, demain matin, ajoute-t-il en menottant Duo, à l'arrière de son véhicule.

- Okay, acquiesce Alec en observant le fameux Carte Noire arborer un air des plus renfrogné.

- En route !

La voix de son Colonel le sort de ses pensées et l'enjoint à prendre le volant, sans plus tarder.

*Pour une raison ou pour une autre, Masanaga cherche à lui nuire et Duo ne semble pas prendre cette menace au sérieux. S'il veut bien la considérer comme telle…* s'alarme Heero.

Quelques minutes plus tard…

Duo passe le seuil de la maison d'Heero et Akane, idéalement située au bord du Wando : les bassins de la rivière Yodogawa.

L'invité « captif » promène alors son regard sur la grande cuisine, la table en bois du salon, le canapé d'angle, blanc et gris, la cheminée, la grande baie vitrée qui donne sur un jardin en longueur, puis sur l'escalier qui mène au premier étage, et sur l'entrée du couloir, au rez-de-chaussée, qui dessert d'autres pièces.

- Bienvenue chez nous, déclare sobrement Heero en le considérant avec soin.

- Chez nous ? relève-t-il en se tournant à demi vers lui.

- Ma fille et moi.

- Tu… tu as une fille ?

- De huit ans.

- Tu es marié ?

- Je suis veuf, depuis quatre ans.

Incrédule, Duo le dévisage un moment.

Il n'a jamais pu lutter, au fond, contre cette sensation de bien-être, de réconfort, qu'Heero lui procure lorsqu'il se tient à ses côtés ; ce qui rend Duo d'autant plus agressif, vue la menace de Masanaga qui plane sur eux tous.

*'ro, tu ne sais pas et ne sauras sans doute jamais pourquoi je te rejette* songe-t-il avec tristesse.

- T'en as d'autres des comme ça ? finit-il par s'enquérir.

- Akane tente par tous les moyens de me convaincre de prendre un chat, répond Heero en souriant tendrement.

*Je fonds !* pense Duo qui sent son cœur faire un bond dans sa poitrine.

- Et pour ma peine, poursuit-il, elle m'affuble d'un tee-shirt à leur effigie, dès qu'elle le peut.

Ne s'attendant pas du tout à ce qu'Heero tienne pareil discours dans de telles circonstances, ni à ce qu'il accepte de porter ce type de vêtement, Duo ne peut s'empêcher de sourire, lui aussi.

- La cuisine est à toi, reprend Heero. Je vais te montrer ta chambre.

- Parce que j'ai la mienne ?

- Tu t'attendais à quoi ? l'interroge-t-il, appréciant cette phase d'accalmie inespérée qu'il sait pourtant n'être que provisoire.

- A dormir à tes pieds, ou enchainé à ton poignet, suggère-t-il d'un ton nettement moins corrosif que depuis ces dernières heures ; voire, ces derniers jours.

Heero s'évertue rarement à justifier ses décisions et lui ouvre plutôt la voie vers sa pièce privée, au rez-de-chaussée.

- Je suis juste en face et la chambre d'Akane jouxte la tienne. Elle est censée dormir à l'étage, mais depuis que sa mère nous a quittés, elle fait des cauchemars.

Duo est puissamment déstabilisé.

Il attaque sans vergogne le preventer, mais il aime être aux côtés de l'homme et voilà qu'il l'adore en papa-poule.

*J'aurais dû m'en douter* se dit-il. *Il savait exactement comment se comporter avec Dano*

- Tu vas me laisser seul, t'es sérieux ?

- Donne-moi ta parole d'honneur que tu ne chercheras pas à t'enfuir et ne joue pas sur les mots.

Une nouvelle fois, ils s'affrontent du regard, en silence.

- Qu'est-ce qui se passerait, si je refuse ?

Heero marche soudain vers lui, le forçant à reculer jusqu'au mur où il se retrouve promptement plaqué. Heero pose ensuite une main à hauteur de tête et lui répond, à un souffle de ses lèvres :

- Premièrement, si tu cherches à me faire sortir de mes gonds pour que je commette l'irréparable, tu mourras de cause naturelle avant d'obtenir ne serait-ce que le début d'un frémissement. Deuxièmement, tu es un père dans l'âme et je sais que tu feras tout pour protéger Daniel et lui assurer un avenir heureux. Enfin, je suis celui qui peut vous baliser le chemin, peu importe que tu décides finalement de couper les ponts quand cette histoire sera terminée.

Duo ne respire plus que par bribes.

- Pourquoi… pourquoi tu fais tout ça pour moi ?

- Assez de questions, tranche-t-il. Je veux des réponses, Duo !

- Tu as ma parole, cède-t-il.

Heero reprend donc ses distances, satisfait.

- Tu as faim ? s'enquiert-il.

- Non, répond-il avant de disparaitre dans sa chambre.

Il se laisse ensuite glisser le long de la porte, puis enfouit son visage dans ses mains, avant de se raviser ; il est encore un peu douloureux.

*Je dois le tuer au plus viteÇa urge !* s'exhorte-t-il, in petto.

Inquiet, il reste assis-là, par terre et plongé dans la pénombre, jusqu'à ce qu'Heero vienne finalement lui déposer un plateau repas derrière la porte.

Toc !

Un seul coup, comme à son habitude.

- J'espère que tu aimeras, lui dit-il à travers.

Sans mot dire, Duo ferme les yeux et patiente.

Il attend qu'Heero aille se coucher pour sortir de sa chambre et faire une visite nocturne de la maison.

Elle est belle, harmonieuse, spacieuse et la présence de la petite fille est partout : la poupée laissée sur le canapé, le dessous de plat en forme de cœur, les céréales en formes d'animaux… Puis, il tombe sur la photo d'une jeune femme, magnifique et incontestablement épanouie.

*Sa femme était Relena Peacecraft !* réalise-t-il, bouche bée.

Comme elle a gardé son nom de jeune fille pour légitimer son droit à la parole et ses actions, peu d'individus savent, au final, qu'Heero Yuy était son mari.

*Oh, mon Dieu… Ça a dû être un moment terrible pour lui et la petite…* pense-t-il, compatissant.

Eclipsé par l'obscurité du couloir, Heero l'observe avec la plus grande discrétion.

De son côté, Duo s'arrache à la contemplation du portrait pour se rendre à la cuisine, visiblement à la recherche d'un ustensile.

Il fait peu de bruit et trouve rapidement ce dont il a apparemment un besoin pressant : un couteau en céramique au tranchant rasoir exceptionnel.

Certain d'être convenablement équipé, il pose ensuite son pied nu sur le large bras du canapé, puis parvient à glisser la lame entre sa peau et le bracelet. Satisfait, voire carrément enthousiaste, il commence un lent va-et-vient, convaincu que le mince ruban noir et brillant d'apparence fragile va finir par céder.

Seulement, rien ne se produit.

Pas le moindre accro.

Il pousse alors un long soupir, maudissant la technologie preventers, puis retire la lame d'un air déçu pour aller ranger le couteau ensuite.

Dépité, il s'assoit lourdement sur l'une des chaises de bar de la cuisine américaine, ouverte sur le séjour, pour se relever aussitôt, comme s'il avait été piqué par une aiguille.

Pourtant résigné et ô ! combien contrarié, il allume la lumière, retrousse ses manches, enfile le tablier d'Heero, puis ressort ce maudit couteau avant d'ouvrir le frigo, afin de commence à cuisiner.

Concocter une recette, mitonner de bons petits plats… le seul remède efficace qu'il connaisse pour lutter contre la morosité.

Heero, quant à lui, retourne se coucher, le sourire en coin…

Serein…

A suivre…

Note de fin : Comme vous l'avez sans doute remarqué, je n'ai pas pu poster, hier : vendredi. Du fait de mon emploi du temps pro changeant d'une semaine à l'autre, je préfère vous promettre de poster chaque week-end, plutôt que chaque vendredi… même si je n'exclus pas de poster à nouveau le vendredi. Vous suivez ? lol

Merci à toi, Alinea63. Chat fait grand bien de recevoir régulièrement quelques mots bienveillants… Merci pour ton mp, Misaki. Tu sais combien ça compte pour l'auteur d'avoir des retours. Katana, comment te dire ? MERCIII du fond du cœur ! CGK un jour, CGK toujours !

Merci à tous pour vos encouragements, chat fait chaud au cœur !

Merci d'être là et…

à la semaine prochaine !

Kisu

Yuy