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Carte Noire,

un voleur nommé désir

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Source : Gundam Wing AC

Auteure : Yuy

Bêta de lumière : Lysanea

Genre : yaoi, romance, policier et UA.

Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient sauf Black Light, Kimo Lost/Maxwell dit « Le Joker », Scarlette, Jenna et John Johnson, Gale et l'Inspecteur Morris, Aideen dite « L'Irlandaise », Masanaga dit « Le Japonais du Sud », Joe Fisher, le Gardien du loft 781, Lionel et Jeff, Akane, Lieutenant Nanako Gotô, Yumi, Capitaine Marc Guérin, Capitaine Alec Bowers, Lieutenant Antoine Faure, Capitaine Blake McGuire, Agent spécial Kale, Jack Glade, Anita Stones, Faye Ship, Ito Li, Barbara Linardt, Stan et Shawn McGuire, Steve Harris, Akito, Towika, Eichi, les frères Studners, Commandant Giuliano Cortesi dit Elmo, Gasper, Rosy, Charles, Luca, Standford, Surk, Shin-ji, Estelle, Docteur Akeno, Antonio, Katrine, Vincent, Fernand Faure, Isabelle De la Forgerolle-Faure, Cure-dent, le Colonel Jackson, Maurice Bailey dit « le géniteur », Daniel Bailey, Freddy, Miss Lili, Phoebe, Jason Stich, Hakim, Stuck, Jackie, Jake MacCain, Sean Davis, Silvio, Rosy MacGarette, l'Agent spécial Tsuki, Vincent, Antonio, Alexandra, Steven, Kylian et Monsieur Fernot…

Couple : Heero x Duo

Note : Un café serré pour la douze… Chaud, devant !

Lemon

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À Ly-chan, mon impérissable

et à tous les lecteurs

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Bonne lecture !

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12 – Waoh !

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Le lendemain,

tôt dans la matinée…

Duo gémit de douleur en se pressant les tempes, avant même de se réveiller complètement…

- Mhmm… Ma tête va exploser !

Soudain, il sent le lit remuer sous lui, puis quelqu'un lui embrasser le front. Dès lors, le monde ne se résume plus qu'à ce contact ténu ; une pression douce et chaude, mais hélas, trop fugace.

Lorsque sa migraine le relance de plus belle, Duo ouvre prudemment les yeux. Dans un premier temps, il ne reconnaît pas l'endroit où il a apparemment passé la nuit.

- Tu es dans ma chambre, le renseigne Heero, tout en jetant un cachet effervescent dans un grand verre d'eau.

Au plouf distinctif, Duo tourne lentement la tête sur le côté pour croiser le tendre regard que lui destine son preventer.

- On… on a…, balbutie le natté d'un air embarrassé.

- On a passé une nuit inoubliable, insinue Heero, un brin moqueur.

Une fois n'est pas coutume !

- Okay… Tu me laisses entre cinq minutes et une heure, le temps que je me prépare ? demande-t-il en se hissant laborieusement sur ses coudes.

Heero esquisse un sourire en coin, qui s'efface rapidement, néanmoins, sachant ce qu'il doit lui annoncer.

- Tu ne m'accompagnes pas, aujourd'hui.

- Dans le détail, ça donne quoi ?

- Tu ne peux pas sortir d'ici.

- Tu n'as quand même pas reprogrammé mon bracelet pour me parquer chez toi comme un animal de compagnie ?

- J'essaye, tant bien que mal, de te garder en vie.

- Tu essayes, tant mal que bien, d'asphyxier mon libre arbitre !

- La vengeance n'est pas une solution viable, déclare-t-il.

Tel un écho de leur discussion animée dans l'appartement présumé d'Heero, situé au deuxième étage de l'immeuble des Lilas, à San Francisco…

Fâché, le natté se recouche en lui tournant ostensiblement le dos.

- Passe une bonne journée, Duo, lui souhaite-t-il en osant déposer un doux baiser dans ses cheveux.

- Toi aussi, concède-t-il d'un air boudeur, mais sans chercher à se dérober.

- N'oublie pas de prendre ton acide acétylsalicylique, lui recommande-t-il en marchant vers la sortie.

*Hein ?* pense Duo en clignant des yeux.

- Mon quoi ? le questionne-t-il ensuite, en jetant un coup d'œil méfiant sur le verre.

Comme s'il s'attendait à ce qu'il fonde sous l'effet de l'acide…acétylsalicylique.

- Ton aspirine, baka, lance Heero depuis la porte.

Il a tout juste le temps de la fermer avant que son oreiller ne vienne s'écraser lourdement sur le battant.

- Baka toi-même ! entend-il Duo à travers.

Le sourire aux lèvres et le cœur moins lourd, Heero quitte leur maison familiale…

Quelques minutes plus tard,

à l'Agence…

Comme Heero l'a présagé, son unité au grand complet l'attend de pieds fermes. Une fois rassurée quant au comportement de Duo, la veille au soir, chacun de ses membres a pu reprendre les dossiers ouverts, un peu déçu que Duo ne puisse pas collaborer avec eux.

- Il va revenir ? demande Blake, tout en jonglant avec son vieux Bic©. Son absence n'est que temporaire, hein, Sensei ?

- Non seulement, il n'a pas d'autres choix que de travailler avec et pour nous, mais il est doué pour ça, répond Heero, depuis son bureau et sans cesser de taper sur son clavier tactile, incorporé à sa table.

- Il est né pour être preventer, affirme Alec. Sauf qu'il ne le sait pas encore…

- Les Administrateurs ne pourront qu'approuver son intégration complète et définitive au sein de l'Organisation, renchérit Nanako.

- Tu penses que ce sera long avant qu'il n'aille mieux et n'accepte de tourner la page en nous rejoignant de son plein gré ? s'enquiert Antoine, auprès de son Colonel.

- L'avenir nous le dira, prédit Heero, évasif et soucieux.

- Oui, enfin, c'est tout vu ! lâche Blake en ignorant les gestes discrets d'Antoine.

Lequel veut le prévenir qu'il s'engage sur une pente glissante.

- Tu vas la boucler, oui ! intervient donc Marc, à mi-voix.

- Quoi, encore ? se plaint-il. Sensei…, commence-t-il dans l'intention de dénoncer l'acharnement dont il est injustement victime.

Toutefois, il s'interrompt bien vite devant l'expression de l'agent d'élite, laquelle est plus efficace qu'une tape à l'arrière de son crâne.

- Oui, enfin… ça ne nous regarde pas… C'est votre vie privée, après tout, tente-t-il de se rattraper, avant de se remettre précipitamment au travail.

- Si tu n'existais pas, suggère Marc, je ne suis pas certain que quiconque souhaiterait t'inventer, termine-t-il d'un air railleur.

Blake est sur le point de rétorquer lorsqu'Heero déclare, à brûle-pourpoint :

- Duo ne patientera pas éternellement.

- On a effectivement cru comprendre qu'il voulait la peau de Masanaga, souligne Alec. Au moins autant que nous, si ce n'est plus.

- Que comptes-tu faire ? l'interroge Marc.

Heero ne répond rien, le regard rivé sur un point, droit devant lui, comme s'il était seul à y voir un monde de possibilités…

- Sensei ? finit par l'interpeller Nanako, le combiné de son téléphone plaqué contre son épaule.

- Hn ?

- L'Administrateur Chang, sur la cinq.

Heero hausse un sourcil interrogateur, puis prend la ligne, son expression de nouveau impassible.

- Chang, le salue-t-il avec sobriété.

- Yuy.

- Pourquoi passer par l'un de mes agents ?

- Afin d'être certain que tu ne remettes ni ne renvoies mon appel.

- Ce n'est pas dans mes habitudes.

- Carte Noire est un dossier que tu prends particulièrement à cœur, se justifie-t-il d'un air entendu.

- Mon unité et moi-même nous investissons dans toutes les affaires que nous sommes amenés à traiter.

- Et personne n'émet le moindre doute, là-dessus.

- Alors sur quel point en émettez-vous ? demande-t-il en incluant l'ensemble des Administrateurs.

- A présent que Carte Noire est au fait de toute l'histoire, nous souhaiterions connaitre son état d'esprit. Est-il disposé à coopérer et à respecter nos lois ?

- Duo se reconstruit et fait montre d'une grande maîtrise de lui-même.

- Je doute que mes confrères se satisfassent de si peu et encore moins, de probabilités.

- C'est pourtant tout ce qu'ils obtiendront de nous, prévient-il, catégorique.

Le silence qui suit sa réponse est révélateur des parfaites compréhension et complicité que partagent les deux hommes…

Cela n'a pas toujours été le cas, pourtant. Par le passé, ces deux grands guerriers se sont affrontés plus d'une fois, mais depuis qu'il s'est marié, l'Agent d'élite Chang du Clan du Dragon s'est considérablement radoucit. Certes, sa rudesse d'expression reste inchangée, son enseignement est toujours aussi peu accessible au commun des mortels et il est irrémédiablement intransigeant lorsqu'il s'agit d'appliquer et de respecter la Justice, mais l'homme est devenu un mari aimant et un père attentionné. En cela, il est à même d'entendre et de comprendre certaines choses de la vie qui lui semblait totalement étrangères, voire superflues, quelques années auparavant…

Aussi, il a fini par accorder sa pleine et entière confiance à Heero Yuy.

Sa confiance et son respect.

- Ton rapport sur Carte Noire nous a tous convaincu de l'intérêt à l'incorporer dans ton unité, mais cette situation reste précaire, Heero, finit par déclarer l'Administrateur Chang.

Qu'il emploie son prénom est le signe qu'une grande agitation secoue les hautes sphères de l'Organisation Preventers…

- Je suis le seul qui puisse y remédier, Wufeï.

- Je sais. Fais au plus vite parce que si tu n'es pas bientôt en mesure de nous assurer de sa complète obéissance…, insinue-t-il, avant de s'interrompre délibérément.

- Hn.

Lorsqu'Heero raccroche, il s'aperçoit que ses agents le dévisagent, visiblement dans l'attente d'un mot de sa part…

- Au boulot ! commande-t-il donc.

Un peu déçue de n'avoir aucun retour de leur échange mystérieux - il s'agit tout de même d'un coup de fil entre deux légendes Preventers - son unité se remet au travail…

- Vivement que Duo revienne, se plaint McGuire, en mode ronchon.

L'air de dire : « Au moins, lui, il est cool ! »

- Blake…, sévit Heero.

Le silence s'impose sans délais, bientôt ponctué de conversations téléphoniques et de rapports détaillés sur les différentes affaires en cours…

Pour Duo, en revanche, la situation est plus délicate…

Il s'ennuie, frustré de se sentir inutile et de devoir rester enfermé.

Il s'occupe efficacement, faisant rapidement s'écouler les heures, mais il sait que rien ne pourra le distraire suffisamment pour l'empêcher de faire bilan sur bilan et de ruminer l'entièreté de son existence…

Et il ne peut pas compter sur la présence des enfants pour donner un sens à ses journées, puisqu'il a été convenu qu'ils devaient restés chez Quatre, sous bonne garde, le temps que le cas « Masanaga » soit résolu.

Milliardo, alors en voyage diplomatique, sait juste qu'Heero subit un surcroît de travail tel, qu'il doit confier les enfants à leur oncle de cœur, quelque temps…

Le Colonel Yuy préfère éviter que son beau-frère sache à quel point le Japonais du Sud veut s'en prendre à la vie du « papa d'Akane » et donc, par voie de conséquence, au bonheur de sa nièce.

Heero doute que Milliardo sache tempérer sa volonté à éradiquer la menace…

Il doit déjà modérer celle de Duo !

Lorsque Relena s'est faite assassinée, Heero a réagi si vite que Milliardo n'a pas eu le temps de se retourner.

En cela, il n'y a pas eu de dommages collatéraux à déplorer…

Peu après dix-huit heures…

Lorsque l'Agent d'élite Yuy rentre chez lui, il ne découvre pas moins d'une dizaine de gâteaux faits maison, harmonieusement disposés sur la grande table du salon et dans la cuisine.

Il ne s'interroge pas longtemps sur la raison d'un tel déploiement de victuailles : quelle que soit son humeur, le « Chef Daddy » la régule en cuisinant.

- Duo ? l'appelle-t-il en se dirigeant intuitivement vers le couloir du rez-de-chaussée.

- J'suis là !

En déterminant la provenance du son de sa voix, Heero vient se poster sur le seuil de sa chambre.

- Bonsoir, dit-il en s'adossant au chambranle.

Le dos tourné, Duo ne répond pas à son salut et continue plutôt de plier le linge pour le ranger dans la commode du preventer.

- Tu n'étais pas obligé de faire ça, reprend-il en ôtant sa veste. Mais c'est gentil, merci.

- Je sais, dit-il sans même lui jeter un coup d'œil par-dessus son épaule.

- Ça a été ? s'enquiert Heero en posant son vêtement sur une chaise.

- Homme au foyer, je suis comblé ! lance-t-il d'une voix claquante.

- Accorde-nous une pause, Duo, s'il-te-plaît, demande-t-il instamment.

Le natté pivote enfin vers son agent de libération conditionnelle et de probation.

*Je n'ai jamais entendu pareille lassitude dans sa voix* remarque-t-il en le scrutant d'un air penaud.

Un silence agréable s'installe pourtant ; une bulle spatio-temporelle qui n'appartient qu'à eux deux.

- Je ne crois pas que Dieu existe, déclare Duo à brûle-pourpoint, hanté par le souvenir de sa famille fauchée par la volonté d'un seul homme.

Attentif, Heero reste physiquement à distance, respectueux de l'espace vital de Duo.

- C'est la dernière chose que j'ai dite à mon père, poursuit le natté. Il est mort avec la certitude que je ne ferai jamais rien de bien dans la vie.

- Si David t'a choisi pour porter sa croix, c'est parce qu'il a su déceler en toi des capacités de leader et d'incorruptibilité indéniables, ne penses-tu pas ?

- L'amour rend aveugle ! élude-t-il.

Heero lui rend son petit sourire.

- L'amour rend plus fort, le contredit-il. Il nous éveille à la Vie et donne un sens à l'existence.

Son regard, vecteur de ses convictions et de son affection certaine pour Duo, est si direct, que celui-ci baisse le sien, légèrement embarrassé.

- Que se passe-t-il, Duo ? l'interroge-t-il en se dirigeant lentement vers lui.

Le sentant approcher, le natté retient son souffle jusqu'à ce qu'Heero lui prenne le menton d'autorité et le relève tendrement.

- Dis-moi…, réclame-t-il encore d'une voix douce, ses yeux fouillant les siens.

Comme s'il voulait, comme s'il pouvait lire dans son esprit…

Troublé et séduit, Duo doit s'éclaircir la voix pour tenter de répondre.

- Je suis tiraillé de toutes parts…, commence-t-il.

Mais il ne peut plus poursuivre, la gorge nouée.

Heero prend alors son visage en coupe dans ses mains chaudes.

- Je me sens juste un peu perdu, parvient à articuler Duo, les yeux brillants de larmes contenues.

D'un naturel perspicace, le preventer se permet d'insister.

- Il y a autre chose… Je le sens, au plus profond de moi.

Cette fois-ci, Duo ne peut plus empêcher ses larmes de couler sur ses joues.

- Je ne veux plus t'embêter avec mes problèmes. Tu fais déjà ton maximum pour Dano et moi.

Heero fronce les sourcils, inquiet que son bien-aimé choisisse une fois encore de se couper des autres, plutôt que d'accepter l'aide que son entourage est en mesure de lui apporter.

- Je t'aime, Duo, déclare-t-il avec force et sérénité.

Comme s'il énonçait la plus sûre des valeurs…

Une notion que rien ni personne ne pourrait venir contester.

- Tu me fascines et m'éblouis depuis la seconde où nous nous sommes rencontrés, poursuit-il en le couvant d'un regard empli d'amour et d'admiration.

Le cœur du natté rate un battement, voire deux, puis redémarre en trombe en cognant très fort, trop fort, dans son torse.

*Je dois dire quelque chose ! Je dois dire quelque chose, vite !* se dit-il, paniqué.

Comme si Heero pouvait entendre ses pensées, il dépose un doux baiser sur son front en prenant soin de garder son corps à l'écart du sien.

- 'ro, je… je…, balbutie Duo.

Paisible, Heero l'interrompt d'un doigt aérien posé en travers de ses lèvres.

- Rien ne presse, assure-t-il en enroulant l'une de ses mains autour de sa nuque.

Cet attouchement, à la fois délicat, dominateur et électrisant, fait fermer les paupières de Duo, qui sent un long frisson parcourir tout son être.

- Maintenant, dis-moi ce qui te broie les entrailles au point de devoir faire des gâteaux pour tout un quartier, exige doucement Heero en allant s'appuyer sur la commode.

A cette demande et avant que Duo veuille bien y apporter sa réponse, les deux hommes se livrent l'un à l'autre, sans mot dire. Ils se dévisagent longuement, comme si leur relation – amicale, amoureuse, fusionnelle - pouvait se condenser, pour se révéler ensuite, par le biais d'un simple regard.

Leur regard.

- Toujours là pour l'autre, finit par confier Duo. C'est… C'était notre devise, à Kimy et moi, et je n'ai pas su tenir parole.

Face à son chagrin, immense, Heero tend une main en un geste lent pour venir caresser tendrement sa joue humide, en passant délicatement la pulpe de ses doigts sur ses lèvres.

Des lèvres qu'il rêve d'embrasser depuis ce qui lui semble être une éternité…

Magnétisé et bouleversé, Duo frissonne à nouveau sous son toucher salvateur et s'y raccroche comme si sa vie en dépendait.

Alors qu'Heero s'apprête à retirer sa main, Duo remonte précipitamment la sienne pour le retenir.

- Je t'aime, Heero, déclare Duo, à son tour. Je t'aime plus que tout, mais…

D'autres larmes silencieuses roulent sur son visage.

- Mais ?

- Je réalise que… que mes promesses ne valent rien.

Dans un premier temps, le choc de cette affirmation - pareille à un aveu terrifiant - pétrifie le Soldat d'élite.

Il se ressaisit bien vite, néanmoins, déterminé à soutenir son homme et à l'extirper indemne de son champ de mines.

Calmement, sans précipitation, Heero sort de sa fixité soudaine pour venir le consoler en l'étreignant doucement, d'abord, puis avec fermeté.

Sentant Duo se presser fortement contre lui - comme s'il s'abreuvait de son odeur et de sa chaleur par tous les pores de sa peau - Heero décide de laisser perdurer l'instant, avant de resserrer un de ses bras autour de sa taille, puis, de sa main libre, de lui prendre le menton pour immobiliser sa tête.

- Cette folle théorie n'est que pur mensonge, lâche-t-il d'un air sévère en verrouillant son regard scrutateur au sien.

Impressionné malgré lui, Duo n'essaye pas de le contrer, cette fois-ci, se contentant de hocher la tête comme il peut, vu qu'Heero la lui maintient toujours.

- J'ai bien conscience de passer pour quelqu'un d'autoritaire parfois, mais je préfère tenir le mauvais rôle, si cela peut aider à rétablir ton équilibre et assurer votre bonheur, à nos enfants et toi.

- Alors c'est à moi de faire en sorte que tu n'aies pas à le jouer souvent, voire plus du tout, promet Duo en s'essuyant les joues.

- Hn, confirme-t-il en libérant son menton. Il serait plus sage que vous ne vous rencontriez pas, Kimo et toi, décrète ensuite le Colonel. Pas pour l'instant.

Duo acquiesce en se hâtant d'aller nicher son visage dans son cou, à nouveau.

- Je le pense aussi.

- Notre fille et notre fils comptent sur nous.

- Je ne veux pas mettre notre famille en péril, s'engage-t-il en gribouillant des formes circulaires sur le dos de son compagnon.

Ceci, comme pour dissiper une gêne et apaiser les tensions résiduelles. Un geste instinctif qui semble d'ores et déjà faire partie de leurs petites manies, et qui fait frissonner Heero d'excitation.

Alors qu'il s'apprête à saisir cette opportunité de franchir une nouvelle étape avec lui, la sonnerie du téléphone fixe vient briser ses espoirs…

… de façon provisoire.

- Ce doit être nos chérubins, suppose Heero.

Duo lâche un petit soupir, comme s'il avait espéré, lui aussi, que leur relation passe au niveau « cerise ».

Le fruit tant convoité que l'on dispose délicatement sur le haut du gâteau et qui repose sur des bases solides.

Le fruit qui fait tant saliver d'envie…

La sonnerie continue de retentir et pourtant, les deux hommes ne parviennent pas à se détacher l'un de l'autre.

- A trois, on y va, propose Duo, sans grande conviction.

Seulement, il émet un rire de gorge diablement sensuel qui fait frémir Heero, lequel se colle davantage contre lui, au lieu de le libérer de l'étau de ses bras.

- 'ro, si tu raffermis ton étreinte, nous n'allons pas pouvoir faire grand-chose… Enfin, si, on peut faire des tas de choses dans cette position et dans cette situation, mais…

- Duo…, le coupe-t-il d'une voix rendue rauque par le désir.

- Oui ? susurre-t-il contre sa peau.

- Plus un mot.

Duo se mord la lèvre et achève son compagnon en riant de telle manière qu'Heero est à présent convaincu que cette expression de joie lui est personnellement destinée ; ils pourraient être noyés au milieu de centaines de personne, qu'Heero saurait que ce rire-là n'est que pour lui.

- ro', si tu ne nous aides pas, on va pas y arriver, l'informe Duo d'une voix devenue rauque, elle aussi. Crois-moi, j'en ai très envie, mais je sais que Dany se fait du souci.

Il n'est pas utile d'en dire plus. Néanmoins, c'est au prix d'un réel effort qu'Heero le libère et lui prend simplement la main pour l'entraîner vers le salon…

Le sourire montant jusqu'aux oreilles et les joues d'un rose soutenu, Duo se dépêche de décrocher tout en se hissant sur l'un des hauts tabourets de la cuisine, le cœur battant la chamade.

- Résidence Yuy.

- Allô, daddy ?

- Oui, mon chaton, c'est moi, confirme-t-il en retrouvant, peu à peu, un rythme cardiaque normal.

- Ça va ?

A cette question, Duo branche le haut-parleur tout en contemplant Heero.

- Notre famille se porte à merveille, mon cœur. Akane et Towika sont avec toi ?

- Oui, elles t'entendent…

- Bonsoir, mes poussinettes ! lance Duo avec une joie sincère.

- Bonsoiiiiiir ! chantent-elles en retour.

- Papa est là ? demande Akane.

- Oui, mon ange, répond Heero. Tout se passe bien ?

- Oui, tout se passe très bien, le rassure-t-elle.

La jeune fille a l'habitude de vivre chez son Oncle, contrairement à Daniel pour qui être séparé de son « père » aussi longtemps est nouveau et déstabilisant.

- C'est quand qu'on rentre ? s'enquiert d'ailleurs celui-ci, sans plus tarder.

- Bientôt, mon lapin, le tranquillise Duo.

Il sait par Quatre et Heero que son « fils » est, certes, un peu triste de devoir subir son absence prolongée, mais qu'il n'en est pas traumatisé pour autant.

- Nous avons tellement de travail que nous n'aurions pas le temps de nous voir beaucoup. Au moins, tu peux jouer et te détendre en compagnie de ta sœur et de ta cousine.

- Oui, mais j'aime bien être avec toi, aussi, revendique-t-il du bout des lèvres.

- Je ne suis pas loin, trésor. Dans le meilleur des cas, 'ro et moi pouvons passer vous voir.

- C'est vrai ?

- Hn, confirme Heero.

- Cool ! se réjouit le jeune garçon.

Il a toujours su décoder les « Hn. » du Preventer Yuy.

Soudain, le communicateur portatif d'Heero émet un ultra-son que peu de gens peuvent entendre, passée la vingtaine d'années.

- C'est sans doute important, chuchote-t-il à Duo. Je dois vous laisser, les enfants, ajoute-t-il ensuite à voix haute. Ecoutez-bien Oncle Quatre.

- Ouiiiiiii ! promettent-ils tous.

- Dad, t'es toujours là ? s'inquiète Daniel.

- Oui, mon chaton.

Par habitude, Duo avise l'heure à l'horloge murale de la cuisine.

- Mais je vais bientôt m'atteler à préparer le dîner… Au fait, vous mangez quoi ?

- A la cantine ou chez Oncle Quatre ? veut savoir Daniel.

- Bah, les deux…

Ainsi, durant de très longues minutes, Daniel, Akane et même la discrète Towika se font un devoir de lui décrire en détail le contenu de leurs menus fins gourmets et de leurs préférences culinaires…

Lorsqu'Heero doit faire un passage éclair dans le salon pour récupérer un document, il sourit en entendant Duo faire une de ses réflexions qui signifient clairement qu'il remonte la pente.

- Le chocolat blanc n'est pas du vrai chocolat, j'vous f'rais diiire !

Ravi, Heero se met à rire discrètement, rasséréné que Duo accepte, de son plein gré et sans lutter vainement, d'adhérer à son « programme de réinsertion » ; ultra personnalisé et sur-mesure.

Plus tard,

dans la soirée…

Toc, toc, toc !

Heero est si préoccupé par tout ce qui gravite simultanément autour de lui, qu'il n'a pas songé à se changer. Il s'est rafraîchi, a déboutonné le haut de sa chemise et retroussé ses manches jusqu'aux coudes, mais il n'a pas cherché à se mettre plus à son aise ; ceci étant en partie dû au fait qu'il ne l'est pas plus en tenue civile que revêtu de son costume.

En d'autres termes, Heero peut bien se retrouver nu qu'il n'agirait pas autrement et se comporterait comme s'il était couvert.

Ainsi, c'est encore paré de son uniforme preventers – hormis la veste – que l'Agent d'élite lève la tête de son bouquin à l'entente des coups frappés à la porte de sa chambre.

Aux dernières nouvelles, Duo était occupé à discuter avec les enfants, tout en cuisinant. Heero n'a pas voulu les interrompre pour reprendre là où ils en étaient, tous les deux, préférant s'isoler sagement dans ses quartiers.

- 'ro, tu dors ? demande le natté.

Enchanté que Duo souhaite toujours jouir de sa compagnie, Heero corne la page qu'il tente de lire depuis trente minutes, avant d'aller lui ouvrir.

- Non, répond-il avec une pointe d'espièglerie dans la voix, ainsi que dans l'éclat de ses yeux bleu de Prusse braqués sur son vis-à-vis.

Il s'appuie sur le chambranle de la porte en croisant les bras, laissant à Duo le choix d'entrer dans sa vie de plain-pied, ou bien de se rétracter…

… une fois encore.

- Cool.

Nerveux, il ramène sa longue tresse devant lui en la faisant glisser par-dessus son épaule, afin de modeler la pointe de ses cheveux qui fait office de plumeau naturel.

A la vue de ce qui semble être un tic, le sourire d'Heero s'élargit, sans rien perdre de son effet ravageur…

En conséquence, Duo doit se racler la gorge pour s'éclaircir la voix.

- Ce n'est pas parce qu'il fait nuit que je me tiens devant toi, ce soir, commence son « détenu », mystérieux. Au contraire, il n'a jamais fait aussi jour dans ma vie…

Sous son charme et plus amoureux que jamais, Heero sent son rythme cardiaque s'accélérer au timbre de sa voix, laquelle semble se fondre harmonieusement avec les sons paisibles et clairs de la nuit.

- Ce n'est pas parce que je me sens seul, même si j'en souffre, reprend-il, captivé par le regard hypnotique de son preventer. Ce n'est pas non plus parce que Daniel est sous ta tutelle, ni parce que je suis fait prisonnier par l'Organisation…

- Pour quelle raison, dans ce cas ? l'interroge-t-il avec une patience infinie.

La question est pourtant simple et la réponse évidente, seulement, Duo demeure muet, assourdi par les battements affolés de son cœur et dévoré par l'incertitude quant à son avenir…

… à leur avenir à tous les deux.

Dans ces conditions, Heero s'autorise à combler le faible espace qui les sépare pour l'entourer de ses bras protecteurs.

- Je t'aime, murmure-t-il d'une voix chaude, sous son oreille.

Lorsqu'il y dépose un doux baiser et trouve de quoi s'occuper en glissant ses doigts sous la ceinture de son jean, afin d'effleurer ses reins et la naissance de ses lunes… Duo se mord la lèvre pour ne pas gémir.

Mais il n'a pas le temps de se concentrer là-dessus qu'Heero trace à présent une ligne de baisers, depuis son visage jusqu'à son cou, en le mordillant au passage…

Il remonte ensuite jusqu'à sa bouche, qu'il s'amuse à titiller sans jamais l'embrasser, tout en soutenant plus fermement Duo dont les genoux commencent à mollir. A la fois tendu et enfiévré, celui-ci ne parvient plus à aligner deux pensées cohérentes. Son pouls palpite à mille à l'heure et jusqu'à dans sa gorge, le cœur luttant pour être enfin aux commandes de ce corps qui résiste, malgré le désir brûlant qui l'assaille…

- Je connais le goût de cette peur, révèle Heero à un souffle de ses lèvres entrouvertes. Celle d'engager ses sentiments, de se mettre à nu, au risque d'en souffrir.

Les yeux assombris et les lèvres rougies par les assauts mordants d'Heero, Duo ne dément pas.

- Je t'offre la liberté de choisir, reprend Heero. La liberté de me choisir…

- Je suis au pied du mur…

- Toi, tu y vois un mur, pendant que moi, j'y vois le plus beau et le plus vaste panorama qui m'ait été donné de contempler.

Méditant ces paroles, Duo ne répond rien. Au moins, il accepte son réconfort en lui effleurant distraitement la nuque…

- Sache que je t'ai choisi, toi, déclare Heero, grisé par son toucher.

- C'est ce que j'ai cru comprendre, le taquine-t-il en esquissant un léger sourire.

Les deux hommes ne peuvent plus ignorer le désir intense qui les submerge. De par leurs regards sans équivoque, d'abord, à travers leurs gestes tendres, ensuite, puis, si aucune de ces manifestions ne suffit à leur ouvrir les yeux, leurs entrejambes pressées l'une contre l'autre peuvent achever de les convaincre.

Pourtant, malgré le vertige de plaisir qui les enrobe déjà, Duo n'est toujours pas tranquillisé.

- J'ai peur de te décevoir, confie-t-il. De vous décevoir, tous…

- Je ne suis pas en train de te promettre que nous ne traverserons aucune autre épreuve. Je tente seulement de te donner les moyens d'avoir confiance en l'avenir, simplement parce que tu n'es plus tout seul. Tu as une autre famille qui t'attend et qui désire ardemment t'accueillir en son sein…

Touché, Duo voit flou, les yeux baignés de larmes contenues.

- Mon vœu le plus cher est de vivre avec toi et les enfants, parvient-il à formuler, sans pleurer. Mais tout ça est si inattendu, si inespéré ! Si je me laisse aller à ton réconfort, je suis certain de ne plus pouvoir me passer de toi.

- Parce que tu le peux, là, après tout ce que tu m'as fait endurer ?

Surpris d'une telle remarque, surtout venant d'Heero, Duo éclate de rire. Et durant de longues secondes, les deux hommes se dévisagent, les yeux pleins d'étoiles…

- Je suis celui qui saura te donner tout ce que tu n'as jamais reçu, ou pendant si peu de temps auprès de ta première famille, promet Heero, au bout d'un moment.

- Tu postules ? s'enquiert-il, ému.

- J'ai une ouverture ?

Ils rient tout bas, front contre front, galvanisés par leur désir commun de s'unir corps et âmes…

- C'est toi que je choisis, murmure Duo.

- Tu signes l'armistice ? veut-il s'assurer en faisant mine de vouloir l'embrasser.

- Oui…, confirme-t-il dans l'attente de son baiser.

- On a sept jours pour changer d'avis, non ?

- 'rooo ! proteste-t-il.

Heero finit par l'embrasser… chastement.

Leur premier contact charnel est, certes, sage et fugace, mais ils ont déjà l'impression d'être sur un nuage…

- Je signe où ? se renseigne Heero, enflammé.

Duo soupire d'aise, comme son preventer repart à la conquête des zones érogènes disséminées sur ses épaules, son cou, sous ses oreilles et sur leurs lobes qu'il mordille avec application, une fois de plus…

- Par… partout…, indique le natté en fermant les yeux sous les sensations qu'Heero déclenche simultanément en lui.

Rien qu'en déplaçant habilement ses mains sous ses vêtements…

L'instant d'après, sans peine, Heero le soulève de terre d'une traction. Les mains plongées dans sa tignasse brune, indisciplinée mais étonnement soyeuse, Duo se laisse porter jusqu'au lit où Heero l'y allonge avec légèreté.

Ainsi positionné au-dessus de son homme, Heero s'empresse de venir frôler sa bouche, afin d'en aspirer consciencieusement la pulpe, savourant du bout des lèvres ce rêve devenu réalité…

Ce contact, plus qu'aucun autre, est d'une telle douceur, si tendre, si délicat et si sensuel… qu'Heero en perd la notion du temps. Il ferait cruellement languir son désormais amant, si ses râles d'impatience et de surexcitation ne l'exhortaient pas à reprendre ses esprits.

Aussitôt, et non sans délice, Heero accède à leur désir en l'embrassant longuement…

Langoureusement…

Passionnément…

Le souffle court, il commence enfin à dévêtir Duo, lorsque celui-ci inverse soudainement leur position.

Sans trembler, il se met à déboutonner sa chemise, son regard soudé à celui de son preventer.

Envoûté, ce dernier l'observe lui ôter sa ceinture ; laquelle glisse interminablement dans ses passants, avant d'atterrir au sol dans un bruit mat.

D'un geste tout aussi sûr, Duo poursuit son effeuillage en faisant sauter le bouton de son pantalon. Ensuite, avec un sourire coquin, il entreprend d'ouvrir sa braguette tout en flattant savamment son érection, à travers le tissu de son boxer ; ce même vêtement qu'il descend délicatement jusqu'à ses pieds, en déposant une pluie de baisers sur ses jambes mises à nues… puis sur son sexe, fièrement dressé, qu'il finit par avaler tout entier.

Cueilli, le premier cri d'Heero s'étrangle dans sa gorge, avant qu'il ne gémisse de plaisir en se cambrant, surpris d'une telle initiative… si tôt.

- Je t'en priiie ! quémande-t-il, incapable de l'arrêter.

Duo comprend qu'il veuille garder toute sa vigueur et le relâche. Mais lors de sa lente remontée, il s'attarde sur le torse de son soldat. Il veut éprouver le relief saisissant de ses abdominaux, caresser ses flancs et suçoter ses mamelons durcit par le désir… Se faisant, chaque fois qu'il se penche sur lui, les courtes mèches de cheveux qui encadrent son visage viennent chatouiller la peau frissonnante de son compagnon.

Comme foudroyé de plaisir, Heero ne se souvient pas avoir jamais vécu ni ressenti pareille volupté. Haletant, il se redresse, entrainant Duo avec lui. Celui-ci se retrouve donc assis, ses jambes de part et d'autre de son bassin, et en profite pour l'embrasser tout en lui prodiguant un divin massage du cuir chevelu…

Il a bien conscience qu'Heero n'est pas encore en lui, que cette raideur palpitante - si dure, si avide qu'elle vibre contre son ventre - reste coincée entre leurs deux corps. Pourtant, il a la sensation d'être déjà connecté à son homme, de toutes les façons possibles…

- Défais ma natte, exige-t-il soudain, dans un souffle.

Heero continue de l'explorer, inlassablement. Il passe ses doigts chauds sur sa nuque, son dos, ses reins… puis glisse l'une de ses mains sur sa cuisse, son mollet… avant de l'enrouler un instant autour de son bracelet numérique.

- 'ro ! l'interpelle-t-il encore.

Cette demande impérieuse n'est pas anodine, Heero le sent bien. Alors, comme pour graver dans son esprit ce moment particulier, unique, il prend son visage en coupe, entre ses mains, afin d'ancrer son regard au sien. Et celui de son amant lui dit tout de l'importance de ce geste, de cet accord, de cet abandon en guise de confiance ; un acte bien plus fort, bien plus réel que de se retrouver simplement nu devant l'être aimé.

Sagace, Heero accède à sa requête avec une joie profonde et solennité…

Pendant que Duo patiente, le nez niché dans son cou, Heero parvient à défaire l'élastique noir, afin de déstructurer sa coiffure. Ce qu'elle représente est si symbolique pour son compagnon, qu'Heero remplit cette mission-ci avec mille précautions. Ses mouvements n'en sont pas moins assurés et il libère ses cheveux avec aisance, mais la révérence avec laquelle il s'exécute donne une impression de flottement…

- Maintenant, je suis tout à toi, susurre Duo à son oreille. Touche-moi, 'ro… Prends-moi. Tu n'as plus besoin de te retenir…

Exalté, Heero l'embrasse à nouveau, profondément, tout en plongeant ses mains dans ses cheveux…

Lorsqu'il le rallonge sous lui, la longue chevelure du dénatté forme une sorte de mer brune aux reflets d'or.

Un océan de lumière et de douceur.

Désireux de passer à l'étape supérieure, Heero termine enfin de le dévêtir complètement en lui ôtant son boxer ; la dernière barrière de tissu subsistante encore sur Duo et entre eux, et qui dissimule honteusement ce corps de nymphe au masculin.

Ce qu'il entreprend ensuite n'est que la réplique exacte de ce que Duo lui a délicieusement fait subir, un peu plus tôt…

Haletant, rougissant, Duo se félicite de n'avoir pas détourné le regard, parce que celui que lui renvoie Heero, depuis son entrejambe, est tout simplement magnifique : déterminé, sauvage et avide…

Pourtant, il ne lui prodigue ce divin traitement qu'un court instant ; pas assez pour que Duo atteigne les cimes du plaisir, mais suffisamment pour le faire protester de s'arrêter en si bon chemin.

Satisfait de son petit effet, Heero remonte jusqu'à ses lèvres pour les effleurer des siennes, avant de l'embrasser à pleine bouche. Simultanément, l'une de ses mains glisse sur sa joue pour terminer sa course autour de sa nuque, tandis que l'autre descend vers sa cuisse en traçant une ligne chaude du bout des doigts, le long de son flanc.

- Ta peau est si douce…, murmure-t-il en se lovant contre lui.

Embrasé comme jamais, il se met à frotter délicatement leurs deux érections, l'une contre l'autre…

Aussitôt, Duo agrippe l'une de ses fesses, mais il n'a pas le temps d'accorder parfaitement ses ondulations aux siennes qu'Heero cesse de les satisfaire pour se positionner une nouvelle fois devant sa verge palpitante.

Il y dépose de doux baisers, sur toute sa longueur, avant de s'attarder sur sa pointe, qu'il prend plaisir à taquiner…

Lentement, il le suçote avec une tendresse infinie…

… insoutenable.

- 'ro ! Par pitié…

Impatient, fiévreux, Duo se trémousse de plaisir et de frustration mêlés, se mordant la lèvre pour tenir le coup, tout en froissant dangereusement le drap sous lui.

C'est donc avec un profond soulagement qu'il voit enfin Heero humidifier trois de ses doigts…

Duo le veux à l'intérieur de lui, qu'il puisse le chevaucher… maintenant.

Aussi, lorsqu'Heero remue des hanches contre son bassin pour l'inviter à écarter plus largement les jambes, Duo s'empresse d'obtempérer en remontant les genoux pour poser le plat de ses pieds sur le matelas, afin que son compagnon soit en mesure de le préparer facilement et en douceur.

Le voir s'offrir ainsi, sans une once d'appréhension et dans le désir affirmé de l'accueillir en lui, bouleverse Heero qui s'applique bientôt à le combler…

Brûlant de désir, Duo se laisse faire et reçoit un premier doigt en lui. Se faisant, Heero se hâte à stimuler son point P, déterminé à lui provoquer plusieurs orgasmes prostatiques…

Pendant que Duo triture son oreiller, Heero introduit un deuxième doigt et intensifie son traitement. Orfèvre en la matière, il s'exécute avec passion et profite d'ajouter un troisième doigt pour l'embrasser, afin de recueillir à sa source son prochain gémissement…

Découvrant-là une autre façon de recevoir les cajoleries de son partenaire, Duo se tortille sous sa dextérité et ne tarde pas à éprouver son premier orgasme prostatique ; ce qui a pour effet de déclencher quelques jets de sperme, mais qui ne sont pas une éjaculation.

- Encore…, réclame Heero, tout en continuant d'exacerber ses sens.

- 'roooh !

En réponse, Heero s'empare de son sexe dressé en prenant soin de le gratifier de longues caresses, bientôt suivi de coup de langue experte.

Duo en a le souffle coupé.

Prenant un plaisir inouï à lui provoquer mille et une sensations, Heero continue à jouer de son doigté, tout en flattant son entrejambe.

Et plus il doit ouvrir son intimité - comme on déploierait un à un les pétales d'une fleur - plus il accélère le mouvement autour de son membre…

Submergé par le délice intense qui se diffuse en lui, Duo tire de plus en plus fort sur le drap et son oreiller, se laissant à présent totalement aller à sa nudité, ses craintes secrètes envolées, son complexe d'être vu sous cet angle ridiculisé.

- Viens, mon amour… Viens…, l'encourage Heero.

- Je t'aiiime !

Heero stimule sa prostate et le masturbe encore une poignée de secondes… puis il cesse soudainement, le faisant aussitôt grogner de mécontentement.

Cependant, Duo n'a pas le temps de protester plus avant qu'il sent le sexe d'Heero pousser contre son intimité.

Lorsqu'il s'introduit enfin en lui, Duo ouvre la bouche sur un cri silencieux, sentant Heero continuer de s'enfoncer à l'intérieur de son corps.

Centimètre par centimètre.

- J'ai tellement envie de toi…, susurre Heero, tout en s'immobilisant.

Il désire ardemment entamer un lent va-et-vient, s'enfoncer en lui le plus loin et le plus longuement possible, mais Duo s'agrippe toujours à ses épaules, certainement crispé par son intrusion ; pourtant douce et mesurée.

Sentant son membre imposant comprimé en son antre de feu, Heero patiente en caressant son amant, en l'embrassant profondément…

Au bout d'un moment, il remonte sa cuisse sur sa hanche et aspire ses lèvres, se languissant des gémissements à venir.

- Chéri… ? l'appelle-t-il.

- …

- Duo, tout va bien ? s'enquiert-il.

Cette fois-ci, Duo rouvre les yeux.

Il n'a pas eu conscience de les avoir fermés, se focalisant entièrement sur la présence du « calibre » intimidant de son homme en lui.

- Ne… ne te retiens plus, demande instamment Duo, tout en replaçant l'une des mèches brunes d'Heero derrière son oreille. Ne t'arrête plus jamais…

Mis en confiance, Heero cherche sa main pour la ramener au-dessus de leurs têtes et entremêler ses doigts aux siens.

L'instant d'après, il raffermit son étreinte, puis pousse puissamment en lui, le pénétrant jusqu'à la garde et percutant sa prostate de plein fouet.

- AAAH ! hurle Duo de plaisir en renversant la tête en arrière, le dos arqué.

- DUOOO ! grogne Heero, la mâchoire et le poing serrés pour résister à l'assaut des spasmes qui pressurent son membre comme pour en extraire tout son jus.

Mué par un réflexe instinctif, il se colle davantage contre Duo. Il plonge son visage dans son cou, comme pour se réfugier dans son odeur, et broie l'oreiller jusqu'à ce qu'il puisse laisser libre-court à ses vas-et-viens.

Lents et profonds, ceux-ci les transportent bientôt, intensifiant considérablement leur degré d'extase…

La suite… est une succession de cris gutturaux et de battements de cœur frénétiques.

Enflammé comme jamais, Heero résiste à la tentation de brûler leur désir en accélérant la cadence. Il sait, au contraire, que le plaisir est décuplé lorsque les partenaires font l'amour avec lenteur.

Et tandis que Duo se tord sous lui - non sans une lascivité des plus enivrante - Heero se saisit à nouveau de sa cuisse. Rendue glissante par la transpiration, il doit l'agripper et la maintenir haut sur sa hanche, afin de pouvoir le pénétrer de plus en plus fort, touchant chaque fois son point P.

Tout est bon pour le stimuler : s'y frotter, s'y cogner, le caresser… Heero ne se lasse pas de le solliciter et ne lésine pas sur les moyens.

Durant d'interminables minutes, les deux amants se livrent un combat acharné, désirant ardemment mener leur union charnelle à la jouissance de l'âme… Pourtant, dans le même temps, chacun lutte pour sa survie de l'esprit, tant les coups de butoirs d'Heero menacent de les rendre fou…

… irrémédiablement.

Mais c'est sans compter sur Heero qui décide de glisser sa main jusqu'au membre de son compagnon, afin de lui imprimer le même rythme constant qu'ils chorégraphient avec obstination, depuis ce qui leur semble être une éternité…

Sous cet attouchement ultime, Duo se ploie tel un arc, l'esprit et le corps complètement déconnectés du reste du monde. Plus rien d'autre n'existe que les vas-et-viens d'Heero, les martèlements humides de sa chair contre la sienne et son talent à le toucher avec une précision alarmante.

Les sentant tous deux sur le point de se rendre, Heero se penche sur ses lèvres pour l'embrasser. Il veut prélever le nectar immatériel de son contentement final, comme s'il pouvait s'abreuver, se régaler de ses gémissements et ne se nourrir que de cette gourmandise-ci, jusqu'à la fin de ses jours…

- MHMMMMMMM ! hurle longuement Duo dans sa bouche.

Balayé par un orgasme prostatique d'une rare puissance, intense et diffus, celui-ci décuple considérablement le plaisir de sa libération…

Alors qu'il se répand abondamment entre eux et comprime insupportablement le sexe d'Heero, ce dernier obtient de contempler son amant pendant qu'il s'abandonne à la jouissance, avant de se libérer, lui-même, au plus profond de son être…

- DUOOOOOOO !

Et l'ainsi nommé savoure, par-devers lui, de sentir son preventer se déverser longuement dans le creux de ses reins, en une vague brûlante…

A bout de souffle, comblé et détendu, Heero se retire et roule sur le dos, planant à mille pieds…

Dans le même état d'extase et de plénitude, Duo baigne à présent dans une béatitude cotonneuse…

Surpris et terrassés par la force phénoménale de leur union, les deux hommes ne s'attendaient pas à atteindre un tel niveau de bien-être orgasmique.

Naturellement, au vu des forts sentiments qu'ils éprouvent l'un pour l'autre, ils se doutaient qu'ils fusionneraient corps et âme d'une façon unique et particulière. Mais de là à imaginer possible de bouleverser les fondements-mêmes de leurs croyances existentielles… il y a un monde.

C'est pourtant ce qui s'est produit.

Courageux, dignes et droits, ils ont vogué au-delà des mers de facilité pour accoster sur la Terre pure des Amis sincères…

En conséquence - et bien qu'ils soient encore connectés, l'un à l'autre, pas tout à fait revenus dans leur propre peau - Heero et Duo sombrent dans un profond sommeil, lovés dans les bras de l'Amour éternel…

Au beau milieu de la nuit…

Sous la fraîcheur d'une brise nocturne lui parvenant depuis sa fenêtre, Heero se réveille en douceur ; heureux, tout simplement.

Pour terminer de s'ancrer dans la réalité, il s'étire en poussant un long soupir d'intense satisfaction et de bien-être absolu.

Spontanément, sa première pensée est pour Duo. Heero se retourne donc dans leur lit, impatient de se presser contre lui et de retrouver le contact exquis de sa peau si douce. Seulement, son compagnon n'est plus à ses côtés et Dieu seul sait depuis combien de temps…

D'abord intrigué, Heero se hisse sur ses coudes et tend l'oreille pour déterminer si Duo se trouve dans la salle de bain jouxtant leur chambre, mais il ne perçoit aucun son. Il en conclut donc que son homme s'est certainement réfugié dans le séjour.

Tracassé que Duo éprouve encore le besoin de se cacher, seul, loin de lui, Heero se lève aussitôt pour le rejoindre, sans prendre la peine de se vêtir complètement ; un bas de pyjama noir lui suffit.

Comme il l'a supposé, il découvre Duo assis à la table de la cuisine, ses cheveux de nouveau tressés dans le dos – négligemment, néanmoins - et le torse nu, lui aussi.

Alors qu'Heero s'approche d'un pas feutré, il réalise qu'il n'a pas songé une seule seconde que Duo aurait pu choisir de s'enfuir. Bien sûr, il porte un bracelet numérique à la cheville et Heero l'a configuré pour que son « détenu » ne puisse pas sortir de la maison, mais Carte Noire aurait pu tenter le coup et parvenir à lui échapper.

Si quelqu'un peut réussir un tel exploit, c'est bien lui !

Cependant, il ne l'a pas fait et Heero s'en réjouit. Ce qui lui indique qu'il craignait que Duo prenne finalement peur, ou ne préfère l'amertume de la vengeance au délice de leur amour…

En le rejoignant tout à fait, il aperçoit un mug posé devant son compagnon.

La tasse rouge est remplie d'un liquide sombre et fumant à l'odeur entêtante, qu'il devine être du café.

Sans qu'ils aient besoin de se regarder pour se mettre d'accord ou harmoniser leurs gestes, les deux hommes tendent chacun une main vers l'autre : Duo en la glissant sur la surface froide du plan de travail, Heero en venant la prendre pour la lui presser tendrement.

- Je croyais que tu détestais ça, murmure Heero, au sujet du breuvage.

Le natté resserre ses doigts autour de la tasse brûlante.

- Je n'en étais plus si sûr, répond-il, sur le même ton.

Les deux amants usent de métaphores, mais ils savent pertinemment qu'il s'agit, ici, pour Duo, de faire ses adieux définitifs à l'un des plus célèbres voleurs.

- Quel est ton verdict ? s'enquiert doucement Heero, non sans une pointe d'anxiété dans la voix.

Duo garde le silence durant un bref instant, avant de se lever en emportant son mug… et Heero, entraînant celui-ci à sa suite par leurs mains toujours soudées, l'une à l'autre.

Puis, comme si le natté rendait son jugement, il déverse son Carte noire© dans l'évier…

… lentement…

… en observant le liquide noir et amer disparaitre en un tourbillon dans l'obscurité du siphon.

- C'est pas ma tasse de thé ! déclare-t-il ensuite, en faisant face à son preventer.

Ce dernier s'attend à ce que Duo lui rende son doux sourire et vienne se serrer contre lui. Toutefois, l'expression qu'arbore son compagnon signifie clairement que quelque chose d'autre le tracasse, suffisamment pour ne pas se laisser aller au réconfort de leur étreinte… ou seulement à celui de ses doigts entremêlés aux siens.

- Dis-moi…, le prie Heero, soucieux.

- A mesure que tu me touches, tu fais reculer ma colère et mon désir de vengeance, et… je ne suis pas certain de le vouloir, 'ro, avoue-t-il, tout de go. Tu ne veux pas… Je l'ai senti, tout à l'heure, pendant que nous faisions l'amour… Tu ne veux pas que je poursuive ma quête. Tu me refuses ce droit.

Il n'a pas tort.

Effectivement, à présent qu'il a fait ses adieux à Carte Noire, Heero est bel et bien décidé à intercepter Black Shadow, afin de l'empêcher de nuire à nouveau.

- Eliminer Masanaga et Solo de tes propres mains ne solutionnera rien, confirme Heero. Au contraire, cela ne t'apporterait que des ennuis et ce n'est certainement pas ce que le Père Maxwell et Sœur Helen auraient souhaité, pour aucun d'entre vous.

- Tu crois peut-être que je l'ignore ?

Duo est encore tourmenté par le changement radical de sa vie, et ce, même s'il en est très heureux, au final. Comme chaque fois qu'il parle de ce qui le turlupine, qu'il doit livrer ce qui fait mal, il s'emporte facilement, sans le vouloir…

Et Heero sait cela.

Il sait qu'il est vital pour Duo d'avoir le droit et la possibilité de s'exprimer de la manière qui lui plait. Peu importe le temps qu'il faudra consacrer à ses confidences douloureuses, Heero sera toujours là pour l'écouter. Pour le soutenir.

A qui Duo a-t-il ouvert son cœur pour la dernière fois ?

Au Père David.

Et après lui ?

*Personne* se dit Heero.

Sachant cela, sachant tout, il vient entourer sa taille de ses bras puissants et se presser contre sa peau, afin d'en ressentir la finesse et s'enivrer de son odeur si envoûtante…

Chaviré, Duo s'apaise immédiatement, sans plus résister… à l'irrésistible.

- Je ne fais pas l'erreur d'oublier que Black Shadow est un dur à cuire, fait valoir Heero.

- De toute façon, c'est trop tard, annonce Duo en traçant des formes rondes sur son épaule. Tu m'as pénétré, 'ro. Tu m'as pénétré au plus profond de moi-même…

Interpellé par sa formulation, Heero se détache légèrement de lui.

- Qu'entends-tu par là ? l'interroge-t-il, ses yeux fouillant les siens.

- Black Shadow sera toujours là, tapi dans l'ombre, au cas où des personnes tenteraient de s'en prendre à ma famille. Tout comme je n'oublierai jamais le savoir-faire de Carte Noire, mais…

- … mais aucune de tes entités ne peut plus prendre les commandes de ta vie et supplanter ton intégrité, complète-t-il pour lui.

- Si j'ai tenté de l'ignorer avant, j'en ai eu la certitude, cette nuit. Je l'ai à chaque fois que je me retrouve dans tes bras. Chaque fois que je pense à toi…

- Et une partie de toi m'en veut pour ça, devine Heero.

- Oui… un peu, tempère-t-il. L'amour que je te porte est inconditionnel, il est plus fort que tout le reste…

Sa soif de vengeance, comprise.

Après un moment de réflexion, pendant lequel Heero contemple Duo en caressant son beau visage, le preventer se remet à l'étreindre avec force.

En réponse, le natté resserre ses bras autour de son corps en nichant son nez dans son cou.

- Donne-moi une chance de te prouver qu'une autre vie est possible pour toi, se lance Heero. Une vie brillante où tu porterais haut l'étendard de l'espoir et de la protection du citoyen. Je ne connais rien de plus grisant, de plus noble que de se sentir utile et méritant. Imagine que tu puisses aider des dizaines, des centaines, des milliers de Daniel et d'Akane…

L'espace d'un instant, Duo en reste pantois…

- Je… je ne comprends pas…

- Accepte d'entrer pleinement au service de l'Organisation et travaillons, main dans la main, à œuvrer pour la paix et la justice. Celles qui vous ont cruellement fait défaut, durant votre enfance.

Interdit, Duo reste planté là, dans ses bras, sans plus émettre le moindre son.

Comme le silence perdure, Heero finit par interpeller son bien-aimé en exerçant une douce pression sur son dos.

- Chéri ?

- Oui, je… je suis bouleversé, 'ro… Je ne voyais pas du tout ça comme ça. Je n'y voyais rien, en fait !

- Promets-moi d'y réfléchir, demande-t-il.

- Oui…

- Merci.

- Oui, j'accepte d'entrer entièrement et de mon plein gré dans ton monde, 'ro, précise-t-il.

Agréablement surpris, Heero se détache à nouveau de lui, les yeux brillants de jubilation.

- Je voudrais tant que tu sois fier de moi, reprend Duo.

- Je le suis déjà.

Duo lui sourit avec tendresse, l'air de ne pas y croire.

- C'est gentil.

- C'est la vérité. Tu es un être admirable.

- Faut pas exagérer !

- Nous ne serons jamais d'accord sur ce point.

- Tu es si tenace…

- Ça vaut mieux que d'être buté.

Autant opiniâtre l'un que l'autre, les deux hommes se sourient jusqu'aux oreilles.

- Ton plan semble idyllique, admet Duo en lui caressant les cheveux. Mais tu oublies un détail et pas des moindres !

- Lequel ? veut-il savoir en le couvant d'un regard aimant et… gourmand.

- Les Administrateurs ne le voudront probablement pas, eux. Je crains qu'une fois le dossier « Masanaga » bouclé, ils décident finalement de me jeter en prison.

- Pas sans mon aval et ils ne l'obtiendront pas.

- Tu es un grand guerrier, mon amour, mais tu n'as pas les pouvoirs d'un Administrateur.

- Je suis la Voix de la Neutralité et le Garant du Livre des Lois Preventers, révèle-t-il.

- Hein ?

- J'ai un droit de véto.

- Oui, mais tu connais la loi du nombre.

- J'agis en accord avec les préceptes du Livre des Lois Preventers et en mes qualités de Colonel et d'Agent d'Elite, je suis à même de mesurer l'impact positif et nécessaire de ton enrôlement au sein de mon unité.

Duo le considère un laps de temps, l'air pensif… et incrédule.

- Tu crois qu'ils vont avaler ça ?

- Les Administrateurs trépignent d'impatience quant à recevoir la confirmation de ton ralliement.

- Ah bon ?

- Hn. Tu n'as rien à craindre. D'autant plus que ma requête est appuyée par les rapports spontanés de mes hommes.

- Ça, c'est parce qu'ils savent que tu m'aimes et ils ne veulent pas que tu sois malheureux.

- Ça, c'est parce qu'ils t'apprécient sincèrement et qu'ils souhaitent véritablement travailler avec toi. Tu leur as manqué, hier. A tel point que j'ai dû promettre que ton évincement n'était que provisoire.

- C'est vrai qu'ils sont cools, reconnait-il, touché au cœur. En plus, y a une cuisine d'enfer, sur place et tes hommes aiment ma cuisine.

- Tout le monde aime ta cuisine.

- J'ai un boss plutôt canon, continue-t-il d'énumérer les points positifs de sa nouvelle vie professionnelle.

Heero sourit en coin.

- Et des chambres à disposition…

- N'y songe même pas ! le prévient le Colonel.

- … pour la pause déjeuner, poursuit-il sans faire état de sa remarque. Je pourrais simuler un malaise et…

- Tu ne mens jamais, lui rappelle-t-il.

- Mais je ne mentirai pas en prétendant avoir besoin de m'allonger… et de toi, ajoute-t-il, les yeux brillants de malice.

Heero sourit en coin, l'air calculateur.

- Il ne me reste plus qu'à faire en sorte que nos nuits suivantes te comblent d'extase, afin qu'une fois à l'Agence, tu puisses patienter jusqu'à notre retour à la maison.

- Comment ça, suivantes ? relève-t-il en clignant des yeux. Tu insinues quoi, par là ?

- Avant cette nuit, tu n'avais plus eu de partenaire depuis un certain temps.

- C'est juste, mais dis comme ça, on a l'impression que tu n'as pas donné ton maximum, tout à l'heure ! indique-t-il, avant de partir dans un grand rire.

Un rire enfantin, sans crainte et sans contrainte.

Le fou rire passé, il découvre le visage de son amant, empreint d'un air suspect…

- 'ro ?

- On va prendre une douche ? propose-t-il, en lieu et place.

- 'ro !

Heero le soulève sans effort pour l'emporter jusqu'à leur salle de bain…

- Hey ! J'suis trop jeune pour mourir !

- Et moi, pour me rationner de toi.

- Mais… tu peux pas être moins performant ?

- T'es sérieux ?

- Mais t'es un obsédé du sphincter ! Un… un sociopathe du costume trois pièces, ma parole !

Très amusé par ce que Duo est capable de « pondre », quelle que soit la situation, Heero le pose, en douceur, sur le sol de leur chambre dans laquelle ils viennent d'arriver.

- Tu es si romantique, chéri, ironise Heero. C'est ce qui m'a tout de suite plu, chez toi, ajoute-t-il en se délestant de son unique vêtement.

- C'est tout de même pas ma faute si t'es parfait ! se défend-il d'un air offusqué, en se dévêtant, lui aussi.

- Tu fais avec ce que t'as, concède Heero.

- On est d'accord ! répond Duo en le suivant dans la cabine de douche.

Une poignée de secondes plus tard…

- Euh… Qu'est-ce que je viens de dire, là ? s'interroge le natté, après coup.

Heero sourit en ouvrant les robinets.

- Tu es et seras, à tout jamais, ma seule et unique victime, promet-il.

- Blague à part, 'ro…, commence-t-il en fermant les yeux.

Juste le temps de profiter des effets bienfaisants de l'eau sur sa peau et notamment sur celle de son visage…

- Je veux dire, reprend-il. Waoh ! C'était incroyable, tout à l'heure, c'était même… complètement dingue et génial et divin et absolument… absolument… Mais sans rire, c'est pas humain d'appliquer un tel rythme. C'était…

- C'était… ? s'enquiert Heero, joueur.

Tout en se savonnant, ses mains s'attardent sur son entrejambe, jusqu'à ce que celle-ci soit couverte de mousse et partiellement en érection.

Troublé, excité et la bouche sèche, Duo déglutit difficilement en se sentant durcir, lui aussi.

- C'était… Waoh ! et…

Heero tend une main pour toucher son visage et lui faire lever la tête.

- Waoh ! et… ? le taquine-t-il ensuite, en venant frôler ses lèvres des siennes.

Avant de l'embrasser pleinement.

- Mhmmm…, gémit Duo, sous son baiser langoureux.

Puis, bientôt, sous ses attentions toutes plus « waoh ! » les unes que les autres…

Avec une immense douceur et une tendresse infinie, Heero s'empare du membre fièrement dressé de son amant.

Tandis que celui-ci soupire d'aise en s'affaissant à demi sous la caresse, Heero entreprend de s'enduire à nouveau de savon…

Le voir se lubrifier ainsi fait considérablement accélérer le rythme cardiaque de Duo, lequel est toujours lentement masturbé par son compagnon.

Désireux de le toucher, d'enrouler sa main autour de lui afin d'apprécier ses mensurations, Duo tend une main vers Heero pour venir flatter son érection.

Longuement, les amants se cajolent, parvenant à ne pas précipiter l'échéance…

Mais lorsqu'ils finissent par échanger des baisers de plus en plus fougueux et qu'ils commencent à se serrer impatiemment l'un contre l'autre, Duo ne tient plus.

- Aime-moi…, réclame-t-il.

Pour plus d'emphase, il remonte lascivement l'une de ses jambes sur la hanche d'Heero, mais leur peau, rendue glissante par l'eau et le savon, l'empêche de se cramponner. D'autant que son preventer ne fait rien pour l'y aider, si ce n'est qu'il lui caresse consciencieusement son séant rebondi, tout en mordillant la peau fine et tellement érogène, située entre sa mâchoire et son oreille…

- Tout de suiiiite ! implore Duo, à présent.

- Tourne-toi, commande-t-il.

Sa voix est si grave que Duo en tremble de plaisir…

Ce dernier obtempère aussitôt, plaquant ses paumes sur le mur carrelé de la cabine de douche, à hauteur de visage.

Sans hésiter ni le faire languir plus longtemps, Heero le prépare sommairement pour le pénétrer ensuite d'une seule poussée, certes lente, mais puissante et continue…

Et tandis qu'il glisse en lui, les deux hommes lâchent un long râle d'intense satisfaction…

Le savon facilite le mouvement et leurs deux corps semblent être faits pour s'emboîter parfaitement, mais Heero ne veut prendre aucun risque… immodéré.

- Heeroooh ! gémit Duo d'une voix plaintive.

Il veut le rassurer et l'inciter à quitter ses appréhensions persistantes.

Enhardi, Heero, qui avait amorcé un premier lent mouvement, pousse à présent si vite et si fort que Duo en hurle soudain.

Alors qu'Heero scande inlassablement le nom de son bien-aimé contre sa nuque, le natté enroule sa main autour de la sienne pour la lui agripper avec force.

- T'arrête pas ! Pitié, t'arrête paaah ‼

Enivré, Heero ne se retient plus. Il va et vient si puissamment que Duo est devenu incapable de reprendre son souffle. Des cris haletants et frénétiques jaillissent de sa gorge, tandis que des spasmes contractent son intimité…

Respirant de plus en plus vite, Heero se faufile jusqu'à l'entrejambe de son amant, afin de le caresser avec toute la vigueur requise…

Désormais, les deux hommes ne sont plus que lave en fusion.

La main de Duo se crispe sur la nuque d'Heero, ses ongles se plantant partiellement dans sa chair.

L'instant d'après, il se libère dans la main bienfaitrice de son preventer, les jambes flageolantes… prêt à s'écrouler.

Seulement, Heero parvient à les soutenir tous deux pendant qu'il se répand chaudement en lui…

Il se retire ensuite, avec douceur, avant de s'affaisser lentement en entraînant son amant dans sa chute qu'il réussit à contrôler.

Peu à peu, leurs souffles erratiques s'apaisent et les deux hommes retrouvent bientôt une respiration normale.

- On a sauté le dîner, souligne Heero, non sans une pointe d'ironie.

- C'est pourtant pas faute d'avoir dégusté ! susurre Duo.

Extatique, il rit tout bas ; de cette fameuse hilarité sensuelle qu'il ne destine qu'à Heero.

Comme irrésistiblement attiré par la lumière, le preventer enroule ses bras autour de Duo, avant de parsemer son cou et ses épaules de doux baisers…

- Mhm, je t'aime tant…, murmure Duo.

En réponse, il sent le sourire d'Heero s'étirer contre sa peau.

- Et j'adore aussi ton costume trois pièces, tient à préciser le natté.

Cette fois-ci, Heero laisse éclater sa joie. Une félicité douce, intime, qui vibre contre le corps de son amant… frissonnant.

- Et moi, j'adore te l'enfiler, chuchote Heero à son oreille.

- Vraiment ? le taquine-t-il, tout en perdant ses doigts dans sa tignasse brune.

- Vraiment, prend-t-il la peine de répondre, mais avec le plus grand sérieux.

Dans le même temps, il tend une main pour venir enclencher le jet d'eau tiède, puis profite de les rincer tous les deux pour terminer d'apaiser son compagnon par de tendres effleurements…

- 'ro ?

- Hn ?

Duo bascule la tête en arrière, en appui sur l'épaule de son compagnon.

- J'ignorais que je te cherchais, toi et pas un autre, mais je suis sûr d'une chose. Nous nous sommes retrouvés, 'ro. Dans ce monde de perdition, nous avons fini par nous unir à nouveau ; envers et contre tout.

Transporté par ses mots et par ce qu'ils provoquent en son for intérieur, Heero remonte l'une de ses mains pour venir la poser sur la joue de son homme et faire un peu plus pivoter son visage vers le sien.

- Rien ni personne n'est en mesure de nous séparer durablement, assure-t-il.

Tel un scellé, les deux amants s'embrassent, comme pour goûter l'ivresse de leurs retrouvailles.

Avec une langueur toute particulière…

- Je serai toujours là pour toi, finit par déclarer Heero.

Il a choisi ces mots en connaissance de cause et s'attend donc à ce que son compagnon ait une réaction des plus défaitistes.

- 'ro, je crois en ta parole, mais…

- Promets-le moi… en ces termes, le coupe-t-il avec douceur.

Duo soupire.

- Pourquoi ?

- Pour conjurer le mauvais sort.

- Tu fais ça pour mon bien, seulement…, croit-il comprendre.

- Je fais ça pour nous. Tu es un pilier de notre famille et tu es l'homme de ma vie. Je ne suis rien sans toi.

Bouleversé, Duo sent une détermination nouvelle prendre possession de son être…

- Je serai toujours là pour toi, Heero, confirme-t-il avec fermeté. Nos ennemis n'ont qu'àaaaaah…, commence-t-il.

Avant de s'interrompre, coupé dans son élan par… un long bâillement.

- … bien se tenir, termine-t-il, les yeux mi-clos.

Heero sourit, charmé… et des plus satisfait.

Peu après, il le porte jusqu'à leur lit aux draps propres et frais, remplacés comme par magie.

Béat, flottant au-dessus du sol, Duo s'installe confortablement sur le côté dans l'attente qu'Heero vienne se lover contre son dos, en cuillère, ses genoux pliés derrière les siens.

Lorsqu'Heero passe effectivement son bras autour de lui – caressant son torse glabre au passage - et niche son nez dans ses longs cheveux humides, Duo s'autorise enfin à fermer complètement les yeux.

*Je t'aime, 'ro. Je t'aime, je t'aime…* pense-t-il en boucle, jusqu'à s'endormir.

Heero, quant à lui, attend patiemment que son bien-aimé plonge dans ses rêves pour le rejoindre ensuite…

… sur les rives de leur Eden…

A suivre…

Note :

L'existence du point P

Pour celles et ceux qui s'interrogent sur l'existence avérée du point P, et bien, la réponse est : non, ce n'est pas le point Preventers !

Plus sérieusement, le point P existe bel et bien. Extrait d'un article que j'ai parcouru, je ne sais plus où, ni comment je suis tombée dessus : « C'est une pratique sexuelle taboue. Considérée comme réservée aux homosexuels, la stimulation du fameux Point P - la Prostate chez l'homme - est pourtant à l'origine d'orgasmes d'un autre genre. Plus puissants, disent même les hommes qui ont essayé. »

Note de fin : Je suis contente d'être en mesure de poster chaque semaine, mais c'est agréable de poster à nouveau le vendredi. Vous l'aurez peut-être remarqué : Chapitre 12… 1 x 2… 1… 2… ? Okay, je vais me coucher !

Alinea63, j'hésite à te donner les clefs de la Prison Preventers de Tanabe, du coup ! Ou peut-être pas, finalement ? Et encore, tu n'as pas tout lu sur Masanaga…

J'espère que vous avez passé un bon moment. Merci à toutes et à tous de m'avoir lu.

A la semaine prochaine !

Kisu

Yuy