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Carte Noire,

un voleur nommé désir

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Source : Gundam Wing AC

Auteure : Yuy

Bêta de lumière : Lysanea

Genre : yaoi, romance, policier et UA.

Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient sauf Black Light, Kimo Lost/Maxwell dit « Le Joker », Scarlette, Jenna et John Johnson, Gale et l'Inspecteur Morris, Aideen dite « L'Irlandaise », Masanaga dit « Le Japonais du Sud », Joe Fisher, le Gardien du loft 781, Lionel et Jeff, Akane, Lieutenant Nanako Gotô, Yumi, Capitaine Marc Guérin, Capitaine Alec Bowers, Lieutenant Antoine Faure, Capitaine Blake McGuire, Agent spécial Kale, Jack Glade, Anita Stones, Faye Ship, Ito Li, Barbara Linardt, Stan et Shawn McGuire, Steve Harris, Akito, Towika, Eichi, les frères Studners, Commandant Giuliano Cortesi dit Elmo, Gasper, Rosy, Charles, Luca, Standford, Surk, Shin-ji, Estelle, Docteur Akeno, Antonio, Katrine, Vincent, Fernand Faure, Isabelle De la Forgerolle-Faure, Cure-dent, le Colonel Jackson, Maurice Bailey dit « le géniteur », Daniel Bailey, Freddy, Miss Lili, Phoebe, Jason Stich, Hakim, Stuck, Jackie, Jake MacCain, Sean Davis, Silvio, Rosy MacGarette, l'Agent spécial Tsuki, Vincent, Antonio, Alexandra, Steven, Kylian, Monsieur Fernot, Monsieur Boyer, Maître Joly, Charles Dubois, Hisa, Shunichi Abe, Kei, l'Agent Gere, Fuhito, le Colonel Patchak, l'Agent spécial Anaé Maeda, le Maréchal Forb, l'Agent spécial Yuto, l'Agent spécial Isato Yamori et l'Agent spécial Meï Ming-Yue…

Couples : Heero x Duo ; Trowa x Quatre

Chansons : « Collide » de Leona Lewis (live), « Thousand Needles » de Lea Michele, « Pale » de Within Temptation, « Parachute » de Cheryl Cole (live) et « You're mine » de Lea Michele.

Note : C'est le moment d'ouvrir ma chaîne YouTube « Heero Yuy » - bah, quoi ? - spécialement dédiée à mon compte FFNet. Vous trouverez le lien sur mon profil.

Exception faite pour le titre « Collide » de Leona Lewis : malgré toutes mes tentatives depuis hier soir, impossible de le mettre en ligne, les droits d'auteurs me bloque systématiquement. Vous pouvez toujours tenter de trouver la vidéo sur ma chaîne sous le titre « CN 22 », sait-on jamais ?

Lemon

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À Ly-chan, mon impérissable

et à tous les lecteurs

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Bonne lecture !

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22 – Rhythm Emotion

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A l'Agence d'Osaka…

Duo ne s'est jamais senti aussi épanoui ! Tant sur le plan professionnel que personnel. Certes, il traite des affaires douloureuses, terribles, mais il ne se sent plus jamais seul. L'équipe du Colonel Yuy est une famille unie où chacun de ses membres se sent à sa place et valorisé. Duo n'aurait pu rêver meilleur environnement où prospérer en toute légalité…

En dépit de la perspective désagréable de se retrouver confronter à Solo à la prison de Tanabe, jumelé à l'absence souvent pesante de Kimo dans sa vie, Duo voit enfin le verre au trois quarts plein. Le fait que Quatre et Trowa lui garantissent que son frère est heureux en ménage avec le dénommé Shunichi Abe et passionné par son nouveau travail, y est pour beaucoup. Malheureusement, Heero semble toujours hostile à leurs retrouvailles et Duo se garde bien de passer devant la boulangerie « Au pays du Soleil levain ».

*Je ne peux pas lui en vouloir… 'ro m'a vu dans de tels états !* pense-t-il avec un serrement de cœur.

Néanmoins, un autre sourire vient illuminer son beau visage. Heero partage son coup de cœur pour l'alliance Simple Groom de chez GYOet les enfants n'en finissent pas de discuter des détails de la future cérémonie. Les deux hommes ne savent toujours pas où elle aura lieu, mais sont certains qu'elle aura lieu, quelque part, bientôt… dès que possible !

Des souvenirs heureux, des instants savoureux vécus en famille et des projets enthousiasmants plein la tête, Duo passe et repasse un dernier coup de chiffon sur le plan de travail de la cuisine, lorsqu'Heero s'autorise à venir l'enlacer par-derrière.

- Ah ! dit Duo, agréablement tiré de sa rêverie. Ça, ça annonce la fin de notre journée de travail et le début de la nôtre.

Heero confirme son intuition en respirant profondément son odeur, sous son oreille. Duo est alors immédiatement parcouru de mille frissons…

- Il y a une petite fête de prévue, ce soir, annonce ensuite Heero, de sa voix grave.

- Ici ? se renseigne le natté, après un effort de concentration.

- Non, au Rhythm Emotion. Le karaoké qui domine la place de l'Endless Waltz.

- Je vois… Je suis passé devant lorsque je me suis mis en quête de trouver de nouvelles boutiques de vêtements pour nos enfants.

Heero sourit contre son cou.

- A la nuit tombée, c'est l'un des lieux préférés des preventers du coin. Cela leur permet de décompresser.

- Oh.

- Précise.

- C'est comme une sorte de rituel initiatique ou de bizutage, c'est ça ?

- S'il y a un quelconque rite de passage, c'est plutôt toi qui nous l'as fait passer.

Un brin embarrassé, Duo se mord la lèvre en se remémorant quelques morceaux choisis de leurs fréquentes confrontations et joutes verbales…

- Je ne pensais pas dire ça un jour, mais, merci d'avoir comploté derrière mon dos.

Heero raffermit son étreinte.

- Derrière ton dos ? souligne-t-il, taquin.

- 'rooo…, tente-t-il de le réprimander, en vain.

- Nous avons tout le temps de nous rafraichir et nous changer.

- Pour être honnête, je n'ai pas très envie d'y aller.

- C'est l'une des meilleures façons de t'intégrer définitivement et d'oublier ce regrettable incident avec l'ex-Agent Yuto.

Duo ne répond rien et son silence vaut pour accord, mais il reste tendu à l'idée de mettre les pieds dans un repaire de preventers.

Cette pensée en amène une autre. Positive, celle-ci.

*Je considère l'Agence d'Osaka comme une deuxième maison, à présent, et mes nouveaux collègues, comme faisant partie de ma famille*

- Ce sourire est pour qui ? s'enquiert Heero.

Duo se met à rire, enrobant son bien-aimé de ce son unique qu'il ne libère que pour lui.

- Oh, 'ro ! Dis-moi plutôt qui va garder nos enfants, si Quatre et Trowa sont également de la fête.

- Ils le sont, confirme-t-il, effectivement. Milliardo et Shawn se font une joie de les prendre chez eux.

- Towika aussi ?

- Hn.

- Ils vont bien s'amuser… eux.

- Duo…

- Je me suis lié à un seul et unique preventer, 'ro. Je n'ai pas signé pour me marier avec toute la caserne !

Un raclement de gorge discret les interrompt.

- Alors ? veut savoir Marc en passant la tête dans l'ouverture de la cuisine.

- Nous nous y retrouvons à vingt heures, comme prévu, répond Heero.

- Cool ! se réjouit l'Agent Guérin, souriant. Antoine, Alec et moi y seront un peu plus tôt. Nous en profiterons pour y réserver une bonne table.

- Merci.

Sur un signe de tête, Marc les laisse seul à seul.

Après un long silence des plus confortables durant lequel Heero berce doucement son compagnon, celui-ci finit par s'enquérir d'un autre point.

- Tes hommes subissent-ils, d'une façon ou d'une autre, des difficultés contraignantes à cause de moi ?

- Précise.

Duo se détache légèrement de lui, juste de quoi pivoter dans ses bras pour accrocher son regard.

- Est-ce que mon incorporation pistonnée…

- …méritée, corrige Heero.

- Oui, aussi, admet Duo. Cela leur met-il des bâtons dans les roues ?

- Non. Et si cela devait se produire, leur offensive serait implacable.

- Et la tienne ?

- …

- Tu vois ? C'est aussi pour ça que j'appréhende cette sortie. Moi, je peux gérer les affronts, mais toi, tu ne les toléreras pas.

- Tu as l'air convaincu qu'il y en aura.

- Dans le mille, P-man ! Yuto n'est pas un cas isolé.

- Sensei ? l'interpelle Alec en apparaissant sur le seuil de la cuisine.

Duo profite de cette nouvelle interruption pour s'écarter de son compagnon.

- Hn ? répond Heero, sans toutefois quitter Duo des yeux.

- Je suis le dernier à partir, le prévient-il.

- Entendu.

- A ce soir ! lance-t-il en s'éloignant.

- A toute ! dit Duo.

- On rentre ? propose Heero.

- Oui, je voudrais voir nos p'tits bouts de chou avant que Mill' et Shawny passent les chercher, explique-t-il en mettant le torchon à sécher.

Lorsqu'il fait de nouveau face à son homme, Duo s'immobilise. La façon dont Heero le dévisage ne lui dit rien qui vaille…

- Vas-y, annonce la couleur !

- Ils doivent déjà être en train de goûter chez leur Oncle, à l'heure qu'il est, lui apprend Heero.

- Parfait ! peste-t-il pour la forme.

Et il ronchonne encore lorsqu'il dépasse Heero pour descendre au garage, afin de quitter leurs bureaux…

Vingt heures…

La nuit s'annonce fraîche, mais la température et la légère brise de la soirée ne justifient pas que Duo doive serrer le col de son blouson jusque sous son menton.

Notant du coin de l'œil sa nervosité, Heero entoure sa taille d'un bras puissant, puis l'invite à s'arrêter, à deux pas du club.

- Dis-moi, lui demande-t-il de se confier.

Duo jette un regard circulaire en examinant plus longuement la devanture du karaoké, avant de reporter son attention sur son amant.

- Je suis très à l'aise avec ton équipe, mais que doivent penser les autres, à ton avis ? Le Rhythm Emotion est bondé de preventers. Mon radar anti-représentant-de-la-loi en est détraqué !

Heero n'a pas le temps de le donner, son avis, que Duo reprend déjà la parole.

- Ne te méprends pas. Je suis très heureux, mais je refuse de te faire honte. Je ne me fâcherais pas si tu préfères annuler la soirée. J'endosserais la responsabilité auprès de tes hommes… Ou non ! J'ai mieux : toi, tu y vas, mais moi, je rentre.

- …

- Alors ? s'enquiert-il avec espoir.

- Tu as terminé ?

- Oui.

- Bien, dit-il avec un sourire résolu. On peut y aller ?

- 'ro…, le retient-il encore. Je ne suis qu'un imposteur à leurs yeux. Ils ont dû passer des épreuves difficiles pour devenir agent et moi, v'là que j'm'incruste dans la meilleure équipe du monde avec un casier judiciaire rutilant !

- La meilleure équipe du monde, relève-t-il, un brin railleur.

- J'te jure, j'en mène pas large ! Y en a d'autres des Yuto. Et puis, y avait un silence de mort quand on m'a remis ma plaque.

Heero ne veut pas minimiser son anxiété. Ce n'est pas et ne sera jamais la bonne méthode pour la faire disparaitre.

- Le club est inhabituellement bondé, ce soir. Tu veux savoir pourquoi ?

- Bah, pour voir à quoi ressemble l'usurpateur qui se tape le plus beau mec de la planète qui n'est autre qu'une légende vivante pour tous les preventers.

- Ça se pourrait bien…

Duo soupire en posant son front contre son épaule.

- Baka, soupire Heero, à son tour.

- Te sens pas obligé d'enfoncer le clou, chéri, se défend-il en insistant sur le dernier terme.

- Ils se sont passés le mot et se sont déplacés en masse parce qu'ils veulent voir et féliciter l'un des leurs.

- Et là, c'est qui le baka ?

- Tu fais du bon boulot. Tes statistiques sont excellentes et ta coopération dépasse nos espérances puisque tu acceptes de dévoiler tous les secrets de Carte Noire.

- Ça n'effacera pas le mal que j'ai pu faire.

- Chéri, regarde-moi…

Duo relève la tête et glisse ses doigts dans sa mèche, la faisant joliment rebondir sur son front ; Heero ne perd jamais rien du spectacle qu'offrent les moindres faits et gestes de son bien-aimé.

- Tu es des nôtres, reprend-il avec conviction.

Duo n'a visiblement pas l'air convaincu, lui, malgré l'étalage théorique de tous ces bons sentiments. Au moins, il accepte d'accompagner son fiancé, sans plus craindre de lui tenir la main devant eux.

Ils n'ont pas atteint les doubles portes battantes de l'entrée qu'un premier attroupement « vert forêt » examine Duo Maxwell, de pied en cape. De son côté, le Colonel Yuy répond à leurs saluts d'un bref signe de tête ; celui des agents spéciaux est censé être moins guindé, puisqu'ils se retrouvent ici en dehors de leurs heures de travail, mais aucun ne peut se résoudre à se lâcher complètement face au célèbre preventer. C'est ensuite, seulement, que les agents spéciaux – cigarettes aux doigts – s'autorisent à s'adresser à celui qu'ils savent être l'amant de l'Agent d'élite Heero Yuy.

- Salut ! dit l'un d'un air plutôt neutre.

- Euh… Salut, répond platement Duo.

Il fait bonne figure, mais il a l'impression de nager en eaux troubles. Le seul point de repère étant son homme, le natté se met à lui broyer la main.

- C'est cool que tu sois v'nu ! se réjouit un autre, en lui tendant la main. Isato Yamori, ravi.

Duo la lui serre en retour, l'air sceptique.

- Ouais… C'est cool, répond-il.

Il n'est pas certain que les militaires distinguent réellement l'homme de Carte Noire, mais ils donnent tout de même l'impression de vouloir le considérer comme faisant partie intégrante de leur grande famille. Toutefois, Duo reste sur ses gardes. Un « Yuto » peut en cacher un autre !

- Fumer, tue, prévient Heero, de son air mortellement sérieux.

Tandis que les agents spéciaux se pétrifient, Duo sent un grand sourire étirer ses lèvres.

- Vous en faites pas, les gars ! Il ne le mentionnera pas dans son rapport, leur assure-t-il.

La poignée d'hommes lui sourit en retour, puis l'un d'eux leur ouvre la porte.

- Passez une bonne soirée ! leur souhaite-t-il avec une affabilité non feinte.

- Merci, répond Duo.

- De même, l'imite Heero.

Ils n'ont pas fait deux pas à l'intérieur du local que Blake surgit en travers de leur chemin.

- Ça va être une soirée de malade ! promet-il en arrachant Duo des mains d'Heero, sans vergogne.

Le colonel le laisse faire et en profite alors pour aller discuter avec quelques connaissances, tout en gardant un œil sur Duo. S'éloignant de lui sans disparaître à sa vue, son compagnon est entraîné par Blake vers la longue table réservée par Marc et où tous ont pu trouver une place de choix, sans se sentir à l'étroit.

Le club est spacieux et s'il offre des salles privatisées sur les trois étages supérieurs, l'entière superficie du rez-de-chaussée est ouverte sur l'unique scène qui se trouve être le point de mire, quel que soit son emplacement ; ainsi, personne ne se retrouve lésé. Pour le reste, l'agencement est perfectible, mais la décoration est fun, sans être ringarde.

- Blake ? grommelle Duo.

- Ouais ?

- Tu veux bien enlever ton bras de mon cou ?

- Ouais, consent-il sans ressentir le moindre embarras.

Comme ils sont parvenus jusqu'à leur table, Duo peut constater que tout le monde est déjà présent ; dont Quatre, qui lui sourit d'un air malicieux.

- C'est normal que plus de la moitié des agents, à part nous, soient encore en uniforme ? s'enquiert Duo en s'asseyant à côté de son ami.

- Oui, répond l'Agent d'élite Winner. C'est une façon de marquer leur appartenance à une organisation qui fait ce qu'elle dit et qui ne craint pas de punir les agents véreux.

- Oh… je vois.

Il n'a pas le temps de demander si l'Organisation le considère, même un tout petit peu, comme un agent véreux, qu'une voix féminine pleine d'autorité l'interpelle.

- Duo Maxwell ?

Une femme s'est plantée devant eux. Longue et athlétique, elle porte ses cheveux noirs en une natte très serrée ; bien plus que celle de Duo, mais qui ne peut rivaliser avec sa longueur.

- Oui, acquiesce-t-il, tendu comme un arc.

Dans un premier temps, l'agent spécial le considère en silence et Duo doit admettre qu'elle en impose.

- Meï Ming-Yue, se présente-t-elle avec fierté.

Ce qui s'explique en partie par la signification de son nom en chinois : lune lumineuse. Depuis son enfance, Meï Ming-Yue se fait un devoir de porter haut l'étendard de son illustre nom de famille.

- Au nom de tous ceux qui se battent pour faire triompher la Justice : Bienvenue parmi nous !

Duo déglutit.

- Euh… Merci.

- Cette jeune femme - issue d'une noble famille chinoise, au demeurant - est l'une des meilleurs élèves de notre cher Administrateur Wufeï Chang, lequel revêt de temps à autreson costume de formateur d'élite, lui apprend Quatre, un brin narquois. Un comble quand on sait qu'il a voulu faire interdire l'adhésion des femmes.

- Mon Maître est intouchable et les valeurs qu'il prône sont celles de toute une nation, le défend-elle avec une passion brûlante.

Ce qui est étrange vu qu'elle s'obstine à vouloir rester de glace.

Alors que Quatre s'apprête à répondre, Duo lui donne un léger coup de coude dans les côtes.

- Dis un truc gentil ! somme-t-il du bout des lèvres.

- Mes salutations à ton Seigneur et Maître, s'exécute-t-il.

Duo croit sa fraîche adhésion à l'Organisation bonne à proscrire, mais contre toute attente, la jeune femme ne se sent pas insultée par la formulation sentencieuse du profiler.

Au contraire. Satisfaite et fière, elle s'incline respectueusement, quoiqu'avec une certaine raideur, puis s'éloigne rejoindre son groupe.

- C'est comme ça qu'il cause à son équipe, l'autre ?

*L'autre ?* relèvent Quatre et Trowa, in petto.

Ils songent alors à l'expression outrée qu'arboreraient les fidèles de Wufeï. Et si Quatre rit franchement, Trowa, lui, parvient à se retenir. Silencieux à leurs côtés, il se contente de sourire en coin.

- Oui, parvient à répondre l'empathe. Wufeï est très à cheval sur le protocole. Même si Sally a réussi à le dérider, Wufeï n'en reste pas moins l'un des derniers grands Maîtres de la Cinquième Région. Il n'a pas volé sa réputation, ni ses titres honorifiques.

- Je vois, commente Duo.

- Alors, tu vas chanter quoi ? l'interroge soudainement Blake, intrusif à souhait.

Jusqu'ici, ses collègues et amis – qui sont pourtant tous assis autour de la table – ont souhaité laisser Duo s'installer et se familiariser avec les us et coutumes des agents. Seulement, McGuire n'a pas dû lire la « note de service » et ne fait manifestement pas preuve de beaucoup de pédagogie.

- Quoi, chanter quoi ? répète Duo d'un air méfiant.

- On est dans un karaoké, ici, lui rappelle-t-il.

Comme s'il parlait à un enfant débarqué de la planète Mars.

- Et alors ?

- Et alors, on y chante…

- Grand bien te fasse, BicMan ! Mais j'ai la ferme intention de rester coller à mon siège durant toute la soirée.

Subitement, Nanako tire son amant par l'arrière de son tee-shirt, l'amenant sans douceur à se rasseoir auprès d'elle. Il s'apprête à protester - son expression scandalisée toujours prête à l'emploi - lorsqu'il voit Heero se glisser jusqu'à Duo. Il comprend alors qu'elle a tout simplement dégagé la voie à leur Colonel, puisque celui-ci doit passer là où Blake se tenait encore, un peu plus tôt.

- Sensei ?

- Blake.

- Nous savons par vos enfants que Duo chante excellemment, tente-t-il sa chance en y mettant les formes.

- Inutile de faire des manières, intervient ledit chanteur. Je ne chanterai pas !

- Allez, quoiii ! insiste Blake.

Cependant, à présent qu'Heero les a rejoint, l'agent spécial ne crie plus à l'oreille de Duo, mais à celle de son colonel, qui, n'appréciant pas, le fait taire d'un regard courroucé.

- Désolé, Sensei, s'excuse aussitôt son agent.

- Hn.

Le brouhaha de la grande pièce commence à s'intensifier - signe que les clients affluent - et face au nombre croissant de regards qui le dévisagent, Duo est bien content de pouvoir presser la main d'Heero et de le sentir auprès de lui.

- Tu es le roi de la fête, souligne Heero.

- Je veux juste être le tien, nuance Duo, maugréant.

- Détends-toi.

- Tu sais bien ce qu'il me faudrait pour ça et ce n'est ni le lieu, ni le Mhm ?

Heero l'exauce pourtant d'un doux baiser sur ses lèvres, sa main relevant tendrement son visage.

- Si cela ne suffit pas…, propose-t-il, l'invitant déjà à approfondir leur échange en une caresse du pouce sur sa bouche.

- Si, si ! le coupe Duo, rougissant. Ça va l'faire ! assure-t-il.

- Sûr ?

Duo hoche la tête, n'osant plus croiser un seul regard.

A son grand soulagement, l'un des serveurs s'approche d'eux, fin prêt à prendre leur commande…

Une heure plus tard…

L'ambiance du club est superbement chaleureuse et Duo s'est considérablement détendu ; ce qui ne peut être lié à l'absorption d'alcool, puisqu'il n'en boit pas.

Contrairement à Blake !

Personne ne semble s'inquiéter pour ses affaires personnelles, au cas où Carte Noire aurait les mains baladeuses, et tous donnent l'impression de l'avoir adoptéet de passer une agréable soirée.

En tout cas, à en croire celui qui s'époumone sur l'estrade…

- I WILL SURVIIIIIIIIIVE ! I WILL SURVIIIVE ! Mmmm ! YEAH ! YEAAAAAAAAH !

- Bon Dieu ! 'ro, se désole Duo, toujours assis à ses côtés.

Il le colle tant et si fort que sa jambe est sur le point de monter sur celle d'Heero.

- Qu'est-ce qu'il chante faux ! se plaint-il en grimaçant.

Comme son homme ne répond rien, Duo tourne son visage vers lui. Heero semble ailleurs, mais sans jamais ignorer ou oublier la présence de son amant. Sentant que celui-ci l'observe avec insistance, Heero pivote la tête sur le côté, afin de lui livrer ses pensées.

- Je me remémorais la nuit où tu as sauvé notre fille en lui chantant cette magnifique berceuse… Je n'étais pas loin de me condamner, me disant que je ne parviendrai jamais à lui donner tout le réconfort dont elle avait besoin.

Duo broie sa main, bouleversé.

- Une vie ne suffira pas pour t'en remercier, poursuit Heero.

Les deux hommes partagent un long silence, empli d'amour et de compréhension mutuels. D'un mouvement lent et sans jamais rompre leur lien visuel, Duo comble le faible espace qui les sépare pour lui déposer un doux baiser sous son œil ; comme pour effacer les dernières traces de larmes invisibles. Puis un autre, à la commissure de ses lèvres ; comme pour lui promettre qu'il n'aura plus jamais à prononcer de paroles tristes.

- Je te dédie ceci…, murmure-t-il ensuite, avant de se lever.

Pour la première fois de la soirée.

Les yeux verrouillés sur son fiancé, Heero le suit du regard jusqu'à le voir monter sur l'estrade.

Et pendant que Duo fait dérouler les chansons sur l'écran tactile à la recherche du titre « Collide » de Leona Lewis, le Colonel Yuy peut constater que tous les regards se posent à nouveau sur son amant…

Peu après, lorsque Blake sort des toilettes et qu'il voit les têtes tournées vers la scène, il les imite et se fend immédiatement d'un large sourire.

- Tu vas chanter quoi ? veut-il savoir, surexcité.

- La question n'est pas quoi, mais pour qui, le renseigne le natté.

McGuire n'a pas le temps de l'interroger plus avant que la musique sélectionnée par le natté retentit. Celui-ci se réjouit de la bonne qualité du matériel et alors qu'il règle la hauteur du micro – comme s'il avait fait ça toute sa vie - la mélodie emplie la pièce, l'imprégnant déjà de ses notes entêtantes et entraînantes. Tant et si bien que le public réagit au quart de tour en claquant des mains et en sifflant leur approbation, bien qu'il ne sache pas si Duo va leur casser les oreilles ou parvenir à les exalter…

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Je vais te chercher lorsque tu es à terre

Je suis là quand il n'y a personne autour

Lorsque tu es dans des endroits inconnus

Compte sur moi face aux aléas de la vie

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Je suis en harmonie avec ce que tu ressens

Tout ça est un vrai combat

Lorsque tu es dans des endroits inconnus

Compte sur moi face aux aléas de la vie

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A leur grande surprise, la voix de Duo est extrêmement agréable à écouter. Il a le sens du rythme et chante merveilleusement juste.

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Tu es tout ce que je veux, ouais

Je sais que tu es le seul, ouais

Tu es tout ce que je veux, ouais

Je sais que tu es le seul, ouais

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Mais alors que tous ont le regard braqué sur lui, Duo n'a d'yeux que pour son preventer.

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Percute-moi

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Le cœur d'Heero rate un battement… pour repartir en trombe.

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A pleine vitesse

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Son souffle se fait court.

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Percute-moi

Nous pouvons entrer en collision, nous pouvons entrer en collision

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Ses poings se serrent, tandis que Duo lui déclare sa flamme et se livre corps et âme en lui promettant son soutien éternel à l'autre bout de la pièce et devant plusieurs dizaines de témoins.

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Percute-moi

A pleine vitesse

Nous pouvons entrer en collision, nous pouvons entrer en collision

Nous pouvons entrer en collision, nous pouvons entrer en collision

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Le temps semble s'être arrêté, comme suspendu dans la volonté de vivre en boucle cette poussée de voix qui se révèle être d'une puissance incroyable.

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Lorsque tu es dans des endroits inconnus

Compte sur moi face aux aléas de la vie

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Sache que tu n'es jamais seul

En moi, tu peux trouver un foyer

Lorsque tu es dans des endroits inconnus

Compte sur moi face aux aléas de la vie

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Tu es tout ce que je veux, ouais

Je sais que tu es le seul, ouais

Tu es tout ce que je veux, ouais

Tu es le seul

Je sais que tu es le seul, ouais

Tu l'es

.

Percute-moi

A pleine vitesse

Nous pouvons entrer en collision, nous pouvons entrer en collision

Nous pouvons entrer en collision, nous pouvons entrer en collision

.

Percute-moi

Nous pouvons entrer en collision

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La foule est en délire et pousse des cris de joie à n'en plus finir, effarée que Duo possède un tel talent ; celui-ci en plus des autres !

L'unité d'Heero, quant à elle, reste bouche bée, totalement incrédule. Excepté en ce qui concerne Quatre et Antoine - plus qu'échauffés - qui peinent à retrouver un rythme cardiaque normal au vu de ce qu'ils ne peuvent manquer de ressentir émanant d'Heero ; lequel parvient prodigieusement à préserver son air impassible.

En revanche, il ne peut s'empêcher de se lever, ni de fendre la foule, les yeux visiblement assombris par le désir.

Duo est encore trop loin pour s'en rendre compte. L'apercevant, il descend de l'estrade pour venir à sa rencontre, mais ne s'attend pas à ce qui va suivre…

Ils se frôlent à peine lorsqu'Heero l'attire à lui d'une traction pour l'embrasser avec fougue, incapable de contenir la passion qui l'anime et qui n'est destinée qu'à cet homme ; le seul qui soit en mesure de la réveiller et de la satisfaire totalement.

Les joues en feu, Duo cherche son air, tandis qu'Heero continue de l'étreindre avec force.

- Tu n'imagines pas ce que tu viens de libérer en moi, déclare-t-il d'une voix basse.

Trop basse…

Haletant, Duo peine à déglutir, comme si l'ardeur d'Heero épaississait l'air autour d'eux. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir suffisamment d'espace pour respirer, puisque les preventers et spectateurs civils se sont instinctivement reculés, tant la puissance exsudée par le Colonel Yuy est impressionnante ; presque palpable, comme si elle faisait vibrer l'air au-delà même de son espace vital.

- Ce… c'était juste… pour te dire… que je serai toujours là…, se justifie le natté, irrémédiablement subjugué.

- Moi aussi. Ce sera juste pour te dire que je serai toujours là… en toi, garantit Heero avec avidité.

- AAAH ! s'écrie Blake qui s'invite dans leur conversation, une fois encore.

Sans doute, Nanako n'aura pas su, ou eu le temps, de le retenir par son tee-shirt.

- Waoh ! C'était géééant ! Diis-donc, tu s'rais pas du genre à faire du rent'e dedans ? le taquine-t-il, un brin enivré.

Pour autant, son intervention soulage Duo qui commençait à se demander si Heero et lui n'allaient pas devoir inaugurer la banquette arrière de leur voiture, illico presto.

- Diis… J'me disais que peut-être, tu pourrais chanter à notre mariage ? Pas notre mariage à toi et moi, hein ! Celui de Nana et moi.

- Je ne chante que pour ma famille, répond Duo.

Il ne croyait plus ça possible, mais il réussit à quitter Heero des yeux.

- Ah…

- Vous en faites tous partie, idiot ! lâche le natté.

Cette fois-ci, Blake sourit de toutes ses dents et Duo profite qu'il retourne à leur table pour entrainer Heero à sa suite. Bien entendu, l'ancien voleur et faussaire de génie reçoit des milliers de compliments en chemin et d'autres encore, une fois parvenu à leur table. Mais la seule chose qui compte pour Duo, c'est que son message ait touché Heero au plus profond de son être.

*C'est p't'être un peu trop profond, pour le coup !* se dit-il, in petto.

Heero et lui s'apprêtent à se rasseoir, quand Quatre se dresse sur leur chemin. L'empathe a manifestement déboutonné le haut de sa chemise, certainement sous l'effet de la bouffée de chaleur monumentale qu'il vient de subir, à l'instar d'Antoine.

- Heero, je dois te parler. Ce ne sera pas long.

Instinctivement, et bien qu'il ait toute confiance en son ami, Heero interroge Trowa du regard, lequel lui fait signe d'accepter.

- Duo, permets-tu que je vous sépare, une minute ? lui demande Quatre.

- J'crois que c'est pas une mauvaise idée ! répond-il en s'éventant à l'aide du menu plastifié.

Aussitôt dit, aussitôt fait :Quatre entraine Heero au dehors.

- J'ai besoin de prendre l'air et de m'éloigner un court instant de mon mari, déclare-t-il en offrant son visage au ciel. Mon Dieu ! les fondations de votre lit ont dû fondre dès votre première…, s'interrompt-il pour chercher un mot qui sonne plus poétique.

- … collision ? suggère Heero, un sourire coquin étirant ses lèvres.

- C'est ça !

- Que veux-tu me dire qui soit si urgent et qui nécessite de nous isoler de Duo ? s'enquiert-il avec sa perspicacité naturelle et en retrouvant tout son sérieux.

Avant de répondre, Quatre avise un plot en béton, non loin d'eux, et décide d'aller s'y asseoir. Heero le suit, mais préfère rester debout, les mains dans les poches.

- J'ai cru comprendre que Duo ne chante pas sans raison. Il doit ressentir le besoin vital de transmettre un message, de livrer le fond de sa pensée.

- Hn.

- Je veux te demander l'autorisation de convier Kimo et son ami à nous rejoindre ici, dans le plus grand secret.

Dans un premier temps, Heero garde le silence durant un court instant de réflexion.

- Que crois-tu obtenir en agissant ainsi ?

- Une harmonie proche de la perfection en ce qui concerne la relation des deux frères Maxwell. Mais pas uniquement.

- Tu penses que Duo et moi avons besoin de ça pour compléter notre tableau idyllique, devine-t-il.

- Il t'aime plus que l'amour-même. Il te le prouve ce soir, une fois encore. Il n'abordera plus jamais le sujet de son frère avec toi. Il s'en remet à ton jugement, parce qu'il te suit de tout son cœur et qu'il ne veut pas qu'une autre personne souffre de cette situation.

Méditatif, Heero prend une grande respiration, le visage levé vers le ciel étoilé.

- Il m'arrive encore de devoir mener une lutte incroyable pour pouvoir lire en toi, confie Quatre. Et je n'y parviens pas toujours !

Heero lui coule alors un long regard mystérieux, sans mot dire.

- Je ne crois pas, pas une seconde, que tu choisirais de les séparer à tout jamais. Seulement, le temps passe et il ronge les frères Maxwell de l'intérieur. Duo est prêt, tu as su le mettre en condition. Et Trowa et moi nous sommes occupés de Kimo.

Comme Heero ne répond toujours rien, Quatre se permet d'insister.

- Duo ne sera jamais complètement heureux s'il ne…

- Je sais, l'interrompt Heero.

Doucement, mais fermement.

Quatre sait et sent qu'il vient d'atteindre les limites de ce que Heero veut bien supporter. Par conséquent, l'empathe se lève et vient presser l'épaule de son ami.

- Tu es l'une des personnes les plus justes et les plus aimantes que je connaisse, déclare l'héritier.

Avant de laisser Heero à sa réflexion…

Une demi-heure plus tard…

Personne n'est encore parti, chacun étant bien trop excité à l'idée que Duo s'empare à nouveau du micro et craignant de quitter la soirée au risque de manquer un autre moment d'anthologie.

Heero et son équipe, quant à eux, sirotent tranquillement leurs boissons tout en discutant, lorsque Quatre adresse un signe de tête discret au Colonel Yuy. Aussitôt, Heero glisse délicieusement sa joue sur celle de Duo pour lui chuchoter quelques mots à l'oreille. Rapidement, l'expression du natté devient triste et leurs amis comprennent que le sujet abordé est grave.

- Pourquoi ? demande Duo.

- Parce que où qu'il soit, il t'entendra, explique Heero.

Duo hésite, les yeux à présent rivés sur ses doigts qui s'agitent nerveusement.

- Dédie-lui votre passé, se permet d'intervenir Quatre en couvrant ses mains de la sienne. Qu'il comprenne que tu ne l'as jamais rejeté et qu'il ne tient qu'à lui de vouloir reprendre sa place dans ta nouvelle vie.

Duo serre les lèvres pour ne pas pleurer et hoche la tête. Heero a tout juste le temps de lui prendre la main pour l'étreindre avec douceur, avant que Duo ne se lève à nouveau pour s'exécuter. Les clients – qui ne sont pas dans la confidence – se réjouissent de le voir réapparaître sur scène et l'en remercient chaleureusement en l'acclamant derechef et avec vigueur.

Là encore, Duo n'annonce pas le titre qu'il va interpréter : « Thousand Needles » de Lea Michele.

La première fois, c'était parce que la chanson s'adressait à Heero ; exclusivement.

Présentement, c'est parce que la personne à qui il souhaite ouvrir son cœur ne se trouve pas ici.

Pas à sa connaissance…

.

Les vagues s'écrasent dans la tempête

La tornade m'élève du sol

Je ne vois que le ciel noir

Tu veux savoir à quoi ça ressemble

Comme mille aiguilles dans mon cœur

Chaque fois que le temps nous sépare

Et maintenant mon monde s'effondre

Maintenant que tu n'es plus autour de moi

.

Oh pourquoi veux-tu te détacher de moi ?

Je saigne

Je peux désormais te voir dans des nuances de gris

Un souvenir qui s'efface

Oh pourquoi veux-tu te détacher de moi ?

Je saigne

Je peux désormais te voir dans des nuances de gris

Un souvenir qui s'efface

.

Je cours vite dans l'enfer et la pluie,

L'été me dit que je suis fou

Tenter une explication

Ne changera plus rien maintenant

Un millier d'aiguilles dans mon cœur

Me montre la douleur depuis le début

T'as échoué, notre journée n'était pas mémorable,

La veille du jour où tu t'en es allé

.

Oh pourquoi veux-tu te détacher de moi ?

Je saigne

Je peux désormais te voir dans des nuances de gris

Un souvenir qui s'efface

Oh pourquoi veux-tu te détacher de moi ?

Je saigne

Je peux désormais te voir dans des nuances de gris

Un souvenir qui s'efface

.

Mille aiguilles dans mon cœur

.

Bien que personne d'autre que Trowa, Quatre et l'unité d'Heero ne soit au courant du passé traumatique de Duo et de l'impact dévastateur qu'a eu sur lui la révélation de la survie de Kimo, les preventers spectateurs ne sont pas dupes.

.

Mille aiguilles dans mon cœur

.

Son interprétation est trop intense, trop profonde pour n'être qu'un passage au micro de plus. Certes, il s'investit d'une façon qui leur donne des frissons, tout comme la première fois, mais ceux-ci les saisissent d'une toute autre manière. Comme lorsque quelqu'un confie son chagrin ; un cri muet de désespoir.

.

Mille aiguilles dans mon cœur

.

Oh pourquoi veux-tu te détacher de moi ?

Je saigne

Je peux désormais te voir dans des nuances de gris

Un souvenir qui s'efface

Je peux voir que tu te détaches de moi

Je saigne

Je peux désormais te voir dans des nuances de gris

Un souvenir qui s'efface

.

La chanson s'arrête comme elle a commencé : dans l'intensité et sans prélude.

Le silence dans la salle est total et les regards emplis d'admiration et de compassion mêlées.

Mais Duo ne peut les voir. Les yeux embués de larmes contenues, c'est Kimo qu'il contemple. Ce frère perdu qui se tient debout face à lui, parmi l'attroupement des clients.

- Duo, articule son frère, dévasté par cette confession.

Il fait d'abord un pas chancelant dans sa direction, puis se fige comme cloué sur place. A l'inverse, Duo sort aisément de son immobilité, l'air résolu. Sans mot dire, il descend de scène et s'avance sans précipitation vers son frère, profitant de ce temps pour le dévisager, pour se réapproprier les traits de son visage et la couleur de sa peau. En un instant, il se remémore leur vécu commun, chargé d'odeurs et de mille et une sensations, puis leur séparation provoquée par la volonté macabre de Solo Smith ; ce même individu torturé qui aura grimé Kimo en une version fantasmée de Duo, des années durant.

C'est alors que Duo remarque la coiffure de son frère, identique à celle qu'il arbore mais synonyme de tellement de douleur que Duo ne peut souffrir de l'avoir sous les yeux et ne supporte pas plus que Kimo continue de s'affubler d'une identité qui n'est pas la sienne.

Pétrifié, le cœur battant à tout rompre, Kimo ne bouge plus d'un millimètre, les yeux rivés à ceux de son frère. Hypnotisé par la force de ce regard et par sa façon de se mouvoir, Kimo n'est pas le seul à être fasciné par l'aura que dégage Duo en cet instant. Les personnes autour d'eux sont tout autant captivées par la scène qui se déroule et respectueux de leur laisser cet interlude particulier. En revanche, ils se tendent toutes et tous lorsque Duo brandit soudainement un couteau en céramique, sortit de Dieu seul sait d'où. L'affolement atteint son paroxysme lorsque Duo comble l'espace qui le sépare de son frère et glisse la lame ultra coupante contre sa nuque. Immédiatement, chacun dégaine son arme de service et menace Duo de l'abattre s'il ne lâche pas son arme ils n'ont le temps de rien que Duo esquisse déjà un geste, net et précis. Kimo hoquète… tandis que sa longue natte fine et fatiguée tombe au sol, derrière lui.

- Tu te nommes Kimo Maxwell, déclare Duo d'une voix sévère. Tu as ta place dans ce monde sans devoir en passer par dissimuler qui tu es vraiment.

En pleurs, Kimo pousse un soupir tremblant, sentant un poids terrible quitter son cœur et son corps. D'une traction, Duo attire Kimo dans ses bras pour l'étreindre ensuite de toutes ses forces.

- Bon Dieu ! lâche un agent, en baissant son arme de poing.

- Ce mec est dingue ! renchérit un autre, blême.

- S'il-te-plaît, pose ce couteau au sol et glisse-le vers nous d'un coup de pied, demande instamment une femme en uniforme.

Sa voix est douce, mais la tension est encore palpable.

À regret, Duo se détache de son frère. Il conçoit que son acte ait pu inquiéter les agents présents. Cependant, et sans la moindre trace d'hésitation, Duo lance son couteau en direction de la cible de fléchettes suspendue au mur du fond ; loin, très loin de sa position. Le couloir lui est largement ouvert et la lame fuse dans les airs pour se plantée profondément dans le mille, sous les regards perplexes des preventers.

Un regard qu'ils portent ensuite, interrogatif, sur les Colonels Yuy et Barton. Impassibles, ceux-ci se tiennent côte-à-côte en bordure du cercle qui s'est naturellement formé autour des deux frères. Pressentant ce qui n'a pas manqué de suivre, Heero et Trowa se sont rapprochés puis positionnés de façon à pouvoir intervenir rapidement au cas où la réaction des autres preventers aurait été fâcheuse et sans appel. Pourtant, ils ont suffisamment confiance en Duo pour le laisser gérer seul cette situation qu'il a lui-même provoquée. Pour les agents d'élite, une chose est sûre : Duo doit gagner le respect et la confiance de tous les preventers… et c'est maintenant chose faite !

L'effet de surprise dissipé, chacun d'eux range son arme, convaincu, désormais, qu'il faudra compter avec Duo Maxwell dans leurs rangs et qu'il serait judicieux, à l'avenir, de ne pasle sous-estimer ; ou à défaut, de ne plus seulement le considérer comme un voleur et faussaire de génie.

- C'est qu'il en a sous le pied, le prétendu Poids plume ! lance l'Agent spécial Isato Yamori.

Son ton est jovial, comme lorsqu'il a salué Heero et Duo à l'entrée du karaoké. Toutefois, il laisse sous-entendre sans aucune ambiguïté que Duo serait en réalité bien plus qu'un simple « Poids plume ». Une question pertinente, certes, mais qui demeurera une énigme aussi longtemps que le Colonel Yuy le souhaitera…

Kimo, pour sa part, connaît déjà les capacités hors du commun de son frère et ne s'émeut pas de ce nouvel exploit. Tout ce qui l'intéresse, lui, c'est de partager une nouvelle étreinte.

- Pardonne-moi, supplie-t-il dans un gémissement de pure tristesse.

- C'est ma faute, s'accuse le natté, le serrant contre son cœur.

- Non, le contredit Kimo en s'écartant afin de pouvoir accrocher son regard. Non, répète-t-il en séchant ses pleurs.

Les deux frères s'observent et retrouvent peu à peu le sourire. Il ne monte pas encore jusqu'aux yeux et n'exprime pour l'instant que le poids de leurs regrets respectifs, mais cela marque tout de même le début d'une nouvelle ère.

Au Rhythm Emotion, le bruit court rapidement que Kimo est le frère de cœur de Duo et qu'ils ne se sont pas revus depuis près de seize années, isolés l'un de l'autre par de tragiques circonstances. Immédiatement, une ovation générale et spontanée encense les deux hommes.

- Pour nos frères, hip hip hip ?

- Hourra !

- Hip hip hip ?

- Hourra !

Enfin, Heero juge bon de les rejoindre tout à fait. Pour soutenir son amant, d'abord, en glissant son bras autour de sa taille. Par souci de veille, ensuite. Protecteur patenté, Heero veut observer à la loupe le comportement de Kimo. Aucun regard, ni expression ne doit lui échapper.

De son côté, Shunichi s'avance à son tour pour venir enlacer son compagnon. Mais la comparaison s'arrête ici. Rien ne peut associer le charisme écrasant du Preventer d'élite Yuy et celui, candide, de l'artisan boulanger.

- Je dois avouer que l'espace d'un instant insupportablement long, j'ai eu très peur, confie Shunichi, visiblement secoué. Si Quatre ne m'avait pas retenu, je me serais interposé.

Kimo lui tapote gentiment l'avant-bras.

- Mon frère ne me ferait jamais de mal, Sun.

- Pas volontairement, rectifie Duo d'un air souffrant.

- Toujours là pour l'autre, assure Kimo avec une force nouvelle.

Duo sourit tristement.

- Toujours là pour l'autre, confirme-t-il en se pressant discrètement contre Heero.

- Je te préfère comme ça, révèle le boulanger à son amant.

- Comme ça, quoi ? veut savoir Kimo.

- Toi-même, sans cette natte qui ne t'allait pas du tout, ose-t-il encore.

Rassuré, Kimo réclame un doux baiser que son homme lui donne bien volontiers.

- J'suis bon pour aller au coiffeur, dit Kimo en ébouriffant ses cheveux.

Déjà, leur matière semble plus épaisse, moins terne. Ils ont repris en volume et en vigueur. Comme si l'acte de Duo leur avait rendu leur beauté d'origine, authentique.

- Garde une petite longueur sur le devant, lui suggère Shunichi en passant tendrement ses doigts dans les courtes mèches.

- Je me sens bien mieux ainsi, découvre Kimo. Je ne pensais pas que ça changerait quoi que ce soit, mais en fait si.

- Vous accepteriez de prendre un verre avec nous ? propose Duo, soulagé de la réaction positive de son frère.

- Et comment ! répond Kimo.

Il n'a d'yeux que pour son grand frère retrouvé, mais il jette tout de même quelques coups d'œil au Colonel Yuy ; son radar étant bien moins abouti et fiable que celui qu'a développé Duo au fil des ans, Kimo ne sent pas la pleine dangerosité d'Heero. A dire vrai, il ne sait plus vraiment quoi penser de ce preventer qui le scrute un peu trop à son goût.

*Un genre de Trowa, en plus bizarre !* se dit-il en grimaçant.

Duo le tire de ses pensées en le prenant par le bras, tandis qu'Heero et Trowa échangent un regard complice : effectivement, Kimo est un livre ouvert !

Les discussions reprennent rapidement et vont bon train. Plein d'enthousiasme, Duo fait les présentations, mais sans cesser de broyer littéralement la main de son compagnon. Et à en croire l'expression de Shunichi, Kimo ne le traite pas mieux.

L'équipe d'Heero se fait alors un devoir de mettre les nouveaux venus à leurs aises. Ils ont à cœur que ces retrouvailles soient idylliques. En conséquence, les deux frères font déjà des projets d'avenir, ensemble, et s'échangent des astuces culinaires comme s'ils s'étaient quittés à peine quelques mois plus tôt.

Au début, Heero et Shunichi n'ont eu de cesse de guetter le moindre signe suspect qui leur aurait fait quitter le club avec leur compagnon et sans faire de manière. Mais ils ont fini par se détendre à la vue des visages radieux de Duo et Kimo, pouvant ainsi profiter, eux aussi, de la fin de soirée ; sans compter que l'attitude neutre d'Heero – ni hostile, ni amicale - aide à libérer la parole de Kimo.

- Comment s'est déroulée votre rencontre, à tous les deux ? cède-t-il à sa curiosité.

Tout en y mettant les formes. Quatre et Trowa l'ont tellement mis en garde contre l'avis primordial du compagnon de son frère que, même s'il n'y croit qu'à moitié, il préfère la jouer fine.

- Oh ! répond Duo. Bah… Rien qui sorte de l'ordinaire : le coup de foudre au premier regard et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, 'ro me faisait prisonnier.

- Sous certains aspects, c'est très romantique, commente prudemment Kimo.

- Oui, hein ? Je trouve aussi, prétend Duo, ironique.

- J'ai débusqué Carte Noire et j'ai eu carte blanche, déclare soudainement Heero.

- Joli, le complimente le laconique Trowa.

- Le destin sait aussi nous jouer de jolis tours, renchérit Quatre. Sun et toi en êtes un parfait exemple.

Kimo se contente de sourire, mais le boulanger a, semble-t-il, envie de partager ses pensées.

- Ma sœur craignait que je reste seul trop longtemps, ou jusqu'à la fin de mes jours, peut-être. Ou bien que je tombe sur un sale type. Mais lorsque Kimo m'est apparu, j'ai juste eu peur qu'il s'enfuie. Qu'il me quitte avant même d'être entré véritablementdans ma vie.

- Ça a bien failli ! réagit Kimo avec légèreté.

- Puis, j'ai eu peur qu'il ne s'intéresse pas à moi, poursuit Shunichi. Et peur, encore, que son agent de probation désapprouve notre union et fasse barrage.

- Aucun risque, le rassure Kimo, depuis son nuage.

- Il y en avait un, le contredit Trowa en le fixant d'un air intransigeant.

Sensible à son autorité, Kimo se tasse sur lui-même en se pressant davantage contre son amant ; lequel ne se fait pas prier pour resserrer son étreinte.

- Nous sommes deux sauvages, Kim', explique doucement Duo. Il faut juste accepter d'être… euh…

- … bagué tel un pigeon ? suggère Kimo, une pointe d'amertume dans la voix.

- Apprivoisé, je dirais, tempère le natté. La liberté intérieure peut se vivre de bien des manières.

Cette fois-ci, Kimo s'autorise à considérer Heero plus longuement. Si ce dernier lui rend la pareille, Kimo ne parvient toujours pas à le cerner pour autant.

- Tu as changé, finit-il par constater en reportant son attention sur Duo. Tu es différent du frère que j'ai connu.

- En bien, ou en mal ? se renseigne Duo.

Il affiche un large sourire de façade, mais au fond de lui, il appréhende la réponse de son frère.

- A l'époque, personne, pas même David ou moi, ne pouvait t'imposer quoi que ce soit, ni limiter ton territoire. Tu faisais chèrement payer les atteintes portées à ta liberté de mouvement.

- Sans rire ? se moque ouvertement Blake.

- Ouais, j'étais du genre têtu ! minimise le natté.

- Tu étais libre comme l'air, insiste lourdement Kimo.

- Je le suis toujours, répond très sérieusement Duo, un brin sévère. J'ai simplement changé d'air, poursuit-il, au grand bonheur d'Heero.

Kimo ne peut manquer de ressentir la fermeté de son grand frère et la force incroyable qui se dégage de sa personne et de ses nouvelles certitudes.

- Ça a plutôt l'air de bien te réussir ! analyse Shunichi, volant au secours de son âme-sœur.

- Oui ! confirme Kimo en hochant vigoureusement la tête.

Chacun se remet à sourire, à l'instar de Duo qui entremêle ses doigts à ceux d'Heero.

- Certains ont la fâcheuse tendance à refuser ce qui est bon pour eux, du moins au départ, et j'en fais malheureusement partie, confiele natté.

- T'es avec Heero, pourtant ? l'interroge Kimo.

- Parce qu'il veut bien d'un porc-épic comme compagnon ! J'dis pas que je suis tout le temps difficile, mais…

Heero se met à lui serrer la main. Fort, très fort. En réponse à cette pression extraordinaire, Duo plonge son regard dans le sien.

- Depuis toi, j'ai réappris à faire confiance à la vie et ça fait toute la différence.

D'ordinaire peu démonstratif en public, Heero ne donne pas l'impression d'être bouleversé, mais ses amis intimes que sont Trowa et Quatre, et son désormais fiancé, devinent sans mal à quel point l'homme est touché par ces paroles.

- Sun aussi a éclairé ma vie, témoigne Kimo. C'est comme s'il avait fait toujours nuit et que maintenant, il faisait jour, tout le temps, tente-t-il de décrire son ressenti avec candeur.

Blake ne tient plus et explose de rire.

- Jour, nuit ! Sun, night ! le raille-t-il gentiment.

- Blaaake ! le réprimandent d'une même voix Marc, Antoine et Alec.

- Me dites pas que vous n'aviez pas fait le rapprochement ? Merde, c'est triste dans vos têtes !

- Si tu tiens vraiment à faire la traduction, ce serait plutôt : soleil, nuit, le corrige Alec.

- Vous êtes d'un sérieux ! se plaint Blake. Vous avez goûté au Cocktail des Indes ? les invite-t-il à se détendre.

- T'as goûté à la sobriété ? le taquine Alec.

- Soyez indulgents, s'il-vous-plaît, intervient Nanako. Ce n'est qu'un homme, après tout !

- C'est quoi, ça ? demande Kimo à Duo tout en pointant Blake du doigt.

- Un hétéro-primitif, le renseigne Duo.

Amoureuse, Nanako dépose un doux baiser au coin des lèvres de son amant.

- Blake a d'autres atouts, le défend-elle.

- Merci pour ton soutien, Nana ! se réjouit Blake. Enfin… si c'en est vraiment un, se met-il à douter.

Tous repartent d'un grand rire, ravis de pouvoir discuter de sujets légers…

D'autres heures s'écoulent ainsi, dans une ambiance chaleureuse et bon enfant. Toutefois, il commence à se faire tard et c'est à l'unisson qu'ils décident de se lever pour clôturer cette magnifique soirée…

Alors qu'ils s'apprêtent à quitter le club, Duo est interpellé par un agent spécial ; celui qu'il reconnaît comme étant Isato Yamori. Bien qu'ils aient tous manifesté l'envie de faire plus ample connaissance avec l'Agent spécial Maxwell, Isato reste l'un des rares, ce soir, à oser approcher le Colonel Yuy - qui ne quitte pas le natté d'une semelle - d'aussi près.

Sur le moment, Duo en éprouve une certaine appréhension, mais la présence d'Heero à ses côtés chasse ses craintes d'antan résiduelles.

- On t'a désigné d'office ou vous avez tiré à la courte paille ? l'interroge Duo.

- Comment ça ?

- T'es quasi le seul à venir me parler…

- Pourquoi, t'es sous blister ? plaisante-t-il.

Derrière eux, Kimo se met à rire. Duo aussi, trouve l'Agent Yamori sympathique.

- Non…

- Il est sous Heero ! l'interrompt Kimo, hilare.

Seulement, sa réflexion ne fait rire que lui et son rire, justement, ne tarde pas à s'étrangler dans sa gorge lorsqu'il croise enfin les regards sévères des deux principaux intéressés.

- Pardon, s'excuse aussitôt Kimo d'un air confus.

- Y a pas que les hétéros qui sont primitifs ! se rebelle Blake d'un air victorieux.

- Silence, demande sobrement Heero.

Et le silence s'instaure.

Loin de s'impatienter, Heero souhaite avant tout éviter que cette conversation-ci ne dévie sur un autre sujet ; un talent inné que Kimo et Blake ont manifestement en commun.

Or, le nouvel échange entre Duo et Isato lui semble important.

Décisif.

Face à eux, Isato a le sourire aux lèvres et ne donne pas l'impression de vouloir détourner son attention de Duo. Très amusé par les joutes verbales de « l'Unité Yuy », Isato se sent privilégié d'en être le témoin.

*Leurs journées ne doivent pas être tristes ! Ça aide pour tenir le coup. Les affaires que nous traitons sont souvent difficiles…* pense-t-il.

- Qu'est-ce que je risque à venir t'aborder, à part essuyer un refus de ta part ? Je ne crois pas que le Colonel Yuy veuille dresser une muraille entre toi et nous autres. Un muret, tout au plus. Sinon, vous ne seriez pas ici.

- Il m'a trainé jusqu'ici, tu veux dire ! se plaint faussement Duo. Il m'a obligé à venir !

Isato sourit de plus belle. La surveillance temporaire à laquelle Heero le soumet depuis le début de la soirée est totale, mais cela ne le déstabilise pas outre mesure. Cela reste impressionnant d'être le centre d'attention du Colonel Yuy, mails il s'attendait à être observé, jaugé puis jugé apte ou non à approcher Duo.

*Je n'ai rien à cacher et je ne porte aucun jugement hâtif. Duo a l'air d'un chic type. Il a volé trois courgettes, et alors ? Bon, soyons honnête, il a volé bien plus que ça, mais il nous aide à traquer des individus dangereux et il s'en sort haut la main* pense-t-il, certain d'être déchiffré par le Colonel Yuy.

Par lui, mais aussi par les Agents d'élite Barton et Winner, qui, mine de rien, ne perdent pas une miette de ce qui se déroule présentement.

Mais peu importe ! L'Agent spécial Yamori est droit dans ses bottes et ne se démonte pas.

- Écoute, on se connaît tous ici. Nous avons nos petites habitudes, c'est rassurant.

- J'imagine, oui, bredouille Duo.

- Tu évolues au sein de l'Organisation depuis un moment, maintenant. Tu es donc à même de constater et de ressentir le lien particulier qui nous uni. Que ce soit d'abord avec les membres de notre unité et plus largement, ensuite, avec l'ensemble des preventers à travers le monde, que nous sommes amenés à rencontrer ou que nous côtoyons, même en-dehors du boulot. Sans vouloir verser dans le mélodrame, nous formons une véritable famille… à condition que chacun d'entre nous se montre à la hauteur de la mission qui nous incombe en tant qu'être humain, d'abord, puis en tant qu'agent spécial, ensuite.

Ne sachant pas quoi répondre, Duo se contente d'acquiescer d'un hochement de tête.

- En voulant porter atteinte à ta dignité, Yuto a trahi son serment d'humanité. Il nous a tous trahi. Il n'a plus sa place, ici.

Duo hoche à nouveau la tête, troublé et touché par cette déclaration.

- C'est… c'est pour cette raison que vous étiez postés à l'entrée du club ? comprend-il soudainement. Pour en bloquer l'accès à Yuto au cas où il viendrait ?

- Nous protégeons les nôtres, confirme Isato. Tu es un membre à part entière de notre famille. Pas seulement parce que tu es devenu preventer, mais surtout parce que tu portes en toi les valeurs qui sont les nôtres. Nous pensions que tu avais déjà intégré cette notion.

- C'est-à-dire que… tu es le seul à m'adresser la parole aussi longuement, ce soir. Et puis, personne n'a vraiment réagi lorsque l'on m'a remis ma plaque lors de la Cérémonie.

Isato émet un rire bref, tout en jetant un coup d'œil au Colonel Yuy.

- Tu n'as pas l'air de réaliser avec qui tu vis…

- Bah… avec 'ro, répond Duo.

Isato rit de bon cœur, cette fois-ci.

- Bon Dieu ! C'que c'est bon de t'avoir dans nos rangs !

Enfin, Duo sourit jusqu'aux oreilles, heureux, si heureux d'entendre ces mots…

- Sérieux, poursuit Isato, les gars sont tétanisés devant les Agents d'élite Yuy, Barton et Winner. Ils les admirent tellement qu'ils ne parviennent pas à passer outre leur timidité, alors même qu'ils crèvent d'envie d'apprendre à te connaître. Je les admire tout autant, mais ça va, je gère. Je ne me change pas en statue de sel ! Du coup, les gars m'ont tanné toute la soirée pour que je vienne te parler, au risque de vous déranger tous.

Duo ouvre de grands yeux.

- Bah, c'est con, ça !

Isato se remet à rire.

- Comme tu dis !

- D'autant que moi, par contre, je n'ai rien d'impressionnant !

Incrédule, Isato cligne des paupières à deux reprises avant d'interroger Heero.

- Il pense vraiment ce qu'il dit, Colonel ? veut-il s'assurer.

- Hn., répond Heero, le sourire en coin.

- Carte Noire, c'est de l'histoire ancienne, jure Duo.

- On a bien compris, t'inquiète pas, le tranquillise Isato. Je ne fais pas allusion aux talents remarquables de Carte Noire, mais bien à ta mission d'agent spécial. Tu fais du très bon boulot. Je suis même certain que tu es meilleur preventer que voleur, ce qui n'est pas peu dire ! Aucun de nous n'ignore les exploits passés de Carte Noire, ce qui nous en dit long sur tes capacités. Un niveau d'excellence que doit certainement apprécier ton Colonel…

- Oui… il… je crois… merci… à toi, balbutie le natté, ému.

- Je parle en notre nom à tous, lui rappelle Isato. Pas seulement pour celles et ceux qui sont ici ce soir, mais également pour tous les autres agents spéciaux qui ont la vocation de servir et de protéger. On serait peiné que tu nous mettes dans le même sac que Yuto.

Touché au cœur, Duo lui tend la main en un geste fraternel.

- Aucun risque ! garantit-il.

Satisfait et assuré que leur message à eux tous soit bien passé, Isato serre la main de Duo un long moment avant de lâcher prise.

- Ça commence sérieusement à devenir glauque ! intervient Kimo en grimaçant.

Duo esquisse alors un grand sourire.

- Excuse-le, Isa. Mon frère, Kimo, est encore troublé de se retrouver cerné par autant de preventers, explique-t-il.

- Troublé ? relève son frère. J'ai carrément la nausée, tu veux dire !

- Kimy, soupire Duo.

- Si on m'avait dit, un jour, que tu deviendrais un poulet ! Non, un truc plus gros que pour les flics…

- J'crois qu'on a saisi l'idée, tente de l'interrompre Duo.

- Une dinde ou une volaille du genre pintade, termine pourtant Kimo. Déjà que tu t'es casé avec un… un preventer, ajoute-il comme s'il s'agissait d'un gros mot.

- Quand je pense que vous me trouvez lourd, se plaint Blake, derrière eux.

Kimo ouvre à nouveau la bouche pour reprendre la parole, lorsqu'il sent enfin le poids du regard peu amène d'Heero. Sitôt, Kimo déglutit et comprend que le Colonel ne le laissera pas exprimer plus avant un avis négatif sur la nouvelle vocation de Duo. Ses mots dépassent souvent sa pensée, mais Heero lui fait bien sentir, en silence, qu'il va devoir remédier à cette fâcheuse tendance ; ce qui éviterait, à tous, de devoir gérer les plus ou moins lourdes conséquences qui en découleraient…

- Mais… euh, bafouille Kimo. T'as… t'as l'air super doué… pour ça !

- Consacrer sa vie à une noble cause est louable, p'tit frère, prêche Duo en lui pressant la main, un court instant. Père David souhaitait que tous ses enfants trouvent leur voie. Ce qui est le cas pour toi et pour moi.

Ému, Kimo hoche la tête en souriant.

De son côté, Isato observe tout ceci avec une attention particulière, mêlée de curiosité et de respect.

Sentant venir la fin de leur échange, Isato se racle la gorge, afin de s'éclaircir la voix.

- On voit bien que vous êtes sur le départ, mais mes potes et moi, on meurt d'envie de t'entendre chanter une dernière fois pour ce soir, demande Isato en faisant aller son regard du natté au Colonel Yuy.

- C'est-à-dire que…, commence Duo, hésitant.

Il ne sait pas comment lui dire qu'il ne chante qu'en de rares occasions ; seulement lorsqu'il le ressent en son for intérieur.

- Ça dépend du titre, finit-il pourtant par accepter à moitié.

*Pourquoi pas ?* pense-t-il, sans être totalement convaincu que ce soit une bonne idée.

- N'importe quoi, du moment que tu ne nous balances pas un autre couteau à travers la pièce, plaisante-t-il. C'est juste hallucinant le talent que tu as ! Le chant, je veux dire, le taquine-t-il encore.

Non sans jeter un autre regard entendu au Colonel Yuy. Un énième sous-entendu laissant Heero de marbre, soit dit en passant !

- Ouais, articule Duo en grimaçant.

- Si seulement tu pouvais venir au Rhythm Emotion tous les week-end ! suggère-t-il, l'air de rien.

- Duo ne s'exprime par le biais du chant que pour des raisons personnelles, se permet d'intervenir Heero. C'est sacré pour lui.

- Ah, lâche platement Isato en enfonçant profondément ses mains dans les poches avant de sa veste d'uniforme. Bon et bien… je crois qu'il est temps pour moi de vous laisser. Merci d'avoir pris la peine de m'écouter, adresse-t-il à Duo.

- Merci d'être venu me parler. J'en avais peut-être plus besoin que ce que je pensais.

S'il lui adresse un clin d'œil complice et sans arrière-pensée, Isato salue ensuite les Colonels Yuy, Barton et Winner comme il se doit, avant de rejoindre ses autres frères d'armes, impatients d'entendre son récit…

Alors que tous attendent le feu vert de Duo pour partir, ce dernier demeure immobile dans l'entrée du club, l'air préoccupé.

- Il y a quelqu'un pour qui je n'ai pas encore… pour qui je ne me suis pas ouvert vraiment, confie Duo à Heero.

- Solo, déduit-il immédiatement.

- Oui. Ce soir, j'ai chanté pour toi, pour Kim' et peut-être que je dois aussi chanter pour Sol', malgré tout.

- Tu en ressens le besoin ? demande-t-il en prenant son visage en coupe entre ses mains.

Duo hoche la tête, remontant ses mains pour entourer les poignets d'Heero. Non pas qu'il veuille par ce geste inciter Heero à lâcher prise. Bien au contraire. Duo se raccroche à lui, à sa chaleur.

- Je crois bien qu'oui.

- Il mérite pas que tu chantes pour lui ! s'emporte Kimo, non loin d'eux.

Ce qui a pour effet de faire pivoter Duo vers son frère, rompant le contact visuel et physique entre Heero et lui.

- Peut-être, mais la vie est trop courte et le temps trop précieux pour que l'on s'empoisonne avec de mauvais sentiments. J'ai déjà du mal à m'en défaire totalement.

- Bah au moins, là où il est, il t'entendra pas ! maugrée son frère, un brin rancunier.

Duo le considère un instant d'un air indulgent, puis plonge à nouveau son regard dans celui de son preventer.

- C'est pour toi que j'ai le plus envie de chanter. Je chanterais pour toi toute la soirée, si je m'écoutais.

Heero lui adresse un grand sourire, les yeux pétillants de plaisir. Il n'est pas peu fier d'être au centre des attentions de son fiancé. Cependant, si magnifique soit-il, Duo ne semble plus être dans son assiette.

- Tu m'inquiètes.

- Faut pas. Je suis juste un peu bousculé par mes sentiments contradictoires vis-à-vis de Sol'. C'est un peu confus dans ma tête.

- Il mérite pas que tu l'appelles par son petit nom ! se révolte encore Kimo, en croisant les bras pour plus d'emphase.

- Tu es blême, Duo, insiste Heero en lui caressant la joue et sans faire état de la remarque de Kimo.

- Tu es là, répond Duo avec un pâle sourire.

Pour terminer de le rassurer, il pose un doux baiser dans le creux de sa main, avant de rebrousser chemin. Il remonte donc sur les planches sous les applaudissements et sifflements d'approbation des clients et agents encore présents. Le natté commence par leur jeter un regard circulaire, sans les voir vraiment, puis sélectionne le titre qui lui convient : « Pale » de Within Temptation. L'impatience générale est palpable, mais personne n'ose le presser de peur de le faire fuir.

Bientôt, la mélodie s'élève dans la grande salle comme un souffle mystique capable de suspendre le temps…

.

Le monde ne semble pas le même

Même si je sais que rien n'a changé

Tout est dû à mon état d'esprit

Je ne peux pas tout oublier

Je dois me lever pour être plus fort

.

Je dois essayer

De me libérer

Des pensées dans mon esprit

J'utilise le temps que j'ai

Je ne peux pas dire au revoir

Je dois le faire correctement

Je dois me battre

Parce que je sais qu'à la fin ça en vaut la peine

Que la douleur que je ressens s'efface doucement

Ce sera bien

.

Heero a beau être confiant, il sait que Duo aura besoin de sa force pour supporter l'épreuve à venir.

.

Je sais

Que je devrais réaliser

Que le temps est précieux

Ça en vaut la peine

Malgré mes sentiments intérieurs

Je dois croire que ça ira bien

Je dois me lever pour être plus fort

.

Je dois essayer

De me libérer

Des pensées dans mon esprit

J'utilise le temps que j'ai

Je ne peux pas dire au revoir

Je dois le faire correctement

Je dois me battre

Parce que je sais qu'à la fin ça en vaut la peine

Que la douleur que je ressens s'efface doucement

Ce sera bien

.

Cette nuit est trop longue

Je n'ai pas la force de continuer

Plus de douleur, je plane au loin

.

Dédiant les paroles suivantes à son bien-aimé, Duo réaffirme ici, si besoin est, la confiance absolue qu'il place en eux.

.

A travers la brume je vois le visage

D'un ange qui appelle mon nom

Je me souviens que tu es la raison

Pour laquelle je dois rester

.

Je dois essayer

De me libérer

Des pensées dans mon esprit

J'utilise le temps que j'ai

Je ne peux pas dire au revoir

Je dois le faire correctement

Je dois me battre

Parce que je sais qu'à la fin ça en vaut la peine

Que la douleur que je ressens s'efface doucement

Tout ira bien

.

La mélodie ne prend pas le temps de s'estomper, elle ne laisse pas le temps à ceux qui l'écoutent de remonter doucement à la surface ou de retoucher le sol…

Tout comme Duo a terminé d'enchanter l'assemblée, la musique s'arrête comme si elle clôturait là l'histoire qu'elle leur a si joliment conté.

Absolument et irrémédiablement captivé, son public reste sans voix ; à un point tel que le silence en devient vite troublant.

Embarrassant.

- Euh… je crois que j'ai jeté un froid ! lance Duo en se grattant nerveusement la tête.

- Non, du tout ! le rassure une jeune femme en se rapprochant de la scène. C'était très beau et sans doute très personnel, comme pour l'autre passage, toute à l'heure.

- C'est le cas, confirme Duo avec sérieux.

- Ce serait abusé si on te demandait de nous chanter un p'tit quelque chose d'autre qui nous remette dans une ambiance… disons plus…

- Festive ? propose Duo, un brin confus.

- Plus sexe ! ose crier l'un d'eux, depuis le fond de la salle.

Tout le monde part d'un grand rire, Duo y compris… cependant, personne ne vient objecter. Et il suffit à Duo de croiser le regard admiratif et amoureux d'Heero pour renouer avec des émotions positives, des émotions aux couleurs de l'arc-en-ciel.

- S'il y a des danseurs dans la salle, c'est le moment de briller ! annonce Duo. J'ai bien dit des danseurs, pas des gigoteurs.

Et il ne croit pas si bien dire ! Duo patiente donc que les quelques couples se partagent la piste de danse, puis entame sa dernière dédicace - « Parachute » de Cheryl Cole - ses yeux plongés dans ceux d'Heero. Celui-ci reste en retrait, mais les deux hommes peuvent encore communiquer par leurs regards soudés l'un à l'autre.

Cette mélodie-ci, d'un air de tango, est plus enjouée et promet une fin de soirée légère et vivifiante…

.

Je ne raconte à personne la façon dont tu tiens ma main

Je ne raconte à personne les choses que nous avons prévues

Je ne le dirai à personne

Je ne le dirai à personne

Ils veulent me rabaisser

Ils veulent te voir échouer

.

Je ne dirai à personne la manière dont tu fais tourner mon monde

Je ne dirai à personne que ta voix est le son que je préfère

Je ne le dirai à personne

Je ne le dirai à personne

Ils veulent nous voir échouer

Ils veulent nous voir échouer

.

Je n'ai pas besoin de parachute

Chéri, si je t'ai

Chéri, si je t'ai

Je n'ai pas besoin de parachute

Tu vas me rattraper

Tu vas me rattraper si je tombe

Bas, bas, bas

.

Je n'ai pas besoin de parachute

Chéri, si je t'ai

Chéri, si je t'ai

Je n'ai pas besoin de parachute

Tu vas me rattraper

Tu vas me rattraper si je tombe

Bas, bas, bas

.

Je ne crois pas les choses que tu t'aies dites si tard cette nuit et

Que tu es ton pire ennemi

Tu ne gagneras jamais le combat

Agrippe-toi simplement à moi

Je m'agripperai à toi

C'est toi et moi contre le reste du monde

C'est toi et moi

.

A l'écart, dans la pénombre du restaurant, Heero sourit en coin, le regard enfiévré rivé à celui que Duo ancre au sien.

.

Je n'ai pas besoin de parachute

Chéri, si je t'ai

Chéri, si je t'ai

Je n'ai pas besoin de parachute

Tu vas me rattraper

Tu vas me rattraper si je tombe

Bas, bas, bas

.

Je n'ai pas besoin de parachute

Chéri, si je t'ai

Chéri, si je t'ai

Je n'ai pas besoin de parachute

Tu vas me rattraper

Tu vas me rattraper si je tombe

Bas, bas, bas

.

Je ne cesserai d'être amoureux

Je ne cesserai de l'être

Je ne cesserai d'être amoureux

Je ne cesserai de l'être

Je ne cesserai d'être amoureux

Je ne cesserai de l'être

Je ne cesserai d'être amoureux

Je ne tomberai amoureux que de toi

.

Je ne cesserai d'être amoureux

Je ne cesserai de l'être

Je ne cesserai d'être amoureux

Je ne cesserai de l'être

Je ne cesserai d'être amoureux

Je ne cesserai de l'être

Je ne cesserai d'être amoureux

Je ne tomberai amoureux que de toi

.

Je n'ai pas besoin de parachute

Chéri, si je t'ai

Chéri, si je t'ai

Je n'ai pas besoin de parachute

Tu vas me rattraper

Tu vas me rattraper si je tombe

Bas, bas, bas

.

Je n'ai pas besoin de parachute

Chéri, si je t'ai

Chéri, si je t'ai

Je n'ai pas besoin de parachute

Tu vas me rattraper

Tu vas me rattraper si je tombe

Bas, bas, bas

.

Le public exulte, ivre de bonheur. Les applaudissements fusent, bientôt suivis de nouveaux cris et sifflements de pure euphorie.

Sans temps mort, porté par la liesse générale, Duo enchaîne sur un dernier titre : « You're mine » de Lea Michele.

.

Tu étais incertain mais j'étais si sûre

Mais je te voulais

Oui je suis puissant et un petit garçon

Mais je te voulais

Donc je te l'ai dit, je voulais que tu saches

On n'a qu'une vie à vivre

.

Et je t'ai dit tous mes rêves et peurs

Et tu m'as regardé et tes yeux étaient remplis de larmes

Et tu m'as dit ces trois mots que j'avais attendu

Tu es devenu une partie de moi, ouais

.

Tu es à moi pour la vie et je serai à tes côtés

Nous sommes liés, tu es à moi pour la vie

Serre-moi jusqu'à ce qu'on meurt, je suis à toi et tu es à moi

Je suis à toi, tu es à moi, je suis à toi, tu es à moi

.

Désormais je suis si heureux que tu aies trouvé une place pour moi

Mec, tu me voulais

En sécurité et deux cœurs battent

Mec, tu me voulais

Puis tu m'as dit que tu voulais que je sache

Que tu as laissé le passé s'en aller

.

Et je t'ai dit tous mes rêves et peurs

Et tu m'as regardé et tes yeux étaient remplis de larmes

Et tu m'as dit ces trois mots que j'avais attendu

Tu es devenu une partie de moi, ouais

.

Tu es à moi pour la vie et je serai à tes côtés

Nous sommes liés, tu es à moi pour la vie

Serre-moi jusqu'à ce qu'on meurt, je suis à toi et tu es à moi

Je suis à toi, tu es à moi, je suis à toi, tu es à moi

.

Je suis à toi, tu es à moi, je suis à toi, tu es à moi

.

Je suis à toi, tu es à moi, je suis à toi, tu es à moi

.

- Max-well ! Max-well ! Max-well ! scandent inlassablement les clients.

Bien que flatté, Duo tique en songeant que cela sonne un peu trop comme son ancienne et fausse identité « Max Well ». Et il grimace franchement lorsqu'il aperçoit l'air narquois de Blake à qui cette homophonie n'a pas échappé.

- Misère ! marmonne Duo.

- Max-well ! Max-well ! Max-well ! continuent-ils de l'acclamer.

- Cette fois-ci, c'était la dernière ! lance-t-il d'une voix forte, couvrant à peine celles du public. Bonne nuit à tous et au plaisir, les gars !

Il doit d'abord fendre la foule s'amassant autour de lui afin de le remercier chaleureusement – voire même, afin de toucher leur idole - pour s'empresser de rejoindre son preventer, qui le couve d'un regard de propriétaire. Parvenu à sa hauteur, Duo embrasse chastement son compagnon, lequel lui répond en approfondissant leur baiser.

- J'avais raison, fanfaronne discrètement Heero en le gardant prisonnier de ses bras. Ils t'apprécient et si ce n'était pas le cas, je crois que tu les auras tous mis dans ta poche en une soirée mémorable.

- C'est dans ta poche que je veux vivre des instants mémorables, rectifie-t-il d'un air coquin.

N'ayant pas l'intention de le contredire sur ce point, Heero lui rend volontiers son sourire.

- Crois-moi, le déroulement de cette soirée va faire le tour des agences. Tu en entendras parler longtemps. Tu disais quoi déjà ? fait-il mine de chercher. Ah, oui ! Toi et moi contre le reste du monde. Voilà de quoi les rassurer ! Ça et ton lancer de couteau.

Duo se met à rire, enfouissant son visage dans le creux de son cou afin d'y respirer son odeur.

- Tu ne m'en veux pas trop… pour l'histoire du couteau ? s'enquiert-il, se réfugiant dans sa chaleur.

- Tu n'aurais pas eu l'occasion de le brandir, si je n'avais pas été d'accord, lui rappelle-t-il.

- Si tu n'avais pas été d'accord, répète-t-il, ne sachant pas trop comment le prendre.

Heero resserre son étreinte, si c'est encore possible, nichant son nez dans ses cheveux.

- Si je n'avais pas foi en toi, rajuste-t-il son propos, sentant Duo fondre à nouveau dans ses bras et se remplir de l'odeur de sa peau.

Leurs amis et collègues discutent gaiement autour d'eux, mais Kimo ne participe pas à leur conversation décousue. Il n'entend rien ou presque de son contenu, tant il est accaparé par son frère. Son hors-la-loi de frère et le drôle de couple qu'il forme avec un Colonel de l'Organisation Preventers. Shunichi, lui, tient fermement son compagnon par la main, s'intégrant au groupe comme s'il les connaissait depuis un bail…

Peu après, tous se réunissent une dernière fois sur la place de l'Endless Waltz. Sous les regards attendris des agents, les deux frères se disent au revoir en une longue étreinte pleine de tendresse et se promettent de se revoir bientôt.

Mais pour l'heure, Heero commence sérieusement à montrer des signes d'impatience que seul Duo peut voir et reconnaître. Il les sent sur son corps par les pressions qu'Heero y exerce discrètement et grâce au lien spirituel qui les unit l'un à l'autre.

- Je suis d'avis qu'on remette ça et souvent, s'enthousiasme Antoine, avant de bailler à s'en décrocher la mâchoire.

Marc lâche alors sa main pour venir glisser un bras dans son dos et le serrer contre lui.

- Grave ! renchérit Blake en tenant fièrement Nanako par la taille.

- Faudra que tu nous dises dans quel domaine tu n'excelles pas, Duo, suggère Alec. Qu'on sache à quoi s'en tenir.

Tout le monde tombe d'accord, lorsqu'inopinément, Kimo se permet d'intervenir.

- Mmm… obéir aux ordres, lâche-t-il. Et il n'écoute pas plus les recommandations ! ajoute-t-il sous le coup de l'inspiration. Je veux bien croire que mon frère se soit rangé par amour et se soit abonné aux concessions, mais y a des limites !

Interdit, Duo ne trouve rien à dire pour sa défense pendant que tous se laissent aller à leur hilarité. Ce n'est pas tant le discours de Kimo qui prête à rire, pas à ce point, mais plutôt les tensions nerveuses accumulées ces derniers mois et qui se sont évacuées par vagues tout au long de cette soirée. Aussi, tous sont soulagés de voir l'osmose des deux frères Maxwell se rétablir avec les automatismes d'antan. Heero et Trowa veilleront simplement à ce que certains d'entre eux – illégaux - ne soient plus jamais à l'ordre du jour.

- Ouais, bah, bafouille Duo. Il est tard, on doit y aller…

- Quoi ? s'étonne Alec. Ne me dis pas que tu es embarrassé. Pas toi, le mec qui nous a mis la misère !

- Vous n'en êtes pas traumatisés pour autant !

- Ça se discute, le taquine Marc.

- Certes, admet Duo. J'ai eu besoin de quelques jours pour m'acclimater, minimise-t-il en détournant le regard.

- Cela nous a semblé durer une éternité, figure-toi ! souligne Alec.

- Et bien, tu sais ce qu'on dit : plus c'est long, plus c'est bon !

La polysémie de cette expression n'échappe à personne et le silence qui suit ses mots ne fait que donner davantage de relief à son aspect érotique.

- J'suis bien d'accord ! décrète Blake, d'un air qu'il veut naïf.

- Blaaake ! râlent certains de ses collègues.

- Quoi, encore ?

- Ça t'amuse de jouer les idiots ? s'enquiert Marc.

- C'est un moyen de contrôle qui peut s'avérer efficace, révèle Quatre. Mais à court terme, seulement. A moins d'être très doué.

- Blake ne peut pas dissimuler bien longtemps l'intelligence qui brille dans son regard, confie Antoine.

- Et on peut savoir depuis quand tu analyses ses yeux ? veut savoir Marc, les sourcils froncés par l'irritation qu'il sent poindre en lui.

- Ouais, on peut savoir ? renchérit Blake.

Antoine soupire.

- Nana, je te laisse Blake en l'état, ne m'en veut pas. Je dois gérer la jalousie de Monsieur.

- Il est temps pour nous de vous quitter, intervient Heero. Ce fut une belle soirée.

- Déjà ? se plaint Kimo. Je veux dire… On pourrait peut-être prolonger la soirée chez l'un, ou chez l'autre ?

- Pas ce soir, p'tit frère, décline Duo avec douceur. Une autre fois, sûr.

Comme à son habitude, Kimo va pour insister lorsqu'il sent le poids du regard du Colonel Yuy peser sur lui. Un regard bleu de Prusse profond et indéchiffrable qui se fixe sur sa personne plus souvent qu'il ne le souhaiterait.

- Okay, je comprends, se ravise finalement Kimo, tout en luttant pour ne pas se dandiner.

- Vous n'avez qu'à échanger vos numéros et conviendrez plus tard d'un rendez-vous… chez l'un ou chez l'autre, autorise Heero en reprenant les mots de Kimo sur un ton comminatoire.

Une manière de l'avertir sans tergiverser qu'il n'aura jamais droit à l'erreur. Seulement, Kimo sourit d'une oreille à l'autre, nullement inquiété par l'avertissement à peine voilé du colonel. De son côté, Duo écarquille les yeux sous l'effet de la surprise. Il n'imaginait pas que les événements prendraient cette tournure et qu'ils finiraient même par s'accélérer. Il n'a pas le temps de consulter du regard son fiancé que Kimo lui brandit un bout de papier sous le nez.

- Tiens, je t'ai mis mon portable, celui de Sun et de la boulangerie et si tu n'arrives pas à me joindre, je t'ai mis le numéro de sa sœur, explique-t-il d'une traite.

Duo se met à rire.

- Je crois que j'arriverai à te joindre sur ton portable, prédit-il en parcourant brièvement la liste des numéros.

Sans toutefois se saisir du morceau de papier, toujours tendu par son frère.

- Tu… tu ne veux pas le prendre ? panique Kimo.

- Prendre quoi ? l'interroge sincèrement Duo.

- Bah, mes coordonnées…

- Je viens de le faire, p'tit frère ! J'ai développé une bonne mémoire des chiffres.

- Des codes secrets, tu veux dire ? le taquine Alec.

Peu importe pour Kimo, du moment que son frère ne le rejette pas.

- Voici le mien et celui de la maison, lui explique Duo en les inscrivant à la suite de ceux de Kimo.

Lequel tient fermement le bout de papier comme s'il détenait le Saint Graal.

- Cool ! se réjouit-il. T'appelles quand tu veux.

Heero s'apprête à imposer ses conditions, lorsque Duo le prend de vitesse.

- Non, Kim'. J'appellerai à une heure décente pour Sun et toi. Et je te demanderai de bien vouloir me rendre la pareille.

Trop heureux de pouvoir revoir son frère et d'avoir sa ligne directe, Kimo hoche vigoureusement la tête.

- Sun, continue de bien prendre soin de lui, tu veux ? demande Duo.

- Tu peux compter sur moi, lui garantit Shunichi.

- Kimy, sois sage, lui recommande le natté.

- Ouais, t'inquiète !

- Je suis très sérieux, Kim'.

- J'te jure que j'me tiens à carreaux, maintenant. Hein, Trowa ?

- A voir dans le temps.

Face à la prudence de son agent de probation, Kimo se rembrunit.

- Hey ! C'est son travail de te mettre la pression, lui rappelle Duo. Sun te fait planer, il faut bien que quelqu'un te ramène à la réalité, de temps à autres.

- On se revoit bientôt ? réclame plutôt Kimo, pas certain d'adhérer à cette théorie.

Oui, il plane. Non, il ne croit pas nécessaire d'être ramené à la réalité d'un et par un preventer.

- Promis.

- Genre, avant la fin du mois ? négocie-t-il, tout en jetant un coup d'œil au Colonel Yuy.

- Genre, en fin de semaine prochaine ? Je voudrais te présenter les enfants, si 'ro n'y voit pas d'inconvénient.

- Aucun, approuve celui-ci.

Kimo retrouve alors son large sourire.

- Cool ! se réjouit-il.

Heero, se laissant aller à démontrer son impatience grandissante à rentrer chez eux, dépose un doux baiser dans le cou de Duo. Un seul et unique baiser, mais au caractère si intime qu'il semble donner le signal que tous attendaient, peut-être de façon inconsciente. Conséquemment, chacun se décide enfin à regagner son foyer, l'esprit tranquille, rendant à la place de l'Endless Waltz sa quiétude chérie…

- Tu m'impressionnes, avoue Heero, tout en manœuvrant pour sortir du parking.

- Moi aussi, figure-toi !

- Tu protèges nos vies à tous.

Pensif, Duo fixe longuement son compagnon…

- Est-ce ainsi que tu le ressens ? finit-il par s'enquérir, bercé par la conduite d'Heero.

- N'agis-tu pas en ce sens ?

- Si… bien sûr.

- Mais ?

- Mais rien, je t'aime, voilà tout ! conclut précipitamment le natté, rougissant quelque peu.

Radieux, les deux hommes échangent un tendre sourire.

- Tu dois rouler prudemment, se désole Duo d'un air ennuyé.

Le sourire d'Heero s'élargit, puis il se met à rire aux éclats.

- J'ai envie de toi et ça te fait marrer ! se plaint le natté.

- Nous serons chez nous dans moins de cinq minutes, le renseigne-t-il, tout en s'engageant sur une grande route du centre-ville, quasi déserte à cette heure-ci de la nuit.

- Tu es plus précis, d'habitude, le taquine Duo.

Le regard d'Heero, assombri par le désir torride qu'il contient admirablement depuis des heures, fait frissonner Duo de ses orteils à la racine de ses cheveux…

En plein cœur de leur maison,

idéalement implantée au bord du Wando…

Alors qu'ils font l'amour depuis déjà de longues, divines et interminables minutes, Heero décide de changer leur position, une fois de plus. D'une traction, douce mais autoritaire, il fait assoir Duo sur ses cuisses tout en demeurant en lui.

Aussitôt, le dénatté est pris de frénésie. Il ondule et se presse contre son amant, tous deux partageant leurs souffles saccadés, leurs peaux humides se heurtant au rythme de leurs va-et-vient…

Mais bientôt, Duo commence à fatiguer. Cela, malgré le désir qui le consume et celui d'Heero qui le transporte…

Sentant son compagnon ralentir la cadence, Heero passe un bras sous l'un de ses genoux. L'angle de pénétration ainsi modifié, elle se fait plus profonde que jamais ; le sexe d'Heero parfaitement et entièrement recouvert par l'antre brûlant et délicieusement étroit de son amant.

Électrisé, exalté, Duo redouble d'efforts et propulse son bassin contre le sien, agrippant sans douceur les courts cheveux bruns d'Heero. Le souffle erratique, dans un ultime effort, Duo se libère entre eux, une nouvelle fois…

Les muscles tétanisés, Duo s'écroule sur son amant, lequel ne s'est toujours pas rendu. Duo le sent en lui, dur, très dur, palpitant et avide, prêt à prolonger leur étreinte…

- Mon amour, parvient à articuler Duo, de son souffle chaud, sous son oreille. Mhmm !

Heero se retire en douceur, avant d'allonger son homme à plat ventre sur le lit où ils ont fini par atterrir. Malgré la fatigue qui menace de l'emporter et qu'il se soit déjà libéré plus d'une fois, Duo l'invite à renouveler leur étreinte, à jouir enfin en lui.

- J'ai besoin… de te sentir en moi, assure-t-il, agonisant de ne pas avoir accueilli et recueilli la libération de son compagnon. Heero !

Galvanisé par ses mots et son désir, Heero le pénètre à nouveau jusqu'à ce que son membre disparaisse complètement. Ses mains fermement positionnées de part et d'autre des hanches de Duo et surélevant son bassin, Heero sécurise sa nouvelle approche, puis reprend son puissant va-et-vient. Inlassablement, il se meut en lui avec cette même ardeur, cette même constance extraordinaire qui fait craindre à Duo de perdre la raison tant la volupté générée est prodigieuse.

Phénoménale.

Et alors que Duo mord son oreiller, griffant l'air et s'agrippant aux draps froissés sous lui, Heero s'enfonce profondément en poussant de plus en plus fort et de plus en plus vite…

Le son de sa voix en partie étouffé, Duo finit par se libérer du tissu et crier le nom de son amant, tandis qu'une autre jouissance prostatique vient le saisir, le faisant se contracter fortement autour d'Heero. Heero qui, bien que gémissant de plaisir, tient bon et continue de lui faire l'amour, quitte à l'amener au bord de la folie… lui y compris.

Hurlant son extase à s'en briser les cordes vocales, Duo continue de se tordre sous l'homme de sa vie, n'ayant plus d'autre raison d'être que de lui appartenir…

Bientôt et sous les suppliques lascives de son fiancé, Heero se sent enfin sur le point de venir. Cueilli par l'ultime orgasme prostatique de Duo, Heero jouit puissamment en un long râle d'assouvissement…

Duo, enfin, gémit de délectation à sentir Heero se répandre longuement et abondamment en lui. Le gardant prisonnier, pris dans l'étau brûlant de ses spasmes à répétition, Duo presse le sexe de son homme jusqu'à ce que la dernière goutte de nectar se soit déversé en son intimité.

A bout de force et de souffle, Heero finit par se laisser tomber sur Duo.

- Je t'aime, arrive à murmurer Heero, sa bouche tout contre la nuque de son amant.

Béat, Duo bafouille d'abord quelques paroles inintelligibles, avant de parvenir à sortir des sons plus ou moins audibles.

- Co… collision, promet-il en un mot de ne plus jamais le provoquer.

Au bord de l'évanouissement, le dénatté n'est plus en mesure d'esquisser le moindre mouvement. En revanche, Heero parvient encore à émettre un léger rire. Se faisant, il provoque de violents frissons, chez l'un comme chez l'autre et ressent la nécessité impérieuse de se retirer ; ce qu'il fait précautionneusement, avant de s'étendre sur le dos à côté de Duo.

Repus, déconnectés de la réalité, les deux hommes s'abandonnent à la sensation de plénitude incomparable les submergeant et les emportant sans délais dans l'inconscient d'un sommeil sans rêve…

À suivre…

Note de fin : Un chapitre important : celui des retrouvailles des deux frères Maxwell. Dès lors, Duo et Kimo vont pouvoir s'épanouir complètement et renouer sur des bases nouvelles et positives. Quoiqu'il manque encore un petit quelque chose… et pas des moindres !

Également, Duo se sent enfin pleinement accueilli, accepté et intégré au sein de l'Organisation. Non pas par sa nomination, ou par le fait de détenir une plaque d'agent spécial, mais par une écrasante majorité de ses membres représentée par Isato Yamori. Si son entourage n'a aucun doute à ce sujet, Duo devait encore en être assuré par une personne - un agent preventer – extérieur à son cercle d'intime.

Kat'anna : merci encore pour tes reviews, de prendre ce temps d'écriture, toi aussi, pour me livrer ton ressenti. C'est merveilleux de recevoir pareil retour, alors vraiment : Merci du fond du cœur ! C'est si encourageant, si motivant… Je ne peux que t'inviter à lire l'Épisode Zéro (mon manga GW préféré) et bien sûr, à te plonger dans l'anime, sans oublier l'Endless Waltz. A ce propos, ça fait un bail que je n'ai pas revu les épisodes…

Dans ta review du chap 14, je suis bien d'accord avec toi : c'est une erreur de sous-estimer Quatre et Duo. Les personnes les plus sensibles, si elles tournent mal, si leur douleur est trop intense, insupportable… peuvent se révéler redoutables, voire implacables.

Quant à adapter Carte Noire en série TV ou même en manga… Attends, laisse-moi rêver encore un peu… voilà, c'est fait ! lol C'est trop d'honneur, merci !

Entre Heero et Duo, je crois au final que leur plus belle déclaration d'amour est la confiance qu'il place l'un en l'autre, tout en préservant leur liberté d'être ; j'aime cette idée en tout cas.

Tu soulèves un point important que je n'ai effectivement pas pris la peine d'expliquer dans mon récit, car il me semble naturel que Duo reste fidèle à lui-même ; tant dans sa façon d'être que physiquement. Il y a sa coiffure, bien sûr, mais également son regard, son allure, son aura… Cela dit, j'aurais dû l'exprimer clairement. Je pense que cela vient du fait que j'ai lu le fameux « Episode Zéro » qui nous présente l'enfance de nos G-boys. Leurs traits d'adulte sont certes plus affinés, affirmés, mais on les reconnaît sans le moindre doute.

Misaki : merci pour ta review et de me suivre jusqu'au bout… La confrontation Duo / Solo aura bien lieu ; elle est vitale à Carte Noire et je me doute que certains d'entre vous l'attendent avec impatience. J'espère donc que vous ne serez pas déçus…

Prenez soin de vous et…

à la semaine prochaine !

Kisu

Yuy