Il était une fois dans un petit village tranquille, une jeune hérissonne d'une beauté inimaginable. Sa peau était pure comme l'ivoire, ses cheveux d'or bouclés, ses yeux, mon dieu quels yeux, des yeux aussi verts que la plus verte des émeraudes. Elle s'appelait Stella, la plus belle de toutes les étoiles de l'univers. D'une grâce et d'une bonté surpassant la beauté de son visage, quiconque la voyait ne pouvait s'empêcher de l'aimer. Elle possédait sans doute la plus belle voix que l'on ait jamais entendue. Quand elle chantait en entretenant son jardin, tous les passants s'arrêtaient pour l'écouter. Elle remerciait ensuite son auditoire en leur proposant de magnifiques fleurs pour embaumer leurs maisons de leur parfum. Comparé à ce que nous pouvons croire, ce n'était pas une princesse mais une simple jeune fille. Elle vivait dans une ravissante petite maison avec ses parents. Sa mère Rebecca était une hérissonne rouge aux yeux jaunes et les cheveux rouges coupés au carré. Son père Cyril, un hérisson vert aux yeux bleus. Ils l'aimaient depuis le jour où sa mère eut la joie de voir apparaître le signe positif sur un test de grossesse. Dès ses premiers pas, elle vécut une vie banale de petite fille. Une famille aimante, des rêves de découvertes et d'aventures, un sourire et une joie qui ne s'éteignaient jamais. Elle avait maintenant 16 ans, l'âge magnifique et idéale pour trouver l'amour, un de ses plus grands rêves depuis que ses parents lui lisaient des histoires pour la guider dans son sommeil. Mais l'avenir pourrait bien lui faire découvrir que l'amour auquel certains parents destinent leurs enfants est souvent bien différent de celui dont elle rêve chaque nuit. Ils la réservaient à Edward, un cousin germain deux fois plus âgé que la belle Stella. C'est comme ça qu'une histoire d'amour doit se dérouler selon eux. C'était un chat d'une teinte blond platine aux yeux violets fort beau que Stella n'avait vu que deux ou trois fois dans sa vie à différents événements style enterrements, fêtes ou anniversaires. La dernière fois remonte à son cinquième anniversaire. Malgré son jeune âge à cet époque, elle a tout de suite attiré son regard. Il demanda alors à ses parents de recevoir chaque année, des photos de la jeune fille le jour de son anniversaire. Plus elle grandissait, plus il l'aimait jusqu'à en tomber amoureux. Lorsqu'elle fut en âge de se marier, il fit cette proposition à ses parents. Pourquoi ne pas l'épouser et la rendre heureuse ? Même s'il y a une grande différence d'âge, ça ne la gênera pas longtemps. Après avoir bien réfléchi, les parents acceptèrent sa demande en lui promettant la main de leur fille avant le début de l'été. Ils attendirent que l'hiver passe pour annoncer la nouvelle à leur fille, la pire de sa vie. Ce soir-là alors qu'elle lisait dans sa chambre, ses parents montèrent la voir.
"- Chérie. Ton père et moi voulons te parler.
- Ah oui de quoi ?
- Descendons plutôt dans la salle à manger. Nous serons mieux pour discuter."
Ils descendirent donc s'asseoir autour de la table au rez-de-chaussée.
"- Et bien nous avons une excellente nouvelle à t'annoncer, commença Cyril.
- Vois-tu tu as 16 ans. Tu deviens une jeune femme et il sera bientôt temps de te trouver un mari pour fonder une famille.
- Oui j'en doute et j'espère pouvoir...
- Ne dis rien. Ne t'inquiète pas tu le seras bientôt.
- Heu...c'est à dire ?
- Ton cousin Edward nous a demandé ta main, annonça son père. Tu seras donc mariée avant l'été prochain."
La surprise fut totale pour la jeune fille.
"- Mon cousin Edward ? Le chat blond qui était venu pour mes 5 ans ?
- Exact, confirma sa mère. Bien qu'il ait 16 ans de plus que toi, il a de l'expérience de couple. Sa femme est décédée il y a un an suite à un cancer du sein précoce. Nous n'avions pas pu aller à son enterrement ce jour-là à cause de notre sortie dans la forêt. Mais rassure-toi, il y a des tas de couples avec une grande différence d'âge qui le supportent très bien.
- Là n'est pas le problème. C'est juste que je n'éprouve rien pour lui.
- L'amour viendra avec le temps, peut-être même quand tu le verras.
- Je veux dire toi et papa vous vous êtes mariés parce que vous vous aimiez, pas parce ce qu'on vous l'a imposé.
- Sois plus claire ma fille, nous ne te suivons pas, demanda son père.
- Et bien vous n'avez pas le droit de me forcer à épouser quelqu'un que je connais à peine. J'ai tout à fait le droit de choisir mon futur mari."
Furieux d'entendre de tels propos, Cyril tapa du poing sur la table. Dans sa colère, il s'était levé en repoussant sa chaise.
"- Écoute-moi mademoiselle ! Nous t'avons trouvé un mari idéal qui saura te rendre heureuse comme il l'a fait avec sa défunte femme pendant 11 ans et qui t'aime depuis longtemps ! Tu vas donc nous faire le plaisir d'obéir !
- Chéri tu n'es pas obligé d'utiliser la violence verbale !
- Comment ça ? Nous lui donnons la chance de se marier et voilà comment nous sommes remerciés !
- Écoute ma chérie. C'est pour ton bien, crois-moi tu seras heureuse avec lui."
La hérissonne leva les yeux et les bras au ciel en répondant par un soupir de déception. Sa tête se cacha entre ses bras, appuyés sur la table. Ses boucles d'or tombèrent en avant, recouvrant son buste.
"Et n'essaye pas de nous faire changer d'avis en faisant ta mauvaise tête, ordonna le père ! Ce ne sont pas des manières pour une jeune fille !"
Stella repoussa ses cheveux d'un geste brusque de tête, bondissant de sa chaise repoussée. Son visage grimaçait de colère.
"- J'imagine qu'une jeune fille n'a pas le droit de connaître l'amour par elle-même !
- Une jeune fille ne hausse pas le ton devant ses parents, rétorqua Cyril !
- Au diable les bonnes manières de jeune fille ! J'ai le droit de choisir qui partagera ma vie et me rendra heureuse !"
Rebecca s'énerva à son tour en repoussant sa chaise. L'attitude actuelle de sa fille est particulièrement déplorable. Ce n'est pas comme ça qu'elle a été élevée.
"- Stella ça suffit maintenant ! Tu vas obéir et nous faire le plaisir de l'épouser !
- Mais c'est injuste ! Pourquoi ?
- Parce que nous savons ce qu'il y a de mieux pour toi, répondit son père !"
Vexée, Stella poussa un grand cri de colère, bien décidée à faire entendre son désarroi.
"Et ce n'est pas le moment de faire ta crise d'adolescence !"
Hurlant de plus belle, la jeune fille pivota sur elle-même en envoyant son pied heurter la bibliothèque à côté de la table. Elle devait avoir beaucoup de force car le meuble valsa sur le côté. Une armoire se fit emporter sous la violence du choc, la porte vitrée, remplie de vaisselle. Les livres se répandirent sur le sol. Quant à la vaisselle, elle se brisa dans un concert de porcelaine cassée. Les parents restèrent bouche bée, laissant leur fille regagner sa chambre dans une colère noire. Ils restèrent plantés comme deux piquets pendant quelques secondes avant de se poster en bas de l'escalier.
"- Jeune fille descends tout de suite, ordonna Cyril !
- Tu as deux secondes pour descendre nous présenter tes excuses et ramasser tout ce que tu as renversé !"
Pour toute réponse, la hérissonne se tourna vers eux et leur fit passer l'envie de lui faire des menaces.
"JE VOUS ENTERRERAI TOUS ET J'IRAI DANSER SUR VOS TOMBES !"
D'un coup sec, sa porte claqua et se fit verrouiller de l'intérieur. Toute la maison en fut ébranlée. Des cadres du salon se brisèrent en se détachant des murs. Par miracle sans doute, ses parents ne montèrent pas.
"- Je vais prévenir Edward qu'elle va y réfléchir et qu'elle a du caractère comme sa défunte femme, décida Rebecca.
- Bonne idée. Et on rangera ce bazar, ça nous occupera."
Bien leur en pris de ne pas monter, car Stella était en train d'évacuer toute sa rage. Elle renversait tous ses meubles en prenant soin de répandre leurs contenus sur le sol. Elle fit apparaître comme par magie un énorme marteau rouge dans ses mains. Cette arme redoutable lui servit à casser chaque meuble et chaque objet dans sa chambre.
"TU L'ÉPOUSERAS PARCE QUE NOUS SAVONS CE QU'IL Y A DE MIEUX POUR TOI TU PARLES!"
Bientôt sa colère l'épuisa. Lâchant son marteau, elle se laissa tomber sur ce qui restait de son lit en soupirant.
"C'est lourd d'être une fille."
Son regard fixa le sol. Ses yeux s'arrêtèrent sur un cadre contenant une photo d'elle et de ses parents. Elle le ramassa, agenouillée sur son matelas, contemplant la photo. En une fraction de secondes, son bras fendit l'espace en direction du mur du fond. L'objet vola sur plusieurs mètres. Le bruit du cadre brisé retentit dans la pièce. La photo tomba sur le sol, recouverte d'une plaque de verre brisée. Le regard de la hérissonne se porta cette fois sur la commode abîmée par son marteau. Elle se leva et souleva un tiroir renversé. Du matériel de couture apparut. Elle prit une paire de ciseaux et des albums photos hors des décombres de sa chambre saccagée. Elle s'assit sur son matelas pour être à l'aise. Les pages furent dépouillées de leurs photos. A l'aide des ciseaux, elle découpa chaque image en morceaux. Une pile de morceaux de photos se forma bientôt, comme plusieurs puzzles mélangés. Épuisée par son découpage, elle s'endormit.
