Hello :D Voici le second chapitre !

A partir de la fin de ce chapitre, les choses commencent à différer de la précédente version ;)

Bonne lecture !


SANDOR


La « nordienne », n'était pas réapparue du reste de la soirée, il supposait qu'elle était originaire d'ici au vu de son physique très reconnaissable. D'un autre côté, vu l'état dans lequel il avait finit, il aurait pu tout aussi bien la croiser qu'il ne l'aurait même pas vue. De toute façon il n'en avait rien à foutre d'elle, et de son comportement étrange qui la faisait paraître complètement folle.

Seulement, il n'arrivait pas à oublier ce qu'y était arrivé la veille, son regard quand elle l'avait dévisagé, sans sourciller comme si elle n'avait pas peur. Ce qui ne pouvait être vrai, son visage effrayait tout le monde, les dégoûtait et puis il ne faisait pas grand chose pour les rassurer. De toute façon, il n'en avait pas envie. Tout ce qui lui permettait de se sentir en vie c'était de tuer. Comme le chien qu'il était.

Seulement dès qu'il ne réfléchissait plus, le visage de la femme lui revenait en mémoire. « La louve » comme elle s'était nommée elle-même. Était-ce son vrai nom ? Se moquait-elle de lui ? Il l'ignorait. Il grogna, se trouvant passablement ridicule de se prendre la tête sur quelque chose d'aussi inutile. Il ne la reverrait probablement jamais de toute façon.

Le prince Joffrey paradait à côté de lui. Tellement ridicule, il n'était même pas un homme qu'il se prenait déjà pour un Dieu. Si ça n'avait tenu qu'à lui, il lui aurait déjà raccourcis sa tête juvénile mais, en échange de son travail de « garde du corps » il pouvait étancher sa soif de sang et d'alcool.

Une des filles Stark se présenta au prince, la rousse, Sansa, lui semblait-il. Elle aussi puait l'été à plein nez, elle ne rêvait que de chevaliers et de princes charmants. Affligeant. Elle ne pouvait même pas le regarder sans détourner les yeux avec un petit air gênée qui l'horripilait. Il avait beau feindre l'insensibilité mais il devait bien reconnaître que cela l'énervait au plus au point. Mais, soudain, alors que la foule n'était qu'un vague fouillis sans intérêt en arrière plan, une silhouette se détacha nettement. Il n'eut pas besoin de se retourner pour savoir que c'était elle. Il la vit passer à quelques pas d'eux, sans les voir. Il la suivit du regard comme hypnotisé et c'est sans un mot qu'il partit à sa suite.

Il la suivit sans vraiment réfléchir aux conséquences. Elle dégageait quelque chose d'hypnotique qu'il ne savait expliquer. Pourtant... Il n'était pas le genre d'hommes à s'enticher au premier regard ni même à s'enticher tout court. Mais il devait bien reconnaître qu'elle l' en la suivant, il finit par remarquer qu'ils étaient sortis de l'enceinte du château et qu'elle n'était pas seule. A côté d'elle marchait la deuxième fille Stark, la plus jeune, il ne se souvenait plus de son nom mais il savait que c'était elle car il l'avait vu lancer de la nourriture sur sa sœur aîné. Il devait bien avouer qu'elle l'avait bien fait rire cette gamine.

Elles marchèrent encore quelques minutes puis une fois entrées dans la forêt qui longeait les remparts, elles se mirent en garde. Sandor resta un instant interdit, que comptaient-elles faire ? La plus jeune tenait une épée qui faisait quasiment sa taille et l'autre portait une épée bâtarde. Toutes les deux entrèrent dans un ballet mortel qui figea le limier. La fillette Stark se démenait comme elle pouvait, donnant tout ce qu'elle avait. Mais c'était peine perdue. L'autre, la louve, car oui à ce moment là elle ressemblait à une louve, enchaînait ses coups comme si son épée n'avait été qu'une extension d'elle-même. Tout ses gestes étaient souples et précis, sans faille, elle se mouvait comme un animal qui aurait appris à contrôler sa rage bestial pour en faire une arme froide et imparable.

Sandor ne comprenait pas, il n'avait jamais vu quelqu'un se battre ainsi et encore moins une femme ! Il restait totalement figé. Il la regardait, ne regardait qu'elle. Chacun de ses gestes la faisaient ressembler un peu plus à un fauve prêt à tuer. Il n'aurait su décrire l'effet que lui faisait ses longs cheveux noirs voletant autour d'elle comme une auréole de mort, ni ses yeux bleus foncés presque noir qui malgré l'effort restaient amusés et comme... heureux ? Ses courbes étaient élancées, sa taille haute et ses seins perçaient à peine dans sa tenue faites en cuirs noirs qui pourtant la moulait pour rendre chacun de ses mouvements plus rapide.

Malheureusement, de là où il était, il ne pouvait mieux voir son regard mais ce qu'il voyait le contentait. Il venait de voir quelque chose qu'il avait toujours pensé impossible : quelqu'un de libre et sauvage dans leur monde fait de règles sans sens.

Mais, soudain, la plus âgée des deux rompit le combat malgré les protestations de la deuxième. Il l'entendit expliquer :

« J'aimerais parler avec celui qui nous observe depuis un moment, déclara la louve avec un regard dès plus amusée à son intention. »

La plus jeune se retourna vivement totalement surprise. Sandor comprit qu'il était découvert, même si apparemment, il n'avait jamais était vraiment caché.

« Le limier ? S'étonna la plus jeune avec un air de dédain peint sur son visage mais aussi un mélange de méfiance.

_ Arya, retourne au château, demanda la louve avec autorité.

_ Mais...

_ Allez ne discutes pas, et ne t'inquiètes pas, ce n'est pas lui qui me fera du mal, ajouta-t-elle avec un léger rire qui ne manqua pas de le vexer. »

Arya ne semblait pas persuadée par les dire de la louve mais après un dernier regard menaçant à son adresse elle partit en direction du château.

« Alors Clegane, on espionne les jeunes femmes maintenant ? Ironisa t-elle en s'approchant de lui sans hésiter.

_ Ce n'est pas interdit que je sache, répliqua-t-il en ne comptant pas s'excuser pour son comportement.

_ Non, mais c'est très mal élevé, répliqua la louve avec amusement.

_ J'en ai rien à foutre. »

Elle se tenait maintenant juste devant lui, il devait baisser la tête pour pouvoir la regarder dans les yeux mais ainsi il pu la voir de plus près. Elle avait un visage fin, sa bouche semblait être toujours entrain de sourire avec espièglerie tout comme ses yeux bleus. Elle avait une peau très blanche qui contrastait avec la couleur noir de ses cheveux, et ceux-ci reposaient en boucles folles sur ses épaules. Il se perdit un instant dans sa contemplation, heureusement elle ne le remarqua pas ou fit très bien semblant de ne pas le voir. Elle ne pouvait pas être une autre bâtarde de Eddard Stark, mais alors qui était-elle?

« J'espère au moins que le spectacle vous plaît ? Demanda t-elle en le provoquant ouvertement.

_ Disons que c'est correct, répondit-il avec un air dédaigneux et railleur. Déjà vu mieux.

_ Correct ? Répéta Leana tandis que ses pupilles prenaient une étrange couleur dorée. »

Soudain elle parut tel un loup, prête à bondir pour lui arracher la gorge. Elle se rapprocha encore plus de lui, jusqu'à ce que leurs corps se touchent sans jamais le quitter du regard. Il en oublia momentanément sa cicatrice, tellement elle semblait ne pas la remarquer non plus.

« Je pense que ce genre de remarque doivent se régler à l'épée, déclara-t-elle, voulez-vous m'affronter ?

_ Je pourrais te blesser, je ne me retiendrai pas contre une femme, la provoqua-t-il.

_ J'espère bien, répliqua Leana, mais je pense que de nous deux, celui qui risque le plus c'est vous. Tout le monde sait qu'il ne faut pas s'attaquer à une louve... »

Sandor se noyait littéralement dans ses yeux, sa voix lui paraissait telle une promesse de liberté tandis qu'elle le regardait avec ses pupilles de fauve et son petit sourire qui l'invitait à franchir les limites plus sûrement que des mots. Elle le provoquait allègrement et il avait envie de répondre à sa bravade même si une part de lui tentait de juguler ses pulsions violentes dans la peur inavouée de faire fuire cette étrange louve.

Soudain, comme poussé par une impulsion irrésistible, il saisit sa nuque dans une de ses grandes mains calleuses et la pressa violemment contre lui avant de sceller leurs lèvres dans un baiser fougueux et passionné. La louve sembla surprise par son acte, tout comme lui, mais elle ne chercha pas à échapper à sa prise, se fondant même encore plus dans leur embrassade agressive. Il la sentit poser doucement ses mains sur ses joues, la droite sur celle normale et la gauche sur celle brûlée. Il tressaillit brusquement à ce contact inhabituel, il utilisa sa main libre pour attraper le poignet gauche de la louve avant de l'écarter brusquement de son visage. Il l'entendit grogner de mécontentement mais il l'ignora et l'attira encore d'avantage contre lui, la seule chose les séparant encore étant son armure. Il eut soudain envie de la retirer mais le baiser qu'ils échangeaient l'empêchait d'avoir des pensées cohérentes, et il n'avait pas envie de prendre le risque de la lâcher ne serait-ce qu'une seule seconde.

Il sentit la langue de la louve venir se glisser dans sa bouche, le contact étranger l'excita encore davantage et son souffle devient de plus en plus incontrôlable. Sandor la désirait de tout son être, il voulait la posséder, la prendre et il le ressentait presque douloureusement. Pourtant, ce baiser semblait, pour lui, comme tout ce qui comptait à cet instant là, et il ne pouvait se résoudre à le briser. Il aurait tout donné pour que cela ne s'arrête jamais. Elle l'embrassait, répondait plus que positivement à sous ses doigts, et il sentait qu'elle avait elle aussi envie : ses joues rougissaient, ses paupières étaient à demi-closes et sa respiration se faisait de plus en plus difficile. Il était sûrement dans un état similaire. Il passa sa main sous son haut de cuir et vient caresser la peau qui se cachait en-dessous. Il sentit ses poils se hérisser face à ce contact inattendu, puis il s'amusa à parcourir cette nouvelle étendue qui s'offrait à lui.

Pendant tout ce temps ils n'avaient cessé de s'embrasser passionnément, jouant avec leurs langues, leurs lèvres, leurs bouches. Sandor fit remonter son autre main le long des hanches de la louve jusqu'à arriver à la rondeur de ses seins. Il les frôla avec un mélange de déférence et d'appréhension mais cet instant même la louve se sépara brusquement de lui, coupant court à leur baiser.

« Ce sera tout pour l'instant, déclara t-elle en tentant de reprendre sa respiration tandis que son regard était toujours aussi embrasé par l'excitation. »

La louve posa ses mains sur les plaques de son armure, il la vit tenter de reprendre sa respiration tandis qu'il la regardait sans rien dire. Il était totalement frustré par sa réaction, mais il était surtout encore choqué par celle-ci.

« C'est quoi ce bordel? Finit-il par cracher sous le coup de la colère et un soupçon de honte de s'être fait ainsi rejeter.

_ Il ne faut pas croire que tu vas m'amadouer comme ça, déclara la louve sans paraître impressionnée par son éclat de voix, de plus ton maître te cherches.

_ Qu'est-ce que tu peux bien en savoir ?!

_ J'ai une bonne ouïe, avoua t-elle avec un clin d'œil. »

Sandor avait la désagréable impression d'être entrain de se faire éconduire. Il n'avait jamais approché une femme qui ne soit pas prostituée, exactement pour ça. Il ne voulait pas se sentit inférieur ou dépendant de qui que ce soit, sa colère l'aveuglait et il la dirigeait entièrement envers la louve qui le faisait se sentir ainsi.

« Tu ne peux putain pas jouer comme ça avec moi ! Affirma-t-il en agrippant son bras dans sa poigne de fer serrant sans réfléchir aux conséquences. Je ne le permettrait pas !

_ Je ne joue pas avec toi, déclara la louve sans même hausser le ton de sa voix. Les loups ne mentent jamais.»

Elle ne tremblait pas, posant tranquillement son regard doré dans le sien, seul son sourire avait légèrement changé. Il n'était plus railleur, simplement rassurant. Pourquoi avait-il l'impression que ces simples mots lui semblaient plus vrais que tout ce qu'il avait entendu dans toute sa foutue vie?

« Nous aurons tout le temps d'être ensemble, ajouta-t-elle. Mais je dois veiller sur ma maîtresse.

_ Toi aussi tu es tenue en laisse, déclara-t-il.

_ Seulement parce que je l'ai choisi… »

La louve posa doucement sa main sur la sienne qui tenait toujours son bras, le contact de ses doigts froids le fit tressaillir. Lentement, elle entrelaça leurs doigts, le faisant progressivement lâcher prise sans qu'il ne se rende réellement compte de ce qu'il se passait. Sa colère s'était suffisamment apaisée mais maintenant il ne savait plus quoi faire ou quoi dire. La situation était bien trop improbable pour lui, et il avait besoin de retrouver le contrôle.

« J'attends la prochaine fois avec impatience, souffla la louve avant de lui voler un baiser inattendu. »

Quand il la vit s'éloigner, il ne put s'empêcher de vouloir la retenir, d'une façon ou d'un autre. Une question se fit alors dans son esprit.

« Quel est ton nom louve?! »

Il crut qu'elle n'allait pas lui répondre, elle avait déjà quitté le couvert des arbres mais il était sûr qu'elle l'avait entendu. Elle s'arrêta un instant, avant de se retourner en souriant avec un amusement non dissimulé :

« Leana Snow, est mon nom. »

Et elle repris son chemin mais en courant cette fois-ci, comme pour l'empêcher de la retenir à nouveau. Mais il avait vu ses yeux : ils brûlaient d'un désir mal contenu. Et il devait bien l'avouer, c'était la première fois qu'une femme le regardait ainsi.

Sandor resta un instant sans bouger, essayant tant bien que mal de comprendre ce qui venait de se produire dans ces lieux étranges. Il sentait encore son excitation, et il grogna de frustrations. Mais, il ne voulait pas se laisser de nouveau aller à la colère. Finalement, il décida de reprendre le chemin du château à renfort de grandes enjambés rageuses. Il n'avait jamais vu une femme comme ça ! Une qui n'ait pas peur de lui passe encore mais une qui lui résistes ça? Qui ne fuis pas devant sa colère ni devant son physique?

Pendant un bref instant il songea que s'il la voulait tant que ça il n'avait qu'à la prendre de force… Mais l'instant d'après il dût s'arrêter, la poitrine aussi douloureuse que s'il s'était pris un coup d'épée. Il se sentit monstrueux et l'image de son frère revient le hanter, il n'était pas comme lui, ils n'avaient rien de semblables et il ferait tout pour que cela continue ainsi. Il ne deviendrait jamais un monstre comme lui. En fin de compte, s'il voulait une femme, il n'avait qu'à se payer une catin. Il était sûr que des bordels existaient même dans ce coin reculé du royaume, et il n'aurait qu'à en trouver un quand Joffrey n'aurait plus besoin de lui.

Il le retrouva justement en compagnie de Sansa Stark. La jeune fille trembla en le voyant arriver, et elle détourna rapidement le regard, le plongeant à nouveau dans un ressentiment profond envers l'humanité toute entière.

« Où étais-tu chien? Cracha Joffrey. Tu es sensé me protéger pas te promener !

_ Je suis désolé mon prince, s'excusa Sandor sachant pertinemment qu'il était inutile d'essayer de trouver des excuses avec lui.

_ Reste au pieds maintenant alors, derrière nous, tu effrais Dame Sansa, ordonna l'héritier Baratheon. »

Sandor s'exécuta en silence, prenant soin de se tenir dans l'ombre du couple pour ne pas les déranger comme le souhaitait le prince. Il regrettait déjà l'instant volé avec la louve, non avec Leana… L'intensité des émotions qu'il avait ressenti, il s'était alors sentit plus vivant qu'il ne l'avait jamais été depuis… Depuis longtemps. Il n'avait pas eu besoin de boire pour être à nouveau libre, et la jeune femme l'avait accepté dans toute son entièreté. Il avait eu l'impression que même sa violence trouvait son sens au près d'elle. Leana Snow? Qui était-elle ? Une autre bâtarde d'Eddard? Ou simplement une orpheline du Nord?

Le soir même, un repas fut organisé en plus petit comité que la veille, réunissant uniquement la famille Stark et Baratheon agrandie du frère jumeau de la reine. Sandor se tenait debout derrière le siège de Joffrey, suffisamment en retrait pour être à moitié effacé par les ombres des torches. Il vit tout ces nobles venir s'asseoir et remarqua qu'il restait deux sièges vides à l'opposé de la place des deux couples principaux. Robbert et Cersei présidaient, à la gauche de la reine ses trois enfants et son frère, à la droite du roi la famille Stark au complet. Pourtant, à l'extrémité de la table, là où on ne pouvait les voir qu'avec beaucoup de volonté, deux personnes vinrent s'asseoir. Ils arrivèrent ensemble, discutant fiévreusement d'un sujet qui les passionnaient visiblement tous deux, puis ils s'arrêtèrent en s'approchant.

Sandor croisa le regard bleuté de Leana, et remarqua que ses yeux avaient encore changés d'apparence. Pourtant, il vit ses lèvres s'élargir légèrement en un sourire en l'apercevant malgré l'obscurité qui régnait. Il sentit son corps se tendre, il ne s'était pas attendu à la revoir aussi rapidement et sa présence à la tablée ne fit qu'ajouter d'autres questionnement à son esprit. Il reporta ensuite son attention sur la deuxième personne, un garçon aux cheveux noirs et physiquement très semblable à la louve. Jon Snow, le bâtard d'Eddard, sur ça il n'avait pas de doute. Mais quelle relation entretenait-il avec Leana? Étaient-ils liés par le sang?

« Robert, appela soudain Eddard en se levant, je te présente ma pupille Leana Snow, je ne pense pas que tu l'avais encore rencontrée.

_ Effectivement je ne savais pas que tu avais recueillis un autre enfant, déclara le Roi des septs couronnes en observant la jeune femme qui s'approcha.

_ Enchanté Votre Majesté, fit Leana en s'inclinant brièvement devant lui avec suffisamment de grâce pour être polie.

_ De même, répondit affablement celui-ci en la dévorant littéralement du regard. Allez-vous suivez votre père dans le Sud avec nous? »

La surprise de la louve fut suffisamment maîtrisée pour que seul Sandor la remarque, mais il vit son corps se tendre légèrement.

« Je ferais ce que mon père juge bon pour moi, déclara-t-elle finalement. Si vous me le permettez…

_ Bien, bien, approuva Robert, je vous laisse rejoindre votre place. »

Leana passa près de lui, elle ralentit sensiblement quand elle fut devant lui et leurs regards se croisèrent brièvement. Ensuite, elle rejoint sa place et il ne put que l'apercevoir de dos le reste de la soirée. Il comprit lentement qu'elle allait peut-être venir dans le Sud avec eux. Même si elle-même ne semblait pas avoir été mise au courant, Eddard avait été proposé par Robert pour devenir la nouvelle main du Roi. Ce privilège pouvait le conduire à emmener toute sa famille à Port-Réal, dont Leana. D'ailleurs, il avait désigné celle-ci comme sa pupille, et non sa fille. Elle n'avait donc pas de sang Stark dans les veines malgré sa ressemblance avec leur seigneur. Quelque part, il s'en sentait rassuré.

A la fin du repas, il dût raccompagner Cersei et ses enfants qui quittaient la tablée en avance sur le reste des invités. La louve avait déjà disparu depuis longtemps mais il n'avait aucune idée d'où elle était partit.

« Où en es-tu avec la jeune Stark? Demanda la Reine à son fils aîné.

_ Elle me suit partout comme un petit chien, soupira Joffrey visiblement ennuyé.

_ C'est bien, approuva sa mère, cette union te servira le Nord sur un plateau.

_ C'est son frère qui en héritera, pas elle, répliqua dédaigneusement celui-ci.

_ Beaucoup de choses peuvent changer d'ici-là…

_ Et son loup qui la suit partout, grommela Joffrey.

_ Je sais mon amour, je sais, le cajola Cersei. Quand elle viendra à Port-Royal, nous ferons en sorte qu'il ne vienne pas. »

Sandor suivit la conversation en songeant que la petite Stark ne se doutait absolument pas de la réalité qui l'entourait. Elle devait sûrement songer que Joffrey était un doux et gentil prince comme dans ses histoires, mais c'était loin d'être la vérité. Puis, il se rappela que la louve risquait de suivre sa fratrie si ceux-ci venaient dans le Sud, peut-être qu'elle, elle pourrait les protéger contre tout ces malades hypocrites.

? ゚ミᄒ? ゚ミᄒ

Si Sandor avait espéré pouvoir voir la louve dès le lendemain, il dut rapidement se résoudre à l'évidence que ce ne serait pas le cas. Alors qu'il accompagnait le prince pour rendre visite à la jeune Stark rousse, il fut soudainement surpris par un cri d'effroi venant d'un peu plus loin. Instinctivement il mit sa main sur son épée avant d'avancer pour se faire une idée du danger, et surtout s'il y en avait vraiment un.

« Reste pour me protéger, chien, éructa Joffrey en le voyant s'éloigner d'un pas. »

Le bouclier-lige songea vaguement qu'il n'avait décidément pas assez bu la veille pour se faire traiter ainsi de si bonne heure, mais comme le bon chien qu'il était justement, il ne pipa mot et garda sa colère pour lui. Visiblement, le prince avait décidé de ne pas bouger d'un pouce tant qu'il ne serait pas sur qu'il ne courait aucun danger. Sandor attrapa alors une servante qui passait en courant à côté d'eux dans la direction opposé du cri.

« Qu'est-ce qu'il se passe?! Demanda-t-il en aboyant à moitié.

_ C'est affreux ! Fit-elle en roulant des yeux paniqués ne semblant même pas voir à qui elle parlait dans son agitation. Le jeune maître ! Il faut l'aider !

_ Qui ça bordel? Insista Sandor en la secouant sans ménagement.

_ Le jeune maître Bran est tombé ! Bafouilla-t-elle. Je dois aller chercher Dame Catelyn ! »

Mûe par l'inquiétude et la peur, la vieille femme échappa à sa poigne et partit en direction du château à toutes jambes. Sandor la laissa partir, il avait eut l'information qu'il voulait. Bran? Il ne savait plus lequel des fils Stark s'appelait ainsi. Comment avait-il pu tomber? Et en quoi cela pouvait-il être aussi grave?

« Ce sale gamin a fini par avoir ce qu'il méritait, déclara alors Joffrey. A force de faire le malin en escaladant. Allons voir. »

Sandor emboîta le pas au prince qui maintenant était plus rassuré, et avait recommencé à marcher en se pavanant sans faire attention au fait que toutes les autres personnes semblaient en panique autour d'eux. Au contraire, il arborait un sourire malsain comme s'il était très fier de la situation, au point de se demander s'il n'en était pas à l'origine. Plus ils se rapprochaient, plus la foule se faisait dense autour d'un attroupement. Ils s'étaient éloignés des constructions récentes du chateau, jusqu'à une vieille tour qui semblait déjà avoir du mal à tenir toute seule. Si le gamin était tombé, c'était sûrement dû à la fragilité de la structure.

« Laissez moi passer ! S'écria soudainement la voix de Dame Catelyn. »

La foule s'écarta devant elle, baissant la tête sur son passage en signe de compassion pour ce qu'elle allait voir. La Dame de Winterfell poussa un cri déchirant avant de s'effondrer sur le corps de son fils qui gisait inconscient sur le sol, ses jambes formant un angle de mauvais augure. Joffrey poussa un grognement de mépris avant de se retourner pour partir. En le suivant, Sandor se demanda où était Leana et si elle savait ce qui venait d'arriver à son jeune frère.

A ce moment-là, il entendit un hurlement de loup à l'extérieur de la forteresse. Il fut rapidement suivi par cinq autres qui se répondirent longuement.

Elle savait.