Hello ! J'espère que vous passez de bonnes vacances ^^
Bonne lecture :D
Sandor
Sandor regarda la louve s'enfuir de son étreinte sans lui accorder un seul regard ou la moindre explication. Il resta un moment interdit, comme si son esprit refusait de comprendre qu'elle venait à nouveau d'esquiver leur échange. Finalement, la colère et la rage commencèrent à le gagner et il se laissa contrôler par ses terribles émotions. Il était frustré et dégoûté par le comportement de la louve, il détestait se sentir aussi minable et facilement manipulable par le corps d'une femme. Il se releva brusquement et poussa un cri de fureur en décidant que c'était la dernière fois qu'il se laisserait faire ainsi. Il était déjà assez humilié par le reste du monde sans s'offrir de lui-même à de nouvelles leurs moqueries. Il tourna sur lui-même enragé avant de se décider à remettre son armure.
Il savait qu'elle ne reviendrait pas, jusqu'à ce qu'elle décide à nouveau de jouer avec lui. Il la détestait tellement à cet instant là que ses dents crissèrent tandis qu'il serrait ses poings à s'en faire blanchir les joints. Il ne savait pas quoi faire, le prince l'avait déchargé de sa protection et la louve l'avait fuit, il se détestait pour être un tel chien incapable de savoir quoi faire si on ne lui donnait pas d'ordres. Il se dégoûtait tellement, incapable de savoir quand il avait arrêté de décider par lui-même ce qu'il voulait. La seule chose qu'il lui restait de sa propre volonté était son désir de tuer son frère de ses propres mains. Il n'avait pas de temps à perdre en de vaines histoires du Nord.
Sa colère l'aveuglait et il songea un instant à poursuivre la jeune femme dans les bois, mais sa loyauté le poussa à plutôt retourner au campement pour chercher son prince et savoir s'il avait de nouveau besoin de sa protection. Il fut surpris de trouver l'endroit agité par une panique sans précédent, plusieurs serviteurs couraient dans tous les sens, vociférant des ordres ou les exécutant tour à tour. Il ne se sentait pas atteint par leur inquiétude mais il soupçonnait que pour produire une telle inquiétude générale, quelque chose de grave avait dû se produire. A ce moment là, un des chevaliers qui accompagnait le Roi l'aperçut et s'approcha précipitamment de lui.
« Limier ! Sa majesté la reine vous cherche ! Lui apprit-il le visage rouge d'avoir couru avec son armure de plaques.
_ Qu'est-il arrivé? Demanda Sandor sans retenir une grimace amusé devant cette caricature de chevalier.
_ Le prince Joffrey a été attaqué par un des loups Stark ! Lui expliqua-t-il rapidement. Dépêchez-vous de les rejoindre !
_ Ne me donne pas d'ordre connard, rétorqua le limier en le bousculant sans ménagement pour se diriger dans la direction de la tente royale. »
Il y avait celle officielle occupée par le Roi, et une seconde juxtaposée plus personnelle pour la famille royale. Sandor n'eut pas à réfléchir longtemps en entendant les hurlements de douleurs qui venaient de la seconde, il poussa un ricanement moqueur en songeant qu'ils ressemblaient aux cris d'un cochon qu'on égorgeait. Il espéra que le prince ait au moins perdu un bras, ce qui pourrait avec un peu de chance le faire redescendre du piédestal où l'avait hissé sa mère.
Sandor poussa le lourd pan de tissus qui séparait l'extérieur de l'intérieur, et il se retrouva dans une atmosphère étouffante complètement différente des instants qu'il venait de vivre au bord de l'eau. Le prince Joffrey gisait sur sa couche en se tordant de douleur, son bras droit inerte et enroulé de bandages reposant sur le côté.
« Donnez lui quelque chose pour la douleur ! S'emporta la Reine Cersei sur le mestre qui se tordait les mains. Vous voyez bien qu'il souffre, incapable !
_ Je suis à vos ordres, déclara alors Sandor en se présentant devant elle avec déférence.
_ Où étiez-vous chien? L'accueillit-elle avec une colère redoutable. Votre rôle est de protéger mon fils aîné, l'héritier ! Et vous disparaissez ! Je devrais vous renvoyer immédiatement ! »
Sandor baissa simplement la tête sans chercher à la contredire, il savait pertinemment que ce n'était pas sa place, et surtout que cela ne ferait que alimenter la colère de la Reine.
« Faites vous pardonner et allez vous occuper de ce fils de boucher ! Et ne revenez pas sans son corps sans vie ! »
L'instinct maternelle était quelque chose d'effrayant réalisa le limier, la reine des septs couronnes était connue pour son coeur de glace qui ne trouvait grâce que dans la chair de sa chair : ses trois enfants. Quiconque osait s'en prendre à eux connaissant une fin dès plus tragique, comme cela allait être le cas du garçon dont il venait d'être chargé. Il n'avait aucune idée de qui il s'agissait mais il lui suffirait de se renseigner auprès des serviteurs du campement.
Sandor se rendit donc près des cuisines qui avaient été installées sommairement pour nourrir tout le monde. Il interrogea quelques personnes au hasard mais il ne rencontra que des serviteurs au service du Roi qui n'avaient jamais entendu parler d'un fils de boucher du Nord.
« Qu'est-ce que vous lui voulez? Demanda soudainement un bout de jeune femme aux cheveux roux frisées et au regard glacial qui le dévisagea sans sourciller malgré le fait qu'il fasse facilement deux têtes de plus qu'elle.
_ Ça ne te regarde pas, répliqua durement Sandor. Si vous savez où il se trouve dites le moi !
_ Vous n'avez vraiment aucune pitié? Continua-t-elle sans paraître s'alarmer de son ton ni de sa colère.
_ Qu'est-ce que ça peut te faire putain? Rétorqua-t-il violemment à deux doigts de la prendre par le col de sa tunique. Dis moi où est ce putain de fils de boucher si tu ne veux pas que je te refasse ton jolie minois !
_ Son prénom est Mycah, lui appris-t-elle en ignorant ses menaces. Vous devriez apprendre les prénoms de ceux que vous sacrifiez.
_ Va te faire foutre ! »
Il quitta la zone des cuisines, peu désireux de continuer à discuter avec cette irritable jeune femme dont le regard vert sembla le suivre jusqu'à son cheval. Il n'avait aucune idée de qui il s'agissait, sûrement une serviteur du Nord, mais il détestait qu'on le prenne de haut ! Personne ne savait pourquoi il agissait ainsi, et personne ne pouvait le juger !
Sandor attrapa les rênes d'Étranger, son cheval, qu'il guida jusqu'à l'extérieur du campement. Il n'avait pas besoin de savoir qui était le garçon qu'il devait tuer, tout ce dont il avait besoin était de passer son épée au travers de son corps. Il monta agilement sur sa selle, et lança sa monture au galop entre les arbres. Sa cible ne pouvait pas être allée très loin, l'incident était récent et les lieux étaient encerclés par la large rivière qui ne pouvait être traversée sans embarcation. Il lui suffirait donc d'explorer les environs jusqu'à mettre la main sur le fameux fils de boucher, ensuite il pourrait aller se bourrer la gueule et oublier cette foutue journée.
La chaleur moite faillit le rendre fou d'agacement, chaque recoin de cette foutue forêt se ressemblait et il était bien incapable de retrouver son chemin. Il lui sembla même entendre un loup à plusieurs reprises, faisant grimper sa colère. Alors qu'il était à deux doigts de se débarrasser de son armure il sentit une goutte d'eau venir s'écraser sur sa joue. Il grogna face à la sensation désagréable mais apprécia tout de même le rafraîchissement qui suivit sous la forme d'une pluie fine. Presque au même instant, il perçut des bruits de course tout près de là où il se trouvait. Il tira les rênes vers lui pour diriger sa monture avant d'enfoncer ses talons dans ses flancs encourageant Étranger à partir à toute vitesse. La boue gicla sous les sabots de la monture mais en seulement quelques secondes ils avaient rattrapé le garçon qui courait à toutes jambes. Un rictus désagréable déchira les lèvres de Sandor qui trouva amusant de le voir ainsi courir alors qu'il ne pouvait pas échapper à sa mort. Il se sentit puissant en dégainant son épée et la brandit bien haut avant de l'abattre pour transpercer le dos de sa cible.
La lame s'enfonça sans difficulté, il l'aiguisait tout les jours, et à la seule force de son bras il emporta le corps inanimé de sa victime sur quelques mètres. Sa monture ralentit progressivement à sa commande et le cadavre glissa de son épée pour venir s'écraser dans le sol maintenant rendu boueux par la pluie. Du sang se mêla à l'eau et à la terre formant une flaque de plus en plus grande dans laquelle Sandor marcha sans considération. L'averse s'intensifia alors jusqu'à ce qu'il devienne difficile pour lui de voir plus loin que la pointe de ses pieds et ses vêtements sous son armure se gorgèrent d'eau rendant ses mouvements plus difficiles et lents. Il jura entre ses dents en tentant tant bien que mal de hisser le corps du garçon sur sa selle. La reine avait demandé de le lui ramener et il comptait bien mener à bien sa mission, il devait continuer à obéir aux lannister s'il voulait pouvoir un jour se venger de son frère aîné. Fort de sa détermination, il réussit finalement à accrocher son morbide paquet.
Soudain, alors qu'il s'apprêtait à glisser son pieds dans son étrier, il lui sembla percevoir un autre bruit que celui de la pluie tombant autour de lui. Il se retourna vivement, sa main sur la garde de son épée. Il aperçut alors, à seulement quelques pas de lui, à travers les gouttes d'eau, deux yeux jaunes vifs qui le fixaient comme un prédateur fixe sa proie. Sandor reconnut instantanément la louve qui se tenait là debout, sans bouger le moindre muscle. Son regard doré était terrifiant et dérangeant, il savait qu'elle avait vu ce qu'il venait de faire et il savait également qu'elle le jugeait pour cela. Comment pouvait-elle se tenir ainsi alors qu'elle ne savait rien? Encouragé par sa colère habituelle, il fit un pas vers elle près à lui dire ce qu'il pensait d'elle et de son ignorance mais à l'instant où il bougea elle disparut dans les broussailles.
« Fais chier ! »
Sandor se retourna à nouveau vers sa monture et grimpa en selle sans hésiter, il ne comprenait pas comment elle pouvait susciter d'aussi violentes réactions chez lui mais il ne désirait plus que de s'éloigner de cet endroit maudit. Il lança son cheval au galop et ignora la pluie qui fouettait son visage jusqu'à arriver au campement. La plupart des serviteurs avaient trouvé abris sous les tentes, les seuls qui se risquaient dehors se dépêchaient de s'abriter, ignorant Sandor et son paquet. Il s'occupa d'abords de sa monture avant de finir sa mission. Il porta le cadavre jusqu'à la tente de la Reine et du Prince, celui-ci se tenait maintenant assis sur son lit, le visage très pâle mais le regard luisant d'une rage malsaine. Visiblement, sa blessure n'était pas si grave s'il était déjà presque sur pied. Mais Sandor se garda bien de faire un commentaire, il regarda avec dégoût la Reine assurait son fils qu'elle ferait tuer le loup de la fille Stark, promettant monts et merveilles à sa progéniture.
« C'est fait, fit-il en laissant tomber le cadavre aux pieds de Joffrey. »
Le corps fit un bruit mat en tombant sur les épais et précieux tapis qui couvraient le sol, puis le prince bondit sur ses pieds en poussant un petit cri d'excitation.
« Haha ! Bravo chien ! S'exclama-t-il en riant. Ce petit merdeux a eu ce qu'il méritait !
_ C'est vrai, assura Cersei un éclat satisfait dans son regard émeraude. Tu es le futur Roi, personne ne peut se mesurer à toi.
_ Je suis le futur Roi, répéta Joffrey savourant ces quelques mots. Et si je montrais sa tête décapitée à cette peste d'Arya? »
Sandor vit un soupçon d'inquiétude traverser le visage de Cersei, celle-ci se figea et lui jeta un regard menaçant mais il baissa la tête avec servitude.
« Elle reste la soeur de ta futur Reine, tenta de l'apaiser Cersei. Il vaut peut-être mieux ne pas la froisser…
_ Quand je serais Roi, je ferais ce que je veux, assura Joffrey en appuyant sa chaussure sur le visage blafard du cadavre savourant visiblement sa supériorité.
_ Vous pouvez disposer, limier, décréta Cersei d'une voix qui ne souffrait pas de protestations. »
Sandor inclina rapidement la tête avant de quitter l'atmosphère étouffante de la tente, il resta un moment interdit à l'extérieur, appréciant finalement la pluie qui lui permit de reprendre lentement le contrôle de lui-même. Voir Joffrey ainsi s'acharner sur un cadavre déjà froid lui rappelait d'horribles souvenirs qu'il avait espérait avoir oubliés depuis longtemps. Il tituba un peu plus loin avant de devoir s'arrêter pour rendre ce qu'il avait mangé et bu dans la journée.
Il réalisa amèrement que les monstres étaient partout, peu importe vers où il se tournait, il en trouverait toujours. Mais il ne pouvait pas se charger de tous, il avait déjà le sien à tuer. Il songea à la louve et à la trahison qu'il avait lu dans son regard sauvage. Il ne pouvait rien pour elle. Il n'était pas un chevalier, ni un héros, il était lui aussi un monstre avec du sang sur les mains. Mais il continuerait sur cette voie jusqu'au bout.
Sandor débarqua dans la tente qui servait de repaire aux chevaliers et autres mercenaires. On y servait des choppes de bière et de vin, alors il en prit deux de chaque et s'attella ensuite à une table, bien décidé à les vider consciencieusement. Une fois cela fait, il s'en resservit jusqu'à être suffisamment imbibé au point de ne plus se souvenir de son propre nom. Et il en fut comblé.
? ゚ミᄒ? ゚ミᄒ
Le lendemain matin, Sandor fut réveillé par les discussions des poivrots sur les derniers événements qui avaient eu lieu dans le campement. Apparemment la Reine avait exigé la tête du loup géant de la plus jeune Stark, Arya, mais personne n'avait réussi à retrouver la bête. À court de solution, la sentence se retourna contre le seul autre loup présent qui se trouva être la louve de la jeune Sansa Stark. La pauvre gamine avait dû regarder son père décapiter son animal de compagnie sous les ordres sadiques de son prince et amoureux Joffrey. La jeune fille avait eu beau supplier pour épargner l'innocente mais rien ne pu la sauver de la cruauté des hommes.
Ainsi mourut le premier loup des enfants Stark.
Sandor observa de loin la jeune fille pleurer à chaudes larmes, le visage rouge de chagrin et il réalisa à quel point cette enfant était toujours loin de se douter de ce qui l'attendait dans le Sud. Même son père, pourtant connu Lord Stark, ne devait pas savoir les risques qu'il faisait prendre à ses deux filles. On ne pouvait se fier à personne à Port-Réal, et le limier savait pertinemment qu'ils le découvriraient rapidement. Pourtant, cette jeune fille aux cheveux auburns gardait toujours quelque chose de fier même dans son chagrin : ses yeux bleus brillaient farouchement derrière les larmes et elle fixait inlassablement l'endroit où avait été tuée sa louve. Sandor se surprit à penser que finalement, elle ne se ferait peut-être pas détruire par les manigances sordides des nobles, mais pour cela il faudrait déjà qu'elle ouvre les yeux sur la véritable nature du prince Joffrey.
Le reste de la journée se déroula dans une ambiance morose, les derniers évènements pesant sur le moral des serviteurs rendant le limier encore plus irritable. Les gens étaient trop naïfs de croire que leurs petites vies du Nord allaient pouvoir continuer ici ! Il n'aimait pas les regards noirs et accusateurs qu'on lui lançait, alors il leur adressait un rictus provocateur qui ne faisait qu'envenimer la situation mais qui lui permettait au moins de s'amuser de leur détresse.
Le départ fut fixé au lendemain matin, laissant le temps à tous de se préparer à reprendre la route, et Sandor se retrouva une nouvelle fois à errer entre les tentes. Il comptait bien finir sa soirée et sa nuit dans le même état que la veille mais il avait envie de faire quelque chose avant, sauf qu'il ne savait pas quoi exactement alors il se contenta de déambuler sans but. La nuit tomba rapidement, et il fut bientôt difficile de distinguer les alentours en dehors des flaques de lumière diffusées par les flambeaux. L'air était frais, mais bien moins que dans le Nord déjà. La pluie avait cessé de tomber en fin de matinée, ce qui laissait flotter une forte odeur d'humidité dans le campement. A peine étonné, il se rendit compte qu'il avait finit par errer jusqu'à la partie réservée à la maisonnée Stark. S'il devait être honnête avec lui-même, il espérait revoir sa louve, celle qui semblait humaine mais qui ne l'était pas. Sa colère de la veille avait été douchée par les évènements récents mais il ressentait toujours besoin de la confronter même s'il savait pertinemment qu'il ne serait pas tendre avec elle. Du moins espérait-il pouvoir exprimer sa frustration et la boule d'émotions contradictoires qui le saisissaient à chaque fois qu'il la voyait.
Il pensait sincèrement qu'elle l'évitait depuis qu'elle l'avait aperçu exécuter sa besogne dans les bois, mais il fut surpris de rapidement entendre un bruit de pas légers derrière lui. Il ne put s'empêcher de sourire de façon à moitié désabusé, ce qui sûrement devait lui donner une expression effrayante, car il savait pertinemment que si la louve avait voulu être discrète il ne se serait jamais rendu compte de sa présence. Donc, si elle lui faisait connaître sa présence, c'était bien qu'elle aussi désirait le voir.
Il se retourna et la vit une nouvelle fois immobile à seulement quelques pas de lui. Mais cette fois-ci, la pluie ne la dissimulait pas à son regard et il pu l'observer tout son saoul. Elle était toujours la même Leana Snow avec qui il avait partagé un instant de complicité la veille, mais à cet instant elle était plus louve que femme. Ses yeux jaunes le fixaient avec fermeté et dureté, ses traits semblaient plus émaciés, ses cheveux noirs étaient clairement en vrac tandis qu'elle se tenait pas tout à fait droite mais plutôt à moitié sur le bout de ses pieds et ses doigts étaient écartés. Elle ne semblait ni vouloir parler ni vouloir partir.
« Qu'est ce que tu me veux ? Aboya-t-il refusant de montrer que lui-même avait désiré cette rencontre.
_ Je ne sais pas si je veux encore continuer avec toi, déclara-t-elle d'une voix rauque presque inhumaine en le fixant de ses yeux jaunes jusqu'à le rendre mal à l'aise.
_ Tu ne vas pas m'en vouloir pour ça quand même ? Rétorqua Sandor avec une agressivité grandissante. Tu es aussi hypocrite que les autres finalement !
_ Qui es-tu pour me traiter de la sorte ? Souffla-t-elle soudainement bien plus bas provoquant une désagréable impression chez son vis à vis. Tu es celui qui se ment le plus à lui-même, tuer un enfant parce que tu en as reçu l'ordre mais tout de même continuer à croire être différent simplement parce que tu n'as pas le titre de chevalier… Tu n'as pas besoin d'un pour être comme eux.
_ Ta gueule ! Hurla-t-il soudainement fou de rage qu'elle ose le comparer ainsi.»
L'image de son frère s'imposa à son esprit et il eut soudainement l'impression que sa joue marquée se remettait à le brûler atrocement lui faisant perdre le peu de contrôle de lui-même qu'il lui restait. Il s'approcha furieusement de la louve et la plaqua contre un arbre derrière elle, la dominant de façon menaçante par sa taille et l'empêchant de fuir en la tenant par le col de sa tunique.
« Qu'est-ce que tu crois? S'acharna-t-il. Tous les hommes tuent, tous les hommes sont des tueurs et ils y prennent tous leurs pieds ! Et tu es une putain d'hypocrite ! T'as une maîtresse aussi ! Tu fais ce qu'elle t'ordonne !
_ J'ai choisi de la protéger pas de tuer pour son plaisir ! Et je suis une louve ! Elle avait hurlé le dernier mot avec une fierté et une sauvegerie brillante qui surprirent Sandor. Je tue quand je veux, pas quand on me l'ordonne et encore moins par sadisme !
_ Tu n'as jamais imaginé que moi je puisse aimer ça ? Rétorqua-t-il trop enfoncé dans sa propre colère et ses propres regrets pour voir la vérité dans ses paroles. Peut être que je ne suis pas comme toi ! Personne n'est comme toi ! »
Il vit immédiatement l'effet de ses paroles sur le visage de Leana, ses yeux dorés se brouillèrent hésitant entre le jaune et le noir, à moitié humain et animal. Lui-même eut l'impression qu'on lui tordait les tripes à cette vision mais il ignora cette sensation préfèrent s'alimenter de sa rage et de sa colère pour salir les idéaux de la louve qui lui faisait ressentir ce qu'il voulait ignorer.
« Je pensais que tu étais comme moi, murmura-t-elle en le fixant maintenant de son regard maintenant si humain. Je me suis trompée… Tu ne veux pas de ta liberté, tu aimes ce que tu es devenu… »
Elle ne semblait même pas chercher à le blesser ou à le provoquer, elle se contentait de parler lentement le regard vide comme si toute volonté l'avait quittée.
« Tu le savais dès la première fois où tu m'as vu, je ne l'ai jamais caché, affirma Sandor dont la colère était retombée face au manque de réactions de Leana.
_ Je suis sur que tu t'en es convaincu toi-même, termina la louve.»
Elle toucha simplement ses mains qui la tenaient encore, et Sandor la lâcha comme brûlé par son contact. Elle leva un dernier regard blessé sur lui, puis elle lui tourna le dos et s'enfonça dans la forêt qui se trouvait tout près. Était-il voué à toujours la voir lui tourner le dos ? Cette pensée amère ne fit qu'ajouter du sel sur les sombres pensées qui l'agitaient. Jusqu'à présent il avait été fier de ce qu'il était et de ce qu'il faisait, toujours concentré vers son unique but. Pourtant les paroles de Leana avaient réussit à l'atteindre sans qu'il ne comprenne pourquoi.
Il abattit violemment son poing sur le tronc d'arbre dans un élan de colère et recommença jusqu'à ce que la douleur fasse refluer ses pensées dérangeantes. Une fois suffisamment groguis, il prit la direction de la tente des hommes d'armes et y passa le reste de la nuit à se saouler.
