Sinead
C'était l'après-midi quand elle entendit les premiers hurlements. Sinead était plongée dans la lecture d'un livre poussiéreux, offert gracieusement par son bienfaiteur, traitant de nombreuses plantes capables de guérir nombreuses autres maladies ou infections. La jeune femme enfraignait deux tabous par là-même, une femme se cultivait rarement à un tel niveau de perfection; et les arts des sciences étaient généralement réservés aux mestres de la citadelle. Mais elle était très loin de ces considérations, après tout elle trouvait ces vieux irritables bouffies dans leur fierté, et surtout incapables de voir le monde évoluer. Le seul qui avait bien pu trouver grâce à ses yeux était Mestre Luwin qui officiait à Winterfell, il était quelqu'un de calme, réfléchis et ouvert d'esprit. Elle espérait sincèrement que tout se passait bien pour eux dans le Nord.
La clameure monta brusquement à l'extérieur des murs, tirant Sinéad de son livre avec une certaine appréhension. Qu'est-ce qui pouvait bien pousser les gens à s'échauffer ainsi? Même lors de la mise à mort de Lord Stark… La foule avait été assemblée devant le grand septuaire de Baelor, limitant le bruit à cet endroit-là. Mais, cette fois-ci, c'était complètement différent : les cris progressaient dans les rues, il lui semblait même entendre des bruits de luttes. La jeune femme hésita une fraction de seconde, après tout la situation pouvait rapidement dégénérer, et elle n'était pas non plus capable de s'opposer à une foule en furie. Elle s'approcha de l'entrée, récupéra une dague simple et fine dissimulée dans une des pots de fleurs (elle avait été forgée par son père qui était forgeron à Winterfell), puis elle ouvrit prudemment la porte d'entrée de sa boutique.
Les cris se firent plus précis, elle pouvait maintenant entendre les mots qui se répétaient et s'envoyaient en l'air « Meurtrier », « Assassin », « Tueur d'enfants ». Le sang de Sinead se figea dans ses veines en entendant ces accusations. Qui avait pu oser s'en prendre à des enfants? Elle aperçut alors, repoussés par la foule, les manteaux d'or. Il y en avait au moins une petite centaine qui tentaient vainement de juguler l'engouement de la foule tandis que des jets de pierres commençaient à pleuvoir. Alors que Sinead commençait à désespérer à comprendre ce qu'il se passait, elle aperçut Gavroche qui accourait dans sa direction.
« Qu'est-ce qu'il se passe? Lui demanda-t-elle alors qu'il esquivait habilement les gens fous de rage.
_ Ils tuent des enfants, expliqua-t-il avec un regard noir en direction des hommes du guet.
_ Des enfants ? Répéta Sinead d'une voix blanche. Quels enfants?!
_ Au hasard, cracha Gavroche. Des bébés, des plus vieux.
_ Est-ce que tu en connaissais? Interrogea-t-elle soudainement prise d'une doute.
_ Juste un, Barra, fit-il en reniflant tout en détournant le regard pour cacher ses yeux brillants. Ma mère connaissait la sienne. C'était qu'un bébé... »
Sinead connaissait ce nom ! Elle sentit son sang se figer dans ses veines et un frisson désagréable la parcourut. C'était tout simplement impossible ! Personne n'aurait pu ordonner de telles atrocités ! Soudain prise d'un doute, elle se laissa tomber à genoux devant Gavroche et saisit son visage entre ses doigts fins.
« Qu'est-ce qu'tu fais ! S'empourpra-t-il. »
Mais, Sinead l'ignora et le força à se tenir immobile le temps qu'elle l'observe sous toutes les coutures : il avait des cheveux bruns très sombre, un visage plutôt marqué et fermé, mais heureusement ses yeux étaient d'un vert sombre. La jeune femme poussa un soupire de soulagement, elle s'en sentit légèrement coupable.
« Est-ce que tu as appris quelque chose d'autre? Demanda-t-elle en se relevant les sourcils froncés.
_ Des manteaux dorés ont demandés après Gendry, expliqua-t-il. Et Tomoe. »
Sinead serra les poings. Ces meurtres n'étaient clairement pas hasardeux, les hommes du guets étaient sciemment entrain de viser certains enfants, et plus précisément les bâtards du Roi Robert. Il n'y avait plus de place pour le doute, d'abords Barra, et maintenant Gendry et Tomoe. Tous les trois avaient une chose en commun en plus de leur physique : leur mère avait partagé sa couche avec l'ancien roi Robert Baratheon. Ce qui désignait une seule personne pour pouvoir donner un tel ordre : la Reine régente Cersei. Sinead était furieuse, elle se sentait terriblement blessée et attristée, mais cela renforçait sa volonté à un point inimaginable.
« Reste ici Gavroche, ferme la porte et surtout n'ouvre à personne d'autre que moi, ordonna-t-elle finalement.
_ Mais j-.
_ Ne discute pas. »
Sinead poussa le garçon, ferma la porte puis s'élança à corps perdu dans la foule avec l'espoir de pouvoir se frayer un chemin jusqu'aux hommes du guet. A ce moment-là, un cri fusant parmis ceux-ci :
« On en a trouvé un autre ! »
Au même moment, des hurlements de douleurs et de peurs retentirent, Sinead aperçut un garçon d'une dizaine d'années qui tomba dans l'eau et une femme qui s'élança à sa suite en pleurant. Incapable de supporter une telle vision, Sinead ferma les yeux et fit demi-tour. Elle ne pouvait plus rien faire pour les aider, les hommes du guet étaient plus d'un millier, tandis qu'elle était seule et impuissante.
Gavroche lui avait appris qu'ils cherchaient Gendry et Tomoe, heureusement tous deux étaient partis en direction du Nord en compagnie des recrues pour le mur dirigées par Yoren. Mais, si quelqu'un vendait la mèche… Rien n'assurait qu'il soit en sécurité! Sinead se fraya un chemin jusqu'à l'armurerie où travaillait Gendry avant de quitter la ville. Elle ne fut qu'à moitié étonnée d'en voir sortir plusieurs hommes vêtus de manteaux dorés. Elle les suivit du regard jusqu'à ce qu'ils soient suffisamment loin pour ne pas l'apercevoir entrer dans l'atelier. En voyant l'ancien maître de Gendry écroulé au sol, Sinead se précipita vers lui.
« Maître Tobho ! Êtes-vous blessé?! S'enquit-elle en s'agenouillant à ses côtés.
_ Je… Je vais bien, affirma-t-il d'une voix presque assurée.
_ Qu'est-ce qu'il s'est passé? Le pressa Sinead. Que vous voulez les manteaux d'or?!
_ Gendry, expliqua-t-il le visage fermé et le regard noir. Ces fils de chiennes m'ont forcé à avouer…
_ Alors ils sont au courant pour la garde de nuit?!
_ Oui… »
Sinead se redressa brusquement.
« Je dois partir. »
Sans plus un regard pour Tobho, Sinead partit en courant rejoindre sa boutique. Elle devait absolument trouver un moyen pour contacter Yoren, le prévenir que les manteaux d'or n'allaient pas tarder à se lancer à leur poursuite ! Mais comment faire? Avant tout, elle allait avoir besoin de discuter avec certaines personnes…
? ゚ヘタ? ゚ヘツ
Il régnait un silence presque austère dans la boutique botaniste de Sinead, la jeune femme était accoudée à son comptoir et regardait vaguement la porte d'entrée comme si elle espérait qu'elle s'ouvre d'un coup par magie. Elle faillit tomber à la renverse au moment où ladite porte s'ouvrit effectivement comme par enchantement. Elle aperçut la personne qui se trouvait devant l'entrée, et un sourire mi-amusé mi-polie apparut sur son visage en le reconnaissant.
« Messire Lannister, le salua-t-elle en inclinant légèrement sa tête.
_ Épargne moi ta fausse politesse, exigea Tyrion l'air préoccupé.
_ Vous êtes énervé à ce que je vois, soupira la jeune femme en se reculant pour le laisser passer.
_ Si tu avais dû supporter une réunion du conseil tu serais tout aussi énervé que moi, répliqua Tyrion en prenant place sur un des nombreux poufs qui parsemaient la salle.
_ Je ne peux pas dire puisque je n'y ai jamais assisté, déclara doctement Sinead en farfouillant sur ses étagères.
_ Ces réunions seraient sûrement plus agréables avec vous.
_ Allons, pas de flatterie, le réprimanda-t-elle. Vous savez que cela ne fonctionne pas avec moi.
_ Il s'avère que la persévérance est une de mes meilleurs qualités, exposa Tyrion, avec la capacité de pouvoir rendre ma soeur folle de rage. Mise à part mes mésaventures, Sansa va bien.
_ C'est une bonne nouvelle, reconnue Sinead en revenant avec une tasse d'eau chaude parfumée aux plantes qu'elle lui tendit. Ce n'est pas du vin mais ça vous aidera plus efficacement à vous calmer et à réfléchir.
-Mh, fit Tyrion sceptique en prenant une gorgée, ça a un goût atroce.
-Ingrat, répliqua Sinead.
-Merci. »
Sinead le regarda par-dessus une de ses plantes avec un sourire amusée, il avait beau faire partie de la maison Lannister, il semblait totalement à part. Pas seulement à cause de son physique, mais sa façon de parler et de voir à travers les manigances en faisait un allié de poids ainsi qu'un ennemi dont il fallait se méfier. Pourtant, Sinead se plaisait à le recevoir malgré les risques encourus, et puis après tout c'était bien elle qui lui avait suggéré d'employer Leana comme garde personnel.
« Ce cher Bronn n'est pas avec vous ? Demanda t-elle soudain en songeant à sa meilleure amie.
_ Bronn est capable de vivre sans moi, fit remarquer Tyrion. Et moi sans lui, ce n'est pas ton cas ?
_ Je vais ignorer ce sous-entendu des plus désagréable, répliqua Sinead en réprimant une grimace de dégoût, mais comme il avait l'air de bien s'entendre avec Leana j'avais espéré qu'il ait des nouvelles d'elle. »
Le regard de Tyrion se fit un peu évasif, savait-il quelque chose qu'elle ne savait pas ? Elle n'aimait pas du tout cette idée. Savoir, c'était son métier.
« Elle doit se faire discrète, lui rappela-t-il. Si on vous voit trop souvent ensemble, cela risquerait d'attirer des soupçons.
_ Je sais bien, se renfrogna Sinead mais elle se rendait bien compte qu'il lui cachait toujours quelque chose. Qu'est-ce que vous ne me dites pas?
_ Je vois que ce n'est pas la peine d'essayer de déjouer ton attention, soupira Tyrion. Un des membres de la garde royale a été retrouvé mort ce matin.
_ Qui l'a tué? S'étonna la jeune femme.
_ Le mystère reste entier, mais j'avais espéré que tu pourrais peut-être m'éclairer sur la question. On l'a retrouvé gisant dans une mare de sang, apparement un animal sauvage lui aurait arraché la gorge.
_ Je suis spécialiste des plantes, pas des animaux, souligna Sinead qui ne voyait pas vraiment le rapport avec elle.
_ Certains pensent à un loup, précisa Tyrion en la fixant de ses yeux vairons. »
Le moindre mouvement qu'elle ferait pour lui donner mille informations, et Sinead le savait pertinemment. Pourtant, quand il avait parlé de loup, elle n'avait pu empêcher son coeur faire un bond dans sa poitrine. Elle se força à sourire d'un air plutôt amusé pour dissimuler son inquiétude grandissante.
« Un loup à Port-Réal? S'étonna-t-elle. Je ne pensais pas l'hiver encore assez bien installé pour cela.
_ Moi non plus, avoua Tyrion. Enfin, la vérité éclatera bien assez vite, je suppose. »
Tyrion soupira bruyamment en reposant son verre un peu brusquement. Sinead comprit qu'il n'avait pas obtenu ce qu'il voulait d'elle, mais savaient-ils seulement tout deux ce qu'ils désiraient savoir à ce sujet? Existait-il seulement une personne qui le sache réellement?
« Vous êtes au courant de ce qui s'est passé la semaine dernière dans les rues de Port-Réal? Demanda Sinead en profitant pour aborder le sujet qui l'intéressait elle.
_ Il va falloir que tu sois plus précise, il se passe des centaines de choses chaque jour par-ici, soupira dramatiquement Tyrion.
_ Le guet a massacré des enfants, et des bébés, laissa-t-elle entendre d'un ton badin mais son regard vert acier montrait à quel point elle était sérieuse.
_ Difficile de ne pas en entendre parler, fit seulement Tyrion. Mais apparement Ser Janos Slynt est parti pour le mur ce matin-même. »
Il sait ! Réalisa Sinead. Mais, il ne me le dira pas, car c'est une information trop importante, ou qui le touche de trop près… Elle ne le pensait pas capable de donner un tel ordre, et elle voyait mal quels avantages il aurait pu en retirer. Tyrion était un fin stratège, tandis que cet ignominie démontrait plutôt une difficulté à se contrôler, un besoin oppressant de faire respecter son autorité. Le Roi alors?
« Au moins là-bas, il devrait ne plus s'en prendre à des enfants, espéra Sinead avec une légère rancoeur dans la voix.
_ La ville est agitée depuis, continua Tyrion. Heureusement que ma garde rapprochée est là.
_ Il devient de plus en plus difficile de trouver de quoi manger, reconnu Sinead. La faim rend les gens encore plus vilains.
_ Et vous, comment vous en sortez-vous par ces temps difficiles?
_ Oh, mon commerce a son petit succès, laissa-t-elle entendre. Petits et grands viennent me voir, cela me permet de vivre. »
Elle en avait dis juste assez pour qu'il comprenne qu'il n'était pas le seul à venir la voir, et qu'elle ne dépendait pas de sa bonté. Le nain hocha doucement la tête.
« Je ne vais pas abuser plus longtemps de ton hospitalité, déclara-t-il finalement en se levant.
_ C'est toujours un plaisir de vous recevoir Messire Lannister. »
Sinead le regarda partir avec une dizaine de ses hommes, elle avait entendu qu'il les avait recrutés dans les collines du val. En tout cas, ils faisaient une bien drôle d'équipée ainsi. La jeune femme se renfrogna. Finalement, elle n'avait pas vraiment eu plus d'informations qu'elle n'en avait déjà, même si elle avait pu apprendre quelque chose sur un autre sujet. Qui avait bien pu réussir à tuer un membre de la garde royale dans l'enceinte du Donjon Rouge? C'était invraisemblable. Surtout qui aurait laissé un animal sauvage entrer aussi loin ? Et un loup par-dessus le marché? Non, Sinead avait plutôt l'impression d'une mauvaise farce destinée à décrédibiliser encore davantage les Starks. Elle serra les dents à cette idée, ne pouvait-on donc pas les laisser en paix?!
Sinead se força à retrouver son calme, malgré toute la sympathie qu'elle avait pour le Nord et ses habitants, ils n'étaient pas les seuls qui dépendaient d'elle. Elle ne devait surtout pas se laisser contrôler par ses préférences et ses sentiments, c'était pourtant une des premières leçons qu'elle avait apprise dans la vie.
Elle existait pour sa mission, et pour rien d'autre. Si elle pouvait aider des personnes rencontrées sur son chemin elle le ferait mais uniquement si cela ne perturbait pas ses plans. Et, aussi affreux que cela puisse paraître, la situation avec les Stark lui donnait à elle une plus grande marge de manœuvre. Elle était prête à se salir les mains pour parvenir à ses fins, pour le bien de tous.
Sinead attrapa le verre sale et l'emmena dans sa cuisine pour le laver, durant ce temps elle laissa ses pensées vagabonder sans vraiment d'idées précises. Elle repensait à son père à Winterfell, à Leana et à Sansa dans le donjon rouge, à Gendry et Tomoe qui ignoraient pourquoi ils étaient poursuivis, et à bien d'autres choses qu'elle ne pouvait même pas nommer dans son esprit. Elle gardait le secret depuis tellement longtemps qu'elle n'était même pas sûr de pouvoir le dire de sa propre volonté. C'était triste, en un sens...
Elle reposa machinalement le verre et s'essuya les mains en entendant la porte d'entrée s'ouvrir de nouveau. Puis elle descendit l'escalier qui menait à sa boutique en se demandant qui cela pouvait bien être. Quand elle arriva en bas des marches, de façon à pouvoir voir qui c'était, son sourire fleurit à nouveau sur son visage et s'élargit pour laisser entrapercevoir ses dents. C'était une encore meilleur nouvelle que la venue inopinée de Tyrion Lannister.
« Maître Araignée, salua Sinead en inclinant profondément la tête.
_ Ma Dame aux fleurs, répondit Varys avec un petit gloussement. »
Leurs simagrées de salutation ne firent que les amuser davantage, Sinead appréciait ce surnom que lui seul lui attribuait. L'eunuque se tenait donc dans sa boutique, l'air toujours aussi mystérieux et son sourire je sais ce que tu ne sais pas éternellement collé sur son visage. Elle aimait bien cet homme, enfin si on pouvait dire toujours le désigner ainsi, mais le fréquenter c'était comme jouer avec une fiole de poison : valait mieux éviter de la laisser tomber. Enfin, cette affirmation était vraie pour la plupart des personnes, sauf elle. Dans cette phrase, elle aurait plutôt était le poison, et Varys la main qui le tenait.
« Que me vaut le plaisir de votre visite ? Demanda finalement Sinead en se rapprochant. »
Le sourire de Varys ne changea pas d'un iota, mais il sortit les mains de ses poches et s'avança également de quelques pas vers elle.
« Je passais non loin, et le plaisir de vous voir m'a fait franchir votre porte s'en même que je m'en rende compte, expliqua t-il de sa voix mielleuse.
_ Vous me flattez Maître Araignée, fit Sinead en baissant humblement la tête. Je ne suis pourtant qu'une simple marchante de plantes diverses. »
Leurs regards amusés se croisèrent, tandis qu'ils s'affrontaient ainsi silencieusement, mais plus par jeu que par réel défi. Car il n'y avait aucune rivalité entre eux, ils se testaient simplement, comme l'auraient fait de vieux amis après une longue séparation.
« J'imagine tout de même que le plaisir seul de me voir n'est pas l'unique moteur de votre action, continua cependant Sinead qui ne pouvait retenir son envie de savoir ce qu'il avait à lui apprendre.
_ Hélas, c'est on ne peut plus vrai. Je viens vous apporter les nouvelles de nos amis en voyage, expliqua-t-il tandis que la jeune femme comprenant instantanément la référence à Gendry et Tomoe. Malheureusement, mes oisillons ont perdus leur trace. Mais, j'ai une petite idée de l'endroit où ils pourraient se trouver.
_ Est-il sage de les laisser s'évanouir ainsi dans la nature? Questionna Sinead.
_ Tant que nous gardons un oeil sur eux, continua aimablement Varys, nous pourrons toujours les utiliser le moment venu. Ce qui m'emmène à la deuxième raison de ma venue ici. Votre amie, Leana Snow. Avez-vous entendu parler de cette affreuse affaire concernant Sir Preston Verchamps?
_ Effectivement, reconnu Sinead, j'ai appris qu'un membre de la garde royale a été retrouvé mort ce matin. Tué par un animal à ce qu'il paraît.
_ Certains auraient reconnu la morsure caractéristique d'un loup, continua imperturbablement Varys.
_ Que connaissent les sudistes aux animaux du Nord? Répliqua la jeune femme rousse étonnée qu'elle ne puisse accepter cette version des faits.
_ Suffisamment pour que moi-même je vienne à y songer également, dévoila-t-il. Notre amie commune, avez-vous continué vos recherches à son sujet?
_ Oui, souffla Sinead. Malheureusement, le sujet est vaste et obscur. Les ouvrages que j'ai à disposition ne sont pas suffisants.
_ Je vous fournirai ce dont vous avez besoin. Nous devons absolument savoir si nous pouvons nous servir d'elle ou non. »
Sinead baissa la tête, elle savait pertinemment qu'il avait raison : ils ne pouvaient pas se permettre de jouer avec le feu. Pas maintenant, pas après toutes ces années.
« Je trouverais ce qui nous intéresse, promit-elle.
_ Bien. Dans l'attente de notre prochaine rencontre… »
La jeune femme regarda la porte se fermer. Aucun doute ne l'habitait, seule sa mission comptait.
