Sandor

Le limier avait quitté la bataille à l'instant où il y avait eu plus de feu que d'ennemi, incapable de contrôler sa peur, il avait battu en retraite. Et pour essayer d'ignorer la honte, ou plutôt de la noyer, il s'était envoyé tout le vin qu'il avait trouvé à disposition. Ensuite, il avait insulté le Roi, et tout le reste, avant de se barrer de ce trou à rats, il était certain que sa tête serait mise à prix dès le lendemain, pour peu que Port-Réal ne tombe pas aux mains de Stannis. Et pour l'instant, c'était plus parti dans ce sens-là, et Sandor comptait bien être loin quand cela arriverait. Entre temps, il avait espéré emmener le petit oiseau, profitant de la confusion qui régnait dans le château, mais celui-ci avait refusé son aide. Ce premier refus l'avait enfoncé dans les méandres de sa confusion, mais il avait réussi à conserver suffisamment de lucidité pour essayer de retrouver Leana avant de quitter définitivement cette foutue ville.

Sandor avait d'abords essayer de lorgner parmis les hommes qui se battaient encore, mais il ne pouvait que difficilement l'apercevoir. Si elle était toujours entrain de lutter sur la plage, alors il ne pourrait pas la rejoindre, tout son corps refusait d'y aller. C'était tout simplement impossible pour lui. Il s'était donc retrouvé à arpenter les ruelles vides, sur le dos de son cheval, tenant vaille que vaille en croupe malgré son ébriété, espérant que pour une raison ou une autre que Leana se serait éloignée des combats. Tous les manants s'étaient enfermés chez eux, tentant d'ignorer ce qu'il se passait à seulement quelques mètres d'eux, oubliant ceux qui mourraient et saignaient. Il se rendait progressivement compte qu'il avait très peu de chance de la trouver tellement la ville était putain de grande, mais comme il avait de la chance, il finit par apercevoir quelqu'un qui avançait laborieusement. Il fit ralentir sa monture avant de l'arrêter complètement en reconnaissant Leana. Il la rattrapa alors qu'elle allait glisser sur le sol, et la porta jusqu'à son cheval malgré l'état où elle se trouvait. Ce n'était pas tant la terre et le sang sur sa tenue, mais plutôt les grognements qu'elle poussait qui étaient dérangeant. Sans chercher à comprendre, le Limier la fit monter sur sa selle, puis tout en la tenant d'une main, de l'autre il fit prendre le galop à Étranger, son destrier.

Ils arrivèrent devant une des portes de la ville, qui donnait sur la route royal en direction du Nord. Il n'y restait plus qu'un seul garde, car tout les autres avaient été dépêchés pour combattre les troupes de Stannis. Le pauvre bougre ne chercha même pas à les arrêter, un regard à Sandor suffit à leur libérer le passage. Le limier en profita pour laisser sa monture continuer à galoper pendant un long moment, jusqu'à ce qu'il considère avoir mis assez de distance entre lui et le feu de Port-Réal. De toute façon, il n'aurait pas été capable de continuer à guider son cheval plus longtemps, et il en tomba plus qu'il en descendit. Leana ne s'était pas débattue durant tout le trajet, il l'aida à descendre mais elle sembla avoir repris quelque peu ses esprits. Par contre, ses yeux étaient toujours jaunes, à tel point que Sandor venait à se demander s'il les avait vus gris une seule fois depuis leur départ de Winterfell.

« Es-tu blessé? Demanda-t-elle en tentant d'essuyer le sang qu'il avait sur le visage.

_ Non, répondit-il en retirant sa main avec un grognement. »

Elle ne semblait pas contrarié qu'il l'ait emmenée avec lui, comme si elle avait déjà décidé de quitter la ville. Ce qui expliquait pourquoi il l'avait trouvée errante dans les rues. Il y eut un petit silence gênant, ils se tenaient debout l'un devant l'autre, ne sachant pas vraiment quoi ce dire après avoir passé tout ce temps à jouer leur comédie. Mais, il y avait une chose qui taraudait Sandor depuis le début de cette maudite soirée.

« Ce connard, grogna-t-il. T'as couché avec lui?

_ Ce connard? Répéta Leana avant d'éclater de rire. »

Le limier se renfrogna en la voyant se gausser à ses dépends, mais d'un autre côté c'était également le son le plus agréable qu'il ait entendu de la soirée. Il la laissa donc reprendre son souffle plutôt que de l'insulter copieusement comme l'exigeait une partie alcoolisée de sa fierté.

« Tu parles de Bronn, reprit-elle les yeux brillants, je ne pensais pas que tu étais du type jaloux.

_ Réponds juste à la foutue question putain, rétorqua-t-il agressivement.

_ Il n'y a rien eu entre lui et moi, répondit-elle avec un sourire mutin. Je découvre des nouvelles facettes de toi…

_ Arrête avec tes conneries. »

Il l'empêcha de continuer à parler en l'embrassant soudainement à pleine bouche, faisant fi du sang qui les couvrait. Il la sentit fondre dans ses bras et la serra encore d'avantage contre lui, abasourdie par le bien être que cela lui procurait. Comment avait-il pu la laisser loin de lui pendant tout ce temps? C'était incompréhensible, et il se jura de ne plus jamais recommencer une telle connerie. Leana se colla contre lui, glissant ses mains dans ses cheveux et sur ses joues, il réprima son envie de se défiler, et lentement il commença à apprécier ses caresses plus que de raison.

Rapidement, son désir entra dans la danse et il intensifia leur baiser, mêlant sa langue à la sienne avec une avidité dévorante. Leurs respirations étaient aussi erratiques l'une que l'autre mais aucun des deux n'avaient envie de s'arrêter pour reprendre son souffle, ils avaient attendu trop longtemps pour cela. Sandor retira l'armure de cuir de Leana, tandis qu'elle défaisait les attaches de la sienne jusqu'à ce qu'ils se retrouvent tout deux nus sous la lumière diffuse de la lune. Cette situation lui rappela distraitement la première fois où il avait pu goûter au corps de la jeune femme, et il sentit une vague d'anticipation le parcourir. Il laissait ses mains parcourir le cou si doux de Leana, puis ses seins et son ventre, réalisant à nouveau à quel point il était bouleversé de pouvoir la caresser ainsi, sans avoir à payer les privilèges de sa participation.

« Sandor, fit-elle d'une voix autoritaire et légèrement plaintive, j'ai envie de toi… »

Le limier sentit son sexe le démanger en l'entendant prononcer ces mots, et il la serra convulsivement contre lui, incapable de contrôler le trop plein qu'il ressentait brusquement. Il enfouit son visage dans le cou de Leana, dissimulant son visage dans ses cheveux noirs qui sentaient le sang et le sable humide. Il se sentait incroyablement stupide mais l'alcool l'empêchait de penser rationnellement, et il ne savait pas quoi faire de ce qui habitait soudainement sa poitrine aussi douloureusement que agréablement. Plutôt que de se moquer de lui, la jeune femme caressa tendrement son dos du bout de ses doigts froids, envoyant des vagues rassurantes dans tout son corps, puis lentement elle l'attira sur le sol en s'asseyant. Il y avait un arbre juste derrière elle, et elle s'y adossa doucement, Sandor se retrouva à genoux entre ses cuisses. Elle attira son visage contre le sien pour venir l'embrasser à nouveau, jouant avec ses lèvres et sa langue jusqu'à le rendre fou de désir. Il se détâcha à regret d'elle pour plonger son regard dans le sien, dans une attitude défiante :

« Tu es à moi ? Demanda-t-il.

_ Evidemment, répondit-elle son regard jaune dans le sien. Et tu es à moi.

_ Je ne pourrais jamais être un homme bien, la prévient-il.

_ Je n'ai pas besoin que tu en sois un, répliqua-t-elle simplement. Tu n'as pas à choisir ou à décider. Tu es mon loup, c'est ta nature. »

Sandor sentit un sentiment incroyablement chaud partir de sa poitrine jusqu'à son entre-jambe qui l'élança soudainement. Il la voulait tellement qu'il laissa échapper un soupire rauque, mais il voulait être sur avant de continuer cette frasque étrange qu'ils vivaient à deux.

« J'ai quelque chose que je veux faire, déclara-t-il. Je ne pourrais pas être entièrement à toi avant.

_ Ce n'est pas exacte, le corrigea-t-elle avec un sourire malicieux. Tu es déjà à moi, mais tu accompliras ce que tu as à accomplir. Après tout, les loups sont libres de faire ce qu'ils veulent.

_ Tu es folle. »

Il ne savait pas comment exprimer autrement ce que lui inspirait la compréhension sans borne que Leana semblait avoir pour lui, personne sain d'esprit n'aurait dû pouvoir l'apprécier lui, un vieux chien brûlé empêtré de rancoeurs. Pourtant, quand il regardait dans les pupilles sauvages de la jeune femme, il ne voyait que du désir et de la compréhension. Il n'était pas prêt à réfléchir à ce qu'il ressentait, mais il pouvait essayer d'accepter ce qu'elle lui donnait.

« Fais moi l'amour, chuchota Leana les joues rouges et le regard brillant. Assez de paroles. »

? ゚ヘヒ? ゚ヘヒ

Sandor s'appliqua diligemment à son ordre, il reprit possession de ses lèvres tandis qu'elle se collait langoureusement à lui, frottant son entrejambe contre la sienne. Il sentit ses mains se serrer sur ses hanches tandis qu'elle était entrain de s'exciter sur son membre virile. Quant il l'eut réalisé, il attrapa sa jambe et la poussa sur le sol l'empêchant de bouger librement, puis de sa seconde main il fit glisser ses doigts sur son sexe mouillé caressant son point le plus sensible ou les faisant entrer dans sa fente. Les petits gémissements de plaisirs et de frustrations qu'elle poussait à chaque changement étaient délicieux à entendre, il aurait pu continuer ainsi si elle ne l'avait pas soudainement griffé au sang avec un regard autoritaire. Le message était suffisamment claire pour qu'il le comprenne immédiatement. Il passa une main sous les fesses de Leana pour la surélever tandis qu'il enserrait ses épaules de l'autre pour la tenir contre lui. Leurs bouches se touchaient à peine, et leurs regards étaient profondément liés, se gorgeant de la vision de l'autre avec délectation.

Sandor peinait à réaliser l'étendu du désir qu'il ressentait, pourtant il attendait tout de même avant de se permettre à entre en elle, il voulait être sur qu'elle ressente la même chose et qu'elle prenne le plus de plaisir possible.

« Je suis à toi, souffla-t-elle.

_ Je suis à toi, répondit-il. »

Il entra lentement en elle comme pour profiter de l'explosion de sensations qui les assaillit soudainement à chaque léger mouvement. La respiration de Leana se fit plus saccadée, et la sienne plus sèche tandis qu'il se sentait en elle avec tellement de plaisir qu'il craignit un instant qu'il allait finir avant même d'être entré complètement en elle. Finalement, d'un coup de hanche plus sec, il fit entrer entièrement son sexe dans le sien, et Leana poussa un petit soupir satisfait avec un sourire heureux qui envoya une vague de désir à Sandor. Il se mit alors à bouger, entrant et sortant à un rythme régulier jusqu'à ce qu'il entendit les gémissements de la louve emplir l'air. A ce moment-là, il se sentit perdre la tête à tel point qu'il ne savait plus si c'était seulement les sons qu'elle faisait ou le fait qu'ils soient entrain de baiser qui le faisait jouir. Il attrapa les cheveux de Leana et les tira en arrière pour la forcer à se cambrer d'avantage lui permettant d'entrer encore plus profondément en elle redoublant ainsi leur plaisir. Incapable de résister à l'injonction des gémissement de la louve, Sandor accéléra ses mouvements de hanches jusqu'à ce que soudainement il atteigne l'extase si violemment qu'il resta le souffle coupé un instant.

Une fois revenu à lui, il se rendit compte qu'il avait fini avant Leana, mais celle-ci ne lui fit aucun reproche, elle se contenta de le regarder avec un air effronté. Il l'attira contre lui pour l'embrasser fébrilement, avant de laisser ses doigts rejoindre le sexe de la louve qui était encore humide. Il recommença son petit manège qu'il avait dû arrêter peu avant, mais cette fois-ci il ne s'arrêta pas, même quand Leana commença à essayer de se soustraire sous le coups de la jouissance, et il ne s'estima satisfait que quand il la sentit finir à son tour. Il l'accueillit dans ses bras alors qu'elle tentait de s'y blottir pour profiter à l'abri de ce qu'elle venait de vivre.

? ゚ヘヒ? ゚ヘヒ

« Dors, fit-il simplement, je prends la première garde. »

Leana hocha discrètement la tête, elle s'installa un peu plus confortablement puis rapidement sa respiration se fit plus longue prouvant qu'elle venait de s'endormir. Sandor la regarda un instant, il ne pouvait pas nier ce qu'il venait de se passer, et maintenant il ne pouvait plus nier non plus ce que la louve ressentait pour lui. Et, étrangement, il était satisfait pour ce qu'elle lui avait dis. Il attrapa la cape de la jeune femme qui traînait, puis il l'utilisa pour la couvrir. Après tout, l'hiver était là.

? ゚ミᄎ? ゚ミᄎ

Le lendemain, Sandor fut réveillé par des bruits de vomissements juste à côté de lui, il se redressa en jurant avant de découvrir Leana qui rendait son repas de la veille.

« C'est ma gueule qui te fais cet effet là? Ironisa-t-il.

_ Hilarant, rétorqua-t-elle faiblement. J'ai dû me prendre un coup dans le bide.

_ C'était ta première bataille? Demanda Sandor.

_ Oui, avoua Leana en serrant les lèvres.

_ C'est normal.

_ C'était quand ta première bataille ? L'interrogea-t-elle après s'être légèrement éloignés.

_ Le sac de Port-Réal, lui raconta-t-il vaguement, j'avais douze ans.

_ J'ai déjà dix-sept ans…

_ Tu n'es qu'une gamine.

_ Je suis un loup ! »

Sandor ricana, se moquant ouvertement d'elle mais la louve préféra l'ignorer. Ensuite, ils bougèrent jusqu'à un ruisseau un peu plus loin, pour se laver des traces multiples de leur intense soirée. Leana se découvrit quelques coupures sans trop d'importance, tout comme Sandor qui n'avait qu'une un peu plus profonde qui écopa d'une pansement misérable constitué d'un morceau de la chemise de la jeune femme.

« Qu'est-ce que tu comptes faire maintenant ? Demanda Sandor en continuant de se nettoyer.

_ Robb se trouve dans les terres de l'ouest, déclara Leana, Arya est portée disparue dans les environs, Bran et Rickon sont retenus prisonniers à Winterfell.

_ Et le petit oiseau à Port-Réal, rappela-t-il. C'est un putain de bordel.

_ C'est notre bordel maintenant, plaisanta la jeune femme. On est ensemble dedans. Et je t'aiderai avec le tien également.

_ Je n'ai pas besoin d'aide, rétorqua-t-il.

_ Je ne le ferais pas à ta place, le rassura-t-elle. Simplement, tu auras peut-être besoin de mon aide pour arriver jusque là. »

Le limier se mura dans un sombre mutisme, il n'était pas assez saoul pour débiter son histoire comme il l'avait fait avec le petit oiseau. Pourtant, une part de lui voulait tout de même laisser Leana connaître cette partie de lui, mais il craignait également sa réaction. Ce qui était particulièrement stupide.

« Comme tu veux, décréta-t-il finalement.

_ Est-ce que tu veux me dire ce qu'est ton but? Demanda Leana sans même se tourner dans sa direction. Tu n'es pas obligé.

_ Je veux tuer mon frère, lâcha-t-il de mauvaise grâce.

_ La montagne, se rappela la louve qui avait sûrement dû le voir le jour du tournoi. Une raison particulière en-dehors du fait qu'il doit sûrement être un énorme malade? »

Sandor ne put s'empêcher de laisser échapper un rire bruyant qui ressemblait plutôt à un aboiement, elle avait parlé avec tellement de légèreté d'un homme qui était censé être un chevalier Lannister reconnu !

« Il y a d'autres raisons, reconnu-t-il finalement après qu'elle lui ait jeté un regard amusé. Un jour je te le dirais. Mais pas aujourd'hui.

_ Ça me va. »

Ils rassemblèrent leurs affaires, ils n'avaient en tout et pour tout que leurs armures respectives, que Sandor ne remit pas conservant uniquement certains pièces dont sa cotte de mailles, leurs armes, et aucunes nourritures. De plus, un seul cheval risquait de s'avérer compliquer s'ils comptaient chevaucher longtemps.

« Il va nous falloir une autre monture, déclara Sandor.

_ Effectivement, reconnu Leana. J'ai encore un peu d'or que m'a laissé… Mon père.

_ J'ai également la récompense du tournoi de la main, expliqua-t-il. Où veux-tu aller en premier?

_ J'aimerais essayer de rejoindre Robb, peut-être pourra-t-il me donner des hommes pour reprendre Winterfell. Et en même temps nous essayerons de trouver des informations sur ce qui est arrivé à Arya.

_ Je ne suis pas sûr que les hommes de ton frère seront ravis de voir le chien Lannister.

_ Tu ne l'es pas, répliqua Leana. Et puis, je suis la pupille d'Eddard, ses hommes n'oseront pas s'en prendre à mon loup.»

Sanodor grogna pour montrer ce qu'il pensait de sa confiance en son frère, mais il ne chercha pas à la faire changer d'avis. Après tout, il savait que c'était peine perdue.

« Aux dernières nouvelles, Tywin se trouvait à Harrenhal, autant éviter cette zone, conseilla le limier, ma tête est sûrement déjà mise à prix.

_ On fera attention. »

Finalement, ils chevauchèrent toute la journée avant de trouver une auberge où ils puissent faire halte. Heureusement, leur argent leur permit d'être accepté malgré leur dégaine étrange, mais comme ils ne portaient aucun insigne cela facilitait la tâche du tenancier. Ils purent y manger, et y dormir pour une somme raisonnable, mais surtout ils y trouvèrent un second cheval que Leana pu monter. Et, ainsi, Sandor découvrit que la jeune femme n'aimait pas spécialement l'équitation.

« Je préfère marcher, ou courir, soupira Leana l'air misérable sur son cheval.

_ On ne pourra pas être aussi rapide qu'avec des chevaux, lui fit remarquer Sandor.

_ Il faut que je lui trouve un nom alors, déclara-t-elle en changeant sciemment de sujet. Le tien s'appelle Étranger, donc il faudrait que je lui donne le nom d'un des nouveaux dieux.

_ Ce n'est pas obligé, rétorqua-t-il agacé par son comportement puéril qui l'exposait à cause du nom qu'il avait donné à sa monture.

_ Déjà c'est un mâle, donc on oublie Jouvencelle ou Mère, continua-t-elle de réfléchir à haute voix en l'ignorant volontairement. Ferrant serait un peu bizarre, et Étranger est déjà pris. L'appeler Père serait vraiment trop dérangeant, donc il ne reste que Guerrier. Ce sera donc Guerrier ! »

Sandor renifla dédaigneusement, refusant de faire partie de cette farce.

« Tu n'es pas amusant.

_ Je ne suis pas censé l'être, répliqua-t-il. »

Leana sembla se renfrogner et le reste de la journée se passe en silence. Cette fois-ci, ils avaient pris des provisions et ils purent continuer de voyager sans avoir besoin de se rendre dans des auberges. Sandor appris à s'habituer à la présence d'une autre personne continuellement avec elle. Au début, il trouva cela terriblement dérangeant, peu importe ce qu'il faisait Leana était toujours là pour le voir. Ce qui était logique, mais cela ne pouvait pas l'empêcher de lui hérisser les poils, il se sentait toujours sur le quivive. Pourtant, progressivement, il se rendit compte que la louve n'était pas une compagnie désagréable même sur le long terme. Elle n'était pas spécialement bavarde, bien au contraire, et elle ne faisait jamais de remarque sur sa consommation d'alcool ou ses sautes d'humeur. Quant au vin, il arrivait même qu'elle en prenne largement ce qui menait à des soirées arrosées plutôt intéressantes.

Et, surtout, il y avait tout les moments qu'ils partageaient à deux. C'était quelque chose qu'il ne pensait pas avoir l'opportunité de connaître dans sa vie merdique. Mais les dieux semblaient avoir décidés de se foutre de sa gueule jusqu'au bout. Elle n'était toujours pas dégoûtée de lui, au contraire elle recherchait fréquemment ses étreintes, et souvent ils finissaient par faire l'amour un peu partout où ils avaient de l'intimité. Il ne se lassait pas de la regarder ni de la toucher, c'était un privilège qu'il jalousait, et dont il réalisait progressivement qu'il ne pourrait plus se passer. Il lui arrivait plusieurs fois de se réveiller durant la nuit, une sourde inquiétude l'étreignant, pour vérifier que la louve se trouvait toujours sous les fourrures. Il attendait ensuite le jour en l'observant dormir, à moitié incrédule qu'elle ne se soit pas encore fait la malle en douce. Même si ça aurait été tout à fait en contradiction avec le caractère de la louve, il s'en rendait bien compte.

Malheureusement, les jours qu'ils passèrent ainsi à progresser sur la route en direction des Terres de l'Ouest, prirent une tournure différente quand ils arrivèrent à Pierre Moûtier où ils croisèrent une bande d'hommes armées que Sandor reconnut finalement comme étant la Fraternité sans bannière.

« On devrait te faire examiner par un mestre, déclara Sandor l'air renfrogné ce matin-là.

_ Te ferais-tu du soucis pour moi? Plaisanta Leana qui avait un petit sourire provocateur malgré ses traits tirés et sa peau très pâle.

_ Arrête tes conneries, la rabroua-t-il durement. Tu as une saloperie pour dégobiller aussi souvent, j'en ai putain de marre de te regarder faire tout les matins. »

Il allait continuer sur sa lancée quand il sentit soudainement que quelque chose n'allait pas dans les environs, Leana semblait avoir réagis également car elle avait déjà tiré son épée. Ils arrêtèrent leurs chevaux, mais au même moment une bande de brigands surgit des buissons et se lança sur eux en hurlant. Sandor réagis instinctivement et il trancha le premier qui s'approchait trop près de lui. L'assaut fut aussi bref qu'intense, car alors que deux autres hommes essayaient de le faire tomber de sa monture, ils furent interrompus par un grand cris.

« Arrêtez ! Hurla un garçon en tentant de retenir leurs assaillants malgré sa taille.

_ Arya?! S'écria la louve en descendant de son cheval pour la rejoindre.

_ Leana ! Répondit le garçon qui semblait donc être finalement une fille.

_ Leana Snow? Répéta un des brigands visiblement tout aussi choqué de la voir ici. »

S'en suivit alors une grande confusion où plus personne ne savait qui devait tuer qui, Sandor songea même à en profiter pour prendre la fuite mais il rechignait à partir sans Leana. Surtout que s'il s'agissait bien de Arya Stark, alors ils auraient au moins accomplie une partie de leur objectif. Finalement, un autre homme fit son apparition parmis leurs adversaires, et Sandor le reconnut comme étant Beric Dondarrion, et il pu ainsi identifier leurs attaquants : la Fraternité sans bannière. Il ne ressentait que du mépris pour eux. Qui ne fit que s'accentuer quand leur chef s'avança pour faire sa déclaration.

« Sandor Clegane est arrêté pour les crimes commis par les Lannisters, déclara-t-il froidement. Rends-toi calmement ou nous utiliserons la force. »