Chapitre 2: Dernière ligne droite
Cela faisait bientôt trois mois que Percy avait été attaqué par sa prof de math inexistante. Trois mois qu'il attendait des explications. Trois mois qu'il n'en recevait pas.
À chaque fois qu'il parlait de Mme Dodd (alias la chauve-souris-sorcière-démoniaque), Grover faisait la sourde oreille ou lui demandait si il était sûr d'aller bien, quant à Nikolaï, il se contentait d'un petit sourire impatient et d'un changement rapide de sujet. Il avait même été jusqu'à flirter avec une première que Percy connaissait vaguement!
Cette histoire obsédait tellement l'adolescent que ses notes avaient encore baissé et quand il voulait réviser pour les examens, tout s'embrouillait ! Déjà qu'il était dyslexique et hyperactif (et c'était sans parler de sa vingtaine d'écoles précédentes).
C'était son dernier soir pour réviser. En effet, l'examen avait lieu le lendemain. Malheureusement, cela ne signifiait pas pour autant la fin des cours, les élèves devraient encore subir presque un mois de cours et de sorties spéciales adolescents inadaptés. Heureusement le dortoir était calme, la plupart des pensionnaires étant soit dehors, soit au CDI.
Seuls Percy et Nikolaï étaient là. Pendant qu'il révisait son latin en mélangeant Hadès et Ares et en confondant les différentes maîtresses de Zeus (Et qui sommes nous pour l'en blâmer?), son meilleur ami était assis sur le rebord de la fenêtre, fixant le ciel d'un air inquiet, son cahier de math (et surtout de dessin) à la main. Percy s'énerva et finit par lancer son manuel contre le mur, tirant Nikolaï de sa torpeur:
-Qu'est ce qu'il t'arrive ? s'enquit ce dernier.
-J'y arrive pas ! s'exclama Percy.
-Keep calm Perc', c'est quelle matière ? demanda l'autre en s'approchant du manuel qui s'était retrouvé sous un lit.
-Latin, j'y arriverais pas, je confonds tout !
-Tu m'aurais dit math ou littérature j'aurais pu t'aider... soupira son meilleur ami, mais j'ai fait latin qu'en cinquième. Au pire, je fais une photocopie des questions dont t'as besoin et je te les passes avant l'examen... proposa Nik', tout à fait honnête dans sa proposition d'aider.
C'était le genre de personnes qui était capable de faire beaucoup de choses pour leurs amis. Du genre enfreindre un règlement. Ou cacher un corps. Avec Nikolaï, il n'y avait jamais de juste milieu.
-Oui et tu te ferais virer pour être entré dans la salle des profs... Non, vaut mieux que je me débrouille… refusa le plus jeune.
Nikolaï haussa les épaules et lui rendit son manuel.
La semaine d'examens passa en un éclair. Un éclair teinté de stress, de panique et de travail pour les uns, ou simplement d'ennui pour d'autres. Les élèves durent ensuite subir trois semaines de cours sans le moindre intérêt quel qu'il soit, avec l'inquiétude de leurs résultats planant au-dessus de leurs têtes. Au bout de ces trois semaines infernales, les élèves se retrouvèrent tous dans le grand hall d'entré de l'institut pour savoir s'ils étaient recalés et, si ce n'était pas le cas, quels étaient leurs résultats.
Désormais bondé, le hall semblait soudainement minuscule. Habituellement calme, enfin, aussi calme que cela était possible dans cet établissement, la pièce était plongée dans un vacarme indescriptible. C'était un concert de pleurs et de félicitations, mêlé d'insultes et, Percy était presque sûr d'avoir entendu une brusque exclamation en allemand.
Après plusieurs minutes d'attente et de bousculades, les trois amis purent enfin s'approcher du tableau où étaient affichés les résultats.
-C'est pas passé loin ! s'exclama Grover.
Il avait tout juste eu la moyenne. Nikolaï garda le silence :
-T'as combien ? demanda le premier en cherchant son ami sur la liste.
Son ami lui montra d'un geste presque ennuyé : dix-huit points sur vingt. C'était à se demander comment il faisait : il n'avait pas l'air de travailler, il était toujours en train de dessiner plutôt que d'écouter ses professeurs et il arrivait toujours à avoir des moyennes faramineuses. Quand à Percy, il ne disait rien et regardait d'un air vide le tableau.
-Qu'est ce qu'il y a ? fit Grover en s'approchant.
- Je ne passe pas... murmura son meilleur ami.
-Quoi !? C'est quoi ce del... commença Nik'.
C'était désespérant à quel point son tempérament pouvait s'avérer explosif lorsqu'il s'agissait d'un ami.
-Nik... l'arrêta Grover, comprenant que Percy n'avait pas besoin de ça en plus.
-Quoi !? Répliqua le brun.
Percy les ignora et s'en alla.
Un rapide coup d'oeil à sa montre indiqua à notre protagoniste qu'il était bientôt dix neuf heures. Percy soupira. Il avait dû faire au moins deux fois le tour de l'Institut comme c'était là. Il valait sûrement qu'il rejoigne le réfectoire, connaissant Grover, les autres y serait déjà.
Découvrir qu'aucun de ses deux amis n'étaient à l'intérieur fut sa deuxième mauvaise surprise de la journée. Et la troisième approchait à grands pas.
En effet, après un dîner prit rapidement pour éviter (du mieux qu'il pouvait) le comportement douteux de certains des autres élèves, Percy rejoignit le bâtiment des dortoirs. Il passait près d'une porte éclairée lorsqu'il entendis ds éclats de voix:
-Et comment sommes nous censé faire pour le protéger s'il n'est plus là !? demandait, ou plutôt s'exclamait, l'une des voix.
Percy reconnut celle de Nikolaï qui ne s'était visiblement pas calmé depuis le hall.
-On devra se débrouiller avec son prochain établissement.
Cette voix était celle de Brunner ! Qu'est-ce que c'était que ce bordel encore ?! Enfin la troisième personne parla :
-Mais il faudra trouver une nouvelle couverture… fit celui qu'il reconnut être Grover.
-C'est pas une question de couverture ! Ce qu'il faut c'est lui dire la vérité ! Pourquoi vous pensez qu'il a raté ses examens?! Ça risque de s'aggraver qui plus est ! S'exclama Nikolaï.
Percy commençait à avoir la désagréable impression que l'on parlait de lui.
-C'est vrai que la brume ne fonctionne pas très bien sur lui... murmura Grover, Je crois qu'il se doute de quelque chose.
-En même temps vu comment tu mens... répliqua Nik'.
-Le plus important, c'est d'augmenter sa sécurité. Si une furie a déjà réussit à nous échapper... Qui sait ce qui a put passer d'autre. dit Mr Brunner.
-Il faut avouer que le déguisement de Mme Dodds était vraiment réussi. Admit Grover.
Percy se redressa brusquement, bousculant au passage une plante en pot : Grover l'avait admis ! Mme Dodds existait bel et bien ! Il n'était pas fou !
-Vous avez entendu ? S'étonna Nikolaï.
-Oui.
Percy entendit comme un bruit de sabots qui s'approchait de la porte : il préféra se réfugier dans le dortoir.
