Chapitre 3: Où trois vieilles femmes tricotent l'écharpe de la mort

Percy réfléchissait sur son lit en fixant le ciel nocturne. Celui-ci s'apercevait à travers une fenêtre en face de son lit dont la tringle à rideau avait mystérieusement disparue. La chambre faisait désormais bien vide. En effet, la plupart des élèves avaient pris les bus entre seize heures et dix-huit heures. Il ne restait donc sur les six résidents habituels que Percy et Nikolaï, Grover étant logé ailleurs.

Toujours plongé dans ses pensées concernant la discussion qu'il avait intercepté, Percy failli ne pas entendre le grincement caractéristique de la porte du dortoir. Préférant éviter la confrontation, il décida de faire semblant de dormir.
Nik' entra et ferma la porte derrière lui. Un bref regard l'informa que Percy était très bien réveillé contrairement à ce qu'il prétendait. Il se laissa tomber sur le lit à gauche de son ami et soupira:

-Pas la peine de faire semblant Perç'... soupira Nikolaï.

-La ferme... murmura le brun sans pour autant bouger.

-Tu fais la tête parce que t'as raté tes examens ou pour autre chose ? poursuivit le plus âgé, se doutant qu'il avait tout entendu.

- Je ne sais pas trop, surement parce que c'est de votre faute si j'ai raté mes exam'. Lâcha l'autre en finissant par se retourner.

-Perc', c'est pas bien d'écouter au porte... railla Nik' sans pour autant avoir un ton moqueur.

-J'essaye de dormir. Coupa Percy.

-Comme tu veux...

Percy se retourna, signifiant clairement que la discussion était close. Nikolaï soupira et s'appuya contre le dossier de son lit.


Le lendemain, Percy alla déjeuner très rapidement et rejoignit le car qui devait conduire les derniers élèves à New York. Lorsqu'il s'était réveillé, Nik' était déjà partit et il avait tout fait pour éviter de le croiser. Il s'assit au fond du bus où il fut rejoint par Grover.

-Percy... Commença t-il.

Le brun ne l'écouta pas et augmenta le son de son portable. Il passa le reste du trajet dans un mutisme total jusqu'à ce que le véhicule se stoppe brusquement. Trente minutes s'était seulement écoulée depuis leur départ de l'institut.

-C'est quoi ça ? demanda Grover.

-Une panne je suppose. fit Nikolaï qui s'était assis dans le rang juste devant eux.

Percy se redressa et jeta un regard par la fenêtre pour voir où ils étaient, à savoir une route sinueuse, en plein soleil, vide et sans ombre. Yay. Ces derniers jours étaient vraiment infernaux.

-Sortez tous, le temps qu'on fasse redémarrer le bus. Ordonna le surveillant qui les accompagnait en leur désignant les portes coulissantes.

Les élèves se levèrent et sortirent en râlant. Dehors, le soleil tapait durement sur la route et ils commençaient à regretter sérieusement la climatisation du bus aussi futile soit-elle. Percy se mit à examiner les alentours, à la recherche d'un point ombragé où il aurait pu s'abriter. Il aperçut alors un camping car vieillot peint en bleu avec des motifs fleuris multicolores. Devant ce dernier, protégée du soleil par un auvent à rayures bleu claires et blanches, se tenaient trois vieilles femmes avec un étal contenant des jus, de la citronnade, des pommes et d'autres fruits d'époque.

-Je crois que je vais mourir de soif... Se plaignit un élève blond nommé Rick en passant une main sur son front.

-J'ai un peu de monnaie ! clamât Nikolaï, Que ceux qui ont de quoi compléter me le dise et je vais nous chercher de quoi boire !

Plusieurs personnes lui répondirent, ravi de ne pas s'approcher des trois femmes. Grover allait pour le rejoindre lorsqu'il aperçut le regard étrange de Percy.

-Qu'est ce qu'il y a ?

Il suivit son regard jusqu'aux grand-mères qui tricotaient actuellement une immense écharpe aussi colorée que les fruits qui se trouvaient devant elles.

-Elles sont flippantes... murmura Percy.

Son meilleur ami examina plus attentivement les vieilles femmes et pâlit d'un coup. Les trois venaient de couper le fil de l'écharpe. Percy eut l'impression d'entendre le claquement des ciseaux jusque là où ils étaient. Le brun frissonna avant de remarquer la pâleur de Grover.

-Eh, ça va mec ? S'inquiéta t-il.

-Percy, est ce qu'elles te regardaient ?

-Quoi ? S'étonna Percy sans comprendre.

Nikolaï se trouvait désormais devant l'étal à parler avec une des vieilles dames, c'était visiblement l'un des seuls à ne pas les trouver effrayantes. Il revint avec les boissons qu'il distribua aux autres, en gardant trois pour ses amis et lui.

-Qu'est ce qui vous arrive ? Vous vous faites encore la gueule ? demanda t-il en tendant leurs boissons.

- Nik', tu ne reconnaîtrais pas ces charmantes vieilles dames par hasard ? dit Grover, inquiet.

Il prit tout de même le temps d'attraper un des verres en plastique alors que le brun observait attentivement les couturières.

-Maintenant que tu le dis, je crois que c'est des amies de mon père... conclut-il en fronçant les sourcils.

-Ouais, bah elles font froid dans le dos avec leurs ciseaux ! répliqua Percy en grimaçant.

-Et elles le regardaient en coupant le fils. Avertit Grover.

Nikolaï pâlit et manqua de renverser le verre qu'il tendait à Percy:

-Nan, t'as du rêver.

-C'est bon, c'est réparé ! On repart ! Cria le surveillant en leur faisant signe de remonter dans le bus.