Chapitre 5 : Avis de tempête
Pendant le trajet qui les menait à Montauk, Percy raconta à sa mère ses derniers jours Yancy. Il y mit tellement de conviction, qu'il finit presque par y croire, bien sur il omit Mme Dodds et les trois vielles femmes. Sa mère commentait son récit joyeusement. Percy la regardait en souriant, le sourire de sa mère était l'équivalent d'un chocolat chaud ou d'une couverture de plume.
Au bout d'une heure de route et de joyeuse discussion, Percy et sa mère arrivèrent à Montauk. Devant eux se tenaient un bungalow de taille moyenne, faisant face à la mer.
-C'est le même ! s'exclama le lycéen, reconnaissant le bungalow
Avant, lui et sa mère y allait presque tous les ans, pendant les vacances d'été.
-J'ai fait exprès. Sourit t-elle
Il devait être presque 20 heure, aussi Mme Jackson et son fils s'installèrent dans le bungalow. Sally sortit alors un pique-nique pour deux et ils allèrent s'installer, avec une couverture, sur la plage.
Après qu'ils avoir mangés, ils comptaient aller se baigner mais de gros nuages sombres s'approchaient de la plage.
-On ferait mieux de rentrer. Soupira Sally
-Pas grave, on se baignera demain. Répondit Percy
Ils rentrèrent donc dans le bungalow, Percy enfila un T-shirt propre et un pantalon de jogging, puis il alla se coucher.
Pendant son sommeil, Percy fit des rêves étranges : dans le premier, sur la plage devant le bungalow, un magnifique étalon blanc se battait avec un aigle doré, celui-ci tentait de crever les yeux du cheval, tandis que l'autre tentait de s'en débarrasser. Percy essayait de s'approcher, de leurs crier d'arrêter mais la tempête couvrait sa voix.
Il se réveilla un peu, se retourna de l'autre coté et se rendormit.
Ce rêve était tout aussi étrange : dans ce rêve Grover était sur la plage avec Percy et il lui criait quelque chose, mais Percy n'arrivait pas l'entendre. Le rêve se modifia, cette fois Percy était sur le palier du bungalow devant lui se tenait Nikolaï :
-Tu compte rester endormi longtemps !? S'exclama celui-ci
-Qu'est ce que tu fais dans mon rêve ? S'étonna Percy
- Dépêche-toi de lui ouvrir, on t'expliquera en chemin ! répliqua le brun
Percy se redressa en sursaut, il allait se rendormir quand des bruits sourds à moitié couvert par la tempête l'interrompirent.
-Quoi !?
Le brun sortit de sa chambre, le bungalow n'étant pas très grand, il atteignit rapidement la porte où quelqu'un toquait de plus en plus fort. Il ouvrit la porte, devant lui se tenait Grover, trempé, toujours avec ses béquilles.
-Grove' qu'est ce que tu fais ici !? S'étonna t-il
-Percy ? Appela sa mère, réveillée par la tempête et la voix de son fils
-Mme Jackson, Percy…il faut qu'on parle. Dit gravement Grover
La mère de Percy blêmît, comme si elle connaissait la raison de la venue de Grover en pleine tempête.
Percy, Grover et Mme Jackson rentrèrent à l'intérieur :
-Madame, je sais que je vous vouliez le garder près de vous le plus longtemps possible, mais à son âge, la situation vas empirer… commença Grover
-Comment ça ? Mais il ne c'est rien passé cette fois… fit la mère de Percy
-Tu lui as pas dit pour Madame Dodds !? S'étrangla Grover
-Comment tu voulais que je raconte ça !? répliqua Percy
-Percy, qu'est ce qu'il c'est passé ? demanda Sally, l'air très inquiète
Alors que Percy allait répondre, un énorme crissement de pneu retentit dehors, puis on frappa à la porte :
-Quoi encore !? S'exclama Percy en ouvrant
Il se retrouva face à face avec un Nikolaï trempé, et pas forcément de bonne humeur :
-Tu crois vraiment que c'était une bonne idée de te barrer ?! On t'a cherché partout ! S'énerva celui-ci
-On a combien de temps ? Coupa Grover
-Pas assez, il faut qu'on se tire et vite ! répondit Nik'
-ἔρρ' ἐς κόρακας ! lança Grover
Percy mit un légers temps avant de comprendre qu'au lieu de l'anglais Grover avait utilisé du Grec ancien, et qu'il l'avait parfaitement compris !
C'est aussi à ce moment que le brun se rendit compte qu'à la place des chaussures de son ami se trouvait des sabots, il déplaça aussitôt son regard sur les pieds de Nikolaï mais, heureusement pour sa santé mentale, les siens étaient dans des converses toutes à fait normales.
- Percy, explique-moi maintenant ! dit la mère de Percy, de plus en plus pale
Percy grimaça et commença à parler très vite de ce qu'il s'était passé, de Mme Dodds aux vielles dames à l'écharpe géante.
Quand il eut terminé, sa mère était devenue aussi pale que la lune, si ce n'est plus.
-Si ça vous dérange pas, on ferait mieux d'y aller maintenant ! reprit Nikolaï en jetant un regard inquiet aux éclairs, pas de doute, il n'appréciait pas le ciel
- Laissez-moi juste le temps de prendre les clés de la voiture ! Continua Sally
-Pas la peine, je l'ai forcé ! Averti Nikolaï en sortant en pleine tempête
La mère de Percy s'installa devant à coté de Percy tandis que Grover et Nik' s'entassait au fond de Camaro.
Sally Jackson démarra dans un crissement de pneu et accéléra vers la route menant à la ville, pendant ce temps son fils se retournait pour vérifier qu'il n'avait pas rêvé et que Grover avait bel et bien des sabots fendus à la place de ses pieds.
-Comment vous vous connaissez tout les deux ? lança Percy, décidant d'ignorer les sabots
-Oh, on ne se connaît pas vraiment ! Disons que ta mère savait que je veillais sur toi. Expliqua l'adolescent
-Quoi ?! S'étrangla le lycéen
-En gros, notre très cher ami Grover et moi-même, on s'occupait de ta sécurité. Termina Nikolaï, qui n'avait pas ouvert la bouche depuis le début du trajet
-Mais on est vraiment tes amis, hein ! précisa Grover
-Donc tu es quoi ? Mi-humain mi cheval ? supposa Percy, fier d'avoir retenu quelque chose de ses cours de Latin
Nikolaï pouffa de rire :
-Bêêê ! Je suis un satyre ! Pas un centaure ! Un satyre ! s'écria Grover
-… Satyre… Tu veux pas dire comme dans les mythes que nous racontais Mr Brunner ? Souffla Percy
-Vue la tête de Mme Dodds et des vielle à la chaussette, je trouve pas ça si difficile à croire. Fit Nik' en haussant les épaules
-Je croyais que c'était une écharpe. S'étonna Grover
-Et sinon, à part le fait que je ne sois pas fous et que Mme Dodds existe, vous avez rien d'autres à me dire ? les interrompit Percy
-Tu dois comprendre que si on t'a rien dis c'était pour ta sécurité, moins tu en savais, moins tu avais de chance d'être repéré.
Percy et Nikolaï levèrent les yeux au ciel, Grover les ignora et continua :
-Lorsque Mme Dodds est morte, on a posé de la Brume sur les yeux des humains, on pensait que tu y croirais aussi, que tu penserais à une hallucination mais avec toi ça n'à pas marché.
-C'est quoi la Brume ? interrogea Percy
-Une sorte de camouflage qui dissimule les monstres et autres trucs surnaturels aux yeux des humains. Répondit Nik'
-Et pourquoi ça n'a pas marché sur moi ?
Nikolaï et Grover s'apprêtait à répondre quand une sorte de mugissement, assez proche, retentit.
- On n'a pas le temps pour ça, on doit se trouver un abri et vite ! Coupa Mme Jackson
-De quoi ? Qu'est ce qui nous poursuit !? S'inquiéta son fils
-Rien de grave, juste le seigneur des morts et quelques un de ses serviteurs, une broutille. Ironisa Grover
Nikolaï grimaça, d'habitude, c'était lui qui faisait ce genre de remarque mais il n'avait pas trop la tête à ça.
-Grover ! avertit Sally, d'un air sévère
-Désolé madame.
Pendant ce temps, Percy restait bloqué sur le bouton pause, essayant de réfléchir mais son imagination était en rade, il n'arrivait pas à concevoir que ce qu'il se passait était vrai, c'est un panneau avec marqué cueillette de fraise qui le ramena au bouton marche.
-Où on va ? demanda t-il
-A une sorte de colonie de vacance. Dit Nikolaï, très sérieusement
-Je suis désolé chéri, j'aurais préférée que ça n'arrive pas mais…
Sally s'interrompit avant de reprendre :
-Ton père voulait t'envoyer là-bas, il trouvait que c'était plus sur, mais je n'ai pas voulu…
- En tout cas, dis-toi que là-bas il n'y a pas de grand-mères flippantes. Raccourci Grover
-Du genre celles qui ont coupé un fil ? Les amies de ton père ? lança Percy en direction du troisième lycéen
Sa mère sursauta et se retourna légèrement :
-C'était pas franchement des vielles dames… commença Nikolaï
-C'était les Parques, Percy. Elles ne coupent le fil que lorsque tu vas… lorsque quelqu'un vas mourir ! Termina Grover
-Tu ? releva Perc'
-Pas toi, quelqu'un. Répéta Grover
-Tu vas, genre moi ? Continua le brun
-Non ! Quelqu'un genre nous ! répliqua le satyre
Soudain, un éclair vient frapper juste à coté de la voiture, faisant grincer des dents Nikolaï, juste après ça, Sally fit une grande embardée pour éviter ce que Percy identifia comme une montagne fantôme. Il voulut se retourner, mais avant d'avoir put faire quoi que ce soit, la voiture explosa.
