Chapitre 8 : La colonie des sangs-mêlés

-Percy ! s'exclama Nikolaï en se dirigeant vers son meilleur ami

Celui-ci venait de s'effondrer sous ses yeux après avoir tué le Minautore, ce qui n'était pas un mince exploit.

Alors que Nik' courait vers l'autre lycéen, il fut fauché par le jaguar qui le projeta contre un pin.

-Tu commence à me taper sur les nerfs toi… grinça le brun en se relevant, épée en main

Le félin gronda et commença à tourner autour de l'arbre. Le russe leva les yeux vers la créature, une sorte de feu violet brulait à l'intérieur de ses pupilles.

- Amène-toi…

Le monstre le prit au mot et bondit sur Nikolaï, mais celui-ci planta son épée dans le torse du fauve qui lui planta tout de même ses griffes gauches dans l'épaule.
L'adolescent repoussa le corps à terre et il disparut dans la même poussière doré que le Minautore.

-Bordel, Perc'… dit il en arrivant devant son ami, au sol

Le lycéen vérifia les signes vitaux de l'autre adolescent, heureusement, il était en vie. Le brun l'attrapa par les épaules et le traîna jusqu'à être dans l'enceinte des braseros. Il se tourna ensuite vers le satyre, toujours inconscient contre l'arc.

-Bon… On dirait que j'ai pas le choix… soupira Nikolaï

Il ferma les yeux, de longs voiles de fumée épaisse et noire sortirent de l'ombre du russe. Ils entourèrent rapidement les deux autres adolescents et commencèrent à les soulever. Leur inconscience était la bienvenue : ils auraient surement peu appréciés de se faire transporter par ces ombres.

Nik' rangea son épée dans l'étui noir qu'il portait et commença à marcher vers l'intérieur de l'enceinte, suivit par les corps volant de ses amis.

-Qu'est ce que tu fous là ?! L'interpella une voix sur le coté

Le lycéen se tourna vers la personne à qui appartenait la voix, devant un grand bungalow aux rideaux argenté se trouvait une adolescente blonde aux yeux gris qui devait avoir un an de moins que Nikolaï. Et elle ne semblait apparemment pas ravie de le revoir.

-J'ai pas franchement le temps de te parler Annabeth. Répliqua le brun

-Qu'est ce qu'ils leurs aient arrivés ? T'as encore laissé les autres se battre pour toi ? Railla la blonde d'un air sombre

L'adolescent serra les dents, ses ombres commençaient sérieusement à le fatiguer et ses blessures à l'épaule et à la jambe le lançaient douloureusement.

Il décida d'ignorer son interlocutrice et se dirigea vers l'infirmerie.

Deux jours plus tard :

Percy se réveilla dans un lit en bois et aux draps blancs. Il avait l'impression d'avoir un concert de Slayer en boucle et au volume maximum dans son crâne. Il regarda autour de lui : il se trouvait dans un bâtiment en chêne avec des fenêtres aux rideaux orangés tirés. La pièce était seulement éclairée par la lumière tamisée provenant de l'extérieur.

L'adolescent se redressa sur ses oreillers, il n'avait que de vagues souvenirs de ce qu'il s'était passé pendant la nuit de sa fuite et pendant les deux jours qui avaient suivit son arrivée.

Il se rappelait vaguement qu'une fille l'avait veillé et qu'elle lui avait posée des questions sur un truc… ça avait un rapport avec le solstice, mais aucun moyen de s'en rappeler précisément.

Les lits autour de lui étaient tous vides, à l'autre bout de ce qui semblait être une infirmerie, se trouvait une porte en bois clair. À coté de celle-ci se trouvait une chaise sur laquelle se trouvait un homme assez jeune qui ressemblait beaucoup à un surfer avec ses cheveux blonds, son débardeur orange et son short. Toute fois, la centaine d'yeux bleus qui le recouvrait, n'était pas des plus normales ou rassurantes, surtout pour Percy.

-Euh… Exc-

Il fut interrompu par la porte qui s'ouvrit, éclairant brusquement l'infirmerie par les lueurs de l'après midi.

-Salut Argos ! lança Grover en entrant dans le bâtiment

Le surfer aux mille yeux lui répondit par un hochement de tête.

-Yo Perc', t'es réveillé ! s'exclama le satyre en se dirigeant vers le lit de son meilleur ami

-Ouais… Qu'est ce qu'il c'est passé ? demanda Percy

-Eh bien… C'est assez difficile à dire, j'étais dans les vapes… commença Grover d'un air coupable, Mais d'après ce que Nik' m'a raconté, t'as tué le Minautore !

Percy eut un petit sourire devant l'exclamation admirative de son ami.

-Et après, t'es tombé dans les pommes. Conclut l'adolescent

-Tiens, ça va lui ? Quand je me suis évanoui, il se battait avec un… Jaguar, je crois…

-Ouais, un familier, ce genre de bestiole suive souvent les grosses créatures. Elles sont plus petites mais bien plus fourbe ! Mais Nik' va bien, il a juste une blessure à la jambe et une autre à l'épaule. Expliqua le brun

-Tant mieux, mais il ne devrait pas être à l'infirmerie ?

-Il guérit vite. Bon, c'est pas le tout, mais monsieur D nous attend. Enfile ça et rejoins moi, on sera devant la grande maison. Elle est facile à reconnaître, elle dépasse tous les autres bungalows. Répondit Grover en posant un T-shirt orange et d'autres vêtements sur la table de nuit.

Percy acquiesça et le satyre sortit. Le lycéen tira les rideaux qui entouraient son lit et se changea rapidement. Sur le T-shirt se trouvait l'inscription : Colonie des Sangs-Mêlés. Il fronça les sourcils et enfila le vêtement. Le brun attrapa la boite à chaussure qui était posée sur sa table de chevet ainsi que le stylo bille et se dirigea vers la porte. Il salua Argos et sortit de l'infirmerie.

Dehors se trouvait une vallée entourée par la forêt, au fond s'étendait ce qui ressemblait à de grands champs de fraise. Divisant le camp en deux, une rivière passait avant de tomber en cascade près d'une combe sableuse où se trouvaient des adolescents entrain de s'entrainer entre eux ou sur des structures en bois.
Devant l'infirmerie se dressaient deux rangés de bungalow, la plupart étaient des bungalows normaux, mis à part un noir et sombre à l'orée de la forêt, un aux tentures bleus près de l'eau, et deux grands bâtiments blancs avec des statues devant leurs portes en bois accolées : ceux là ressemblait plus à des temples qu'à autres choses.

Derrière ces rangés, Percy aperçut une grande maison qui s'étendait sur deux étages : elle était blanches avec un toit marron, une terrasse, un grenier avec un œil-de-bœuf et une grande baie vitré qui donnait sur la terrasse.

Le brun siffla entre ses dents : c'était une sacrée colonie de vacance. Il traversa l'allée centrale, passant devant une serre, un terrain de basket et ce qui ressemblait à un terrain miné.

Alors qu'il passait devant un grand creux entourés de tables et d'auvents, il entendit un grondement et des cris. Sur sa gauche, près de ce qui devait être une arène, se trouvait un grand mur qu'escaladaient des adolescents qui devaient avoir une douzaine d'année. Tout ça lui aurait semblé normal si sur le mur ne coulait pas de la lave !

Percy frémit et continua son chemin. Après les bungalows, il passa devant de grands équipements d'accro-branches et d'équilibres sur l'une desquelles il aperçut une silhouette familière. Avant qu'il se soit approché, des sifflements se firent entendre, suivit d'une nuée de brume qui recouvrit partiellement les structures, faisant ainsi disparaître les adolescents et enfants qui s'y entrainaient.

Le lycéen grimpa les marches pour atteindre la terrasse couverte. Assis à une table d'extérieur en bois blanc se trouvaient trois joueurs de cartes. Le premier était Grover, il semblait nerveux et faisait trembler sa jambe… Enfin, son sabot droit. Le second était un homme assez petit, il avait des cheveux bouclés en bataille et portait une chemise mauve à motif de dauphin sur un short de beige. Il semblait très prit par le jeu et s'enfilait à toute vitesse des canettes de coca-light qui semblait réapparaître à coté de lui dès la précédente terminée.

Quant au troisième joueur, il s'agissait d'un homme en fauteuil roulant que Percy reconnut tout de suite : c'était Brunner, son professeur de Latin, toujours assis dans son fauteuil roulant.

-Ah ! Percy ! Viens t'assoir avec nous ! lui dit-il en l'apercevant

L'adolescent acquiesça et attrapa une chaise rangée près du mur de la maison, il alla s'assoir entre Grover (qui semblait prêt à manger ses cartes tellement il était stressé) et Mr Brunner. Dans un léger grincement de porte, une fille blonde et bronzée sortie de la maison et alla s'installer sur la balancelle qui se trouvait au bout de la terrasse.

-Percy, voici Monsieur D., c'est le directeur de la colonie. Expliqua Grover, Surtout, soit polit avec lui. Ajouta t-il à voix basse, Tu connais déjà Annabeth.

Il désigna l'adolescente blonde, Percy hocha la tête : connaître était un bien grand mot !

-Et tu te souviens de Chiron.

Le brun regarda son meilleur ami avec incompréhension.

-C'est le vrai nom de monsieur Brunner.

-Bien, nous sommes quatre joueurs maintenant. Fit le rondouillard en posant devant Percy un petit paquet de cartes

-Bon, j'suis censé de te souhaiter la bienvenue, alors : bienvenue. Ne compte pas sur moi pour te lancer des confettis ou pour crier « Hourra ». Continua t-il en regardant le garçon

Les yeux de l'homme au visage poupin étaient d'un marron presque bordeaux, un peu comme la couleur de certain vin. Mais ce n'était pas le seul détail qui dérangeait chez cet homme, si tant est qu'il en fût un, dans ses pupilles, et Percy s'en rendit compte, brulait quelque chose, une sorte de feu mauve et mystique. Et ce quelque chose n'avait rien de naturel.

-Euh…merci. Dit le lycéen en faisant trembler sa jambe

Il arrivait d'habitude à contrôler ce geste d'hyperactivité, mais là il était un peu occupé à chercher des explications.

-Monsieur Bru… Chiron, si vous travaillez ici, pourquoi être allé à Yancy ? demanda t-il

-Je lui ai posé la même question. Ton annonce. Ajouta Mr D. en jetant deux cartes au centre de la table

-Ma quoi ?

Le directeur de la colonie leva les yeux au ciel et expliqua rapidement à Percy ce qu'était une annonce à la belote.

-Percy, est ce que ta mère t'as dit quelque chose ? demanda mon ex-professeur de Latin avec son sourire bienveillant

-Elle… -un air sombre et triste passa sur le visage Percy- Elle m'a juste dit qu'elle ne voulait pas m'envoyer ici, mais que mon père pensait que c'était plus sur.

-Ta mère voulait te garder près d'elle, c'est normal mais… commença l'homme en fauteuil roulant

-Mais c'est comme ça qu'ils meurent. Coupa Monsieur D., Grover, tu joue ou tu dors ?

-Quoi ? Oui, oui, je joue ! s'exclama Grover en lançant trois cartes, probablement au hasard, sur celle de l'autre homme

Percy lui lança un regard incompréhensif à son meilleur ami, en quoi est ce que petit homme rond pouvait lui faire si peur ?

-Bon, je suis désolé de devoir te l'expliquer comme ça, mais le film d'orientation ne serait pas suffisant et de toute manière, Nikolaï l'a effacé du disque dur sans... le faire exprès. Soupira Brunner-Chiron

A la mention de son autre meilleur ami et de ce qu'il avait fait, Percy eut un petit rire : cette histoire lui rappelait beaucoup la « mésaventure » de Nancy Bobofit et son exposé d'histoire-géo, transformé en torchon pompé sur Wikipédia, avec des fautes en plus (qui lui avait valut un zéro et une sacré honte quand elle avait dut le lire à voix haute devant la classe).

-D'accord, allez-y, c'est pas ça qui vas changer grand-chose. Grommela Monsieur chemise hawaïenne avant de s'écrier : Rebelote ! Je ramasse.

-Tu sais déjà ce qu'est Grover n'est ce pas ? reprit Chiron

-Oui, c'est un satyre, c'est ça ?

Grover acquiesça :

-M'sieur, si vous la mangez pas, je peux avoir votre canette ?

-Quoi ? Ouais, vas-y. répondit l'autre avec un vague mouvement de main

Le satyre attrapa la canette et en arracha un bout avec les dents qu'il mâchonna avant d'avaler, comme une feuille de salade.

-Et tu sais ce qui t'as attaqué toi et Nikolaï avant que vous ne réussissiez à les tuer ?

-Un familier et un… Le Minautore. Fit Percy en jetant un regard à la boîte à chaussure, il se doutait qu'elle contenait la corne qui lui avait servit contre le monstre

-Ce qu'il faut que tu sache, c'est que si ces créatures sont vivantes, les forces que tu connais sous le nom de dieux grecs existent elles aussi. Termina Chiron

Et, au grand désarroi de Percy, personne n'appela les secours pour faire interner son professeur de latin, ce qui l'aurait surement rassuré par rapport à sa propre santé mentale.

-Vous êtes entrain de me dire que la mythologie est réelle ?! S'étrangla t-il, Zeus, Héra et tout le reste ?!

-Bien sur que nous existons ! répliqua Monsieur D. en levant les yeux au ciel

Il fit un mouvement de main et une somptueuse coupe en or ouvragé apparut sur la table, elle était remplie de vin.

-Monsieur… Vos « restrictions ». Lui fit remarquer Chiron

-Ah, oui c'est vrai. Désolé ! Lança t-il à l'adresse du ciel avant de changer sa coupe en canette de Coca-Light

Il y eut un roulement de tonnerre.

-Oh mon dieu… souffla Percy

-Mes dieux seraient sans doute plus appropriés. fit l'ex-professeur

-Ces restrictions sont vraiment handicapantes ! C'est bien une idée de mon père ça… grinça le rondouillard

-Vous êtes un dieu… Vous.

-Bien joué, tu veux tenter ta chance sur le nom ? Railla Monsieur D. en se tournant vers le garçon

C'était assez simple : vin+fils de Zeus=

-Vous êtes Dionysos. Comprit Percy, bouche-bé