Chapitre 9 : le gros lot
Monsieur D. acquiesça.
-Bravo Peter, tu as gagné le gros lot. Railla t-il en posant une nouvelle carte sur la table, Ah ! On dirait que cette partie est pour moi !
-Pas tout à fait. Corrigea Chiron en posant deux cartes par-dessus celles de Dionysos
Celui-ci jeta un regard noir au professeur de latin, qui l'ignora comme si il en avait l'habitude. Pourtant, un regard noir venant d'un dieu, semblait annoncer un futur peu réjouissant. Le dieu se renfrogna et fit apparaître une nouvelle canette. Il se leva et dit, en se tournant vers Grover et Chiron :
-Bien, j'aimerais pouvoir aller me reposer mais avant ça, il faut que je parle à Grover de l'exécution plus qu'imparfaite de sa mission. Chiron, vous emmenez notre nouvel arrivant dans le bungalow onze.
Grover pâlit encore plus si c'était possible et se leva à son tour. Brunner/Chiron acquiesça tranquillement. Le satyre suivit Mr D. à l'intérieur de la maison, laissant Percy seul avec son ancien professeur de Latin.
-Bien, il est temps de te présenter à tes nouveaux camarades de chambrés ! fit ce dernier
Percy se leva, s'attendant à ce que Chiron le suive en « roulant » mais au lieu de ça, l'handicapé s'appuya sur les accoudoirs de son fauteuil avec la ferme intention d'en sortir. Au départ, Percy crut qu'il avait réussit mais il s'aperçut bien vite que son ex-professeur s'agrandissait, en longueur comme en hauteur, jusqu'à dépasser la taille d'un homme normal.
Sauf qu'il n'avait pas de jambes. Enfin, si, il avait des jambes… Mais c'était des jambes de cheval couvertes de fourrure d'un blanc immaculé. Ainsi, le torse de Chiron était celui d'un homme normal mais le reste était le corps d'un grand cheval blanc.
Le regard Percy fit un aller retour rapide entre Chiron et le fauteuil roulant désormais vide. Puis il haussa les épaules, les satyres existaient, les dieux aussi alors pourquoi pas des boites pouvant contenir un « cheval » entier en ne faisant que la moitié de la taille nécessaire.
-Ah, ça fait du bien de se dégourdir les jambes, ce fauteuil m'a donné des crampes toute l'année. Soupira le centaure en descendant tranquillement les quelques marches du perron
Percy accéléra pour le rattraper.
-Je suppose que tu as déjà vu un peu de la colonie en sortant de l'infirmerie ?
-Euh oui, un peu. J'ai vu les bungalows, la rivière, la forêt, les structures d'entrainements et les champs. Précisa l'adolescent
-Ah oui, grâce aux pouvoirs de Mr D., les fraises poussent très bien et sans qu'on est besoin de beaucoup s'en occuper. On les vend aux restaurants de New York et à l'Olympe.
-L'Olympe existe aussi ?! En Amérique ?! S'étrangla le brun
-Eh bien, tout dépend de ce que tu entends par l'Olympe. Il y a le mont Olympe, qui se trouve en Grèce et puis il y a la demeure des dieux. Expliqua Chiron
-Mais ils ne sont pas restés en Grèce ou en Italie ? Continua le lycéen
-Les dieux, et la plupart des créatures mythologiques, suivent l'Occident. Avant il se trouvait en Grèce, puis en Italie et maintenant les dieux sont ici. Reprit le centaure, Tu n'as jamais remarqué que l'Occident s'inspirent toujours de l'architecture grecque ? Regarde la maison blanche, structure grecque typique.
Ils se trouvaient désormais plus ou moins au milieu de l'allée principale qui séparait les bungalows en deux cotés. Des adolescents qui jouaient sur le terrain de basket se tournèrent vers eux, de même pour les adolescents qui étaient dans le « champ de mines » devant le bungalow numéro 5. Le regard Percy croisa celui d'une fille brune, carrée comme une armoire à glace et qui devait faire une tête de plus que lui. Elle émit un rire désagréable et retourna faire des bras de fer avec les autres membres du bungalow.
Se rendant compte que Chiron avait continué sa route, Percy le suivit.
-Je peux vous poser une question ? demanda t-il
-Bien sur petit.
-Pourquoi est ce qu'il n'y a pas d'autres centaures ici ?
-Eh bien, contrairement aux satyres, mon peuple est bagarreur, peu enclin à l'enseignement. Répondit le professeur
-Mais vous enseignez vous, non ? poursuivit le brun
-Oui, j'ai fais vœu d'enseigner pour l'éternité.
Percy fronça les sourcils, un centaure qui enseignait, ça lui rappelait quelque chose.
-Si vous vous appelez vraiment Chiron, est ce que vous êtes… commença t-il
-Le Chiron de la mythologie ? L'éducateur de héros ? Oui, c'est moi. Interrompit le centaure
Ça expliquait tout, enfin, la plupart des choses.
-Qu'est ce qu'il va arriver à Grover ? reprit Percy, Il a très bien géré son rôle de protecteur.
-Grover est ambitieux, il a un grand rêve, et pour l'accomplir, il doit prouver qu'il est brave et courageux. Il doit réussir à trouver un nouveau pensionnaire et à l'emmener ici sain et sauf.
-Ça il a réussit, non ? Continua l'adolescent
-Selon moi oui, mais c'est à Mr D. et au conseil des Sabots Fendus d'en juger. Mais je ne pense pas qu'ils considéreront cette mission comme un succès. Grover a perdu ta trace dans New York, sans oublier ce qu'il est arrivé à ta mère. Qui plus est, c'est Nikolaï qui vous ramenés à l'intérieur de l'enceinte. Ça risque de ne pas être prit comme une forme de bravoure ou de courage par le conseil. Raconta Chiron
Percy sentit la culpabilité monter en lui : s'il ne n'était pas parti de la guerre en plantant là Grover et Nik', ça ne se serait probablement pas passé comme ça.
-Est-ce qu'il aura le droit à une deuxième chance ? S'inquiéta t-il
-C'était déjà sa seconde chance. Vu ce qu'il s'est passé la première fois, je lui ai conseillé d'attendre, il est encore tellement inexpérimenté pour son âge. Souffla le centaure
-Il a quinze ans, c'est ça ?
-Non, vingt-huit. Répliqua l'éducateur
Percy le regarda avec un air ahuri.
-Les satyres n'évoluent pas aussi vite que les humains, il a passé quasiment six ans en sixième. Et d'après les critères satyres, il est loin d'être un élève très talentueux. Tiens, on y est ! Annonça l'ex handicapé, Annabeth nous attends.
