Éclat
Paradisia était en pleine évacuation lorsque Sinedd tourna les talons afin de retrouver ses parents. C'était purement suicidaire. Il s'engouffra dans le bâtiment sens dessus dessous, apparemment déserté, et la voix de Micro-Ice lui parvint bientôt. Il appelait à l'aide. Le Shadow avança dans l'édifice dont les murs se lézardaient de plus en plus. Il trouva le Snow Kid ; celui-ci avait une jambe bloquée sous un tas de gravas et du sang s'écoulait abondamment d'une blessure à son front. L'autre joueur était sonné et, de ce fait, incapable d'utiliser son fluide pour se tirer de là.
En toute honnêteté, Sinedd envisagea un instant de ne pas s'occuper de lui, de rester focalisé sur son objectif initial. Il abandonna néanmoins bien vite cette idée et vint au secours du blessé. Il le saisit à bras le corps, déployant le Smog. Il avait à peine dégagé Micro-Ice de ce piège que les impitoyables tremblements secouant la planète eurent raison des résistances du stade qui s'effondra. Le Shadow s'en trouva figé d'horreur, les prunelles rivées sur le plafond qui s'écroulait sur eux. Par réflexe, il serra le Snow Kid à moitié inconscient contre lui.
C'est alors que le Souffle de l'autre joueur s'emballa. Tout gela, le sol se couvrit de neige et une titanesque colonne du fluide d'Akillian s'éleva, inondant les lieux de lumière. Quand l'explosion d'énergie cessa, le blessé était inerte et de la glace soutenait, telle la toile d'une araignée géante, les blocs de pierre qui cherchaient à les écraser. Le temps de réaliser ce qui venait de s'accomplir et Sinedd, usant encore de son propre fluide, quitta le stade, Micro-Ice dans les bras.
Les derniers vaisseaux étaient en train de décoller ; le plus en retard était celui de l'équipe d'Aarch. Le Shadow se jeta à bord tandis que les portes se refermaient et que les propulseurs de l'engin, poussés à fond, rugissaient. Simbaï se précipita vers les deux nouveaux venus, alarmée par le liquide carmin qui peignait d'une façon effrayante le Snow Kid. Mais la femme, après quelques secondes d'observation, n'esquissa pas un geste. Le blessé n'en était plus un. Il n'avait rien. Tout du moins, rien de visible. La guérisseuse calma patiemment les inquiétudes de chacun et s'éloigna. Toutefois, son expression en disait à la fois beaucoup et bien peu ; elle taisait ce qu'elle savait.
