Chapitre 15 : Songe d'une nuit d'été et autres pièces

Les trois adolescents marchèrent jusqu'à arriver dans une sorte d'amphithéâtre grec. Ce lieu était en majeure partie taillé dans la roche d'une falaise, lui donnant une teinte blanche bien qu'il fut peint à certains endroits.

-On ira au feu de camp après, le bungalow sept a décidé de nous montrer ses talents d'acteur. Prévint Grover en se dirigeant vers les marches

-C'est lequel le sept ? demanda Percy en grimpant

-Bungalow Apollon. Répondit simplement Nikolaï en s'installant au rang le plus élevé des gradins

Ces derniers commençaient tout juste à être remplis par les autres résidents. Percy se plaça entre Grover et Nik' et observa les nouveaux arrivants. Ceux-ci ne tardèrent pas à occuper les rangs, arrivant pour la plupart en groupe du même bungalow. Seuls les résidents du bungalow sept manquaient à l'appel.
Alors que son regard passait d'un demi-dieu à l'autre, Percy aperçut le regard noir d'Annabeth, heureusement pour lui, il ne lui était pas destiné mais pour son voisin de droite, à savoir Nikolaï. Si la blonde semblait vouloir l'étrangler sur place, le russe semblait juste… Triste. Ça, c'était quelque chose que Percy n'avait jamais vu. Et il connaissait Nik' depuis un an. Il avait rarement vu son meilleur ami exprimer autre chose que son calme et son ironie habituels, si ce n'était de la colère envers ceux qui s'en prenaient à Grover ouvertement (il avait fendue la lèvre d'un garçon pour ça en début d'année et ce dernier avait dut aller à l'infirmerie pour trois points de sutures).

Les observations du demi-dieu furent interrompues par les trois coups usuels au théâtre. Il se tourna donc vers la scène tout comme la plupart des adolescents, si ce n'est ceux qui discutaient et Nikolaï, qui avait replacé son casque sur ses oreilles. Percy secoua la tête en souriant : il ne savait même pas pourquoi ça l'étonnait encore.

Les fils et filles d'Apollon, aidés par deux fils d'Héphaïstos en coulisse, jouèrent donc une pièce de théâtre reprenant le « Songe d'une nuit d'été » de Shakespeare. Puis, ils enchainèrent sur une histoire de leur propre invention qui contait les aventures d'une équipe de demi-dieu qui voyageait dans le temps. Les effets-spéciaux, qui avaient étés fait par une fille d'Hécate, surprirent beaucoup Percy qui ne s'attendait pas à voir ça au théâtre.

La pièce se termina sur un deus ex machina et un happy end. Les acteurs firent un ou deux rappels puis s'en allèrent définitivement, les rideaux se refermant sur eux. Se rendant compte que la pièce était terminée, Nikolaï abaissa son casque et éteignit sa musique :

-Alors ? C'était bien ? S'informa t-il en se redressant

-T'avais qu'à écouter ! répliqua Grover en se levant

Peu à peu, les résidents quittèrent les gradins. Le soleil s'était couché derrière les arbres, laissant un ciel noir et dégagé au dessus de la colonie. Les trois amis suivirent le reste des adolescents jusqu'au creux où se trouvait le grand feu de camp. Là, ils s'installèrent dans l'herbe par groupes de trois ou quatre. Chiron arriva en dernier et « présida » cette réunion nocturne.

Après quelques paroles sur la pièce de théâtre à laquelle ils avaient tous assisté, 'fin tous à part Nikolaï, les résidents se mirent à chanter des chansons sur les dieux et les exploits de différents demi-dieux. Étrangement, Percy se joignit vite aux chants, sous le regard moqueur de son meilleur ami. Pendant ce temps, Nik' alla chercher des marshmallow pour eux trois et ils les firent griller au-dessus du feu tout en écoutant les histoires que racontaient Chiron et les autres pensionnaires.

Cette soirée était pour le moins plaisante, surtout pour Percy qui avait un grand sourire indécrochable au visage. Il se sentait bien, presque comme chez lui, il en oubliait même les problèmes qui l'avaient conduit ici et ceux qui étaient à venir.
Une, voire deux heures plus tard, une conque (ou une corne de brume, le lycéen n'en était pas tout à fait sûr) retentit. Nikolaï et Grover saluèrent leur meilleur ami qui partit, suivant les résidents du bungalow onze.

Percy ne se rendit compte de sa fatigue et son envie de dormir qu'en apercevant son matelas et son sac de couchage. Ces derniers qui lui étaient apparus si peu agréables lui semblèrent devenir l'endroit le plus confortable du monde. Il s'enfonça dans le duvet et jeta un dernier regard à la boite où se trouvait la corne du Minautore.
Se retrouvant pris dans un enchainement de pensée, il se remémora les meilleurs instants qu'il avait eus avec sa mère. Il n'était pas triste, non, il était plutôt… Déterminé. Car si les dieux grecs existaient, il en allait surement de même pour les enfers. Et l'un de ses meilleurs amis était le fils de leur roi. Il allait retrouver sa mère et il n'avait aucun doute là-dessus.

C'est donc sur ses pensées qu'il commença à s'endormir, entendant à peine la fin des discussions et la voix de Luke qui signalait le couvre feu.

De son côté, Nikolaï se dirigeait vers le bungalow sombre qui se trouvait près de la forêt. Les mains dans les poches de sa veste et la musique à haut volume dans son casque, il ne prêtait qu'une vague attention à ce qui l'entourait. Ce qui ne l'empêcha pas de lancer un regard sombre à l'idole représentative d'Hadès qui se trouvait en haut de la porte.
L'avantage d'avoir un bungalow pour soi, s'était de se dicter ses horaires, ses corvées et ses activités mais Chiron lui avait « déconseillé » de jouer ou de passer de la musique tard et ne parlons pas des embargos qu'il avait fichu sur les consoles qu'utilisait le russe.
Trois fois ce dernier les avait piratés et il devait apparemment le faire une quatrième ! La question restait de savoir qui du centaure ou du demi-dieu se lasserait le plus vite.
Nik' jeta donc un regard blasé à ses jeux et décida de laisser le piratage de logiciel mythologique à plus tard, préférant se contenter d'un livre qu'il avait relut plus d'une centaine de fois au vu de la couverture fatiguée. L'ouvrage était constitué de cuir et de feuilles écrites en cyrillique, datant plus ou moins de la première guerre mondiale.
Le brun soupira en tournant la première page : il avait la mauvaise impression que cette nuit allait être ponctué d'une énième insomnie.