Secours
Norata l'avait appelé, ne sachant vers qui se tourner tandis qu'un inconnu lui avait ramené Micro-Ice dans un état préoccupant. Aarch eut le réflexe de joindre Simbaï, dans l'espoir qu'elle puisse intervenir rapidement. La guérisseuse ne se fit pas prier, indiquant qu'elle partait sur-le-champ. Le coach décida de prendre la route à son tour. Il se devait d'épauler son frère, sa belle-sœur, autant que son ancien joueur. Mais lorsqu'il voulut quitter son bureau, il se retrouva nez à nez avec Ahito, ce dernier fermement résolu à l'accompagner.
Le goal, qui passait dans le couloir, avait entendu Aarch hausser le ton et ne s'était pas privé d'écouter aux portes. Le hasard, songea amèrement le coach, faisait cruellement les choses. Il tenta bien de raisonner le jeune homme, de lui faire reconnaître que de si brusques retrouvailles, alors même que Micro-Ice n'était pas au meilleur de sa forme, n'auraient rien de sain, mais le joueur se moquait éperdument de son opinion.
-Vous ne comprenez pas ! Je n'étais pas là quand il s'est réveillé ! Je l'avais déjà abandonné sur Paradisia ! Qu'est-ce que vous croyez qu'il ressentira s'il apprend que j'ai renoncé à venir aujourd'hui ? Je n'ai pas attendu cinq ans pour me défiler maintenant ! S'il va mal, je dois être présent pour le soutenir ! Emmenez-moi avec vous ! De toute façon, je trouverai un moyen d'y aller, alors autant ne pas perdre de temps à débattre ! Il faut absolument devancer la tempête ! Argumenta farouchement Ahito.
Aarch dut admettre que le goal n'avait pas tort. Le jeune homme n'était plus un enfant, et s'il se considérait assez solide pour faire face à Micro-Ice dans de telles circonstances, qui était-il pour l'en empêcher ? De plus, lorsque le mauvais temps aurait pris trop d'ampleur, ils seraient effectivement bloqués, aussi l'heure n'était-elle plus à la discussion. Ensemble, ils gagnèrent donc la demeure reculée du couple de fleuristes, les dernières minutes du trajet s'avérant difficiles dans le vent qui soufflait sans cesse plus fort et leur faisait parfois faire d'effrayants écarts.
Quand ils entrèrent dans la maison, ils furent attirés plus loin dans la demeure par les rugissements d'un homme. L'étranger qu'ils découvrirent avait plaqué Simbaï contre un mur. Non loin, Kira leur tournait le dos, raide et décomposée, ses prunelles rivées sur un point indéterminé de l'espace. A quelques pas, Norata se trouvait dans l'encadrement d'une porte, livide.
-Il devrait déjà être mort, disait-il d'une voix chevrotante. Mais ça n'en finit pas de saigner... Ça n'en finit pas, et je... Aarch ? Ahito ?
L'infirme venait de remarquer les nouveaux venus. Le goal, une boule au ventre, s'élança, bousculant l'ancien défenseur afin de voir la cause de ce tumulte. Il crut fléchir devant le tableau qui s'offrit à lui, mais il tint bon et, l'instant d'après, il comprimait l'affreuse plaie avec ses mains et un bout de drap.
