Chapitre 29: Bienvenu dans le train fantôme

Le soleil se couchait derrière les immeubles de Manhattan, projetant ses lueurs orangées sur les gouttes de pluies qui s'écrasaient au sol. Argos s'arrêta devant le haut bâtiment qui abritait la gare routière de Long Island. C'est un immeuble de deux ou trois étages marron, entouré de voitures et d'autobus prit dans les embouteillage. Les trois adolescents et leur conducteur mythologique descendirent de la camionnette et retirèrent leurs sacs du véhicule.

-Bon, votre bus est à 20 heure 30, essayez de ne pas le louper. Voici vos tickets. Les avertit le blond en leur tendant trois rectangles de papiers bleuâtres de sa main couverte d'yeux.

Annabeth les prit pour les ranger dans son sac tandis que les deux garçons remerciaient Argos. Ce dernier remonta ensuite dans sa camionnette et leur adressa un dernier signe (et regard) de la main en partant.

-On a plus qu'à attendre. Dit Annabeth en jetant un regard à sa montre

-C'est plutôt tranquille comme début de quête. Ajouta Grover en s'asseyant sur un banc

-Oui, mais je me serais passé de la pluie. Railla Percy en observant les alentours

Il fronça les sourcils en apercevant une affichette à moitié décollée accrochée à un poteau. Il s'approcha, ignorant la discussion que poursuivaient ses compagnons. Le papier était un avis de recherche en noir et blanc, détrempé par la pluie. Et sur la photo, c'était lui. L'adolescent pesta et se dépêcha d'arracher la feuille avant que quelqu'un fasse le rapprochement. Visiblement, il devait être tout près de chez lui. Enfin, de son ancien chez lui. Il était hors de question qu'il y retourne désormais. Surtout si Gaby y était.

-J'ai l'impression que tu penses à ton beau-père, je me trompe ? Fit Grover en s'approchant de son meilleur ami

-Tu lis dans les pensées maintenant ? s'étonna ce dernier

-Non, je ne suis pas encore le professeur Xavier, non. Mais les satyres peuvent lire dans les émotions. Répondit l'être sylvestre avec un léger rire

-Oh... Je trouves pas ça des plus rassurant.

Grover haussa les épaules avec un air attristé :

-Ne t'inquiète, je ne maîtrise pas tout à fait ça pour le moment. Ça me vient plus comme un instinct ou une impression.

Pery acquiesça simplement, le protecteur poursuivit :

-Elle ne la pas choisit pour rien tu sais.

Le fils de Poséidon lui lança un regard incompréhensif.

-Ta mère, elle n'a pas épousé Gaby pour rien. Son aura de mortel couvrait très largement la tienne. On la sent encore sur toi d'ailleurs. Elle l'a choisit pour te cacher Percy. Expliqua le satyre

-Merci, maintenant, j'ai qu'une envie, c'est de plonger dans l'Hudson. Railla son interlocuteur pour cacher son mal-être

Il avait l'impression que c'était de sa faute si sa mère avait subit toutes ses années Gaby, si elle avait disparut. Mais ce n'était pas vrai. Percy serra les poings. Il reverrait sa mère. Et pour ça, il était prêt à remplir cette stupide quête. C'était la seule chose qui poussait le demi-dieu à aller chercher l'Éclair. Jamais il n'aurait fait ça pour son père. Après tout, c'était à cause de Poséidon que sa mère s'était retrouvé dans une telle situation. Et ça, Percy comptait bien le faire comprendre à Hadès. Il s'en était prit à sa mère et à lui injustement, maintenant, il devrait réparer ses erreurs.

Mais la prophétie de l'Oracle continuait de résonner dans l'esprit de l'adolescent. La trahison d'un ami et la perte de ce qui comptait le plus. Mais qui comptait le plus pour qui ? Pour Percy ? Ou pour les dieux ?


La pluie n'avait toujours pas cessé de tomber. Le bus avait du retard et les trois adolescents avaient trouvé refuge sous un abri de bus.

Ils avaient bien tenté de se distraire en jouant au foot avec une pomme mais le jeu s'était terminé de manière prématurée. Alors qu'Annabeth se débrouillait comme une véritable pro, enchaînant les rebonds sur ses genoux, et que Percy s'en sortait plutôt bien, les deux adolescents avaient eut la malchance de propulser la balle un peu trop près de la bouche de Grover... Qui n'en avait fait qu'une bouchée. Littéralement. La situation avait déclenché un fou rire général.

Mais maintenant, ils avaient cessés de rire et l'attente était rapidement devenue insupportable. Et les voyageurs qui avaient rejoint les demi-dieux sous l'abri-bus n'aidaient pas à la distraction.
Heureusement pour eux, le car arriva finalement. Percy jeta un œil à sa montre : 21:13. Annabeth et Grover récupèrent leurs sacs et commencèrent à suivre les autres passagers pour entrer dans le véhicule. Alors que le fils de Poséidon posait un pied sur la marche, son protecteur se redressa et commença à renifler l'air.

-Qu'est ce qu'il y a ? s'enquit le demi-dieu

-Je ne sais pas... J'ai crut... Non, j'ai dû rêver. Répondit le satyre en secouant la tête

Percy fronça les sourcils, maintenant, lui aussi avait l'impression de sentir quelque chose. Il se retourna et observa les alentours mais il fut interrompu par une jeune femme qui lui intima poliment d'avancer. Le garçon obéit et entra dans le car. Il rejoignit une rangée au milieu du véhicule et s'installa avec Annabeth et Grover. La blonde était visiblement nerveuse, elle n'arrêtait pas de jouer avec sa casquette, la faisant claquer contre sa jambe droite, puis sa jambe gauche.

Soudain, elle s'interrompit et attrapa fermement le poignet de Percy. Celui-ci allait se plaindre, la jeune fille avait une sacrée poigne, quant Annabeth l'interrompit :

-Percy, regarde... murmura t-elle

De l'autre coté du bus, dans les derniers passagers qui étaient montés, se trouvaient trois vieilles femmes. Ce fut la première qui attira l'attention de Percy. Elle portait une espèce de bonnet orange ressemblant fortement à un plot de travaux ainsi qu'une veste et un sac assorti. A elle seule, elle aurait put signaler une déviation sur l'autoroute.

Lorsque Percy examina son visage, il se figea brusquement. Les yeux sombres de la passagère étincelèrent brièvement. Ses cheveux roux sombres striés de gris, ses traits figés dans un sourire malveillant et ses rides digne d'une momie du Met*...

Il s'agissait de Mme Dodds.


*Metropolitan Museum of Art