Chapitre 3: Potter 2.0
Deux ans plus tard…
Au 4, Privet Drive, en cette matinée du 1er septembre 1991, c'était la folie. En effet, après près de 10 ans d'attente, les jumeaux Potter entraient enfin à Poudlard. Il était 8h du matin, le train partait à 11h et les jumeaux n'étaient pas encore levés. Leur tante Pétunia, la seule adulte de la maison, monta et entra dans leur chambre. Elle les secoua doucement pour les réveiller. Elle sourit tendrement en les regardant émerger doucement. Elle redescendit et prépara le petit déjeuner des trois enfants qui vivaient sous son toit. Peu après, son fils Dudley arriva dans la cuisine rapidement suivi par les jumeaux. Elle passa les deux heures suivantes à s'assurer que les valises de ses neveux étaient prêtes et qu'ils n'oubliaient rien puis, à 10h, fit embarquer tout son petit monde dans sa voiture. Il leur fallut 45 minutes pour atteindre la gare puis Pétunia mit ses neveux dans le train après leur avoir fait promettre de ne pas faire de bêtises et de lui écrire pour lui dire dans quelle maisons ils seraient envoyés. Ils hochèrent vivement la tête et s'empressèrent de monter dans le train. Ils trouvèrent un compartiment vide où ils s'installèrent. Alors qu'ils hissaient leurs valises dans les filets, quelqu'un frappa à la porte. Harry lança un vague:
- Entrez !
Un rouquin pénétra dans le compartiment et demanda:
- Acceptez vous les réfugiés ?
Les jumeaux éclatèrent de rire et acquiescèrent. Le roux s'installa et se présenta :
-Ron. Ron Weasley. Et vous êtes ?
- Je m'appelle Harry et elle - il désigna sa soeur - c'est Thalia.
"Elle" lui donna un coup de pied puis reprit en s'adressant à Ron:
- Je suis la soeur de ce crétin congénital.
Harry répliqua:
- Tu sais ce qu'il te dit, le crétin congénital ?
Et les jumeaux se lancèrent dans une mini-course poursuite à l'intérieur du compartiment. Ils finirent par se rassoir, à bout de souffle et morts de rire. Le rouquin lâcha, sur le ton de la conversation :
- Cet été mes frères ont invité des amis. J'ai surpris une de leurs conversations : ils parlaient d'organiser quelque chose pour la rentrée, une sorte de tradition, je crois, mais j'ai pas pu entendre la suite.
Harry soupira et dit :
- Dommage, on verra bien.
Les trois enfants passèrent le reste du trajet à faire connaissance et à discuter des différentes maisons. Tous trois espéraient aller à Gryffondor.
Les jumeaux apprirent que Ron avait 5 frères plus vieux et une sœur plus jeune. Lui apprit qu'ils avaient deux frères et deux sœurs, qu'ils n'avaient pas vus depuis des années. Il apprit également qu'ils ne se rappelaient pas d'eux, et ne le savaient que parce que leur tante le leur avait dit. En effet, Pétunia ne leur avait rien caché des causes de la mort de leurs parents tout en leur précisant qu'elle ne savait pas ce qu'il était advenu de leurs frères et sœurs. Le roux leur dit qu'il serait ravi de les aider à les retrouver, s'ils étaient d'accord. Les jumeaux hésitèrent. Certes, Ron avait l'air fiable mais ils ne le connaissait pas, où qu'à peine, et ne pouvaient être sûrs de rien. Ils décidèrent finalement d'accepter son aide tout en précisant qu'il le paierait très cher s'il venait à les trahir. Il hocha la tête d'un air sérieux. Il se promit de tout faire pour ne pas les décevoir.
Lorsque le train arriva à Pré au lard, ils récupérèrent leurs valises et descendirent sur le quai en suivant le troupeau que formaient le reste des première année. Quand le château apparut devant eux la réaction fut unanime: les élèves poussèrent tous des « wow » émerveillés, des étoiles dans les yeux. L'homme qui les accueillit se présenta en disant simplement qu'il s'appelait Hagrid. Il ajouta qu'ils ne devaient pas monter à plus de quatre par barques. Ron et les jumeaux montèrent avec un garçon blond aux yeux acier qui, de l'avis de Thalia, avait l'air d'être « une saleté de gamin pourri gâté, snob et prétentieux comme pas deux ». Elle garda son impression pour elle, se doutant bien qu'il n'apprécierait pas d'être traité de la sorte.
Tandis que les jumeaux et leur nouvel ami passèrent la traversée à continuer de faire connaissance, pour l'autre occupant de l'embarcation le trajet en barque se passa dans un silence relativement pesant. En réalité, le blond était silencieux car il réfléchissait. Il savait que son père attendait - non, exigeait - de lui qu'il aille à Serpentard mais lui n'était pas très sûr d'en avoir envie. Il s'était toujours débrouillé pour agir de telle sorte que son père pense qu'il adhérait à ses convictions mais en réalité son meilleur ami était un moldu nommé Angus McKane. Il écoutait parler ses voisins de barque tout en se demandant à quel point son père serait furieux s'il allait ailleurs qu'à Serpentard. Il supposait que Serdaigle pourrait passer, peut-être Gryffondor aussi même il savait qu'il le sentirait passer aux prochaines vacances mais son père le tuerait s'il allait à Poufsouffle et ce n'était pas qu'une façon de parler…
Quelques minutes plus tard, le géant qui les avaient accueillis à leur descente du train les remit à une femme d'une petite soixantaine d'années qui semblait avoir vieilli prématurément. Les jumeaux ne purent manquer l'éclair de panique qui passa dans son regard lorsqu'il se posa sur eux.
Ils se demandèrent pourquoi elle avait peur d'eux. Non seulement, ils n'avaient encore jamais mis les pieds ici mais ils n'étaient que deux gamins de 11 ans. Elle n'aurait aucun mal à les maîtriser en cas de besoin.
Emboîtant le pas à leurs camarades de première année, ils la suivirent jusqu'à entrer dans le hall de l'école puis dans une petite pièce. Elle leur fit un discours sur le fonctionnement général de l'école et les laissa en leur disant qu'elle reviendrait les chercher dans quelques minutes pour les emmener rejoindre la grande salle pour la répartition. Aussitôt fut-elle partie que Drago vit l'occasion d'intervenir et la saisit. Franchissant les quelques mètres qui le séparaient du trio avec qui il avait partagé une barque, il prit la parole :
- Alors c'est donc vrai ce que j'ai entendu dans le train : il y a des Potter qui entrent à Poudlard cette année.
La seule fille du trio lança à son frère et à Ron un regard qui signifiait clairement « laissez moi faire » et les deux garçons, qui voulaient éviter les ennuis, reculèrent d'un pas.
La brune s'approcha du jeune blond et répondit :
- Oui, on est des Potter. Enfin lui - en désignant Harry - et moi. Notre ami est un Weasley. C'est un problème ?
Sur le coup, le blond ne sut quoi répondre. C'était la première fois qu'on le remettait à sa place et le fait que la responsable soit une fille de son âge rendait l'humiliation qu'il ressentait encore plus cuisante.
Il n'eut cependant pas le temps de répliquer car le professeur McGonagall arriva à ce moment là et leur demanda de la suivre.
Si Ron et les jumeaux étaient plutôt tranquilles quant à la maison où ils seraient envoyés, sachant que leurs familles respectives seraient fières d'eux quoiqu'il arrive, Drago, lui, était littéralement terrorisé à l'idée de ne pas aller à Serpentard.
Ils entrèrent dans une salle immense, le blond estimait que le manoir Malefoy, où il vivait, pourrait aisément tenir dedans sans prendre toute la place. Ils passèrent dans une sorte d'allée formée par quatre tables qui prenaient toute la longueur de la salle. L'endroit où ils marchaient était en fait un espace formé par l'agencement des tables, puisqu'il y en avait deux de chaque côté. Son regard se posa automatiquement sur l'une des tables les plus reculées : les élèves y étaient vêtus d'uniformes portant les couleurs verte et argent. Il savait qu'il valait mieux pour lui qu'il y soit assis à la fin de la soirée mais au fond de lui il sentait qu'il y avait peu de chances que ça arrive. Il fut tiré de ses pensées par un coup de coude. Il s'apprêtait à fusiller du regard l'imprudent responsable, lorsqu'il se rendit compte que la répartition était sur le point de commencer.
Il serra les dents en constatant que la personne qui venait de le ramener sur terre n'était autre que la fille Potter. Décidément, cette fille ne semblait pas vouloir le laisser en paix.
Il se concentra à nouveau sur les paroles du professeur McGonagall :
- Bien. Lorsque j'appellerais votre nom, vous assiérez sur le tabouret et mettrez le Choixpeau sur votre tête.
Il ne prêta aucune attention aux premiers noms qui furent appelés si bien que lorsque vint son tour, il fut surpris d'entendre son nom :
- Malefoy, Drago
Le blond s'avança d'un pas réticent et s'assit sur le tabouret branlant et enfonça la relique sur sa tête. Il se raidit imperceptiblement en entendant une voix dans sa tête:
Bonjour, jeune Malefoy
Bonjour
Hmm… Tu n'est pas qui tu semble, mon garçon. Contrairement à ce que tu montres en public, tu es profondément bon. Et ta loyauté n'a pas de limites, une fois acquise. Tu es travailleur, généreux et altruiste. Tu ne rechigne jamais à venir en aide aux autres.
Drago, sidéré d'avoir été cerné aussi rapidement, ne sut quoi répondre.
Serpentard ne te conviendrait pas.
Non… Je dois aller à Serpentard… Mon père me tuera, sinon…
Tu le dois où tu le veux ?
Je… Je le dois.
Je vois… Tu iras à…
POUFSOUFFLE !
À cet instant, nul n'aurait pu dire qui, de la salle ou de l'élève, était le plus choqué.
Le blond se leva, le visage défait, et se dirigea au radar vers ce qui était désormais et pour les sept années à venir - si toutefois il survivait aux vacances de Noël - la table de sa maison. Il se laissa tomber sur une place vide et se concentra sur la répartition en essayant de ne pas penser à la réaction de son père quand il recevrait sa lettre.
Quelques noms passèrent jusqu'à…
- Potter, Harry
Le brun s'avança, s'assit sur le tabouret puis, comme tant d'autres avant lui, mis le choixpeau sur sa tête. L'artefact fut à peine sur sa tête qu'il s'écria :
- GRYFFONDOR !
Ce fut avec un sourire jusqu'aux oreilles, qui contrastait grandement avec l'air abattu du fils Malefoy, que le nouveau rouge et or rejoignit ses désormais camarades de maison.
La répartition continua avec :
- Potter, Thalia
La jeune fille quitta la file des premières année pour aller s'asseoir sur le tabouret et posa le Choixpeau sur sa tête
Bonjour, jeune fille
Bonjour
Encore une Potter… Tu es la quatrième personne que je réparti ces dernières années à porter ce nom. Je vois du courage… beaucoup de courage… il y a là de quoi t'envoyer à Gryffondor…
La jeune fille avait beaucoup réfléchi depuis qu'ils avaient rencontré le fils Malefoy, notamment depuis qu'il avait été envoyé à Poufsouffle. Elle sentait, inconsciemment, que le visage que leur avait montré le blond n'était qu'une façade et qu'il aurait besoin de tout le soutien possible pendant les mois à venir.
L'artefact magique dut suivre le cheminement de ses pensées car il reprit la parole :
Effectivement, le jeune Malefoy aura besoin d'être soutenu autant que possible, au moins jusqu'à Noël.
Je… Pourquoi vous me dites ça à moi ?
Parce que tu as le pouvoir de changer son destin. Il te suffit de faire le bon choix. C'est pourquoi je vais te laisser le choix de ta maison. Préfère tu rejoindre ton frère à Gryffondor, ou aller à Poufsouffle et permettre à Drago Malefoy d'échapper au destin que lui réserve son père ?
Étrangement, il ne lui fallut pas longtemps pour prendre sa décision. Entre être dans l'ombre de son frère ou changer le destin de quelqu'un, le choix était vite fait.
Harry est grand, il peut se débrouiller tout seul.
Très bien. Pour toi, jeune fille, ce sera donc…
POUFSOUFFLE !
Personne ne remarqua les regards qu'échangèrent un groupe de cinq élèves, répartis sur trois tables différentes.
Harry, lui, n'était pas vraiment surpris. Sa sœur avait toujours eu un penchant pour les causes perdues. Il ne prêta pas attention à la suite de la répartition, si bien qu'il n'en remarqua pas la fin, ni que Ron venait de s'asseoir à côté de lui
Il ne manqua pas, en revanche, le garçon aux cheveux châtains clairs qui l'accueillit avec un sourire à tomber par terre. Il tenta de réfréner l'élan de jalousie qui s'empara de lui en essayant de se convaincre que sa sœur avait le droit d'avoir ses propres amis, fussent-ils de sexe masculin.
Au même moment, à la table de Poufsouffle. Après avoir remercié le garçon qui l'avait accueillie, Thalia s'intéressa à ses voisins de table. En plus du fils Malefoy, il y avait un garçon et une fille. Le garçon avait des cheveux et des yeux bruns et un air émerveillé, comme s'il découvrait à quel point Poudlard était magique. Sa voisine, elle, était rousse et avait également des yeux marrons. Elle semblait amusée par l'émerveillement de leur voisin, ce qui indiquait qu'elle devait venir d'une famille de sorciers. Ils se présentèrent : le garçon s'appelait Justin Finch-Fletchley et était né moldu. La fille, Susan, venait, comme elle l'avait supposé, d'une famille sorcière - les Bones, en l'occurrence -.
Lorsque les derniers vestiges du repas eurent disparu des tables et que le directeur eut fait son discours, les préfets accompagnèrent les plus jeunes jusqu'aux salles communes, leur donnant le moyen d'y entrer avant de les conduire jusqu'à leurs dortoirs. Ce soir là, plusieurs élèves s'endormirent en même temps, en pensant à l'année qui les attendait.
