Jeu d'échecs

Deuxième partie: Et in Arcadia

Cinquième chapitre: End of the line / La môme et le truand

Auteur: Rain

Disclaimer: Shaman King ne m'appartient pas.

Soundtrack: Karma (cover de CircusP)

Note:

De même que Jeanne s'invite dans Transfert, Tamao passe dans Echecs^^ Fin du chapitre précédent du coup, mais surtout révélations de certaines choses plus ou moins évidentes, enfin vous allez voir.

Bon anniversaire, Réa! Je me suis dit que voir un nouveau chapitre te ferait plaisir, surtout que celui-là vient avec un complément dans Jeu de dames (Nyôrai #001).


Un son strident vint la tirer du néant. Brumeuse, Jeanne roula sur le ventre et cligna plusieurs fois des yeux avant de comprendre qu'il s'agissait de sa Cloche de l'Oracle. L'écran clignotait avec insistance depuis la table de nuit où elle avait été posée. C'était donc qu'on l'avait retirée de son bras...

Bien réveillée tout d'un coup, Jeanne s'agenouilla et regarda autour d'elle. Il s'agissait d'une des pièces – non, pas d'une des pièces mais de celle qu'elle avait choisi comme sa chambre, elle voyait le sac de livres près du bureau – du bâtiment gracieusement proposé par Hao, et elle était seule. Un peu rassurée à cette idée, la jeune fille se détendit, et attrapa la Cloche qui insistait. Une icône en forme d'explosion était affichée, et en appuyant sur un bouton Jeanne découvrit un court message: « Tableau des matchs organisé. Rendez-vous au panneau d'affichage pour synchroniser l'appareil. »

Le tableau des matchs ? La deuxième manche s'enclenchait déjà ? Rutherford avait dit qu'ils auraient un peu de temps... peut-être qu'ils voulaient aller plus vite ?

Pensive, elle rattacha sa Cloche. Les lanières tenaient mal sur son bras trop fin. Peut-être que quelqu'un au camp – ou au Village – aurait une solution... ? Le laisser dans une poche semblait un peu trop risqué. N'importe qui pourrait s'en saisir... Ah, chaque chose en son temps. D'abord, il fallait sortir, et aller... aller... il y avait sûrement quelque chose à faire.

La jeune fille remit donc ses chaussures, attrapa sa veste, et se dirigea vers la cuisine. Achille était assis à la table, pianotant sur sa Cloche sans sembler outrement inquiet; il sourit en la voyant arriver.

« Ah, tu es réveillée. Ça commençait à faire tard, j'avais peur de devoir venir te secouer...
- Tu ne t'en prives pas, d'habitude, » bailla Jeanne. « Comment j'ai atterri dans mon lit ? » Tout en posant la question, elle se rendit compte que si on lui avait retiré ses chaussures, elle n'avait pas changé de blouse, et celle-ci était propre, sans même de trace du trou causé par le métal.

« C'est Hao qui t'a amenée, en expliquant qu'il t'avait soumise à un entraînement difficile. Vous avez fait quoi ? » Il avait beau essayer de le déguiser, Achille était vert de jalousie. Plus les jours passaient, songea son interlocutrice, plus il laissait aisément lire entre ses lignes. Là, Jeanne sentait toute son envie et même un léger reproche. Il fallait qu'il cache ses pensées un peu mieux que ça...

Et pourtant, et pourtant. Pourtant elle ne put s'empêcher de songer au souffle d'Hao dans le creux de sa main la nuit précédente, à la façon dont il l'avait portée contre lui une fois son horrible « entraînement » terminé. Devait-elle se sentir coupable ? De quoi ? Ce n'était qu'un effleurement sur le dos de sa main, et une étreinte bien involontaire. En plus, Hao l'avait calculé exprès pour la dérouter, la ridiculiser, la faire douter peut-être. Cela ne signifiait rien et... et pourtant, elle n'arrivait pas à regarder Achille en face. Lui qui aurait donné n'importe quoi pour un regard de son maître se cachait pour pleurer, et elle, qui l'insultait presque, se retrouvait avec ces... ces geste bizarre. Que devait-elle comprendre ? Qu'il jouait avec elle, avec eux ? Sans doute. C'était peut-être même tout organisé pour créer une tension entre elle et son ami. Ils étaient devenus proches loin du groupe d'Hao. Trop proche à son goût, peut-être. Mais alors ça signifiait qu'Hao était tout à fait conscient des sentiments du Grec et qu'il en jouait et ce n'était pas une pensée supportable.

« Rien qui ne devrait te chatouiller comme ça, » répondit-elle finalement avec une grimace. « Hao aime m'embêter, c'est tout. Je t'assure que tu n'as rien à m'envier. J'avais une pique grande comme le bras enfoncée juste dans le poumon la moitié du temps, si tu veux tout savoir. Pour draguer, on fait mieux. »

Elle ne l'avait visiblement pas convaincu.

« Hé, hier, c'est pas moi qui était assise juste à côté de lui pour le repas, » lui rappela-t-elle encore. « Vous avez discuté toute la soirée ! Mathilda ne m'a même pas adressé la parole... »

Son inquiétude et sa tristesse devaient se voir, parce que le brun changea d'idée et lui fit son sourire le plus rassurant. « Elle boude, mais ça va pas durer. Tu lui as manqué, tout le monde le dit.
- A moi aussi, elle a manqué... et les autres, aussi. » Il y avait un léger temps de retard, comme si la Française examinait ce qu'elle exprimait sans bien le comprendre, mais sans vouloir le taire non plus. « Bref. J'imagine que toi aussi, tu as eu le message ? »

Elle brandit sa Cloche. Le visage d'Achille s'illumina, et il acquiesça. « Tu es prête à y aller ? On pourra aller prendre Nyôrai au passage et revenir ici à temps pour le dîner. Avec tes bêtises, tu as manqué le déjeuner... »

Jeanne haussa les épaules et le regarda remettre ses gants avec une hâte rare avant de filer devant un vieux miroir pour s'assurer qu'il n'avait pas une mèche de travers. Pourtant ils n'allaient pas voir Hao...

« Arrête de te moquer de moi, » souffla-t-il sans se retourner.

« Je n'ai rien dit !
- Mais je t'ai entendu le penser ! »

Les deux adolescents se regardèrent. Jeanne lui offrit son plus beau sourire contrit, et bientôt ils pouffaient d'une même voix. Il leur fallut quelques minutes pour se calmer.

« Allez, soyons sérieux, » ordonna Achille sans parvenir à s'écouter lui-même. « Il est temps d'y aller.
- Oui chef, bien chef ! »

Le duo parvint à passer le pallier et s'engagea en direction du Village Pache. Mais bientôt ils s'arrêtaient de nouveau.

Bill était assis sur un caillou près du chemin, occupé à polir son casque avec un chiffon clair. En les voyant, il sourit et se redressa, manquant heurter une branche basse.

« Je viens avec vous, » expliqua le colosse à Jeanne. « Je dois aller faire des courses, et puis... Hao-sama a dit qu'il voulait éviter que tu n'aies de nouveaux étourdissements. » Mais il n'y avait guère plus de moquerie dans sa voix, et Jeanne ne se sentit qu'à peine énervée. Le Bill d'avant aurait sûrement refusé la tâche, ou aurait enchaîné les piques jusqu'à ce qu'elle le renvoie d'elle-même ou explose. Là... il ne faisait qu'offrir de les accompagner.

« Entendu, » dit-elle, et Achille se réjouit à son côté. L'adolescent se mit immédiatement au devoir d'écraser leur aîné de questions, laissant Jeanne à ses rêveries. Partager une telle complicité avec le Grec... quelques mois plus tôt, elle n'aurait pas pu l'imaginer. Et maintenant, elle n'avait quasiment plus besoin de parler pour se faire comprendre...

Cela lui rappelait un peu la façon qu'Hao avait de toujours deviner ce à quoi elle pensait. Mais avec lui, il ne s'agissait pas de complicité, et s'il y avait compréhension elle n'était pas mutuelle. Il était opaque et changeant, bonhomme un moment, dur le suivant. Ce qui s'était passé dans la matinée, par exemple, montrait à quel point il était bizarre. Il n'avait pas refusé de l'aider, mais son aide correspondait tellement peu à ce qu'elle attendait que c'en était hallucinant.

Et lors de leurs négociations... pour une fois, il avait presque eu l'air de s'emporter. De s'énerver, parce qu'elle refusait d'abandonner Marco à son sort. Certes, les batteries étaient tout aussi inquiétantes qu'intrigantes, mais... pourquoi cela lui tenait-il tant à cœur ? Si elle faisait des bêtises, si elle lui déplaisait, après tout, il n'aurait qu'à l'attaquer à ce moment-là. Ou à laisser Marco ou n'importe qui ferait le travail. S'ils n'y arrivaient pas, alors c'est qu'elle n'aurait pas vraiment fait tant de bêtises, et que ce qu'elle pensait, ce qu'elle voulait était viable. Même si cela restait flou... rien de tout cela ne le concernait vraiment.

Incompréhensible, voilà ce qu'il était. Mais lui semblait tout comprendre. C'était comme s'il s'avait à l'avance ce que ses interlocuteurs allaient dire, allaient faire... Était-il possible qu'elle soit si prévisible ? Mais même lorsqu'il ne connaissait pas l'ennemi, il semblait capable de dire juste ce qu'il fallait pour qu'ils fassent ce qu'il voulait. Elle se souvenait de son arrivée au camp, de Rackist changé du tout au tout... Était-il possible qu'il soit simplement bon à ce point ?

Hm... Il s'était ressuscité plusieurs fois. Peut-être était-il si vieux qu'il pouvait lire les visages comme des livres ouverts ? L'expression avait toujours paru surréaliste à la Française, mais quand on parlait de mille ans d'expérience... Hao était un concentré de choses surréalistes, après tout.

Sans se presser, le trio arriva au Village. Le soleil de fin d'après-midi baignait les lieux d'une chaleur un peu écrasante, et alors que Jeanne s'apprêtait à demander qu'on cherche une fontaine potable, Bill sortit deux petites gourdes remplies d'une eau délicieusement gelée.

« Dis, » souffla soudain Achille, l'air nerveux, « hier soir... »

Jeanne referma sa bouteille et fronça les sourcils. « Quoi, hier soir ? » Allait-il lui parler de ce qu'Hao lui avait dit ? Ou lui redemander des précisions sur leur rencontre au sommet ? Jeanne n'était vraiment pas prête à répondre à ses questions. Il ne voulait pas entendre qu'il ne s'était rien passé... et plus elle l'affirmait, plus elle risquait de l'énerver s'il découvrait qu'Hao avait bien fait « quelque chose, » même si elle était loin de considérer ce « quelque chose » comme un geste romantique. Le scélérat. Il avait sûrement prévu cette réaction exactement...

Alors qu'elle pensait, Achille tricotait l'air avec ses doigts, visiblement mal à l'aise et bien peu au fait de ses pensées. « Au repas, tu as vu... comment était Rackist ?
- Rackist ? » La surprise dans la voix de Jeanne était évidente.

Elle ne s'attendait absolument pas à ça. De manière générale, elle ne parlait pas à Rackist, ne regardait pas Rackist, et faisait comme s'il n'existait pas. En apprenant l'existence des batteries, elle avait décidé que c'était une très bonne manière à avoir, et qu'il était hors de question qu'elle commence à se demander, comme Hao voulait apparemment qu'elle fasse, si Rackist avait en l'emmenant tenté de la sauver, ou s'il s'était dit qu'elle servirait son nouveau maître. Elle n'avait rien à faire de ses raisons. Absolument rien à faire.

Achille dût voir que son visage s'était assombri, parce qu'il levait déjà les mains pour se défendre. « Je ne voulais pas... C'est juste que... Bah il est à côté d'Hao, et je l'étais aussi, alors je l'ai un peu regardé et... je me demandais si...
- Tu n'as rien à te demander. J'en fais mon affaire.
- Il avait l'air inquiet, Jeanne. Tu parles à tout le monde dans le camp sauf lui. Tu es sûre que...
- Je suis sûre. Il n'y a pas de question à se poser. »

Achille échangea un regard avec Bill, mais Jeanne avait accéléré le pas et n'en vit rien. Ils marchèrent encore un moment, mais l'atmosphère détendue avait disparu.

« Ah, mais je te disais que c'était lui. Bill, hé, Bill ! »

Le colosse se retourna. Un groupe d'adolescents vint à sa rencontre, guidé par un garçon asiatique coiffé d'un casque orange. Il souriait de toutes ses dents, ravi d'avoir alpagué avec succès l'Américain. « Tu vas bien ? Je suis soulagé !
- Vous n'auriez pas dû vous inquiéter, Yoh-sama. Ce n'était pas votre faute. Et puis j'ai eu des soins de première qualité, » répondit le géant avec une espèce de déférence, en indiquant Jeanne encore derrière lui.

Celle-ci ne pouvait s'empêcher de fixer le garçon. « Yoh, » avait dit Bill. Yoh. La ressemblance avec son frère était frappante, presque uppercutante. Même sans le savoir, elle se serait posé des questions. Il était le portrait craché d'Hao... Curieuse, elle observa son petit groupe. Est-ce qu'ils savaient ? Bill avait dit... elle ne se souvenait plus bien.

Il était… « l'arme » de la maison Asakura, c'était ça ? Quelqu'un censé le combattre, et, s'il y parvenait, censé le vaincre. Un peu comme elle pour les X-Laws, alors. La pensée était étrange, et Jeanne la rangea soigneusement dans un coin de sa tête. Mais tout de même, pour un guerrier élevé pour vaincre Hao, il ne payait pas de mine… En tout cas, si les deux frères ne travaillaient pas en tandem, il valait peut-être mieux ne rien dire devant eux. Elle ne voulait pas causer de problèmes à ce garçon apparemment gentil. Surtout que si physiquement c'était comme regarder un miroir d'Hao, leur aura était bien différente. Il était... beaucoup moins puissant d'une part. Et il y avait comme... comme une gentillesse, une ouverture presque enfantine dans son allure, quelque chose qui transformait la bonne humeur faussement douce d'Hao en pâle imitation. A moins que ce ne soit, là aussi, qu'un déguisement... c'était difficile à croire.

« Ah mais je te reconnais ! » Le garçon aux cheveux bleus pointa Jeanne du doigt, tout excité. « Tu es la fille de la première manche ! Celle que je n'étais finalement pas censé combattre ! »

Devant l'incompréhension de son groupe, il sembla être embarrassé, et fit signe que ce n'était rien. « Longue histoire. Mais tu es... Jeanne, non ? Jeanne Max, c'est ça... ?
- Maxwell, » compléta-t-elle avec une certaine lassitude, avant de se reprendre. Il ne servait à rien d'être impolie. « Et tu es Horo-Horo, non ? Je suis contente de voir que tu as pu passer tes épreuves, toi aussi.
- Donc... vous êtes du groupe d'Hao. » Celui qui venait de parler était encore en retrait. Il avait les yeux jaunes, et Jeanne sentit ses muscles se tendre instinctivement. Mais son aura était normale, ni plus forte ni plus faible que la plupart des gens qu'elle avait croisés jusque-là, peut-être un peu sombre mais... certainement pas maléfique, pas écrasante. Ce n'était qu'un Shaman.

« Pas... tout à fait, » expliqua-t-elle donc après un regard de biais à Achille, trop occupé à regarder Yoh avec suspicion pour avoir entendu.

« Comment ça, pas tout à fait ? » C'était encore un autre garçon. Celui-là avait des cheveux vert clair, la voix qui muait et le visage tendu par la colère. « On ne peut pas être « pas tout à fait » avec un meurtrier. Soit vous êtes avec lui, soit vous êtes contre lui.
- Personne ne t'a demandé ton avis, » répliqua Achille, le visage pâle. Pourtant il n'avait pas attaqué, ni même pris un air trop offensé. Il semblait consulter Jeanne du regard, et celle-ci comprit avec un temps de retard que le discours de l'inconnu devait lui rappeler celui tenu par une autre inconnue, arrivée au camp contre sa volonté...

« Nous ne sommes véritablement alignés avec aucun groupe, » expliqua Jeanne calmement, en faisant signe au Grec qu'elle se chargeait du problème. « Nous avons vécu un certain temps avec le groupe d'Hao, mais ni Achille ni moi ne sommes majeurs, nous n'avions donc pas le choix. Et vous ? »

Si elle avait ouvert la question à tout le groupe, elle restait concentrée sur Yoh. Ce visage, ces expressions, c'était tellement Hao... et en même temps il avait l'air d'être l'exact opposé de son frère. Rien que la façon dont il regardait le garçon aux cheveux clairs, à mi-chemin entre la réprobation et la nervosité... de l'air de celui qui ne voulait surtout pas voir éclater une quelconque dispute.

« Nous ne sommes pas « alignés » non plus, » répondit le garçon aux yeux jaunes. « Horo-Horo, Chocolove – il n'est pas là, il est « à la recherche d'informations » – et moi formons la team The Ren. Je m'appelle...
- Ren, » devina Achille avec un roulement d'yeux.

L'inconnu plissa les siens. « Quelque chose à redire ? »

Yoh toussa légèrement. « Moi c'est Yoh, je suis avec Lyserg, » expliqua-t-il en désignant le garçon aux cheveux verts, « et Ryû, mais il n'est pas là pour le moment non plus. On a croisé Bill à Mesa Velde avec son équipe...
- Vous m'avez sauvé la vie, » sourit Bill en les interrompant. « Mais pendant le tournoi, nous redevenons adversaires.
- Bien entendu. » Pourtant Yoh n'avait pas l'air tendu. Son sourire ne tremblait pas, et Jeanne s'attendait presque à le voir chantonner. Comment pouvait-il être si calme ?

C'était un peu le genre de sentiments que les gens devaient avoir autour d'Hao, comprit-elle. Il avait une éclatante confiance en lui, qu'on eût pu confondre avec de l'arrogance. Mais ça n'en était pas, elle le sentait...

Yoh sembla sentir son regard sur lui et ses joues rosirent un peu. « Un problème ? »

Jeanne sentit l'embarras monter, et secoua la tête. « N-non. Je suis un peu dans la lune, c'est tout.
- Ah bah tiens, Yoh, » fit Horo-Horo, « on a trouvé ton âme sœur !
- Surtout ne le dites pas à Anna, » répondit-il au milieu des rires de ses camarades, l'air penaud. « D'ailleurs elle ne va pas être contente, on est en retard pour les courses...
- Dites, il ne manquerait pas quelqu'un ? » C'était Horo-Horo, qui regardait autour de lui. « Tamao... »

Yoh cligna des yeux et recompta son petit groupe. « Oops. Elle a dû rester avec Lilirara...
- Oh, vous l'avez vue ? » Jeanne, un peu perdue par le reste, se raccrocha au nom familier. Mais oui, la Seminoa lui avait parlé d'un Yoh... et il collait étrangement bien au récit qu'elle avait fait de celui qui l'avait convaincue de rester et d'aider d'autres Shamans.

Le Japonais prit un air un peu plus grave. « Oui, elle nous a expliqué qu'elle avait finalement décidé de venir ici avec une autre team...
- Ils ont pas l'air commode, d'ailleurs.
- J'ai hâte de les voir en action, » sourit Yoh.

Jeanne ne put s'empêcher de sourire en retour. Hao avait dit la vérité, alors. Ils étaient sains et saufs...

« On va retourner chercher Tamao. Si vous voulez voir Lilirara, vous n'avez qu'à venir...
- Yoh, arrête d'être si gentil avec tout le monde ! Tu n'as pas compris qu'ils sont avec Hao ?
- Du calme, Lyserg. Ils t'ont dit qu'ils n'étaient pas avec lui...
- Et tu les crois ? » Le garçon aux cheveux verts semblait vraiment, vraiment tendu; ses yeux hésitaient sur Bill et les deux adolescents, et il tenait son bras, comme prêt à dégainer une arme qu'elle ne distinguait pas. Ren soupira.

« Yoh, et si on allait faire les courses pendant que tu gères Tamao ? Ce sera plus efficace et Lyserg pourra se détendre un peu.
- Mais...
- Yoh peut se défendre tout seul, » assura Horo-Horo en entraînant Lyserg par l'épaule. « Allez viens, si tu veux ton thé bizarre il va falloir que tu le choisisses toi-même. »

Ren les suivit, disparaissant bientôt de la vue de Jeanne.

« Du coup, moi, je vais rentrer au camp, » décida soudain Bill. « Tu sauras veiller sur la princesse ? »

Achille se tendit, presque au garde-à-vous. « Oui !
- Bien. Et rentre pas trop tard, on fait ton plat préféré ce soir... »

Les yeux du Grec se mirent à pétiller. Jeanne sourit en voyant le géant partir. Il avait vraiment changé du tout au tout depuis leur arrivée au Village... ou du moins, il en donnait l'impression. En chasse ou sur le ring, ce serait sûrement bien différent... Non, il ne fallait pas se concentrer là-dessus.

Achille la tira par la manche et ils emboîtèrent le pas à Yoh. La résidence choisie par Lilirara et ses camarades n'était pas très loin du centre du Village, et possédait même une espèce de petite terrasse. Une jeune fille aux cheveux roses attendait, assise près d'une table, les yeux sur ce qu'elle était visiblement en train de dessiner.

« Ah, Tamao, tu es là ! » La voix de Yoh hésitait entre la chaleur et l'excuse; la jeune fille, qui s'était redressée en l'entendant, rosit et secoua la tête.

« D-désolée, Yoh-sama. J'étais – je...
- Ce n'est pas grave. Lyserg et les autres sont partis en courses, on a plus besoin de rien faire.
- A-alors on va rentrer... ?
- Oh non. Il faut en profiter, pour une fois qu'Anna me pense en train de travailler... » L'air satisfait de son innocente ruse, le Japonais alla s'affaler dans une des chaises à bascule. Tamao rosit, ouvrit la bouche comme pour faire un commentaire, mais ne dit rien.

« Tu sais où sont Lilirara et les autres ?
- A-à l'intérieur... »

Mais alors que les adolescents tournaient leur regard vers la porte, celle-ci s'ouvrit pour révéler Chicori et Datura, le visage fermé. L'expression de Datura hésita en reconnaissant Jeanne, mais elle ne s'arrêta pas, allant à la table libre pour s'installer devant Chicori. « Lili, c'est pour toi, » appela-t-elle cependant, l'air grognon.

Puis, alors que des bruits de pas se faisaient entendre près de la porte, elle engagea un féroce duel de bras de fer avec son ami.

Jeanne les regarda un moment, hésitante.

Puis Lilirara, qui s'était approchée à pas furtifs, sourit et souffla: « Ils essaient de se départager pour savoir qui va dormir côté rue. Tous les lits sont doubles mais ils n'aiment pas le bruit. »

Jeanne se sentit sourire. L'explication lui semblait être une invitation, une main tendue, et elle ne se priva pas de l'accepter. « Vous êtes bien arrivés... ?
- Oui. Personne ne nous a causé de problèmes. Au contraire, tout semblait très... facile. Je pense que c'est grâce à toi, » sourit la brune. « Désolée pour Datura. Elle est un peu... ça l'a secoué, le feu. Je crois qu'elle ne se rendait pas bien compte de ce qu'est le tournoi.
- Pourtant, elle avait eu ta vision, non... ? »

Lilirara acquiesça, puis haussa les épaules. Achille s'approcha à son tour, l'air penaud.

« Du coup, pour les livres...
- Que tu as empruntés chez moi ? » Il sembla surpris, puis rosit. « Je le savais et je ne t'en veux pas. Si tu n'y avais pas touché, après tout, ils seraient partis en fumée... Mais peut-être que tu as des questions ?
- Oui, » acquiesça-t-il furieusement, avant de sortir un ouvrage de sa poche et de l'ouvrir à une page soigneusement signalée par un signet de cuir. « Là, je ne comprends pas ce que ça veut dire... »

Et, aussi simplement que ça, Jeanne vit Lilirara et Achille s'enfermer dans une discussion hermétique, où elle ne comprenait pas la moitié des mots. Datura et Chicori étaient toujours en train de lutter, le visage grinçant sous l'effort, et Yoh semblait s'être complètement endormi. Seule l'adolescente au dessin – Tamao – semblait encore consciente de sa présence, la regardant d'en-dessous en continuant de griffonner sur son carnet.

Après un instant d'hésitation, Jeanne se rapprocha d'elle, la faisant rougir, et s'assit à côté d'elle.

« Je m'appelle Jeanne, » dit-elle doucement, pour ne pas effrayer son interlocutrice. « Et toi ? » Question stupide, se dit-elle une demi-seconde après, parce qu'elle connaissait déjà son nom. Mais cela eut l'effet assez positif de faire réagir la jeune fille.

« T-Tamao.
- Tu es dans une équipe ?
- N-non, mais je... je soutiens Yoh-sama. »

Son furyoku s'agitait autour d'elle, léger mais bien là. Du coin de l'œil, Jeanne remarqua deux petits esprits qui se cachaient sous la table en regardant Shamash. Oops. Leur faisait-elle peur ? Il y avait une grande différence de force, que ce soit pour les esprits ou pour leur énergie shamanique. Pourtant, elle avait envie d'en apprendre un peu plus sur cette fille. Peut-être parce qu'elle parlait de Yoh comme certains parlaient d'Hao, alors que les garçons qu'elle avait vu le traitaient comme un ami et un égal... ?

« Tu peux dire à tes esprits que Shamash ne leur fera rien. Il est fort mais... il est juste, » tenta-t-elle de nouveau.

L'un des petits esprits, qui ressemblait à une espèce de renard, leva les yeux à travers la table et brandit le poing. « Hé ! Qu'est-ce que tu crois ? On a pas peur de vous ! On vous prend quand vous voulez !
- Héhé. On vous prend, » ricana l'autre esprit avec un air bête.

« Ah ! Conchi, Ponchi – t-taisez-vous ! » Tamao rougit de plus belle. Jeanne cligna des yeux, sans être sûre d'avoir tout compris.

« Ahem... tant mieux ? Je ne voulais pas... »

Puis ses yeux tombèrent sur le dessin que Tamao tentait de cacher. Il semblait à peine commencé, et représentait une fille de dos, avec de longs cheveux en nattes. Comme... les siens.

C'était à son tour de se sentir flattée.

Tamao suivit son regard, laissa échapper un gémissement embarrassé et plaqua ses mains dessus.

Il y eut un silence un peu gêné.

« C'est... c'est joli, » finit par dire Jeanne.

« V-vous avez de beaux cheveux, » expliqua Tamao avec un sourire timide. « Vous p-participez au...
- Oui ! Avec Achille, » elle désigna le brun toujours absorbé, « et une autre fille, nous sommes team Eden. Non-alignée avec les grands groupes, » précisa-t-elle pour ne pas effrayer son interlocutrice. Mais cela ne sembla pas vraiment la rassurer. Il y eut encore un silence, que Jeanne passa à regarder Achille. Il semblait tout excité, faisant de grands gestes avec ses mains et saisissant toutes les occasions de poser de nouvelles questions, de nouvelles objections.

Après un moment, elle remarqua que Tamao le regardait aussi.

« Je ne comprends rien à ce qu'il raconte, » confia-t-elle à sa nouvelle amie, qui sembla un peu rassurée par cet aveu.

« M-moi non plus... mais ils ont l'air de s'amuser... »

Elle avait cessé de tripoter son crayon, s'en servant à la place pour crayonner le Grec et la Seminoa. C'était rapide, et pourtant assez ressemblant...

« Tu... tu dessines depuis longtemps ?
- Hm-hm. »

Sur l'autre page du carnet ouvert, elle repéra Datura et Chicori et leur bras de fer. En levant les yeux vers eux, elle découvrit que leur version en trois dimensions n'avait presque pas bougé, mais la main de Chicori était un peu plus penchée en arrière, et il suait à grosses gouttes. Ils devaient être vraiment forts...

Puis la main de Chicori heurta le bois de la table dans un grand « crack ! » faisant sursauter tout le monde.

« Ahah ! Lili, on dort côté tranquille, » asséna Datura, victorieuse, pendant que son coéquipier gémissait en se tenant la main. Achille les regardait avec des yeux ronds, visiblement coupé au milieu d'une phrase.

« J'espère qu'il ne s'est pas fait mal, » chuchota Jeanne.

« Tout va bien, j'ai rien, » fit Chicori, qui l'avait apparemment entendue. « A part mon ego dégoulinant de sang...
- Petite nature, » se moqua Datura en s'étirant.

« En tout cas, je pense qu'on peut arrêter les bêtises pour aujourd'hui. Et si nous allions... »

Un éclat de voix non loin dans la rue coupa la parole à Lilirara. Fronçant les sourcils, Jeanne essaya de distinguer de quoi il s'agissait, mais la rue était trop bondée pour révéler l'identité des responsables. Pourtant, ils ne devaient pas être loin, à en juger par le volume. Une des voix surtout semblait très énervée, et presque familière...

« C'est la voix de Nyôrai, » réalisa-t-elle. En jetant un coup d'œil à Achille, elle vit qu'il avait atteint la même conclusion. Était-elle en danger ? Lui était-il arrivé quelque chose ? Les Shamans ne sentaient pas de grosse manifestation de furyoku; mais, après tout, on pouvait menacer sans forcément attaquer...

Jeanne finit par prendre une décision. Toute seule, elle irait plus vite qu'à deux vu l'épaisseur de la foule. « Je reviens, » promit-t-elle à Tamao en lui prenant instinctivement la main. Puis, après l'avoir serrée un court instant, elle la relâcha, et sauta au bas de la terrasse et de se faufiler entre les jambes des gens autour. Ils semblaient très pressés de s'éloigner de ce qui faisait ce bruit, et lui compliquaient la tâche; mais finalement elle parvint à trouver son amie.

Elle se tenait juste à côté d'une table de café, à laquelle était assis un homme aux yeux vitreux. Dans les mains de Nyôrai, il y avait une petite liasse de billets. Mais ce n'était pas avec l'homme qu'elle se disputait.

« Sâti, » murmura Jeanne en la reconnaissant. Qu'est-ce qu'elle faisait avec Nyôrai ? Vu son énergie et vu la façon dont Hao l'avait traitée, la Française se doutait qu'elle serait au Village, mais...

Nyôrai parlait. C'était elle, elle toute seule, qui faisait la majorité du bruit: sa voix partait dans des aigus que Jeanne ne lui connaissait pas, et enflait au point de devenir presque méconnaissable. « Mais de quoi tu te mêles ? »

Sâti, par contraste, avait une voix froide, presque hautaine. Il était difficile d'imaginer la rousse méprisante, et pourtant elle s'en approchait étrangement. « Tu sais que je n'approuve pas tes méthodes. Maintenant, rends-lui son argent. »

Entre les deux Shamanes, l'air vibrait d'énergie, se brouillait, promettait des tempêtes monstrueuses. Si personne n'intervenait, les choses ne pouvaient qu'empirer...

« Tu n'as rien à approuver. Ce n'est pas maintenant que tu vas te mettre à donner ton avis sur ce que je fais!
- J'ai toujours été assez claire sur ce sujet, il me semble. Cela me désole que tu n'aies pas trouvé d'autre façon de progresser. »

C'était visiblement l'équivalent d'une insulte. La rage aux yeux, Nyôrai plongea une main dans son sac, et commença à en sortir ce qui ressemblait à une feuille de papier gaufré. N'y tenant plus, Jeanne la rejoignit et lui attrapa le coude. « Nyôrai, arrête. »

Surprise, la brune rouvrit la main, et ce qu'elle tenait disparut. Elle n'était visiblement pas contente de voir Jeanne là; son expression était à la limite du venimeux.

« Reste en dehors de ça, » siffla la brune sans quitter la Gandhara des yeux.« Je ne m'occupe pas de tes affaires, alors laisse-moi les miennes.
- En l'occurrence, il s'agit des affaires de ce spectateur, » contra leur aînée. Les yeux de Sâti hésitèrent sur Jeanne, et cette dernière se demanda si la Gandhara la reconnaissait. « Je ne peux pas te laisser traiter notre famille ainsi, comme si elle ne valait rien.
- Je te rassure, je n'utilise plus ton précieux nom depuis longtemps. Pas besoin de t'occuper de la petite sœur voyou, tu peux rester la grande et belle Sâti propre sur elle. Tu as juste à me fiche la paix. »

La voix de la brune allait s'enflant, comme une vague. Ou un raz-de-marée, songea Jeanne, menaçant d'avaler tout le monde dans sa rage. Comment les arrêter ? Elle ne savait même pas ce qui se passait au juste. Nyôrai venait de dire... qu'elle était la sœur de Sâti ? Et celle-ci ne semblait pas nier. Pourtant il y avait une si grande tension entre elles...

Komeri, sortie de nulle part, vint se poster près de Jeanne et lui fit son plus beau sourire, sans rien dire. Dans les mains, elle avait une espèce de yo-yo qu'elle faisait tourner et virevolter. Elle n'avait pas l'air inquiète... Désarçonnée, Jeanne lui rendit son sourire avant de relever les yeux vers la prêtresse des Gandhara.

Sâti la regardait de nouveau, et l'action de Komeri semblait la faire réfléchir. Elle avait l'air plus... mélancolique. Ou attendrie, peut-être ? Non, il y avait véritablement quelque chose de triste...

« Puisque tu es avec elle, Jeanne, je vais me retirer. » La voix de Sâti était calme, un peu trop calme, fatiguée même. « Je t'en prie, Nyôrai, réfléchis à ce que tu fais. Tes tours ne te sauveront pas éternellement. »

D'un geste de la main, elle appela Komeri à son côté. Celle-ci se précipita vers son aînée, ses sandales claquant sur les cailloux de la rue, et le duo s'en alla tranquillement.

Nyôrai tremblait de rage. Jeanne, désemparée, commença à dire quelque chose, mais la brune ne l'écoutait pas. Sèchement, elle récupéra son bras, et recula de quelques pas. « Pourquoi faut-il toujours que tu te mêles de tout ? »

Blessée, la Française regarda le sol. « Je ne savais pas que toi et Sâti...
- Et bien maintenant, tu sais. Et tu te dis que tu es tombée sur la mauvaise sœur, sans doute. »

Jeanne cligna des yeux. Avant qu'elle n'ait pu répliquer, Nyôrai continua, visiblement agitée. « Pour elle, c'est à peine si je n'ai pas commis de sacrilège en entrant dans les rangs d'Hao. Elle a du mal à me parler sans se sentir mal, t'as vu ?
- Nous ne sommes pas un groupe d'Hao, » répondit Jeanne, presque par automatisme. « Et je suis sûre que Sâti ne ressent absolument pas ça.
- Qu'est-ce que tu en sais ? Elle est partie dès qu'elle a pu, non ? C'est son truc, ça. Déjà à la maison, dès qu'elle a rencontré Dainichi, elle est partie vagabonder dans toute l'Inde sans un mot pour notre famille, ni pour moi, alors que moi aussi j'avais déjà mon esprit. Mais tu vois, elle trouve mon shamanisme nauséabond, alors que son attitude est bien mieux quand elle te fait son petit sourire triste et qu'elle te dit qu'elle aimerait vraiment bien que tu l'aides ! »

En parlant, elle avait plaqué les billets sur la table du café, près de l'homme à qui elle les avait pris. Il ne réagit pas, les yeux toujours dans le vide. A bout de souffle, Nyôrai se plaqua les doigts de chaque côté de son nez et ferma les yeux pour se calmer.

Il y eut un silence.

« Ecoute... laisse, » finit par faire la brune. « Je ne laisserai pas Sâti m'affecter, c'est promis. Elle fait ce qu'elle veut, je fais ce que je veux, et tout ira bien. » Elle n'avait pas repris les billets.

Jeanne s'efforça de sourire, mais c'était bien malhabile. Que dire dans ce genre de situation, sinon qu'elle lui faisait confiance ? « D'accord. J'ai laissé Achille plus loin, mais on allait voir le tableau d'affichage. Tu viens ? »

Nyôrai acquiesça, adoucie. « J'ai eu l'alerte aussi. Je me disais qu'on se retrouverait bien par là.
- Eh bien maintenant, on peut y aller, » fit Achille d'une voix guillerette. Le Grec avait comme surgi de nulle part. Ou plutôt, il avait dû voir la tempête, et attendu patiemment qu'elle se calme avant d'apparaître. Mais ni Jeanne ni Nyôrai ne lui firent la moindre remarque. A la place, elles lui emboîtèrent le pas. « Bill m'a dit comment y aller. Il suffit de couper par cette rue, et... »

Bientôt ils étaient sur la place. La plupart des Shamans avait renoncé à regarder le panneau d'affichage, se contentant de trifouiller leurs Cloches pour faire apparaître le tableau dessus. Mais Achille insista pour se faufiler et regarder le tableau de plus près, et les deux filles le suivirent sans faire d'histoire.

Au bout d'un moment, ils parvinrent à se glisser au-devant de la foule, et le tableau apparut. Les noms d'équipe étaient écrits en gros, et défilaient comme les intitulés d'un menu bariolé: Funbari Onsen, Icemen, THE REN, Haiti 800, Nyôrai, Kabalahers...

« Nous sommes là, » indiqua Nyôrai, qui avait trouvé plus vite que Jeanne. D'un doigt tendu, elle désignait une étiquette en haut à droite du tableau. « E.D.N.N. VS Niles. Troisième match. Je n'en ai pas entendu parler, donc ça ne doit pas être des affiliés aux grands groupes, mais je vais me renseigner. »

Jeanne cligna des yeux. Le nom ne lui disait rien non plus. « Je me demande quel genre de Shamans c'est...
- Jeanne. »

La jeune fille tourna les yeux vers Achille. Le brun semblait nerveux. D'un doigt tremblant, il tapota un autre endroit du tableau, en dessous de leur nom à eux. Jeanne, fronçant les sourcils, s'intéressa au combat présenté...

... Et comprit pourquoi il était si inquiet.

Sous le doigt d'Achille, elle pouvait lire: « Hoshigumi VS X-III. »