Jeu d'échecs

Deuxième partie: Et in Arcadia

Huitième chapitre: Sword and Shield / Têtes brûlées

Auteur: Rain

Disclaimer: Shaman King ne m'appartient pas.

Soundtrack: One more (Superchick); Young Volcanoes (Fall Out Boy)

Note:

Fin du combat d'Eden! J'espère que ça va vous plaire... je suis pas bien rodée pour les combats d'arène, je crois.

Young Volcanoes est une chanson que je verrais bien en "opening" de cette fic!


Invisibles, les trois adolescents se rapprochèrent de leur cible. Alors qu'ils se mettaient en place, Nakht sembla sentir quelque chose.

« Anatel, attends…
- Siegfried, Rise of Troy ! »

En lançant son cri de guerre, Achille avait levé le poing. Comme pour répondre à l'appel, le sol se souleva, dessinant des murs et des bâtiments séparant les membres de l'équipe Niles.

« Oooh ! » Radim s'exclama. « Quel retournement de situation ! Loin d'être assommés par l'attaque des Niles, il semble que la team Eden prépare quelque chose ! Quel dommage que cette technique obscurcisse quelque peu le terrain… »

Quel dommage, en effet, songeait Nyôrai en s'approchant doucement de sa proie. Des combats sur un ring, certes, c'était dans l'intérêt des Paches, mais absolument pas dans celui des participants. Toutes leurs techniques étaient exposées au grand jour, juste devant leurs prochains adversaires… Eh bien cette fois, ils allaient devoir attendre. Tant pis pour eux.

Tranquille, la Shamane vint se mettre derrière Khafre. Elle était toujours invisible, et l'Egyptien semblait trop troublé pour comprendre ce qui lui arrivait. Touchant le mur le plus proche de lui, il semblait se demander s'il ne s'agissait pas que d'une autre illusion.

« Nakht ? Anatel ? »

A son côté, la petite Kitka semblait plus éveillée, et tâtait son environnement de ses longues bandelettes. Nyôrai les évita soigneusement et alla se percher sur un mur avant de lancer, comme de nulle part : « Tu veux vraiment continuer à te battre ? »

Le Shaman sursauta, se retourna. Mais elle n'était toujours pas visible.

« Anatel était prêt à mettre en pièces trois enfants. Tu as essayé de l'arrêter, oui, mais il a failli le faire… tu es vraiment prêt à vivre avec ça ? La mort de trois gamins sur ta conscience ? Est-ce que tu as des enfants, Khafre ? Tu es intelligent. Tu penses que ton cœur sera encore assez léger pour échapper à la gueule d'Amenti ? »

Grimaçant, le Shaman au masque de chacal se retourna encore, cherchant à déterminer la provenance de la voix. Il restait un guerrier, et un bon guerrier sans doute; il faudrait plus qu'un petit tour pour lui faire peur.

« Kitka, Étreinte d'Anubis ! »

Les bandelettes s'allongèrent, s'allongèrent… Malgré son calme, Nyôrai dut se glisser derrière le mur pour éviter de se faire attraper. Sur la pointe des pieds, elle tenta de faire le tour, mais l'une des bandes l'avait attrapée. Le papier désagréablement humide collait à sa peau, la tirait vers son adversaire. Il fallait qu'elle change d'idée… Mais elle n'avait pas un Siegfried géant pour la protéger, elle, et elle se retrouva rapidement immobilisée devant l'Egyptien.

Il n'avait pas le même regard que lorsqu'il combattait Achille, comprit-elle avec inquiétude. Etendant une main vers son front, il sourit. « C'est gentil à toi de t'occuper de mon âme, petite. Je ne connais pas ton nom, mais je vois à travers toi, comme à travers tous les humains. Car mon rôle est de vous accompagner jusqu'aux champs d'Ialou, si vous en êtes dignes… »

Nyôrai grimaça - contrefaisant l'inquiétude, quoiqu'une part de cette inquiétude était peut-être un peu sincère - et changea d'Over-Soul. Il fallait qu'elle l'éloigne d'elle au plus vite, avant qu'il ne se décide à appliquer son champ d'étude à sa petite personne.

« Beaucoup de gens se trompent, mais mon médium n'est pas un sceptre, tu sais. Je ne suis pas le roi, je suis l'embaumeur, » expliqua Khafre d'une voix très douce. « Cet outil sert à extraire les organes par le nez, ce qui permet de préserver le corps pour sa momification. Ne t'inquiète pas, petite, je sais faire mon travail. Je vais prendre soin de toi… »

Sa voix se coupa brusquement alors qu'un fil fin venait se serrer autour de sa gorge et le tirer en arrière pour le fracasser contre le mur de pierre. Les bandelettes se desserrèrent autour de Nyôrai, qui ne manqua pas son occasion une seconde fois. Son collier étincela alors que Thenral revenait s'y jucher. Tel un faucon, l'esprit fondit sur l'Egyptien, fouillant son âme pour chercher sa faille.

Tout le monde en avait une. La peur était l'une des clefs qui permettaient de prendre le contrôle d'une âme, mais ce n'était pas la seule. Exaucer le vœu d'un être pouvait être tout aussi efficace que la forcer à se soumettre….

Voilà, elle l'avait. Se redressant de toute sa hauteur, la prêtresse ouvrit la bouche et se mit à fredonner. Pas très fort, pas trop fort, il ne fallait pas alerter le monde entier. Juste s'adresser à cette âme en particulier, la convaincre de s'assoupir un moment, d'écouter gentiment sa guide…

Le Shaman se redressait. Il avait la gorge rougie par les fils de Thenral, et il devait être plutôt sonné après le choc contre le mur de pierre. Pourtant, il ne perdit pas une seconde, invoquant Kitka une nouvelle fois. Les premières bandelettes s'enroulèrent autour des pieds de Nyôrai, gluantes et serrées. Mais rien ne pouvait plus troubler l'Indienne, qui tendit ses paumes ouvertes vers Khafre. Ses yeux brillaient noir, et quand elle ouvrit la bouche, une voix qui n'était pas la sienne en sortit :

« Rien de ce que tu aimes ne va disparaître, Khafre. Pas tes amis, pas tes animaux, pas ton rêve. Je peux les préserver, comme tu préserves les morts dans le tissu et les onguents. Toi mieux que quiconque, tu sais qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter, pas lieu de se rebeller. La mort est un moment de paix, non ? Le moment où, bénis par la plume de Maât et le jugement d'Osiris, tu te diriges vers les champs d'Ialou, le même que durant ta vie. Pas de changement. Pas de fin. Tu n'as pas besoin de te battre… »

Progressivement, le regard de Khafre s'éteignait. Son sceptre lui tomba des doigts, et Kitka disparut dans un froissement frustré; il n'y réagit pas. Pas plus qu'il ne réagit lorsque l'Indienne se rapprocha pour récupérer le sceptre. Il ne fallait pas qu'il l'oublie, après tout…

« Descends du ring, » souffla-t-elle doucement en lui rendant son arme. « Descends du ring et retourne au vestiaire. Tu y dormiras jusqu'à ce que tes camarades te rejoignent, et tu te réveilleras neuf, convaincu de ce que je t'ai appris… Toi qui préserves la vie même lorsqu'elle n'est plus, je te promets de préserver ton rêve, de le porter comme s'il était le mien. Va en paix, Khafre… »

Les yeux vitreux, l'homme acquiesça vaguement et fit demi-tour, s'approchant du bord du terrain et de la zone délimitée. Le champ de force autour du ring le laissa passer, le reconnaissant comme l'un des participants. Immédiatement, Radim se rapprocha : « Eeet il semble que le premier membre des Niles ait abandonné ! Pourtant, il ne semble pas être blessé, et il a encore beaucoup d'énergie. Pourquoi abandonner, monsieur Puljiz ? »

Le Niles cligna des yeux, visiblement perdu. En s'approchant, le Pache lâcha une exclamation : « Mais il pleure !
- Je l'ai vue… je l'ai vue…
- Il parle ! Qu'avez-vous vu, monsieur Puljiz ? Qu'est-ce qui vous a convaincu d'abandonner ?
- J'ai vu Isis, » souffla enfin le Shaman, avant d'aller s'effondrer dans les vestiaires.

Nyôrai, satisfaite, fit la révérence depuis le bord du ring, puis disparut dans le dédale de pierre.


Prenant une grande inspiration, Jeanne s'engagea dans la petite cour où Nakht avait été confiné. Elle ne pouvait pas vérifier que ses deux camarades allaient bien, à part en regardant le tableau au-dessus de sa tête; mais même ça ne lui donnait pas beaucoup d'informations. Il fallait juste leur faire confiance, et faire sa partie du travail.

Nakht, donc. Elle ne se sentait pas spécialement anxieuse, mais des trois Egyptiens c'était celui qui s'était le moins révélé avant l'apparition de « Troie. » Cela ne coûtait rien d'être un peu méfiante…

Le Shaman était visiblement encore un peu secoué par l'apparition de murs sur le terrain. Certaines « rues » n'étaient même pas assez grandes pour qu'il passe avec la pyramide sur lui. Il était coincé, donc. Une opportunité que Jeanne ne comptait pas laisser passer.

Profitant des dernières secondes d'invisibilité offertes par Nyôrai, Jeanne vint se planter devant son adversaire. L'œil au centre de la pyramide l'intriguait plus qu'un peu, ainsi que tout l'arsenal qu'il semblait porter. Cela ne pouvait pas vraiment être un cône de pierre, si ? Ce serait bien trop lourd…

Une fois près de lui, elle put examiner la chose, avec ses yeux et avec ses sens shamaniques. Malgré les apparences, il ne s'agissait en fait pas d'un bonhomme de pierre. Il y avait une sorte d'armature en-dessous… et elle était en métal.

Jeanne sourit. Il était couvert de métal de la tête aux pieds !

Juste comme elle reculait, une espèce de frisson parcourut l'arène, et Jeanne sut qu'elle était de nouveau visible. Mais Nakht ne bougea pas immédiatement, trop surpris peut-être pour bouger.

Alors elle pencha la tête et s'inclina légèrement. « Bonjour, je m'appelle Jeanne. Je suis votre adversaire dans ce match, » annonça-t-elle doucement. Elle ne voulait pas qu'il se braque et attaque immédiatement. « Vous êtes Nakht, n'est-ce pas ? »

Surpris, l'adulte fit un pas en arrière. « Tu… que… ? »

Jeanne leva une main. « Je peux vous poser une question ? Il y a quelque chose que je comprends mal. »

La face de pierre ne lui répondit pas, mais n'attaqua pas non plus.

« Quel est votre rêve ? Pourquoi voulez-vous devenir Shaman King ? »

Il y eut un autre silence. « Je… nous… voulons restaurer la grandeur de l'Egypte… »

Jeanne fit la moue. Elle avait réussi à piquer l'intérêt de Nakht : il ne semblait plus prêt à attaquer. Ou alors, pas tout de suite. C'était un équilibre délicat, elle en avait conscience. Faire l'enfant trop malin pour son âge n'était pas trop son genre, et sans Nyôrai à son côté… elle allait devoir la jouer fine. « Vous ? Ou Anatel ?
- Comment ? Enfin, je veux dire…
- Anatel a tenté de nous tuer. Il a employé une technique qui vous a terrifié, non ? Alors je me demande si vous voulez encore devenir roi si ça veut dire tuer des enfants en chemin. Cela ne me semble pas être une question piège. »

Malgré l'absence de visage, elle perçut une espèce de gêne. « C'est… le tournoi. Ce n'est pas interdit de tuer pour gagner…
- Certes. » Jeanne se sentait plus froide soudain. « Ce n'est pas interdit. Il n'y a pas de règle… et donc ça vous suffit ?
- Comment ?
- L'idée de tuer des enfants ne vous embête pas ? Je sais, je sais, vous allez me dire que ce n'est pas interdit. Mais vous, personnellement, moralement, ça ne vous embête pas ? »

Nerveux, l'adulte fit un pas vers Jeanne. « Ecoute, je… Je ne comprends pas bien ce que tu veux dire. Mais, euh… Tu es dans l'équipe d'Hao, c'est ça ? Après le match… je ne voudrais pas qu'on ait des ennuis, tu comprends ? Anatel… Il s'est énervé, mais il ne mérite pas de mourir. C'est un bon gars. »

Jeanne leva un sourcil. « Un bon gars qui a tenté de nous découper en morceaux, quand même.
- Oui, enfin…
- Non, je comprends. » Il lui rendait les choses bien plus faciles, après tout. Elle n'avait aucun remords à vaincre ce genre de personnes. En fait, elle ressentait plus de pitié que de rage. Il n'était pas spécialement à l'aise avec l'idée de sacrifier des gens pour son rêve… mais une fois devant le fait accompli, il préférait laisser filer plutôt que de faire face aux conséquences. C'était peut-être l'influence de Nyôrai, mais Jeanne sentait qu'elle était en partie déçue parce que cela n'était pas une décision stratégique. Parce que Nakht n'avait pas de stratégie visible.

Mais… qu'est-ce qu'elle était en train de penser ? Déçue ? Dégoûtée ? Jeanne fronça les sourcils, rendue perplexe par ses propres pensées. Il lui faisait pitié ? Depuis quand était-elle dégoûtée par des doutes qu'elle partageait ? Certes, il ne condamnait pas Anatel du premier coup, mais Anatel n'était pas le seul à avoir tué des gens. Elle aussi voulait croire en son entourage, malgré le sang qu'ils avaient sur les mains. Nyôrai déteignait trop sur elle, ça en devenait inquiétant.

Serrant les lèvres l'une contre l'autre, Jeanne fit un pas en arrière, les paumes au ciel. « Si c'est Hao qui vous inquiète, je ne suis pas de son groupe, donc il ne vous fera rien.
- Ah… tant mieux, alors… »

L'œil bleu s'illuminait progressivement en turquoise, comme quelque chose en train de se charger. Est-ce qu'il... tentait de l'avoir par surprise ? Pour l'instant, aucun effet ne s'était fait sentir, mais... Jeanne plissa les yeux. La jolie couleur irisée qu'elle voyait était une technique, aussi. Un piège.

Un peu de stratégie tout de même, alors. La Française avait un goût de cendres dans la bouche, mais elle n'en montra rien. « Non, Hao ne vous fera rien... Par contre, moi, c'est pas sûr, » précisa-t-elle alors que son armure s'illuminait, parée à attaquer.

Le bruit de l'œil avait atteint son paroxysme, et une balle d'énergie se forma en sa pupille.

Au dernier moment, Jeanne parvint à se téléporter en dehors du champ d'action du rayon de lumière. Un mur fut moins chanceux : de là où elle était, elle put le voir distinctement exploser, envoyant des éclats de pierre en tous sens. Heureusement, Nakht ne semblait pas avoir une précision incroyable, et son tir resta court, ainsi que les deux suivants. Visiblement, elle ne pourrait pas le convaincre d'abandonner. Il allait donc falloir le sortir de force… sans perdre trop d'énergie dans le même temps, au cas où elle en aurait besoin par la suite.

Malgré tous ses efforts, Jeanne ne parvenait pas à diminuer le furyoku nécessaire pour se téléporter. Pour éviter de se saigner à blanc de façon répétée, elle avait donc repris l'une des vagues idées qu'elle avait depuis les discussions avec Nyôrai : le mouvement par aimant. Chaque anneau autour du ring était comme un relais. Dès qu'elle le souhaitait, l'anneau attirerait son armure de fer, lui permettant de se déplacer rapidement sur le terrain. C'était moins fiable et un tout petit peu moins instantané, mais elle conservait son énergie. Et dans un combat comme celui-là, le premier qu'ils menaient en équipe, il valait mieux prévoir large, au cas-où...

Le problème, c'est qu'à chaque activation, ses aimants tintaient, autant de signaux d'alarme qui donnaient sa position. Et l'Egyptien semblait bien l'avoir compris, dirigeant son attaque dans leur direction et manquant à chaque fois Jeanne de quelques millièmes de secondes.

Il fallait qu'elle altère son comportement si elle ne voulait pas risquer de se faire attraper par cet étrange rayon destructeur. Elle n'avait pas envie d'exploser comme une pastèque...

Alors qu'elle activait son anneau suivant, elle en activa un deuxième, celui qu'elle avait fait tomber juste devant Nakht. Celui-ci y dirigea son rayon, et Jeanne se cacha à l'angle d'un autre mur.

Plus les secondes passaient, plus elle se sentait douloureusement consciente que vouloir se battre, sans tuer, était d'une complexité qu'elle n'avait pas pris en compte. Ce n'était pas comme à l'entraînement, parce que là, l'adversaire ne retenait pas ses coups. Et il ne s'agissait pas simplement d'éviter les mouvements mortels, mais aussi de calculer chacun de leurs gestes. Le corps humain, savait la soigneuse, était d'une désagréable fragilité. Si elle attaquait sans se poser de questions, elle risquait de le blesser et de perdre de l'énergie à le soigner. Ou de voir Hao attraper son âme avant qu'elle n'ait pu bouger...

« Over-Soul : Pièges de la Pyramide ! »

Le sol céda sous Jeanne, avalant nettement ses pieds jusqu'aux genoux. Du... sable mouvant ? Voilà qui était inquiétant. Si elle tentait de bouger comme elle l'avait déjà fait, elle y laisserait les jambes. Cette fois-ci, il faudrait qu'elle se téléporte... ou...

Levant les yeux, elle remarqua que le couloir devant elle s'ouvrait immédiatement sur l'extérieur du ring. D'ailleurs elle venait de remarquer une caméra pointée sur elle, et le brouhaha du stade lui sembla soudain plus fort. La clameur lui faisait l'effet d'un tambour dans ses oreilles. Ah... évidemment, ça ne pouvait pas tomber à un moment où elle n'était pas en difficulté.

« La pyramide est comme un corps vivant qui protège son Pharaon, » murmura la voix de Nakht. Il était encore de l'autre côté du mur, mais sa voix résonnait à l'oreille de Jeanne comme s'il était tout près. « Je perçois chaque grain de sable déplacé, chaque dalle pressée, chaque bijou volé. Tu ne peux pas m'échapper... »

Jeanne dût combattre un début de peur. Il fallait qu'elle trouve une solution maintenant, avant d'être bloquée devant son adversaire. Elle pouvait annuler les Over-Souls de Nakht, tout simplement, mais elle voulait en finir, et pas spécialement en humiliant son adversaire. Non, elle ferait ça proprement. Et elle avait une petite idée…

Un rayon de lumière détruisit le mur près d'elle, projetant des gravats sur la jeune fille qui fût soudain bien contente d'avoir rajouté des manches à son armure.

« Tu ne fuiras pas, cette fois-ci. Esprits de la Pyramide, Crocodile Chomp ! »

Une gueule immense, couverte de dents brillantes, jaillit du sable et se referma sur les jambes de Jeanne, manquant briser sa concentration. Heureusement pour elle, les dents s'étaient enfoncées dans le métal de son armure, et si la chose n'était pas agréable, elle n'avait pas perdu ses jambes. Elle n'aimerait pas répéter l'expérience sans un Over-Soul, cependant… parce que si les dents du saurien n'étaient faites que d'énergie, elles avaient l'air bien réelles, et elles faisaient sacrément mal.

Nahkt fit un pas vers elle. « Tu as beaucoup de furyoku, je peux le voir. Mais moi aussi, comme tu vois, j'ai mes tactiques. Je ne risquais pas d'épuiser mes réserves à détruire ces murs… mon furyoku se régénère instantanément. Ce n'est pas ton cas, si ? »

Jeanne plissa les yeux, et secoua la tête. Si elle parlait, elle avait peur de lui faire comprendre qu'elle avait un plan.

« Je… je vois que tu as peur, » fit le géant. « Abandonne, maintenant. Dis que tu abandonnes, annule ton Over-Soul pour vider ton furyoku, et je te laisse partir. Je ne veux pas te faire de mal, tu vois ? Mais...
- Mais ceci est un combat d'âmes, » finit Jeanne pour lui. « Shamash, Chaise de l'Inquisition ! »

Un anneau juste derrière Nakht tinta avant de se transformer en chaise, heureusement pour lui dépourvue de pointes. Puis elle magnétisa le métal du costume du Niles et le poussa dans la chaise. De larges bandes de fer se refermèrent aussitôt sur lui, comme la gueule d'un autre type de crocodile. Le métal mordit dans la fausse roche, fendillant l'œil bleu de part en part.

« Qu'est-ce que... »

Jeanne ne répondit pas. En magnétisant tout le métal sur son adversaire et sa chaise, elle rassembla son énergie et repoussa Nakht vers l'extérieur du ring. Ce n'était pas très fort, pour qu'il ne soit pas blessé; mais c'était tout de même trop rapide pour qu'il puisse réagir.

En passant la barrière qui protégeait les spectateurs, la Chaise se désintégra, mais son occupant la traversa comme du beurre et roula au sol.

« Eeet c'est un deuxième membre de l'équipe Niles qui va au tapis ! Celui-là a l'air bien sonné, on ne va pas pouvoir l'interviewer. Dommage... mais cela ne laisse donc que le chef des Niles pour défendre sa team ! Eden s'en sort très bien. Dommage qu'on ne voie pas grand-chose... je vous promets que je vous dit tout ce que je vois ! »


Achille prit une grande inspiration. Nyôrai et Jeanne avaient fait leur partie du travail. Maintenant, c'était à lui d'en terminer avec le dernier membre des Niles…

Tant que « Troie » était active, il ne pouvait pas utiliser Siegfried pour se battre, ce qui était pour le moins fâcheux. S'il faisait face à Anatel comme ça, il n'aurait pas grande chance de le vaincre. Alors sa solution avait été de l'enfermer dans une petite pièce sombre, dont la porte était entravée par une épaisse pile de gravats. Depuis son perchoir un peu plus loin, Achille surveillait sa proie. Il entendait les cris étouffés du Niles. Rage et indignation semblaient les motiver, ce qui n'inquiétait pas le Grec. En fait, plus Anatel était énervé, plus – il l'espérait – régler son sort serait simple.

« Ah, Achille. Je n'ai pas été trop lente, j'espère ? »

Il tourna la tête et vit Nyôrai approcher. Et tout dérangé qu'il pouvait être par son shamanisme, Achille sentit ses yeux agrandir. Il y avait comme… comme un éclat autour d'elle, une lumière nouvelle. Ses yeux étaient plus brillants, sa démarche plus assurée et fluide… Et il l'avait l'envie, aussi inattendue que déplacée, de se prosterner à ses pieds et de faire tout ce qu'elle voulait. « Désactive ton Over-Soul, » parvint-il à dire en plantant ses mains dans la pierre pour ne pas se précipiter.

La jeune fille cligna des yeux. « Oh ! J'avais oublié ça. » Son collier scintilla un court instant, et puis elle fut de nouveau elle-même. « Mieux ?
- Oui. Tu sais où Jeanne en est ?
- Je suis là ! »

En effet, la Française arrivait, un peu ébouriffée peut-être mais bien là.

« Le mien est K.O. pour un moment, je crois. Tout va bien ? »

La réponse d'Achille fut couverte par un juron d'Anatel. Le Grec sourit.

« Tout va bien. Il est juste temps d'en finir. »

Il y eut un silence, puis Nyôrai se mit à rire. « Je t'ai presque pris au sérieux, tu sais. »

Achille lui envoya un regard torve, mais ne se démonta pas. « Restez en arrière, d'accord ? C'est à mon tour de vous montrer ce que je sais faire. »

Nyôrai acquiesça. Après une seconde d'hésitation, Jeanne fit de même. « Que comptes-tu faire ?
- Déjà, table rase, » répondit le brun en se craquant les doigts.

Puis il annula son Over-Soul.

Les pierres de Troie s'ébranlèrent dans un bruit de fin du monde, puis disparurent avant de toucher le trio. Anatel, qui avait invoqué plusieurs fantômes aux yeux flous, recula de plusieurs pas. Il avait le visage rouge de colère, et cela ne fit qu'empirer lorsqu'il vit que ses coéquipiers n'étaient plus sur le terrain mais près de l'entrée des vestiaires.

« Vous...
- Ne fais pas comme si on ne vous avait pas prévenus, » répondit Nyôrai en regardant ses ongles. « On est dans la cour des grands, maintenant. Si toi et tes amis ne pouvez pas suivre, c'est tant pis pour vous... »

Anatel semblait sur le point de s'étouffer. « Je vous ai manqués la première fois, mais...
- Oh, épargne-nous le speech sur les pillards de tombes, hein. » Mais ce n'était plus Nyôrai qui parlait. Achille sourit. « Parce qu'avec le tableau, j'ai une bonne idée de là où tu en es. Tu n'as plus assez de furyoku pour refaire le coup de tes ailes, si ? En fait, tu n'as quasiment plus de furyoku. Tu as tout dépensé pour essayer de nous avoir, et tu ne nous as pas eus. Dommage. »

Anatel laissa échapper un cri de rage. « Peut-être que je ne peux pas rappeler les ailes de Râ, mais je peux tout de même m'occuper de vous ! A moi, serviteurs de Pharaon ! »

Aussitôt jaillirent autour de lui des centaines de visages aux yeux vitreux. Les fantômes qui l'entouraient étaient décharnés. Il leur manquait parfois une main, ou une partie du crâne; une vague odeur de moisi atteignit Achille, qui sentit son cœur se soulever.

Dans quoi pouvait-il les appeler ? La masse était impressionnante. Voilà qu'ils se trouvaient encerclés...

« Achille, tu es sûr que...
- Je suis sûr, » fit le brun, qui lui aussi semblait réévaluer la situation. Atlas pourrait certainement se débarrasser de ces esprits, mais... il avait envie de faire autre chose. De trouver un moyen qui permettrait à Anatel comme à lui de montrer de quoi ils étaient capables...

« Jeanne, tu peux protéger Nyôrai s'ils vous attaquent ?
- Bien sûr. Je vais nous mettre en sécurité.
- Super. Deuxième question, est-ce que dans ton super arsenal d'attaques tu aurais une épée ? »

Jeanne cilla. « Une épée ? »

La foule grouillante de fantômes se refermait sur eux. « Oui, une épée. Tu as bien une hache, non ? Et... et plein d'autres trucs. Tu ne pourrais pas me prêter une épée ? »

Nyôrai fronça les sourcils. « Euh...
- Je... je ne pensais pas en avoir l'occasion si vite, mais je peux essayer, » la coupa Jeanne. Fermant les yeux, elle se concentra et appela à elle l'un des derniers anneaux à sa portée. « Shamash, Le bras de la pucelle ! »

Le métal entre ses doigts se mit à rayonner et à se boursoufler jusqu'à devenir une longue tige de métal rougeoyant qui se dirigea presque naturellement dans la main d'Achille. Le brun, un peu impressionné, fit tournoyer l'objet.

« Jeanne, » fit Nyôrai d'une voix pressante.

« C'est une idée récente, donc c'est peut-être un peu instable, » admit l'intéressée. « Ca va aller ? »

Achille sourit. « On va bien voir. Siegfried, Fusion Hyoi ! »

Sa peau prit un éclat argenté, et il se précipita au milieu des ombres momifiées. Dès qu'il brandit l'épée de Shamash, celle-ci s'illumina, mettant le feu aux esprits qu'il frappait. Siegfried lui donnait suffisamment de force pour manier l'épée comme si elle était faite de mousse, et suffisamment d'agilité pour se glisser entre les mains menaçantes sans jamais se faire attraper.

De son côté, Jeanne invoqua une statue d'Alapega faite de poutres épaisses, sur lesquelles Nyôrai et elle étaient hors de portée des âmes qui s'approchaient. « On te fait confiance, hein ?
- Compris, » lança le brun d'une voix étouffée. Au contact de sa lame, les Over-Souls se délitaient avant d'exploser. Il pirouettait et tournoyait comme une tempête au milieu du ring...

« Tu savais qu'il était bon à l'épée ? »

Jeanne secoua la tête. « Jamais vu. Je pense que c'est Sieg qui fait ça... Hé, lâche-moi », grogna-t-elle à une des ombres qui avait attrapé sa cheville. D'un coup de pied, elle le fit lâcher, et se releva un peu plus haut. « On en voit pas la fin... »

Un cri sortit de la masse. Des ombres avaient réussi à attraper Achille et à s'empiler sur lui. Fronçant les sourcils, Jeanne leva la main.

Elle n'eut pas besoin d'un mot pour que Shamash comprenne sa pensée : une cage de fer apparut autour d'Achille, coupant net le bras de la momie la plus proche et libérant le brun de la masse. « Jeanne, ça va aller, j'ai dit ! »

Avec un sourire fier, la Shamane obéit à l'ordre de son 'chef d'équipe', et Achille repartit de plus belle.

« Tu es sûre que…
- Il veut le faire seul. Et puis il s'en sort bien, les ombres ont plutôt diminué depuis tout à l'heure.
- Mais…
- Fais-lui confiance, un peu, » souffla Jeanne d'un ton irrité. Nyôrai roula des yeux, mais ne dit plus rien. En se dissipant, la cage avait entouré Achille d'un halo lumineux pour repousser les momies qui s'approchaient. Cela lui offrit un peu de temps. Mais il y avait tellement d'ennemis qui se pressaient autour de lui…

« Comment peuvent-ils être si nombreux ? Quel est le médium qui pourrait en faire apparaître autant... ?
- Le sable. Il les met dans les grains de sable, » murmura Nyôrai. « La croix doit lui permettre de les coordonner, de les maîtriser. Les faire apparaître ne doit rien lui coûter, il peut probablement faire ça toute la journée… C'est brillant, face à quelqu'un qui n'aurait pas d'Over-Soul géant. Et comme Achille ne veut pas utiliser le sien... »

Jeanne fronça les sourcils. « Peut-être que je devrais…
- Tu as dit qu'il se débrouillerait. Il pourrait très bien en finir tout de suite, il fait exprès pour faire son malin. Si tu l'aides, il va penser que tu le prends pour un incapable. » Le ton de Nyôrai semblait presque ennuyé, comme une petite fille qu'on aurait vexée. Jeanne plissa les yeux, puis haussa les épaules et regarda Achille se frayer un chemin parmi les momies. Mais plus il abattait de corps bandés, plus il semblait qu'Anatel pouvait en appeler.

Et soudain un groupe plus soudé que les autres s'abattit sur le têtu combattant. Son épée s'enfonça dans les bandes fantomatiques et resta coincée dans le sable, laissant le brun vulnérable à l'assaut suivant.

Une main décrépie, aux doigts si effilés qu'ils en devenaient des poignards, s'approcha de son cou à toute vitesse. Jeanne leva la main...

... Mais Achille fut plus rapide.

Le flash d'énergie alors qu'il changeait sa Fusion en Over-Soul éblouit les autres Shamans sur le ring, et ce qu'ils virent ensuite fit ouvrir de grands yeux à tout le monde.

Un grand bouclier de bronze s'était déployé entre la momie et lui, parant le coup. Non, il ne s'agissait pas de métal malgré la couleur, Jeanne s'en rendit compte. Il avait fait un Over-Soul... à partir de la poussière soulevée autour de lui. L'atmosphère était complètement purgée du nuage blond soulevé par les fantômes d'Anatel, et les vêtements d'Achille avaient repris leur couleur brillante.

Nyôrai se pencha, visiblement très intéressée.

« Un Over-Soul d'armure… ? Est-ce que…
- Non, il n'a jamais eu quoi que ce soit qui ressemble à ça, » murmura Jeanne. Car en plus du grand disque luisant, l'Over-Soul remontait le long du bras du Grec, s'articulant avec une fluidité surnaturelle autour de ses membres pour le protéger des coups potentiels. Cela recouvrait même une partie de ses vêtements et de son crâne. On eût dit un guerrier venu droit du passé... Cela venait peut-être de ses lectures ? Il faudrait remercier Lilirara...

... Et féliciter Achille, aussi. C'était quand même un changement de technique important, par rapport à son Over-Soul habituel... « Donc lui aussi peut utiliser le sable, maintenant, » murmura-t-elle, pensive.

« Apparemment. Peut-être qu'Anatel lui a donné l'idée…
- Je ne sais pas si ça fonctionne comme ça, » fit Jeanne avec une moue critique. « D'habitude Siegfried s'ancre dans ses bottes…
- Dans ses bottes, tu es sûre ? » Le regard de Nyôrai se fit calculateur. Jeanne attendit, mais elle n'ajouta rien, laissant la Française se concentrer sur les mouvements de leur compagnon. Du bouclier, le Grec repoussa les ombres ennemies, l'abattant lourdement sur une momie un peu proche pour la faire voler en poussière pendant qu'il dégageait l'épée de Shamash du sol. D'autres vinrent immédiatement s'agglutiner dessus. Le bouclier céda aisément sous la pression, mais Achille n'était plus dessous : il avait bondi en avant, déchirant deux ombres de son épée. Le bouclier se reforma autour de son bras libre pour en éclater un troisième alors qu'il filait de nouveau vers Anatel.

Achille échappa enfin à la masse de fantômes et se retrouva devant Anatel, les yeux vifs et luisants de sauvagerie.

Anatel recula, brandissant sa croix d'Ankh devant lui comme pour se protéger.

« C'est l'heure de dormir, » fit la voix d'Achille.

Anatel eut un instant la vision du jeune garçon levant son épée pour l'abattre sur son cou, séparant nettement la tête de son corps. Mais Achille n'en fit rien : il se contenta de séparer, d'un coup de bouclier, la croix d'Ankh du bras, et de l'épée il brisa l'objet en mille morceaux.

Les ombres s'évanouirent, et Anatel, vaincu, fit de même.


« Eeeet match ! L'équipe Eden remporte ce combat haut la main malgré quelques difficultés ! Merci de ne pas avoir défiguré le terrain de façon trop définitive, d'ailleurs, ça coûte cher à nettoyer. Merci, cher public, de votre présence ! Je vous revois demain pour le quatrième match, Ice-Men VS Funbari Onsen ! N'oubliez pas de passer à la boutique en sortant du stade pour des promotions exceptionnelles ! Si vous avez parié avant le début du match, dirigez-vous vers Renim… »

Achille n'attendit pas d'en entendre plus. Lui et Jeanne désactivèrent leur Over-Soul simultanément. Puis, soulagé et content, le Grec se précipita vers les deux filles et se saisit des mains de Jeanne pour les serrer. « Tu as vu, tu as vu ? On a réussi ! »

Jeanne acquiesça, visiblement amusée par son enthousiasme. Mais elle devait laisser entrevoir un peu de son anxiété, de la pensée terrible que Hao avait vu, lui aussi, la façon dont ils avaient réussi, parce qu'Achille fronça bientôt les sourcils. « Quelque chose ne va pas ?

- Elle est juste impressionnée par tes talents cachés, monsieur le prince troyen, » ricana Nyôrai en faisant mine de l'assommer. « Tu nous caches des choses ! »

Rosissant, Achille secoua la tête. « Je ne savais même pas que je pouvais faire l'armure, c'est juste venu comme ça. Pour l'Over-Soul de terrain, je… Je voulais juste être sûr d'y arriver avant d'en parler…
- C'est très réussi. Bravo, » sourit Jeanne.

« Tant mieux, parce que... » Il fronça les sourcils, et s'effondra tout d'un coup dans les bras de sa coéquipière.

La Française, surprise et inquiète, le soutint du mieux qu'elle pouvait. « Achille ? Achille !
- Ca va, ça va, » souffla le brun en tentant de se redresser. « Je me suis juste senti faible tout d'un coup...
- C'est normal, » indiqua Nyôrai en se rapprochant des deux autres, l'air hautain. « Vous ne vous êtes posés aucune question avant de lancer votre petit numéro ?
- Quel numéro ? » Jeanne fronça les sourcils.

Nyôrai, les mains sur les hanches, indiqua Achille. « Quand tu as décidé de lui prêter ton Over-Soul ? Alors qu'il a à peine le tiers de ton furyoku quand il ne l'a pas déjà entamé ? »

Achille, fronçant les sourcils, se passa une main dans les cheveux. « Je… de quoi tu parles ?
- De ton épée, gros malin. Jeanne, qu'est-ce que c'est comme Over-Soul, exactement ? »

La Française haussa les épaules. « C'est… une attaque ? L'Over-Soul, c'est mon armure.
- Exactement. Et ton Over-Soul d'armure, il te coûte combien, en furyoku ? »

Jeanne cilla. « À peu près… cent mille points… ?
- Donc, » et la voix de Nyôrai était coupante, « Achille, toi qui as 111 000 points de furyoku, après avoir utilisé plusieurs Over-Souls, tu as indirectement utilisé un Over-Soul de 100 000, et formé une armure entièrement nouvelle tout en tenant cet Over-Soul indirect. Tu comprends pourquoi tu es fatigué ? »

Les deux autres la regardaient avec des yeux ronds.

Achille bégaya : « Mais… quand on essaie d'utiliser des fantômes ou des attaques trop puissantes par rapport au furyoku qu'on a, en général, on…
- On en meurt, tu as tout compris, tête de nœud. »

Jeanne n'en revenait pas. « M-mais pourquoi tu n'as rien dit ? »

Nyôrai secoua la tête et les tira vers les vestiaires. « J'ai bien essayé, mais tu ne voulais rien entendre. Il fallait que je « fasse confiance » à Achille, n'est-ce pas ? »

Les deux autres échangèrent un regard, penauds; puis, avec un haussement d'épaules, ils la suivirent à l'intérieur.

La foule aussi, lentement, s'égraina hors de l'arène.