10 / Au-dessus des montagnes et au-dessus des vagues
En posant ses mains sur ses hanches Bella inspecta le parc à caravanes. Chaque tempête amenait au moins une âme perdue du passé mais tous les visages qu'elle vit étaient familiers. Aucun nouveau voyageur du temps ne la regarda.
Au cours de la journée la plupart des débris furent évacués. Même Jessica insista pour aider autant qu'elle pouvait avec quelques jeunes voisins qui peignirent un panneau pour mettre à l'entrée du parc. Rigolant Jessica se pencha et laissa un des jeunes garçons peindre un point bleu sur le bout de son nez avant de lui faire la même chose.
Comme Bella, Garrett regardait la scène à distance, souriant pour lui-même. Puisqu'il était seul, Bella décida de l'approcher. Même le bruit du gravier sous ses pieds ne lui fit pas détourner l'attention, pas plus que la question qu'elle lui posa.
"A propos de quoi veux-tu faire changer d'avis Jessica ?"
Au lieu de répondre de suite, il ramassa un morceau de parement et le jeta dans la benne à ordure. Le bruit du métal fit penser à celui du tonnerre.
"Tu as entendu ça n'est-ce pas ? "dit-il, la regardant enfin, il passa le dos de sa main sur son front sec. "Tu lui en as parlé ?"
"Oui."
"Et ?"
"Elle feint l'ignorance."
"Hum." Enlevant les gants dont il n'avait pas besoin, il posa une main sur son épaule. Son poids et sa température la firent frissonner, l'opposé polaire de son sourire triste et doux. "Si tu veux demander à l'un de nous, je ne suis pas ton gars."
Il en resta là et elle le laissa. Ce qu'elle voulait faire c'était poser d'autres questions jusqu'à ce qu'il réponde. Avait-il proposé à Jessica de la transformer et avait-elle refusé ? Ou bien était-ce l'inverse ? Avait-elle demandé à être transformée et maintenant il essayait de la convaincre de rester humaine ? Les baisers semblaient indiquer la première conclusion. Sans oublier que Jessica avait grandi entourée de loups dont l'avis sur les vampires étaient aussi immuable que les vampires eux-mêmes.
C'était peut-être quelque chose de plus simple, de moins terrifiant. Ces baisers auraient pu être la tentative de Garrett pour la faire changer d'avis… d'être avec lui. Afin d'épargner son cœur elle aurait pu dire non. Mais pourquoi Jessica garderait-elle cela secret ?
Une douleur s'étendit sur les épaules de Bella alors qu'elle se replongeait dans le travail. Se baisser pour ramasser certains des nains de jardin cassés de Mme Ryan lui faisait mal dans le bas du dos. La plus longue journée de travail au bar était préférable à cela.
Bien qu'elle ne puisse toujours pas le voir à travers les nuages et les traînées de fumée persistante, le soleil commençait à se coucher. A quelques mètres de là Edward s'arrêta, se frotta la nuque et soupira. Ses épaules s'affaissèrent et sa tête tomba. Pour Bella il avait l'air d'avoir été découragé avant que la bataille ne commence vraiment. Il avait travaillé si dur. Après la nuit qu'il avait passée il avait besoin de repos ou tout au moins d'une distraction.
Etablissant un contact visuel avec Rosalie, Bella hocha la tête vers Jessica dans une demande silencieuse. Occupe-toi d'elle. Si elle le disait à voix haute, ça ne ferait qu'énerver Jessica et elle ferait valoir qu'elle pouvait prendre soin d'elle. Rosalie acquiesça. Message reçu. Sur ce, Bella alla voir Edward et toucha une de ses épaules vaincues.
"Je pense qu'il est temps d'arrêter pour aujourd'hui," déclara-t-elle. "Il commence à faire sombre."
"Il y a encore quelques…"
"Je sais, mais j'ai vraiment besoin d'une pause. Allez !" Serrant son bras elle sourit. "Tu m'accompagnes ?"
Il céda. Après avoir attrapé son sac accroché derrière la porte, Bella prit sa main et laissa ses pieds en pilote automatique. Une fois qu'ils atteignirent la route goudronnée qui allait vers la ville, quelques-uns des lampadaires s'allumèrent. Leur lueur se battaient avec celle des phares des quelques voitures qui passaient, projetant de longues ombres dans des directions différentes comme si des jumeaux de Bella et Edward marchaient quelques pas derrière eux. Le froid qui avait temporairement disparu pendant l'après-midi s'infiltra de nouveau, s'enroulant autour d'eux et leur faisant accélérer le pas.
Il ne demanda pas où ils allaient, il ne dit rien du tout. Son rythme correspondait au sien sans jamais fléchir ni s'arrêter pour respirer. Dans l'obscurité de plus en plus noire, sans que le violent éclair de la tempête ne le fasse se courber, il semblait en bonne santé : un homme d'avant l'Impulse se promenant avec une amie. Normal.
Bella regarda le plafond gris et bas de nuages - vers les étoiles qu'elle ne pouvait pas voir. Pendant un moment ce n'était que silence, la nuit tombant et ses mains gantés autour des siennes. C'était fou mais à cette seconde elle pensa qu'ils pourraient fuir. Ils pourraient se prendre par la main et claquer leurs pieds sur l'asphalte craquelé jusqu'à ce qu'ils trouvent un nouvel endroit – un endroit sans les lumières orange et les cicatrices rouges.
Ce n'était qu'un rêve éphémère mais cela fit tomber le poids glacial de la culpabilité dans son estomac. Jessica ne figurait pas dans ce projet imaginaire sauf comme l'un des problèmes qui resterait derrière. Comment pouvait-elle la considérer comme un fardeau, ne serait-ce qu'un instant ?
Edward serra sa main plus fort, comme s'il savait. Sans le relâcher elle fouilla dans son sac avec sa main libre. Dix ou onze porte-clés avec des souvenirs de son ancienne vie s'entrechoquèrent alors qu'elle ouvrait le bar. Le visage souriant devant de la peinture écaillée de Charlie, la bague de mariage de Renée, une fleur en cuir et en lambeaux d'Embry, la moitié d'un cœur de "meilleurs amies pour toujours " de Jessica à neuf ans.
Allumer les plafonniers à l'intérieur du bar fit gémir Bella. L'une des fenêtres était cassée. Elle était barricadée, personne n'avait pu rentrer pour piller l'endroit mais tout était en désordre. Les tables étaient renversées. Les pieds des chaises avaient craqué. Les bouteilles et les verres à liqueur s'étaient brisés. Le téléphone qui était accroché au mur derrière le bar était en morceaux. Entre les débris des flaques d'alcool avaient séché sur le sol, ne laissant que l'odeur alléchante du gin et la viscosité de l'hydromel. Edward aida à fermer la fenêtre éclatée, utilisant des morceaux de ce qui avait été une table pour remplacer temporairement le verre.
"Merci," lui dit-elle. "On dirait que nous allons avoir beaucoup de plaisir au travail demain. Attends ici un instant, d'accord ? Je reviens tout de suite."
Faisant très attention à ne pas se couper, Bella se fraya un chemin à travers les décombres jusqu'à la cuisine. Là-bas c'était moins grave, le placard où ils gardaient les caisses d'hydromel en bouteille avait une bosse dans la porte mais son contenu était intact. Après avoir glissé l'une des bouteilles dans un sac en papier, elle laissa l'argent liquide coincé sous une autre des bouteilles. L'arrière de l'un des anciens menus lui fournit une surface pour laisser une explication qu'elle griffonna à Emmett et Garrett signée avec sa première initiale suivie d'une rafale de X et de O.
"J'allais suggérer que nous passions du temps ici mais ce n'est peut-être pas la meilleure idée," dit-elle en se retournant vers Edward. "Hé bien même si les choses n'étaient pas un tel gâchis, si nous laissions la lumière allumée trop longtemps, quelqu'un viendrait probablement pour entrer et boire un verre…"
Edward sourit en voyant que le tabouret d'Adam était toujours debout. "Adam pourrait exactement faire cela. Il appellerait cela un peu de fouillis et dirait que ça ne le dérangeait pas."
"Je ne sais pas. Il est comme Jess et les petits gâteaux. Quoi qu'il en soit, prêt ?"
Il acquiesça. A la dernière minute elle pensa à baisser le thermostat, donc Emmett et Garrett ne paieraient pas pour chauffer le parking. Une fois la porte refermée derrière eux, son fouillis de clés retourna dans son sac. Edward avait attrapé sa main.
Belle l'amena à Till Taylor Park : un endroit rempli de mauvaises herbes à quelques pâtés de maisons de la pension. Un vieux morceau rouillé de quelque chose qui ressemblait à un chariot couvert miniature était tapi dans les buissons comme toujours. Mis à part les branches d'arbres éparpillées partout, le parc était tel qu'elle s'en souvenait avant la tempête.
Ignorant les bancs et les tables de pique-nique, elle grimpa dans les jeux pour enfants et s'installa confortablement en haut de la glissière en plastique. Après un moment d'hésitation Edward se hissa sur l'échelle de corde et s'assit derrière elle, écartant ses jambes pour que ses hanches soient entre ses genoux comme s'ils étaient deux enfants sur le point de descendre le toboggan ensemble. Lui souriant par-dessus son épaule, elle ouvrit la bouteille. C'était l'un des hydromels les plus secs. Seul un soupçon de douceur de miel picotait sur sa langue et réchauffait son ventre.
"Boire dans un sac en papier dans le parc…" fit-elle, en lui passant l'hydromel. "Il me semble que j'ai quatorze ans à nouveau."
Il rit, inclinant la tête en arrière pour prendre quelques gorgées avant de répondre. "D'une manière ou d'une autre je ne peux pas t'imaginer comme une adolescente rebelle."
"Hum probablement parce que je ne l'étais pas. C'est la première fois que je fais ça. Mon père était flic. Le pire que j'aie fait étant ado a été de boire cette horrible bière maison dans la chambre de Jessica une fois que sa mère était partie chez sa tante." En faisant la grimace elle serra son estomac à ce souvenir. "C'était terrible. Pour une raison impie nous avions décidé de la mélanger avec du punch hawaïen. J'ai vomi dans sa vieille boite à jouets."
Sa bouche se fendit en un sourire assez grand pour montrer les lignes de ride au coin de ses yeux : des cicatrices de batailles en quelque sorte. Preuve que contre toute attente il avait survécu assez longtemps pour commencer à développer des pattes d'oies. Le papier bruissa quand elle accepta de prendre la bouteille.
"Et toi ?" demanda-t-elle, après avoir pris une gorgée. "Comment étais-tu enfant ?"
Son cou commençait à lui faire mal d'avoir à le regarder par-dessus son épaule mais elle ne détourna pas les yeux.
"Hum." Tapant des doigts contre le bord du toboggan, il laissa échapper un soupir souriant et parfumé à l'hydromel. "Une sorte de terreur en fait."
"Vraiment ?"
"Ouais. Quand ma première maman adoptive était encore en vie je n'étais pas aussi méchant mais une fois qu'elle est morte… eh bien oui une terreur…"
La conversation rieuse tenue dans une brume de fumée et de bruit lui revint. Il lui avait dit une fois qu'il était bon au combat.
"Je ne suis pas convaincue," dit-elle, remontant ses pieds sur le toboggan et serrant ses genoux contre sa poitrine.
"Non ?"
"Non. Je vais devoir voir des preuves de cette terreur présumée."
Ses lèvres s'attardèrent sur la bouteille quand il la reprit – s'attarda là où sa bouche venait d'être. "Toujours prête à parier sur moi contre les Raiders ?" demanda-t-il.
"Toujours." Se penchant en arrière, elle cogna son coude contre son bras. "Tout de même essaie de ne pas nous obliger à quitter la ville juste pour prouver que tu as raison, d'accord ?"
Il rigola. "Je ferai de mon mieux."
Au fur et à mesure que le niveau d'hydromel diminuait dans la bouteille, Bella commençait à se sentir étourdie et détendue.
Ils regardèrent un écureuil sauter dans le parc sans montrer une lueur de peur en les voyant, ce qui donna lieu à un débat sur la question de savoir s'ils devaient s'inquiéter de la rage. Edward finit l'hydromel puis Bella et lui glissèrent du toboggan s'aplatissant à la fin. Ils atterrirent en un tas, son menton dans le creux de son dos. En riant, il roula de côté et lui fit le sourire le plus authentique qu'elle lui ait vu de toute la journée. Quelque chose de lumineux et de beau en elle voulait trouver un moyen pour qu'il la regarde toujours comme ça.
Bella se figea, arrêtant ces pensées. Elle essaya de se rappeler qu'à moins qu'avec Carlisle ils puissent faire une découverte, l'avenir d'Edward semblait sombre. Aimer une personne avec le syndrome de Margaret Brown était assez déchirant. Elle n'avait pas besoin d'en ajouter un autre.
Mais la logique ne pouvait pas tout à fait faire fuir son sourire, ni la dissuader de se pencher au-dessus de lui sur cette herbe froide. Il passa ses doigts le long de ses flancs et posa ses mains sur sa taille. Sans se donner trop de temps pour réfléchir, elle lui planta un baiser sur la joue.
Se levant en courant avant qu'elle n'ait pu voir sa réaction, elle alla vers la balançoire. Etre devant ne l'aida pas quand Edward la poursuivit. Il était à la fois plus rapide et moins pompette et il atteignit la cible en premier. Les bras tendus comme s'il faisait du body surf, il se balança sur son estomac. Quand elle prit la balançoire à côté de lui, l'accusant à moitié de tricher, il se mit en position assise et poussa avec les pieds.
Alors qu'ils allaient plus haut, il lui parla de la balançoire que son père - son vrai père - avait construite pour lui lorsqu'il était enfant : une planche en bois suspendue à une branche d'arbre avec de la corde. Comme tous les enfants, il croyait que s'il essayait assez fort, il pourrait faire un tour complet en se balançant.
Au sommet de sa courbe, Bella se sentait en apesanteur, comme si elle vivait son rêve d'enfant et faisait virevolter les chaînes autour de la barre. La balançoire oscillait, ses jambes battant comme si elles voulaient s'amuser aussi.
Edward ralentit juste assez pour faire un bond en avant. Le cœur de Bella sauta avec lui, prenant la relève dans sa gorge alors qu'elle attendait qu'il atterrisse. Aucun os cassé mais il ne réussit pas à garder son équilibre. Lui faisant signe du sol, il prétendit que rien n'avait été touché, si ce n'est sa fierté.
"Je n'ai pas fait ça depuis des années," dit-il. "Je suis un peu rouillé."
"L'alcool n'aide probablement pas."
"Blasphème. Tu ne sais pas que l'alcool rend tout le monde plus charmant et coordonné ?"
Le rire de Bella retentit, la laissant se sentir à nouveau en apesanteur. "Oui, je travaille dans un bar, tu te souviens ?"
"Oh, ouais. Alors ? Tu vas sauter ou quoi ?"
Laissant trainer ses pieds dans la sciure, elle se rapprocha de la terre avant de lâcher les chaînes et de sauter. Le temps d'un souffle, elle s'envola. L'atterrissage provoqua une secousse dans ses genoux mais elle ne s'affala pas comme Edward.
"Tu vois ?" dit-il, en se levant et en se dépoussiérant. "Plus coordonné. On devrait probablement rentrer à la maison. Nous avons une autre longue journée devant nous demain." Faisant une pause, il secoua la tête en direction de la pension de famille. "Veux-tu utiliser le téléphone dans ma chambre si les lignes sont en service ? Tu pourrais appeler quelqu'un pour venir te chercher. Il fait assez froid ici."
Il laissa le reste de ses pensées inexprimées mais elle savait. Son propre esprit s'est fixé sur les mots : et tu ne devrais pas rentrer seule à cette heure-ci.
"Oui, bien sûr," dit-elle. "Merci."
La pension était faite de tissus miteux, d'avant l'Impulse, qui montraient leur âge, comme un vieil homme têtu qui s'accroche au passé. Des peintures murales délavées de cow-boys décoraient des murs friables en briques. Seules les planches aux fenêtres suggéraient une tempête récente.
Edward la conduisit dans le couloir vers une chambre avec un lit jumeau, une commode ancienne, un évier en faïence ébréchée et une vieille radio. Quelques-unes de ses chemises étaient drapées sur un séchoir en bois, parfumant l'air de citron frais.
Avec un hochement de tête vers le téléphone, il commença à plier ses vêtements, entrant presque dans la salle de bain pour lui laisser de l'intimité. Étonnamment, une tonalité bourdonna dans l'oreille de Bella. Les lignes étaient habituellement hors service pendant des jours après une tempête. Elle composa son propre numéro, Rosalie était probablement encore là.
"Allô ?" dit une voix masculine à l'autre bout.
Bella cligna des yeux. "Garrett ?"
Il avait l'air essoufflé. Les vampires pouvaient-ils être essoufflés ?
"Ouais. Est-ce que tout va bien ? "
"Hum. Oui. Bien. Le bar est en désordre mais l'hydromel est toujours bon. J'ai laissé de l'argent. Je suis chez Edward, et... euh. Pourrais-tu venir me chercher, s'il te plaît ? Je peux marcher si tu préfères retourner à, euh… peu importe ce que tu étais en train de faire."
Des voix étouffées par une main sur le récepteur suivirent sa demande : Jessica demandant ce qu'il se passait, Garrett répondant en riant que Bella était ivre.
"Bien sûr," dit-il, sa voix une fois de plus claire. "Donne-moi environ dix minutes."
Après qu'elle ait raccroché, Edward sortit avec deux verres d'eau.
"Merci au fait," dit-il, se tenant tout près. "J'avais besoin de ça. J'espère qu'on ne le regrettera pas demain."
"Nah." Laissant l'audace induite par l'alcool l'emporter, elle se mit sur la pointe des pieds et embrassa sa joue à nouveau. "On ne le fera pas."
X-X-X
X-X-X
S'affalant sur le canapé, Bella reposa ses pieds sur les genoux de Jessica. La pièce tournait plus qu'elle ne devrait. Elle n'était pas si éméchée.
"Jessie ?" dit-elle.
"Oui, face d'ivrogne ?"
"Est-ce que Garrett t'a proposé de te transformer ?"
"Hein ? " Après une pause, une main à la peau lisse tapota la cheville de Bella. "Comment a-t-il pu faire ça, alors qu'il ne sait même pas que je sais ce qu'il est ?"
Bella se blottit plus profondément dans les coussins moisis et parla à travers un bâillement. "S'il te plaît. Ils savent que nous savons. Soit ça, soit ils pensent que nous sommes fantastiquement stupides."
"Nous devons trouver un autre mot pour "savoir". Cette conversation devient confuse." Bella se mit à rire et repoussa le bras de Jessica avec ses orteils.
"Ça n'est pas sorti," dit Jessica. Un sourire en coin se pointa. "Hey, en parlant de ça, tu penses que les vampires peuvent avoir..."
Bella la coupa d'un geste de la main. " Ouah. Je ne sais pas. Je n'y ai jamais réfléchi."
"Pourquoi pas ? C'est une question importante. Juste là, avec l'existence de Dieu et pourquoi le ciel est bleu et tout ça."
"Hum, clairement. C'est le genre de sujet dont débattraient les philosophes pendant des heures, s'ils savaient que les vampires existaient."
"Je pense, par conséquent, que Garrett et Emmett ont la trique." Jessica fit un clin d'œil. "Pas particulièrement convaincant mais je ne connais pas d'autre expression philosophique." Un fil dans le tissu d'ameublement laissait entrevoir un aperçu du rembourrage jauni pendant que Jessica le dégageait. "Tu penses qu'Edward le sait ?"
Bella roula ses yeux. "Euh, Carlisle et lui sont de bons amis et tout mais je ne pense pas qu'ils soient si... proches."
Avec un rire, Jessica frappa la jambe de Bella. "Je voulais dire, est-ce qu'il sait pour les vampires, espèce de nase. Pas sur ce qu'il y a dans leurs pantalons."
"Oh. Je ne suis pas sûre. Il ne semblait pas du tout inquiet d'utiliser un couteau devant Mary, alors peut-être pas."
Les paupières de Bella s'alourdirent, l'entraînant dans un léger sommeil. Une douce chaleur s'installa sur elle : une couverture, posée là par Jessica. La dernière pensée consciente de Bella avant que tout ne s'estompe dans les rêves, c'était que Jessica lui parlerait de cette histoire avec Garrett à un moment donné. Elles n'avaient jamais gardé de secret avant.
Et même si Garrett n'était pas son homme, Bella avait toujours Rose.
