Jeu d'échecs
Troisième partie : Ab ungue leonem
Septième chapitre : The Road to Hell / Manigances de ruelles
Auteur : Rain
Disclaimer : Shaman King ne m'appartient pas, je ne me fais pas d'argent avec, je vous invite juste dans mes petits délires personnels.
Soundtrack : Yellow Light (Of Monsters and Men)
Je te guiderai en ce lieu magique par mon phare doré, contente-toi de ces avertissements ignorer... (Traduction très éloignée je l'avoue, mais ça me plaît bien xd)
Notes :
Petit chapitre que j'ai hésité à mettre dans Dames, mais il est tellement essentiel à la compréhension de la suite et à vos éventuelles prévisions que je l'ai laissé ici. Je ne sais pas si les spectateurs habituels sont spectateurs ici. Je ne sais pas ce que vous en comprendrez. On va voir !
Joyeux Noël, Elvithradia (Dieu que ce pseudo est compliqué à taper :P), et bonnes fêtes à tous.
« Vous êtes sûres qu'il vaut mieux ne pas lui en parler ? »
Les deux filles lui jetèrent un coup d'œil, et Achille eut la désagréable impression de regarder une seule entité dédoublée. Elles semblaient toutes deux jauger son utilité, et il répondit à leur grimace par un rictus nerveux.
Mathilda toute seule, Nyôrai toute seule, ça allait encore. C'était souvent pénible, souvent fatigant et ridicule et embarrassant, mais ça allait. (Mathilda avait ses bons côtés. Nyôrai… Il cherchait encore, mais il les avait entraperçus, des fois.) Une des deux, seule, donc, ça allait. Ensemble, les deux sorcières étaient un cauchemar inarrêtable.
Nyôrai avait attendu que Mathilda leur apporte des bols de soupe fumants pour expliquer son plan, ce qui était franchement un coup bas, parce qu'elle avait tenu à tout expliquer avant de le laisser toucher à son dîner. Elle avait raconté leur discussion d'avant le match des X-III, le besoin impérieux qu'elles avaient d'en apprendre plus sur la X-Laws et leurs intentions, l'une parce qu'elle avait peur que Jeanne fasse une bêtise, l'autre parce qu'elle avait peur que Jeanne en fasse plusieurs. Cela dit, il avait bien senti qu'on ne lui demandait pas vraiment son avis : elles agiraient avec ou sans lui. Alors… quitte à ce qu'elles déclenchent un conflit ouvert avec les X-Laws sans accord de Hao ou de Jeanne, autant qu'il soit là pour tenter de contrôler les dégâts.
Ils avaient passé une bonne heure à surveiller les abords de la maison des X-III, sans effet, si ce n'était que Christopher, assis dans une chaise roulante aussi impressionnante que lui, avait fixé le coin d'ombre où ils étaient cachés avec un peu d'insistance. Puis Jack avait eu 'une piste' et maintenant ils suivaient à distance un groupe d'individus dont ils ne savaient rien.
Nyôrai roula des yeux et ne répondit pas à sa question; Mathilda secoua ses couettes avec un air fatigué. Elle était cependant la plus clémente des deux, parce qu'elle daigna lui répondre :
« On a déjà eu cette discussion. Laisse-la dormir un peu, elle en a bien besoin. En plus, elle ne serait pas d'accord.
- Justement : si elle l'apprend…
- Elle ne sera probablement pas très heureuse, d'accord, mais elle sera bien contente d'en savoir plus sur les gens bizarres qui ont parasité les X-Laws.
- 'Parasités', on n'en sait rien.
- Si vous avez fini de vous répéter, » souffla Nyôrai avec énervement, « fermez-là. Je les ai repérés, mais cela ne sert à rien si vous nous faites griller aussi ! »
Achille obéit, douché, et laissa Nyôrai se concentra sur son illusion. Ses illusions, en fait, ce qui expliquait son besoin de concentration. Une était projetée autour d'eux pour les camoufler en benne à ordures, malgré les protestations d'Achille; l'autre surveillait leur cible avant de l'attirer dans le piège.
« Ils se séparent, » annonça-t-elle après un moment. « Lequel on veut ?
- Le plus faible, » fit Mathilda après un moment. « Le plus impressionnable. »
Nyôrai grimaça. « Impressionnable je ne sais pas, mais la fille se dirige plus de notre côté, alors je pars sur la fille et je tente de ferrer. »
Les deux autres attendirent, silencieux, plus patients qu'ils n'aimaient l'être.
« C'est bon.
- C'est bon ?
- Silence, elle vient par ici. »
Les deux autres échangèrent un regard qui disait, agréable, cette douce jeune fille. Ils obéirent, pourtant, et bientôt la silhouette d'une femme dans sa quarantaine fit son apparition au bout de la ruelle.
« Seigneur Fudô ? »
Elle hésitait clairement à pénétrer plus avant, et Nyôrai se mordait la lèvre d'un air concentré. Qu'est-ce qu'elle pouvait lui faire voir ? Les deux autres n'en avaient pas la moindre idée. Cela semblait marcher, pourtant : Gekkô, leur cible, avança progressivement. Ses yeux étaient vides, ses bras ballants, et ils purent sans difficulté refermer le piège sur elle.
Au signal de Nyôrai, Mathilda se jeta sur leur proie et la plaqua contre le mur. Les couteaux de Jack, brandis au-dessus de sa tête et à la hauteur du cou de Gekkô, suffirent à l'immobiliser. Siegfried apparut pourtant derrière elle, histoire de parachever l'intimidation.
Ils n'obtinrent d'abord qu'un cri, strident et continu, jusqu'à ce que la patience de Mathilda s'épuise et qu'elle lui ferme la bouche brutalement.
« Il ne sert à rien de hurler, » l'informa Nyôrai. « De l'extérieur, cette ruelle n'existe même plus. Personne ne t'entend.
- On ne va rien te demander de compliqué, » promit Mathilda. « Tu nous aides, on te relâche.
- Par contre, si tu ne nous aides pas… »
Le sourire de Nyôrai était sans équivoque. Leur proie les étudia un à un avant d'acquiescer. Elle n'avait pas l'air très inquiète, ce qui devait, logiquement, les inquiéter : ils ne savaient pas à qui ils avaient affaire, c'était bien là toute la raison de leur embuscade, et s'il s'avérait qu'ils avaient eu les yeux plus gros que le ventre ils risquaient d'être dans un sacré pétrin.
Mathilda enleva lentement sa main de leur cible. Il n'y eut ni cris ni menaces.
Il y eut un temps de silence durant lequel la cible les jaugea. Puis, finalement : « Que puis-je faire pour vous ? »
Ce n'était pas vraiment la réaction à laquelle ils s'attendaient, et le trio se retrouva un instant pris de court. Nyôrai se remit pourtant bien vite.
« Dis-nous tout ce que tu sais de Fudô. »
La proie commença par rester silencieuse, comme si elle n'avait pas compris la question. Mathilda rapprocha le couteau de sa gorge, et elle eut un mouvement de recul avant de faire signe qu'elle allait se livrer.
« Il a seize ans, » commença-t-elle d'une voix rauque. « Il fait partie de l'équipe X-I. Nous – Nikkô, Fudô et moi – venons tous du Japon.
- Tu comptes finir les platitudes bientôt ou ? »
Nyôrai jeta un coup d'œil à Mathilda, un coup d'œil qui signifiait 'du calme, laisse-lui le temps.'
Mathilda ne s'embarrassa pas de communication silencieuse. « Ne me regarde pas comme ça. On n'a pas quatre cent ans, elle peut bien passer à table.
- Je ne sais pas ce que vous cherchez, » fit remarquer leur cible platement, ce qu'Achille dut bien lui concéder.
« Pourquoi est-il dans le tournoi ? »
Gekkô sembla réfléchir à la question.
« Parce qu'il veut sauver le monde. »
Mathilda s'apprêtait à la rabrouer de nouveau; Achille la prit de court. « Sauver le monde de quoi ?
- Des esprits, » répondit Gekkô lentement. « De la sauvagerie de l'âme. Des secrets qui devraient rester hors de portée des mortels et qui souvent reviennent les tourmenter.
- Et en anglais ?
- Sa langue maternelle est le japonais, » rappela Achille. « Je ne sais pas s'il est malin de s'attendre à ce que ce qu'elle a à dire soit le plus clair dans une langue qui n'est pas la sienne.
- On parle japonais, » fit Mathilda en haussant les épaules. « Si elle veut parler dans cette langue, pourquoi pas, on traduira pour Nyôrai. »
Cela n'enchanta guère cette dernière. Achille leva un sourcil.
« On le baragouine, tu veux dire. Je préfère qu'elle continue en anglais et qu'on se débrouille avec.
- Parce que tu as compris son baratin ?
- Non, mais elle peut le ré-expliquer. Avec d'autres mots. »
Gekkô comprit qu'on lui adressait la parole et fit un sourire patient.
« Le seigneur Fudô ne pense pas que la présence des fantômes dans ce monde soit une bonne chose. Elle sème la confusion dans les esprits humains et les détourne des véritables buts de leur existence. Les Shamans et ceux qui voient les esprits sont… dérangés. Des victimes de cette confusion, de ce trouble malsain. »
Elle devait s'attendre aux regards qu'elle reçut; elle ne s'en offensa pas.
De leur côté, il fallait bien dire que le trio était un peu interdit. Les fantômes, une mauvaise chose ?
« Qui est-ce qui lui a mis cette idée dans la tête ? »
Nyôrai grimaça et fit encore signe à Mathilda de se calmer.
« Pas la peine de hurler, on est juste à côté de toi.
- Parce que ça te paraît normal, toi, de penser que les esprits sont, sont… quoi, exactement ? Des démons ? Des parasites ?
- Des erreurs, » corrigea Gekkô. « Des traces laissées par les générations précédentes, capables de semer folie et confusion parmi nous. Leur fin naturelle est l'oubli, la disparition; les artifices shamaniques, quand ils ralentissent cette transition et cherchent à retenir l'esprit dans ce monde, sont néfastes. En devenant Shaman King, Fudô pourra libérer le monde de ces pulsions tournées vers le passé. Les Shamans oublieront que les esprits existent, et, avec le temps, tout ira pour le mieux. »
Disons qu'au moins c'était une perspective radicalement différente.
Jack et Siegfried vibraient de rage à l'unisson. Thenral ne disait rien, ne laissait rien filtrer, et Nyôrai se contenta de réitérer ses ordres : effacer la ruelle, effacer les échappatoires possibles. Ainsi concentré, il ne lui arriverait rien.
Quant à elle… en vérité, elle n'avait pas grand-chose à faire des desiderata d'un pauvre hère qu'elle comptait écraser sous sa semelle. Cependant… Cela n'éclairait en rien son choix d'équipe, et donc ne leur servait à rien.
« Il est évident que son objectif semble un peu en contradiction avec ceux des X-Laws, » tenta-t-elle au hasard. « Eux ne parlent pas de radier les esprits de la terre, simplement de tuer Hao. Pourquoi votre alliance ? »
Gekkô la considéra un moment.
« Les X-Laws avaient besoin de symboles et de forces. Fudô cherchait une équipe intéressante que les Paches ne mettraient pas dans la poule de Hao ou de Sâti. »
C'était une raison plus que bonne, et Nyôrai s'en voulut de n'y avoir pas songé plus tôt. Volonté des Grands Esprits mise à part – ils avaient bon dos – les choix des Paches avaient en effet tendance à favoriser le suspens. Aucune des grandes équipes ne s'était encore rencontrée, et il était peu probable qu'un tel match ait lieu avant la toute fin. Un bon calcul.
« Donc vous avez approché ce tournoi de manière réfléchie, » se borna-t-elle à dire, sans se soucier du sourire de la proie, qui semblait dire qui ferait autrement. « Mais ni toi ni le vieux n'êtes en lice.
- Nous servons notre maître autrement. Les coéquipiers du seigneur Fudô lui sont et seront d'une grande utilité.
- Pourquoi l'appeler maître ? » C'était Achille qui n'y tenait plus. « Pourquoi suivre un enfant ? Même si vous avez tous les mêmes objectifs, il serait plus logique de…
- Oh, Fudô n'est pas le maître. » Et là, Gekkô chercha ses mots, comme si l'exacte pensée qu'elle voulait leur livrer lui échappait. Elle fit un geste vers la gorge de Nyôrai. « Fudô est comme toi, » se décida-t-elle finalement à dire, les yeux sur elle.
Qui ne sut pas vraiment répondre à ça.
Rencontrant le regard de ses deux compagnons, elle leur indiqua d'un geste qu'elle ne comprenait pas plus qu'eux et tenta de remonter son col.
Une fois un peu remise de sa surprise, elle croisa les bras et lança à Gekkô un regard aussi froid qu'elle put. « Explique-toi. Je n'ai aucune idée de qui est ce garçon. Je ne l'avais jamais vu avant le tournoi.
- Non, vous ne vous êtes jamais rencontrés, » confirma Gekkô.
« Alors pourquoi dis-tu qu'il est comme moi ? »
Gekkô sourit, pesant de nouveau ses mots avant de parler, la voix vibrante de joie : « Vous êtes les deux élus du maître. Vous avez été choisis. C'est un grand honneur. »
Mathilda secoua la tête. « De qui elle parle ? Quel maître ?
- Aucune idée, » répondit sèchement Nyôrai. « Je n'ai aucun maître, je me bats pour moi-même.
- Si ce 'maître' était quelqu'un d'important, Hao-sama le connaîtrait, » fit remarquer Achille.
Le sourire de Gekkô devenait franchement énervant, mais ce n'était rien par rapport à sa voix quand elle décida enfin de se mettre à parler de sa propre initiative : « Vous êtes ses deux enfants, ses deux étoiles, et je ne peux qu'espérer que l'un de vous parviendra au sommet. »
Sentant le regard plein de questions de ses deux comparses, Nyôrai répliqua immédiatement, voix tendue. « Je n'ai pas de frères et elle raconte n'importe quoi. Il n'y a aucun doute sur ma naissance ou ma famille. Élus par qui, d'abord ? Pour faire quoi ? »
Gekkô ne sembla pas s'étonner. « Il ne s'étend pas plus qu'il le faut. Je ne devrais rien vous dire qu'il ne veut vous révéler…
- Tu vas nous dire tout ce qu'on voudra, » la coupa Nyôrai. « De qui tu parles ? Quel est son nom, quelles sont ses intentions ? Pourquoi Fudô, pourquoi moi ? »
Gekkô secoua la tête. « Il veut sauver le monde, et vous êtes les seuls à pouvoir le faire. Il savait ce qu'il faisait en vous sélectionnant. Vous en saurez plus quand il le jugera utile. »
Mathilda avala un juron et approcha son couteau, mais Nyôrai l'arrêta.
« Achille, tu peux barrer la ruelle ? T'assurer que personne n'entre ? »
Comprenant son intention, le brun acquiesça et se déplaça vers la grande rue. Mathilda resta près de Nyôrai quand celle-ci laissa son illusion s'effacer. Elle fusionna ensuite avec Thenral et redemanda, calme et douce et persuasive : « Dis-nous tout sur ce maître que vous servez. »
Son pouvoir s'enfonça dans les yeux noirs et profonds. Leur proie ne lui résista pas, et Nyôrai crut la partie gagnée. Mais sa poussée brutale ne fit que s'engluer, se perdre progressivement dans ce qui semblait être fosse à la profondeur océane.
Nyôrai n'abandonna pas, cherchant encore, creusant plus profondément. Il y avait forcément un angle, une prise qu'elle pouvait trouver. Quelque chose… quelque chose…
Elle vit un éclat d'or, et se retrouva brusquement renvoyée dans son propre corps.
Gekkô la regardait, l'œil placide et bovin. Rien en elle ne disait qu'elle était capable de repousser Thenral, parce qu'elle en était incapable. Nyôrai doutait même qu'elle se soit rendu compte de quoi que ce soit. Non, c'était autre chose. Quelqu'un d'autre. Le maître dont elle avait parlé, sans doute.
« Nous n'apprendrons plus rien d'elle, » dit-elle d'une voix qui ne pouvait pas trembler, parce que la voix de Nyôrai ne tremblait jamais. Achille et Mathilda firent mine de n'avoir rien entendu.
« Au contraire, » fit Achille. « Je pense qu'elle a encore pas mal de choses à dire.
- Je ne dirai plus rien, puisque c'est l'élue qui me le demande, » protesta Gekkô, et la gorge de Nyôrai se serra un peu plus.
« Mathilda, Achille, tenez-la, » ordonna-t-elle.
Les deux autres hésitèrent. « Tu nous dois pas mal d'explications, » souffla Achille avant d'obéir. Mathilda l'imita, sans avoir l'air plus convaincue.
Nyôrai sortit la seconde carte de son sac et se concentra dessus. Sur le bas, il y avait écrit 'Erase', et elle espérait bien que cela fonctionne à son idée.
Elle prononça l'incantation et continua, sans quitter sa langue maternelle : « Vous allez oublier tout ce qui s'est passé depuis qu'on est entrés dans la ruelle, » ordonna-t-elle au trio sans leur laisser le temps de réagir. « Gekkô, tu vas rentrer chez toi et ne rien dire à personne. Achille, Mathilda, vous penserez qu'on ne les a simplement pas trouvés, vous rentrerez chez vous et vous dormirez. Voici mon ordre. »
La carte s'illumina en or, qui se refléta dans les yeux de ses trois victimes. Elle les sentit lutter, Achille surtout, le pauvre entêté, mais ils succombèrent tous trois, l'un après l'autre. Son soulagement était peut-être déplacé, mais elle refusa de s'appesantir sur le sujet. Claquant des doigts, elle envoya les trois endormis vers leur mission respective.
Puis elle se permit une grimace. Son cou lui faisait atrocement mal. Sans vraiment oser le plier, elle fouilla son sac jusqu'à y trouver un miroir de poche. Aïe, c'était pire que ce qu'elle craignait : l'ancien discret triangle noir était devenu doré et brillant, et il recouvrait toute sa nuque et une partie de son épaule : pas le plus évident à cacher.
Cela dit, elle était venue préparée : le grand châle orange qu'elle avait enroulé autour de son cou cacherait la chose jusqu'à ce qu'elle puisse le dissimuler sous assez de poudre. Mais… elle avait vraiment mal. Peut-être que ce n'était pas la plus riche idée qu'elle avait eue.
Pourtant, elle n'avait pas tellement eu le choix. C'était ça ou… ou devoir gérer beaucoup, beaucoup trop de questions. Elle n'aimait pas les questions.
Direction un coin sombre. Avec un peu de chance il suffirait d'un peu de maquillage pour cacher la marque. Et avec encore plus de chance elle réussirait à démêler ces nouvelles informations sans l'aide des autres membres de sa petite troupe éclectique.
