Hello mina-san !

Qu'ouïe-je ? Un quatrième chapitre ? Mais dites donc, c'est la folie ici ! J'ai beaucoup tardé entre Noël et un début d'année chaotique mais tout vient à point à qui sait attendre ! Voici un nouveau chapitre plus menu niveau longueur menant à la première vraie rencontre entre Akasora et une grande partie de la Varia. Il est court (mais intense) et c'est voulu, on ne peut pas toujours faire des chapitres de dix pieds de long parce qu'il faut asseoir les éléments et l'intrigue au bon moment… Tout est question de timing ! Pour rappel, ou information si vous êtes nouveaux-elles, Akasora a une vingtaine d'années au moment même où vous lisez ce chapitre. Ce n'est plus totalement une enfant, de par ce qu'elle a vécu, mais il lui arrive parfois de régresser… La faute à la Varia et ses membres décérébrés. Mais dans l'histoire, ce doit être elle la plus sensée ! Nous verrons jusqu'à quand…

Je vous souhaite une bonne lecture de la cible 4 entièrement remaniée !

Tendresse et chausson aux pommes !

Mereryan : Oui, je me souviens de toi et c'est avec un réel plaisir que je te retrouve ici ! La première version de cette histoire était si vieille, je ne pouvais pas la laisser en l'état (en vrai, je pourrais recommencer 100 fois aha). Je vois tout à fait de quoi tu parles et du coup, tu verras que quelques améliorations vont être apportées ! (Je ne peux pas te spoil sachant que je remanie, y a des choses qui vont changer aha !) Et oui, je vois tout à fait de quel chapitre tu parles... Et même si on y est pas encore rendu, j'espère que cette nouvelle version te plaira tout autant, si ce n'est plus ! Là par exemple, ce nouveau chapitre n'a absolument rien à voir avec le précédent chapitre 4 car je l'ai entièrement refait ! :) Hâte d'avoir ton avis sur tout ça ! Merci encore pour ta fidélité et n'hésite pas à me faire part de tes remarques ! :)


Il court, il court, le furet …

Un pas, puis un autre… Il lui fallait si peu de choses pour atteindre la liberté. Encore quelques pas et cette gare de malheur serait derrière elle. La foule de la ville l'accueillerait alors à bras ouverts, ses cheveux à la merci du vent battant ses tempes, et aucun des hommes du Nono ne pourrait alors la rattraper. Oui. Elle serait libre comme l'air.

Le furet du bois joli…

Un fin sourire, entrecoupé de respirations courtes et essoufflées, étira les lèvres rondes d'Akasora. Disparaître. Elle n'aspirait qu'à cela. Pour autant, elle savait que la mafia n'en aurait jamais fini avec elle. Pas tant qu'elle serait en vie en tout cas. Elle n'était pas certaine de ce que ses poursuivants fabriquaient, mais cela faisait bien quelques minutes que la fiancée n'entendait plus le martèlement des chaussures italiennes sur le béton ni les cris de colère et d'empressement des hommes en costume. Les avait-elle semés ?

Alors qu'elle était en train de se diriger vers l'entrée de la gare, bien en vue des mafiosi, la jeune femme avait bifurqué au dernier moment par une porte dérobée pour gagner à nouveau les souterrains. Si elle voulait se débarrasser d'eux, il fallait le faire avec subtilité, par exemple en ralentissant la cadence pour paraître moins suspecte. Ou bien également en changeant quelques détails anodins comme remonter ses cheveux en chignons, enfiler la veste en jean qu'elle avait gardé sous son bras depuis le début de son escapade, ou poser sur son nez les lunettes de soleil qu'elle avait chipé au passage dans une échoppe située dans la galerie marchande de la gare. Tout était une question de détails.

Elle dévala presque les dernières marches menant au niveau -2 du parking avec des ailes dans le dos. Le parfum de la liberté emplissait ses narines comme une odeur depuis trop longtemps oubliée. Ouvrant la lourde porte avec force, elle fut d'un bond sur l'asphalte noirci de pollution et bariolé de lignes colorées délimitant les emplacements pour véhicules. Si Akasora n'occulta pas la raison de son empressement, elle se permit tout de même un petit cri de victoire, les poings levés vers le plafond en ciment. Malgré la faible luminosité des néons grésillant accrochés au-dessus de sa tête, la jeune femme dut tout de même remonter les lunettes de soleil qu'elle avait sur le nez pour mieux voir. Toutefois, à peine les eut-elle posées sur le dessus de sa tête qu'un crissement de pneus dans son dos la fit se retourner, son cœur esquissant par réflexe une embardée emplie d'adrénaline. Son corps amorça un mouvement de recul tandis qu'elle sentait le sang pulser à ses tempes. Le véhicule qui s'arrêta à seulement deux pas d'elle était noir et ressemblait plus à un fourgon blindé qu'à une voiture appartenant à un civil. Aussitôt, l'alarme mentale lui insufflant de prendre la fuite s'intensifia, comme pour lui signifier l'urgence de la situation. Mais il était trop tard. Les deux portes arrière du fourgon s'ouvrirent à la volée et plusieurs individus aux tenues variées et colorées en sortirent avec une rapidité et une dextérité que la jeune femme savait allouées à un entraînement spartiate. A peine eut-elle tourné les talons que des mains empoignèrent ses vêtements pour la tirer en arrière, une large main venant couvrir sa bouche pour l'empêcher de crier. Elle ne réussit même pas à la mordre tant la prise était ferme. Les trois hommes la jetèrent presque à l'arrière du fourgon avant de monter à leur tour avec élan.

Lorsque son corps percuta le plancher du véhicule, Akasora étouffa une plainte, son épaule irradiant de douleur ainsi que son poignet. Elle chercha à se relever, l'adrénaline pulsant dans ses veines comme une drogue trop addictive. Pourtant, elle n'en eut pas le temps car une large botte vint appuyer sur son thorax pour la maintenir à terre, lui coupant la respiration sous le choc. Son dos cogna à nouveau le sol sale de l'arrière du fourgon et une nouvelle plainte s'échappa de ses lèvres tandis que ses mains saisissaient le pied de son agresseur dans le vain espoir de le faire bouger de là. L'homme, de haute stature, avait des cheveux coiffés en épis et une petite moustache très travaillée que la jeune femme eut tout de suite envie de lui arracher, en même temps que ce sourire condescendant qu'il lui offrait. Elle entendit à peine l'un des partenaires de l'homme l'invectiver à retirer son pied tant elle était obnubilée à soutenir son regard, ses propres pupilles incendiant le malotru. Un à-coup du véhicule la força à détourner brièvement le regard de l'homme pour aviser les deux autres silhouettes qui l'entouraient. Cependant, la distance et la pénombre de l'arrière du fourgon lui permettaient difficilement de se faire une idée visuelle de ses agresseurs. Ils n'étaient pas vêtus de l'habituel costume noir dont se paraient les hommes du Neuvième et tout mafieux qui se respecte. Une famiglia ennemie en civil peut-être ?

- Mierda… jura-t-elle entre ses dents serrées, le souffle toujours court.

Elle s'était faite avoir, comme une débutante… Elle vit l'un des hommes - ? – aux cheveux colorés invectiver le type à moustache d'un signe de la main.

- Mah mah ~ Levi, retire ton pied, tu vas faire du mal à cette pauvre chérie ! l'entendit-elle ordonner d'une voix plus fluette que la carrure de l'homme le laissait supposer.

Il portait une paire de lunettes de soleil qui ne laissaient pas entrevoir ses yeux, voilant ainsi son visage géométrique d'une part de mystère. L'attention d'Akasora se porta à nouveau sur son assaillant qui la plaquait toujours au sol, malgré ses essais infructueux pour faire bouger son pied botté. Le-dit « Levi » se contenta d'émettre un reniflement agacé et un « non » assuré. Sa superbe fondit cependant comme neige au soleil lorsqu'une voix, à l'avant du véhicule, côté conducteur, s'éleva bruyamment.

- Qu'est-ce qu'il fait l'autre con ?

- Squalo ! Langage s'il-te-plaît, s'offusqua le type aux lunettes de soleil et à la crête verte et orange – un… Punk ? - en portant ses mains à ses oreilles.

- Commandant, je vois par la lucarne que ce pervers de l'orage marche sur la fiancée du Boss, ânonna alors une voix blasée issue elle aussi de l'avant du véhicule, genre… Littéralement.

- Voiii ! Si tu vires pas ton pied, je te jure que je stoppe cette foutue bagnole et que je te transperce le bide pour faire bonne mesure ! s'énerva le conducteur à la voix grave.

- Il n'y a que le Boss qui me donne des ordres, argua le brun aux épis en raffermissant sa prise, alors…

- Je savais qu'il allait y en a voir un sur le lot à me faire chier bordel ! s'exclama rageusement la voix alors qu'un coup de volant déstabilisait le géant, le forçant ainsi à retirer son pied.

- Ushishi ~ Capitaine, je peux tuer ce paysan désobéissant ?

Oh oui, s'il-vous-plaît… Entretuez-vous !

Promptement, Akasora roula sur le côté pour empêcher l'homme de la confiner à nouveau sur le sol de la camionnette. Ne pouvant s'approcher des deux portes qu'ils avaient de toute façon verrouillées, Akasora choisit de se terrer non loin de la lucarne donnant sur l'espace avant du véhicule. Se massant le poignet qu'elle s'était tordu en tombant, elle darda ses deux pupilles sur ses éclectiques kidnappeurs. Maintenant qu'elle n'était plus clouée au sol, elle pouvait se permettre de les détailler sans aucune gêne ni aucune discrétion. Ils faisaient après tout de même.

Outre le grand type peu commode qui semblait vouloir la tuer d'un seul regard, les deux gus à l'avant dont elle n'avait rien aperçu et le punk affriolant qui paraissait hésiter à la prendre dans ses bras – mais où courait le monde ? -, un autre homme, pas plus de vingt-cinq ans, avec une frange lui mangeant la moitié du visage, souriait sinistrement à son agresseur. Pendant un bref instant, Akasora eut peur qu'ils s'écharpent tant la tension était devenue palpable. Elle n'avait pas trop envie de se trouver au milieu… Elle n'eut cependant pas le temps d'approfondir plus son examen que le punk se retrouva dans son champ de vision, beaucoup trop proche de son périmètre vital. Malgré elle, Akasora esquissa un dernier pas en arrière qui finit de la coller contre la paroi de la carlingue. Elle n'avait pas peur, pas encore, mais l'adrénaline pulsant dans ses veines lui répétait de se méfier, à l'instar de la petite voix criarde et moqueuse dans sa tête. Le type ne sembla pas s'offusquer de son mouvement de recul et il finit par s'accroupir pour se retrouver à sa hauteur. Ce ne fut qu'à ce moment-là qu'elle se rendit compte qu'elle s'était laissée glisser au sol, ses jambes ne la soutenant plus. Et là, durant un très bref instant, la petite voix dans sa tête lui souffla qu'elle allait mourir et qu'elle ne le verrait probablement pas venir. Après une longue inspiration qu'elle bloqua dans sa cage thoracique pour étouffer le début de panique qui prenait le contrôle de son corps, Akasora détailla le peu de l'expression visible de l'homme qui la fixait.

- Je suis Lussuria, se présenta-t-il alors d'une voix emprunte de douceur. Je ne vais pas te mentir, les garçons et moi, on connaît déjà ton prénom mais ce serait mieux que tu te présentes, tu ne penses pas ?

Elle n'avait pas besoin qu'on l'infantilise. Si la douceur dont l'individu se parait était sincère, Akasora n'était pas certaine des intentions de tous les autres gus fringués comme des épouvantails. Voyant qu'elle ne répondait pas, il reprit tout aussi calmement, ce qui paraissait étrangement contraster avec l'attitude de grande folle qu'il avait précédemment. Moins de manières, plus de gestes mesurés.

- Est-ce que tu veux du thé ?

- Pardon ? réussit-elle à croasser d'un air incrédule.

Il a la lumière à tous les étages celui-là ?

La question en soi était surprenante, très peu à propos, mais surtout : comment pouvait-il penser qu'elle irait boire quelque chose qu'un de ses kidnappeurs lui proposerait ? Risquer de boire une drogue ou un somnifère ? Et après finir sur le marché du proxénétisme ? Merci mais non merci.

L'expression de la jeune femme se durcit mais force fut de constater que cela n'intimidait guère l'homme face à elle. Ce dernier s'assit sur ses genoux et se saisit d'un contenant qu'Akasora devina être rempli de thé. Elle ne pouvait pas s'éloigner plus de ce type et peut-être était-ce dû à la peur qu'elle sentait s'installer ou à la petite voix dans sa tête qui lui soufflait de ne pas faire de grabuge mais elle fut bien incapable d'envoyer sur les roses ce drôle d'individu qui tentait de se montrer prévenant.

- J'ai fait un thermos, poursuivit-il comme s'il n'avait pas remarqué l'expression peu avenante de la jeune femme, il est à la violette, totalement bio.

Il marqua deux secondes d'arrêt, comme s'il pouvait voir les rouages du cerveau d'Akasora s'activer.

- Et il n'est pas empoisonné, regarde, lui prouva-t-il en se servant dans le bouchon du thermos une petite quantité qu'il avala.

Pourtant la méfiance de la prisonnière ne tarit pas. Elle avait vu beaucoup de choses qui défiaient la logique dans ce monde de fous et un type insensible au poison lui semblait être un détail ridicule. Lorsqu'il lui tendit une tasse, Akasora remonta ses bras contre sa poitrine comme pour se protéger et para son minois d'une moue qu'elle espérait peu amène. Elle secoua la tête négativement. Ah ! Et cette langue qui ne voulait pas se délier !

Lorsque la main du punk s'approcha de son visage – probablement dans un geste pour la rassurer ou bien pour pousser les mèches rebelles qui lui dévoraient le visage -, Akasora serra les poings avec l'intention claire de frapper de toutes ses forces ce malotru, aussi sympathique semblait-il être. Et étrange. Le seul blond des trois compères, qui jusque-là n'avait pas dit grand-chose, retint alors le geste du punk. Il ne le savait pas, mais cela lui évita un œil au beurre noir que la jeune femme rêvait de lui offrir.

- Elle va te frapper.

- Mais nooon Bel, cette petite a l'air vraiment adorable, elle est juste terrorisée ! affirma Lussuria à qui le blond lançait un regard – sans aucun doute – blasé.

Ce dernier avait paré sa chevelure claire d'un petit diadème scintillant qu'Akasora trouva immédiatement ridicule.

- Normal qu'elle soit effrayée… Qui ne le serait pas en voyant le vieux pervers d'orage ? s'éleva la voix nonchalante à l'avant du véhicule, attirant ainsi l'attention d'Akasora.

Un grognement étouffé de Levi – probablement offusqué – parvint à leurs oreilles et la jeune femme sentit un rire étranglé s'échapper de sa gorge de façon incontrôlée. A l'arrière, tous les regardèrent comme s'il lui poussait une deuxième tête et un nouvel éclat de rire nerveux s'échappa de ses lèvres. Elle devait être en train d'halluciner, sûrement une drogue qui rend la perception du monde altérée.

Ou peut-être que tu as naturellement un pète au casque ma fille…

Ces types paraissaient trop atypiques pour être réels. Plusieurs constatations s'imposèrent alors à elle tandis que ses kidnappeurs se mettaient tous à parler en même temps, devisant sur la marche à suivre.

Sa première constatation fut qu'elle allait mourir, sans savoir quand ni comment.

La deuxième fut de réaliser que personne ne le saurait jamais.

Et la troisième fut de de se dire que si elle avait mangé un peu plus de gâteau et donc pris quelques kilos supplémentaires, elle aurait été plus difficile à kidnapper.

Je te l'avais dit… Enfoiré de régime.


Kidnapping, n.m. : Action d'enlever une personne qui n'a pas demandée à être là, ne veut pas de thé à la violette bio, semble prise de panique, affiche une expression proche de celle d'un chat sauvage prêt à vous lacérer le visage et qui regrette clairement d'avoir refusé la part de gâteau au yaourt qu'on lui avait proposé dans le train.