Hello mina-san !

On se motive, on lâche rien ! J'ai conscience que les chapitres sont assez aléatoires mais la refonte prend du temps et les raisons personnelles font que l'écriture est assez disparate, mais je vais finir cette fiction. Et je vous le soutiens Mordicus ! Ici, Akasora arrive au QG de la Varia alors que Xanxus n'est pas au courant de ce qui se trame dans son dos… Je vous laisse lire et découvrir ce qu'il se passe ! Comme d'habitude, je bois de l'eau et me nourris de reviews alors n'hésitez pas à me donner votre avis pour que je puisse m'améliorer et savoir ce qui vous plaît et vous déplaît.

J'ai compilé deux chapitres en un car la première version… Erk. En fait, cette version n'a plus rien à voir avec la première… Et j'en suis très satisfaite !

Je vous souhaite une très bonne lecture de la cible 5 !

Tendresse et tartiflette hivernale !


- Toi là !

L'homme interpelé sentit une sueur froide couler le long de sa colonne vertébrale tandis qu'il se figeait en plein milieu du couloir. D'une main tremblotante, il tira sur le col remonté de son uniforme noir, cherchant une bouffée d'air frais qui ne vint pas. Bredouillant et tremblant de tous ses membres, il s'activa pour se retourner vers la voix grondante de son patron. Il avait beau savoir qu'il ne fallait jamais le faire attendre… C'était plus fort que lui, comme si son corps au ralenti lui faisait comprendre que l'idée de s'approcher du Boss de la Varia était suicidaire et très peu indiqué. Mais plus encore, il était proscrit de s'enfuir en courant ou d'ignorer la demande implicite de Xanxus. Cela aurait été se précipiter plus rapidement encore vers une mort assurée.

- Oui Messire Xanxus ? couina-t-il d'une voix anormalement aigüe tandis que son boss sortait de l'ombre du couloir mal éclairé.

- Où ?

- P… Pardon ? cligna-t-il des yeux sans voir où le fils adoptif du Neuvième voulait en venir.

Il était assez fréquent que les questions assassines et monosyllabiques du brun laissent ses hommes dans le désarroi le plus profond. Seuls les plus hauts gradés, et particulièrement Squalo Superbi, le second de Xanxus, semblaient deviner aisément ce que leur boss voulait dire en un nombre relativement réduit de syllabes. Au vu du temps écoulé et de son silence assez éloquent, l'homme de main s'étonna pendant un bref instant de ne pas avoir été réduit en cendres lorsque son supérieur précisa son interrogation avec toute la patience dont il était capable.

- Où se sont barrés tous ces déchets ?

- A la gare ?

La réponse ne sembla guère satisfaire Xanxus qui avança d'un pas, faisant reculer d'autant son subordonné. Ce dernier nota que le seuil de tolérance de son Boss était atteint lorsqu'une aura rougeoyante colora la main couverte de cicatrices du brun. Ses réponses nébuleuses ne faisaient semble-t-il pas suffisamment l'affaire pour apaiser l'agacement grandissant de son patron… Aucune flamme de dernière volonté n'était encore apparue, mais pourtant l'homme savait que cette lueur chatoyante n'était pas de bon augure, loin de là. Au moins les cicatrices du brun ne s'étaient pas accentuées au point de recouvrir son corps, comme lors de ses rares mais destructeurs accès de rage pure.

- Et ? réitéra Xanxus avec une patience que son subordonné trouva aussi inhabituelle qu'effrayante.

Certains de ses collègues étaient morts pour moins que ça, il en était certain.

- Je ne voudrais pas vous fournir de mauvaises informations mais… Il était question d'y récupérer une femme. En rapport avec vous-savez-qui

Face au mutisme du balafré, il tenta de se montrer plus explicite.

- Vous savez, votre pè… Le Neuv… Lui.

L'accentuation de la pulsation dans la main du Boss de la Varia et l'apparition de petites flammes de Dernière Volonté firent taire instantanément le larbin qui termina sa phrase dans un couinement incontrôlé. Ce n'était un secret pour personne. Le Neuvième Boss des Vongola, et accessoirement le père adoptif de Xanxus, était un sujet tabou. D'un bref coup d'œil, l'homme en noir avisa l'air fermé de son supérieur, la dangereuse lueur dans son regard ne disait clairement rien qui vaille.

Des rouages semblaient s'activer dans le cerveau de Xanxus et l'homme se garda bien de faire la moindre remarque lorsque ce dernier le congédia d'un coup de tête et d'un reniflement dédaigneux. Sans demander son reste, il fila comme s'il avait le diable aux trousses, ce qui n'était pas loin d'être le cas.

Une journée de survie de plus à rajouter dans son calendrier.


Un bip reconnaissable d'entre mille suivi d'une légère vibration secoua le téléphone portable de Squalo. Malgré l'interdiction explicite de se servir d'un téléphone au volant, le second de la Varia dégaina son cellulaire pour consulter l'investigateur de cet appel bien matinal. A peine eut-il le temps de lire le nom sur l'écran qu'une sueur froide descendit le long de son dos, comme la promesse d'une mort lente et douloureuse. Vaguement concentré sur la route encore vide à cette heure-ci, il jeta un œil à son plus jeune coéquipier côté passager qui, pour une fois, daigna hausser un sourcil inquisiteur.

- Un problème commandant idiot ? s'enquit Fran de sa voix atone.

Le portable qui s'agita sous son nez lui confirma que, oui, il allait y avoir un problème. Et de taille.

Pourtant l'hésitation de Squalo à décrocher fut brève. Déjà parce qu'il connaissait la patience légendaire de Xanxus dont le surnom, « connard de Boss », clignotait avec insistance sur l'écran, mais également parce qu'il était peu probable que le brun l'appelle pour deviser sur la couleur de ses chaussettes. Cela devait très certainement être important.

- Boss ?

- Tu as cinq minutes pour ramener ton cul, sale déchet.

Le sang du squale se glaça et Fran lui lança un bref regard interrogateur.

- Rectification, tu as cinq secondes… Alors presto ! gronda le timbre sourd de son patron de l'autre côté du portable.

La communication fut coupée aussi brusquement qu'elle avait débutée et Squalo déglutit sans s'en rendre compte, ignorant l'attention que lui portait le plus jeune de leur groupe.

- Un problème Squ-chan ? s'enquit Lussuria par la lucarne, depuis l'arrière du véhicule.

S'il n'avait pas été surentraîné, Squalo aurait probablement sursauté. Au lieu de cela, il préféra serrer ses mains sur le volant de la camionnette à s'en faire blanchir les phalanges.

- Le Boss nous attend de pied ferme.

Quoi qu'en dise le Neuvième, les chances de survie de l'escouade venaient de baisser drastiquement et il ne donnait pas cher de la peau de la jeune femme aux allures de chat sauvage.


Le trajet du retour se déroula dans un silence morbide, le temps s'étirant de façon improbable. Les secondes s'égrenaient, tantôt beaucoup trop longues pour savoir quoi en faire concrètement, tantôt trop courtes pour avoir le temps de réfléchir à une stratégie de survie. Plus personne ne pipait mot et Akasora n'était pas certaine de vouloir briser ce silence à la fois apaisant et dérangeant. Tout le monde semblait en pleine réflexion et le cerveau de la fugitive n'était pas en reste non plus. Il fallait qu'elle trouve une solution pour s'extirper de là. Il lui semblait difficile de neutraliser trois types dans un espace aussi réduit que l'arrière du fourgon. Et puis, il y avait surtout trop de variables inconnues comme par exemple leur destination, les capacités de ses geôliers, leur localisation actuelle.

T'aurais l'air fine ma vieille de glisser dans un ravin par accident en essayant de sauter du véhicule en marche… !

Elle leva ses yeux pour scruter discrètement les silhouettes trop tranquilles des trois hommes. Ils semblaient anormalement calmes depuis l'étrange appel dont elle n'avait pas compris la teneur. Sûrement l'un de leurs supérieurs.

Elle maudissait le Neuvième et ses petits jeux de pouvoir. Des années qu'elle fuyait et il avait suffi d'une seconde de relâchement, une seule… Et le piège s'était refermé sur la souris attirée par un fromage trop alléchant pour être honnête.

Tandis que son cerveau fourmillait d'hypothèses toutes plus abracadabrantes les unes que les autres, leur destination ne faisait que se rapprocher de façon inéluctable, et avec elle des chances de survie frôlant le zéro absolu. Le conducteur ne semblait guère pressé de la ramener à bon port. Pourtant elle ne doutait pas une seule seconde qu'elle ne serait que de la chair à canon utilisée pour protéger la vie de ses agresseurs face aux humeurs changeantes de leurs supérieurs… Ou tout autre dessein manigancé par le Neuvième.

Lorsque le fourgon s'arrêta, Akasora se demanda un bref instant si leur destination était atteinte ou si, finalement, ils comptaient se débarrasser d'elle dans un endroit où personne ne retrouverait son corps. Elle se tendit, en prévision de ce qui allait suivre. Pourtant les premiers gestes ne furent pas pour elle. Celui qui se nommait Lussuria pressa les épaules basses de ses coéquipiers, le blond et le type peu commode avant de se tourner vers elle. A l'avant, elle entendit le conducteur et l'autre passager descendre de la voiture. Lorsque les portes arrière s'ouvrirent, la jeune femme dut papillonner des yeux pour s'accoutumer à la lumière du jour. Elle put alors constater les visages défaits de ses kidnappeurs et son moral déjà peu enclin aux bons scénarii finit de se ternir. Elle évita leurs regards. Elle allait mourir… N'est-ce pas ?

- Chacun pour soi.

La voix de Squalo s'éleva tandis que Lussuria, d'une main affable, l'aidait à sortir du véhicule sans se faire bousculer par les autres zigotos. Et de peur de trembler, elle accepta l'aide, son autre bras resserré autour d'elle. A peine descendue, elle se rendit compte qu'il ne restait plus qu'eux trois. Le grand échalas aux longs cheveux argent, le punk, et elle-même. Celui qui avait un air contrarié sur le visage et qui donnait visiblement les ordres, maugréa dans sa barbe inexistante.

- Comme je disais… Tâchons de survivre jusqu'au dîner, ce sera déjà pas mal.

Il jeta les clés du véhicule noir à un homme de main qui s'était approché.

- Gare-la et pour une fois, pensez à remettre des plaques civiles ! pesta-t-il tandis qu'Akasora avisait les alentours.

La cour de graviers clairs était gigantesque, à l'image de la fortune démesurée des Vongola. La demeure, visiblement ancienne, transpirait l'opulence et elle dut retenir un reniflement dédaigneux. Une escouade d'assassins logés aux frais de la Princesse ? Peut-être qu'ils n'étaient pas aussi terribles qu'on le disait et que bien des rumeurs étaient infondées.

- Tu l'emmènes à sa chambre, dans l'autre aile. Pas la même que… Tu-sais-qui.

Diantre, aurons-nous l'immense honneur de rencontrer l'illustre Voldemort, celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom ?

Le mec aux cheveux argent leva un sourcil suggestif au punk qui acquiesça sans broncher, d'un air grave.

- Et après, chacun gare son cul en espérant ne pas croiser cet enf… Le Boss.

Akasora fut bien tentée de lui dire de ne pas se retenir sur les insultes, puisqu'elle-même peinait à ne pas les affubler de noms d'oiseaux tous plus imagés les uns que les autres. Mais pour une raison nébuleuse, peut-être ce sentiment d'étouffement tenace, elle se contenta de rester silencieuse, ne bronchant pas lorsque Lussuria, la main toujours sur son bras, l'entraîna à sa suite en guettant les alentours comme si le grand méchant loup s'apprêtait à sortir de sa tanière pour les croquer.

Un dernier regard au type nommé Squalo et elle entendit celui-ci soupirer avant qu'il ne s'éloigne avec un air à mi-agacé, mi-fataliste.

- Qu'est-ce que j'ai bien pu faire au bon Dieu… perçut-elle avant qu'elle soit trop loin ne serait-ce que pour apercevoir son visage aux traits fins.

Une chape de plomb s'écrasa à nouveau dans le fond de son estomac tandis qu'elle et son gardien pénétraient dans un hall fastueux pour la mener à pas de loup jusqu'à ce qui deviendrait sa prison dorée.

Quelle sorte d'apocalypse est en train de nous tomber sur le coin du nez… ?


Comme elle s'y attendait, la chambre était aussi richement décorée que le reste de la maisonnée. Trop organisée d'ailleurs, comme si tout cela n'était qu'un décor de cinéma impersonnel. Impossible de s'y sentir chez soi… Pas qu'elle en ait eu ne serait-ce qu'une seconde l'intention. Le punk était posté dans le dos de la jeune femme, appuyé contre le chambranle de la porte, bouchant de fait l'accès à la seule sortie de la pièce. Akasora effectua quelques pas timides dans la pièce colorée de bleu et de boiseries. Son regard s'attarda tout de suite sur la porte-fenêtre donnant sur un large balcon… Evidemment cadenassée à double tour pour lui rappeler sa condition.

Une prisonnière, pas même une invitée.

Après quelques minutes de silence inconfortable, Lussuria s'autorisa enfin à reprendre la parole.

- Je t'amènerai de quoi te vêtir en attendant que le Neuvième nous envoie tes affaires. Et au besoin, nous pourrons toujours aller faire du sh… Enfin, nous aviserons, en temps voulu, se corrigea-t-il dans un sourire vainement désolé.

Bien sûr, Akasora n'était pas sotte au point de penser que ce grand type aux mille couleurs allait l'emmener faire les magasins comme cela, sans escorte… Et puis, de toute manière, elle serait partie bien avant, elle se l'était promis.

- Je te laisse prendre tes marques, moi ou l'un des garçons viendrons te trouver pour le déjeuner. En attendant, ne quitte pas ta chambre s'il-te-plaît.

Elle se tourna à demi dans sa direction en haussant un sourcil inquisiteur, ses pupilles vertes vrillées sur les micro-expressions que le susnommé Lussuria daignait parfois laisser échapper.

- Pour ta sécurité, insista-t-il avec ce qu'elle décela comme étant un brin d'inquiétude dans la voix.

Enfin, elle n'en était pas certaine. Avec ces lunettes fumées calées sur le nez aquilin du punk, difficile de lire dans le regard de son interlocuteur. Après un bref haussement des épaules, elle hocha la tête mollement en signe d'assentiment. Soupirant probablement devant son mutisme, l'homme sortit de la pièce en refermant doucement la porte derrière lui.

Akasora attendit quelques brèves minutes, guettant le bruit des pas s'éloignant dans le couloir sombre. Lorsqu'elle fut certaine que le mafieux s'était suffisamment éloigné, la jeune femme se précipita vers la coiffeuse trônant face au large lit double à baldaquins. Avec empressement, elle vérifia les tiroirs avant de s'attaquer à l'armoire et la salle de bain attenante. La jeune femme n'était pas bien certaine de ce qu'elle recherchait – de quoi se défendre, une échappatoire, qu'importe – mais lorsqu'elle eut fait le tour de la vaste pièce sans rien trouver de concluant, elle choisit de tenter sa chance en désobéissant à la seule et unique directive orale qu'elle avait reçu : « Ne pas sortir de la chambre ». Oh bien sûr, Akasora avait bien saisi les autres instructions implicites : ne pas s'aventurer en dehors de la demeure, ne surtout pas tenter de s'échapper, ne pas essayer de contacter quelqu'un à l'extérieur, bla, bla, bla… Mais Akasora n'avait jamais aimé les prisons, pas plus celles aux barreaux dorés que celles à l'hygiène sordide et douteuse.

A pas mesurés, elle s'approcha de la porte et l'ouvrit avec discrétion avant de jeter un œil à l'extérieur. Avec surprise, elle se rendit compte dans un premier temps que celle-ci n'était même pas fermée à clé et qu'aucun dispositif de sécurité n'était posé sur le battant pour indiquer qu'elle passait outre les recommandations de ses geôliers – grossière erreur –. Il n'y avait d'ailleurs aucun sous-fifre posté en faction devant la large porte en bois. Elle trouva cela étrange. Suspect même. Etait-ce un test, de la confiance exacerbée ou bien simplement de l'inconscience ? Akasora n'en était pas certaine.

Elle fit un premier pas à l'extérieur de la chambre, bientôt suivi par un deuxième. Rien ne se déclencha. Ni alarme stridente, ni apparition subite de l'un de ses kidnappeurs. Tout était beaucoup trop calme, comme si la maisonnée était vide… Akasora se rappela alors les propos du type aux longs cheveux argentés. Il avait parlé de l'installer dans une aile à part… Peut-être celle-ci était-elle habituellement réservée aux invités, ce qui expliquerait certainement le vide total de ses couloirs. Etait-ce cela, la légendaire Varia ? Un véritable moulin à vent où toute notion de sécurité était censée faire pâlir la plus aguerrie des familles ennemies ?

La jeune femme progressa un peu, aux aguets. Akasora appréciait le silence, en temps normal, mais celui-ci était pesant et ne faisait que renforcer son inquiétude. Elle se figea lorsqu'elle aperçut au bout du couloir une femme en tenue passer sans s'attarder avec du linge de lit entre les bras… Du personnel ? Une porte claqua derrière la silhouette de la femme de chambre puis ce fut à nouveau le silence le plus complet. Akasora retint un soupir de soulagement, tout son corps tendu à l'extrême.

Ces types fringués comme des animaux de cirque… Ils n'allaient pas essayer de la tuer maintenant, alors qu'ils avaient fait l'effort de la ramener dans leur QG tout de même ? Elle n'était sûre de rien quant à leurs intentions, à par celles très claires du type à l'affreuse moustache qui s'était comporté comme un homme des cavernes. Il n'avait eu aucune marque de respect pour elle, alors qu'ils ne se connaissaient même pas, s'essuyant les bottes sur le haut de sa robe avec une satisfaction toute relative. Ce type voulait clairement la tuer. Il fallait être aveugle ou manquer d'instinct de survie pour ne pas avoir remarqué la lueur orageuse brillant dans son regard. Akasora frémit en y repensant. Plus par habitude que par nécessité, elle réajusta sa veste par-dessus sa robe blanche. Puis soudain… Un frisson parcourut le long de son échine.

C'est pas bon ça…

Sa tension grimpa en flèche lorsqu'un bruit sourd résonna dans le long couloir. Laissant échapper un couinement inquiet et incontrôlable, elle se figea une demi-seconde… Avant de se retourner vivement pour vérifier derrière elle. Mais rien. Il n'y avait rien. Et pendant un bref instant, elle se demanda si son esprit, sa peur viscérale d'être surprise, ne lui jouaient pas des tours. A moins que ça ne soit encore cette femme de chambre ? Il fallait qu'elle s'en aille, et vite. Elle ne pouvait pas rester à découvert dans un couloir longiligne et dépourvu de cachette. Trop dangereux.

Pivotant avec empressement, elle tourna au coin du couloir, la boule au ventre. Akasora fut cependant coupée dans son élan lorsque son nez s'écrasa douloureusement, dans un petit cri de surprise, contre quelque chose. La chape de plomb dans son estomac s'accentua.

Pas bon ça non plus…


Xanxus laissa échapper un juron bien senti, les sourcils froncés. Il savait que tous ces déchets étaient revenus, il les avait entendus dans la cour. La voiture était par ailleurs à nouveau dans le garage, un larbin le lui avait assuré. Alors où se planquaient-ils tous ?

Soufflant par le nez en signe d'exaspération, Xanxus accéléra le pas, ses semelles claquant en un rythme rapide sur le sol. Quiconque l'entendait arriver disparaissait au plus vite des lieux, lui laissant le champ libre. Personne n'était assez fou pour gêner ou se mettre en travers du chemin du grand patron. Car Xanxus n'était quasiment jamais d'humeur à tergiverser avec le petit personnel. Il en était d'ailleurs le premier conscient. Pourquoi aurait-il dû se soucier de cette main d'œuvre jetable et remplaçable ? Pourtant, pour une fois, le brun se sentit frustré d'être fui de la sorte. Il ne trouvait nulle part des renseignements sur la localisation de ces abrutis de déchets congénitaux et le fils adoptif du Neuvième Parrain pouvait sentir une colère sous-jacente pulser en même temps que sa flamme. Personne ne la lui faisait à l'envers et si ces petits cons s'imaginaient pouvoir comploter avec ce déchet de Nono contre lui… Xanxus allait se faire un plaisir de les mettre au pas. Peut-être les tuerait-il avec un plaisir non dissimulé.

Jurant entre ses dents, il hésita un bref instant sur le chemin à suivre. Il avait vérifié les chambres, les salles d'entraînement et même son bureau… Il n'allait pas courir toute la sainte journée ! Resserrant ses poings, Xanxus dut se forcer à fermer les yeux une brève seconde en inspirant profondément pour ne pas – encore – foutre le feu à la baraque. Il n'en avait pas grand-chose à carrer, mais ce déchet d'arcobaleno de la Brume avait tendance à effectuer des retenues sur salaire, incluant donc une baisse drastique de sa consommation en alcool… Et ça, c'était proprement hors de question.

Revenant sur ses pas, il décida de tenter l'aile Est. Ces déchets étaient capables de venir se planquer dans l'aile réservée aux invités, c'était bien leur genre de chercher inutilement à l'éviter… Même cet enfoiré de second ne s'était pas montré de la matinée… Quelque chose à se reprocher sûrement. Xanxus grinça des dents, ses doigts le démangeant dangereusement. Il accéléra la cadence… Avant de percuter quelqu'un avec force au détour d'un couloir. S'il ne broncha pas à l'impact et se contenta de s'arrêter dans sa lancée, l'autre en face de lui tituba en arrière en portant la main à son nez sans qu'il ne cherche à faire un geste dans sa direction.

Xanxus haussa un sourcil perplexe, sa colère momentanément muselée, lorsque ses pupilles carmines rencontrèrent celles vertes de la jeune femme qui lui faisait face. Elle cligna des yeux avec surprise et ce qu'il devina être un effroi grandissant.

Qu'est-ce que cette petite souris fichait ici ?

Il était certain de n'avoir fait embaucher personne dernièrement. Un assassin d'une autre famiglia ? Il nota aussitôt la crispation des muscles de cette gamine tout juste adulte et son nouveau mouvement de recul. Elle allait se mettre à courir. Elle avait donc elle aussi quelque chose à se reprocher. Car Xanxus en était certain, elle n'était pas employée ici. Déjà parce que personne n'avait de tignasse rousse comme la sienne, et parce que quoi qu'en disent ses déchets de lieutenants sur son royal je-m'en-foutisme, il connaissait chaque visage de chaque membre du personnel de cette foutue baraque bonne à brûler. Et cette donzelle n'en faisait pas partie. De plus, elle n'était même pas en uniforme et portait clairement des vêtements civils.

Et comme il l'avait anticipé… Elle pivota dans un vain mouvement pour s'enfuir en sens inverse. Idiota.

Bien avant qu'elle n'ait pu mettre à exécution son repli stratégique, Xanxus fut en deux pas sur elle. Avec vivacité, il la saisit au bras sans douceur. Cela arracha à la gamine un nouveau couinement – de peur ou de douleur, il n'en était pas certain et s'en fichait clairement – qui lui tira une étrange satisfaction. Le mafieux la força à lui faire face d'un geste sec tandis qu'elle essayait vainement de se défaire de sa poigne. Elle gigotait telle une anguille, ses doigts graciles tentant de lui faire lâcher prise. Il n'en tint pas compte, ni de la peur qu'il sentait suinter de tous les pores de la peau de cette intrus, ni de ses vociférations à mi-chemin entre les grondements de colère et les supplications de douleur.

- Tu as cinq secondes pour m'expliquer qui t'es et ce que tu fous à traîner dans mes couloirs déchet. Passé ce délai, si ta réponse n'est pas satisfaisante… Je vais commencer à te faire crier.

Il laissa libre cours à son aura assassine et la petite souris se ratatina en perdant de sa verve. Deux secondes s'écoulèrent durant lesquelles Xanxus put voir les rouages du cerveau de la gamine s'activer, réfléchissant sans aucun doute à la façon de formuler sa réponse.

- Trois secondes, deux…

- La secrétaire ! Je suis la nouvelle secrétaire ! s'écria-t-elle d'une voix mal assurée où le mensonge grinçait de façon dérangeante aux oreilles du brun.

Mais il ne se mit pas encore en colère. Il ne savait pas bien pourquoi, mais il n'avait ni envie de retirer sa main que la petite souris s'échinait à essayer de retirer de son bras, ni de la tuer. Pas tout de suite.

- Ah oui ? La nouvelle secrétaire… Pour qu'il y en ait une nouvelle, il faudrait déjà qu'il y en ait une, à la base, contra-t-il en la sondant de son regard rougeoyant.

- C'est que…

- Et qui t'a embauchée au juste ?

Il vit son visage se déformer sous l'insulte, oscillant entre offuscation et crainte de représailles.

- J… Je ne vous permets pas ! Et c'est le grand patron qui m'a recrutée, évidemment ! répliqua-t-elle en feulant comme un chat.

Sauf qu'elle mentait assurément, et que, pas de chance pour elle, Xanxus avait épuisé son quota de patience pacifique.

- Amusant idiota, mais je pense que je m'en souviendrais si j'avais embauché une petite souris dans ton genre.

Sa voix claqua et la jeune femme pâlit brusquement en comprenant son erreur. Le fait qu'il parle de « ses » couloirs avec possessivité ne lui avait pas mis la puce à l'oreille. Erreur de débutant. Pas un assassin venu pour le tuer donc… Ou alors sacrément inexpérimentée la signorina. Il eut l'impression de se sentir comme un chat face à une souris prise à son propre piège.

Sa poigne se resserra et une exclamation de douleur franchit les lèvres de cette menteuse.

- Je crois avoir promis que si tes réponses ne me satisfaisaient pas, j'allais te faire crier.

Un sourire dangereux étira ses lèvres et Xanxus s'étonna de ne pas la voir déjà fondre en larmes. Aurait-il aimé la voir pleurer ?

- Att… Attendez ! D'accord, d'accord, c'est le Neuvième qui m'envoie, je ne voulais pas mais… C'est lui qui… AH !

Le cri de surprise qu'il lui arracha surplomba celui de douleur. Xanxus venait de la basculer sur son épaule d'un mouvement souple, sans préavis. Il fit demi-tour et s'engouffra dans le couloir menant à son bureau, de l'autre côté du QG.

- Q… Qu'est-ce que vous faites ? J… Je vous demande de me poser ! Tout de suite ! se débattit-elle en se mettant à crier d'une voix plus aiguë que la normale.

Mais il tint bon. Il pouvait sentir ses petits poings s'abattre faiblement sur son dos, son corps chaud ballottant sans douceur sur son épaule.

- Je crois que mes déchets de subordonnés ont quelques explications à me donner et je n'ai pas envie d'avoir à te traîner par la peau du cul, gronda-t-il en s'étonnant lui-même de son self-control.

- Je peux marcher… ! chercha-t-elle à argumenter, comme si elle prévoyait de le suivre gentiment alors que la colère s'échappait de lui comme un nuage annonciateur de tempête.

- Bien sûr. Mais ça me simplifie la tâche de ne pas avoir à te courir après, alors tu la fermes déchet.

- Je ne vous permets pas ! Arrêtez de m'insulter ! Est-ce que je vous insulte moi, alors que je ne vous connais pas ? s'insurgea-t-elle à nouveau plus franchement malgré la peur qu'il sentait pointer dans ses intonations surexcitées.

Il ne pouvait pas voir son visage, mais il était certain que ses deux yeux de biche devaient être en train de lui jeter des éclairs. Pendant une brève seconde, il se dit qu'il aurait aimé voir la colère déformer ses traits, plutôt que cette peur qu'il avait déclenchée au premier regard. Mais cela ne dura qu'une brève seconde.

La sensation de trahison, orchestrée par ses subordonnés, recommença à brûler chaque centimètre de son épiderme. Visiblement ils savaient travailler en équipe sans heurt quand ça les arrangeait. Ce connard de requin et la tripotée de débiles profonds qui lui servait de larbins voulaient jouer à la lui faire à l'envers avec le vieux ? Okay. Ils allaient jouer. Et il s'assurerait de les tuer aussi douloureusement que lentement.


Chat, n.m. : Être supérieur qui prétendra viser une feuille morte s'il venait à manquer la souris tant désirée. Entité qu'il faut sans cesse empêcher de sortir avant qu'il ne soit difficile à rattraper. Synonyme : mensonge.