Avec beaucoup de retard... La suite des Maraudeurs !

Disclamer : tout appartient à JK Rowling (sauf Lowyn). Je ne fais pas d'argent avec cette fic !

Bonne lecture...


Chapitre 23 : Un prisonnier en fuite

Lorsque Lowyn apparut, elle balaya la plaine du regard. L'endroit était isolé elle préférait terminer son trajet à pieds. À quelques kilomètres de là, un petit village de sorciers était visible. À l'horizon, il était également possible d'apercevoir une grande forteresse que la jeune femme ne pensait pas revoir. Même si la forêt en cachait une grande partie, les plus hautes tours étaient parfaitement reconnaissables. Un sentiment nostalgique la gagna alors qu'elle entamait son approche de Poudlard.

Les choses avaient bien changé depuis son départ. Elle avait l'impression que tous ses souvenirs appartenaient à une autre vie. Mais il était maintenant temps de revenir en quête de réponses. À l'approche de l'entrée du château, un frisson de désespoir s'empara de son corps. Lowyn sortit sa baguette magique et, d'un geste du poignet, fit apparaître son Patronus. Une panthère argentée marcha à ses côtés et le malheur sembla se dissiper. Les grands spectres encapuchonnés reculèrent légèrement à leur approche. La jeune femme était heureuse de voir que ses souvenirs étaient suffisamment puissants pour les tenir éloignés.

Il fallait dire qu'elle s'était entraînée pendant de longs mois pour être certaines que jamais plus un seul Détraqueur ne lui fasse revivre ce terrible jour où elle avait retrouvé sa famille baignant dans leur propre sang. Malgré tous ses efforts, jamais elle ne se serait sentie capable de mettre les pieds à Azkaban. Une faiblesse qui lui avait retiré l'idée de tenter d'y retrouver Sirius. Mais aujourd'hui, les choses étaient différentes. Black s'était évadé depuis plusieurs mois, et des tas de questions hantaient Lowyn. Comment s'était-il évadé ? Pourquoi maintenant ? Avait-il réellement trahi les Potter ? Et pourquoi revenir à Poudlard ? Le risque de se faire prendre était si grand… Qu'avait-il en tête ?

Lowyn n'était pas certaine de trouver toutes ces réponses elle devait tenter sa chance auprès de Dumbledore. Elle voyait bien que le directeur de l'école avait essayé d'étouffer ce qui se passait vraiment à Poudlard, mais les rumeurs avaient tout de même pu se faire entendre. Ainsi, Lowyn sut que Sirius avait réussi à entrer dans le château et même, à pénétrer jusque dans l'un des dortoirs de Gryffondor ! Qu'est-ce qui pouvait se trouver là, méritant de prendre autant de risques ?

Lowyn se sentit soulagée après avoir passé les portes du parc de Poudlard. Visiblement, les Détraqueurs n'étaient pas autorisés à entrer. Son regard parcourut les alentours et une intense émotion la gagna. En ces lieux étaient sans doute réunis les plus beaux moments de toute sa vie. Et comme pour répondre à cette impression, son Patronus brilla à ses côtés avec bien plus d'éclat. Voulant tout de même passer inaperçue, la jeune femme fit disparaître son protecteur les gardiens de la sinistre prison de sorciers se trouvaient maintenant hors de portée.

Aucun élève n'était visible. Ils devaient tous être en classe malgré cette fin d'après-midi. Lowyn monta maintenant les marches pour entrer dans le château. Elle parcourut les couloirs pour approcher la gargouille qui renfermait le bureau directorial. Tout comme la dernière fois qu'elle était venue, elle resta bloquée un instant sans connaître le mot de passe. Mais son attente fut de courte durée, puisque le professeur Dumbledore la rejoignit à cet instant. Cela donnait l'impression qu'il avait senti que sa présence était désirée.

Avec un regard amusé, mais non surpris, il donna le mot de passe pour ouvrir le passage et, d'un geste, invita la jeune White à entrer.

— Cela fait longtemps, dit-il. Je suis heureux de voir que vous êtes toujours en vie.

Lowyn comprit le sens caché de ces mots. Tant qu'au moins un membre de la famille White était en vie, l'Ultime Dragon ne pouvait être libéré et son histoire ne resterait qu'une vieille légende oubliée de tous.

— Comment va votre charmante grand-mère ?

Lowyn répondit avec un sourire :

— À merveille. Toujours un tempérament de feu. Je vous laisse imaginer sa rage si elle me savait là.

La grand-mère White avait toujours poussé sa petite fille à agir dans l'intérêt de la lignée des White. Cette vieille dame avait toujours vu d'un mauvais œil la relation de sa petite-fille avec ce membre de la famille Black dont le nom était désormais si tristement célèbre. Pourtant, cette femme d'âge mûr avait fini par ravaler sa colère lorsqu'elle comprit que grâce à cet homme, la famille comptait maintenant un nouveau membre. Une information seulement connue de Sirius.

— Tout comme lors de ma dernière visite, je garde toujours les mêmes questions en tête…

— Et comme la dernière fois, je vais simplement vous dire que les choses ont bien changé depuis votre départ. Malheureusement la guerre transforme les hommes.

— Si j'avais le moindre indice, je pourrais le retrouver, reprit Lowyn.

— Et moi, si j'avais la moindre idée d'où il se trouve, les Détraqueurs seraient déjà repartis de mon école…

Le vieil homme lança un regard perçant à Lowyn. Cette dernière réfléchit un instant à ce qu'elle pouvait confesser ou non ? Elle tenta d'oublier les innombrables mises en garde de son aïeule. Albus était un homme de confiance, l'un des seuls qui connaissaient les secrets de sa famille sans en faire partie.

— Ne vous méprenez pas, dit-elle. Je ne cherche pas à aider un partisan de Voldemort. Je souhaite simplement une confrontation…

— Et moi j'aimerais garder Harry Potter en vie.

Lowyn ne pratiquait pas l'Occlumancie en cet instant, et Dumbledore perçut toute l'émotion qui brillait dans ses yeux.

— La trahison de cet homme est inqualifiable. Il m'arrive encore de douter. Mais si je le voyais, j'aimerais lui parler de son fils. Le mettre ainsi au pied du mur, pour qu'il accepte l'idée que ses actes ont des conséquences.

Le directeur de Poudlard garda le silence. Ses yeux ne cillèrent pas et aucune expression ne vint témoigner de sa surprise. Pourtant, Lowyn était certaine qu'il n'avait pas eu connaissance de cette information. Aussi, ce silence résonna en elle comme une invitation à poursuivre.

— Lorsque j'ai quitté Poudlard en 1978, je portais la vie. Je le lui avais fait comprendre et il m'avait juré de tout faire pour que cette guerre prenne fin. La suite, vous la connaissez…

— Votre position est délicate. Je ne suis malheureusement pas en mesure de vous aider. Savoir qu'une nouvelle génération de White a pris vie est une heureuse découverte. Mais vous devez justement penser à votre enfant et le protéger de Black.

— Je sais bien et je ferais tout pour mon fils.

— Ne vous laissez pas aveugler par des sentiments d'une vie passée.

— La voix de la sagesse, dit-elle avec un sourire sans joie. Vous avez raison. Peut-être suis-je en train de courir après une illusion… Je ne vais pas vous déranger plus longtemps. Merci beaucoup pour votre temps.

— Avant de partir, peut-être souhaiteriez-vous dire bonjour à un vieil ami ?

Lowyn se tourna vers le directeur alors qu'elle était sur le point d'ouvrir la porte pour quitter le bureau. Intriguée, elle laissa Dumbledore poursuivre :

— Le professeur Lupin se trouve dans son bureau de défense contre les forces du Mal.

— Remus enseigne à Poudlard ?

La surprise mêlée à la joie illumina le visage de la jeune femme. Rien que pour cette nouvelle, elle était heureuse d'être venue jusqu'ici.

— Je ne veux pas manquer ça ! Merci beaucoup.

La jeune White quitta la pièce pour de bon, incapable d'abandonner son sourire. Elle se faufila entre les différents couloirs de l'école sans réfléchir. Les anciennes habitudes lui revinrent sans mal. Plusieurs élèves se trouvaient maintenant dans les couloirs, et certains d'entre eux se retournaient sur son passage. À leurs yeux, elle était une totale inconnue qui avait largement passé l'âge d'étudier ici.

Lowyn se trouva maintenant devant la pièce qu'elle recherchait. Elle frappa à la porte et une voix qu'elle n'avait pas oubliée l'invita à entrer. Remus Lupin était assis à son bureau, les yeux rivés sur un livre volumineux. Peut-être s'attendait-il à la visite d'un élève pour ne pas s'empresser de découvrir l'identité de son visiteur. Avec malice, Lowyn demanda :

— Excusez-moi, professeur Lupin, j'aurais une question à propos des Animagi.

Remus releva vivement la tête et son visage marqué par le temps et la fatigue se transforma soudainement lorsqu'il reconnut à qui appartenait cette voix.

— Oh ! Lowyn !

Il se leva et contourna son bureau avec empressement. La jeune femme s'approcha de son vieil ami et le prit dans ses bras avec une tendresse non feinte.

— Cela fait si longtemps, dit-il en s'écartant quelque peu pour observer la jeune femme.

— Me pardonneras-tu d'être partie sans même un au revoir ? répondit-elle sans dissimuler son inquiétude.

— Seulement si tu gardes ton sourire.

Lowyn rayonna. Ces retrouvailles lui firent du bien.

— C'est vrai que je n'étais pas très aimable durant notre année à Poudlard…

Elle faisait référence à cette période durant laquelle elle prenait soin de fermer son esprit pour éviter toute intrusion et préserver les secrets de la famille White.

— Promis. Plus d'Occlumancie. Regarde-toi, rajouta-t-elle en s'écartant de son ami. Professeur de défense contre les forces du Mal. Cela te va si bien.

— Merci, dit Remus en baissant les yeux et rougissant quelque peu. Une année passionnante.

— Seulement un an ?

— Souviens-toi que ce poste est maudit !

— Ne parle pas de malheur !

— Assez parlé de moi. Comment se fait-il que tu sois revenue ?

Lowyn eut une seconde d'hésitation avant d'aborder le sujet qui la tenait éveillée depuis de longs mois.

— Il fallait que je revienne. J'ai tellement de questions à propos… de Sirius.

L'effet fut instantané. Le visage de Remus se ferma dans une expression dure. Il retourna à son bureau et referma son livre d'un geste sec.

— Je n'ai rien à te dire le concernant.

— Tout ce que j'ai lu à sur lui, poursuivit tout de même Lowyn en avançant d'un pas, ce c'est pas l'homme que j'ai connu…

— L'as-tu réellement connu en un an ? coupa le lycanthrope avec fougue. J'ai fait toute ma scolarité avec lui, pendant 7 ans, dans le même dortoir et même après. Nous étions tous membres de l'ordre du Phoenix. Et pourtant, les faits sont là. Il a trahi James et Lily, et tué Peter ainsi que tous ces gens. Il faut juste apprendre à l'accepter, c'est tout.

— Mais…

— Tu ne peux pas t'attendre à ce que tout soit resté comme tu l'as laissé avant de partir. La guerre nous a tous transformés.

Lowyn prit ce flot de paroles comme une gifle. Le ton de Remus était dur, comme si la vérité concernant son ancien ami le rendait malade. La jeune femme répondit d'une petite voix tremblotante :

— Tu as raison. Vous avez tous raison. Je dois oublier le passé et ne pas me laisser influencer par les sentiments. Je vais y aller. J'ai été ravie de te revoir, Remus.

Le sorcier se rendit compte qu'il avait été trop virulent dans ses propos. Lowyn ne méritait pas sa colère. Aussi, il se radoucit comme pour présenter ses excuses :

— Laisse-moi te raccompagner.

Les deux amis parcoururent les différents couloirs et escaliers du château sans un mot. Ils se retrouvèrent rapidement dans le parc de Poudlard. Lowyn sentit que Remus avait chassé sa colère, ce qui l'encouragea à dire :

— J'ai de si beaux souvenirs ici…

Le professeur balaya le parc de regard avant de répondre avec un sourire :

— Oui, les plus beaux moments de toute ma vie.

Le regard de Lowyn s'attarda un instant sur le Saule Cogneur et une question lui vint :

— Comment fais-tu une fois par mois ? Tu retournes à la Cabane Hurlante ?

— Non. J'ai la chance d'avoir un expert à Poudlard pour me préparer une potion tue-loup.

— Vraiment ? Je ne connaissais pas. C'est exploratoire ?

— Oui. C'est efficace, mais douloureux. Je reste inoffensif. Par contre, cela reste épuisant.

— C'est génial ! C'est le professeur Slughorn qui te la prépare ?

— Non, dit Remus avec un petit sourire. Le professeur Severus Rogue.

Lowyn s'arrêta de marcher.

— Tu plaisantes ?

— Je suis sérieux. Dumbledore a confiance en lui pour qu'il enseigne les potions…

La jeune femme laissa passer quelques secondes pour accepter cette idée incongrue. Elle se souvenait de ce Serpentard qui avait tenté de connaître sa véritable identité, durant son année à Poudlard. Jamais elle ne l'aurait imaginé digne de confiance.

— Severus Rogue, un respectable professeur de Poudlard et Sirius Black, un dangereux criminel en fuite… C'est le monde à l'envers !

Remus ne put s'empêcher de rire devant le comique de situation. Il aurait eu exactement la même réaction si on lui avait présenté ces faits bien des années auparavant…

Ils reprirent leur marche en se rapprochant lentement de la lisière de la forêt interdite.

— En tout cas, je suis contente pour toi. Professeur à Poudlard, ce doit être génial.

— Ça fait du bien d'enseigner aux nouvelles générations, raconta Remus. J'ai, par exemple, Neville Londubat dans une de mes classes…

— Oh ! Mais oui… C'est vrai. J'ai lu pour Alice et Frank. Tu as de leurs nouvelles ?

— Toujours à l'hôpital Ste Mangouste. Neville continue de leur rendre visite, de ce que j'ai entendu. Mais toujours pas d'amélioration.

— C'est terrible.

Lowyn tourna la tête pour cacher les larmes qui menaçaient d'apparaître. Ce fut à cet instant précis que son regard se fixa sur l'un des nombreux élèves qui venaient profiter du temps clément en ce mois d'avril. Des cheveux noirs en bataille, des lunettes rondes. La jeune femme ressentit un vertige au plus profond d'elle-même.

— Par Merlin ! Mais c'est James !

D'un coup d'œil, Remus comprit et rectifia :

— Non. C'est Harry.

— C'est troublant. Comment est-il ? Est-ce qu'il te crée autant d'ennuis que James ? ajouta-t-elle en repensant à l'exubérance de son vieil ami disparu.

— Il ressemble à son père physiquement, mais son caractère est plus proche de celui de Lily. Après, il fait preuve d'une grande détermination, comme ses deux parents. Du moins, de ce que j'ai pu voir lors de nos cours particuliers.

— Des heures supplémentaires ? Que lui enseignes-tu ?

Remus eut une seconde d'hésitation avant de révéler :

— Il a insisté pour que je lui apprenne à créer un Patronus. Il voulait ne plus être victime des Détraqueurs…

— Oh ! Non… Ce doit être affreux.

— Oui. Surtout qu'au contact de ces créatures, il entend les voix de ses parents juste avant…

Lunard baissa la tête, incapable de terminer sa phrase. Lowyn porta une main à sa bouche, horrifiée par cette information. Cette fois-ci, elle fut incapable de retenir ses larmes. Remus était touché par autant de sensibilité. Elle semblait à fleur de peau. Il gardait d'elle le souvenir d'une jeune fille froide et distante puisqu'elle pratiquait l'Occlumancie pour se protéger de toute intrusion. C'était une femme plus humaine qu'il avait maintenant devant lui. Pendant un instant, il se dit que peut-être Sirius avait eu la chance de découvrir cette facette rare et précieuse.

Il caressa son bras d'un geste maladroit, pour tenter une approche réconfortante. Mais elle reprit ses esprits en poursuivant :

— Ça lui fait quel âge ? 13 ans ? Il est tellement jeune. À son âge, j'aurais bien été incapable d'en produire un. Et même encore aujourd'hui, je ne suis pas certaine d'avoir la force de repousser deux voire trois Détraqueurs. Pourtant, je me suis bien entraînée ces dernières années.

— Tu n'as peut-être pas trouvé de souvenir suffisamment puissant, se hasarda Remus.

— Je n'ai pas de souvenirs plus heureux. Et je suis convaincue qu'ils sont ma plus grande force. Mais cela fait 12 années qu'ils sont affaiblis par le doute. Est-ce que j'ai rêvé tous ces instants passés avec lui à Poudlard ? Étais-je la seule à aimer dans notre histoire ? Ces questions me hantent, et mon Patronus est bien faible…

Remus comprit qu'elle parlait de Sirius, sans le nommer. Il était devenu Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Le professeur Lupin fut incapable de trouver les bons mots à répondre.

— J'aimerais rester au pays pour les prochains mois, annonça Lowyn. Pas à Pré-au-Lard. J'y serais bien trop affectée par les Détraqueurs. Peut-être dans la première ville Moldue la plus proche. Je saurai passer inaperçue. Je ne veux pas que l'on attende encore 16 ans avant que l'on se revoie. Cela me ferait plaisir que tu m'écrives à l'occasion…

— Compte sur moi, assura le Maraudeur qui avait retrouvé son sourire.

Lowyn s'avança vers Remus en le serrant dans ses bras. Cette étreinte résonnait comme si l'un et l'autre cherchaient à puiser la force nécessaire pour affronter les prochaines années à venir.

Doucement, la jeune femme relâcha la pression en soupirant d'aise. Elle rabattit la capuche de sa cape sur sa tête et se dirigea vers l'entrée du parc de Poudlard. D'un geste souple du poignet, elle fit apparaître son Patronus à la forme d'une panthère. Un protecteur qui marchait à ses côtés pour l'aider à passer la menace détraqueuse.

Non loin de là, bien caché parmi les arbres de la forêt interdite, un gros chien noir n'avait rien manqué de cet échange. Il avait même dû lutter avec ardeur, pour ne pas reprendre forme humaine et rejoindre son ami et celle qu'il aimait encore.


Merci à tous !

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