Un nouveau chapitre !

Disclamer : Tous les personnages appartiennent à JK Rowling (sauf quelques-uns), je ne fais pas d'argent avec cette histoire...

Bonne lecture à tous !


Un été en famille

Lorsque Lowyn se réveilla, elle sentit une présence à ses côtés. Elle se tourna doucement pour observer l'homme qui dormait profondément. Son visage était fatigué et usé par ces dernières années de souffrance. Malgré tout, un mince sourire étirait ses lèvres. La jeune femme se doutait d'en être la cause. Mais elle savait également qu'avec toute la meilleure volonté du monde, il lui serait impossible d'effacer de l'esprit de Sirius ses moments de guerre, 12 ans de prison et plusieurs mois de cavale. Lowyn se contenta de savourer l'instant et cette chance de l'avoir retrouvé. Elle s'arracha à la contemplation de l'homme qu'elle aimait en entendant un bruit à la fenêtre. Lentement, elle se leva et fit entrer le hibou qui apportait un exemplaire de la Gazette du sorcier.

Sans un mot, pour ne pas réveiller le Maraudeur, Lowyn fit comprendre à l'animal qu'elle voulait envoyer un message. Elle sortit de son sac, une plume, un encrier et un morceau de parchemin.

Cher Remus,

Je suis navrée d'apprendre que ton travail s'arrête ici. Tu manqueras sans aucun doute à beaucoup. Ton dernier message m'a fait beaucoup de bien. J'ai d'ailleurs croisé le chemin d'un chien errant. Il n'a pas fière allure, mais j'ai bien l'intention de prendre soin de lui…

Merci infiniment pour ton amitié.

Avec toute mon affection.

Lowyn

Une fois l'encre sèche, la jeune femme plia son mot et l'attacha au volatile qui s'éleva d'un battement d'ailes.

— Je suis curieux de savoir à qui tu écris, dit une voix encore ensommeillée.

Lowyn sursauta et répondit avec un regard d'excuse :

— Je ne voulais pas te réveiller. Je pensais que Remus avait droit à des remerciements.

La jeune White se leva pour rejoindre Sirius et s'installer auprès de lui.

— J'espère pouvoir aussi le remercier de vive voix, la prochaine fois que je le croise, se hasarda Sirius.

— Ça me ferait plaisir aussi de le revoir, dans de meilleures conditions. J'ai bien réfléchi et voilà ce que je te propose pour la suite, commença Lowyn qui jouait avec les doigts du Maraudeur. On va peut-être rester ici quelques jours, le temps que tu reprennes des forces et pour que je ne donne pas l'impression de partir comme une voleuse. Une mystérieuse femme seule avec un chien va déjà étonner ces pauvres Moldus… Ensuite, je vais voir pour créer un Portoloin qui nous mènera directement chez moi.

— J'ai hâte de revoir ta charmante grand-mère, dit-il avec un sourire entendu.

— Je pense que tu apprécieras bien plus la compagnie de notre fils…

Lowyn put discerner une légère lueur d'angoisse dans les yeux de Sirius. Mais elle décida de ne pas y prêter attention.

— Pour être sûre que tout se passe bien, je vais leur envoyer à chacun mon Patronus pour leur faire part des dernières informations te concernant. Ainsi, ils ne te verront pas comme un dangereux criminel en fuite…

L'angoisse de Sirius s'intensifia, mais il fit son possible pour ne rien laisser paraître. L'opinion de la grand-mère White à son sujet l'importait peu. Mais imaginer que son fils ait grandi en pensant son père coupable de toutes ces horreurs lui vrilla les entrailles. Même une fois la vérité rétablie, ce face à face risquait d'être tendu. Après tout ce temps, ce n'était pas un enfant qu'il allait rencontrer, mais un jeune homme de 15 ans. Et Sirius se souvenait très bien de l'homme fougueux qu'il était à cet âge… Malgré ses craintes, il décida de faire confiance à Lowyn. Après tout, elle connaissait leur enfant mieux que quiconque.

— Tu as peut-être envie d'envoyer du courrier ? demanda Lowyn en sortant Sirius de ses pensées.

— Oui. Rassurer Dumbledore sur ma sécurité.

— Tu peux lui dire que tu bénéficies de la protection des White. Il comprendra…

— Il sait tout à ton sujet ? C'est évident. Je ne vois même pas pourquoi je demande ! J'aimerais écrire à Harry aussi. Il y a certaines choses que je n'ai pas eu le temps de lui dire… L'éclair de feu que je lui ai offert, lui signer une autorisation de sortie à Pré-au-Lard, et ce serait bien que je trouve un hibou pour Ron. C'est son ami. Le pauvre avait Queudver pour animal de compagnie. Ce ne sera pas difficile de trouver mieux !

Au cœur d'une forêt enneigée, un loup solitaire s'avançait à pas lents. Ce pays lointain semblait désert sur des kilomètres à la ronde. Toutefois, le loup se figea lorsqu'une forme argentée fit son apparition. Les contours se dessinèrent avec précision pour prendre l'apparence d'une panthère. Le loup vérifia tout de même qu'il était bien seul avant de changer d'apparence. Dans un pop caractéristique, l'Animagus prit la forme d'une femme d'un âge avancé. La vieille dame répondait au nom d'Armance White. Elle sortit sa baguette d'un geste vif et commença à exécuter différents mouvements pour protéger la zone de toute écoute indiscrète. Pendant ce temps, le Patronus de Lowyn s'assit en attendant l'autorisation de parler.

— J'imagine que c'est important pour que tu m'envoies ton Patronus, dit la plus âgée des White encore de ce monde.

— Je voulais te prévenir avant que tu ne rentres à la maison, annonça la voix de Lowyn à travers la panthère argentée. Sirius Black est innocent. Le sorcier qu'on l'accuse d'avoir tué est toujours en vie, et c'était lui le traître. Je voulais t'avertir que lorsque tu rentreras, Sirius sera chez nous. Il ne fait aucun doute qu'il mérite notre protection.

— J'espère que tu sais ce que tu fais, soupira Armance d'un air résigné.

— Je n'ai aucun doute.

— Très bien… Je rentrerai d'ici quelques jours. Je tiens à vérifier que la Clé Sacrée est toujours sous protection.

Sans un mot, le Patronus approuva d'un signe de tête, puis disparut.

À des milliers de kilomètres de là, Lowyn rouvrit les yeux. Elle soupira et se murmura pour elle-même : le plus dur est fait. Il ne restait plus qu'une personne à prévenir de la même façon. Mais étrangement, la jeune femme eut l'impression que convaincre sa grand-mère n'était pas l'étape la plus difficile.

Aux États-Unis d'Amérique, de nombreux élèves allaient et venaient dans les couloirs d'une école de magie. Ilvermorny était comme une deuxième maison pour bon nombre d'étudiants. Un jeune homme d'une quinzaine d'années discutait avec animation dans un petit groupe de sorciers. D'un coup d'œil, il put apercevoir une forme argentée qui se faufila discrètement pour ne pas être vue de tous. L'adolescent comprit que cette apparition était là pour lui seul.

— J'ai oublié un livre. Je vais le chercher à l'étage…

— Dépêche-toi, le cours va bientôt commencer.

Sans prendre le temps de répondre, le jeune sorcier s'éloigna en prenant la direction du Patronus. Il entra dans une salle de classe déserte et referma la porte par magie derrière lui. Faisant face à la panthère argentée, il fit quelques mouvements de sa baguette magique pour protéger l'espace de toute écoute indésirable.

— Bonjour, maman. Tu voulais me parler avant que je quitte l'école ? s'étonna-t-il.

— Bonjour, mon chéri. Je sais que tu seras bientôt à la maison, mais il fallait que je te prévienne…

La voix de Lowyn sembla prendre une grande inspiration, avant de se lancer dans sa déclaration :

— J'ai retrouvé ton père. Et comme je l'ai toujours senti au fond de moi, il est innocent. Le sorcier qu'on l'a accusé d'avoir tué, Peter, est toujours en vie. Ce traître s'est malheureusement enfui. Je voulais juste te confirmer que Sirius n'est pas le dangereux criminel décrit dans la presse. J'aimerais que tu te prépares à l'idée de le rencontrer…

Le jeune homme garda ses yeux rivés sur le sol, sentant le regard de sa mère sur lui. Il ne voulait rien laisser transparaître de ses émotions qui venaient de le submerger. De son côté, Lowyn comprit qu'il utilisait l'Occlumancie pour ne rien dévoiler de ce qu'il éprouvait en cet instant. Un silence pesant s'installa. Le jeune White ne pouvait douter des paroles de sa mère. Jamais elle n'aurait affirmé de telles choses si toutes les preuves n'étaient pas solides. Pourtant, un vertige désagréable lui saisit les entrailles. Une vieille mise en garde de son arrière-grand-mère lui revint à l'esprit : « Ta mère est certainement bien trop amoureuse pour voir la vérité telle qu'elle est ». En cet instant, qui devait-il croire ?

Sentant que son silence commençait à devenir bien trop long, il répondit :

— D'accord. Merci de m'avoir prévenu.

— Lorsque je te verrai, je prendrai le temps de tout t'expliquer dans le détail, poursuivit la voix de Lowyn. Je sais que ce doit être un choc…

— Non. Ça va, assura le jeune homme dont le visage était toujours aussi fermé. Je dois y aller, j'ai cours…

— D'accord, dit-elle avec une pointe de regret. J'ai hâte de te revoir. Je t'aime, mon chéri.

— Je t'aime aussi…

Au dernier instant avant que le Patronus ne disparaisse, le jeune White rajouta :

— Maman… Fais attention à toi.

— Je te le promets.

La créature argentée se dissipa jusqu'à disparaître complètement. Le jeune sorcier resta de longues minutes seul à réfléchir. Cela faisait presque un an qu'il avait appris l'évasion de son père de la prison d'Azkaban. Pendant 12 longues années, le nom de Sirius Black n'était qu'une ombre dans sa vie. Mais à partir du moment où il s'était échappé, l'homme avait soudainement pris vie dans l'esprit de son fils. Durant tout ce temps, le doute avait rongé son cœur. Qui était cet homme qu'il avait pour père ? Bien entendu, Lowyn avait longuement parlé de lui à son fils. Ses souvenirs d'une vie passée, bien loin de celle qu'ils vivaient aujourd'hui.

Dès lors que Sirius s'était évadé, une dispute avait éclaté entre Lowyn et sa grand-mère, Armance. Le jeune homme avait plusieurs fois entendus les arguments qui opposaient les deux femmes sur son père. Mais pour la première fois cet été dernier, il avait exprimé lui aussi son opinion.

Non, Lowyn, je ne veux pas que tu ailles prendre le risque de le retrouver ! avait dit Armance.

J'ai besoin d'avoir des réponses ! s'était exclamé Lowyn. S'il avait vraiment travaillé pour le Seigneur des Ténèbres, tu ne crois pas qu'il aurait dévoilé tous nos secrets ?

Il n'a peut-être pas eu l'occasion de le faire. De toute façon, c'est un Black ! Une famille qui a baigné dans la magie noire depuis des siècles ! Pourquoi est-ce que ce Sirius serait différent de ses ancêtres ?

Dois-je te rappeler que je suis un Black à 50 % ? avait soudainement demandé le jeune homme avec une voix forte qui fit taire les deux femmes. Est-ce que tu penses vraiment que cela me prédispose à la pratique de la magie noire ?

La vieille femme qui pratiquait toujours l'Occlumancie, reçut cette remarque comme une gifle en plein visage. À ces mots, Armance se trouvait incapable de dissimuler toute la tristesse et la peur qu'elle ressentait. Mais l'adolescent ne resta pas dans la pièce pour obtenir une réponse. Il s'était enfui dans sa chambre.

Après cette altercation, Lowyn n'émit plus l'idée de retrouver Sirius et Armance, ne fit plus la moindre remarque quant à la lignée des Black. Malgré tout, le jeune White soupçonnait sa mère de pister leur père en recoupant toutes les informations divulguées dans les différents journaux. Il avait repris ses études à Ilvermorny en ayant en tête que sa mère finirait certainement par tenter une confrontation avec ce prétendu criminel.

Il était perdu. D'un côté, les arguments de son arrière-grand-mère semblaient un peu faibles, et de l'autre, sa mère pouvait très bien être aveuglée par ses sentiments. Pour plus d'impartialité, Lowyn avait partagé avec son fils ses souvenirs de Poudlard dans une pensine. De cette façon, elle espérait réellement trouver un indice qui lui aurait échappé. Le jeune White avait dû reconnaître que son père semblait vraiment être l'homme que sa mère décrivait avec tendresse… Mais beaucoup trop de questions subsistaient.

En cet instant, il voulait croire en de miraculeuses explications pour restaurer l'image d'un père idéal. Il souhaitait par-dessus tout que sa mère ne risquait rien auprès de lui. Si tout cela était vrai, alors peut-être aurait-elle droit au bonheur…

Réalisant où il était, le jeune homme sortit de la salle de classe pour retrouver ses amis. Il parcourut différents couloirs du grand château de granite, puis il retrouva une sorcière au sourire éclatant.

— Il était temps ! s'exclama cette jeune fille aux cheveux dorés.

Ses yeux verts firent chavirer le cœur du sorcier et il oublia un instant son angoisse d'une prochaine rencontre avec son père. Elle lui adressa un regard chaleureux en lui rappelant qu'ils étaient en binôme pour leur cours de Sortilèges.

— Ne t'inquiète pas Roxane, je n'avais pas l'intention de manquer ça, assura-t-il avec un sourire entendu.

Plusieurs jours s'étaient écoulés. Lowyn et Sirius avaient fini par quitter la ville Moldue. C'était désormais à l'abri des regards que la jeune White prit soin de transformer une branche d'arbre mort en Portoloin. Cela lui demanda plusieurs longues minutes, car le lieu de destination était bien protégé. Et pour être certaine que Sirius pourrait également arriver au bon endroit, Lowyn lui fit lire le nom du lieu rédigé sur un petit morceau de parchemin : Isla Aura. L'hippogriffe, quant à lui, avait été soigneusement rangé dans le sac de la sorcière.

Après la sensation d'être saisi par le nombril, le couple disparut du Royaume-Uni pour apparaître sur une île déserte, en plein milieu de l'océan Pacifique. Sirius se retrouva ébloui par une si grande luminosité et écrasé par la chaleur de ce climat tropical. Un contraste saisissant avec l'Écosse humide qu'ils venaient de quitter. Lowyn fouilla dans son sac pour en sortir Buck et lui redonner sa taille normale. Ainsi, il aurait tout le loisir de parcourir l'île sans aucune entrave.

— Il va pouvoir voler librement, annonça joyeusement la jeune femme. Cette île est incartable. Il n'y a pas âme qui vive à plusieurs centaines de kilomètres à la ronde… Nous sommes complètement seuls. Mais ne t'inquiète pas, les chouettes et hiboux sauront nous trouver pour le courrier.

Sirius observa avec attention les palmiers qui se mouvaient doucement avec la brise chaude. Une plage de sable blanc s'étendait vers une eau turquoise jusqu'à ce qui semblait être une barrière de corail. Il y avait également toute une forêt plus dense où se tenait une maison. Plus loin, on pouvait deviner certains monts qui se dressaient dans les hauteurs, une zone plus rocheuse.

— C'est un vrai coin de paradis, dit Sirius impressionné.

— Une belle cage dorée tu veux dire, corrigea Lowyn. Mais je ne vais pas me plaindre, il y a pire endroit où rester enfermé pendant des années… Ma grand-mère est la gardienne du Secret de cette île. Du temps où je la croyais morte, je n'avais jamais mis les pieds ici. Impossible donc pour moi de m'y cacher après la mort de ma famille. Voilà pourquoi j'ai trouvé refuge à Poudlard. La suite, tu la connais…

— Jusqu'à quand serons-nous seuls ?

— Grand-mère ne m'a pas précisé la date de son retour. Je pense que nous avons encore quelques jours de répit.

— Et…

— Notre fils devrait rentrer en fin d'après-midi.

Elle se glissa dans les bras du Maraudeur en murmurant : ça va bien se passer.

Les heures s'écoulèrent rapidement. Sirius fit le tour de la maison et de ses alentours pour se familiariser avec ces lieux. Ce fut lorsque le soleil commença à décliner qu'il entendit du bruit dans le couloir qui donnait sur l'entrée. Il sortit du salon silencieusement et observa le nouveau venu. Le jeune homme qui se tenait là était de même taille que sa mère. Lowyn le tenait dans ses bras, comme soulagée de retrouver son enfant auprès d'elle. Lorsque l'adolescent s'écarta doucement, Sirius put enfin découvrir son fils. Il fut frappé de sa ressemblance avec le jeune Black qu'il était autrefois. Ses yeux sombres en amande lui donnaient beaucoup de charme. Même s'ils n'étaient pas très longs, on lui devinait des cheveux noirs aussi ondulés que ceux de sa mère. Leurs regards se croisèrent et le sourire qu'il adressait à Lowyn disparut instantanément. Son visage se ferma à toute expression. Sirius devina qu'il pratiquait maintenant l'Occlumancie.

— Sirius, laisse-moi te présenter ton fils : Wayne Procyon White, annonça Lowyn.

Elle se tourna maintenant vers son fils pour finir les présentations :

— Wayne, voici ton père.

Sirius fut incapable de prononcer le moindre mot. Et, visiblement, cette gêne était réciproque. Pendant un bref instant, le Maraudeur crut voir une lueur dans le regard de son fils. Ce dernier baissa les yeux rapidement. Patmol devina que l'habilité de Wayne à fermer son esprit était en train d'atteindre ses limites.

— Grand-mère est rentrée ? demanda-t-il en s'adressant à Lowyn.

— Non, on a encore quelques jours.

— Très bien, dit-il. Ce sera plus calme. Euh… J'ai mes affaires à ranger…

— Oui, encouragea Lowyn. Vas-y, prends ton temps.

Le jeune sorcier se baissa pour ramasser sa valise et disparut dans le couloir qui menait à sa chambre. Lowyn se rapprocha de Sirius en posant une main sur sa joue.

— Il a besoin de temps.

— Je sais, moi aussi je crois, confessa le Maraudeur.

Deux heures plus tard, ils se réunirent tous les trois à table pour le repas. Et sans attendre les questions de Wayne, Lowyn se chargea de mettre en lumière toutes les zones d'ombre concernant la culpabilité de Peter Pettigrow. Le jeune sorcier ne fit aucun commentaire, acceptant simplement cette version des faits assez cohérente. Puis la conversation dévia sur la famille White.

— Mon père m'a raconté un jour que grand-mère Armance n'a pas toujours été comme ça, précisa Lowyn. C'est d'elle que notre pouvoir nous a été légué. Son mari a simplement dû accepter l'idée de devenir un White. Et d'après ce que j'ai compris, il a très mal vécu le fait que son nom soit oublié au profit des White. Il s'est senti blessé dans son ego. Et il a fini par tous les abandonner…

— Juste parce qu'il ne voulait pas changer de nom ? demanda Sirius avec surprise. Moi j'aimerais bien que l'on arrête de m'associer à la famille Black…

Wayne observa le Maraudeur et ne put retenir un sourire en coin. Pour la première fois, le fils s'adressa directement à son père :

— Lorsque tu verras grand-mère Armance, commence par lui dire ça, tu gagneras des points.

À partir de cet instant, l'atmosphère sembla bien plus détendue.

Le lendemain matin, Sirius demanda à Wayne s'il voulait bien lui faire faire le tour de l'île. L'adolescent comprit qu'il s'agissait là d'une excuse pour qu'ils puissent discuter seul à seul.

— Je voulais te présenter mes excuses, commença le Maraudeur après qu'ils se soient suffisamment éloignés de la maison.

— À quel propos ? demanda abruptement Wayne.

— Quand la guerre s'est achevée, j'aurais dû tout tenter pour vous retrouver, plutôt que de courir après une vengeance stupide…

Les sourcils froncés, le jeune White laissa passer quelques secondes avant de répondre :

— T'as fait ce qu'il fallait. Tu n'aurais jamais pu nous retrouver… Je crois qu'à ta place, j'aurais fait pareil.

— Mais toutes ces années perdues pour rien…

— On ne peut plus réécrire l'histoire de toute façon. Profitons de cet été pour apprendre à nous connaître.

Buck se posa au sol et s'approcha de Sirius en quête de quelque chose à manger. Il caressa l'animal et invita son fils à faire de même. Tout comme sa mère, Wayne semblait très habile avec ce genre de créature.

— Ilvermorny alors…, commença Sirius. Je pensais que tu serais allé à Beauxbâtons comme ta mère.

— Non. Chaque génération de White se retrouve dans une école différente. Peut-être pour brouiller les pistes… Grand-mère Armance était à Durmstrang. Je crois qu'il n'y a que ma mère qui soit allée dans deux écoles différentes.

— Je ne connais pas Ilvermorny, est-ce très différent de Poudlard ?

— Pas tant que ça. Il y a quatre maisons. Pour moi, c'est l'Oiseau-Tonnerre qui s'est manifesté en battant des ailes. Il symbolise l'âme et favorise les aventuriers…

— C'est très poétique, lâcha Sirius qui avait tout de même du mal à imaginer de quelle maison à Poudlard cela pouvait s'approcher le plus.

— C'est une des écoles qui prône le plus la tolérance. Tu savais que l'un des fondateurs, James Steward, était un Non-maj ? Un Moldu quoi. Aucun pouvoir magique…

— Je l'ignorais. C'est étonnant. Je suis content que tu t'y plaises.

— Oui, j'aime beaucoup y aller. Plus encore maintenant…

— Une bande d'amis dont tu n'arrives plus à te séparer ? tenta de deviner Sirius.

— Euh… Disons plutôt une sorcière que j'apprécie beaucoup…

Le Maraudeur se contenta d'un sourire sans chercher à arracher plus d'informations à son fils. Ce dernier ne savait dire pourquoi, mais il se sentait en confiance pour donner quelques précisions :

— Roxane Scott. Ses yeux verts ont un pouvoir sur moi que tu n'imagines même pas !

Sirius se mit à rire doucement avant de reprendre :

— J'ai déjà entendu ça quelque part… Si tu savais le nombre de fois où James m'a dit les mêmes mots en me parlant de Lily…

Wayne eut un mince sourire, mais il sentit que la perte des Potter suscitait encore une vive douleur dans le cœur de son père.

— Roxane est une amie. Et cela restera comme ça.

— Aucune chance pour que ça évolue ? s'étonna Sirius.

— Elle est née Moldue. Et je ne pense pas que cela plaise à grand-mère Armance…

— Honnêtement, je doute que qui que ce soit plaise à ton arrière-grand-mère en dehors des membres déjà existants de la famille White. Alors tu ne devrais pas trop t'en préoccuper.

— Peut-être, dit Wayne d'un air songeur.

— Ce n'est pas toi qui à l'instant me disais qu'Ilvermorny prônait la tolérance ?

L'adolescent se contenta de sourire en admirant le cheminement de pensée de son père.

— Je fais peut-être erreur, ajouta Patmol. Qu'en pense Lowyn ?

— Ma mère n'est pas au courant. Apprécierait-elle de savoir que le cœur de son fils a déjà été volé par une jeune sorcière dont elle ne sait rien ?

— Il faudra bien qu'elle se prépare à cette éventualité un jour. Et puis, elle sait bien que tu n'es plus un enfant…

Les jours passèrent et Wayne finit par définitivement baisser sa garde. Le bonheur de sa mère était communicatif. Le jeune sorcier appréciait de voir une telle harmonie dans le couple. Il savoura de ce fait chaque instant comme un cadeau précieux.

Non loin de la maison, un loup gardait ses distances dans la forêt dense. L'animal observait les trois individus avec insistance. Cette joie de vivre semblait presque palpable. Il était impossible d'imaginer que tout ceci n'était qu'une mise en scène. Voilà pourquoi, l'Animagus se résolut à reprendre forme humaine pour se présenter à sa famille. Le dernier éclat de rire se dissipa, lorsque les membres de la famille White reconnurent la vieille femme qui se tenait à l'entrée. Lowyn et Wayne retinrent leur souffle lorsqu'ils virent la grand-mère Armance faire face à Sirius.

— Grâce à vous ma famille connaît une nouvelle génération de White. Pour cela, vous avez gagné mon respect, mais je ne pourrai pas vous offrir plus.

— Je n'en espérais pas tant, se contenta de dire Sirius.

À partir de cet instant, les quatre individus purent savourer un moment de paix et d'unité.


Des réactions ? Merci à tous ;-)