Un nouveau chapitre !

Disclamer : Tout appartient à JK. Rowling, je ne fais pas d'argent avec cette fic...

Bonne lecture à tous !


Suspicions

En cette soirée d'été, la nuit recouvrait Isla Aura de son ombre profonde. L'unique maison de cette île possédait une terrasse au niveau du toit. Avec attention, Lowyn y observait le ciel constellé d'étoiles à travers un télescope. De temps en temps, son regard s'écartait de la lentille pour mieux se concentrer sur un morceau de parchemin. Elle prenait soin de noter à l'aide d'une plume les différentes positions célestes pour avoir une vision globale de la situation astrale. Ses sourcils se froncèrent et lui donnèrent une expression soucieuse.

— Mauvaise nouvelle ? demanda Sirius qui s'approchait sans bruit.

— Mars, confirma Lowyn sans détacher ses yeux de son parchemin. Je n'aime pas sa position. J'ai aussi l'impression qu'elle rougeoie de plus en plus…

Sirius jeta un œil dans le télescope avant d'ajouter :

— Annonciatrice d'une guerre ?

— J'en ai bien peur…

— Queudver va certainement tenter de retrouver son maître, dit le Maraudeur avec une expression de dégoût sur le visage.

— Espérons qu'il échoue lamentablement, dit Lowyn en prenant Sirius dans ses bras.

Il garda le silence. L'un et l'autre n'étaient pas convaincus de ces derniers mots. Patmol leva les yeux au ciel en prenant soin d'apprécier ce vaste océan stellaire. Les milliers d'étoiles semblaient toutes vouloir briller plus fort les unes que les autres. Jamais il ne s'était rendu compte à quel point ces lumières étaient intenses. La Voie lactée parcourrait le ciel, telle une rivière de diamants.

— C'est magnifique, commenta Sirius.

— Pas de pollution lumineuse. Je me suis toujours sentie plus petite devant cette immensité.

Après quelques secondes de silence, le Maraudeur reprit :

Wayne Procyon White. Pourquoi Procyon ? Ça me dit quelque chose, mais je ne sais plus quoi…

Du bout des doigts, elle dirigea son visage vers une partie du ciel avant de répondre :

— Procyon est l'une des étoiles de la constellation du petit chien. Juste à côté de…

Sirius. Bien vu ! Un petit clin d'œil discret. Il vaut mieux qu'il ne porte pas mon nom…

— À Ilvermorny, il se fait appeler Wayne Wish.

— Heureusement pour lui, Azkaban m'a bien changé. Il me ressemble tel que j'étais à son âge, mais aujourd'hui je ne suis plus le même. Du coup, il n'a pas les mêmes traits que moi sur les différents avis de recherche. Il est préférable que personne ne devine notre lien de parenté.

Une lueur de tristesse accompagnait ses paroles.

— D'après ce qu'il m'a dit, précisa Lowyn, la communauté magique d'Amérique ne se trouve pas aussi alarmée par ton évasion qu'en Europe. Dans l'esprit de tous, ton désir meurtrier n'est tourné que vers Harry. Et ce qui concerne le Survivant leur semble bien inaccessible…

Sirius garda le silence. Ses pensées se tournèrent maintenant vers son filleul et une crampe lui remua les entrailles. Il se sentait divisé entre deux mondes.

Le lendemain matin, tout le monde était réuni pour le petit déjeuner. Lowyn se leva pour ouvrir une fenêtre et laisser entrer une magnifique chouette au plumage blanc neige.

— Oh ! Toi, tu viens de loin ! s'exclama la jeune femme qui commençait déjà à rapporter une coupe d'eau pour l'animal.

— C'est Hedwige, annonça Sirius en se levant pour prendre le courrier qui lui était destiné. C'est la chouette de Harry.

Une grimace s'installa sur le visage du Maraudeur alors qu'il lisait le contenu du parchemin.

— De mauvaises nouvelles ? demanda Wayne.

— Son oncle et sa tante ont décidé de mettre son cousin au régime. Mais du coup, c'est toute la famille qui mange moins…

— Ils veulent mettre Harry au régime ? s'étonna Lowyn. Je l'ai aperçu à Poudlard, et il n'est déjà pas très épais…

— Il m'a confié qu'il ne voulait plus vivre chez eux, avoua Sirius. Mais étant donnée ma situation…

— Ça ne me gênerait pas qu'il vienne vivre ici durant ses vacances, lança Lowyn avec un coup d'œil appuyé à son fils.

— Plus on est de fous…, confirma Wayne avec un sourire.

— Dumbledore n'acceptera jamais que le jeune Potter quitte sa famille, coupa grand-mère Armance.

— Je suis son parrain, rappela Sirius irrité.

— Quand je parle de famille, je pense aux liens du sang, poursuivit Armance. Vous n'avez pas deviné l'impact qu'a eu le sacrifice de Lily Potter ? C'est de l'ancienne magie. En donnant sa vie pour son enfant, elle lui a légué ainsi une protection par le sang. Tant que Harry sera auprès de sa tante, jamais le Seigneur des Ténèbres ne sera en mesure de le retrouver. C'est bien plus fort que n'importe quel sortilège de Fidélitas. Je pense que Dumbledore a déjà pensé à tout cela…

— Et tout cela ne sera d'aucune utilité si sa tante le laisse mourir de faim, fit remarquer Lowyn. C'est bientôt son anniversaire, non ?

— Le 31 juillet, confirma Sirius.

— Dans ce cas, je vais lui faire un gâteau ! dit-elle avec un sourire. Si tu veux lui répondre, tu peux plutôt utiliser l'un des oiseaux de l'île, je pense qu'Hedwige a besoin de se reposer après un aussi long voyage.

Les jours suivants, Lowyn profita de beaux moments de bonheur avec Sirius et leur fils. Comme elle l'avait annoncé, Armance décida de les laisser pour partir dans différentes contrées lointaines. Une attitude un peu sauvage qu'elle avait toujours eue, mais personne ne s'en formalisa pour autant. Lowyn était heureuse de voir naître une certaine complicité entre Sirius et Wayne. Bien entendu, il leur était impossible de rattraper quinze années de séparation en un été, mais ces quelques jours furent agréables. Ils se trouvèrent certains points communs comme les échecs version sorcier ou même le Quidditch.

— Ça fait plaisir, commenta Wayne après quelques heures passées à jouer dans les airs. Ce n'est vraiment pas amusant de jouer tout seul…

— Excuse-moi d'avoir le vertige sur un balai, se défendit Lowyn. Pareil pour Buck, si vous voulez voler avec lui, ce sera sans moi.

Le reste du temps, Wayne observait ses parents vivre une nouvelle idylle. La tendresse qu'ils se manifestaient l'un l'autre avait quelque chose d'apaisant. Wayne n'avait pas le souvenir d'avoir déjà connu un tel bonheur dans les yeux de sa mère. C'était un couple harmonieux. Ils semblaient parfois ne pas avoir besoin de mots pour se comprendre, bien souvent il ne leur suffisait que d'un regard. Sirius quant à lui semblait se remettre quelque peu de ces dernières années de souffrance. Son sourire maintenant plus présent transformait véritablement son visage en lui retirant de nombreuses années. C'était avec une certaine fierté que Lowyn pouvait observer ses deux hommes physiquement similaires.

Un nouveau hibou fit son apparition sur l'île avec une lettre d'un vieil ami. Dans ce courrier, Remus exprima son plaisir d'être responsable de telles retrouvailles. Par contre, il annonça également une nouvelle qui intrigua fortement Sirius.

— Dumbledore lui a demandé de transférer l'avancement de son programme en cours de défense contre les forces du Mal à Maugrey Fol Œil ? s'étonna-t-il. C'est surprenant que Maugrey remplace Lunard à ce poste.

— Oui. Un Auror à Poudlard, je me demande ce que le directeur a en tête…, songea Lowyn.

— Ce serait un mauvais signe ? demanda Wayne. Si le poste est maudit, peut-être qu'il n'y a maintenant que des sorciers aguerris pour accepter un tel job…

— Peut-être, se contenta de dire Sirius.

Il échangea toutefois un regard avec Lowyn. Tous deux se comprirent sans un mot. Leur crainte de voir revenir Voldemort n'était pas une simple illusion. Le directeur de Poudlard semblait également prendre ses dispositions… Wayne remarqua leur échange et décida de changer de conversation pour revenir à l'instant présent, sans se préoccuper des potentiels jours sombres à venir :

— J'irai bien courir un peu…

Un large sourire s'étendit sur le visage de Lowyn. Elle comprenait parfaitement ce que cette phrase cachait.

— Je veux bien, mais tu vas encore me ridiculiser, dit-elle avec amusement.

— Comment ça ? demanda Sirius, intrigué.

— Aller, maman… En plus, ça pourrait être sympa tous les trois !

Le Maraudeur n'eut pas le temps de poser une autre question qu'il observa Lowyn se changer en renard polaire et sortir vivement de la maison en commençant à courir.

— Je lui laisse un peu d'avance, dit Wayne à son père avec un petit rire. Sinon, ce ne serait pas drôle…

Après quelques secondes, il se leva et prit la forme animale d'une once. Le félin des régions froides était de taille moyenne avec des pattes assez courtes et des pieds plutôt larges. Sa queue semblait aussi longue que la moitié de son corps et sa robe gris pâle présentait des tâches pleines et de rosettes. L'Animagus sortit en courant à la suite du renard dans une folle cavalcade vers la plage de sable blanc. Amusé, Sirius se changea en gros chien noir et se lança à la suite des deux autres.

Plusieurs jours s'écoulèrent, laissant apparaître le mois d'août. Armance refit son apparition sur l'île avec des nouvelles particulièrement intéressantes.

— Il se passe des choses étranges, annonça-t-elle. Il y a une femme au ministère de la Magie qui a disparu depuis quelques jours. Une certaine Bertha Jorkins…

Sirius releva la tête à l'évocation du nom.

— Vous la connaissez ? demanda la vieille femme en remarquant la réaction du Maraudeur.

— Oui. Elle était à Poudlard. Elle avait quelques années de plus que nous, c'est pour ça que tu ne l'as pas connue, précisa-t-il pour Lowyn. Elle n'était pas très maline. Toujours à fouiner et se retrouver dans des situations pas possibles.

— Elle était en vacances en Albanie, rajouta Armance. De ce que j'ai compris, ils ne font pas beaucoup d'efforts pour la retrouver…

— En Albanie ? releva Lowyn. Ce n'est pas là que les rumeurs laissent entendre que Voldemort se trouve ?

— Peut-être, confirma la doyenne des White. Mais tant qu'il ne se passe rien, il n'y a pas de raison de s'inquiéter pour nous. Sinon, j'ai pu avoir des contacts avec des anciens de mon école de magie. D'après ce qu'on m'a dit, toute une délégation de Durmstrang va se rendre à Poudlard cette année. Que des élèves ayant un minimum de 17 ans, avec leur directeur.

— Comment ça se fait ? s'étonna Wayne.

— Le Tournoi des Trois Sorciers ! s'exclama Armance avec un sourire.

— Ça, c'est une nouvelle ! confirma Lowyn. J'imagine qu'il y aura également des élèves de Beauxbâtons, avec Madame Maxime.

Une lueur nostalgique passa dans le regard de la jeune femme à l'évocation de la directrice de son ancienne école de magie.

— Oui, sans doute, approuva Armance. Mais les choses ont dû bien changer depuis que nous avons fait nos études dans ces écoles… Du moins, plus pour moi à Durmstrang. Ce n'est plus le même directeur. Aujourd'hui, c'est un certain Karkaroff…

— Igor Karkaroff ? demanda Sirius avec empressement.

— Oui. Encore une de vos connaissances ?

Un voile sombre passa dans les yeux du Maraudeur. Il fronça les sourcils en précisant :

— Il a fait un séjour à Azkaban dans une cellule pas très loin de la mienne. C'est un Mangemort. Enfin, c'en était un… Il a négocié sa libération en donnant quelques noms de ses petits camarades...

Ces paroles jetèrent un froid dans la pièce, malgré la chaleur de ce bel été.

— Un Mangemort à Poudlard, constata tristement Wayne qui comprenait ce que cela pouvait impliquer.

— Ça expliquerait pourquoi Dumbledore a voulu avoir Maugrey Fol Œil près de lui comme enseignant.

— Alastor professeur ? s'étonna la grand-mère qui n'était pas présente à la lecture de la dernière lettre de Remus Lupin.

— Oui, confirma Sirius le regard perdu dans ses sombres pensées. Ça commence à faire beaucoup de signes… Si on ajoute que Queudver est certainement parti retrouver son maître. Bon sang, je regrette que Harry m'ait empêché de le tuer !

— Et moi j'aimerais bien le remercier, Harry ! trancha Wayne avec hargne. Grâce à lui, je suis bien content que mon père ne soit pas devenu un meurtrier !

Chacun retint son souffle en regardant le jeune sorcier se lever et quitter la pièce. Armance garda ses yeux rivés sur ses mains noueuses. Sirius conserva le silence en regrettant déjà ses paroles. Lowyn, quant à elle, quitta sa chaise pour murmurer des mots apaisants au Maraudeur, avant d'aller retrouver son fils pour essayer de calmer cette montée de colère.

Les jours suivants, les rires n'eurent pas le même éclat. Chacun gardant au fond du ventre l'angoisse d'un possible retour du Seigneur des Ténèbres avec son armée de Mangemorts. Se sentant de trop, Armance décida une fois encore de quitter l'île pour partir trouver toujours plus d'informations.

Un matin, Wayne fut le premier à ouvrir la fenêtre pour prendre le dernier exemplaire de la Gazette du sorcier, apporté par un hibou. C'était habituellement sa mère qui lisait le journal en premier, mais ce jour-là, le jeune homme souhaitait connaître le résultat de la finale de la Coupe du Monde de Quidditch. Il n'eut pas le temps de lire les gros titres qu'un frisson le parcourut de part en part. Une image terrifiante sur la Une se mouvait dans un ciel d'un noir d'encre : la marque des ténèbres. Wayne n'eut aucun mal à la reconnaître.

— Maman, dit-il d'une voix tremblante.

Alertée par le ton anormal de son fils, Lowyn s'approcha et découvrit la peur dans ses yeux. Elle prit le journal qu'il lui tendait.

— Que se passe-t-il ? demanda maintenant Sirius.

La jeune femme lut l'article à haute voix pour faire connaître les événements sinistres de fin de match. Des Mangemorts marchant entre les campements en malmenant des Moldus, puis la marque des ténèbres apparaissant dans le ciel. Une vague de panique. Mais aucun commentaire officiel du ministère de la magie. De simples paroles à peine rassurantes de Mr Weasley, selon les dires de Rita Skeeter.

Ils n'eurent pas le temps de commenter les nouvelles qu'Hedwige arriva à son tour avec une lettre. Sirius la prit et commença sa lecture. Une fois de plus, on pouvait lire aisément l'inquiétude qui marquait son visage. Ce message avait été rédigé par Harry quelques jours plus tôt pour indiquer qu'il avait ressenti une douleur à sa cicatrice. Le jeune Potter était en quête de réponses pour comprendre si une telle chose était normale.

— Ça commence à faire beaucoup de signes, dit Lowyn avec un regard horrifié.

— La question n'est plus de savoir si Voldemort va revenir ou non, mais plutôt de savoir quand il refera surface, résuma Wayne avec un regard triste.

Aucun mot de plus ne fut prononcé. Chaque membre dans cette pièce savait précisément ce qu'une nouvelle guerre signifiait. Wayne avait souhaité garder cette bonne humeur particulièrement apaisante auprès de ses parents durant la majeure partie de l'été. Mais désormais, il n'avait plus la force de lutter. Ce sentiment de suspicion était bien trop fort. Grand-mère Armance avait souvent dit que le Seigneur des Ténèbres se cachait quelque part en attendant son heure pour revenir plus puissant qu'avant. Et le jeune White n'avait pas accordé beaucoup de crédit à de tels propos. Pourtant, tout semblait s'articuler dans ce sens.

Les derniers jours de l'été s'écoulèrent et chacun tenta d'éviter ce sujet de conversation. Il ne servait à rien de nourrir leur angoisse grandissante. Une nuit d'un noir profond recouvrait Isla Aura. Wayne tournait dans son lit, incapable de trouver le sommeil. Dans moins de deux jours, il partirait pour reprendre ses cours à Ilvermorny. Et même s'il avait hâte de retrouver ses amis, ainsi que Roxane, le jeune homme se sentait divisé. Il aurait donné n'importe quoi pour que ces moments de bonheur en famille puissent durer toute une vie, sans la moindre inquiétude pour l'avenir.

Wayne se leva et ouvrit la fenêtre de sa chambre pour sentir l'air plus doux provenant de l'extérieur. Saisi d'une envie soudaine, il prit sa forme Animagus et sortit dans la nuit pour se défouler en une course rapide dont il avait le secret. Bientôt au milieu de la forêt dense, il commença son ascension vers des rochers en pente douce. Cet exercice lui permit de se concentrer sur autre chose que tous les potentiels problèmes à venir. Il ralentit l'allure alors qu'il flaira une présence. En tant qu'animal bâti pour la chasse, il sut se faire discret tout en s'approchant. Il découvrit ses parents assis sur des rochers, observant la vue imprenable qui s'offrait à eux en cette place de choix. L'immensité constellée d'étoiles se reflétait jusque dans l'océan calme, à perte de vue. Ce spectacle donnait une telle harmonie qu'il était impossible de dissocier le ciel de l'eau – cette dernière servant ainsi de miroir.

Le jeune homme voulait laisser à ses parents leur intimité, mais il décida de rester lorsqu'il reconnut son nom :

— Wayne a raison, dit Lowyn. Il va revenir. Il ne reste plus qu'à savoir quand… Il faut que l'on se prépare.

— Je ne veux pas qu'il vous arrive du mal.

— Tu dois reconnaître que l'on est plutôt bien cachés. Pourtant je sens bien qu'autre chose te travaille…

Sirius garda le silence et Lowyn poursuivit :

— C'est normal que tu te sentes aussi concerné par la sécurité de Harry. Tu es son parrain et je pense qu'il a besoin de toi.

— J'ai un fils, répliqua Sirius abruptement. Je ne veux pas l'abandonner.

— Personne ne parle de l'abandonner ! Écoute-moi. Wayne va retourner à Ilvermorny. Rester ici ne servira à rien.

— Mais s'il arrivait quelque chose…

— Personne ne sait qui il est. Je l'ai entraîné pendant de longues années à fermer son esprit, à se défendre, à protéger notre don. Il est intelligent. Il saura se tenir à l'écart de tout danger.

— Oui. Il est vraiment formidable, reconnut Sirius. Mais ce n'est pas lui ou ses capacités qui me font douter. J'ai été enfermé avec de nombreux Mangemorts pendant de longues années à Azkaban. Je les connais. Ils ne reculeront devant rien pour répondre aux désirs de Voldemort.

— Justement, reprit Lowyn. Les plans de Voldemort ne sont sûrement plus les mêmes que lorsque l'on était à Poudlard. Déverser la rage de l'Ultime Dragon sur ses ennemis n'est plus sa priorité. À mon avis, il cherche surtout à comprendre comment un simple bébé a réussi à l'anéantir… Harry est en danger. Je comprends que tu te sentes divisé, mais il n'y a pas de choix à faire. Wayne ne risque rien.

— Alors tu proposes que je parte ?

— Je n'ai jamais dit que je resterai bien sagement toute seule ici, ajouta Lowyn avec un sourire. Je m'en veux terriblement de ne pas avoir été à vos côtés pendant la dernière guerre. Voldemort n'est pas encore de retour. J'estime avoir un rôle à jouer aujourd'hui, avec toi. En mémoire de James et Lily.

— J'ai toujours eu l'intention de protéger Harry, assura Sirius. Au fond, je me sens coupable de la mort de ses parents. C'est moi qui ai dit à James de changer de gardien du secret… Mais je ne me sens pas capable d'expliquer ça à Wayne alors que je viens tout juste de le connaître.

— Tu veux que j'essaye de lui parler ? proposa Lowyn.

Après quelques secondes de silence, le Maraudeur répondit :

— Non. C'est à moi de le faire.

Le silence reprit sa place. Plus aucune parole ne fut échangée. Lowyn s'était réfugiée dans ses bras. Wayne se sentit de trop. Il se recula à pas lents sans faire le moindre bruit qui pourrait trahir sa présence. À bonne distance, il reprit sa course pour regagner sa chambre avec le cœur lourd.

Le lendemain, Wayne fit son possible pour garder une attitude normale. Le petit déjeuner se passa en silence, mais le jeune sorcier put remarquer quelques regards échangés entre ses parents. Puis Sirius se tourna vers son fils en demandant :

— Tu veux faire un tour ?

Wayne répondit par l'affirmative et suivit son père jusqu'à la plage de sable blanc.

— Dernière journée de vacances avant de reprendre les cours, commenta finalement Sirius.

Cette phrase sonnait comme un simple constat, mais Wayne pouvait sentir l'émotion dans sa voix. Le jeune homme se sentait mal à l'idée d'évoquer la conversation de la veille qu'il avait surprise entre ses parents. Il tenta toutefois de dire ce qu'il avait sur le cœur :

— Retour à Ilvermorny… Papa, je sais bien que la situation n'est pas idéale avec tous ces signes évidents qui s'accumulent. J'aimerais que le temps s'arrête, là maintenant. Mais c'est impossible. Je dois poursuivre cette vie en tant que Wayne Wish et agir normalement pour ne pas attirer l'attention sur moi. Je me doute bien que pendant ce temps, tu ne vas pas rester ici bien sagement à te cacher… À ta place, ça me rendrait dingue. Surtout en sachant ce que risque Harry.

— C'est toi mon fils, dit le Maraudeur abruptement.

— Je le sais. Mais aujourd'hui c'est lui qui a besoin d'aide. Et je le comprends parfaitement. Je peux vivre en étant fier de savoir mon père protégeant Harry Potter.

Sirius n'avait jamais su être très démonstratif, mais cette déclaration réduisit à néant toute retenue. Il s'approcha et prit son fils dans ses bras avec force. De la maison, Lowyn pouvait voir les deux hommes de sa vie dans une accolade pleine d'émotion. La jeune femme laissa une larme lui échapper.

Cette dernière journée de vacances fut riche en diverses activités, comme si chacun souhaitait savourer chaque seconde restante. Mais la course du temps fut impossible à arrêter. Le premier jour de Septembre se leva et Wayne dut se résoudre à rassembler toutes ses affaires pour une année loin de cette île. Il embrassa sa mère avec tendresse.

— On se revoit pour les vacances de Noël, assura Lowyn en déposant un baiser sur la tempe de son fils.

Puis Wayne s'écarta en observant maintenant son père. Une fois encore, Sirius prit son fils dans ses bras. Et le Maraudeur lui glissa à l'oreille :

— Je suis fier de toi, tu es ce que j'ai fait de mieux dans ma vie.

Le jeune sorcier était touché par un tel aveu. Il s'écarta doucement et plongea ses yeux dans ceux de son père. Ce dernier reprit :

— Je te promets de…

— Non, coupa Wayne. Pas de promesse impossible. Dis-moi simplement que tu feras de ton mieux pour que tout se passe bien.

— Je te promets de lutter sans relâche.

Puis après une dernière accolade, Sirius s'éloigna de son fils. Wayne sortit de son col un petit médaillon discret. Il resserra sa prise sur sa valise volumineuse. Lowyn s'approcha et d'un coup de baguette, changea le médaillon en portoloin. En un instant, le jeune sorcier se volatilisa pour apparaître sur le continent américain.

Sirius et Wayne l'ignoraient, mais c'était la dernière fois qu'ils se voyaient.


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