Un nouveau et long chapitre ! J'espère qu'il vous plaira :)

Disclamer : tout appartient à JK Rowling (sauf deux trois petites choses) et je ne fais pas d'argent avec cette fic !

Bonne lecture à tous !


En cavale

Sirius rédigea une réponse à Harry en lui annonçant son intention de revenir vers le Nord. Hedwige avait passé ces derniers jours sur Isla Aura dans l'attente d'une lettre à rapporter. Il prit soin également d'envoyer un courrier à Dumbledore pour l'informer de son retour, mais également pour mentionner la douloureuse cicatrice de son filleul...

— Je ne pourrai pas créer un Portoloin qui nous mènerait directement à Poudlard, annonça Lowyn. Le Ministère te recherche encore activement, ce serait trop dangereux. Peut-être pourrions-nous déjà arriver par la Cornouailles et remonter vers le Nord progressivement ?

— C'est une bonne idée, approuva Sirius. J'aimerais aussi récupérer une baguette.

— Je pourrais me rendre sur le chemin de traverse, proposa-t-elle. Si tu me donnes les caractéristiques de ton ancienne baguette, je pourrais en acheter une équivalente.

— Non, c'est trop risqué. Olivander a une trop bonne mémoire. Si tu en fais la description, il comprendra que ce sera pour moi.

— Je n'aime pas te savoir sans baguette alors que tu es recherché. Si jamais on croisait des Détraqueurs…

— Il y a un moyen. Un endroit où l'on pourrait aller. Ça ne me réjouit pas, mais il n'y a pas d'autre solution. Ma baguette doit certainement être conservée au ministère de la Magie, dans le bureau de l'Auror qui est chargé de me retrouver.

— Ce serait bien trop dangereux d'y aller !

— Il y a une autre solution pour une autre baguette, précisa Sirius dont le regard venait de se ternir. La demeure des Black. On pourra certainement y trouver ma toute première baguette magique…

— Où est-ce ?

— À Londres. On y sera seuls, je suis le dernier de cette famille.

— Dans ce cas, c'est décidé.

Lowyn utilisa un sortilège pour réduire la taille de Buck comme elle l'avait fait deux mois plus tôt. L'animal n'eut pas de mauvaise réaction en voyant le monde s'agrandir ainsi. Après un sortilège de sommeil, l'animal fut confortablement installé dans un sac de voyage. Le couple rassembla quelques affaires pour se tenir prêts au départ. Lowyn se contenta de laisser un message à sa grand-mère dans la maison, sur un bout de parchemin. Elle ne voulait pas la prévenir plus tôt de son départ, de peur que la plus âgée des White ne s'y oppose.

La jeune femme visualisa avec précision sa destination tout en gardant la main de Sirius dans la sienne. Ainsi, ils purent transplaner pour rejoindre le Royaume-Uni. Ils se retrouvèrent dans une tout autre forêt et, malgré le plein été, le temps leur sembla plus frais. Sirius prit rapidement l'apparence d'un chien pour marcher aux côtés de Lowyn sans éveiller les soupçons sur sa véritable identité. Ils eurent plusieurs kilomètres à parcourir pour se rapprocher de la Capitale, mais ils prirent leur temps pour rester discrets. Certains déplacements se firent par voie Moldue – en bus la plus grande partie du temps. La nuit, ils faisaient escale dans des hôtels qui voulaient bien accepter la présence d'un chien. Ce dernier avait bien plus belle allure qu'au mois de juin, ce qui donnait une plus grande confiance pour laisser l'animal entrer dans la chambre.

Après quelques journées à se déplacer d'une ville à l'autre, le couple arriva aux abords de Londres. Sirius précisa l'adresse exacte de leur destination à Lowyn et ils se retrouvèrent au square Grimmaurd. Malgré ce début d'après-midi une brume épaisse pouvait gêner la visibilité des éventuels curieux à leur fenêtre. Ils n'auraient vu de toute façon qu'une jeune femme accompagnée d'un gros chien noir. Lowyn sortit sa baguette et la remua pour donner plus d'épaisseur au brouillard environnant. Sirius reprit forme humaine et s'approcha des habitations. La jeune femme le suivit et le numéro 12 fit son apparition entre deux autres. Elle observa la porte d'entrée noire et éraflée par endroits. La poignée d'argent avait la forme d'un serpent. Sirius prit la main de Lowyn dans la sienne et lui murmura :

— Reste près de moi. Personne n'a mis les pieds ici depuis près de dix ans…

Il semblait prendre une grande inspiration avant d'actionner la poignée pour pénétrer dans la demeure des Black. Lowyn garda sa baguette en main et fit rapidement apparaître de la lumière à l'aide d'un Lumos. Elle ouvrit la bouche de stupeur en découvrant le hall d'entrée. Un lustre en forme de serpent était couvert de toiles d'araignées. Les murs décrépis arboraient des portraits d'anciens résidents et l'on pouvait également apercevoir les têtes des elfes de maison ayant anciennement servi la famille Black. Un frisson d'angoisse saisit la jeune White. Tout dans cet endroit respirait la magie noire. Sirius resserra ses doigts autour de la main de Lowyn. Ils avancèrent prudemment, sans faire de bruit. Mais c'était peine perdue.

Une femme aux cheveux noirs et au regard dur s'éveilla dans son portrait grandeur nature. Elle apostropha les visiteurs d'une voix forte :

— Traître à ton sang ! Comment oses-tu revenir dans ma demeure ?

Lowyn comprit qui était cette femme lorsqu'elle lut le nom inscrit sous le portrait : Walburga Black. Sirius n'eut pas le temps de répliquer que la femme tourna son regard vers Lowyn avec dégoût :

— Tu oses amener ici cette sale petite…

— Tais-toi ! s'exclama Sirius.

— Kreattur entend la voix de son ancien maître, dit un elfe de maison à l'allure misérable qui venait de rejoindre le couple.

— Ne fais pas attention à eux, dit Sirius à l'adresse de Lowyn. Il faut monter à l'étage.

— Kreattur ne sait pas qui est cette femme… Peut-être une sang-mêlée ou une Sang-de-Bourbre…

— La ferme ! s'exclama Sirius qui ne pouvait s'empêcher d'entendre les viles paroles prononcées.

Lowyn s'avança vers l'escalier et commença à monter les marches avec le dernier des Black. Une fois à l'étage au-dessus, les cris mêlés de Walburga et Kreattur s'atténuèrent quelque peu.

— Je suis désolé pour tout ça, dit Sirius.

— Ne t'inquiète pas. On dit toujours que les relations avec les belles-mères sont conflictuelles, je comprends mieux pourquoi maintenant…

Lowyn afficha un sourire rassurant. Ils se trouvaient maintenant devant l'entrée du salon. La jeune femme aperçut ce qui semblait être une tapisserie aux allures d'un vieil arbre généalogique. Sirius remarqua son intérêt et entra la pièce pour lui montrer cette famille qu'il détestait tant.

— Tiens, tiens… Mon nom a été effacé. Certainement par ma chère mère. Je crois qu'elle n'a pas apprécié que je me sois enfui de cet enfer…

— Grandir ici, commenta Lowyn. Ça fait froid dans le dos.

Sirius conserva un regard dégoûté vers cette tapisserie d'un âge ancien. La jeune White porta une main à son visage et plongea ses yeux dans les siens.

— Qu'importe où l'on naît, nous ne sommes pas forcément comme nos parents.

— Je sais, rassura Sirius. Je n'aime pas cet endroit, c'est tout. Je n'y ai pas mis les pieds depuis mes seize ans…

Lowyn se glissa dans ses bras et son regard tomba sur une partie de la tapisserie, juste à côté de la brûlure qui avait autrefois porté le nom de Sirius Black. Un certain Regulus Black y figurait avec une date de mort bien proche de sa date de naissance.

— Qu'est-il arrivé à ton frère ?

— Ce crétin est devenu Mangemort. Certainement assassiné par Voldemort, ou plutôt sur ses ordres… Quelle folie !

Lowyn se souvint du jeune frère Black qui faisait ses études à Poudlard. Elle avait du mal à imaginer que quelques mois plus tard, le jeune Serpentard trouverait la mort.

— On devrait continuer…

Sirius et Lowyn poursuivirent leur ascension pour atteindre le dernier étage. Deux chambres étaient présentes. Sur une porte figurait : Défense d'entrer sans l'autorisation expresse de Regulus Arcturus Black. Sirius ouvrit l'autre porte. Lowyn observa la décoration bien différente du reste de la maison. La pièce était spacieuse avec un grand lit au cadre de bois sculpté. Une fenêtre était couverte de rideaux en velours. On distinguait un lustre poussiéreux et une grande armoire de bois. Mais ce qui amusa le plus la jeune femme, c'était les murs originellement couverts de soie gris-argent qui étaient désormais presque entièrement couvert de photos de motos moldues, une autre des Maraudeurs jeunes, des affiches de jeunes Moldues en bikini et plusieurs grandes bannières aux couleurs rouge et or de Gryffondor.

— Voilà une pièce bien plus agréable ! commenta Lowyn avec un petit sourire.

Son regard se porta avec attention sur les femmes en bikini et Sirius eut un sourire d'excuse.

— Tu as très bon goût, assura-t-elle pour le taquiner.

Il garda son sourire tout en fouillant sous son lit. Il finit par en sortir une baguette magique au bois sombre.

— Elle n'a pas bougé durant toutes ces années. Je crois que ma mère ne s'est jamais aperçue de rien. Elle a appartenu à Phineas Nigellus Black. C'était une vieille tradition de remettre cette baguette au premier-né des Black. Mais je n'en ai jamais voulu. Dès que j'ai pu aller sur le chemin de traverse, je me suis acheté ma propre baguette… Mais celle-ci fera l'affaire.

— Je t'aiderai à retrouver Queudver pour t'innocenter et tu pourras récupérer ta véritable baguette, assura Lowyn en s'approchant du Maraudeur.

— Ça me fait drôle de te voir ici, confessa Sirius en passant ses doigts dans la chevelure de la jeune femme. Je déteste tellement cet endroit. Mes souvenirs n'y sont pas joyeux.

— Ça doit te sembler plus agréable en me sachant là. Et il est toujours possible de créer de nouveaux souvenirs…

Pour toute réponse, Sirius s'empara de ses lèvres. Leur baiser devint rapidement plus enfiévré et le désir les gagna rapidement. Lowyn se retrouva bientôt allongée sur le lit en savourant les caresses du Maraudeur. Ils furent interrompus par la voix de l'elfe de maison qui venait observer ce que ces deux intrus venaient faire là. Sirius exécuta un léger mouvement de poignet avec sa baguette et la porte de sa chambre claqua au nez de Kreattur. Il laissa ensuite tomber la baguette magique de son ancêtre au sol et put se concentrer exclusivement sur le plaisir d'avoir la femme qu'il aimait dans ses bras.

Pendant plusieurs minutes, ils s'abandonnèrent à leur désir en oubliant complètement où ils étaient et même ce qu'ils étaient venus faire ici. Il n'y avait que l'instant présent qui comptait. Ce moment et le souvenir délicieux qu'ils en garderaient plus tard. Dans les bras l'un de l'autre, ils se contemplèrent maintenant avec un petit sourire entendu.

— Avoue que cela t'a manqué, dit Lowyn avec une expression malicieuse.

— Depuis hier ? Oui, peut-être, s'amusa à répondre Sirius.

— Je ne parle pas de ça ! Ce frisson de l'interdit. C'était bien trop calme pour toi cette vie sur l'île. Tu es un homme d'action. Tu as toujours aimé le risque…

— C'est vrai, avoua le Maraudeur. Un peu comme les conditions de notre premier baiser.

Lowyn se mordit la lèvre en repensant à cet échange improbable et incontrôlable qu'ils avaient eu dans les couloirs de Poudlard en pleine nuit. Un moment intense qui avait été interrompu par le professeur McGonagall dont l'expression avait semblé scandalisée.

Le couple profita encore de plusieurs minutes rien qu'à lui, voulant oublier tous les dangers extérieurs. Puis ils durent se résoudre à se préparer pour partir.

— Prochaine étape ? demanda Sirius.

— Je ne sais pas ce que tu en penses, mais j'irai bien voir Remus…

— C'est vrai qu'il n'habite pas très loin. Faisons ça !

En sortant de la chambre, ils s'aperçurent que Kreattur avait fini par quitter l'étage. Ils prirent l'escalier et, au niveau du deuxième étage, une voix se fit entendre. Sirius s'avança prudemment dans l'une des chambres, sa baguette prête à sa droite et la main de Lowyn dans la sienne à gauche. La pièce était vide de toute vie. Seul un cadre dévoilait la présence d'un sorcier dont l'apparence disait vaguement quelque chose à Lowyn.

— Ainsi donc, mon arrière-arrière-petit-fils est de retour dans la demeure des Black, constata le vieux sorcier. Et avec ma baguette qui plus est…

Lowyn ouvrit la bouche de surprise en se rappelant enfin où elle avait déjà vu ce portrait il figurait parmi les différents directeurs et directrices de Poudlard accrochés dans le bureau de Dumbledore.

— Vous passerez le bonjour à Dumbledore de notre part, dit Sirius.

— Je ne suis pas certain de connaître cette jeune personne… Oh ! Mais si… Lowyn White, n'est-ce pas ? Je me souviens d'une conversation très intéressante dans le bureau d'Albus… Comment va votre charmante grand-mère ?

— Bien, lâcha lentement Lowyn avec méfiance.

— Soyez sans crainte, chère enfant. Votre secret est bien gardé. Nous avons pratiquement failli faire partie de la même famille vous et moi… Mais les choses se sont passées autrement…

Il posa un instant les yeux sur les deux mains jointes de Sirius et Lowyn, et il reprit avec enthousiasme :

— Mais je vois que Sirius a réussi là où j'ai échoué…

— Mais de quoi parlez-vous ? s'étonna Lowyn avec agacement.

— Gwenyla White. La douce et délicieuse grand-mère d'Armance… Si nous avions pu nous enfuir comme nous l'avions prévu, nos deux familles n'en formeraient qu'une aujourd'hui…

Lowyn était choquée par de telles révélations. Devait-elle y croire ? Était-ce cette information qui expliquait l'hostilité qu'avait toujours manifestée Armance concernant la famille Black ? Phineas Nigellus Black semblait prendre un plaisir tout particulier à l'effet que produisirent de telles révélations sur la jeune White.

— Je ne vous crois pas, murmura Lowyn dans un souffle.

— Je ne cherche à convaincre personne. Je dis ce qui est. Vous voir ainsi tous les deux me remplit de fierté. J'ai toujours su que les familles Black et White finiraient par s'unir… Je transmettrai votre amitié au directeur de Poudlard. C'était un plaisir.

Et dans un bruissement d'étoffe, l'ancêtre des Black disparut en laissant son portrait vide. Lowyn et Sirius restèrent quelques secondes à regarder dans le vide, interloqués.

— Viens, finit par proposer le Maraudeur. Quittons cet endroit maudit…

Une fois à l'extérieur de la demeure des Black, Sirius reprit sa forme animale. Lowyn utilisa une carte de la ville pour trouver son chemin vers le quartier où résidait Remus. Ils durent traverser une bonne partie de la ville avant de rejoindre une zone composée d'immeubles vétustes. Le cœur de Lowyn se sera en observant ce coin. Elle devina que les finances du Maraudeur ne devaient pas être suffisantes pour s'assurer de meilleures conditions de vie.

Vérifiant l'adresse, elle entra dans un bâtiment et s'arrêta devant une porte au deuxième étage. Elle croisa le regard du chien noir assis à ses côtés et se décida à sonner. Après quelques secondes, la porte s'ouvrit sur un Remus aux yeux bien cernés par la fatigue. Sa robe de sorcier semblait abîmée à plusieurs endroits, lui donnant un aspect négligé. Il marqua une pause en voyant Lowyn. Puis ses yeux tombèrent sur le gros chien noir qui se ventilait en tirant la langue. On pouvait presque deviner un sourire sur l'animal alors qu'il remuait la queue. Remus eut un petit rire amusé. Il s'écarta sans un mot pour les inviter à entrer. Une fois la porte refermée, il effectua quelques mouvements de sa baguette magique, sans doute pour garantir une parfaite isolation sonore et s'assurer que tous les volets étaient bien fermés aux fenêtres. Puis il se tourna vers ses amis :

— Je me doutais bien que vous viendriez un jour… Dumbledore m'a dit que vous étiez de retour.

Lowyn s'avança et le prit dans ses bras.

— Comment vas-tu ? demanda-t-elle en s'écartant quelque peu.

— Je vais du mieux que je le peux.

Le chien prit forme humaine et Remus eut un éclat de joie en découvrant Sirius Black, son vieil ami. Il n'avait rien à voir avec l'homme qu'il avait revu à Poudlard. Ses cheveux étaient bien entretenus, son regard plus heureux et il semblait avoir reprit les kilogrammes qui lui faisaient affreusement défaut depuis son évasion d'Azkaban. L'homme qui se tenait là ressemblait bien mieux au souvenir de l'ami qu'il gardait lorsque James et Lily étaient encore en vie. Les deux Maraudeurs échangèrent une accolade fraternelle.

— Ça ne t'ennuie pas si je libère Buck, l'hippogriffe ? demanda Lowyn. J'ai réduit sa taille, il ne te fera pas de dégâts. Mais comme il dort dans mon sac depuis ce matin…

— Pas de soucis.

Lowyn fouilla dans son sac pour en sortir la créature toujours en boule et profondément endormie par magie. Elle semblait lui murmurer des mots apaisant pour apprivoiser la bête et l'aider à s'éveiller en douceur. Remus la regarda avec intérêt et dit à Sirius :

— Toujours aussi douée avec les animaux fantastiques.

— Tu n'as pas idée… marmonna Sirius.

Bientôt, Buck s'éleva dans les airs et parcourut la pièce pour en découvrir tous les recoins inexplorés. Remus fit quelques mouvements de baguette pour préparer du thé et tous trois prirent place à table, ravis de se retrouver après toutes ces années.

— Vous pouvez rester autant de temps que vous voulez, assura Remus. Mais à la fin du mois, la lune sera pleine et…

— Ne t'inquiète pas pour ton… comment disait James déjà ? Ha ! Oui… Ton petit problème de fourrure… On sera certainement partis d'ici là.

— Retour vers Poudlard ? demanda Lunard qui n'avait pu s'empêcher de sourire avec cette citation de Cornedrue.

— J'ai bien l'intention de veiller sur Harry, assura Sirius. Et avec tout ce qui se passe en ce moment…

— Tu penses à la Marque des Ténèbres ? releva Remus.

— Entre autres, confirma Lowyn et elle commença à compter sur ses doigts. Queudver qui est certainement parti retrouver Voldemort, Karkaroff qui va venir à Poudlard pour le Tournoi des Trois Sorciers, Bertha Jorkins qui a disparu et tu nous as parlé de Fol Œil qui enseigne maintenant à ta place, non ?

— Je n'étais pas au courant de tout, admit Remus l'air soucieux. D'ailleurs, Maugrey s'est fait attaquer la veille de son départ pour Poudlard.

— Quoi ? s'étonna Sirius.

— Une fausse alerte. Il est devenu assez paranoïaque…

— Il y a Harry aussi qui a eu mal à sa cicatrice quelques jours avant que la Marque des Ténèbres n'apparaisse, rappela Lowyn qui se rongeait un ongle.

— Étrange, murmura Remus. Il ne m'a pas parlé de ça durant son année scolaire.

— Il disait dans sa lettre que Voldemort n'était pas loin la dernière fois que ça lui est arrivé, confirma Sirius. Avec tout ça, je sens que ma place est auprès de mon filleul.

Lowyn lui prit la main, un silence s'installa. Buck atterrit non loin d'eux et commença à leur mordiller gentiment les doigts.

— Je crois que notre ami à plumes a faim, annonça Lowyn qui sortit sa baguette pour faire apparaître de quoi nourrir l'animal.

— Et je partage son avis, dit Remus en se levant. Je m'occupe du repas.

Lowyn se leva pour l'aider et demanda :

— As-tu pu retrouver du travail après Poudlard ?

— C'est quasiment impossible. Surtout depuis que cette Dolorès Ombrage a fait passer une nouvelle loi contre les gens comme moi…

La jeune White garda le silence. Remus semblait particulièrement énervé contre cette femme qu'elle ne connaissait pas. Elle regarda son ami dans sa robe de sorcier miteuse.

— Laisse-moi t'aider, dit-elle.

— Non, finit-il par dire après un regard.

— J'ai un héritage familial qui prend la poussière pour rien à Gringotts. Je comptais y aller demain de toute façon.

— C'est hors de question. N'insiste pas, Lowyn.

La jeune White se sentait mal de voir son ami en si mauvaise posture. Elle lança un regard à Sirius qui lui fit non de la tête. Elle comprit alors que le jeune Black avait déjà dû faire la même proposition à Remus bien des années auparavant, mais sans succès.

Ils gardèrent le silence pendant plusieurs minutes et commencèrent à manger. Puis Remus décida de casser la glace avec des sujets de conversation plus légers. Il assura être ravi de les revoir tous les deux formant un beau couple, comme durant leurs derniers mois à Poudlard. Bientôt, ils échangèrent sur différentes anecdotes scolaires. Des frasques de Maraudeurs dont Lowyn ignorait tout avant leur septième année. L'alcool aidant, ils se trouvèrent plus détendus.

— A Lunard, Patmol et Cornedrue ! s'exclama Lowyn en riant. Le quatrième ne mérite même pas d'être mentionné. Il faudrait rectifier la carte du Maraudeur d'ailleurs. Tu me feras penser à demander à Harry de la récupérer juste le temps d'effacer son nom…

Remus et Sirius riaient. Puis Sirius reprit avec un nouvel éclat dans les yeux :

— Oh ! Mais à toi, on n'a jamais trouvé de surnom !

— Ne dis pas de bêtises ! Je ne suis pas un Maraudeur.

— Mais tu connais tous nos secrets, confirma Remus.

— Oui et je suis convaincu que James avait trouvé un surnom pour Lily, enfin dans l'intimité, j'en suis sûr ! Je sais ! Tu seras Arctica !

— Arctica ? s'étonna Lowyn. Comme le froid polaire Arctique ?

— Bah, c'est vrai que tu n'étais pas très chaleureuse en pratiquant l'occlumencie à Poudlard, confirma Sirius.

— Je pensais que tu faisais plutôt référence à ma forme Animagus : un renard polaire arctique.

Sirius se figea. Il se demanda soudainement si la conversation n'avait pas été trop loin dans les révélations. Lowyn sourit, tout comme Remus.

— Ne t'inquiète pas, rassura la jeune White. Remus est au courant. Il l'a même su avant toi d'ailleurs !

— Non ! C'est vrai ? Comment ?

— Lorsque j'ai appris pour son petit problème de fourrure, je lui ai révélé un petit secret me concernant afin qu'il se sente en sécurité. Je suis ravie de voir que l'information n'ait jamais fuité entre vous, rajouta la jeune femme tout sourire.

Le reste de la soirée se déroula parmi différents éclats de rire. Ces retrouvailles leur firent le plus grand bien. Le temps d'une soirée, Lowyn et Sirius oublièrent qu'en dehors de ces murs, ils étaient en cavale.

Le lendemain, Remus fit entrer une chouette qu'il reconnut sans mal. Hedwige apportait une lettre de Harry pour Sirius. Ce dernier s'empressa de l'ouvrir et ne put s'empêcher de rire. Lowyn lut par-dessus son épaule et découvrit que le jeune Potter revenait sur ses précédentes déclarations en disant que la douleur à sa cicatrice devait certainement être le fruit de son imagination et qu'il n'était pas nécessaire de revenir pour lui.

— Il s'inquiète pour toi, dit Lowyn avec un sourire. Il ne sait pas que tu as de l'aide maintenant et que le danger est moins grand.

— Moins grand, mais toujours réel, rappela tristement Remus.

— Je vais le rassurer, assura Sirius. Et ne t'inquiète pas Lunard, on sera prudent. D'ailleurs, je vais suggérer à Harry de ne plus utiliser Hedwige qui est bien trop reconnaissable…

Quelques jours défilèrent. Ils mirent ce temps à profit pour préparer leur prochain départ. Lowyn alla plusieurs fois sur le chemin de traverse pour récupérer un peu d'argent, quelques potions utiles et diverses autres choses qui pourraient servir pour un voyage qui les conduirait jusqu'en Écosse. La fin du mois de septembre approcha et avec elle, la pleine lune. Les sens de Remus étaient en éveil. Lowyn et Sirius passèrent leur dernière soirée auprès de leur ami avant de reprendre leur route.

À un moment donné, Sirius se leva, embrassa Lowyn dans le cou avant de quitter la pièce vers les toilettes au fond du couloir.

— Ça fait plaisir de vous voir comme ça, commenta Remus avec un sourire.

Lowyn posa sa main sur celle du Maraudeur et assura :

— Et c'est grâce à toi si l'on s'est retrouvés.

— Ce n'était qu'une simple lettre, pas forcément évidente à déchiffrer d'ailleurs. Il fallait bien que je me fasse pardonner la façon dont je t'ai parlé à Poudlard lorsque tu m'avais fait part de tes doutes sur sa culpabilité.

Il posa son autre main sur celle de la jeune femme. Il la trouva très chaude.

— Tu es rayonnante, ne put s'empêcher de dire Remus.

— Merci, répondit Lowyn avec un sourire en appréciant le compliment.

— Mais c'est vrai, insista-t-il. Tu dégages quelque chose de nouveau.

Le Maraudeur avait toujours la main de la jeune femme dans la sienne et il ressentit les différentes pulsations cardiaques. Il ouvrit légèrement sa bouche de surprise, mais Lowyn ne remarqua rien.

— J'ai passé un merveilleux été auprès de lui. Ce seront des souvenirs magnifiques qui resteront à jamais gravés en moi, assura-t-elle.

Il y eut un bruit dans le couloir annonçant le retour de Sirius. Lowyn retira sa main et rejoignit le jeune Black en l'entourant de ses bras :

— On disait que du mal de toi.

— Je n'en doute pas.

Remus battit des paupières pour revenir à la réalité du moment présent.

Le lendemain, Lunard présenta ses excuses à propos de son état de fatigue à l'approche de la pleine lune. Il avait particulièrement apprécié ces quelques jours auprès de ses amis. Il chassa de son esprit ses angoisses et leur dit chaleureusement au revoir.

Wayne était content de retrouver ses marques à Ilvermorny : une deuxième maison où il comptait des amis. Malgré sa véritable identité dissimulée, il avait appris à faire semblant d'être un étudiant comme les autres. Le jeune White s'était attaché à deux sorciers : Dereck et Jimmy. Il appréciait leur compagnie. Pour tout le monde, il était Wayne Wish : un simple sorcier de famille modeste – certainement de sang-mêlé. Il n'avait pas jugé utile de préciser ce point autour de lui et personne n'avait semblé s'y intéresser jusqu'à ce jour. Pourtant, l'ambiance lui parut changée en cette rentrée. Il ignorait si c'était son imagination qui lui jouait des tours, mais il sentait que certains regards étaient plus insistants, voire même plus méprisants entre certains élèves.

Par contre, son cœur chavira lorsqu'il croisa le regard d'une jeune sorcière. Roxane Scott arborait un sourire éblouissant lorsqu'elle reconnut Wayne parmi les différents étudiants. Ses cheveux mi-longs semblaient encore plus dorés que d'ordinaire, certainement dû à une exposition prolongée au soleil durant les vacances d'été. Mais ce qui fit naître chez le sorcier un sentiment de plaisir difficile à dissimuler, ce fut ses grands yeux verts au regard émerveillé.

— Wayne ! Tu as passé de bonnes vacances ?

— Très bonnes et toi ? répondit-il avec un sourire.

— Superbes ! Je suis allée en Arizona chez ma tante. C'était génial ! J'ai pensé à toi d'ailleurs… Rends-toi compte, j'ai vu pour la première fois un Oiseau-Tonnerre sauvage ! Il était magnifique avec ces quatre paires d'ailes ! J'aurais bien aimé le caresser, mais j'étais bien trop impressionnée pour oser. Il s'est brusquement envolé et a fait pleuvoir sur nous une pluie fine. C'était agréable étant donnée la chaleur…

Wayne n'arrivait plus à quitter son sourire devant l'enthousiasme dont manifestait la jeune sorcière. Roxane avait le don particulier d'observer chaque phénomène magique avec émerveillement. Cette bonne humeur était communicative et le jeune White appréciait cette joie de vivre si simple et spontanée.

— Roxane ! On va être en retard pour notre cours de potions ! fit remarquer une jeune fille brune d'un ton impatient.

— J'arrive ! Je te laisse, rajouta la jeune Scott à l'adresse de Wayne. On se voit en cours de Sortilège, si tu veux toujours qu'on reste en binôme…

— Avec plaisir, confirma le jeune sorcier avec un sourire rassurant.

La jeune fille rejoignit son amie en étant incapable de dissimuler son engouement.

— Bon alors, c'est quand que tu te jettes à l'eau avec Roxane ? demanda subitement Dereck qui n'avait rien manqué de l'échange.

— Ne dis pas de bêtises, c'est une amie.

— Mouais, une amie qui pense à toi durant ses vacances…, rajouta Jimmy d'un air amusé.

Wayne décida de ne pas relever et tous trois entrèrent dans leur prochaine salle de classe. Le jeune White avait souvent repensé aux paroles de son père à propos de Roxane. Sirius avait raison, quelle que soit la personne qu'il aimerait, son arrière-grand-mère ne l'apprécierait pas, par principe. Alors, pourquoi s'en faire ?

La routine commença à s'installer entre les cours, les devoirs et les sessions d'entraînement de Quidditch. Six semaines s'étaient maintenant écoulées. Durant un après-midi, Wayne discutait tranquillement dans les couloirs de l'école avec ses amis lorsqu'il remarqua Roxane du coin de l'œil. Mais ce qui l'intriguait le plus, c'était cette bande de sorciers qui entourait toujours un dénommé Walters. Wayne avait toujours senti chez lui une certaine fascination pour la magie noire, à moins que ce ne soit son côté trop méfiant qui prenait le dessus sur son jugement. Il n'aurait su le dire. Mais à cet instant, il aurait juré voir Walters exécuter un léger coup de baguette magique en direction de Roxane. Au même instant, le sac de la jeune fille se déchira en déversant sur le sol tout son contenu.

La jeune Scott assura à ses amies qu'elles pouvaient la laisser ramasser ses affaires toute seule et qu'elle les rejoindrait vite. L'une d'elles lui proposa de lui garder une place à la bibliothèque. Walters et sa bande se rapprochèrent maintenant de la jeune sorcière qui était seule pour évaluer les dégâts sur ses livres tachés d'encre.

— Je vous rejoins, dit Wayne à l'adresse de ses amis en s'avançant vers Roxane.

Le jeune White observa avec colère Walters qui donna un coup d'épaule à la jeune fille en lui demandant de s'écarter de son chemin. Distraite par le choc, elle ne remarqua pas qu'un des membres du groupe venait de déverser le contenu d'une fiole sur les différents livres étalés sur le sol. Le temps que Wayne arrive à leur hauteur, le groupe avait changé de couloir et Roxane s'était accroupie pour ramasser toutes ses affaires. Elle poussa une exclamation de douleur et Wayne put remarquer que des cloques commençaient à apparaître sur ses doigts. D'un coup d'œil, il reconnut la substance vert jaunâtre à l'odeur d'essence, volontairement déversée.

— Aïe ! Mais qu'est-ce que c'est ? demanda la jeune fille pour elle-même puisqu'elle n'avait pas remarqué l'approche du sorcier.

— Du pus de Bubobulb. Laisse-moi faire. Evanseco.

D'un coup de baguette magique, Wayne fit disparaître la substance visqueuse. Mais le mal était fait. Les mains de la sorcière étaient meurtries et Roxane ne put retenir des larmes de douleur.

— Je ne sais pas ce qu'il s'est passé…, commenta-t-elle visiblement tourmentée.

Reparo, ajouta Wayne pour rendre au sac son aspect d'origine. Ne t'inquiète pas, je vais t'aider.

Il s'empressa de rassembler les livres, plumes et morceaux de parchemins dans leur contenant. Puis il ajouta :

— Suis-moi, je vais m'occuper de tes mains.

La jeune fille se laissa guider en silence vers le parc extérieur au château. Elle ne voulait pas montrer ses faiblesses, mais la douleur était éprouvante à mesure que de plus grandes cloques se formaient également sur les paumes de ses mains. Wayne s'arrêta bientôt et l'invita à s'asseoir sur un banc. Il fouilla dans son propre sac et en sortit une fiole qui contenait un liquide jaune.

— Montre-moi, demanda-t-il avec douceur en prenant délicatement les mains de la jeune fille entre les siennes.

Il appliqua lentement le liquide sur les zones gonflées et Roxane ressentit bien vite un certain soulagement.

— C'est quoi ?

— Ce qui t'a fait mal, c'était du pus de Bubobulb concentré. Et ça, c'est de l'essence de Murlap.

— J'ai de la chance que tu te balades avec ça sur toi, dit-elle avec un sourire.

— Ma mère m'a toujours appris à être prêt en toute circonstance, justifia Wayne avec un petit sourire.

— Tu remercieras ta mère pour moi !

Roxane ferma les yeux en appréciant le délicat massage à l'essence de Murlap que Wayne était en train de lui appliquer. La douleur diminuait, même si certaines zones restaient encore sensibles. Après quelques secondes, la jeune fille reprit :

— Je n'ai pas compris ce qu'il s'est passé. Je suis certaine que je n'avais pas de Bubobulb dans mon sac…

— J'ai vu l'un des acolytes de Walters te le verser sur tes affaires, expliqua-t-il les sourcils froncés.

— Quoi ? Mais pourquoi ?

Wayne garda le silence en s'appliquant à prodiguer ses soins.

— Je ne comprends pas, poursuivit Roxane. Je crois que Walters me déteste. Mais je ne vois pas ce que j'ai pu dire ou faire qu'il lui ait déplu… L'autre jour, il semblait avoir attendu que je sois seule pour me dire… Je ne sais plus bien. Je crois que c'était une insulte, mais je n'ai pas compris… Quelque chose comme, Sang-de-Bourbe.

Wayne resserra ses doigts, un peu plus fort qu'il ne l'aurait voulu, en entendant l'insulte. Roxane poussa un petit cri de surprise plus que de douleur.

— Excuse-moi, dit-il visiblement troublé. Je n'arrive pas à croire qu'il t'ait dit ça…

La jeune fille garda le silence. Wayne croisa son regard et Roxane ne put dissimuler son émoi. Le regard du sorcier avait toujours su faire palpiter son cœur plus vite que de raison.

— Tu as bien deviné, expliqua-t-il. C'est une insulte. C'est une façon odieuse de parler de sorciers ou sorcières qui sont nés dans une famille de Non-Maj'. Il y a des gens qui pensent que pour faire de la magie, seul un sang-pur prévaut sur les autres.

Wayne utilisa sa baguette pour faire apparaître des petites bandelettes de tissus et commença à les enrouler autour des doigts de la sorcière.

— Est-ce qu'il a raison ? demanda-t-elle. Est-ce que je suis moins digne de pratiquer la magie en étant née Non-Maj' ?

— Non, non. Certainement pas ! Sors-toi cette idée de la tête. Je t'interdis de croire une telle chose.

C'était la première fois que la jeune fille voyait Wayne dans un tel état. Il semblait ne plus être maître de ses émotions. Lui qui avait toujours su faire preuve d'assurance semblait maintenant bien vulnérable en cet instant.

— D'accord, dit-elle doucement. Mais dans ce cas, pourquoi maintenant ? C'est ma cinquième année à Ilvermorny. Et c'est seulement là que Walters semble avoir un problème avec… mes origines.

— Tu as entendu ce qu'il s'est passé juste après la Coupe du Monde de Quidditch ?

— Oui. La Marque des Ténèbres, dit-elle dans un souffle.

— J'imagine que cela a dû raviver certaines pulsions chez quelques sorciers…

— Est-ce que tu crois que Tu-Sais-Qui pourrait revenir ? demanda-t-elle timidement.

Wayne la regarda intensément, il ne voulait pas répondre par l'affirmative, mais lui mentir l'insupportait également. Il constata avec tristesse que la petite flamme qui inspirait la joie de vivre dans ses yeux verts semblait sur le point de s'éteindre, étouffée par la dureté du monde dans lequel ils vivaient.

— C'est une possibilité.

Un silence passa et Wayne vérifia que les mains de Roxane étaient convenablement embaumées. Il caressa doucement ses poignets en cherchant si d'autres brûlures subsistaient. Elle frissonna à son contact.

— Tu crois que c'est parce que je viens d'une famille de Non-Maj' si je suis dans la maison de James Steward ? Ce fondateur était un Non-Maj' après tout…

— Non. Si le Puckwoodgenie a levé sa flèche devant toi, c'est parce qu'il a su reconnaître ta qualité de cœur et un certain un talent de guérisseur.

— Pour l'instant le guérisseur ici, c'est toi, fit-elle avec un petit sourire. Tu dois me trouver ridicule avec toutes mes questions, une pauvre sotte naïve…

— Non, répondit Wayne avec émotion. Le monde serait bien plus beau si l'on avait tous la vision merveilleuse que tu as de la magie…

Roxane était touchée après un tel compliment. Elle ne pouvait plus détacher son regard de celui de Wayne. Ses yeux en amande la faisaient vibrer. Une brise délicate vint se glisser vers eux en déplaçant une mèche de cheveux dorés sur le visage de la jeune fille, cachant ainsi une partie de son regard. Instinctivement, Wayne replaça les cheveux derrière l'oreille de la sorcière, tout en caressant légèrement sa joue. Ainsi, il put de nouveau se plonger dans ces prunelles vertes qu'il adorait plus que tout. Pris d'une impulsion soudaine, il se rapprocha de Roxane et déposa ses lèvres sur les siennes. La jeune fille répondit instantanément à son approche et, même si ses doigts lui semblaient encore douloureux, elle s'en servit pour s'agripper à la robe de sorcier du jeune homme. Les yeux clos, elle avait du mal à réaliser qu'elle était en train de vivre cet instant dont elle avait tant rêvé. Wayne s'écarta lentement pour reprendre son souffle et comprendre ce qu'il venait de faire. Roxane appuya sa tête contre son cou. Elle avait maintenant bien trop peur de croiser son regard et y découvrir la plus petite trace de regret. La jeune sorcière n'eut pas à attendre longtemps avant de sentir les bras de Wayne la serrant contre lui. Un geste simple qui laissa tous les doutes s'envoler.

Après un instant, Wayne reprit avec douceur :

— Il faudrait que tu ailles à l'infirmerie. L'essence de Murlap soulage, mais ne guérira pas tes mains.

Roxane jeta un coup d'œil à ses doigts bandés et se recula de Wayne, à contrecœur. Il se leva et tous deux marchèrent côte à côte vers le château. Elle garda le silence, incapable de savoir quoi dire. Avait-il des regrets sur ce qu'ils venaient d'échanger ? Ils arrivèrent rapidement devant l'infirmerie.

— Je te laisse, dit-il. À plus tard.

La jeune Scott se résolut à entrer dans la salle de soins avec le cœur lourd. L'infirmière arriva bien vite auprès d'elle pour examiner ses mains. Après avoir obtenu quelques explications, la vieille sorcière s'exclama :

— Vous avez de la chance que cela ait été pris à temps, sinon vous n'auriez pas pu vous servir de vos mains pendant plusieurs jours… Puis-je savoir qui se promène avec de l'essence de Murlap sur lui ?

— Wayne Wish, dit-elle dans un souffle.

— Et c'est lui qui vous a suggéré de venir me voir ? Il a bien fait. J'ai ce qu'il faut pour vous débarrasser des cloques, mais vous devrez garder des bandages encore plusieurs jours…

Roxane n'écoutait plus vraiment. Elle avait hâte de revoir Wayne et s'assurer que ce qu'il venait de se passer entre eux ne serait pas un cas isolé, une erreur de parcours. L'infirmière prit le temps nécessaire, selon elle, pour prodiguer ses bons soins. Lorsque la jeune sorcière quitta l'infirmerie, l'heure était suffisamment avancée pour voir réunis dans la salle principale presque tous les élèves de l'école pour le repas du soir.

Les conversations étaient animées et peu de gens remarquèrent l'entrée tardive de Roxane. Cette dernière se dirigea vers la table de sa maison, Puckwoodgenie. Elle lança toutefois un regard vers la table de la maison Oiseau-Tonnerre. Elle put reconnaître Wayne qui discutait avec animation auprès de ses amis Dereck et Jimmy. La jeune fille tenta de faire taire ses angoisses et s'assit avec ses amies.

— On a mal aux doigts, Scott ? demanda Walters avec un regard mauvais, mais Roxane fit comme si elle n'avait rien entendu.

— Tu étais où ? demanda une de ses amies. Qu'est-ce que tu as aux mains ?

— Une fiole de pus de Bubobulb qui s'est brisée dans mon sac en tombant, marmonna la jeune fille. Ce n'est rien.

Roxane ne put s'empêcher de lever une nouvelle fois les yeux en direction de Wayne. Son cœur s'accéléra alors qu'elle croisa son regard. Il lui adressa un sourire et la jeune fille se sentit tout de suite mieux. Cela lui permit de manger avec bon appétit. Mais lorsqu'elle eut terminé, de nombreux élèves étaient déjà partis. D'un regard, la jeune fille vit que Wayne n'était plus là. Elle suivit donc ses amies jusque dans leur salle commune. Assise dans un coin de la pièce chaleureuse, Roxane sortit ses affaires pour faire le devoir qu'elle avait initialement prévu de rédiger à la bibliothèque. Pendant plusieurs heures, il lui parut impossible de se concentrer. Après que la nuit noire se devinait par les fenêtres, la jeune fille rassembla ses affaires et monta dans son dortoir pour tenter de trouver le sommeil.

Roxane ne se souvenait jamais de ses rêves. Il en avait toujours été ainsi. Mais elle savait deviner quand ils n'étaient pas agréables. Son sommeil avait été agité. Elle était maintenant réveillée à une heure bien matinale. Toutes ses amies dormaient encore à point fermé. La jeune Scott se leva et passa par la salle de bain en appliquant un sort de silence afin de préserver le sommeil des autres. Puis elle quitta le dortoir et se rendit dans la salle principale pour un petit déjeuner solitaire. Il n'y avait que quelques rares élèves. Elle mangea en vitesse et, avec son sac de cours sur elle, décida de se rendre à la bibliothèque avant son premier cours de la journée. Elle disposait ainsi d'une heure entière pour rédiger son devoir.

Wayne se rendit dans la salle principale pour son premier repas du matin avec ses amis. Il jeta un coup d'œil à la table des Puckwoodgenie et fronça les sourcils en remarquant que les amies de Roxane s'y trouvaient sans elle. Il avala quelque chose en vitesse tout en continuant d'observer si la jeune fille finirait par apparaître. Puis il se leva pour se rendre à la bibliothèque, en espérant pouvoir l'y retrouver. Après le coup de Walters et sa bande, il n'aimait pas l'idée de savoir la jeune Scott toute seule. Il passa par plusieurs rayons de livres avant de la reconnaître, assise à une table. Sans un bruit, il s'assit dans le siège à côté d'elle.

— Salut ! Tu es bien matinale, dit-il avec un sourire tout en cachant son soulagement.

— Salut. Oui, je… Je voulais terminer mon devoir.

— Ça porte sur quoi ? s'intéressa Wayne et s'approchant du parchemin déroulé sur la table.

— Les douze propriétés du sang de dragon, précisa Roxane qui était soulagée de voir qu'il n'avait pas changé d'attitude à son égard. Tu savais que c'est Albus Dumbledore qui les a découvertes ? Moi ce qui m'étonne le plus, c'est qu'il soit toujours en vie… Je n'ose pas imaginer dans quel état je serai à son âge !

Wayne eut un sourire amusé. Il garda pour lui l'idée qu'une 13ème propriété du sang de dragon existait bel et bien, mais c'était un secret seulement connu de la famille White. Il repensa un instant aux origines du pouvoir de sa famille. Bien des siècles auparavant, le jeune Primus White avait vaillamment combattu l'Ultime Dragon. Dans ce duel, il fut très gravement blessé, tout comme cette créature légendaire. Mais Primus se servit du sang de l'Ultime Dragon pour soigner ses plaies. Il se passa alors quelque chose d'inattendu. Le sang du dragon et celui du sorcier fusionnèrent pour ne faire qu'un. Ce fut à partir de cet instant que l'Ultime Dragon reconnut en Primus White un égal. Ils étaient désormais liés par le sang. Et ce pouvoir se transmit de génération en génération, jusqu'à lui. Un secret qu'il ne pouvait partager pour sa sécurité et celle de son entourage. Un poids qui pesait lourdement sur ses épaules.

Il croisa les yeux verts de Roxane et décida de laisser de côté cette histoire ancestrale pour apprécier l'instant présent. C'était plus fort que lui. Il oublia toutes les mises en garde de sa mère ou, surtout, de son arrière-grand-mère. Il caressa doucement la joue de la jeune fille et s'avança pour l'embrasser. Après tout, rien ne l'obligeait à tout lui dévoiler. S'écartant légèrement, il croisa une nouvelle fois son regard. Elle semblait rayonner de bonheur.

— On a cours de Sortilège, dit-il en l'invitant à le suivre.

Roxane rangea ses affaires et parcourut les couloirs de l'école en gardant sa main dans celle de Wayne. Arrivés devant la salle de classe, elle se réfugia dans ses bras. Un groupe d'élèves passaient près d'eux et une voix traînante se fit entendre :

— Retenez votre respiration, ça sent le bourbier par ici…

Roxane sentit Wayne se contracter et elle lui murmura aussitôt :

— Laisse, ce ne sont que des mots…

Il ne sembla pas se détendre, mais ne bougea pas pour autant. La jeune fille eut l'impression qu'il avait sa main prête sur sa baguette magique. Elle vit alors de qui il s'agissait quand ils passaient maintenant derrière Wayne. Walters et sa bande les regardaient d'un air mauvais. La jeune Scott soutint leur regard. Tout se passa très vite. Walters dirigea sa baguette magique dans leur direction et Roxane sortit sa propre baguette en prononçant :

Protego !

Le sortilège murmuré par Walters ricocha et s'abattit sur l'un de ses compagnons dont le visage commença à se recouvrir de pustules. Comprenant qu'ils étaient attaqués, Wayne fit demi-tour pour faire face à l'ennemi et, d'un mouvement souple de sa baguette, envoya un sort informulé. Walters traversa le couloir dans les airs avant de retomber lourdement sur le sol. Il se tenait maintenant le poignet contre lui en se tordant de douleur. À en juger par l'angle anormal de son membre, il semblait se l'être cassé dans sa chute. Wayne avait des réflexes si rapides que personne ne comprit qu'il venait de lancer le sort, sa baguette étant de nouveau dissimulée dans sa robe de sorcier. Le professeur invita ses élèves à entrer en cours et se dirigea maintenant vers les deux élèves à terre, pour les accompagner à l'infirmerie.

Wayne et Roxane prirent place à leur table habituelle. La jeune fille tremblait encore à cause de cette montrée d'adrénaline.

— J'espère qu'il a compris, parce que la prochaine fois je l'envoie à l'infirmerie pour plus qu'un bras cassé, murmura Wayne. Merci pour ton joli charme du bouclier !

— Je n'ai pas réfléchi, précisa Roxane en rougissant alors que Wayne lui embrassa une de ses mains bandées.

— Ce qui prouve que tu n'as aucune raison de douter de toi.

La jeune Scott sourit et décida de croire qu'il avait raison.

Lowyn et Sirius mirent plusieurs semaines à remonter vers le Nord. Il leur fallait faire preuve de prudence et de patience pour ne pas attirer l'attention sur eux. Une jeune femme qui voyageait seule avec un gros chien noir avait déjà de quoi faire parler… Le mois d'octobre commençait maintenant à toucher à sa fin et il leur restait encore de nombreux kilomètres à parcourir. Parfois, ils s'isolaient dans une forêt déserte pour laisser courir Buck sous sa taille normale. Il était important qu'il récupère sa véritable physionomie pour ne pas subir d'irrémédiables déformations physiques.

Un soir, Buck s'envola au-dessus de Lowyn et Sirius avec bonheur. Le sourire de Lowyn s'effaça aussi vite qu'il était apparu. Elle sentit un froid mordant s'emparer d'elle et remarqua que Sirius ne bougeait plus également. Son bonheur d'être auprès de lui s'évanouit rapidement. Tous deux comprirent avec horreur sur quelles créatures ils allaient tomber. Flottant au-dessus du sol parmi les arbres, des Détraqueurs se rapprochèrent et avec eux de terribles souvenirs vinrent à la surface.

Lowyn et Sirius se prirent par la main, sans se consulter, en ayant la même idée : leur dernière chance de survivre. L'un droitier, l'autre gauchère, ils levèrent leurs baguettes et, après s'être concentrés sur leurs plus beaux moments de vie, s'écrièrent d'une même voix :

— Spero Patronum !

Un renard polaire sortit de la baguette de Sirius et une grande panthère se manifesta au bout de la baguette de Lowyn. Les deux protecteurs argentés brillaient avec force et purent commencer leur ronde pour repousser ces êtres maléfiques. Le froid s'éloigna soudain et toute souffrance passée disparut. Les Patronus se rapprochèrent de leurs créateurs et Lowyn émit un son de surprise. Le sien avait quelque peu changé. C'était toujours une panthère semblable à la forme Animagus de son père, mais il semblait maintenant posséder des taches sur son pelage. La jeune femme réalisa bientôt qu'il ressemblait plutôt à une once : la forme Animagus de son fils. Elle comprit alors que sa plus grande force positive résidait maintenant en son fils. Un être créé par l'amour qu'elle portait à Sirius. Tout lui sembla évident. Wayne était le lien entre leurs deux familles, la preuve vivante que Lowyn et Sirius s'aimaient.

Les deux Patronus disparurent et Lowyn tomba à genoux. Elle eut un haut-le-cœur et se détourna juste à temps de Sirius pour se vider l'estomac. Elle tremblait, encore sous le choc d'une telle rencontre avec ces spectres dévoreurs d'âmes. Sirius la prit dans ses bras et lui murmura des mots rassurants :

— Ils sont partis. On a réussi. Je suis là.

Lowyn s'essuya la bouche d'un revers de manche maladroit. Elle n'arrivait toujours pas à stopper ses tremblements.

— Tu veux que je m'occupe de Buck ? proposa Sirius.

— Non, ça va aller.

Elle s'appuya sur le Maraudeur pour se redresser et fit le nécessaire pour rapetisser l'animal sans crainte, puis le glisser dans son sac.

— Rentrons à l'hôtel.

Ils regagnèrent leur chambre qu'ils avaient réservée plus tôt dans la journée et Lowyn se mit en boule sur le lit. Elle avait encore des sueurs froides. Sirius déballa un petit fagotin de chocolats gracieusement offert en cadeau de bienvenue par l'hôtel. Lowyn fit fondre un morceau dans sa bouche et commença à ressentir ses effets bienfaisants.

Après plusieurs minutes au repos, la jeune White retrouva plus de forces même si elle semblait encore bien fatiguée. La conversation dériva sur de vieux souvenirs :

— Quand je repense à ce que tu es capable de faire avec un dragon, dit Sirius, j'ai du mal à imaginer que notre fils puisse faire pareil.

— Et pourtant c'est le cas, confirma Lowyn. Mais si un jour tu devais te trouver face à un dragon, le mieux serait sans doute de lui lancer un simple sortilège de conjonctivite. Les yeux sont un point faible. Cela te laisserait le temps de fuir…

— Sans doute. Tu te sens mieux ?

— Oui. Ce n'était qu'un simple contrecoup. Je déteste ces créatures. Je me demande comment tu as pu tenir tant d'années auprès d'eux…

Lowyn s'endormit profondément, rassurée en sentant la présence de Sirius auprès d'elle. Le soleil n'avait pas encore produit le moindre rayon de lumière que la jeune White se redressa subitement dans son lit. Elle se précipita dans la salle de bain pour vider une fois de plus son estomac. Sirius se leva à son tour pour vérifier si tout allait bien. Il retrouva Lowyn de nouveau tremblante au sol. Elle leva vers lui des yeux effrayés.

— Encore un effet des Détraqueurs ? demanda-t-il inquiet.

Avec lenteur, elle se redressa et commença à s'observer dans le miroir. Elle prit sa baguette magique et récita la formule qu'elle n'avait pas utilisée depuis plus de seize ans. Une épaisse fumée en sortit et commença à tourner tout autour d'elle. Rapidement, la couleur devint rose. Elle lâcha sa baguette qui fit quelques rebonds sur le carrelage. Lowyn s'assit sur le rebord de la baignoire et prit le temps d'assimiler la réponse qu'elle venait d'obtenir. Sirius était figé sur place. Il connaissait ce sort, même s'il n'avait jamais vu qui que ce soit l'exécuter devant lui. Il comprit alors ce que cette fumée annonçait.

— Je suis enceinte, murmura Lowyn. Une fille.

— Mais… je…, bégaya Sirius. Je pensais… Enfin… Après toutes ces années à Azkaban, j'ai cru que tout était mort en moi.

— À l'évidence, non. Je peux t'assurer que tu es le seul responsable pour m'avoir mise dans cet état.

En d'autres circonstances, il aurait trouvé la phrase amusante. Il s'avança lentement et s'assit à côté de Lowyn. Ils n'avaient pas besoin de parler pour comprendre quelles seraient les conséquences d'une telle nouvelle.


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A bientôt pour la suite !