Un nouveau chapitre à découvrir !

Disclamer : tout appartient à JK Rowling (sauf quelques idées et personnages), je ne fais pas l'argent avec cette fic !

Bonne lecture à tous ! (sortez les mouchoirs ?)


La deuxième étoile

Sirius était assis sur le lit avec Lowyn dans ses bras. Il la regarda avec attention, remarqua ses joues bien pleines, son teint légèrement rosi. Il se dit qu'il aurait pu deviner avec de tels indices. Sa main se trouvait sur le ventre de la jeune femme.

— Elle est notre petit miracle, murmura-t-il. Il faut la protéger.

— Je sais à quoi tu penses, dit Lowyn. Mais je ne veux pas. Cela ne doit rien changer à ce que l'on a prévu.

— Depuis combien de temps…

Le Maraudeur n'arriva pas à terminer sa question. Mais la jeune White sut ce qu'il voulait savoir. Elle réfléchit un instant. Le mois d'octobre se terminant à peine, elle réalisa à quel point les dernières semaines avaient passé rapidement.

— Deux mois, je crois.

Il y eut un silence, le temps d'accepter la réalité.

— J'aurais dû… commença Sirius.

— Non, coupa Lowyn. J'ai toujours effectué les sorts qu'il fallait pour me protéger de ce genre de situations. Pour Wayne aussi cela n'aurait pas dû arriver. Mais il est là. Et elle aussi sera bientôt là. On dirait que tous les sortilèges sont inopérants, que mon corps lutte pour garantir la survie de la famille White… J'aurais aimé avoir une vie normale. Ne pas être une White, ne pas connaître cette guerre. Et pouvoir accueillir cette nouvelle avec le bonheur qu'elle mérite…

Sirius resserra ses bras autour de Lowyn, alors qu'elle laissa échapper quelques larmes silencieuses.

— Alors, réjouissons-nous, dit alors Sirius avec entrain. Bien des gens ont continué de vivre malgré la menace de Voldemort qui planait au-dessus de nos têtes, lors de la précédente guerre. Et il n'est pas de retour. Ce ne sont que des suppositions…

— Je te suivrai, poursuivit Lowyn. Ce n'est pas une maladie. Il faut juste que j'évite certaines choses pour ne pas prendre de risques. Je peux oublier le transplanage ou les Portoloins... Mais ce sont déjà des modes de déplacement que l'on évite de toute façon. Mon état ne doit rien changer.

— Mais à un moment donné, il faudra…

— Je sais, coupa Lowyn. Je ferai appel à ma grand-mère en temps voulu, pour qu'elle m'aide à retourner sur l'île par d'autres moyens plus sûrs. Mais tant que je le peux, je reste. Deux mois. Cela nous amènerait à une naissance pour début juin, ou peut-être même fin mai… Je te retrouverai à ce moment-là. Je pourrais même parler à Dumbledore et le convaincre que Harry sera en sécurité sur Isla Aura avec nous durant ses vacances...

Sirius approuva d'un hochement de tête. Imaginer unir sa famille à Harry lui gonfla le cœur d'espoir.

Avant de quitter cette ville Moldue, il leur fallut choisir quelle serait leur prochaine destination. En observant la carte du pays avec attention, Lowyn ressentit un frisson glacé la parcourir. Le chemin le plus direct vers le Nord les faisait traverser Godric's Hollow. Sirius suivit son regard et murmura :

— Je n'y suis pas retourné depuis cette fameuse nuit.

— Les souvenirs y sont trop douloureux, dit Lowyn. On peut sans doute contourner par…

— On a déjà perdu trop de temps, coupa Sirius. Si tu te sens capable de passer par là, je te suivrai.

Lowyn garda le silence. Elle avait eu de nombreuses occasions d'aller se recueillir sur la tombe de ses amis, mais elle n'avait jamais ressenti assez de courage pour s'y rendre. Elle regarda Sirius intensément, et la détermination qu'elle put lire dans ses yeux lui insuffla une nouvelle force insoupçonnée.

À l'approche du village de Godric's Hollow, Lowyn s'avançait prudemment. Patmol, sous l'apparence d'un gros chien noir, marchait à ses côtés. Ils arrivèrent rapidement sur une place où un monument aux morts était dressé en son centre. Dès qu'ils furent suffisamment près, l'obélisque Moldu se transforma pour prendre la forme d'une statue. Lowyn ouvrit la bouche de surprise en reconnaissant sans mal le couple sculpté dans la pierre à l'effigie de James, Lily et de leur bébé, Harry. Les yeux de la jeune femme se remplirent de larmes. Ils passèrent quelques secondes silencieuses avant de se détourner doucement de cet hommage.

Ils poursuivirent un peu plus loin, passant maintenant près d'une église. D'un regard, la jeune White put discerner les pierres froides d'un cimetière qui se dressaient derrière cette même église. Elle adressa un rapide regard à Sirius, puis prit la direction de ce lieu de repos éternel. Elle s'avança entre les différentes tombes, sans prêter attention à celle de Kendra et Ariana Dumbledore, ou même à celle plus ancienne d'Ignotus Peverell sur laquelle se trouvait un étrange symbole. La jeune femme se dirigea vers la tombe blanche sur laquelle étaient gravés les noms de James et Lily Potter.

Lowyn chancela et posa un genou au sol en faisant de son mieux pour faire comme si ce geste était prémédité. Elle fit un mouvement de baguette pour faire apparaître une couronne fleurie qu'elle déposa au sol avec soin. Son visage ruisselait maintenant de larmes chaudes et piquantes à la fois. Sirius était heureux de se trouver sous sa forme animale, ce qui dissimula aisément toute la peine qu'il ressentait, tout comme quelques larmes qu'il laissa échapper à son tour. Lowyn était maintenant secouée de sanglots, la respiration difficile. Le chien lui donna un léger coup de tête et la jeune femme referma vivement ses bras autour de lui. Ses poils soyeux avaient quelque chose de réconfortant alors qu'elle le caressait doucement.

Ils restèrent ainsi plusieurs minutes à tenter de retrouver leur calme et une respiration maîtrisée. Puis ils reprirent leur route en quittant le cimetière. Ils s'éloignèrent du centre-ville en prenant maintenant un chemin bordé de différentes maisons. Au bout de la rue qui quittait complètement Godric's Hollow, se trouvait maintenant une maison laissée à l'abandon. Une haute haie se dressait devant la demeure en partie détruite. Toute la partie droite de l'étage était dévastée, comme le résultat d'une puissante explosion. Prise d'un étourdissement, Lowyn posa une main sur le portail et une inscription apparut :

En ce lieu, dans la nuit du 31 octobre 1981, Lily et James Potter perdirent la vie. Leur fils, Harry, demeure le seul sorcier qui ait jamais survécu au sortilège de la Mort. Cette maison, invisible aux yeux des Moldus, a été laissée dans son état de ruine comme un monument à la mémoire des Potter et pour rappeler la violence qui a déchiré cette famille.

La jeune femme eut le tournis en imaginant l'horreur qu'avait dû connaître ses amis. Ses jambes tremblaient, comme si elles étaient maintenant incapables de la retenir. Sirius prit forme humaine et aida Lowyn à rester debout tout en serrant ses bras autour d'elle.

— Non, c'est dangereux, murmura-t-elle.

— Chut… souffla-t-il doucement alors qu'il se collait contre la haie épaisse et haute, le dissimulant ainsi à tous éventuels regards curieux.

Le Maraudeur tremblait maintenant tout autant qu'elle, ravagé par une avalanche de souvenirs de cette terrible nuit.

— Si j'avais pu arriver quelques minutes plus tôt, dit-il d'une voix rauque. J'aurais…

— Tu serais mort, coupa Lowyn d'une voix faible.

Sirius garda le silence. Ils restèrent de longues minutes ainsi, le temps de repousser toute cette peine qui les paralysait. Puis il embrassa doucement la jeune femme. Pendant une seconde, le temps et l'espace n'existaient plus. Il n'y avait plus qu'eux. Enfin, il s'écarta doucement. La rue était restée déserte. Il jeta tout de même un regard alentour et reprit sa forme animale. Ils purent maintenant poursuivre leur route avec en tête leur objectif de garder Harry en vie, comme une promesse faite sous serrement à James et Lily.

Les jours suivants, le couple poursuivit son périple de la même façon. Lowyn fit son possible pour ne pas montrer à quel point ses nausées l'indisposaient. Mais Sirius se rendait bien compte qu'elle luttait pour rester plus longuement auprès de lui. Un jour, une chouette arriva avec une lettre de Harry. Le jeune Potter fit part des récents événements à Poudlard. Son nom venait d'être tiré par la Coupe de Feu, faisant de lui le 4ème champion pour participer au Tournoi des Trois Sorciers. Sirius poussa un juron en laissant tomber le morceau de parchemin. Lowyn s'en saisit pour comprendre sa réaction.

— Dumbledore ne peut pas le laisser participer, dit Lowyn après lecture du mot.

— Je ne pense pas qu'il puisse faire quoi que ce soit. Harry est maintenant lié par un contrat magique… Il sera facile de le tuer durant l'une des tâches en faisant passer ça pour un accident. Et avec Karkaroff à Poudlard…

Il se passa les mains dans ses cheveux, visiblement inquiet. Lowyn ressentit un étourdissement. Elle chancela avant de s'installer maladroitement sur la chaise la plus proche. Le Maraudeur se tourna vers elle avec une vive angoisse sur le visage.

— Ça va ?

— Oui, ce n'est rien, assura-t-elle par réflexe.

— Tu n'es pas très convaincante.

Elle le regarda avec intensité. Le moment était malheureusement venu. Lowyn se rendit compte que Sirius ne pouvait pas continuer à s'inquiéter pour Harry et pour elle en même temps. Après un silence, elle reprit :

— Cette grossesse est plus difficilement supportable que pour Wayne… Cette petite a le diable au corps !

— Un tempérament de feu qui lui vient certainement de toi, ajouta-t-il avec un sourire.

— Je crois qu'il est temps que j'appelle Armance, annonça-t-elle avec le plus grand sérieux.

Sirius accepta l'idée de se séparer de Lowyn pour un temps. C'était la plus sage décision à prendre. Cette vie en cavale ne pouvait plus durer. Le risque de se faire repérer par le Ministère de la Magie et de croiser des Détraqueurs était bien trop grand. Les heures qui suivirent, le couple se prépara. Ils quittèrent leur dernière chambre d'hôtel et rejoignirent une grotte éloignée de la ville, à l'abri des regards Moldus ou même sorciers.

Lowyn rendit à Buck sa taille normale et caressa l'animal à plume avec douceur. Elle exécuta ensuite quelques mouvements de baguette et une forme argentée se volatilisa.

— Voilà, dit-elle en se tournant vers le Maraudeur. Grand-mère Armance arrivera vite lorsque mon Patronus l'aura trouvée.

Sirius effleura de ses doigts l'une des joues de la jeune femme. Elle ferma ses yeux à son contact. Il posa ses lèvres sur les siennes pour en savourer toutes ces émotions qu'elles lui prodiguaient. Il s'arrêta un instant pour reprendre son souffle et Lowyn se blottit tout contre lui en sentant ses pulsations rapides contre son torse. Sirius inspira profondément pour s'imprégner de l'odeur de ses cheveux.

Dans un crac caractéristique, une vieille dame fit son apparition. La vision qu'elle eut du couple lui confirma les révélations qu'elle venait d'avoir par le Patronus. Sa petite-fille avait maintenant des courbes légèrement plus harmonieuses. Il n'y avait aucun doute possible, Lowyn portait bien la vie. Armance se jura de tout mettre en œuvre pour la protéger.

Remus était épuisé. Une nouvelle journée touchait à sa fin et il n'avait toujours pas réussi à se trouver un emploi. Il maudissait Dolorès Ombrage et se détestait d'être un monstre chaque mois… Puis il jeta un coup d'œil à un ancien exemplaire de La Gazette du sorcier qu'il avait reçu quelques jours auparavant. Ainsi donc, Harry était l'un des champions participant au Tournoi des Trois Sorciers. Le Maraudeur se dit que sa situation n'était peut-être pas la plus difficile à vivre.

Il fut interrompu dans ses pensées par un bruit au niveau d'une fenêtre : une chouette venait d'apparaître avec une lettre. Remus se leva et ouvrit pour récupérer le message. Il reconnut rapidement l'écriture :

Remus,

Je suis maintenant seul avec mon ami à plumes. Arctica a dû partir pour des raisons de santé. Je me rapproche de mini-Cornedrue. Je n'aime pas cette nouvelle situation dans laquelle il se trouve. J'espère que nos suppositions sont fausses et qu'il ne faudra pas bientôt reformer l'Ordre.

Patmol

Lunard conserva ses yeux figés sur la deuxième phrase pendant plusieurs secondes. Il avait vu juste. À l'approche de la pleine lune, pendant la dernière soirée avec ses amis, il avait senti quelque chose de différent chez Lowyn. Sa peau était chaude et dans sa main, il avait pu sentir des pulsations cardiaques. Il en était certain : deux cœurs battaient en elle. Remus n'avait pas osé dire quoi que ce soit. Pourtant, il avait deviné que la jeune femme était enceinte. Les raisons de santé évoquées par Sirius prenaient tout leur sens.

Wayne relâcha le médaillon qu'il dissimula sous son col par réflexe. Il l'utilisait comme Portoloin pour le mener sur Isla Aura. Il pouvait maintenant sentir l'air marin et le bruit de l'eau qui se mouvait doucement sur le sable blanc. Maintenant bien loin du froid hivernal américain, il se sentit quelque peu morose en sachant Roxane si loin de lui. Le jeune White s'avança vers la maison et y pénétra.

— Pile à l'heure, remarqua grand-mère Armance en gratifiant son arrière-petit-fils d'une embrassade chaleureuse. Ta mère est dans le salon.

Wayne fronça les sourcils. Il ne s'attendait pas la trouver chez eux. Il s'avança et reconnut Lowyn qui se redressait péniblement, comme sortie d'un songe.

— Mon chéri, je suis contente de te voir.

Elle se leva et prit son fils dans ses bras avec force. Le jeune sorcier remarqua qu'elle avait quelques rondeurs.

— Où est papa ?

Le regard de Lowyn tomba sur le sol et son sourire s'effaça.

— Je le retrouverai plus tard. Il est resté pour rejoindre l'Écosse…

Wayne se sentit ridicule d'avoir pu imaginer un instant que son père serait avec eux pour Noël. Il était évident que faire autant d'aller et retour multipliait les risques qu'il se fasse attraper. Lowyn sembla lire en lui comme dans un livre.

— Un jour, nous aurons notre Noël…

— Tu n'es pas resté avec lui ? demanda Wayne presque sur un ton de reproche.

— Il serait peut-être temps d'annoncer la bonne nouvelle, non ? intervint Armance.

Le jeune sorcier regarda sa mère avec intensité, puis demanda avec un sourire :

— Frère ou sœur ?

— Une fille, confirma Lowyn. Je n'ai rien prémédité.

Elle se sentait obligée de se justifier. Mais le jeune White prit sa mère dans ses bras et lui murmura :

— C'est une très belle nouvelle.

— Oui, ajouta Armance en s'asseyant sur le canapé. Chaque naissance est une victoire dans cette famille. Sirius a su s'y prendre comme il faut. Je pourrais presque lui pardonner d'être un Black.

— Grand-mère ! gronda Lowyn alors qu'Armance souriait. À ce propos… Durant mon voyage, j'ai croisé le portrait de Phineas Nigellus Black. Il m'a demandé comment tu te portais. Et il a dit quelque chose de très troublant sur nos deux familles.

— Pff, ce vieux fou, pesta la vieille sorcière. Il a toujours pris ses désirs pour la réalité.

— Pourtant il semblait convaincu que nos deux familles auraient pu s'unir avec Gwenyla White…

Armance évita soigneusement de croiser le regard de sa petite-fille. Lowyn prit place dans un fauteuil face à elle. Devant un tel silence, ses yeux s'écarquillèrent :

— Il disait vrai ?

— Qu'importe ce qui a failli se passer, reprit Armance en effectuant un geste dédaigneux de la main.

— Il a dit que de me voir ainsi avec Sirius le remplissait de fierté, ajouta Lowyn avec sourire pour faire enrager son aïeule.

Armance se contenta d'émettre une sorte de grognement, puis décida de ne plus prononcer un mot de toute la soirée.

Un après-midi ensoleillé, Lowyn et Wayne se trouvaient sur la plage à marcher les pieds dans l'eau calme.

— Comment as-tu su que tu pouvais tout confier sur nous à papa ?

Lowyn sentit qu'il s'agissait là d'une question longtemps refoulée.

— J'ai commencé par donner mon vrai nom à ton père. Un nom de sang-pur connu. Je lui ai simplement dit que Voldemort avait tué mes parents et mon petit frère, et qu'il était à ma recherche. Ces révélations étaient suffisantes. Tout ce qui concerne notre aptitude, il ne l'a su que quelques jours avant mon départ. Après qu'il m'ait vue en action avec un dragon…

Un silence passa et Lowyn rajouta :

— Comment s'appelle-t-elle ?

Wayne apprécia la perspicacité de sa mère et répondit :

— Roxane. Mais lui donner mon véritable nom ne l'avancerait à rien. Elle est née dans une famille de Non-Maj'… enfin de Moldus. Je crois que ce détail ne plairait pas à grand-mère Armance.

— Qui que tu choisisses, elle la détestera par principe.

Wayne s'arrêta de marcher.

— C'est exactement ce que m'a dit papa.

— Tu as parlé de Roxane à ton père plutôt qu'à moi ? s'étonna Lowyn.

— Tu es déçue ?

— Non. Je suis contente de votre complicité. Comment est-elle ?

Wayne fouilla dans une poche pour en sortir une photo. Lowyn observa la jolie jeune fille dont les cheveux dorés encadraient ses grands yeux verts. Sur le cliché, elle faisait de grands signes de la main avec un sourire radieux, révélant une personnalité pleine de vie.

— Elle est magnifique.

— Elle a une vision du monde très touchante. Elle ne voit la magie que comme quelque chose de merveilleux et sublime. Ça me fait du bien d'être auprès d'elle. Ça me change…

Wayne regretta sa dernière phrase. Il ne voulait pas froisser sa mère.

— Ça te change de nous… Il est vrai qu'Armance et moi sommes bien plus alarmistes. Je comprends que tu aies besoin de lâcher prise. La prudence doit pourtant rester ta priorité. La première histoire n'est pas forcément la dernière…

Wayne ne fit aucun commentaire. Il savait comment s'était terminée la première histoire de sa mère. Une trahison qui avait conduit à la mort de trois membres de la famille White.

— Il faut aussi que tu saches une chose importante, reprit Lowyn. J'ai toujours effectué les sorts nécessaires pour ne pas enfanter. Ta naissance et celle à venir de ta sœur n'ont pas pu être évitées. Mon corps a lutté contre cette magie. Je te dis ça parce que, premièrement, je n'ai pas très envie d'être grand-mère tout de suite. Mais surtout, dans l'éventualité – et je ne dis pas que c'est ce qui se passera – mais dans l'éventualité où ton histoire prenait fin et que vous vous sépariez l'un de l'autre, il ne faudrait pas laisser un enfant derrière toi dont tu ignorerais l'existence. La naissance d'un White est une bonne chose s'il grandit dans notre cercle de protection. Mais un enfant livré à lui-même qui ignore tout des dons qu'il aura reçus, pourrait être très dangereux.

— Oui, je sais. Mais nous n'en sommes pas là.

— Je recommence avec ma vision funeste du monde, reprit Lowyn avec un sourire coupable. Je suis heureuse pour vous.

Elle prit son fils dans ses bras et le jeune sorcier fut heureux de considérer ces mots comme la bénédiction accordée pour sa relation avec Roxane.

Le soir de Noël, Wayne avait le cœur lourd en sachant que toutes les personnes qui comptaient pour lui n'étaient pas réunies auprès de lui. Mais son moral remonta lorsqu'il vit apparaître un Patronus à la forme d'un renard polaire. Même s'il ne l'avait jamais vu, il devina à son apparence qu'il s'agissait de celui de son père bien avant d'entendre sa voix qui leur souhaitait un joyeux Noël.

— Je vais lui renvoyer mon Patronus pour lui répondre, dit Lowyn en se tournant vers son fils alors que le renard venait de se volatiliser une fois son message transmis. Est-ce que tu veux lui laisser un mot en particulier ?

— Dis-lui qu'il avait raison pour Roxane.

— Qui est Roxane ? demanda subitement Armance.

— Une sorcière qui ne te plaira pas quoi que je puisse te dire à son sujet, assura Wayne avec un sourire malicieux et un regard complice avec sa mère.

La grand-mère White leva les yeux au ciel et décida de ne pas répliquer. Elle mènerait sa petite enquête de son côté plus tard. La conversation dériva et se porta bientôt sur Harry Potter.

— Il y a beaucoup de choses qui ne sont pas crédibles à son sujet dans La Gazette du sorcier, dit Lowyn. Cette Rita Skeeter semble prête à écrire n'importe quoi pour faire de gros titres… J'espère que tout se passera bien pour les deux taches restantes.

— En tout cas, ça devait être assez spectaculaire de le voir voler avec le Magyar, reconnut Wayne. Moi ça ne m'aurait pas déplu une petite confrontation avec un dragon…

— Dans son livre, Norbert Dragonneau décrit le Magyar comme étant le plus dangereux des dragons, s'amusa à rappeler Armance. Mais il n'a jamais vu l'Ultime Dragon…

— Nous non plus d'ailleurs, ajouta Lowyn. Et c'est très bien comme ça !

Wayne laissa son regard se perdre dans le vide. Il se demanda un instant si un jour sa route le conduirait jusqu'à cette créature légendaire…

Le temps s'écoula. Wayne était de retour à Ilvermorny et Lowyn comptait les jours qui l'amèneraient jusqu'à l'instant de délivrance. La vie sur Isla Aura était calme et paisible. Elle garda un œil critique sur les différents articles publiés dans La Gazette du sorcier par Rita Skeeter. Mais les informations avaient plus de justesse lorsqu'elle les recevait du Patronus de Sirius. Ils eurent de longues conversations concernant l'état de santé de Bartty Croupton qui déclinait au point de l'empêcher de travailler au ministère de la Magie. Pourtant, Harry était certain de l'avoir vu dans le bureau de Rogue, car son nom était indiqué par la carte du Maraudeur.

Malgré tout ce mystère, Harry s'en sortit durant la deuxième tâche du Tournoi des Trois Sorciers. Il n'en restait maintenant plus qu'une et l'année scolaire se terminerait. Étonnamment, Bartty Croupton fit son apparition à Poudlard aux abords de la forêt interdite. Le temps que Harry aille chercher Dumbledore, il avait mystérieusement disparu. Sirius n'avait pu cacher son agacement en sachant son filleul faire preuve d'autant de négligence et ne se priva pas de partager cela avec Lowyn :

— Quand je pense qu'il était seul avec le champion de Durmstrang… Il aurait pu lui arriver n'importe quoi.

— Tous les élèves qui sont passés par Durmstrang ne sont pas des adeptes de magie noire, dit Lowyn avec douceur à l'adresse du Patronus argenté qui se tenait face à elle. Je comprends que tu sois inquiet. Mais tu sais, Armance y a fait ses études avec ses 4 frères et ses 5 sœurs, et aucun d'eux n'a…

— Je vois bien ce que tu veux dire. Mais il ne s'agit pas de la même époque. Je sais que Karkaroff était un Mangemort. Et tout ça ne me plaît pas. Je suis juste à côté Poudlard et je garde malgré tout la sensation d'être impuissant pour aider Harry…

— Il faut que Harry se concentre maintenant sur la 3ème tâche et tout ira pour le mieux, assura Lowyn.

— Oui. Je pense que j'irai sur place sous forme animale. Mais assez parlé de moi. Comment vas-tu ?

— Toujours pareil, soupira Lowyn. Armance est aux petits soins avec moi, comme lors de ma précédente grossesse. Je me sens comme une vraie princesse. Si ce n'est que je suis de plus en plus grosse et bouffie. Je suis bien contente que tu ne me voies pas dans cet état ! Crois-moi que le charme serait rompu !

Lowyn entendit le rire de Sirius à travers le Patronus en forme de renard polaire.

— Pour tout te dire, je suis aussi content que tu ne me voies pas en ce moment. Je crois que j'ai de nouveau maigri. Je ne dois pas être très différent du jour où tu m'as retrouvé. En même temps, mon régime basé sur des rats n'a pas aidé…

— Avoue que tu espérais que l'un d'eux soit Queudver ? demanda Lowyn avec une grimace.

— Si seulement…

Ils poursuivirent ainsi leur conversation en se consolant avec leurs projets futurs. Le mois de mai prit fin et les premiers jours de juin arrivèrent. Lowyn sentait qu'elle vivait ses derniers instants de femme enceinte et, bientôt, elle mit au monde une belle petite fille. Le nourrisson était rose et gracieux. Elle possédait déjà quelques cheveux noirs comme ceux de ses parents. Armance observa l'enfant avec tendresse et remarqua :

— Elle aura tes yeux. Bleus pâles. Pour le reste, je dois dire qu'elle ressemblera à son père.

— Comment tu peux voir tout cela ? s'étonna Lowyn qui berçait doucement le bébé tout contre elle.

— Je sens ces choses-là, dit-elle simplement.

La jeune White chérissait ce moment privilégié. Elle voulait revenir auprès de Sirius, mais laisser sa petite lui sembla bien trop difficile. Pour le moment du moins. Rapidement, la dernière née des White laissa apparaître des sourires sur son visage rosi. Lowyn était au comble du bonheur.

Sirius était en train de manger avec bon appétit le contenu apporté par Coquecigrue, certainement expédié par Harry. Au fur et à mesure, il envoyait les os à Buck qui prenait bien plus de plaisir à les dévorer que les anciennes carcasses de rats.

Le Maraudeur leva les yeux lorsqu'il vit apparaître la forme d'une once argentée : le Patronus de Lowyn.

— Félicitations ! Tu es maintenant l'heureux papa d'une petite Lyane Gomeisa White.

Sirius se mit à rire nerveusement, les larmes commençant à lui monter aux yeux.

— C'est merveilleux ! Comment va-t-elle ? Et toi ?

— Nous nous portons à merveille !

— J'ai tellement hâte de vous retrouver ! Gomeisa ? ajouta-t-il avec un sourire.

— La deuxième étoile dans la constellation du petit chien…

— Juste à côté de Sirius…

— Si tu voyais comme elle est belle. Elle sourit déjà…

— Bientôt, confirma Sirius.

L'un et l'autre se mirent d'accord pour attendre la fin juin afin que Lowyn vienne par transplanage aux abords de Poudlard. Elle pourrait à ce moment-là tout tenter pour convaincre Dumbledore de laisser Harry repartir avec eux sur l'île, sous la protection de la famille White…

Le mois de juin touchait maintenant à sa fin. Armance se trouvait dans la forêt dense d'Isla Aura. Accroupie, elle observait les différentes plantes qui se s'épanouissaient là pour sélectionner celles qui lui seraient utiles afin de préparer divers breuvages revigorants. Elle releva la tête lorsqu'une forme argentée se manifesta devant elle. Prenant l'apparence d'un renard polaire, le Patronus se mit à parler avec la voix de Sirius :

— Armance. Je voulais vous prévenir en premier. Voldemort est de retour. Il s'est servi de Harry pour renaître. Harry lui a échappé de justesse. Je compte annoncer la nouvelle à Lowyn, mais j'aimerais que vous me promettiez de tout faire pour la dissuader de me retrouver. Je sais qu'elle regrette de s'être tenue à l'écart durant la première guerre. Mais le risque est trop grand. Pour elle, comme pour Wayne et Lyane.

La vieille sorcière laissa passer quelques secondes, le temps d'assimiler ce qu'une telle nouvelle allait apporter comme lot de malheur.

— Merci de m'avoir prévenue, dit-elle.

— Promettez-moi de veiller sur eux.

— Je vous promets de les protéger du Mal et d'eux-mêmes.

— Merci, lâcha-t-il dans un soupir de soulagement.

— Je vous ai mal jugé, Sirius. Vous êtes plus courageux et loyal que bon nombre d'anciens membres de la famille White. Pour moi, vous êtes l'un des nôtres.

Le Patronus hocha la tête dans une marque de respect, puis se volatilisa. À des milliers de kilomètres de là, Sirius prit une grande inspiration. Il lui fallait maintenant faire le plus difficile.

Armance se releva et prit rapidement la direction de la maison. Elle fit son possible pour calmer sa respiration précipitée, pour ne pas trahir l'empressement dont elle venait de faire preuve. Dans le foyer, elle observa Lowyn et Lyane qui se souriaient mutuellement, bien installées dans le canapé du salon. La doyenne de la famille ferma son esprit pour dissimuler toute trace de tristesse, en anticipant le malheur qu'apporterait la nouvelle. Elle s'installa dans son fauteuil et attendit que l'inévitable arrive.

— Tu as trouvé ce que tu voulais ? demanda Lowyn sans lâcher sa fille des yeux.

Armance qui avait laissé ses plantes en pleine nature, n'eut pas le temps de répondre. Une forme argentée se matérialisa entre les deux femmes.

— Sirius ? La troisième tâche s'est bien passée ? J'étais étonnée de ne pas avoir de tes nouvelles hier soir…

— Voldemort est de retour, annonça la voix du Maraudeur qui ne voulait plus laisser place au suspense.

— Quoi ? s'étonna Lowyn qui instinctivement resserra sa prise autour de sa fille.

— Le trophée était un Portoloin qui a conduit Harry ainsi qu'un autre élève jusqu'à Voldemort. Aidé de Queudver, il s'est servi du sang de Harry pour récupérer son corps. Harry s'est échappé par miracle.

— Mais… bégaya Lowyn. Je n'ai rien lu dans l'exemplaire de La Gazette du sorcier ce matin…

— Fudge refuse la vérité. Dumbledore m'a chargé de reprendre contact avec les anciens membres de l'Ordre du Phénix. J'ai directement transplané pour prévenir les autres. Je suis en sécurité chez Remus.

— Mais comment est-ce que ça a pu arriver ? Est-ce que Karkaroff était impliqué ?

— Non. Lui, il s'est enfui dans la nuit… C'est Bartty Croupton Jr qui était derrière tout ça. Durant toute l'année, il prenait du polynectare pour avoir les traits de Maugrey…

— Par Merlin…

Lowyn réfléchissait activement, ce qui l'empêcha de s'étonner du silence d'Armance. La vieille sorcière semblait attendre la suite pour savoir quand elle devrait intervenir.

— Quelle est la prochaine étape ? demanda Lowyn. Est-ce que Dumbledore a un plan ? Je pourrais venir…

— Non.

— Comment ça, non ?

— Je ne veux pas que tu viennes. Comme la dernière fois, le risque est bien trop grand pour vous.

— On a déjà eu cette conversation plusieurs fois, reprit Lowyn avec impatience. Voldemort ne s'intéresse qu'à Harry. Et j'imagine que ce doit être encore pire maintenant qu'il lui a échappé une fois de plus. Le pouvoir de commander aux dragons n'est plus quelque chose qu'il recherche…

— Lyane a besoin de toi.

Lowyn baissa les yeux vers sa fille. Cet argument était le plus percutant. Elle avait la désagréable impression que Sirius avait passé cette conversation dans sa tête plusieurs fois avant de l'avoir pour de bon. Et comme si elle était complice, la petite fille ne souriait plus en observant sa mère de ses grands yeux éveillés. L'innocence ainsi que la fragilité de cet être toucha la jeune femme en plein cœur.

— Je ne veux pas, murmura Lowyn dans un souffle. On avait dit…

— Mon amour, reprit doucement la voix de Sirius. Je sais ce qu'on avait dit. Mais les choses ont changé. La deuxième guerre vient de commencer. Te souviens-tu de la promesse que je t'ai faite lorsque tu as quitté Poudlard ?

Lowyn prit une grande inspiration pour tenter de chasser sa peine, tout en étant incapable d'éviter les larmes de couler sur ses joues.

— Je t'ai promis de tout faire pour mettre fin à cette guerre en devenant membre de l'Ordre du Phénix. Cette promesse est aussi vraie aujourd'hui qu'elle ne l'était il y a 17 ans.

— Mais cela peut durer des années, émit Lowyn d'une voix gémissante. Nous avons eu si peu de temps ensemble…

— Mais regarde ce que nous avons fait. Wayne et Lyane sont notre plus belle réussite. Et j'ai besoin de toi pour les protéger. Laisse-moi me rendre utile pour l'Ordre et aider Harry à lutter contre Voldemort. C'est la seule solution pour que son règne prenne fin au plus vite.

Lowyn conserva le silence. Elle avait toujours senti au fond d'elle-même que leur histoire prendrait cette direction. Elle baissa la tête, les yeux clos, incapable d'émettre le moindre son. Armance prit alors la parole :

— Merci, Sirius.

Quelques secondes s'écoulèrent avant que Lowyn ne trouve la force d'ouvrir à nouveau les yeux. Mais il était trop tard. Le Patronus venait de disparaître.

À plusieurs milliers de kilomètres d'Isla Aura, Sirius lâcha la baguette de son ancêtre qui rebondit sur le sol. Il enfouit son visage dans ses mains. Cet échange avait été bien plus difficile à vivre qu'il ne l'avait anticipé.

Ce n'était pas un adieu, se dit-il avec force pour se donner du courage.

Il entendit quelqu'un frapper à la porte. Il remonta ses mains jusque dans ses cheveux, chassant par la même occasion toute trace de larmes. Il ramassa sa baguette et fit quelques mouvements pour annuler les sorts de silence qu'il avait effectués pour se garantir de toute écoute malvenue.

Sirius ouvrit la porte de la chambre dans laquelle il se trouvait et reconnut Remus qui se tenait sur le seuil.

— Je ne voulais pas te déranger, dit Lunard d'une voix hésitante.

— Non, c'est bon, assura Sirius avec un sourire faux. Lowyn est maintenant au courant de la situation. Des nouvelles de Dumbledore ?

Remus laissa passer un silence en évaluant l'état de son ami. Il se doutait bien que la conversation avait dû être difficile.

— Oui. Son Patronus vient de partir. Maintenant que l'Ordre du Phénix est au complet, il cherche un endroit pour établir un quartier général…

Une lueur étrange brilla dans les yeux de Sirius.

— Je crois que j'ai une idée…


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