Un nouveau chapitre assez long !

Disclamer: Tout appartient à JK Rowling (sauf quelques idées) et je ne fais pas d'argent avec cette fic...

Bonne lecture...


La deuxième guerre

Wayne ouvrit les yeux, tiré du sommeil par une lueur argentée qui se dessinait dans la chambre. Le sorcier s'étonna de voir la forme du Patronus semblable en tout point à ce qu'il était en tant qu'Animagus. La panthère des neiges le regarda intensément avant de prendre la direction de la salle de bain. Le jeune White sortit du lit le plus lentement possible pour ne pas réveiller Roxane qui dormait encore profondément. Il prit sa baguette, entra dans la salle d'eau en prenant soin de refermer la porte et fit quelques mouvements pour assurer l'isolation phonique de la pièce.

— Maman ? demanda-t-il avec surprise.

— Oui, mon chéri, répondit la voix de Lowyn à travers l'animal argenté.

— Ton Patronus a changé. On dirait le mien.

— Je sais, il a changé. Rassure-toi, il est plus efficace qu'avant contre les Détraqueurs… Mais ce n'est pas de cela que je voulais te parler. Voldemort est de retour.

Wayne ouvrit la bouche sous le coup de la surprise. Il resta figé, incapable de prononcer le moindre mot.

— Il s'est servi de Harry pour renaître. Mais heureusement, le jeune Potter a réussi à lui échapper… Je te raconterai les détails lorsque tu rentreras à la maison, mais d'ici là, j'aimerais que tu sois sur tes gardes.

— D'accord. Je ferai attention, dit Wayne par réflexe en regardant le sol.

— Je t'aime.

— Je t'aime aussi, murmura-t-il dans un souffle.

Le Patronus se volatilisa dans une fumée argentée. Wayne resta immobile quelques minutes, le temps de mesurer toutes les conséquences qu'impliquait une telle information. Il savait que ce jour viendrait, qu'une deuxième guerre arriverait. Tous les signes inquiétants mis en évidence par ses parents l'été dernier l'avaient préparé à cette idée. Mais il aurait aimé avoir plus de temps avant de connaître ces jours de terreur à venir.

Il se trouvait dans le noir complet depuis que le Patronus avait quitté cette pièce du château d'Ilvermorny. Le jour n'était pas encore levé. Malgré tout, il cligna des paupières comme si cela pouvait l'aider à y voir plus clair. Il annula tous les sorts de protection, un à un. Puis il retourna dans la chambre. Roxane ne semblait pas avoir fait le moindre mouvement. Wayne la rejoignit en évitant de la réveiller. Maintenant allongé sur le dos, il observa sans le voir le plafond haut de cette pièce ancestrale. Roxane bougea légèrement et plaça son bras sur le torse de Wayne, sans pour autant sortir de son sommeil.

Grâce aux faibles rayons de lune, le jeune White observa la sorcière. Sa respiration était calme et mesurée. Ses cheveux se trouvaient éparpillés sur l'oreiller et lui mangeaient une partie du visage. Il pouvait deviner un petit sourire sur ses lèvres fines. Elle semblait si sereine. Bien loin d'imaginer que quelque part, un Mage Noir venait de retrouver son corps pour répandre à nouveau toute la terreur dont il était avide. Wayne s'était préparé à cette idée depuis son enfance. Il avait toujours su que ses capacités pourraient attirer des ennemis : Voldemort ou d'autres. Lowyn l'avait formé à protéger son esprit et leurs secrets. Mais en cet instant, ce n'était pas pour lui qu'il avait peur. Il savait que les premières victimes dans cette nouvelle guerre seraient les enfants de Moldus.

Wayne réalisa à quel point il s'était attaché à Roxane. Après tous ces mois auprès d'elle, il avait du mal à imaginer comment il avait pu vivre sans elle auparavant. Il avait peur que cette guerre ne la transforme en quelqu'un d'autre. Qu'elle perde son sourire et sa joie de vivre si communicative. Il devait tout faire pour la protéger. Mais il ne pouvait pas annoncer ce qu'il venait d'apprendre. Il devait attendre que la rumeur vienne jusqu'à eux…

Le sorcier prit la main de la jeune Scott dans la sienne. Leurs doigts s'entremêlèrent tout contre son torse et la jeune fille plissa ses paupières. Elle s'écarta doucement de son oreiller et lui adressa un sourire avec un regard endormi.

— Je ne voulais pas te réveiller, dit-il. Il est encore tôt…

— Et toi, tu ne dors plus ? s'étonna-t-elle d'une voix pâteuse.

— Non. Mais toi tu le peux encore si tu veux.

— Trop tard.

— Je ne voulais pas te sortir d'un beau rêve.

— Impossible de savoir, répondit Roxane avec un sourire énigmatique. Je ne me souviens jamais de mes rêves.

Elle appuya son menton dans la paume de sa main libre pour se trouver maintenant à la même hauteur que Wayne et l'observer sans plus aucune trace de sommeil. Même s'il faisait encore bien sombre dans la pièce, il put reconnaître la couleur verte des yeux de la sorcière. Il repensa également à ce Mage Noir qui semblait de retour et son regard s'assombrit.

— Ça ne va pas ? s'étonna Roxane qui venait de lâcher son sourire.

Wayne recula légèrement la tête et protégea ses pensées.

— Je déteste quand tu fais ça ! s'exclama Roxane en retirant vivement sa main de la sienne.

— Quand je fais quoi ? s'étonna Wayne.

— Ton regard ! Ça fait comme un voile dans tes yeux. Comme si tu fermais ton esprit ! On dirait… C'est comme si tu pratiquais l'occlumencie !

Wayne réfléchit rapidement pour trouver une parade. Il ne voulait pas lui avouer qu'il avait souvent recours à cette pratique pour se protéger de toute intrusion. Mentir était également compliqué. Il tenta alors l'honnêteté sur ce qui le rongeait en cet instant.

— L'année se termine dans une semaine, et je n'ai pas envie de passer l'été loin de toi.

Roxane ouvrit la bouche de surprise. Elle était touchée d'un tel aveu elle en oublia complètement ses accusations infondées sur l'occlumencie.

— On pourra peut-être trouver un moyen de se voir, commença-t-elle avec douceur. Je sais que c'est compliqué avec ma famille de Non-Maj's qui n'est même pas reliée au réseau de cheminées…

Wayne se détestait de ne pas lui parler franchement. Elle semblait maintenant convaincue que c'était à cause de sa famille que leur relation devait se faire à distance durant les vacances. Pris d'une impulsion, il s'approcha de Roxane et l'embrassa doucement. La jeune Scott répondit à son approche et se laissa emporter par une vague de tendresse dont il avait le secret. Ils se laissèrent rapidement gagnés par leur désir et, bientôt, Roxane se retrouva à murmurer le prénom de Wayne dans des souffles de plaisir.

Il leur avait fallu du temps avant d'en arriver à cette étape de leur relation. Ils avaient balayé tout l'éventail des pratiques de protection. En règle générale dans le monde de la magie, c'était à la sorcière de se protéger par un sort qu'il lui fallait lancer une fois par mois. Pour un sorcier, c'était plus délicat. Le même sortilège devait lui être pratiqué tous les jours pour être efficace. En plus de tout ceci, Roxane veillait également à utiliser une méthode Moldue. La jeune sorcière avait confiance en l'efficacité de la magie, mais ses parents n'étaient pas du même avis. Voilà pourquoi toutes les précautions avaient été adoptées.

— Ça va me manquer, reconnut Roxane alors qu'elle venait tout juste de retrouver une respiration contrôlée.

— Je t'aime tellement, avoua Wayne en caressant la joue de la jeune fille.

— Je vous aime aussi Monsieur Wish.

Wayne fronça les sourcils un court instant à l'évocation du nom de famille qui n'était pas réellement le sien. Il renonça à fermer son esprit pour ne pas retrouver la colère dans les yeux de la sorcière. Mais cette dernière n'avait pas remarqué cette micro-expression.

Il ne fallut pas attendre bien longtemps pour que des rumeurs arrivent jusqu'à Ilvermorny. Le lendemain après-midi, Wayne et Roxane se trouvaient dans le parc du château, assis auprès d'un arbre. Dereck et Jimmy étaient également avec eux, profitant de ces quelques heures de liberté. Jimmy conservait ses sourcils froncés tout en lisant un journal. Sa peau sombre lui donnait une expression plus soucieuse que de raison, en durcissant ses traits. Il jouait nerveusement à faire tourner sa baguette magique entre ses doigts. Dereck portait son attention sur un petit fagotin de plantes diverses qu'il attachait avec le plus grand soin. Ses yeux en amande sombre étaient encadrés de longs cheveux noirs et fin, vestiges de ses origines amérindiennes. Wayne gardait un œil attentif aux différents allers et venues des élèves alentour. Il n'avait pas oublié la demande de sa mère de rester sur ses gardes. Roxane, quant à elle, était assise en tailleur entre les jambes du jeune White tout en parcourant un livre. Elle avait relevé ses cheveux fins en un chignon vague simplement maintenu par sa propre baguette magique. Une habitude qu'elle avait dans le monde de la magie pour la conserver à portée de main, plutôt que dans une poche comme le faisaient les autres sorciers. Wayne aimait d'ailleurs beaucoup lorsqu'elle récupérait sa baguette en libérant ainsi ses cheveux qui retombaient en une cascade dorée et désordonnée. Mais pour l'heure, la sorcière était concentrée dans sa lecture.

— Je suis sûre que je me suis trompée dans la traduction des runes, marmonna-t-elle avec une pointe de déception dans la voix.

— Tu t'inquiètes pour rien, assura Wayne.

— Tu crois ? Je n'ai eu que le niveau Acceptable dans la plupart des matières en examens blancs des BUSE…

— Les épreuves sont passées, il n'y a plus rien à faire maintenant, confirma Dereck. Alea jacta est. Le sort en est jeté.

— En parlant de sort, reprit Roxane en récupérant sa baguette magique et libérant ainsi ses cheveux. Je devrais peut-être m'entraîner un peu. Ça ne va pas m'aider deux mois de vacances sans pratique… J'ai tellement hâte d'être majeure !

Elle exécuta un mouvement de poignet en prononçant une incantation et la brindille qui se trouvait devant elle se changea en une rose.

— J'adore la magie ! s'enthousiasma la jeune fille en prenant la fleur entre ses doigts.

— Tu assures en métamorphose, complimenta Wayne.

— Il y a au moins une matière que je maîtrise !

Jimmy replia son journal tout en gardant une expression anxieuse.

Le Daily Salem s'y met, dit-il. Eux aussi cherchent à tourner Albus Dumbledore et Harry Potter en ridicule…

— Ce serait sympa de changer de disque, reprit Dereck. La Gazette du sorcier n'a pas arrêté de s'acharner sur Harry toute l'année à cause de sa participation au Tournoi des Trois Sorciers… À sa place, je n'aurais pas tenté de mettre mon nom dans la coupe.

— Rien ne prouve que ce soit lui qui l'ait fait, poursuivit Wayne.

Dereck se contenta d'une grimace peu convaincue.

— Vous avez entendu la rumeur ? demanda Jimmy. Malcom a de la famille en Europe et même un cousin qui fait ses études à Poudlard. Apparemment, Harry est ressorti de la troisième tâche avec le cadavre d'un élève dans les bras en disant que Vous-Savez-Qui était revenu !

Dereck et Roxane eurent une expression choquée. Seul Wayne garda un visage impassible.

— Depuis ce jour, poursuivit Jimmy, Dumbledore n'arrête pas de dire à qui veut entendre que c'est la vérité et qu'il faut se préparer pour une nouvelle guerre…

— C'est complètement dingue ! s'étonna Dereck.

— Moi j'y crois, assura Wayne. Dumbledore ne s'amuserait pas à répandre de fausses informations aussi graves.

Le jeune White s'efforça de ne pas croiser le regard terrifié de Roxane. Il ne vit que ses mains tremblantes. La jeune fille ne remarqua pas qu'elle venait de se piquer avec une des épines de sa rose en répandant ainsi quelques gouttes de sang dans l'herbe.

— Je n'sais pas, continua Dereck perplexe. Il commence à se faire vieux…

— Rappelle-moi quel âge à ta grand-mère ? demanda Wayne avec un sourire entendu.

— Je vois où tu veux en venir. Mais je trouve ça assez dingue que Vous-Savez-Qui puisse revenir…

— Ce n'est pas plus dingue que d'imaginer qu'un bébé l'ait terrassé définitivement, poursuivit Wayne.

— Donc pour toi c'était sûr qu'il reviendrait ? s'étonna Jimmy.

— C'est ce qui semble être arrivé…

Roxane qui avait porté son doigt à sa bouche pour stopper le saignement, intervint :

— En admettant que ce soit vrai, qu'est-ce qui se passerait ? Je veux dire… Comme tout le monde, j'ai entendu dire que c'était terrible la dernière fois. Mais j'ai grandi avec des Non-Maj's donc je n'en sais pas autant que vous…

Elle remarqua que les regards des trois sorciers s'assombrirent au même instant. Ils semblaient tous mal à l'aise. Ce fut Dereck qui parla en premier :

— La dernière fois, les premières victimes étaient les Non-Maj's et les nés-Non-Maj's…

Roxane se figea et Wayne perçut dans ses yeux une lueur de tristesse qu'il n'aurait jamais aimé découvrir.

— Mais tout le monde était menacé, rajouta-t-il avec vigueur. Les Sang-Mêlés et même les Sang-Purs qui ne partageaient pas les idées de légitimité magique par la pureté du sang…

Wayne vit Walters qui passait devant eux avec un air hautain et suffisant. Il lui lança un regard noir et rajouta :

— Je pense malheureusement que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom est de retour. Il n'y a qu'à voir la mine réjouie de Walters pour en être convaincu.

Après cet échange, Wayne n'avait pas été capable d'étouffer la vague de scepticisme. Il comprenait que ses amis préféraient ne pas croire que leur monde allait s'effondrer. Pourtant, il ne lui restait que peu de temps pour convaincre Roxane avant leur séparation estivale. Il prit alors la décision de lui révéler certaines choses.

Le soir venu, ils se retrouvèrent tous les deux dans leur chambre. Roxane passa ses bras autour du cou de Wayne en disant :

— Je suis bien contente qu'Agathe m'ait laissé sa chambre de préfète qu'elle n'utilise jamais. Ça nous laisse un coin rien qu'à nous…

— Oui. Ça tombe bien. Je voulais profiter qu'on soit seuls pour te dire certaines choses.

— Ça concerne Tu-Sais-Qui ? demanda Roxane en évaluant la mine sombre de Wayne.

— En partie, oui.

Le jeune White s'écarta d'elle et commença à appliquer des sorts de protection tout autour d'eux à l'aide de sa baguette. Roxane s'assit sur le lit en réalisant à quel point cette conversation devait être importante. Lorsqu'il eut terminé, il prit place à côté d'elle et glissa ses mains dans les siennes en les observant avec soin, comme ce jour lointain où il avait appliqué de l'essence de Murlap pour soulager sa douleur…

— Lors de la première guerre, ma famille a été frappée de plein fouet. Personne ici n'est au courant. Même pas Dereck et Jimmy. Sur ordre de Tu-Sais-Qui, mes grands-parents et mon oncle ont été assassinés. Ils vivaient en France et ma mère faisait ses études à l'académie de Beauxbâtons. Elle s'est retrouvée seule. Il lui restait une année scolaire à faire. Alors elle est allée à Poudlard pour rester protégée par Dumbledore.

Roxane retenait son souffle. Wayne eut un mince sourire en ajoutant :

— C'est là qu'elle a rencontré mon père. À la fin de son année, elle était enceinte de moi. Elle a pris la fuite avec mon arrière-grand-mère qui s'était fait passer pour morte pour échapper à Tu-Sais-Qui durant toute la guerre… Après, tu connais la suite avec Harry… Ce qu'il faut savoir, c'est que j'ai toujours appris à me protéger et me défendre contre les forces du Mal. Je vis dans un endroit que je ne peux pas te décrire, puisqu'il est protégé par un sortilège de Fidelitas. Tout ça pour te dire que j'ai confiance en Dumbledore. Sans lui, je n'existerai probablement pas. Et s'il dit que Tu-Sais-Qui est de retour, c'est qu'il est revenu.

— C'est terrible, dit Roxane avec une voix angoissée. Si les familles de sorciers sont attaquées, comment est-ce que je peux espérer avoir une chance de m'en sortir avec une famille de Non-Maj's ?

— Il faut agir avec prudence. Tout se passe en Europe pour l'instant. Et d'après les journaux, la vérité n'a pas encore été acceptée par le ministère de la Magie. Ce ne serait donc pas très malin de la part de Tu-Sais-Qui d'agir à visage découvert… Mais il a malgré tout des sorciers qui approuvent ses idées.

— Walters ?

— Peut-être. Je voudrais que tu fasses attention cet été. J'aimerais que tu gardes ta baguette en permanence à portée de main. Au cas où…

— Mais je n'aurai 17 ans qu'en janvier, coupa Roxane. Je n'ai pas le droit de faire usage de la magie en dehors d'Ilvermorny.

— En cas de danger, il ne te sera pas reproché d'utiliser la magie pour sauver ta vie.

La jeune sorcière fut incapable de prononcer les mots qui lui brûlaient les lèvres : en serais-je seulement capable ?

Au 12, square Grimmaurd, Dumbledore avait fini de parler. Il invita les différents membres de cette pièce à partir. Les uns après les autres, les sorciers et sorcières qui composaient l'Ordre du Phénix se séparèrent et commencèrent à prendre le chemin de la sortie. Sirius qui s'était levé comme les autres, fut retenu par une voix autoritaire qui l'interpella :

— J'aimerais vous parler, Black.

Le Maraudeur se tourna pour faire face au professeur McGonagall.

— Dumbledore m'a dit que James, Peter et vous étiez devenus des Animagi à Poudlard… Comment avez-vous pu réussir une telle prouesse ?

Sirius eut un sourire amusé.

— On a eu un excellent professeur de Métamorphose.

— Je vous en prie Black, gardez vos flatteries pour vous, répliqua Minerva d'un ton cassant.

— Avouez-le, James et moi, on était vos élèves préférés, ajouta Sirius qui était incapable de se départir de son sourire amusé.

— Vous voulez dire, les élèves qui m'ont causé le plus de soucis… Je n'en reviens toujours pas que vous ayez pu réussir une telle chose sous mon nez.

— On savait bien qu'il nous fallait redoubler de vigilance devant vous, précisa Sirius. Si vous nous aviez pris avec une feuille de mandragore dans la bouche, nous étions sûrs que vous auriez tout de suite deviné ce que nous projetions de faire. Ça n'a pas été facile. James et moi n'y sommes pas parvenus avant notre 3ème année. Peter a mis plus de temps. Il a avalé sa feuille de mandragore plusieurs fois, l'obligeant à tout recommencer depuis le début… Je crois même me souvenir qu'il a failli s'étouffer avec en dormant. Ça nous aurait évité bien des problèmes par la suite s'il était mort à ce moment-là, ajouta Sirius d'un air songeur.

— Vous n'êtes pas croyable ! lâcha McGonagall en ayant du mal à réaliser ce qui s'était passé sous ses yeux durant toutes ces années.

— Vous ne devez pas vous sentir coupable de n'avoir rien vu, reprit le Maraudeur avec sérieux. Je ne vous l'ai peut-être jamais dit, mais vous avez toujours été mon professeur préféré.

— Je vous ai dit de garder vos flatteries pour vous, répliqua sèchement Minerva.

— Mais c'est vrai. Regardez où j'ai grandi, ajouta Sirius en désignant le décor sinistre de la demeure des Black qui tenait désormais lieu de quartier général de l'Ordre du Phénix. Une famille qui a toujours été envoyée à Serpentard avec pour devise : toujours pur. Ç'a été le premier plus beau jour de ma vie lorsque j'ai été désigné à Gryffondor. Et j'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour la directrice de ma maison.

Il y eut un silence durant lequel McGonagall semblait chercher une quelconque trace de moquerie dans le regard du dernier des Black. Mais il ne semblait plus disposé à rire. Elle accepta donc le compliment et reprit d'une voix plus douce :

— C'était quand même inconscient de votre part. Une telle transformation peut très mal tourner si elle n'est pas réalisée avec prudence…

— Nous connaissions les risques, assura gravement Sirius. Mais nous voulions tout faire pour aider notre ami à affronter ses nuits de pleine lune…

Il jeta un regard à Remus qui discutait avec Tonks, sourire aux lèvres. Le professeur suivit son regard et sentit son cœur se serrer en observant le sorcier qui devenait malgré lui un monstre une fois par mois.

Plus loin, Severus Rogue venait de terminer une conversation en catimini avec le directeur de Poudlard. Il passa devant Sirius et les deux hommes ne purent s'empêcher de se lancer un regard rempli de haine. Dumbledore s'avança vers le dernier des Black et lui annonça qu'il avait une chose importante à lui dire.

Après un dernier baiser, Wayne observa Roxane s'éloigner sur le quai de la gare. Il ne la lâcha pas des yeux, alors qu'elle s'avançait dans la foule dense. Il pouvait voir la baguette magique de la jeune sorcière qui maintenait ses cheveux relevés. Il espéra de toutes ses forces qu'elle n'aurait pas besoin d'en faire usage. Une fois que la jeune Scott fut invisible, Wayne se dirigea dans un coin à l'écart. Il sortit son médaillon et, d'un coup de baguette, le changea en Portoloin. Il sentit comme un crochet le saisir par le nombril et il quitta les États-Unis pour se retrouver sur une île au milieu de l'océan pacifique. L'air était doux et semblait salé rien qu'à l'odeur. Il marcha sur le sable fin, s'avançant vers l'unique maison en traînant avec lui son imposante valise qui contenait toutes ses affaires.

— Contente de te revoir mon grand, annonça Armance en serrant son arrière-petit-fils dans ses bras dès son entrée dans la demeure.

— Mon chéri !

À son tour, Lowyn prit Wayne dans ses bras avec tendresse. Cette étreinte sembla plus longue que d'habitude. Mais il ne fit rien pour manifester son impatience. Lorsqu'elle s'éloigna, le jeune White put reconnaître des larmes dans ses yeux. Il ne fit aucun commentaire. Il avança prudemment vers le petit lit aménagé dans la pièce. C'était la première fois qu'il voyait sa petite sœur. Lyane n'avait pas encore un mois, mais elle souriait déjà à la vue de son grand frère.

— Papa n'est pas là.

Cette phrase sonnait plus comme une constatation qu'une véritable question.

— Ton père a fait preuve de courage en décidant de rester pour aider l'Ordre du Phénix, annonça Armance avec une fierté dans la voix que Wayne ne lui connaissait pas.

— Une promesse qu'il m'avait faite il y a 17 ans, murmura Lowyn visiblement bouleversée.

Wayne lâcha Lyane du regard pour se tourner vers sa mère. Il comprit que sa ressemblance avec Sirius devait être une douce torture pour elle.

— La dernière fois que je l'ai vu, je lui ai dit que j'étais fier qu'il protège Harry Potter, dit-il. C'est d'autant plus vrai aujourd'hui que ça ne l'était l'an passé.

Les trois White s'installèrent à table et purent échanger en détail sur les différents événements qui avaient conduit à la résurrection du Seigneur des Ténèbres.

— A Ilvermorny aussi, beaucoup mettent en doute la parole de Harry, confirma Wayne. Le Daily Salem a aussi diffusé le même genre d'articles que La Gazette du sorcier. De toute façon, les gens ne sont pas prêts à accepter que leur monde puisse s'effondrer… Je verrai bien comment les choses auront évolué en septembre.

Lowyn échangea un regard avec Armance.

— Quoi ? demanda Wayne à qui cet échange n'avait pas échappé.

— Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée que tu y retournes, dit lentement Lowyn.

— Tu plaisantes ?

— Avec le retour de Voldemort, notre famille est de nouveau en danger…

— Ça te va bien de dire ça ! s'exclama Wayne qui sentait la colère gronder en lui. Toi qui as insisté pour terminer tes études alors que Voldemort venait de tuer toute notre famille ! C'est quoi le plan ? M'envoyer à Poudlard pour faire mes deux dernières années sous la protection de Dumbledore ?

— Pourquoi pas ? répondit Lowyn en adoptant le même ton sec que son fils.

— J'ai beaucoup de respect pour Dumbledore, intervint Armance, mais je ne pense pas qu'il soit très judicieux de se rapprocher de Harry par les temps qui courent. Le Seigneur des Ténèbres est surtout concentré sur ce Potter plus qu'autre chose…

— Exactement, confirma Wayne avec fougue. Après qu'il lui ait échappé une fois de plus, j'imagine très mal Voldemort se demander s'il ne serait pas intéressant de laisser Harry tranquille le temps de trouver d'éventuels survivants de la famille White !

— Il n'y a pas que Voldemort ! s'emporta Lowyn. Il a des adeptes dans tous les pays. Je pense ce serait dangereux pour toi de te trouver à leur contact.

— Mais personne ne sait que j'existe ! Je suis Wayne Wish. Un sorcier ordinaire. Ça attirerait justement l'attention sur moi si je ne revenais pas alors que personne ne croit en son retour !

— Il n'a pas tort, admit Armance.

— Alors vous êtes tous les deux contre moi ! s'exclama Lowyn.

— Il ne s'agit pas seulement de nous, reprit Wayne avec une voix plus calme pour tenter de raisonner sa mère. J'ai des amis qui ne mesurent pas les conséquences d'une telle guerre…

— Des amis ? s'étonna Armance. Je croyais avoir été claire. Tu ne devais pas t'attacher.

— Grand-mère, ne sois pas ridicule ! Comment voulais-tu que je me fasse passer pour un élève normal sans me sociabiliser un minimum ?

Mais Lowyn dévisageait son fils avec intensité.

— Il s'agit de Roxane, dit-elle.

Wayne garda le silence et il ferma son esprit.

— Roxane ? demanda Armance. Roxane Scott qui est à Puckwoodgenie ?

Wayne se tourna vers la doyenne de la famille avec une expression étonnée qu'il ne put camoufler par magie.

— Je me suis renseignée, figure-toi ! Et je n'aime pas beaucoup l'idée qu'elle soit issue d'une famille Moldue…

— Tu crois vraiment que c'est le moment de parler de ça ? demanda Lowyn sèchement, puis elle se tourna vers son fils. Je ne veux pas que tu prennes des risques inconsidérés.

— Maman, ce n'est pas parce que tu n'acceptes pas l'idée que papa ne soit plus auprès de toi qu'il faut que tu me retiennes ici pour compenser le manque !

Lowyn prit ces mots comme un coup porté en plein cœur. Elle resta figée, incapable de prononcer la moindre parole. Wayne se leva, emporté par la rage, et s'enferma dans sa chambre. Lyane s'agitait dans son petit lit et Armance se leva pour calmer ses pleurs qui menaçaient d'éclater.

Sirius tournait sa baguette magique entre ses doigts d'un geste nerveux. Il était content de l'avoir retrouvée. Une chance que Kingsley Shackelbolt était l'Auror en charge de le retrouver et membre de l'Ordre du Phénix. Dès leur première réunion, Dumbledore avait tout de suite éclairci la situation pour restaurer l'innocence du Maraudeur dans les esprits de chacun. Kingsley avait profité de sa position pour faire discrètement sortir la véritable baguette de Sirius du ministère et la lui rendre. Mais en cet instant, il voulait pouvoir l'utiliser afin d'aider activement l'Ordre du Phénix. Il était assis dans la cuisine de la sinistre demeure des Black. Le mois de juillet venait de commencer et cette maison n'avait pas connu autant d'occupants depuis de longues années. Sirius avait proposé les lieux comme quartier général et, depuis que l'année scolaire s'était terminée, il y avait également une flopée de Weasley qui résidait maintenant en cet endroit lugubre.

— Cette maison va me rendre dingue, commenta-t-il à l'adresse de Remus qui se tenait assis face à lui.

— C'était une excellente idée, assura le Maraudeur.

— Oui, mais je ne savais pas qu'elle deviendrait ma nouvelle prison…

— Comment ça ? s'étonna Remus.

— Notre cher ami Servilus a révélé certaines informations à Dumbledore. Il semblerait que Queudver ait raconté à ses petits camarades Mangemorts comment je me trouvais sous ma forme Patmol… Du coup, le directeur ne veut plus que je sorte. Franchement Lunard, ça me rend dingue. Quand je pense qu'il m'a demandé de serrer la main de Servilus. Ça me dégoûte. Ses doigts sont aussi gras que ses cheveux !

— Est-ce qu'on a bien entendu ? demanda soudainement Fred Weasley qui se trouvait assis non loin d'eux.

— J'ai cru reconnaître Lunard, Queudver et Patmol, poursuivit Georges.

— Il ne manque plus que Cornedrue…, ajouta Fred avec un sourire énigmatique.

Sirius et Remus échangèrent un regard.

— Que savez-vous à leur sujet ? demanda prudemment Remus.

— Vous connaissez les Maraudeurs ? demanda fébrilement Fred.

— Fiston, c'est nous les Maraudeurs, annonça Sirius qui avait décidé de ne rien cacher.

— Oh ! Professeur Lupin ! C'est incroyable ! Je n'aurais jamais cru ça de vous, s'étonna Georges d'une voix enthousiaste.

— Vous êtes les créateurs de la Carte du Maraudeur ! ajouta Fred qui se rapprochait maintenant des deux hommes. Nous vous devons tout !

— Tout notre succès !

Sirius eut un sourire amusé.

— Notre réputation nous précède, dit-il.

— Comment avez-vous eu la carte ? s'étonna Remus. Je croyais qu'elle avait été perdue.

— C'était durant notre première année, raconta Fred. On s'est retrouvés dans le bureau de Rusard…

— Un simple malentendu, bien sûr ! ajouta Georges. Et on a aperçu ce morceau de parchemin dans un tiroir où il était écrit Objets dangereux confisqués

— On ne pouvait pas le laisser là. C'était bien trop dangereux pour lui, assura Fred en toute bonne foi.

— Ça explique bien des choses, dit Remus en esquissant un sourire devant ses anciens élèves.

— Donc, Lunard… commença Fred en regardant Remus.

— Patmol, ajouta Georges en se tournant vers Sirius.

— Queudver on l'oublie, précisa Sirius.

— D'accord, se contenta d'approuver Fred. Qui est Cornedrue ?

— C'était le père de Harry, annonça Remus avec un sourire triste.

— C'est complètement dingue ! s'exclama Georges.

— Harry c'est mini-Cornedrue ! Dites-nous tout !

— On a un millier de questions !

Sirius lança un regard appuyé à Remus, puis il demanda :

— C'est toi qui racontes ou c'est moi ?

Les vacances d'été touchaient maintenant à leur fin. Guidée par son intuition, Lowyn entra dans la chambre de son fils. Elle ne fut pas surprise de la trouver vide. Un morceau de parchemin reposait sur le lit :

Maman,

Tu dois comprendre que je ne pouvais pas rester. Je serai prudent comme tu me l'as toujours appris.

Je t'aime.

Wayne

Lowyn n'était pas en colère. Elle savait que cela se passerait de cette façon. Durant tout l'été, le jeune sorcier avait simplement fermé son esprit sans chercher à discuter de la suite des événements. Elle savait qu'il avait pris sa décision et qu'il était impossible de lui ôter l'envie de retourner à Ilvermorny. Lowyn n'avait fait aucune remarque en se rendant compte des nombreux échanges de hiboux durant les deux mois. Elle se doutait bien qu'il s'agissait là d'une correspondance entre Roxane et son fils. Elle garda ses pensées pour elle. Se détestant même parfois de ressentir une sorte de jalousie. Elle enviait ce qu'ils vivaient. Car Lowyn n'avait plus eu le moindre contact avec Sirius. Mais ce silence était nécessaire. Elle réalisa qu'il ne lui faudrait qu'un simple échange pour lui faire renoncer à l'idée de rester sur l'île et retrouver le Maraudeur.

À plusieurs milliers de kilomètres d'Isla Aura, Wayne rangea son médaillon sous son col. Il s'avança vers l'entrée qui menait au château de granit d'Ilvermorny. Non loin de là, il put reconnaître une jeune sorcière aux cheveux dorés qui s'avançait vers lui en courant. Elle sauta dans ses bras et enroula ses jambes autour de sa taille. Il resserra ses mains autour d'elle et commença embrasser ses lèvres, cédant ainsi à une pulsion dévorante. Après quelques secondes, elle s'écarta légèrement pour murmurer :

— Tu m'as manqué.

— Ça se voit, dit-il amusé.

Elle desserra quelque peu ses jambes et glissa lentement de quelques centimètres jusqu'à ce que ses pieds puissent à nouveau toucher la terre ferme. Avec une pointe d'inquiétude dans ses yeux verts, elle demanda :

— Trop spontanée ?

Wayne se mit à rire franchement et rassura la jeune sorcière :

— Surtout ne change rien.

Roxane eut un sourire éblouissant.

— Ne traînons pas, il faut que j'aille vomir !

Walters passait avec sa bande non loin du couple en parlant suffisamment fort pour se faire entendre.

— Lui en revanche, il n'était pas obligé de revenir…

Wayne suivit Walters du regard, puis reprit :

— Tu n'as pas eu de problème cet été ?

— Non, assura-t-elle. Tout semble pareil. À part ma tante qui est tombée gravement malade, comme je te l'ai dit par hibou. Du coup mes parents ont décidé d'aller la rejoindre en Arizona. J'ai essayé de les convaincre de rester là-bas. J'avais tout de même un mauvais pressentiment à New York. On a des voisins qui ont disparu. C'était assez étrange.

Wayne resta songeur pendant quelques secondes.

— J'aimerais t'apprendre certaines choses cette année, dit-il.

— Comme quoi ?

— Des sorts de défense contre les forces du Mal. On ne serait jamais trop prudent maintenant. J'aurais l'esprit plus tranquille si jamais je devais me trouver loin de toi.

— D'accord. Mais tu risques d'avoir du boulot ! Mes notes de BUSE n'étaient pas excellentes… Acceptable quasiment partout. Je ne sais pas trop comment, j'ai tout de même arraché un Optimal en Métamorphose…

— Ne t'inquiète pas, assura Wayne. Ton Charme du Bouclier était très prometteur l'année dernière ! Et la Métamorphose pourrait être une arme de défense efficace également…

Roxane se laissa convaincre. Elle avait entièrement confiance en lui.

Après plusieurs semaines, elle se rendit compte que Wayne avait raison. Elle ignorait si c'était sa façon d'aborder les choses, ou tout simplement la confiance qu'il plaçait en elle, mais Roxane vit rapidement ses progrès se manifester. Elle fut d'ailleurs heureuse de constater que ses notes s'en ressentaient également dans certaines matières. Elle eut bien plus d'assurance pour lancer des sorts tels que le désarmement ou la stupéfixion. Après quelques semaines de convalescence, la tante de Roxane perdit subitement la vie. Les ravages d'un cancer fulgurant qui avait attristé toute la famille Scott. La vie était courte et Roxane avait fini par accepter cette perte et transformer sa peine en une détermination farouche pour approfondir son apprentissage.

Ce jour-là, elle se concentrait sur un souvenir heureux pour appeler son protecteur argenté. Elle n'avait jamais vu de Détraqueur de sa vie et n'avait pas hâte de connaître une telle expérience.

— Le problème avec ces créatures, c'est qu'elles sont invisibles pour les Non-Maj's, rappelait Wayne. Ta famille pourrait donc tomber sur eux facilement et tu serais la seule à pouvoir les aider…

Cette pensée s'insinua dans l'esprit de la sorcière et son nuage argenté ne donna pas la moindre forme, avant de disparaître rapidement. Elle soupira en faisant voler un instant une de ses mèches de cheveux. Wayne ne fit aucun commentaire, attendant simplement qu'elle renouvelle l'essai. Roxane ferma les yeux et laissa son esprit se concentrer sur un instant magique qu'elle avait échangé avec le sorcier.

— Spero Patronum.

Cette fois-ci, la forme argentée s'agrandit en prenant l'apparence d'un cheval à la crinière sauvage. Wayne eut un sourire émerveillé et Roxane s'extasia devant cette apparition qu'elle n'aurait jamais soupçonnée.

— J'avais lu que bien souvent, la forme du Patronus est équivalence à la forme Animagus de celui qui le produit, commenta la jeune Scott.

— Ce n'est pas toujours le cas. Parfois il représente la personne que l'on aime le plus.

— La personne ? Pourtant c'est une forme animale. Tu penses à une forme Animagus de cette personne ?

— Peut-être… se hasarda Wayne en pensant que c'était ce qui était arrivé pour son père.

— Donc cette forme Patronus signifie sans doute que l'un de nous deux serait un cheval sous forme Animagus…

Il se contenta d'un sourire amusé, ne voulant rien révéler de la réponse qu'il connaissait. Il n'avait jamais parlé à Roxane de sa capacité à se changer en panthère des neiges. Comme sa mère avant lui, il préférait ne pas tout dévoiler tant qu'il ne se sentait pas obligé de le faire. Roxane garda son attention sur le cheval d'argent et commenta :

— Je ne vois pas l'intérêt de devenir un Animagus. C'est vrai, tu es obligé de le déclarer au MACUSA avec tous les détails physiques, si bien que ça n'est plus un secret pour personne…

— Donc tu ne serais pas tentée de garder à la bouche une feuille de mandragore pendant un mois entier avant de devoir attendre un orage ? demanda Wayne avec un sourire amusé.

— Il me serait impossible de passer un mois entier sans pouvoir faire ça.

Elle s'approcha du sorcier et l'embrassa doucement. Puis elle murmura :

— Les vacances de Noël approchent et cela rime avec une nouvelle séparation…

Wayne caressa la joue de Roxane en gardant un regard vague.

— J'aurais également une autre idée… Un sortilège de protection assez puissant.

— Un que tu voudrais m'apprendre ?

— Non. On n'aurait pas le temps… Un que je pourrais lancer sur la maison de tes parents, durant les vacances... Le Sortilège de Fidelitas.

— Pour que notre maison devienne introuvable ? s'étonna Roxane. Mais Wayne, on n'est pas majeurs. Il faudrait être sur place et on ne peut pas lancer de sortilèges en dehors d'Ilvermorny sans finir renvoyés.

— Je sais, dit-il. Mais j'ai un mauvais pressentiment. Peut-être que je pourrai tout de même le lancer. Je ne recevrai qu'un premier avertissement…

La veille des vacances de Noël, Lowyn reçut la visite d'un hibou qui apportait une lettre. Elle déroula le parchemin pour découvrir le mot de son fils :

Maman,

J'ai programmé mon Portoloin un jour plus tard que d'habitude. J'ai quelque chose d'important à faire avant de venir.

Je t'aime.

Wayne

Lowyn soupira. Armance se leva et prit la lettre sans attendre l'autorisation de sa petite-fille pour la lire.

— Je vais le suivre, annonça Armance. Même si tout semble encore bien calme, je préfère être là. Il n'a pas encore le droit d'utiliser la magie en dehors de l'école. Il peut très bien le faire ici parce que le MACUSA n'a aucune idée de qui peut venir un sortilège dans une maison de sorcier. Mais dans un monde Moldu, la Trace saura le retrouver…

Wayne et Roxane avaient quitté Ilvermorny plus tôt dans la journée et ils se dirigeaient maintenant dans l'aéroport de l'État d'Arizona. C'était la première fois que le sorcier prenait l'avion. Une expérience qu'il avait passée non sans une certaine angoisse. Une fois au terminal, Roxane repéra rapidement sa famille et courra auprès d'eux pour les embrasser chaleureusement. Wayne observa le couple Moldu qui avait les mêmes traits que leur fille. Et avec eux, un petit garçon blond d'environ 7 ans qui s'exclamait :

— Roxy !

— Oh ! Matty, tu as encore grandi ! s'exclama Roxane en regardant son petit frère.

La sorcière se tourna vers Wayne et lui prit la main.

— Papa, maman, Matthew, je vous présente Wayne.

Le sorcier serra tour à tour la main des parents et se baissa légèrement pour faire de même avec le petit Matthew.

— Appelez-moi Owen.

— Et moi Katy.

La mère de Roxane semblait aussi chaleureuse que sa fille. Et le père possédait ses mêmes yeux verts rieurs. Ils échangèrent sur quelques banalités à propos du voyage qui s'était très bien passé. En sortant de l'aéroport, Wayne put reconnaître une louve qui se tenait éloignée et qui ne le lâchait pas du regard. Il sut tout de suite qu'il s'agissait d'Armance, mais il fit mine de ne pas l'avoir remarquée. La soirée étant déjà avancée lorsqu'ils arrivèrent dans la maison, ils posèrent leurs affaires et s'installèrent rapidement à table pour le dîner.

— Vous êtes bien ici, commenta Roxane en observant les lieux avec attention.

— Tu avais raison, confirma Katy à sa fille. On est bien mieux ici qu'à New York. La folie de cette grande ville ne me manque pas du tout. Je suis plus à l'aise et plus détendue pour créer.

— Je suis curieuse de voir tes nouvelles peintures, avoua Roxane.

— Elles sont superbes, reconnut Owen en lançant un regard admiratif à sa femme. Moi, ça ne me change pas beaucoup, toujours à travailler sur des ordinateurs… La technologie avance vite. Je suis certain que c'est un métier d'avenir.

— Je n'en ai jamais vu fonctionner, avoua Wayne qui se sentait ignorant pour une des rares fois de sa vie.

— Ha, oui… Désolé. C'est très différent pour vous, j'imagine ? demanda Owen avec une curiosité innocente.

— Ne vous excusez pas, reprit le jeune White. J'ai pas mal de choses à apprendre…

— Nous avons tous à apprendre les uns des autres, confirma Katy. Le monde magique semble vraiment magnifique ! Oh ! Au fait, Roxane, il s'est passé quelque chose d'étrange l'autre jour…

— Quoi ? s'inquiéta la jeune Scott.

— Ton frère ! Il était poursuivi par le chien du voisin et, je ne sais pas comment il a fait, mais il s'est retrouvé tout en haut d'un arbre ! Il m'a dit ne pas se souvenir d'y être grimpé…

Roxane porta un regard étonné à son petit frère et Wayne eut un large sourire :

— À mon avis, votre fils est un sorcier.

— Vraiment ?

— Ce serait incroyable ! Mais d'où cela peut-il bien venir si nous n'avons pas le moindre don ? demanda Katy.

— Contrairement à ce que certains peuvent penser, les liens du sang n'ont aucune incidence, expliqua Wayne. Il y a même des sorciers qui ont des enfants qui ne possèdent pas la moindre forme de magie en eux…

Contrairement à ce que certains peuvent penser, répéta Owen d'un air songeur. Roxane nous a parlé de ce fameux Mage Noir… Est-ce que la situation est si grave que ça ?

— Papa, commença Roxane. C'est aussi pour ça que je voulais que Wayne vienne. Il s'est proposé de lancer un sortilège de protection sur la maison. Pour que l'on soit à l'abri.

— Vous avez déjà 17 ans ? demanda Owen.

— Non. Je serai majeur en février.

— Mais, je croyais que pratiquer la magie hors de l'école était interdit avant cet âge ? s'étonna Katy.

— C'est le cas, confirma Wayne. Mais ne vous en faites pas. Je recevrai un simple avertissement. Ils ne me renverront pas.

Après un court instant de silence, Owen reprit lentement :

— Il n'est peut-être pas nécessaire de se précipiter. Si vous êtes majeur dans moins de deux mois, vous pourriez revenir lors de vos prochaines vacances…

— J'ai une sorte d'intuition, avoua Wayne. Je sens qu'il ne faut pas perdre de temps.

— Comment fonctionne ce sortilège ? demanda Katy qui ne pouvait contenir sa curiosité.

— Votre maison sera dissimulée aux yeux de tous. L'adresse exacte sera conservée au cœur d'une seule personne que l'on appelle Gardien du Secret. Cette personne sera la seule à pouvoir révéler le lieu de résidence. Autrement dit, lorsque Roxane deviendra la gardienne, elle seule pourra dévoiler où se trouve votre logement. Elle vous donnera le lieu pour que vous puissiez y vivre également, mais il vous sera impossible d'inviter qui que ce soit à sa place.

— Et si des sorciers passent par là ? se hasarda Owen.

— Ils seront incapables de trouver la maison, parce qu'elle aura disparu à leurs yeux, assura Roxane.

— C'est fascinant !

— Je ne sais pas si c'est une bonne idée de vous laisser prendre le risque de perdre votre place à Ilvermorny, dit Owen.

— Ne vous inquiétez pas pour moi, assura Wayne. Je peux vous protéger, donc je le fais. C'est tout à fait normal.

— Qu'est-ce qu'on peut faire pour vous aider ? demanda Katy.

— Il faudrait… que vous soyez absent le temps que je lance le sort. Si jamais je le pratiquais devant vous, je peux être certain que des membres du MACUSA viendraient immédiatement pour vous effacer la mémoire et j'aurais des ennuis…

— Je ne vous cache pas que je n'ai pas très envie de les voir chez moi, lâcha Owen en fronçant les sourcils. Quand voulez-vous pratiquer le sort ?

— Le plus tôt possible.

Les parents Scott échangèrent un regard. Ils étaient tous arrivés au terme de leur repas.

— On peut aller faire un tour par cette belle nuit étoilée, proposa Katy. Combien de temps vous faut-il ?

— J'en ai pour 5 minutes.

— Le tour du quartier alors… Matthew va mettre ton manteau, on va se promener.

— Merci.

Owen, Katy et Matthew quittèrent Poplar Street alors que Wayne et Roxane se trouvaient maintenant devant la maison du numéro 23.

— Je vais placer le secret en toi, commenta Wayne alors qu'il sortait sa baguette magique.

— Non, coupa Roxane. Je veux que ce soit toi le Gardien du Secret.

— Mais… si c'est moi, je serai le seul à pouvoir vous donner le lieu. Vous ne pourrez plus inviter qui que ce soit sans moi.

— Oui, et j'ai confiance en toi, assura la sorcière. On ne connaît personne ici et, de toute façon, on ne peut faire confiance en qui que ce soit en ce moment… Ce sera aussi plus malin. Aucun serviteur de Tu-Sais-Qui n'ira imaginer que je puisse te confier une telle responsabilité…

Après un silence durant lequel Wayne observait intensément la jeune Scott, il finit par approuver. Elle lui donna un baiser et s'écarta légèrement pour le laisser pratiquer la magie interdite. Il fit plusieurs mouvements du poignet et dirigea la pointe de sa baguette vers son propre cœur. Tout à coup, les deux maisons des numéros 22 et 24 se rapprochèrent pour faire disparaître le logement des Scott. Pour Wayne, rien n'avait changé, mais pour Roxane, il lui était maintenant impossible de voir la demeure.

— À voir ta tête, j'imagine que ça a fonctionné, dit-il avec un sourire amusé. 23 Poplar Street.

Aussitôt après qu'il eut murmuré l'adresse, Roxane vit les deux maisons s'écarter pour faire revenir son logement comme par magie. Elle connaissait toute la théorie, mais elle fut bien incapable de retenir son émerveillement. Bientôt, les parents Scott revinrent avec le petit Matthew et, de la même façon, Wayne leur révéla l'adresse. Ils furent tout aussi impressionnés que leur fille et tout le monde entra maintenant dans le logement sécurisé.

Après quelques secondes, une chouette fit son apparition avec une lettre du MACUSA. Comme prévu, le parchemin annonçait une mise en garde à propos du Sortilège de Fidelitas exécuté devant une sorcière à Poplar Street. Il rangea la lettre et rassura les Scott quant à son contenu. Ils passèrent le reste de la soirée à parler tranquillement de choses et d'autres. Lorsqu'ils se retrouvèrent seuls, Roxane fit part d'une inquiétude à Wayne :

— Tes parents vont me détester lorsqu'ils sauront ce que tu as fait pour ma famille…

— Aucune chance qu'ils te détestent, assura le sorcier. Ils comprendront.

— Tu plais à mes parents. Pour eux, c'est comme si tu faisais déjà partie de la famille. En même temps, ça fait tellement longtemps que je leur parle de toi…

— Vraiment ?

— Oui, avoua Roxane en rougissant. Je n'ai pas attendu qu'on soit ensemble pour parler de toi. Je ne m'en rendais pas compte à l'époque, mais tu étais présent dans de nombreuses anecdotes que je donnais sur Ilvermorny… L'an dernier, ils m'ont dit qu'ils désespéraient d'attendre de nous savoir ensemble !

Le lendemain, Wayne présenta ses excuses aux parents de Roxane, car il avait prévu de repartir rapidement pour retrouver sa famille qui devait s'inquiéter. Ils le remercièrent pour la prise de risque et l'invitèrent à revenir n'importe quand. Le sorcier leur dit au revoir, assura à Roxane de la retrouver à Ilvermorny en janvier et attrapa son médaillon avant de disparaître de la maison protégée magiquement.

Lorsque Wayne relâcha son médaillon, il put observer autour de lui le paysage paradisiaque d'Isla Aura. Il s'avança vers l'unique maison de l'île. Il prit une grande inspiration pour se donner le courage d'affronter ce qui allait suivre. Dès qu'il passa la porte d'entrée, il vit sa mère et son arrière-grand-mère aux visages fermés par l'occlumencie. Il sentit toutefois que les deux femmes dissimulaient leur colère.

— Contente de te revoir, dit froidement Lowyn. Est-ce que tu peux m'expliquer ceci ?

Elle montra la même lettre en provenance du MACUSA qu'il avait reçue dans la maison des Scott. Il réalisa qu'il était normal que sa mère soit également informée de cette infraction devant la loi étant donné qu'il n'était pas majeur.

— Je crois que tu as très bien deviné, répondit simplement Wayne.

— Bon sang Wayne ! Qu'est-ce que tu n'as pas compris dans : tu ne dois pas attirer l'attention sur notre famille ? Tu as un dossier sur toi au MACUSA maintenant !

— Cette lettre concerne Wayne Wish et non White. Notre famille n'est pas impliquée.

— Une chance qu'Armance ait changé ton nom dans leur registre juste après ta naissance… Un mois et demi ! s'emporta Lowyn. C'est tout ce qu'il te restait à attendre avant ta majorité !

— Je ne pouvais pas attendre plus longtemps. J'ai suivi mon instinct, je sentais qu'il fallait le faire le plus tôt possible… C'était un risque à prendre.

— Mais à quel prix ?

— Personne ne m'a vu. Je savais que je n'aurais qu'un simple avertissement…

— C'est ridicule, résuma Lowyn. Tu verras bien que tout ça n'aura servi à rien, puisqu'à la première occasion où ils voudront inviter un ami ou un voisin à prendre le thé, le secret sera dévoilé…

— C'est moi le Gardien du Secret.

Lowyn garda le silence pendant quelques secondes, le temps de comprendre le sens de cette dernière phrase. Armance qui était restée silencieuse jusqu'ici, haussa les sourcils dans une attitude surprise.

— Mais…, commença Lowyn d'une voix plus douce. Ont-ils compris que toi seul pourras leur permettre de communiquer leur lieu de résidence maintenant ?

— Oui, confirma Wayne. Roxane me fait confiance.

Lowyn s'appuya contre la table du salon. Elle semblait à court d'arguments. Elle lança maintenant un regard à sa grand-mère.

— Et toi tu ne dis rien ?

— Je n'ai rien à dire, répondit Armance en croisant les jambes dans une attitude décontractée. Ton fils a fait preuve d'intelligence pour qu'il n'y ait aucune conséquence fâcheuse pour notre famille.

Lowyn ouvrit la bouche. Elle n'arrivait pas à croire que la doyenne des White puisse rester aussi calme.

— Lowyn, ce n'est pas comme si Wayne s'était amusé à utiliser ses pouvoirs sur un dragon devant plusieurs dizaines de témoins.

— Ça, c'est un coup bas ! dit-elle en se remémorant cet événement qui s'était déroulé dans le parc de Poudlard de nombreuses années plus tôt.

— Ce n'était pas du racisme quand j'ai dit que je n'aimais pas l'idée que cette jeune Roxane Scott soit une fille de Moldus, expliqua Armance. Je me fiche complètement de ses origines. Mais je savais que ce genre de situation se présenterait et conduirait Wayne à faire ce qu'il a fait. Je ne m'emporte que lorsque je sens qu'un des membres de cette famille agit sous le coup de l'émotion ou de la colère sans prendre le temps de réfléchir. Là, nous devons reconnaître qu'il a agi avec prudence.

Lowyn soupira et tenta de ravaler sa colère.

— Ce qui t'énerve, maman, commença Wayne en s'avançant d'un pas vers elle, ce n'est pas ce que j'ai fait. Tu m'en veux d'être parti sans te dire au revoir…

Lowyn croisa le regard de son fils et fut bientôt incapable de retenir toute l'émotion qui la submergeait. Il réduisit à néant la distance qui les séparait et prit sa mère dans ses bras.

— Ne me refais plus jamais une peur pareille, dit-elle d'une voix tremblante.

Le soir de Noël, aucun Patronus ne fit son apparition. Wayne n'aimait pas le silence de Sirius.

— Tu as des nouvelles de papa ? demanda-t-il à sa mère.

— Non. C'est mieux comme ça, lâcha Lowyn avec raideur, comme si ces mots lui faisaient mal. Je me connais. Si jamais j'apprends que ça ne va pas, je quitterai cette île sur-le-champ pour le retrouver. Et grand-mère se ferait une joie de me poursuivre en disant que j'agis sous le coup de l'émotion sans penser aux conséquences pour notre famille…

Armance conserva le silence.

— Les missions pour l'Ordre du Phénix doivent être éprouvantes. Mais il n'est pas seul. Remus est avec lui…

— Un jour cette guerre prendra fin, et tout rentrera dans l'ordre, assura Wayne.

Au fur et à mesure que les heures s'écoulaient, chacun des membres de la famille White quitta le salon pour aller dormir. La petite Lyane se trouvait profondément endormie dans la chambre de Lowyn. Cette dernière était maintenant seule, assise sur son lit. Elle s'était interdit tout contact, mais l'envie était bien trop grande. La jeune femme sortit sa baguette magique et commença à exécuter un mouvement du poignet pour faire apparaître son Patronus. Dans un dernier geste de la main gauche, elle envoya la créature argentée qui avait la forme d'une panthère des neiges, vers celui qui lui manquait plus que tout. Au même instant, son cœur s'emballa en découvrant l'apparition d'un Patronus qui avait l'apparence d'un renard polaire. Elle resta figée, les yeux écarquillés et des larmes de bonheur lui brouillaient la vue. Aucun mot ne fut prononcé. Lowyn était tout simplement heureuse de voir qu'au même moment, l'un et l'autre avaient eu la même idée et la même pensée, l'un pour l'autre.

À plusieurs milliers de kilomètres de là, Sirius se figea tout seul dans sa chambre à square Grimmaurd. Alors qu'il s'était enfin décidé à envoyer son Patronus, il vit celui de Lowyn apparaître face à lui. Il fut profondément touché en réalisant combien ils étaient toujours connectés l'un à l'autre dans une parfaite synchronicité. Aucun mot n'était nécessaire. La simple idée de savoir qu'ils avaient eu la même envie, au même instant, le remplit de bonheur.

Après plusieurs minutes silencieuses qu'ils furent bien incapables l'un comme l'autre de compter, ils se décidèrent à rompre la connexion, encore une fois au même moment. Même si pour eux deux la lumière argentée venait de s'éteindre, ils gardèrent pour la nuit un sourire aux lèvres.

Le mois de janvier arriva et Wayne était de retour à Ilvermorny. Il apprit comme tout le monde dans la presse qu'une massive évasion s'était organisée à Azkaban. Même si la prison se trouvait bien loin de l'Amérique, cette nouvelle glaça tout le monde étant donné les différents sorciers et sorcière qui s'étaient échappés. Tous adeptes de la magie noire et fervents serviteur du Seigneur des Ténèbres. Le nom de Sirius Black revint sur les lèvres des gens puisque la presse émettait l'hypothèse qu'il était revenu pour aider ses camarades à s'évader comme il l'avait fait deux ans et demi plus tôt… Wayne dut faire preuve de patience et de retenue pour ne pas rétablir la vérité qu'il était seul à connaître en ces lieux. Ce que cette nouvelle annonçait selon lui, c'était que les Détraqueurs ne semblaient désormais plus sous le contrôle du ministère de la Magie.

Quelques jours plus tard, Roxane sembla tout à coup bouleversée suite à la lecture d'une lettre envoyée par ses parents. D'après la description que faisaient les Scott, une vague de terreur s'était abattue sur la ville. Un froid mordant, une brume épaisse et un étrange sentiment de désespoir qui touchait tous les habitants. Wayne comprit qu'il s'agissait de Détraqueurs. Owen et Katy semblaient se sentir à l'abri de tout cela une fois qu'ils regagnaient leur maison. Roxane leur répondit par retour de hibou, pour leur suggérer d'éviter toute sortie inutile, afin de ne pas croiser ces terribles créatures dont elle leur avait déjà fait la description…

— C'était certainement ça le pressentiment que tu as eu, murmura Roxane alors qu'elle se blottissait contre Wayne en quête de réconfort.

Au 12, square Grimmaurd, Sirius jouait nerveusement avec sa baguette magique. Il était attablé avec Remus qui revenait se reposer après une mission pour l'Ordre du Phénix.

— Quand je pense que Servilus donne des cours particuliers d'occlumencie à Harry, marmonna Sirius. Je suis sûr qu'il en profite pour le malmener… Il se venge de James sur lui.

— Connais-tu un meilleur occlumen que Severus ? demanda Remus. À part Dumbledore bien sûr. Mais si ses soupçons à propos de Voldemort sont vrais, je comprends qu'il préfère prendre ses distances.

— Lowyn serait parfaite pour enseigner cette pratique à Harry.

Remus regarda son ami avec intensité. Il ne parlait jamais de Lowyn, comme si elle ne faisait plus partie de leur vie. Lunard se demandait ce que cachait Sirius à propos d'elle. Il était convaincu qu'elle était enceinte, la dernière fois qu'ils s'étaient vus chez lui. Il se demandait si le Maraudeur ne l'avait jamais su.

— Tu pourrais proposer l'idée à Dumbledore. As-tu de ses nouvelles ?

— Non, soupira Sirius. Aucune nouvelle et c'est bien mieux comme ça.

Remus conserva le silence pour inviter son ami à poursuivre. Ils échangèrent un regard et Patmol ajouta :

— J'aimerais plus que tout qu'elle soit là avec moi. Mais je préfère la savoir en sécurité, bien loin de cette guerre… Je la connais. Si jamais elle savait dans quel état je me trouve, dans cette maison… Elle abandonnerait tout derrière elle pour venir me retrouver sans la moindre hésitation.

— Qu'est-ce qu'elle abandonnerait ? demanda Remus qui souhaitait avoir la confirmation que son ami était devenu père.

Sirius regarda intensément Lunard. Il ne voulait rien dévoiler des secrets de la famille White et encore moins révéler l'existence de ses deux enfants. Il décida de détourner son attention en abordant un autre sujet intéressant :

— Rien qui te concerne. Au fait, tu en es où avec Tonks ?

— Quoi ? s'étonna Remus avec des yeux ronds en oubliant complètement ses questions sur Lowyn.

— Ne fais pas cette tête ! Ça se voit que tu lui plais. Je me demande ce que tu attends…

— Mais… tu te fais des idées.

— Non. T'es vraiment le seul à n'avoir rien vu ? Je suis sûr que tu as toutes tes chances.

— C'est ridicule, trancha Remus en fronçant les sourcils.

— Quoi ? Tu ne la trouves pas mignonne ma petite cousine ? Tu n'as pas envie de faire partie de ma famille ? Je suis vexé.

— Elle est tellement jeune…

— Ça va, tu n'es pas un vieillard. 13 ans d'écart ce n'est pas si dingue.

— Sois sérieux 5 minutes, poursuivit Remus. Elle est jeune et pleine de vie. Je n'ai rien à lui offrir.

— Mais je suis sérieux. Pourquoi est-ce qu'une telle histoire serait impossible ?

— Mais… parce que… Parce que je suis bien trop dangereux.

— Foutaises, lâcha Sirius en balayant l'air d'une main, d'un geste impatient.

— J'ai failli tuer Célia.

— Peut-être, mais contrairement à Célia, Tonks sait qui tu es réellement. Un tel accident ne se reproduira pas.

Remus baissant les yeux en secouant la tête de gauche à droite dans un signe négatif.

— Tu ne peux pas te fermer au bonheur toute ta vie, insista Sirius. Laisse les choses se faire, tu verras bien où ça mène…

— Où est Kreattur ? demanda subitement Remus qui désirait plus que tout changer de sujet au plus vite.

— Certainement là-haut, marmonna Sirius.

— Ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu, insista Lunard.

— C'est bon, je vais le chercher. Mais je te préviens, je n'ai pas l'intention d'en rester là à propos de Tonks !

Patmol se leva et disparut de la cuisine. Remus continua de lire son journal, mais il se redressa rapidement après avoir entendu une voix derrière lui. La tête de Harry venait d'apparaître dans les flammes de la cheminée et il appelait Sirius. Après avoir assuré qu'il allait bien, il demanda à parler à son parrain. Remus monta les étages pour aller chercher son ami.

— C'est Harry, dans la cheminée. Il demande à te parler.

— Il n'a rien ? s'inquiéta vivement Sirius en portant une main à sa poche.

Il était surpris qu'il n'ait pas utilisé le miroir pour le contacter.

— Il m'a dit que ça allait.

Malgré tout, les Maraudeurs descendirent vivement les escaliers pour revenir dans la cuisine et s'asseoir devant la cheminée. Visiblement, Harry avait besoin de parler de son père à la suite d'un souvenir particulièrement marquant de Severus Rogue.


La fin approche... Des réactions ? :)