Nouveau chapitre larmoyant...
Disclamer : Tout appartient à JK Rowling (sauf quelques idées), je ne fais pas d'argent avec cette fic...
Bonne lecture !
La mort d'une étoile
Sirius s'appliquait avec soin. L'hippogriffe restait calme, malgré la douleur que devait lui donner sa blessure. Ils se trouvaient dans le grenier au 12, square Grimmaurd. Le sol était couvert de paille pour apporter un peu plus de confort à cet animal qui avait passé tant de mois en cavale avec le Maraudeur. Dans un geste maladroit, Sirius sentit Buck se braquer durant une seconde à cause de la douleur.
— Désolé mon vieux. Je ne suis pas aussi doué que Lowyn.
L'animal se contenta de l'observer avec son regard de rapace. Sirius lui lança un coup d'œil avant de reprendre :
— À toi aussi elle te manque ? Ne t'inquiète pas. Quand tout sera fini, on la retrouvera. Et on quittera cette prison sinistre…
Le Maraudeur poursuivit ses gestes apaisants. Il maudissait cet elfe de maison de malheur qui s'était visiblement défoulé sans raison apparente sur l'hippogriffe. Kreattur était l'incarnation vivante d'un passé douloureux qu'il avait voulu fuir à 16 ans. C'était plus fort que lui, il lui inspirait le dégoût. Et l'elfe le lui rendait bien.
Le regard de Sirius fut attiré par une lueur argentée qui se présentait dans la pièce sombre. Un Patronus à la forme d'une biche se matérialisa. C'était la première fois qu'il voyait cette apparition. Pourtant, cette forme lui rappelait un vague souvenir lointain qu'il fut incapable de se remémorer. Ce protecteur d'énergie positive semblait si beau et inspirait une certaine poésie, comme s'il appartenait à une femme. Patmol eut une expression très surprise lorsqu'il reconnut la voix qui s'adressa à lui à travers l'animal argenté. Cette voix sonnait étrangement à ses oreilles, comme si le Patronus semblait bien trop beau pour un tel timbre.
— Black, es-tu bien au quartier général ? demanda Rogue.
Après une seconde d'étonnement en reconnaissant son ennemi d'école, Sirius répondit sèchement :
— Bah oui, crétin, tu veux que je sois où ?
— Si je demande, reprit Severus qui semblait faire des efforts pour ne pas répondre par la haine que lui inspirait le Maraudeur, c'est parce que Potter pense que le Seigneur des Ténèbres te retient au Département des Mystères.
— Quoi ?
— De toute évidence, c'est un piège pour l'attirer là-bas…
— Où est Harry ? demanda Sirius avec force.
— Avec Ombrage, certainement en train de subir une punition méritée…
— Arrange-toi comme tu veux, mais dis-lui bien que je suis là !
La biche ne prit pas le temps de répondre et disparut rapidement dans un nuage de fumée argentée. Sirius donna un coup de pied rageur dans le premier carton à proximité. Buck émit un cri indigné, sans comprendre l'objet d'un tel changement d'humeur. Le Maraudeur se passa nerveusement les mains dans ses cheveux. Il détestait ce sentiment d'impuissance. Il fouilla dans sa poche et en sortit le petit miroir qui était resté étrangement silencieux durant tous ces mois. À plusieurs reprises, il appela Harry dans l'espoir que ce dernier finisse par lui répondre. Il voulait le rassurer et surtout l'empêcher de commettre une bêtise. Mais il ne vit que son propre reflet. Il se retint à grande peine de ne pas le jeter à travers la pièce, au risque de le briser. Il se décida à descendre vivement les escaliers pour rejoindre la cuisine et rester près de la cheminée. Peut-être que le jeune Potter préférerait utiliser la poudre de cheminette pour communiquer avec lui, comme il l'avait fait l'autre jour pour parler de ses craintes concernant son père. Sirius ne prêta pas attention à Kreattur qui semblait sentir que le moment n'était pas bien choisi pour rester dans les parages.
Combien de temps s'écoula ? Il n'aurait su le dire. Une heure, peut-être plus… La solitude et l'angoisse d'être mis sur la touche allaient le rendre fou. Il était prêt. Sa baguette à portée de main, le miroir bien posé en évidence sur la table. Il se sentait capable de partir à tout instant pour rejoindre son filleul qu'il avait juré de protéger du Mal.
Bientôt, la porte sonna et il arriva vivement dans l'entrée pour permettre aux membres de l'Ordre du Phénix de pénétrer dans la demeure des Black. Il observa Remus et Tonks qui revenaient de mission. Lunard perdit rapidement son sourire lorsqu'il croisa le regard de son ami. Il sentait que quelque chose de grave était en train de se passer. Même la jeune Auror sentit que son cousin était tendu. Son regard perdit instantanément de son éclat rieur auparavant provoqué par le plaisir de passer du temps avec Remus.
Sirius leur expliqua rapidement ce qu'il avait appris par Rogue. Lunard n'eut pas le temps de prononcer des paroles rassurantes qu'une nouvelle sonnerie retentit pour annoncer l'arrivée d'autres membres de l'Ordre. Maugrey Fol Œil entra maintenant, suivit de près par Kingsley Shacklebolt. Tous les membres se réunirent dans la cuisine et la tension commença à monter de plusieurs crans. Sirius était de plus en plus nerveux alors que personne ne semblait en savoir plus sur la situation.
— On aurait dû mettre Harry dans la confidence, pesta Patmol qui marchait de long en large, tel un lion en cage. Lui dire qu'on savait que Voldemort voulait l'amener là-bas pour prendre cette maudite prophétie…
— Si Harry l'avait su, il aurait sans doute voulu aller là-bas pour la prendre lui-même et connaître ce qu'elle dit, suggéra Remus dans un vain espoir de défendre la stratégie de Dumbledore.
— On pourrait peut-être…, commença Tonks.
Elle ne termina pas sa phrase alors que tout le monde se tourna pour voir apparaître un Patronus en forme de biche. La voix de Rogue résonna maintenant dans la pièce.
— Cela fait un moment que Harry est parti dans la forêt interdite avec Ombrage et ses amis, mais il n'est pas revenu.
— Est-ce que tu as pu lui dire que j'étais là ? demanda vivement Sirius qui redoutait une réponse négative.
— Non. J'ai bien peur qu'il n'ait déjà quitté Poudlard.
Pris par la rage, Sirius renversa la table de la cuisine. Le petit miroir rebondit sur le sol et resta intact par miracle.
— Tu avais une seule chose à faire ! UNE SEULE ! hurla Sirius qui menaçait la biche d'un doigt.
— C'est très simple, reprit Maugrey d'une voix forte pour couvrir la colère du Maraudeur. On va au ministère de la Magie.
— Il faudrait que quelqu'un reste au quartier général pour prévenir Dumbledore lorsqu'il arrivera, ajouta Rogue avant que son Patronus ne disparaisse.
— Sirius, commença Remus en se tournant vers son ami.
— NON ! Il est hors de question que je reste ici sans rien faire pendant que Harry risque sa vie en pensant me sauver là-bas ! Kreattur s'occupera de dire ce qu'il faut à Dumbledore. KREATTUR !
L'elfe de maison approcha lentement avec un regard mauvais. Sirius se chargea de donner ses ordres à l'elfe sans remarquer le léger sourire satisfait qui se dessinait au coin de ses lèvres. Un instant plus tard, tous les membres de l'Ordre du Phénix quittèrent la sinistre demeure des Black sans se douter que jamais plus Sirius ne reviendrait de cette mission de sauvetage.
Armance White se trouvait bien loin d'Isla Aura. Le paysage présentait de nombreux glaciers à perte de vue. Une zone vide de toute vie humaine. Le meilleur endroit qui soit pour dissimuler la Clé Sacrée. La sorcière avait cette habitude de revenir en ces terres désolées pour s'assurer qu'elle n'avait pas bougé depuis la guerre contre Grindelwald.
Armance leva des yeux surpris en découvrant une fumée argentée qui prenait la forme d'un phénix. Le Patronus ne lui était pas inconnu. La vieille femme savait que son apparition ne présageait rien de bon. Elle attendit donc d'entendre ce que la voix d'Albus Dumbledore avait à lui dire.
— Armance. J'ai une terrible nouvelle à vous annoncer.
Elle attendit, redoutant déjà les mots qui allaient suivre.
— Lors d'une bataille au ministère de la Magie pour sauver Harry, Sirius Black a perdu la vie.
Armance ferma les yeux. Elle mesurait déjà les conséquences qu'aurait une telle perte. Elle ne put retenir des larmes qui s'échappaient sans mal sous ses paupières plissées. Après un long silence, elle demanda d'une voix rendue rauque par le chagrin :
— Comment est-ce arrivé ?
— Voldemort a donné à Harry une fausse vision pour l'attirer dans un piège, précisa Dumbledore avant de rajouter avec hésitation. Harry pensait pouvoir sauver son parrain en se rendant là-bas. Mais Sirius était à square Grimmaurd, comme il l'avait toujours été ces derniers mois. Je sais que cette nouvelle sera très difficile à vivre pour votre petite fille…
Armance leva une main comme si, par ce geste, elle réclamait le silence. À plusieurs milliers de kilomètres de là, le directeur de Poudlard retenait sous souffle en observant la doyenne des White à travers son Patronus.
— Comme il l'avait toujours été ces derniers mois, répéta-t-elle lentement. Êtes-vous en train de parler de la maison des Black ? Cette demeure immonde qui respire la magie noire à plein nez ?
— Oui. Il s'agissait du quartier général de l'Ordre du Phénix.
— Vous avez assigné Sirius dans cette résidence pendant des mois ? demanda maintenant Armance avec un regard qui laissait planer la colère.
— C'était pour sa sécurité, tenta de se justifier Dumbledore. Il était encore activement recherché par le ministère de la Magie.
— Vous avez enfermé cet homme dans cette maison sinistre alors qu'il avait déjà passé 12 longues années retenu à Azkaban au contact de Détraqueurs.
— L'erreur d'un vieil homme, admit Dumbledore.
— Albus, je vous croyais plus intelligent que ça ! Sirius a tout abandonné derrière lui pour garantir la sécurité de Harry et agir activement pour mettre fin à cette guerre au plus vite. Et vous êtes en train de me dire que vous lui avez ordonné de rester en retrait pendant toute une année ?
Le silence du Patronus servit à confirmer ce qu'Armance avait deviné. Le calme de ce paysage glacier jetait un froid que le directeur de Poudlard pouvait sentir au plus profond de lui-même.
— Je n'ai pas d'excuse, finit-il par dire.
— Je suis lasse, Albus, confessa Armance avec un regard rempli de tristesse. Usée par les années… Et toutes ces guerres qui succèdent à la suite… Vidée de toute énergie en voyant, impuissante, chacun des membres de ma famille mourir les uns après les autres…
Le Patronus manifesta un léger mouvement de recul qui n'échappa pas à la vieille femme.
— Oui. Pour moi, Sirius était un membre de ma famille. Sa disparition véhicule une terrible douleur qui aura de lourdes conséquences.
— Je crois deviner que Lowyn sera folle de rage, émit doucement Dumbledore.
— Oh ! Ce n'est pas la réaction de Lowyn que je redoute le plus. Je pense avoir plus à craindre de Wayne, leur fils qui a maintenant 17 ans…
— Oui, c'est vrai, ajouta Albus d'une voix qui laissait planer la tristesse. J'ignore comment cette nouvelle peut leur être présentée…
— Ça, ce n'est pas mon problème, coupa Armance d'une voix cassante. C'est à vous de prendre vos responsabilités. Ne comptez pas sur moi pour le leur dire à votre place. Vous devez vous rendre compte que vos actes ont des conséquences. C'est le prix à payer lorsque l'on veut tenir les ficelles. Vous vivrez avec sur la conscience l'idée que la petite Lyane, âgée d'à peine un an, ne connaîtra jamais son père.
Albus Dumbledore laissa couler quelques larmes sur ses joues ridées par le temps.
— Je l'ignorais, dit-il d'une voix blanche.
— Chacun son fardeau, reprit Armance avec dureté. Je dois maintenant tenir la promesse que j'ai faite à Sirius de protéger sa famille du Mal et surtout d'eux-mêmes, quel qu'en soit le prix…
— J'ai besoin de temps pour m'organiser et présenter les choses comme il faut.
— Faites au mieux, mais ne traînez pas trop longtemps. Il ne serait pas bon que Lowyn ou Wayne apprenne ce décès autrement…
Le Patronus fit un léger mouvement de tête et disparut dans un nuage argenté. Armance sécha ses larmes et prit de grandes inspirations pour chasser toute tristesse. L'occlumencie serait maintenant sa meilleure arme pour protéger sa famille. Elle devait faire preuve de courage, une fois de plus, pour se dresser contre les siens si cela s'avérait nécessaire.
Lorsqu'elle se sentit prête, Armance quitta cette zone polaire pour retrouver Isla Aura et son climat tropical. Elle s'avança à pas lents jusqu'à l'unique demeure et observa pendant quelques secondes sa petite fille qui se trouvait dans le salon. À travers la fenêtre, Armance vit Lowyn s'extasier de bonheur en encourageant Lyane qui exécutait tout juste ses premiers pas. La doyenne des White puisa au plus profond d'elle-même pour trouver la force de cacher ce qu'elle savait. Elle décida d'entrer avant d'être prise à épier les deux jeunes membres de sa famille.
— Oh ! Grand-mère, regarde ! Elle marche ! Tu arrives pile au bon moment…
— Je n'aurais manqué cela pour rien au monde, assura Armance avec un sourire radieux.
Même en ayant fermé son esprit, des larmes vinrent noyer ses yeux, et Lowyn mit cela sur le compte de l'émotion prodiguée par la prouesse de sa fille.
En cet après-midi ensoleillé de juin, de nombreux élèves se trouvèrent rassemblés dans le parc qui entourait le château de granit d'Ilvermorny. Jimmy était assis en tailleur en feuilletant un livre volumineux. Dereck se tenait accroupi, en équilibre sur ses talons, tout en rassemblant différentes herbes en petits tas. Roxane relisait ses notes prises sur un morceau de parchemin, adossée contre le torse de Wayne. Le jeune White se tenait, quant à lui, le dos appuyé contre un arbre sans doute centenaire, tout en gardant son regard sur l'écriture fine de la sorcière.
— C'est fou comment l'histoire de la Magie est étroitement liée à l'histoire Non-Maj', commenta Roxane d'un air songeur. Lorsque l'on sait que la Magie existe, tout devient bien plus clair et en même temps tellement plus complexe. C'est vrai, les gobelins ont eu un impact non négligeable dans pas mal de conflits…
— Tout dépend des pays, précisa Jimmy qui leva les yeux de son livre pour porter son regard sombre sur la jeune fille. L'histoire de la Magie a influencé le monde de bien des manières différentes…
— Pourquoi, tu viens d'où toi ? ne put s'empêcher de demander Roxane avec une curiosité innocente.
— J'ai grandi en Louisiane, mais je crois avoir un ancêtre qui était marabout en Afrique subsaharienne… Le Vaudou est plutôt considéré comme une branche de la magie noire ou occulte. C'est peut-être pour cette raison que des types, tels que Walters, n'essaient pas de me chercher des problèmes, ajouta Jimmy avec un petit sourire en coin.
— Ce n'est pas vrai ? s'étonna Roxane. Le Vaudou ? Tu sais faire des poupées à l'effigie de quelqu'un sur lesquelles tu plantes des aiguilles pour passer tes nerfs ?
Les trois sorciers se mirent à rire devant l'engouement que la jeune sorcière ne sut dissimuler.
— Je n'ai jamais tenté l'expérience, mais je connais la théorie, confessa Jimmy amusé.
— Wayne, il va falloir que l'on fouille notre dortoir, avertit Dereck. Je te parie ce que tu veux que Jimmy possède des poupées à notre effigie quelque part dans sa table de nuit…
— Ne vous fiez pas à lui, se défendit Jimmy. Tu es bien plus louche à jouer avec tes plantes. À moins que tu ne cherches à te préparer un calumet de paix…
Dereck hocha la tête par la négative, ses longs cheveux noirs et fins se balançaient ainsi au gré du vent.
— Ce n'est pas parce que j'ai des origines amérindiennes qu'il faut tout de suite sortir les clichés… J'ai quelques ancêtres qui étaient chamanes, c'est vrai. Ces plantes je les rassemble avec soin pour mieux les brûler par la suite, et pas dans une pipe. Leur fumée permet de m'aider à méditer. De cette façon, mon esprit s'ouvre plus facilement aux esprits de la nature.
— Et qu'est-ce que ça t'apporte ? demanda Wayne.
— Ça peut me permettre de communiquer à distance. Comme ça je peux par exemple rester en contact avec ma grand-mère, si elle fait la même chose de son côté… J'ai gardé cette habitude, une fois par semaine, le dimanche matin. Mais vous pourriez tous faire de même, et sans l'aide de ces plantes. Il est possible d'établir un lien à travers les rêves. Lorsque l'on est endormi, notre inconscient prend le dessus et est plus apte à accepter des intrusions extérieures…
— Nous, on n'a pas besoin de ça pour rester liés, ajouta Roxane en levant la tête et déposant un léger baiser sur les lèvres de Wayne.
— Et toi, Wayne, d'où est-ce que tu viens ? demanda Jimmy les yeux plissés comme s'il cherchait une réponse à une question longtemps restée en suspens.
Roxane sentit le sorcier se contracter légèrement contre son dos. Elle comprit qu'il aurait préféré ne pas faire l'objet de curiosité sur ses origines.
— Ma vie n'est pas aussi palpitante que les vôtres, résuma-t-il en fronçant les sourcils. La famille Wish ne connaît pas d'ancêtre notable… De simples Américains…
— J'aurais cru que tu avais des liens de parenté en Europe, avoua Dereck sans lever les yeux de ses plantes. Tu sembles bien connaître Poudlard et Dumbledore…
Le visage de Wayne se ferma, il était maintenant impossible d'y lire le moindre indice.
— Poudlard et Dumbledore, dit-il lentement. Ce n'est que de la simple culture générale. Je n'y ai jamais mis les pieds. Et si j'avais des origines Européennes, je passerais mon temps à dire Moldu et pas Non-Maj'.
— Moldu ? s'étonna Roxane. C'est quoi ce mot bizarre ?
Les trois sorciers se mirent à rire à la suite de la réaction de la jeune Scott.
— C'est vrai que Non-Maj' c'est plus explicite, confirma Jimmy.
Roxane profita de l'occasion pour détourner la conversation :
— Et moi, je viens d'une famille de Non-Maj's ! Je suis New Yorkaise ! Une vraie de vraie ! Je suis née là-bas et j'y ai passé toute mon enfance… Mes parents aimaient tellement cette ville qu'ils ont failli m'appeler Madison ! Vous savez, comme le Madison square Garden ! Mais au final, ils se sont rabattus sur la chanson du groupe Police. Enfin, je crois…
— Le groupe quoi ? demanda Wayne en fronçant les sourcils.
Roxane écarquilla les yeux en observant les trois sorciers, chacun leur tour. Elle commença à fredonner quelques paroles, mais ils semblaient tous aussi perdus les uns que les autres.
— C'est dingue ! C'est comme si vous me disiez que vous ne connaissez pas les Pink Floyd !
— C'est quoi cette histoire de flamants roses ? demanda Dereck sans comprendre.
— OK. C'est toute votre éducation musicale qui est à refaire ! s'exclama Roxane. Mais ne vous inquiétez pas, je vais vous aider. Je ne peux pas vous laisser dans cet état ! Il faut à tout prix que vous soyez à jour sur la musique Non-Maj'. Vous me remercierez un jour, vous verrez…
Les sorciers se mirent à rire et Jimmy reprit :
— Ça a dû te faire drôle le jour où tu as reçu ta lettre pour Ilvermorny…
— Quelle lettre ? s'étonna la jeune fille.
— Celle que tu as reçue à tes onze ans lorsque tu as appris que tu étais une sorcière, précisa Dereck.
— Je n'ai jamais reçu de lettre, avoua Roxane. J'ai juste eu la visite d'un des membres du MACUSA. Je n'en garde pas un bon souvenir. Ce sorcier était détestable. Il a mis la pression à mes parents pour qu'ils gardent le silence sur notre monde, et il faisait des moulinets avec sa baguette magique… Ce n'est que bien des années plus tard que j'ai compris qu'il a lancé sur mes parents un sortilège de Langue de Plomb.
— Sans leur demander ? s'étonna Wayne.
— Non. C'est grâce à la description de langue qui s'enroule sur elle-même décrite par mes parents que j'ai compris ce qu'il avait fait…
— C'est dingue. Je comprends mieux pourquoi ton père disait qu'il préférait éviter de recevoir des membres du MACUSA chez lui…
— Mes parents en gardent un très mauvais souvenir, confirma Roxane. C'était déjà difficile d'accepter l'idée que la Magie existe et que leur fille allait les quitter pour une école inconnue.
— Même si la loi Rappaport a été abrogée en 1965, la communauté magique garde encore quelques réserves à l'égard des Non-Maj's, commenta tristement Dereck. Cette ségrégation entre sorciers américains et Non-Maj's garde encore ses marques chez de nombreux individus…
— Ça explique votre culture musicale absolument chaotique, reprit Roxane sur une note plus enjouée.
Leurs rires furent de courte durée alors que des cris étaient poussés par un groupe d'élèves, non loin d'eux. Par réflexe, Wayne se redressa et sortit sa baguette magique. Roxane dénoua ses cheveux en récupérant également la sienne. Dereck et Jimmy se contentèrent de se lever pour faire face maintenant aux cris bientôt accompagnés par quelques sanglots poussés par leurs camarades.
— Il est de retour !
— Vous-Savez-Qui est de retour, criait l'un des étudiants en proie à la panique.
— C'est dans le journal !
Wayne et Roxane échangèrent un regard et n'eurent pas besoin de mots pour se comprendre. Maintenant, toute la communauté magique aurait les yeux ouverts sur la terreur qu'impliquait cette nouvelle guerre…
Albus Dumbledore observa ce petit appartement dans lequel il se tenait. Il connaissait la situation précaire dans laquelle se trouvait Remus Lupin, mais il ne laissa rien paraître de l'empathie qu'il éprouvait pour cet homme.
— J'ai eu des nouvelles de Tonks, dit-il alors que Remus lui tournait le dos pour préparer du thé. Elle a fini par se réveiller. Elle sortira sans doute de Ste Mangouste demain matin.
— Je suis content de l'apprendre, assura l'ancien professeur alors qu'il versait le liquide ambré dans deux tasses en prenant soin de ne pas croiser le regard du directeur.
— Je sais que ma question pourrait être malvenue, mais comment vous portez-vous ?
— Du mieux que je le peux. Comme chacun d'entre nous.
— Je ne peux qu'imaginer ce que peut représenter pour vous la perte de votre ami, insista Dumbledore tout en sondant les réactions du Maraudeur.
— Harry est vivant. C'est le plus important. Et c'est ce pour quoi Sirius se battait.
— Il est malheureusement parti bien trop tôt.
— Mais il est parti en se battant. Et pas en sombrant dans la démence dans la demeure des Black…
Dumbledore conserva le silence pendant quelques secondes. Il prit cette remarque comme un reproche. Pourtant, Remus n'avait pas eu la moindre nuance de colère dans la voix. Au fond de lui, Albus voulait qu'on lui hurle dessus pour lui faire payer cette terrible faute qu'il avait commise. Même Harry, après avoir cassé de nombreux objets dans son bureau, n'avait pas eu le cœur de s'en prendre physiquement à lui. Il songea un instant au poing de son frère Abelforth qui lui avait cassé le nez à l'enterrement d'Ariana. Cette douleur, il la méritait aujourd'hui encore. Mais personne ne semblait avoir le courage de la lui infliger. Devait-il organiser une confrontation avec Lowyn pour avoir le châtiment escompté ?
— Ce fut une terrible épreuve pour Harry, avoua Dumbledore à mi-mot. Et je sens que le choc sera aussi grand pour Lowyn…
Pour la première fois de la soirée, Remus croisa le regard du directeur d'école. Il était pétrifié. La honte le submergea lorsqu'il réalisa qu'il avait complètement oublié Lowyn. Il se laissa tomber sur sa chaise dans un bruit sourd. Effectivement, ce décès serait bien difficile à accepter pour la jeune femme. Il appuya ses coudes sur la table et dissimula son visage dans ses mains. Remus pensa à cet enfant qui ne devait être qu'un bébé sans père à ce jour. Il n'avait jamais eu la confirmation de son existence, mais il était convaincu de ne pas faire erreur en imaginant qu'il était réel. Il abaissa sa tête en laissant ses mains parcourir ses cheveux grisonnants.
— Elle n'est toujours pas au courant ? demanda Remus d'une voix faible.
— Non, avoua Dumbledore avec émotion. J'avoue ne pas savoir comment m'y prendre…
Après quelques secondes de silence, le Maraudeur releva la tête et reprit :
— Je vais le lui dire.
— C'est très gentil à vous, mais il s'agit de mon erreur…
— La question n'est pas de savoir qui a eu tort, coupa Remus. Elle aura besoin d'un ami pour l'aider à affronter cette épreuve…
Dumbledore garda ses pensées pour lui. Au fond, il se sentit soulagé d'un poids particulièrement pénible à porter. De longues minutes s'écoulèrent sans que ni l'un ni l'autre n'échangeassent un seul mot. Puis Albus rappela :
— Demain Harry retournera chez son oncle et sa tante.
— Oui, confirma Remus. Maugrey et les Weasley ont dans l'idée de l'accueillir à la descente du Poudlard Express. Peut-être que Tonks voudra venir également…
Le Maraudeur eut un regard triste. Il pensa un instant à ce que Sirius lui avait dit à propos de sa petite cousine. Tout ceci lui semblait tellement loin en ce jour. Comme si cette conversation dans la cuisine de la demeure des Black appartenait à une autre vie…
Le lendemain, Remus se tenait entre les voies 9 et 10 de la gare de King's Cross. Maugrey était habillé de façon Moldue avec un chapeau melon pour cacher son œil qui aurait pu mettre n'importe qui mal à l'aise. Mr et Mrs Weasley étaient également présents, accompagnés des jumeaux Fred et Georges qui arboraient des vestes en peau de dragon flambant neuves. Tonks, fidèle à elle-même, possédait ses habituels cheveux rose chewing-gum et un T-shirt violet sur lequel on pouvait lire le nom d'un groupe de musique bien connu dans la communauté magique. Il était difficile d'imaginer que la jeune Auror s'était trouvée alitée pendant plusieurs jours en la regardant ainsi.
— Je suis content que tu ailles mieux, avoua Remus à la jeune sorcière.
Elle sembla le dévorer des yeux et il rompit rapidement le contact visuel pour éviter toute gêne. Même si elle semblait avoir retrouvé son dynamisme et sa bonne humeur, Tonks s'adressa au Maraudeur d'une voix intimidée :
— Merci, Remus. Je m'en veux de ne pas avoir été assez forte pour repousser Bellatrix. Si j'avais pu… Peut-être que Sirius…
— Ne te torture pas avec de telles pensées, coupa l'ancien professeur.
— Je n'ose pas imaginer ce que tu peux ressentir, commença la jeune femme en posant une main sur le bras du sorcier. Tu peux me parler si tu en sens le besoin.
— Ils arrivent, annonça Remus en se détournant de Tonks.
Elle le laissa s'écarter et ressentit une étrange sensation lui tirailler les entrailles. Parmi d'autres élèves de Poudlard, Harry s'avançait et sembla bien surpris d'avoir un tel accueil.
Wayne et Roxane avaient quitté Ilvermorny. Le jeune White avait prévenu sa mère par hibou qu'il souhaitait passer quelques jours auprès de la jeune Scott pour s'assurer que sa famille était sous protection. Désormais majeurs tous les deux, ils purent transplaner directement d'un État à l'autre pour rejoindre l'Arizona. Ils firent leur apparition dans un coin tranquille de la ville, à l'abri des regards de ceux qui ne pratiquent pas la magie.
— Je suis bien content que l'on ait le permis pour transplaner, commenta Wayne. Je ne te cache pas que prendre l'avion est de loin le moyen de transport le plus pénible pour moi…
— Même quand je suis à côté de toi pour te tenir la main ? demanda Roxane avec un petit rire cristallin. Où est donc passé ton sens de l'aventure, cher membre de la maison Oiseau-Tonnerre ?
Pour toute réponse, Wayne s'approcha de la jeune fille et s'empara avidement de ses lèvres.
— La vie est une aventure à chaque instant auprès de toi, murmura Wayne alors qu'il s'écartait légèrement de Roxane.
Il lui prit la main, puis ils avancèrent côte à côte le long de la rue principale. Même si l'été était là, un brouillard épais recouvrait la ville, tel un chaud manteau d'hiver. La visibilité n'était bonne que sur quelques mètres, juste de quoi éviter ce qui pouvait se trouver sur leur chemin. Wayne perdit son sourire, concentré et prêt à affronter n'importe quel obstacle. Par réflexe, il resserra sa prise, comme s'il avait peur de perdre la main de Roxane.
Ils s'éloignèrent du centre-ville et parcoururent une des rues pavillonnaires qui menaient vers Poplar Street. Bientôt, un froid glacé les saisit et l'envie de rire quitta subitement la jeune sorcière. Elle eut la terrible sensation que cette faculté lui avait été arrachée à tout jamais. Le monde lui sembla irréel, comme plongé dans un songe. Wayne avait déjà sorti sa baguette magique et, alors que des spectres encapuchonnés glissaient inexorablement vers eux, Roxane perçut une voix lointaine :
— Avec moi, Roxane ! Spero Patronum !
La jeune Scott porta une main à sa baguette en dénouant ainsi sa chevelure. Elle tremblait de tous ses membres lorsqu'elle prononça faiblement :
— Spero…
Un Patronus argenté en forme de panthère des neiges venait d'apparaître devant Wayne et la jeune fille ressentit une vague de bonheur à laquelle elle chercha à s'accrocher. Fermant les yeux, elle focalisa ses pensées sur un moment heureux.
— Spero Patronum, dit-elle avec force.
Cette fois-ci, un cheval argenté fit son apparition et commença à repousser la menace, avec l'aide de la panthère. Les Détraqueurs ne mirent pas longtemps à disparaître, incapables de rivaliser avec autant d'énergie positive.
Roxane commença à se sentir mieux et observa avec attention le Patronus de Wayne qu'elle découvrait pour la première fois.
— Qu'est-ce qu'il est beau ! commenta-t-elle.
— Ça va ? demanda soudainement Wayne alors que Roxane eut une sorte de vertige.
Elle appuya ses mains sur ses genoux, la tête penchée en avant.
— J'ai la nausée.
Le sorcier fouilla dans ses poches et sortit un morceau de chocolat. Même si elle n'était pas convaincue que manger serait une bonne idée, Roxane laissa fondre la sucrerie dans sa bouche. Doucement, le bonheur semblait ressurgir au fond d'elle-même.
— Je suis désolée, murmura-t-elle faiblement.
— Ce n'est rien, assura Wayne. Je n'étais pas fier non plus la première fois que j'en ai croisé un…
— Comment est-ce que ma famille a pu vivre auprès d'eux pendant tout ce temps ? demanda Roxane avec un regard terrorisé.
Wayne songea un instant à son père qui lui avait passé 12 années à leur contact. Mais il garda cette pensée pour lui-même.
— Remettons-nous en route, on sera à l'abri chez eux, assura le jeune White.
Ce soir-là, Lowyn lisait tranquillement un des contes de Beedle le Barde à sa petite fille. Armance était assise dans son fauteuil, écoutant avec attention cette histoire très célèbre des trois frères qui croisèrent un jour le chemin de la Mort.
Lowyn leva alors les yeux de son livre lorsqu'une forme argentée fit son apparition au milieu du salon. La jeune femme n'avait jamais vu un tel Patronus. Il avait l'apparence d'un loup de taille imposante. Il se tourna vers elle et la voix de Remus Lupin parla :
— Lowyn. Dès que tu le pourras, j'aimerais que tu me rejoignes chez moi.
La jeune White n'eut pas le temps de répondre quoi que ce soit. La créature disparut dans un nuage argenté. Une indicible angoisse s'empara d'elle. Elle regarda sa grand-mère qui s'était levée pour prendre la petite Lyane dans ses bras.
— Ca ne te dérange pas si je…
— Vas-y, coupa Armance.
Lowyn était trop perturbée pour s'étonner de voir son aïeule la laisser quitter Isla Aura aussi facilement. Dans un crac caractéristique, la jeune femme transplana dans le quartier de Londres où résidait le Maraudeur. Elle marcha rapidement pour rejoindre l'immeuble dans lequel elle avait séjourné plusieurs mois plus tôt avec Sirius, lorsqu'ils étaient tous deux en cavale. Une époque qui lui semblait aujourd'hui si lointaine…
Ce fut avec mille questions en tête qu'elle se présenta devant la porte d'entrée en frappant d'un geste nerveux. À l'ouverture, Lowyn reconnut son ancien ami qui avait une mine plus triste et lasse que d'ordinaire. Il ne fut pas surpris de la voir arriver aussi rapidement, comme si elle avait attendu pendant des mois d'être appelée pour revenir auprès de Sirius. Lunard s'écarta pour laisser la jeune femme entrer, sans prononcer le moindre mot, puis referma la porte derrière eux. Elle observa le Maraudeur qui s'avançait jusque dans la partie salon. Elle ne savait pas par quelle question commencer et il lui sembla qu'il était également dans le même état d'esprit. Par où commencer ? Il avait les yeux baissés, comme s'il avait peur que la jeune White ne puisse lire en lui une terrible vérité. Le silence de plus en plus pesant n'aida pas à calmer l'angoisse de la sorcière.
— Lowyn, commença-t-il d'une voix rauque. Assieds-toi, s'il te plaît.
— Non, murmura-t-elle dans un souffle.
Elle savait ce qui suivait après une telle phrase. Il n'y avait qu'une seule raison pour qu'une telle demande soit faite avec une voix aussi peu assurée. C'était une préparation pour une annonce particulièrement douloureuse.
— S'il te plaît, ajouta Remus d'une voix presque suppliante.
— Non, je ne veux pas…
Elle commença à sentir ses yeux lui piquer. Le Maraudeur comprit qu'il faudrait dire les choses franchement, pour ne plus laisser le moindre petit espoir la torturer.
— Il y a eu une bataille au ministère de la Magie…
— Non, souffla-t-elle en souhaitant ne jamais connaître la fin de la phrase.
— Sirius est mort, Lowyn.
— NON !
Elle dissimula son visage entre ses mains et laissa éclater toute sa peine. Elle tremblait, animée par une souffrance inimaginable. Elle cria tout son malheur et Remus s'avança vers elle juste à temps pour la retenir dans sa chute vers le sol. Lowyn s'effondra, repliée sur elle-même. Ses larmes inondèrent son visage, lui brouillant complètement la vue.
Avec une force étonnante, Remus passa un bras sous les jambes de la jeune White et la porta jusque sur le canapé où il s'installa tout contre d'elle. Elle s'agrippa à lui comme si sa survie en dépendait. Des supplications inintelligibles survenaient et Remus se contenta de resserrer ses bras autour d'elle dans un mouvement de réconfort. Il lui caressa les cheveux dans un geste tendre alors qu'elle suppliait maintenant :
— Sirius ne peut pas être mort…
Il ferma maintenant les yeux en laissant malgré lui échapper quelques larmes qu'il n'avait jusqu'à ce jour pas encore versées.
— Je l'aime tellement… ajouta-t-elle entre deux respirations saccadées.
— Je sais, murmura tendrement Remus d'une voix éraillée par le chagrin qu'il éprouvait également.
Tonks avait pris sa décision. Elle sentait bien que Remus était au plus mal depuis le mort de son cousin. Il était fuyant lorsqu'ils s'étaient retrouvés avec les autres membres de l'Ordre du Phénix pour accueillir Harry quelques heures plus tôt. Même si elle n'était pas une Gryffondor, elle trouva le courage de venir chez lui sans y avoir été invitée, pour lui apporter son soutien dans cette douloureuse épreuve. Elle monta les marches qui menaient au petit appartement du Maraudeur. Au moment où elle s'apprêtait à frapper à la porte, elle entendit une voix de femme crier dans le logement. L'isolation n'étant pas bonne dans cette vieille bâtisse, la jeune Auror était convaincue que cette voix venait de l'intérieur. Elle sortit sa baguette et ouvrit la porte avec un sortilège. Elle s'avança prudemment en entendant des pleurs déchirants qui lui hérissèrent les poils. Timidement, elle observa la scène qui se tenait dans le salon, tout en restant en retrait pour ne pas être vue.
Remus porta une femme dans ses bras et l'installa avec lui sur le canapé. Ses longs cheveux étaient noirs et ondulés et, du peu qu'elle put voir, ses yeux étaient d'un bleu aussi clair que du cristal. Tonks la trouvait très belle. Et cette apparition lui tordit les entrailles d'une façon effroyable. En cet instant, et malgré la peine que cette femme devait ressentir, Nymphadora aurait aimé être à sa place, dans les bras de cet homme. D'où pouvait bien lui venir ce violent sentiment de jalousie ? Il manifestait une telle tendresse qu'elle eut également envie de pleurer. Ils semblaient partager une complicité qui lui parut tout à coup inaccessible. Sans s'en rendre compte, ses cheveux d'un rose chewing-gum commencèrent à ternir. Son teint devint plus pâle. Tout en elle sembla se flétrir.
— Sirius ne peut pas être mort…, murmura la jeune femme.
Tonks vit alors Remus verser également quelques larmes.
— Je l'aime tellement… ajouta l'inconnue.
— Je sais, murmura Remus d'une voix mal assurée.
Tonks comprit alors que c'était la mort de son cousin que tous deux pleuraient à chaudes larmes. Cette femme venait visiblement d'apprendre la terrible perte dont ils avaient été victimes. Elle se rendit compte alors que sa place ne devait pas être ici. Il ne fallait surtout pas qu'elle révèle sa présence. Elle ne souhaitait pas briser un moment aussi intime entre deux amis. La jeune Auror espéra toutefois que cette amitié ne se transformerait pas en autre chose. Elle se maudissait de penser ainsi en pareille circonstance. Elle recula doucement en regardant bien autour d'elle pour éviter de casser quelque chose qui la trahirait par maladresse. À pas feutrés, elle quitta l'appartement et referma discrètement la porte derrière elle. Tonks transplana loin d'ici, avec le cœur lourd.
Lowyn n'arrivait pas à trouver de réconfort dans les gestes ou les mots prononcés par Remus. Elle continua de pleurer pendant plusieurs minutes, toujours secouée par sa respiration saccadée.
— Je ne veux pas croire qu'il ne soit plus là…
Le Maraudeur était à court de mots. Il ne relâcha pas ses bras autour de la jeune femme, espérant que cela pourrait l'apaiser de se sentir ainsi soutenue. Dans un murmure, elle ajouta alors :
— Lyane ne connaîtra jamais son père…
Remus plissa ses paupières avec force. C'était là la confirmation de ce qu'il avait deviné bien des mois auparavant, dans ce même endroit. En cet instant, il aurait tout donné pour avoir tort pour éviter à une petite fille de devenir orpheline de père.
— Je sais, dit-il gravement.
Lowyn retint sa respiration. Elle s'écarta doucement de son ami afin de croiser son regard pour la première fois depuis qu'ils s'étaient retrouvés ce soir. Interdite, elle demanda :
— Sirius t'a parlé de Lyane ?
— Non. Il ne m'a jamais rien dit. Mais la dernière fois que nous nous sommes vus tous les trois, ici même, j'ai senti que deux cœurs battaient en toi…
Lowyn continua de le dévisager et il jugea utile de se justifier :
— À l'approche de la pleine lune, mes sens sont plus affûtés…
La jeune White en avait assez de tous ces secrets qui dirigeaient sa vie. Lunard avait été le premier Maraudeur auquel elle s'était confiée à Poudlard. Après qu'elle eut découvert son côté lycanthrope, elle avait volontairement dévoilé sa forme Animagus. Depuis ce jour, une complicité particulière était née entre eux. Pour la première fois depuis longtemps, Lowyn se laissa aller en confidence :
— Wayne aura au moins connu son père le temps d'un été…
Remus se figea. La surprise d'un autre enfant le rendit perplexe. Il ne comprenait pas comment une telle chose avait pu être passée sous silence.
— J'étais enceinte lorsque j'ai quitté Poudlard, il y a 18 ans...
— Est-ce que Sirius…
— Le savait ? finit Lowyn. Oui. Je ne lui ai jamais rien caché. Il était le seul à connaître tout de moi. Tout de mon étonnante influence que je peux avoir sur les dragons. Une pratique que Voldemort souhaitait maîtriser pour son armée… Ce sont des choses que je ne devrais d'ailleurs pas te dire.
Il y eut un silence. Remus se souvenait de l'emprise qu'avait eu la jeune sorcière de l'époque sur une aussi grande créature ailée, dans le parc de Poudlard. Mais en cet instant, il regarda le sol en cherchant à mesurer l'idée que quelque part vivaient les deux enfants de Sirius Black. C'était cette révélation-là qui lui semblait la plus vertigineuse. Un fils qui était de ce fait plus âgé que Harry.
Même si Lowyn s'était écartée pour mieux parler à son ami, Remus avait encore son bras dans le dos de la jeune femme. Il cacha son visage de sa main libre et murmura :
— Je suis tellement désolé. J'aurais dû retenir Sirius pour qu'il reste au quartier général de l'Ordre…
— Tu sais très bien que tu aurais été incapable de l'empêcher d'aller sauver Harry, reprit Lowyn avec gravité.
La jeune White sentit le Maraudeur trembler quelque peu, sans doute submergé par une vague de tristesse. Elle l'attira tout contre elle et il laissa sa tête se poser contre son cou. Lowyn s'en voulait de ne pas avoir un instant demandé ce qu'il pouvait ressentir en pareille circonstance. Elle sentit quelques gouttes humides contre sa peau. Elle pensa un instant que c'était peut-être la première fois que Remus versait des larmes depuis la disparition de son ami. Lowyn resserra ses bras et avoua avec douceur :
— Je ne peux pas dire que je ne m'y attendais absolument pas. Je savais quels risques il prenait. Je suis simplement triste d'avoir eu si peu de temps avec lui. Une pensée bien égoïste dans un sens.
Remus ne tremblait plus, mais il ne semblait pas encore prêt à pouvoir s'écarter. Lowyn se demanda un instant s'il avait connu les bras d'une autre femme depuis la fin tragique de son histoire avec Célia. Elle espérait ardemment qu'il n'avait pas fui un quelconque bonheur. Puis réalisant que Sirius n'était plus de ce monde, elle ne s'imagina pas capable de vivre autre chose à l'avenir. La jeune femme eut des gestes tendres qu'elle espérait apaisants.
Lunard prit une grande inspiration et trouva enfin la force de s'écarter. Il n'osait pas la regarder dans les yeux, sans doute gêné de cette proximité. Ils passèrent de longues minutes l'un près de l'autre sans échanger le moindre mot. Leur peine se passait de tout commentaire. Ils n'avaient pas besoin de phrases pour se comprendre et partager cette douleur commune.
Après un long moment de calme, la curiosité prit le dessus. Lowyn demanda comment les choses s'étaient passé cette nuit-là. Remus parla de la fausse vision qu'avait eue Harry. De ce piège prévu pour récupérer une prophétie le concernant. De la bataille dans la chambre de la Mort.
— Et c'est là que Bellatrix Lestrange…
Il fut incapable de terminer sa phrase. Lowyn resserra les poings. Une haine sourde s'insinuait en elle.
— Cette sale vipère, murmura-t-elle le regard assombri.
Malgré tout, elle ne bougea pas. Quelques minutes de silence passèrent entre eux. Lowyn semblait être la proie d'un combat intérieur. Puis elle se tourna vers le Maraudeur :
— Il y a une époque où une telle révélation m'aurait conduite à transplaner sans réfléchir pour trouver cette Mangemort et lui faire payer tous ces crimes…
Elle ferma un instant les yeux, comme si elle était sur le point de changer d'avis. Elle ajouta :
— Quand je pense que c'est cette même femme qui a torturé Alice et Frank…
Remus attendit la suite. La jeune White inspira profondément.
— Je ne peux pas aujourd'hui courir en criant vengeance. J'ai maintenant deux enfants qui ont besoin de moi…
Après quelques secondes, elle fouilla dans l'une de ses poches et en sortit une photo. Elle la présenta à Remus. Sur le cliché animé, on pouvait distinguer un beau jeune homme au regard rieur alors qu'il soulevait avec délicatesse un bébé d'environ six mois. Wayne avait le même sourire que Patmol, ce qui donna à Remus un sentiment familier aussi heureux que douloureux. La petite Lyane semblait rire et ses cheveux étaient aussi noirs que pour son grand frère. Seuls ses yeux étaient déjà aussi clairs que ceux de sa mère.
— C'était à Noël dernier…
Le Maraudeur eut un sourire triste et comprit à quel point il serait désormais difficile pour Lowyn de regarder son fils dans les yeux, tant la ressemblance avec Sirius était frappante…
Armance n'était pas inquiète. Elle avait deviné que le Patronus appartenait à Remus Lupin, l'un des fameux Maraudeurs auxquels Lowyn s'était attachée durant son année à Poudlard. Ainsi donc, Dumbledore avait pu trouver quelqu'un d'autre pour faire l'annonce funeste à sa place. Peut-être que cet ami serait le mieux placé pour aider sa petite fille à traverser cette épreuve douloureuse. Et lorsqu'elle reviendrait, la doyenne des White se chargerait de l'aider à son tour. Elle avait récolté tout un tas de plantes différentes et préparé plusieurs potions diverses pour permettre à la jeune femme de dormir, de supprimer ses cauchemars éventuels ou de reprendre les forces qui allaient certainement lui manquer dans les jours à venir.
Cela faisait plusieurs heures que Lowyn s'était absentée lorsqu'elle apparut directement dans la maison, dans un crac caractéristique du transplanage. Ses yeux rougis témoignaient d'une importante crise de larmes. Son teint était bien plus pâle que d'ordinaire et elle semblait à bout de force. La jeune femme croisa le regard de sa grand-mère et la peine s'empara à nouveau de son cœur meurtri.
— Sirius est…
Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'Armance la prenait déjà dans ses bras avec une force insoupçonnable.
— Chut… souffla-t-elle en berçant lentement la jeune White.
— C'est Bellatrix qui l'a tué…
Armance retint sa respiration, un court instant. C'était un détail dont elle n'a pas eu connaissance. Ainsi donc, il avait été assassiné par sa propre cousine. Sa haine envers cette famille Black s'en trouva tout à coup renforcée. Elle mit son jugement de côté et ne se concentra que sur Lowyn qui aurait plus que jamais besoin de soutien.
Cela faisait maintenant trois jours que Wayne vivait parmi les Scott. Aucun Détraqueur n'avait osé revenir hanter les rues depuis que leurs deux Patronus les en avait chassés. La vie semblait plus tranquille, même si la menace du Seigneur des Ténèbres planait plus que jamais au-dessus du monde.
Owen Scott et Wayne White étaient installés face à face dans le salon, en pleine partie d'échecs version sorcier. Même si le père de Roxane s'amusait en observant les pièces bouger et se battre d'elles-mêmes, il resta concentré pour ne pas perdre de vue sa stratégie. Wayne était quant à lui heureux d'avoir trouvé un adversaire à sa taille. Roxane et sa mère Katy se contentèrent d'émettre des commentaires, sans doute dans l'intention de distraire les deux hommes pour faire basculer le jeu en faveur de l'un ou l'autre. Le petit Matthew s'amusait de son côté avec les pièces qui avaient déjà quitté le plateau de jeu.
Une lueur argentée attira le regard de Wayne et prit l'apparence d'un Patronus en forme de louve. Le jeune White se redressa avec une peur panique dans les yeux. La voix d'Armance résonna alors dans la pièce :
— Wayne, j'ai besoin de toi. Il faut que tu rentres.
Roxane perdit son sourire alors que la forme argentée se volatilisa.
— À qui appartient ce Patronus ? demanda doucement la jeune Scott pour briser le silence.
— Mon arrière-grand-mère, murmura Wayne qui était encore sous le choc. Il est arrivé quelque chose… D'habitude c'est ma mère qui me contacte de cette façon.
— Tu crois que Tu-Sais-Qui l'a retrouvée ?
Wayne ressentit un vertige. Il ne pouvait pas imaginer un seul instant que Voldemort ait pu trouver Isla Aura. Mais cela ne coûtait rien de vérifier si le Sortilège de Fidelitas était toujours actif.
— Est-ce que vous avez de quoi écrire ?
Katy se leva et apporta un bloque-note et un stylo qu'elle remit au sorcier. Il ne s'étonna pas de cet étrange instrument qu'utilisaient les Moldus pour écrire et commença à tracer des traits étranges sur le papier. Roxane fronça les sourcils alors qu'elle était incapable de comprendre les signes qu'il exécutait. Pourtant, le jeune homme poussa un soupir de soulagement en regardant le résultat.
— Le Sortilège de Fidelitas est toujours actif. Je ne suis pas le Gardien du Secret. De ce fait, je suis incapable d'écrire mon adresse. Si le secret avait été dévoilé ou que le gardien avait perdu la vie, je pourrais parfaitement écrire le lieu pour vous le faire lire à tous.
— Donc ta maison est toujours en lieu sûr, confirma Roxane avec entrain.
Wayne regarda chaque membre de la famille Scott et se leva.
— Je suis désolé, mais je dois y aller.
— Ne vous excusez pas, dit Owen. Nous ne risquons rien ici grâce à vous.
— J'espère qu'il n'y a rien de grave, ajouta Katy en portant une main à sa bouche.
Wayne se tourna vers Roxane et l'embrassa doucement. Il plongea son regard dans ses yeux verts qui ne pouvaient pas dissimuler son inquiétude. Il caressa sa joue lentement et assura :
— Je ferai au plus vite, je te le promets.
Elle lui adressa un petit sourire crispé et il disparut de cette maison en transplanant jusque sur Isla Aura.
Lorsqu'il entra dans l'unique maison de l'île, Wayne aperçut Lyane qui se trouvait debout dans son parc, ses petites mains fermement accrochées à la rambarde de bois. Lowyn était assise sur une chaise, la mine dépitée. Elle tenait sa baguette magique dans sa main gauche en tremblant quelque peu. Armance se tenait derrière elle en la maintenant par les épaules.
— Spero Patronum, murmura Lowyn, mais pas la moindre fumée argentée ne fit son apparition.
Wayne fronça les sourcils. Il savait que produire un Patronus avait toujours été un exercice difficile pour sa mère depuis qu'elle avait vu les corps sans vie de sa famille. Mais c'était bien la première fois qu'il la vit incapable de produire ne serait-ce qu'un nuage d'argent.
Il s'avança prudemment vers elle et posa un genou au sol pour se trouver à sa hauteur. Il mit une main sur la sienne pour l'aider à stopper ses tremblements.
— Maman ?
Elle releva lentement les yeux vers son fils et croisa son regard pour la première fois depuis de longs mois. Elle eut une expression terrifiée pendant une seconde, puis la tristesse la saisit.
— Mon chéri, murmura-t-elle. Je… je n'y arrive plus.
— Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-il avec douceur.
Des larmes s'échappèrent de ses yeux clairs et elle réussit tout de même à prononcer cette terrible vérité :
— Ton père est mort.
Wayne s'écarta et se releva vivement. Il recula de plusieurs pas, comme si le fait de s'éloigner annulerait cette dernière phrase. Armance regarda attentivement son arrière-petit-fils, prête à tout pour mettre sur pied le plan qu'elle avait préparé. Lowyn n'osa pas regarder son fils dans les yeux. Le jeune homme leur tourna le dos, la respiration hachée. Il posa ses mains sur le mur du salon comme s'il cherchait à le repousser tout comme cette terrible vérité. Tout à coup, il abattit son poing dans ce mur de plâtre avec une force qu'il n'aurait jamais soupçonnée. La douleur lui arracha une grimace alors que certains os venaient de se briser. Il observa maintenant cet enfoncement qu'il venait de créer. Son sang ornait désormais cette paroi déformée. Il regarda sa main d'où le liquide rouge continuait d'affluer. Tout venait de là. Ce sang qui avait été mélangé à celui d'un dragon par son ancêtre, bien des siècles plus tôt. Ce secret qui était la source de tous leurs problèmes.
— Cela a assez duré, dit-il. Il est tant de prendre part à cette guerre.
— De quoi tu parles ? s'étonna Lowyn qui avait peur de comprendre.
Discrètement, Armance sortit sa baguette magique et commença à effectuer quelques mouvements dans son dos en utilisant un sortilège informulé. Un nuage violacé se dirigea vers la petite Lyane et disparut rapidement, sans que ni Lowyn ni Wayne ne s'en aperçussent.
— Nous avons une arme puissante qu'il faut utiliser.
— Ne dis pas de bêtises, coupa Lowyn. Il est bien trop dangereux de contrôler l'Ultime Dragon.
— Je m'en occupe. Toi tu restes ici pour t'occuper de Lyane.
— Tu n'iras nulle part, annonça tranquillement Armance.
— Tu ne pourras pas m'en empêcher. Je suis majeur. J'ai le permis pour transplaner où je veux. Et j'ai décidé de libérer l'Ultime Dragon pour aider Harry dans son combat contre Voldemort.
— Personne ne quittera cette île.
Wayne sortit sa baguette magique.
— Tu comptes me défier en duel pour m'arrêter ? demanda-t-il avec assurance.
— Ce ne sera pas nécessaire, dit Armance sans se départir de son calme. Ta mère a raison. Libérer l'Ultime Dragon nous conduirait à notre perte.
— Qu'est-ce que tu en sais ? Vous avez tous été trop lâches pour essayer…
— Je l'ai vu de mes propres yeux, poursuivit Armance. En 1940, mes 4 frères et mes 5 sœurs ont voulu libérer cette créature pour diriger sa puissance contre Grindelwald. J'avais trente ans et j'étais prête à les suivre… Mais ils ont préféré que je reste en retrait puisque j'étais enceinte de 5 mois. À eux 9, ils ont utilisé toute leur puissance pour maîtriser ce monstre et je les ai vus perdre toute leur énergie vitale. Lorsque j'ai compris que c'était une opération suicide, j'ai volé la Clé Sacrée pour sceller l'Ultime Dragon à nouveau. Cet acte m'a coûté la vie de mon bébé et je n'ai plus jamais été capable de porter d'enfant après cela.
Wayne et Lowyn avaient les yeux écarquillés. Jamais ils n'avaient connu toute l'histoire.
— Comprenant à quel point la famille White possédait un pouvoir dangereux, Gellert Grindelwald est allé trouver chacun de mes frères et sœurs et les a massacrés les uns après les autres. Tous, sans exception, perdirent la vie. Leurs maris, leurs épouses, leurs enfants. Tous. Il ne resta bientôt plus que moi et mon fils de 2 ans. Et heureusement pour nous, Albus Dumbledore nous a apporté sa protection…
Il y eut un silence pesant. Et Armance reprit avec force :
— Te crois-tu capable de réussir là où 9 membres de la famille White ont échoué en unissant leurs forces ?
— Ça vaut le coup d'essayer, lâcha Wayne d'un air buté.
Le jeune White ferma les yeux. Il se concentra sur sa destination, focalisa toute sa détermination et prit la décision de quitter les lieux. Mais rien ne se produisit. Il était toujours dans le salon. Il fronça les sourcils et tenta une nouvelle fois de partir, en vain.
— Qu'est-ce que tu as fait ? demanda-t-il avec fougue à son arrière-grand-mère.
— Je te l'ai dit. Plus personne ne quittera cette île. J'ai bloqué tous les accès.
— Quoi ? s'exclamèrent Lowyn et Wayne d'une même voix.
— Je lèverai le sort le jour où le Seigneur des Ténèbres sombrera.
— Comment oses-tu ? demanda Lowyn d'une voix blanche.
— Et Roxane ? Tu y as pensé ? rappela Wayne incrédule.
— Si je dois choisir entre protéger le sang des White ou une inconnue, je n'ai aucun doute à avoir…
Wayne resserra ses doigts autour de sa baguette magique, sans se préoccuper de sa main douloureuse qui saignait toujours en répandant quelques gouttes sur le sol.
— Si tu meurs, le sort se lèvera de lui-même, dit-il tranquillement.
— Wayne ! NON ! s'exclama Lowyn.
— J'y ai déjà pensé mon garçon, assura Armance. Si je devais mourir, mon sort serait directement enfermé dans le cœur de ta sœur. Et il te faudrait attendre son 17ème anniversaire pour qu'elle puisse elle-même lever le blocage de cette île. À toi de choisir. Soit, tu attends bien sagement que cette guerre prenne fin en me laissant lever le sort. Soit, tu me tues tout de suite et il te faudra attendre encore 16 longues années avant de pouvoir espérer partir d'ici.
Le regard de Wayne était rempli de haine. Il jeta un œil à la petite Lyane qui était restée silencieuse depuis tout ce temps. Lowyn se plaça devant sa fille dans un geste de protection. Est-ce qu'elle le croyait suffisamment désespéré pour vouloir tuer son arrière-grand-mère et aussi sa petite sœur afin de retrouver Roxane ?
Armance n'avait pas sorti sa baguette magique. Elle attendait de voir ce que le jeune White allait décider de faire. Subitement, il prit l'apparence d'une panthère des neiges et se mit à courir en direction de la doyenne des White. Il lui sauta dessus et la vieille femme se retrouva au sol, écrasée sous le poids de l'animal enragé. Il ouvrit sa large mâchoire et cria toute sa colère au visage de la vieille sorcière. Ses griffes s'étaient enfoncées dans sa chair, mais avant qu'elle n'ait pu faire ou dire quoi que ce soit pour se défendre, le félin sauta à travers la fenêtre et s'enfuit en courant.
Des réactions ? Pour les réclamations, je vous invite à contacter directement JK Rowling car c'est elle qui a tué Sirius, pas moi :'(
