Nouveau chapitre qui approche dangereusement de la fin...

Disclamer : tout appartient à JK Rowling (sauf quelques idées), je ne fais pas d'argent avec cette fic...

Bonne lecture à tous !


Maléfice et sentiments…

Lowyn regardait sa grand-mère avec insistance. Elle se trouvait dans l'unique maison d'Isla Aura, attablée avec une tasse de thé noir entre les mains. Wayne était encore enfermé dans sa chambre, trop loin pour entendre la conversation.

— Tu comptes vraiment nous garder ici jusqu'à la fin de cette guerre ?

— Rien de ce que tu diras ne me fera changer d'avis.

— Cela peut durer des années. Imagine que Roxane soit enceinte… En grandissant, son enfant finirait par entendre l'appel de l'Ultime Dragon. Cela résonnerait dans sa tête comme un chant lointain qui le guiderait inévitablement vers la Clé Sacrée. Et sans comprendre l'étendue de son pouvoir, la créature finirait par le forcer à la libérer !

— La jeune Scott n'est pas enceinte, répondit tranquillement Armance sans lever les yeux de son exemplaire de La Gazette du sorcier.

— Comment peux-tu en être aussi sûre ?

— Parce qu'elle utilisait des sorts de protection.

— Tout comme moi je te rappelle, s'indigna Lowyn.

— Oui, mais toi, tu es une White. Les sortilèges de ce genre sont moins efficaces sur nous… Si tu voulais vraiment ne pas avoir d'enfants, il aurait fallu que Sirius pratique les sorts sur lui-même. Mais comme on vit dans un monde où les hommes s'imaginent toujours qu'il s'agit là d'un sujet qui ne doit concerner que les femmes, il était évident que tu finirais par avoir des enfants…

Lowyn regarda sa grand-mère avec des yeux ronds, puis elle reprit avec mauvaise humeur :

— Ça aurait été bien de me le dire avant, ça…

— Et pourquoi ? Tu devrais plutôt me remercier. Tu as aujourd'hui deux merveilleux enfants…

Wayne traversa la pièce, passa devant sa famille, en évitant soigneusement de lancer un regard à la vieille sorcière, et sortit de la maison sans un mot.

— Enfin, il y en une qui est plus merveilleuse que l'autre ! marmonna la doyenne des White.

Armance se pencha maintenant vers la petite Lyane qui s'approchait d'un pas assuré en souriant.

La fin septembre arriva et Tonks en avait assez de rester à Pré-au-Lard. Il ne se passait rien et elle souffrait de ne pas être auprès de Remus. Elle préférait de loin les missions qu'ils avaient passées ensemble avant cette intervention de sauvetage au ministère. C'était alors une sorte de guerre froide durant laquelle le Seigneur des Ténèbres n'était concentré que sur la prophétie. Mais aujourd'hui, son retour était officiel. Il fallait redoubler de vigilance pour protéger Poudlard, c'était là son travail quotidien. Et Remus, lui, semblait maintenant accepter de prendre n'importe quel risque pour l'Ordre. La jeune Auror avait la désagréable impression qu'il cherchait ainsi à flirter avec la mort…

Elle savait qu'il avait l'intention de rejoindre les rangs de Greyback pour soutirer des informations. Mais cette nuit, la lune était pleine. Tonks frémit en observant le ciel noir. Elle savait qu'il devait certainement souffrir d'une transformation. Mais elle avait un plan. La jeune sorcière avait demandé à Dumbledore qu'un autre membre de l'Ordre la remplace au levé du jour. Elle avait l'intention de retrouver Remus.

Durant les dernières réunions de l'Ordre du Phénix, le Maraudeur avait pris grand soin de l'éviter, sans même prendre le risque de croiser son regard. Mais c'en était trop. La jeune femme n'en pouvait plus. Elle s'était entraînée avec différents sorts de soins pour être certaine que sa maladresse maladive ne puisse lui jouer des tours. Elle repensa un instant à la tête qu'avait fait Harry lorsqu'elle avait voulu lui réparer son nez cassé après leur descente du Poudlard Express. Son sort avait été parfaitement exécuté. Ils avaient pu regagner l'entrée du parc de Poudlard et croiser Rogue qui n'avait pu s'empêcher de dénigrer la nouvelle forme de son Patronus. De quoi se mêlait-il celui-là ? Que pouvait-il bien savoir des sentiments amoureux ? Le jeune Potter, quant à lui, semblait encore affecté par la mort de son parrain. Le pauvre avait déjà eu son lot de malheur pour plusieurs vies à venir. Et d'après les rumeurs, la suite ne semblait pas plus rose le concernant…

Tonks commença à voir les premières lueurs du jour, la lune désormais invisible. Hestia Jones apparut par transplanage en tournant sur elle-même. Nymphadora lui adressa un maigre sourire. Elle était maintenant libre de partir. La jeune Auror transplana à son tour jusqu'à Londres. Le quartier choisi était désert. Elle se dirigea vers une zone désaffectée, vide de toute vie humaine. Jetant un regard au ciel, la lune avait bien disparu, impossible de se douter qu'elle avait été pleine cette nuit. La sorcière repéra les lieux et sortit sa baguette magique. Grâce à un sort, une plaque se révéla au sol. Tonks utilisa un sortilège pour ouvrir la trappe et se faufila maintenant sous terre en prenant soin de la refermer sur elle. Cette cachette dissimulait une vaste cave aux parois épaisses et insonorisées par magie. La jeune femme fit apparaître des flammes bleues pour apporter un peu de lumière qu'elle disposa dans un bocal. Un simple Lumos ne lui aurait pas permis d'utiliser sa baguette pour d'autres sorts…

Une porte d'acier semblait infranchissable, mais une fois de plus, la jeune Auror sut l'ouvrir par magie. Elle retint son souffle en observant tous les débris qui jonchaient le sol. On aurait dit qu'une explosion s'était déchaînée en réduisant tout en miettes. Et, au milieu de tout ce capharnaüm, un corps reposait inconscient. De nombreuses plaies étaient visibles et certaines semblaient saigner depuis de longues heures. Elle approcha prudemment en sortant une couverture de son sac de voyage. Avec douceur, elle prit l'homme par un bras et l'aida à se redresser en position assise. Elle recouvrit son corps sans vêtements avec la couverture et s'appliqua à trouver la blessure la plus grave pour commencer ses soins. Jusque-là, Remus n'avait même pas ouvert les yeux, trop affaibli par cette terrible nuit qu'il était obligé de vivre seul, en se mordant lui-même.

Tonks arrêta les saignements les uns après les autres et fit apparaître des bandages pour recouvrir les différentes plaies. Puis elle se rendit compte en observant une bosse sur l'avant-bras qu'un os semblait brisé. Elle prononça le sort pour le remettre en place et la douleur qui en résulta réveilla le Maraudeur.

— Désolée, murmura-t-elle, toujours concentrée à sa tâche.

— Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-il d'une voix faible.

— À ton avis ? Maintenant que Sirius n'est plus là, il faut bien que quelqu'un s'occupe de toi…

— Je sais très bien me débrouiller seul, marmonna-t-il alors que sa tête lui tournait.

— C'est ça…

Tonks continua de parcourir son corps à la recherche d'autres blessures importantes. Elle fut satisfaite du résultat. La jeune femme put maintenant observer son visage tuméfié d'où subsistaient des traînées de sang séché. Elle fit son possible pour ne pas montrer à quel point cela lui faisait mal de le voir dans cet état. Mais, comme elle s'évertuait à lui faire comprendre, ce n'était pas le monstre en lui qui lui faisait peur. Elle était simplement terrifiée à l'idée de le perdre. Elle repéra parmi ses cheveux une plaie importante qu'elle s'appliqua à refermer.

— Comment est-ce que tu as fait pour te blesser ici ? demanda-t-elle avec étonnement. Cette zone est bien trop loin des crocs…

— C'était peut-être quand je cherchais à défoncer la porte pour sortir, se hasarda Remus en montrant du doigt l'imposante entrée en acier épais.

Le Maraudeur était surpris de ne pas voir la peur dans ses yeux. Elle était concentrée sur les soins qu'elle lui prodiguait. Ses sens de loup étaient tellement intenses qu'il pouvait percevoir les battements du cœur de la jeune femme se faisant de plus en plus rapide. Son parfum avait également une note enivrante qui lui fit oublier un instant ce pour quoi ils étaient là.

Tonks croisa son regard d'ambre, son visage tout près du sien. Doucement, elle s'approcha encore plus près et déposa timidement ses lèvres sur les siennes. Elle lâcha sa baguette et glissa ses doigts dans les cheveux de Remus. Son baiser devint plus intense et elle sentit bientôt les bras du lycanthrope la retenir tout contre lui avec force. Alors qu'elle savourait son bonheur, ses cheveux passèrent par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.

Il ne savait plus pourquoi c'était mal. Il ne répondait plus qu'à son instinct primaire. Son baiser devint plus passionné. Mais en resserrant encore ses bras autour de cette jeune femme qu'il sentait vibrer sous ses caresses, il ressentit une vive douleur à son bras. Pourquoi déjà avait-il mal ? Ha, oui. Un os qui s'était brisé pendant la nuit. Pourquoi déjà ? Ses souvenirs lui revinrent tout à coup. Il ne devait pas. Au prix d'un terrible effort, il fit taire l'animal qui sommeillait en lui et repoussa Tonks.

— Arrête !

Elle était essoufflée, désorientée, les pupilles encore dilatées de désir. Remus se leva en resserrant la couverture autour de lui. Les cheveux de Nymphadora reprirent leur teinte gris souris.

— On ne peut pas faire ça.

— Je t'aime Remus. Et après ça, je t'interdis de dire que tu ne ressens rien pour moi. Ce baiser ce n'était pas un accident.

— Il ne s'agit pas de sentiments, soupira Lupin. Regarde autour de toi. REGARDE !

Il fit un geste ample pour désigner tous les débris qui jonchaient le sol.

— Comment peux-tu ne pas avoir peur ?

— Je t'aime, murmura-t-elle les larmes aux yeux.

— Tu es complètement inconsciente. Je pars en mission avec la meute de Greyback. N'essaye pas de me suivre.

Elle n'eut pas le temps d'ajouter un mot de plus qu'il avait déjà transplané.

Les semaines s'écoulèrent les unes après les autres jusqu'à la fin octobre et une certaine routine s'installa à Ilvermorny. Roxane était toujours aussi triste que Wayne ne soit pas auprès d'elle, mais pouvoir lui parler chaque nuit et s'en souvenir une fois éveillée lui permirent de tenir le coup. Sa mine était moins triste et il lui arrivait de sourire plus fréquemment. Ce qui, sans le savoir, attirait quelques regards sur elle.

Un midi pendant le déjeuner dans la salle principale, Dereck et Jimmy mangeaient à la table des Oiseau-Tonnerre. Roxane était avec ses amies chez les Puckwoodgenie, en riant certainement à une blague racontée par Agathe. Jimmy fronça les sourcils en observant les élèves qui se trouvaient non loin, à la table des Serpent-Cornu.

— Je n'aime pas la façon dont Walters la regarde, avoua Jimmy.

Dereck suivit son regard et comprit tout de suite de qui il parlait.

— Ouais, moi non plus. Wayne m'a demandé de veiller sur elle, au cas où…

— Il y a encore eu de nombreuses disparitions en Europe, annonça Malcom sans se rendre compte de l'interruption qu'il produisait. Cette guerre fait peur, ils n'ont même plus de vendeurs de baguettes depuis qu'Olivander a disparu… Et d'après mon cousin qui étudie à Poudlard, il y a eu une attaque à Pré-au-Lard sur une élève… Une histoire de collier ensorcelé. Elle est entre la vie et la mort à Ste Mangouste…

— On dirait que les choses s'accélèrent, admit Jimmy.

— Et encore, poursuivit Malcom. Heureusement que Dumbledore est là. On dit que c'est le seul sorcier qui fasse peur à Vous-Savez-Qui… Vous croyez à cette histoire de prophétie qui concernerait Harry Potter ?

— Difficile à dire. On ne peut pas forcément se fier à ce qui est écrit dans les journaux…, reprit Dereck qui repensait à tous ces mensonges qui avaient été rapportés sur Sirius Black.

Plusieurs élèves commencèrent à se lever pour rejoindre le prochain cours de l'après-midi. Roxane suivit ses amies pour aller en classe de défense contre les forces du Mal qu'elle partageait avec les élèves de la maison des Womatou. Le sujet du jour se portait sur les Patronus. Durant la première heure, leur professeur fit un rappel sur l'importance de trouver un souvenir particulièrement heureux ce qui était toute la difficulté selon la menace. Parce que les Détraqueurs avaient le pouvoir d'ôter toute joie, privant ainsi certains sorciers de tous leurs moyens de penser clairement… Roxane se rappela cette horrible sensation qu'elle avait ressentie lorsqu'elle en avait croisé près de chez elle avec Wayne.

Après qu'ils eurent pris des notes – et que Roxane eut griffonné quelques signes indéchiffrables pour vérifier que Wayne était toujours en vie –, tous les élèves prirent leur baguette et se levèrent pour commencer à s'entraîner à cette pratique. Elle focalisa toutes ses pensées sur la joie qu'elle avait ressentie lorsque le jeune Wish lui avait avoué ses sentiments pour elle. Ce fut lors d'un bel après-midi dans le parc d'Ilvermorny alors qu'elle s'émerveillait de voir des flocons de neige tomber, comme si c'était là l'œuvre de la magie. Il avait laissé échapper les trois mots sans s'en rendre compte. C'était la plus belle surprise qu'elle eût reçue.

— Spero Patronum.

Une forme argentée fit apparition sans aucune difficulté et prit la forme d'une panthère des neiges. Roxane ouvrit les yeux et poussa une exclamation étonnée en observant l'animal qui avait exactement la même apparence que le Patronus de Wayne. Elle resta figée en regardant la créature argentée qui tournait autour d'elle d'une démarche assurée.

— Bravo ! complimenta le professeur. Très beau Patronus corporel ! Pardonnez-moi, mais avez-vous déjà croisé des Détraqueurs ?

— Oui, répondit Roxane par automatisme. Cet été…

— Ravi de voir que vous avez toujours votre âme, salua l'enseignant. On peut dire que votre sortilège semble efficace. Conservez précieusement ce souvenir. Aller, vous autres… Concentrez-vous…

Après ce cours, la jeune Scott fut incapable de quitter son sourire. Pour la première fois depuis de longs mois, elle avait l'impression que Wayne était auprès d'elle dans le monde éveillé.

Wayne se tenait sous le ciel étoilé avec Roxane dans ses bras.

Il s'est passé quelque chose d'étonnant aujourd'hui, annonça la sorcière. J'ai eu un cours sur les Patronus et lorsque j'ai fait apparaître le mien, il a changé de forme ! Ce n'est plus un cheval, mais une panthère identique au tien !

C'est étonnant…

Je ne savais pas que c'était possible d'avoir le même que quelqu'un d'autre. Nos Patronus sont identiques à présent.

Lorsque le rêve se dissipa, Wayne se redressa dans son lit. Cette révélation le laissait songeur. Cela faisait maintenant de longs mois qu'il n'avait pas tenté de faire apparaître son protecteur d'énergie positive. Il prit sa baguette, pensa à Roxane et murmura le sort. Le jeune White ne put retenir une expression étonnée. Là, devant ses yeux, venait d'apparaître un cheval argenté identique à celui que la jeune Scott produisait jadis. Il passa le reste de la nuit à observer cette forme lumineuse, en ayant presque l'impression que la jeune sorcière se trouvait près de lui.

Le lendemain matin, Wayne entra dans le salon et s'assit dans le canapé à côté de sa mère, sans adresser un regard à Armance qui lisait un exemplaire du Daily Salem.

— Comment ça se fait que ton Patronus ait changé de forme l'autre fois ? demanda Wayne à Lowyn.

— Je ne sais pas exactement. Il n'a pas réellement changé de forme. Ton grand-père prenait l'apparence d'une panthère noire sous forme Animagus et j'ai toujours pensé que c'était lui qu'il représentait… Vos deux formes animales sont très similaires. Je dirais simplement qu'avec le temps c'est mon attachement pour toi qui est devenu plus fort. Après je ne suis pas une experte.

— Mon Patronus a changé, murmura Wayne.

— Ha oui ? s'étonna Lowyn.

— En fait, celui de Roxane a pris l'apparence du mien. Et quand elle m'a dit ça cette nuit, j'ai voulu vérifier le mien. On a interverti nos Patronus… Je ne pensais pas cela possible.

Les yeux d'Armance semblaient figés sur le même article depuis le début de la conversation, comme si elle était plus attentive à ce qui se disait qu'à ce qu'elle lisait.

— C'est impressionnant, reconnut la mère du sorcier. Votre séparation forcée semble avoir renforcé vos sentiments l'un pour l'autre.

Wayne garda le silence. Lowyn comprit que cet amour semblait bien plus fort qu'elle ne l'avait envisagé. Armance, quant à elle, garda à l'esprit qu'il faudrait certainement accepter la jeune Scott dans la famille White une fois la guerre terminée. À l'évidence, il ne s'agissait pas d'un simple amour de jeunesse.

Depuis ce jour, Roxane avait pris l'habitude de faire apparaître son Patronus avant de s'endormir, bien caché par les rideaux de son lit à baldaquin. Une pratique qu'elle n'avait pas révélée à Wayne. Elle ne se doutait pas d'ailleurs que le jeune White s'amusait également à faire apparaître son animal argenté plus souvent que de raison.

Cet après-midi-là, Roxane se dirigeait vers sa classe de Sortilège en parcourant différents couloirs de l'école avec son groupe d'amies de Puckwoodgenie. Elle s'arrêta tout à coup en remarquant qu'il lui manquait son livre.

— Je vous rejoins les filles, dit-elle en faisant demi-tour vers sa salle commune.

Son sac sur une épaule, elle avança d'un pas rapide pour être sûre de ne pas arriver en retard. Elle fut retenue dans son élan par quelqu'un qui la prit par le bras. Roxane n'eut pas le temps de réaliser de qui il s'agissait qu'elle se trouvât tout à coup plaquée contre un renfoncement de mur, bien cachée par la statue d'un oiseau-tonnerre aux huit ailes déployées. Sentant le danger, elle voulut attraper sa baguette magique qui retenait ses cheveux, mais une main vigoureuse saisit ses deux poignets et les maintint au-dessus de sa tête.

— Laisse ta baguette où elle est, Scott.

— Lâche-moi, Walters, prévint la jeune fille.

— Ou sinon quoi ? Tu savais que les sales Sang-de-Bourbe dans ton genre n'ont même pas le droit d'entrer dans l'université de Durmstrang ?

— Si t'as un problème avec ça, tu peux toujours voir pour changer d'école…

Il porta sa main libre au cou de Roxane qu'il serra avec force. La sorcière eut le souffle coupé et bientôt sa gorge lui sembla aussi douloureuse que ses poignets.

— Attention Scott… Wish n'est plus là pour jouer les gardes du corps, tu ferais mieux d'être très gentille avec moi…

Il la regardait dans les yeux, une expression de dégoût sur le visage. Subitement, son regard changea. Une lueur qu'elle n'aurait jamais aimé voir chez lui : comme une flamme de désir. Il approcha son visage du cou de Roxane qu'il tenait toujours aussi fermement. Il effleura sa peau de ses lèvres et murmura :

— Quel dommage que ton sang ne soit pas pur…

Animé par une vision qu'il semblait seul à voir, il approcha son corps du sien en l'écrasant par ce contact forcé. Elle sentit avec horreur son désir se durcir tout contre elle. Il relâcha enfin sa gorge pour parcourir son corps par des gestes brutaux. Alors qu'elle pouvait enfin respirer convenablement, elle prit de grandes inspirations en faisant se mouvoir sa cage thoracique tout contre lui. Walters interpréta cette attitude comme une invitation à poursuivre sur sa lancée. Roxane était incapable de crier, complètement paralysée par la terreur. Pourtant elle devait faire quelque chose, n'importe quoi. Car elle savait que rien ne pourrait arrêter cet homme dans son entreprise. Il entamait maintenant des mouvements de va-et-vient comme s'il imaginait déjà que leurs vêtements n'étaient plus là. Les yeux larmoyants, Roxane murmura d'une voix cassée :

— Je croyais que mon sang de bourbe te dégoûtait ?

Cette phrase lui fit l'effet d'une douche froide. Il releva la tête pour la regarder dans les yeux. Saisissant l'occasion, elle lui cracha à la figure. Il se recula, surpris, et leva la main pour la gifler, mais Roxane fut plus rapide. Ayant maintenant l'espace suffisant, elle lui porta un coup de genou entre les jambes. Il s'écroula au sol, plié en deux en gémissant de douleur. Ses mains désormais libres, elle prit sa baguette magique et lança le premier sol informulé qui lui vint à l'esprit.

— Certaines pratiques Non-Maj's ont le mérite d'être efficaces ! dit-elle d'une voix éraillée.

Walters se convulsa et se mit à cracher une limace sur le sol en bavant abondamment. Roxane s'éloigna vivement en tremblant de terreur et de dégoût. Elle tenait encore sa baguette bien serrée dans sa main, la respiration saccadée.

La jeune fille entra dans les toilettes les plus proches. Elle releva ses cheveux pour les attacher avec sa baguette et ouvrit le robinet pour se passer de l'eau sur le visage. Lorsqu'elle releva la tête, elle se fixa un instant dans le miroir. Elle découvrit avec horreur que des marques étaient encore visibles sur son cou. On voyait très clairement l'empreinte des doigts qui l'avaient saisie avec brutalité. Elle effleura du bout des doigts cette zone douloureuse et remarqua maintenant qu'il en était de même avec ses poignets. Roxane ressentit un profond dégoût d'elle-même alors qu'elle avait l'impression que les mains de cet homme se trouvaient encore sur elle. Elle eut alors un haut-le-cœur et se précipita dans l'une des cabines où elle s'enferma. Rien ne se passa. Elle fut incapable de soulager son mal-être. Elle se sentait sale. La jeune Scott se laissa glisser au sol, adossée au mur, et pleura à chaudes larmes.

Dereck fronça les sourcils alors qu'il ne voyait pas Roxane dans la salle de classe. Jimmy eut la même réaction alors que leur professeur de Sortilège commençait maintenant son cours, après avoir refermé la porte.

— Agathe, tu sais où est Roxane ? demanda Jimmy à une jeune fille brune qui travaillait maintenant en binôme avec la jeune Scott depuis que Wayne n'était plus là.

— Elle a oublié son livre, elle ne devrait plus tarder…

— Rangez vos baguettes ! annonça le professeur d'une voix suffisamment forte pour couvrir les murmures. Interrogation surprise !

Il y eut une vague de protestations, mais l'enseignant envoya malgré tout les copies aux élèves d'un coup de baguette magique. Dereck dut s'y reprendre à plusieurs fois pour comprendre la première question de son examen, tant il n'arrivait pas à se concentrer. Il avait un mauvais pressentiment.

Roxane ne pleurait plus. C'était comme si elle n'avait plus de larmes à verser. Elle était toujours assise à même le sol, dans cette petite cabine malodorante, les bras enserrant ses jambes tout contre elle. L'un de ses poignets lui semblait plus douloureux que l'autre. D'un coup d'œil à sa montre, elle vit que le temps s'était écoulé sans l'attendre. Elle venait de rater un cours de Sortilège. Au prix d'un courage qu'elle ne soupçonnait pas trouver en elle-même, elle se releva. La sorcière quitta les toilettes d'un pas mal assuré, cherchant à rejoindre sa salle de classe pour présenter ses excuses à son professeur.

La porte s'ouvrit en libérant plusieurs élèves des maisons Puckwoodgenie et Oiseau-Tonnerre. Roxane s'avança timidement vers son professeur en lui disant qu'elle ne se sentait pas très bien. Au premier coup d'œil, il vit la mine accablée de la jeune fille, ce qui l'aida à accepter l'excuse sans discuter.

Roxane sortit de la salle et vit Dereck et Jimmy qui l'attendaient dans le couloir.

— Est-ce que ça va ? demanda Dereck en posant une main sur son épaule.

La jeune Scott eut un mouvement de recul, impossible à contrôler.

— Oui, reprit-elle doucement en guise d'excuse. Je ne me sentais pas bien…

— Qu'est-ce que tu as au cou ? demanda Jimmy avec des yeux ronds.

Par réflexe, Roxane releva son col pour dissimuler les marques qui étaient malheureusement encore visibles. Dereck remarqua avec horreur la teinte bleuie de ses poignets.

— Est-ce que Walters…

— Ne vous inquiétez pas pour lui, coupa Roxane d'une voix dure. À l'heure qu'il est, il doit encore être en train de cracher des limaces.

En temps normal, cette remarque les aurait fait rire. Mais la vision qu'ils avaient maintenant de la jeune sorcière aux yeux rougis fit naître en eux un profond sentiment de haine envers cet élève de la maison des Serpent-Cornu.

— Roxy, t'étais où ? demanda Agathe qui prenait son amie par le bras. Tu as échappé à une interro particulièrement difficile… On a cours d'étude des Runes, tu viens ?

— À plus tard, les gars, dit Roxane en suivant son amie parmi les autres élèves qui allaient et venaient dans le couloir.

— Je n'y crois pas, murmura Jimmy. Elle se fait agresser par Walters et, tout ce qu'elle fait, c'est lui lancer un sortilège pour qu'il crache des limaces… C'est fille est définitivement trop gentille !

— Ouais, confirma Dereck. Surtout qu'avec le niveau qu'elle a en Métamorphose, elle aurait facilement pu le changer en putois ou en veracrasse…

— Tu sais quoi, il est peut-être temps que l'on aille discuter avec Walters…

— Je pensais exactement à la même chose…

Jimmy se tourna vers une étudiante de la classe de Roxane :

— Amy, votre cours d'étude des Runes dure combien de temps ?

— Une heure, après on a divination. Désolée, je dois y aller…

— J'ai une idée, avoua Jimmy à Dereck alors qu'ils se dirigeaient maintenant vers leur cours de deux heures d'Arithmancie.

Les deux sorciers passèrent la première partie de leur cours sans vraiment se concentrer sur ce que disait leur professeur. Peu de temps avant la fin de la première heure, Jimmy avala discrètement une sucrerie. Son nez se mit à saigner abondamment et il demanda à l'enseignant s'il pouvait le laisser rejoindre l'infirmerie. Une fois hors de la classe, il avala la deuxième moitié de son nougat, et le sang arrêta de couler. Il parcourut les différents couloirs pour rejoindre la salle où se tenait le cours d'étude des Runes. Il attendit de voir Roxane pour aller lui parler.

— Tu n'es pas sensé avoir cours d'Arthimacie, toi ? s'étonna la jeune fille.

— Si, mais j'ai utilisé un nougat néansang pour échapper à ma deuxième heure…

— Tu as passé commande auprès des frères Weasley ? demanda-t-elle avec un sourire amusé en repensant aux jumeaux qu'elle avait rencontré à Londres.

— Je n'ai pas pu résister. Ce sont des génies ! complimenta Jimmy. En fait, je voulais te demander un truc… Est-ce que tu pourrais me donner un de tes cheveux ?

— Pour quoi faire ? demanda Roxane avec une mine soupçonneuse. Tu ne comptes pas utiliser du Polynectare quand même ?

Jimmy se mit à rire avant de répondre :

— Non, pour moi tu es inimitable !

— Une poupée vaudou alors ?

— Non. Je t'assure que je n'ai fait aucune poupée vaudou… Je ne ferai rien pour te nuire. Au contraire. Mais il vaudrait mieux que tu ne saches pas ce que je projette de faire… Tu as confiance en moi ?

— Oui, bien sûr, déclara Roxane avec une moue perplexe.

Elle prit sa baguette magique pour libérer sa chevelure. Passant ses doigts parmi ses mèches blondes, elle réussit à prendre un cheveu qu'elle remit au sorcier. Il la remercia et marcha à ses côtés pour l'accompagner jusqu'à son prochain cours. Elle se sentait rassurée de le savoir avec elle. Pendant toute son heure d'étude des Runes, Roxane avait redouté le moment où elle quitterait la salle, de peur de croiser à nouveau Walters. Elle était convaincue qu'il souhaiterait se venger après ce qu'elle lui avait fait. Pour libérer son angoisse, elle se mit à parler sans discontinuer :

— Je ne sais pas pourquoi je continue la Divination. Je n'ai jamais rien vu dans cette maudite boule de cristal ou ces feuilles de thé. Ça plombe ma moyenne… Quitte à interpréter l'avenir, je préfère tenter en observant les étoiles durant nos cours d'astronomie. Tu savais que Bételgeuse a sa luminosité qui diminue de plus en plus ? Elle pourrait se changer en supernova un de ces jours. Ce serait magnifique à voir ! Une telle explosion la ferait briller autant que la pleine lune ! Mais après ça, on pourra dire adieu au Triangle d'hiver si elle venait à disparaître. Il ne resterait plus que Sirius et Procyon près de la ceinture d'Orion…

Jimmy laissa la jeune fille entrer en cours de Divination et se dirigea vers sa salle commune. Dans son dortoir, il sortit différents ingrédients qu'il commença à écraser avec un mortier et un pilon. Il ajouta le cheveu de Roxane et poursuivit son broyage pour obtenir une poudre noire particulièrement fine. Il versa sa préparation dans un petit sachet de velours qu'il rangea précautionneusement dans sa poche.

À la fin de son cours, Dereck regagna directement la salle commune des Oiseau-Tonnerre pour récupérer quelques plantes qu'il conservait dans sa table de nuit. Il vit Jimmy qui lui confirma qu'il était prêt. Tous deux quittèrent ensuite les lieux et traversèrent différents couloirs de l'école. Ils retrouvèrent bientôt Roxane qui discutait avec ses amies devant la salle principale où de nombreux élèves se rassemblaient pour le repas du soir.

— Tu veux venir manger avec nous ? proposa Dereck. On ne dira à personne que tu es de Puckwoodgenie…

Elle lui adressa un faible sourire et déclina :

— C'est gentil, mais je n'ai pas faim. Je vais remonter dans ma salle commune pour m'avancer avec tous ces devoirs… J'angoisse déjà pour les examens d'ASPICs !

— Je n'ai pas faim non plus, révéla Jimmy. On peut t'accompagner.

Roxane était reconnaissante de les voir aussi protecteurs. Elle ne voulait pas donner l'impression d'être terrifiée à l'idée de croiser une nouvelle fois Walters. Ce serait lui accorder trop d'importance et lui donner satisfaction. Elle avait suivi ses amies pour ne pas être seule, mais se trouver devant cette salle de repas multipliait les risques de revoir ce sorcier malfaisant. Aussi, la proposition d'escorte de Dereck et Jimmy tombait à point nommé. Elle était heureuse qu'ils soient suffisamment malins pour deviner ce qu'elle ressentait. Une fois arrivée à sa salle commune, elle les remercia avec un sourire, mais également un regard triste qu'elle ne pouvait pas dissimuler.

— Bon, trouvons-le, dit Jimmy qui commençait à se diriger entre les différents couloirs de l'école.

Après quelques minutes, les deux amis finirent par le voir. Ils prirent le sorcier chacun par un bras et l'entraînèrent dans une salle de classe déserte. Jimmy verrouilla la porte par magie tandis que Dereck força Walters à prendre place sur une chaise. Ce dernier sortit sa baguette magique, mais Jimmy fut le plus rapide :

Expelliarmus !

Dereck attrapa la baguette au vol et la dirigea vers lui.

— À deux contre un, vous êtes très braves… Qu'est-ce que vous me voulez ? lâcha Walters.

— On n'aime pas vraiment te voir tourner autour de Roxane, dit tranquillement Jimmy qui caressait sa baguette magique.

— Pourquoi ? Maintenant que Whish n'est plus là, vous voulez vous la faire ?

Jimmy abattit son poing sur la mâchoire de Walters.

— Désolé, c'est parti tout seul, annonça Jimmy à l'adresse de Dereck, mais ce dernier était bien trop choqué pour en tenir compte.

Il lança un sortilège pour immobiliser ce sorcier de la maison Serpent-Cornu. Puis il s'assit en tailleur face à lui et fouilla dans une poche pour en sortir sa pipe qu'il alluma par magie. Il la porta à sa bouche et commença à inspirer profondément pour ouvrir son esprit grâce aux fumées qui s'en échappaient.

— Voyons maintenant ce que tu as dans la tête, murmura Dereck.

Il posa ses doigts au niveau des tempes de Walters qui ne pouvait plus faire le moindre mouvement. Dereck avait les yeux fermés, mais il pouvait maintenant voir les rêves qu'avait l'habitude de faire ce sorcier.

— Espèce de sale…

— Quoi ? demanda Jimmy avec inquiétude. Qu'est-ce que tu vois ?

— Roxane. Il n'y a qu'elle. Quel pervers !

Il poursuivit sa contemplation avec une expression dégoûtée sur le visage. Puis il reprit :

— Si Wayne voyait ça, je suis certain que même à nous deux nous ne pourrions pas le retenir de lui faire la peau !

Jimmy poussa un juron et son regard devint bien plus sombre à l'égard de Walters.

— OK. Je ne veux pas en voir davantage, commenta Dereck véritablement bouleversé. Je bloque tout ça. Fini les rêves ! Voyons maintenant les cauchemars… Pas mal du tout. À présent, il n'y aura plus que cela durant ses nuits… Des terreurs nocturnes.

Dereck retira ses doigts et ouvrit les yeux avec un regard assombri. Il comprit alors pourquoi Wayne n'avait pas confiance. Il regrettait de ne pas avoir agi plus tôt.

— À mon tour, poursuivit Jimmy. Je ne savais pas à quel endroit localiser le maléfice, mais là tu m'as inspiré…

Il sortit le petit sachet de velours et répandit son contenu dans sa main. Il plaça sa paume ouverte juste devant le visage de Walters et souffla sur la fine poudre noire, répandant ainsi une fumée dense que la victime inspira malgré elle. Jimmy prononça alors une incantation dans un dialecte totalement inconnu de Dereck ou de Walters. Physiquement, rien ne sembla s'être passé, mais Jimmy eut à présent un sourire satisfait.

— Tu lui as fait quoi ? demanda Dereck par curiosité.

— Un maléfice. À partir de maintenant, s'il s'approche d'un peu trop près de Roxane, il aura tout un tas d'effets secondaires à son entrejambe. Douleurs, démangeaisons, brûlures… Et s'il insiste, le tout finira par se nécroser et tomber !

Les deux sorciers de la maison Oiseau-Tonnerre eurent un sourire satisfait alors que Walters affichait maintenant un regard terrifié.

Ce soir-là, Roxane abandonna l'idée de faire ses devoirs, bien incapable de se concentrer. Elle se réfugia dans son lit en tirant sur les rideaux pour lui donner l'impression de se trouver dans un cocon rassurant. Son poignet était toujours douloureux. Il lui faudrait aller à l'infirmerie pour voir s'il ne s'agissait pas d'une entorse. Pour se réconforter, elle prononça l'incantation pour faire apparaître son Patronus. Mais seul un maigre filet d'argent sortit de sa baguette. Elle n'arrivait pas à se concentrer suffisamment sur son souvenir heureux. Elle abandonna, se mit en boule sous ses draps et attendit que le sommeil vienne l'emporter auprès de Wayne.

Sous un ciel noir gorgé d'étoiles, Wayne vit Roxane apparaître et directement se blottir tout contre lui. Il resserra ses bras autour d'elle et la sentit trembler.

J'aimerais tellement que tu sois là, murmura-t-elle.

Moi aussi, assura-t-il.

Il ne dit rien de plus, comprenant que ce soir les mots seraient impuissants. Elle voulut profiter de cet instant pour oublier cette terrible journée. Elle n'avait pas l'intention de dire quoi que ce soit à propos de Walters. Il ne servait à rien d'inquiéter Wayne davantage…

Le lendemain matin, Roxane n'avait pas envie de se lever. Mais il fallait affronter le monde. Elle était reconnaissante envers Dereck pour avoir définitivement bloqué ses cauchemars. Sans cela, la jeune fille était convaincue que Walters serait revenu dans son esprit pour hanter ses nuits en terminant ce qu'il avait entrepris derrière la statue de l'oiseau-tonnerre…

Roxane se prépara et suivit ses amies jusque dans la salle principale pour prendre son petit déjeuner. Elle passa les premières minutes à jeter des coups d'œil inquiets en direction de la double porte en se préparant à voir Walters. Puis, elle le vit. Il entra dans la salle sans lever les yeux dans sa direction. Mais comme la table des Serpent-Cornu se trouvait juste à côté de celle des Puckwoodgenie, Roxane resta sur ses gardes. Elle fit mine de jouer avec une de ses mèches de cheveux, se préparant ainsi à sortir sa baguette magique au moindre signe d'attaque. Mais le sorcier passa devant elle, sans même oser un regard. Ses yeux étaient cernés, donnant l'impression qu'il avait eue une nuit difficile. Une étrange expression se dessinait sur son visage, comme s'il souffrait d'un mal inconnu.

La jeune Scott fut soulagée, mais également intriguée. Elle repensa à la requête de Jimmy à propos de son cheveu. Elle jeta maintenant un regard vers la table des Oiseau-Tonnerre et vit Dereck et Jimmy qui riaient de bon cœur en observant Walters. Roxane eut un sourire, comprenant qu'ils ne devaient pas être innocents dans cette histoire. Elle se sentait libérée et en même temps reconnaissante d'avoir de tels amis pour veiller sur elle.

Remus appréciait ce moment de calme. Fêter Noël chez les Weasley était une excellente idée. Il retrouvait ainsi une vie normale pendant un temps. Il essaya d'oublier sa mission d'infiltration auprès de la meute de Fenrir Greyback. Il avait apprécié revoir Harry. La façon qu'il avait eue de le contredire en certifiant qu'il était quelqu'un de normal qui n'avait simplement qu'un problème… C'était touchant. Pendant un instant, il avait cru voir James en lui. Sa façon d'appeler ses transformations : son petit problème de fourrure. Cela l'avait apaisé et en même temps, inévitablement attristé. Il était le dernier Maraudeur. Peter ne comptait plus depuis longtemps.

Et le jour de Noël, Molly eut la mauvaise idée de parler de Tonks. Remus avait volontairement évité son regard menaçant alors qu'il avoua ne pas avoir revu la jeune femme depuis de longs mois. Mrs Weasley était perspicace. Est-ce que Nymphadora s'était confiée à cette mère de famille ? Molly avait parfois tendance à considérer chacun de ses proches comme l'un de ses enfants. Mais Remus était un adulte qui n'avait pas besoin qu'on lui dise ce qu'il convenait ou non de faire. Il n'avait certainement pas oublié ce moment intense qu'il avait partagé avec la jeune Auror dans cette cave souterraine. Merlin qu'il avait aimé l'avoir dans ses bras, goûter à ses lèvres, sentir son corps si jeune et parfait contre lui. Il ne devait pas avoir de telles pensées. Il était convaincu qu'il aurait pu ne jamais s'arrêter sur sa lancée s'il n'avait pas eu cette douleur au bras pour le ramener à la réalité de sa condition.

Harry avait alors énoncé un fait étonnant. Le Patronus de Tonks avait changé de forme. Une apparence animale avec quatre pattes. Se pouvait-il qu'il soit désormais similaire au sien ? Remus s'était senti mal à l'aise avec la tournure que prenait cette conversation, mais ils furent interrompus par la visite du ministre de la Magie, accompagné de Percy.

Lunard se trouvait maintenant dans le salon, le regard perdu dans les flammes de l'âtre. Il était tard et presque tout le monde avait déjà regagné son lit. Bill se leva pour rejoindre celle qui deviendrait bientôt sa femme. La vie semblait si simple pour eux. Si évidente. Arthur proposa un dernier verre à Remus. Le Maraudeur accepta bien volontiers.

— Ce doit être pénible ce genre de mission, commenta Arthur.

— C'est ce qui doit être fait, assura Remus. Je suis le mieux placé. Je fais ma part pour Dumbledore. Je ne suis pas fier de ce que j'ai fait pour gagner la confiance de Greyback, mais je n'avais pas le choix…

— La guerre, c'est toujours moche. Mais il ne faut pas oublier de vivre.

Lupin observa le regard intense que lui lança son hôte. Il devina le sens qui se cachait derrière ces mots. On en revenait toujours à la jeune métamorphmage. Le silence du Maraudeur invita Arthur à développer :

— Lors de la première guerre contre le Seigneur des Ténèbres, nous avons continué de vivre avec Molly. Nous avons eu Fred et George, puis Ron et enfin Ginny. Rends-toi compte, Ginny est la première fille dans la famille Weasley depuis 7 générations ! Nous ne pouvions pas nous contenter de désespérer, même si les membres de l'Ordre mouraient tous les uns après les autres. Molly a perdu ses deux frères dans cette guerre. Mais tu le sais, tu les as connus... Si l'on oublie de vivre, alors il a déjà gagné.

— C'est Molly qui t'a demandé de me dire tout ça ? demanda Remus avec suspicion.

— Ma femme aurait préféré que je te dise les choses autrement. Que je sois plus direct en te disant de ne pas perdre de temps et de vivre ton histoire pleinement avec Tonks. Car chaque seconde compte… Ou quelque chose comme ça. Je n'ai pas à te dire quoi faire. Tu as tes raisons. Mais elles ne sont peut-être pas valables.

— Tous autant que vous êtes, vous n'imaginez pas le danger que je représente.

— Je suis au courant pour Célia Galdren, avoua Arthur. Je suis ami avec un collègue qui bossait sur cette affaire à l'époque. Il travaille au Département de contrôle et de régulation des créatures magiques. Il était chargé d'interroger Célia après son admission à Ste Mangouste. Cela ne faisait aucun doute qu'elle avait été victime d'un loup-garou. Mais elle a gardé le silence. Ton nom n'a jamais été mentionné. Une fois rétablie, elle a quitté le pays, sans doute pour changer de vie. Mais malgré son mutisme, j'ai compris ce qui lui était arrivé. Elle et toi étiez membres de l'Ordre du Phénix à l'époque…

Remus fixa son regard sur les flammes qu'il ne voyait pas vraiment. Il n'avait jamais su qu'une telle enquête avait été menée. Ainsi donc, malgré tout le mal qu'il lui avait fait, la jeune femme avait tout de même fait preuve de loyauté envers le Maraudeur pour protéger son secret. Il ne méritait pas une telle attention.

— C'est une bien triste histoire, poursuivit Arthur après un silence. Et je peux comprendre que tu aies peur pour Tonks. Mais je sais que s'enfermer dans la solitude n'est pas une solution. Je vois des horreurs au quotidien au ministère. Des gens disparaissent, des familles sont déchirées tous les jours… Je sais que je ne serai pas capable d'avancer sans ma femme et mes enfants. Ce sont eux et leur amour qui me portent au jour le jour. Je te souhaite de connaître un tel bonheur.

Arthur vida son verre d'une traite. Après avoir senti passer le liquide ambré tout au long de sa gorge, il se leva et laissa un Remus bien pensif derrière lui.

Le temps s'écoula inexorablement, mais toujours avec cette incroyable lenteur. Roxane sentait maintenant que sa dernière année à Ilvermorny touchait bientôt à sa fin. Elle n'avait jamais osé demander à Dereck et Jimmy ce qu'ils avaient bien pu faire à Walters pour qu'il se tienne à l'écart. Mais cela se révéla efficace. Les examens approchaient et la jeune Scott dut réfléchir attentivement à son avenir. Elle se trouvait assise dans le parc qui bordait le château de granit, sous le même arbre où elle avait l'habitude de se tenir avec Dereck, Jimmy et Wayne les années précédentes. Mais ce dernier n'était pas là. Pour compenser le manque, la jeune sorcière avait fait apparaître son Patronus qui était couché auprès d'elle. Dereck et Jimmy n'avaient fait aucune remarque alors qu'elle s'était justifiée en disant vouloir s'entraîner pour son ASPIC de défense contre les forces du Mal. Mais les deux sorciers avaient bien deviné ce que devait réellement représenter l'apparence de cette panthère tachetée au pelage épais. D'une certaine manière, c'était comme si Wayne était auprès d'eux.

— J'aimerais bien faire un stage au MACUSA dans le service de relation entre sorciers et Non-Maj's, annonça alors Roxane avec conviction. J'aimerais changer les choses… Mais en ce moment, c'est compliqué.

— La montée au pouvoir de Tu-Sais-Qui va à l'encontre de telles idées d'unité, admit Dereck avec douceur. Je comprends ton hésitation.

— Oui. Je devrais sans doute attendre que cette guerre prenne fin…

— Pour ma part, je retourne en Louisiane, révéla Jimmy pour dévier légèrement le sujet. Mes parents voudront sans doute que je reprenne la boutique familiale. Je vais y travailler pendant un temps en attendant de trouver autre chose de plus constructif. Devenir Auror est assez tentant…

— J'y pensais aussi, avoua Dereck. Mais je sens que ce n'est pas le genre d'ambition que ma famille applaudira.

— Il faudra qu'on reste en contact, dit doucement Roxane comme une sorte de vœu formulé tout haut. Même si l'on vit chacun dans un État différent… À chaque fois que je vais chez mes parents, j'ai l'impression que le monde magique disparaît.

— Bien sûr qu'on gardera contact ! assura Dereck.

— Tu ne vas pas te débarrasser de nous comme ça…

Roxane eut un sourire et ajouta :

— D'ici quelques années, il y aura de l'animation chez moi. Wayne soupçonnait mon petit frère d'être un sorcier ! Donc bientôt, Matthew Scott fera sa rentrée à Ilvermorny ! Il est intrépide… Si ça se trouve, il ira dans la maison des Oiseau-Tonnerre !

— La meilleure maison ! confirma Dereck avec un sourire amusé en observant l'expression boudeuse de Roxane.

— Faux ! Dois-je vous rappeler l'histoire d'Ilvermorny ? C'est grâce à William le Puckwoodgenie que la menace de Gromlaith Gaunt a été repoussée…

— C'est vrai, mais je trouve que l'oiseau-tonnerre est une créature qui a beaucoup plus d'allure ! fit remarquer Jimmy.

— Là-dessus, je ne peux pas te contredire, admit Roxane en repensant à l'apparence majestueuse de cet animal quadruplement ailé.

Le mois de juin touchait à sa fin et Tonks parcourait les couloirs du château de Poudlard. Bill Weasley et Remus Lupin se trouvaient également affectés à cette tâche. Il fallait surveiller l'école pendant l'absence de Dumbledore. Elle ignorait ce que le vieux sorcier faisait pendant ce temps, mais elle était tout de même heureuse de pouvoir se trouver à partager une telle mission avec le Maraudeur. La jeune Auror n'avait pas beaucoup eu l'occasion de le voir. Et les rares fois où ils s'étaient croisés, il avait pris la fuite, refusant de parler de ce qu'ils avaient échangé tous les deux dans cette cave fortifiée après la pleine lune. Elle était certaine de ses sentiments. On ne pouvait pas embrasser quelqu'un de cette façon sans éprouver quelque chose de fort.

Se retrouver maintenant avec lui pour effectuer cette ronde lui donnait l'impression de revivre les différentes missions qu'ils avaient effectuées pour l'Ordre du Phénix, du temps où Sirius était encore enfermé au quartier général. Une période durant laquelle elle ignorait tout de l'amour naissant en elle. Tout semblait plus simple alors.

— Je devrais aller dans le couloir de l'étage inférieur, marmonna Remus en évitant soigneusement le regard de Tonks.

— Tu ne pourras pas m'éviter éternellement, lâcha-t-elle d'une voix sèche.

Il commença à s'éloigner, mais s'arrêta soudainement. Des bruits résonnaient dans le couloir du 7ème étage. Ils se lancèrent un regard et d'un commun accord, décidèrent de rejoindre le chahut pour trouver Ron, Ginny et Neville en faction dans un environnement assombri par de la Poudre d'Obscurité Instantanée du Pérou… Il n'y avait aucun doute possible, ils vivaient bien une intrusion de Mangemorts à Poudlard !


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