Bonjour à tous ! Un nouveau chapitre plus sombre...
Disclamer : tout appartient à JK Rowling (sauf quelques personnages et idées), je ne fais pas d'argent avec cette fic...
Bonne lecture !
Guerre ouverte
Roxane venait de s'installer à la table de la maison Oiseau-Tonnerre pour le repas du soir. Elle passait ses dernières heures à Ilvermorny, et une tout autre vie allait pouvoir commencer loin de l'école pour chacun des élèves de 7ème année, dès le lendemain.
— Tu ne devrais pas te trouver avec les Puckwoodgenie, fit remarquer Malcom avec un sourire amusé.
— Je ne suis pas la seule à avoir déserté, se justifia Roxane. Agathe est allée rejoindre son cher et tendre chez les Womatou… Et puis j'avais envie de profiter de notre dernier dîner avec vous autres !
— Ne l'écoute pas, ça nous fait plaisir de t'avoir parmi nous, assura Dereck.
— J'ai presque envie de pleurer, avoua la jeune Scott avec émotion. Ça me fait tellement drôle de quitter l'école. J'ai de si beaux souvenirs ici…
La sorcière leva subitement les yeux vers le plafond alors qu'une flopée de hiboux venait de faire irruption dans la salle principale. Tout le monde s'étonna et plusieurs volatiles vinrent livrer une édition spéciale du Daily Salem. Quelques cris se firent entendre alors que certains élèves pouvaient déjà lire les gros titres. Jimmy se saisit de son exemplaire et, même si sa peau était d'ébène, il pâlit tout à coup.
— Dumbledore est mort, murmura-t-il.
— Quoi ? dirent d'une même voix plusieurs étudiants qui l'entouraient.
— Il y a eu une attaque de Mangemorts à Poudlard, poursuivit Jimmy en continuant de lire rapidement l'article.
— Il faut que je contacte mon cousin, murmura Malcom avant de se lever pour quitter la salle.
Plus loin, les professeurs semblaient bien trop absorbés dans leur conversation pour ramener l'ordre dans la pièce. Roxane lança un regard terrifié à Dereck et Jimmy. Tous les trois prenaient lentement conscience de ce qu'une telle nouvelle allait changer dans le monde.
— Est-ce qu'ils parlent de Harry Potter dans l'article ? demanda la jeune Scott.
— Non. Pas de nouvelle, bonne nouvelle comme on dit…
— Les choses vont sérieusement s'accélérer maintenant, déclara tristement Dereck.
Roxane sentit son estomac se nouer. Elle savait quelles seraient les premières victimes dans une guerre ouverte.
Wayne attendait patiemment que sa mère joue son tour. Ils se trouvaient tous deux attablés dans le salon de l'unique maison d'Isla Aura. L'échiquier se tenait entre eux, et de nombreuses pièces blanches avaient déjà quitté la partie. Lowyn eut une expression résignée et déplaça son cavalier blanc dans une dernière tentative pour s'en sortir.
— Échec et mat, annonça Wayne en déplaçant sa dame noire pour terminer le jeu.
— Comment tu as fait ? s'étonna Lowyn. Je n'ai rien vu venir…
Le jeune White s'étira et soupira. Puis avec un sourire taquin, il annonça :
— Désolé de te dire ça, mais c'était trop facile…
— Ne sois pas insolent avec moi, reprit Lowyn faussement vexée. Avec un peu de chance, d'ici quelques années Lyane vengera toutes mes défaites !
— J'espère pouvoir quitter cette île d'ici là, marmonna Wayne en observant sa petite sœur qui venait de fêter ses 2 ans.
Soudainement, Armance se redressa dans son fauteuil alors que trois exemplaires de journaux venaient d'apparaître au même moment.
— Une édition spéciale ? demanda Lowyn en tournant son regard vers sa grand-mère.
Wayne ne prit même pas la peine de s'intéresser à la vieille femme, concentré à ranger les pièces d'échec sur leur case respective. Pourtant, il tourna malgré tout la tête lorsqu'il entendit un cri poussé par la doyenne des White. Cette dernière semblait tout à coup bouleversée par sa lecture de la dernière édition de La Gazette du sorcier. Lowyn se leva et prit un autre journal au hasard, le Daily Salem, pour découvrir ce qui était aussi choquant. Elle porta une main à sa bouche. Le mutisme collectif attira maintenant Wayne qui prit le dernier exemplaire, The Phoenix News, et découvrit le titre faisant mention de la mort d'Albus Dumbledore. Pour la première fois après un an de captivité sur Isla Aura, le jeune White mesura le danger qui rôdait dans le monde. Le décès du directeur de Poudlard laisserait le champ libre pour Voldemort…
Remus avait rendu les armes. Après la mort de Dumbledore, il s'était senti dévasté. Cet illustre sorcier avait été bien plus qu'un simple directeur d'école pour lui. Il était celui qui avait tout mis en œuvre pour lui offrir une chance d'étudier la magie et, bien des années plus tard, d'enseigner à son tour. Il était leur guide à tous dans cette tempête aveuglante générée par Voldemort. La nouvelle était à peine croyable. Dumbledore était mort. Comment pourraient-ils tous continuer sans lui ? Ils s'en étaient sortis par miracle durant cette bataille à Poudlard. Seul Bill Weasley avait le plus souffert. Mordu par Greyback, même s'il n'était pas transformé… Tonks avait exprimé sa colère contre le Maraudeur devant tout le monde. Lui qui n'aimait pas attirer l'attention, c'était raté. Tous semblaient se ranger du côté de la jeune Auror. Même le professeur McGonagall n'avait pas pu s'empêcher de donner son avis d'un ton cassant.
Alors Remus avait donc rendu les armes. Une fois de retour chez lui, il n'avait pas protesté alors que Tonks était venue le rejoindre. La vie pouvait s'envoler d'un claquement de doigts. Il s'en était fallu de peu pour Bill. Et il vivrait certainement avec ses marques sur le visage jusqu'à la fin de ses jours. Les hommes jeunes et sains ne le restent pas forcément, comme avait judicieusement fait remarquer Molly. Le discours qu'Arthur lui avait tenu au Terrier à Noël lui revint également en tête. Profiter de chaque seconde comme si c'était la dernière. N'était-ce pas là le plus sage conseil ?
Il laissa Nymphadora se glisser dans ses bras et, pour la première fois, ce fut lui qui commença à embrasser la jeune femme. Elle s'agrippa à lui avec force, de peur que ce bonheur s'envole aussi soudainement qu'il venait d'arriver. Remus se rendit compte à cet instant combien il avait besoin de cet amour. Et dans ses gestes tendres, il fit tout pour prouver à la jeune Auror à quel point elle comptait pour lui. De sa vie, jamais il n'avait éprouvé un tel échange passionné. Célia et lui s'étaient aimés, mais la jeune sorcière d'alors ne le connaissait pas complètement. Il y avait toujours eu une sorte de retenue. Tonks, elle, savait tout de lui et ne semblait pas effrayée par sa part d'ombre. Elle l'acceptait pleinement et sans la moindre réserve. Remus ne ressentit aucune gêne lorsqu'elle parcourut son corps couvert de cicatrices fines et anciennes pour la plupart. Alors que le plaisir les gagna tous deux, Nymphadora retrouva un teint rosé, enfiévré, et ses cheveux changèrent spontanément de mille couleurs.
Quelques jours plus tard, ils retournèrent à Poudlard pour la cérémonie en hommage à Dumbledore. Il y avait de nombreuses personnes rassemblées. Tonks se tenait à ses côtés avec ses éternels cheveux couleur rose chewing-gum. En passant devant eux, le professeur McGonagall leur adressa un furtif sourire. D'un regard, il chercha si Lowyn avait fait le déplacement, mais elle resta introuvable. Le Maraudeur se dit qu'elle n'avait peut-être pas voulu prendre le risque de venir avec ses enfants… L'enterrement fut des plus tristes. Tout le monde semblait bouleversé, et Remus se sentait gêné d'afficher son bonheur naissant avec la jeune Auror auprès de lui.
Sur un coup de tête, le couple décida de prolonger leur séjour dans les Highlands. Le nord de l'Écosse offrait de magnifiques paysages qui leur firent oublier la noirceur du monde dans lequel ils vivaient. Tonks respirait la joie de vivre. Elle était drôle et pétillante. Alors qu'ils se trouvaient dans une taverne à rire de bon cœur, Remus laissa un instant ses craintes de côté. Dans un élan euphorique que la jeune Nymphadora savait véhiculer, il prononça alors une phrase des plus inattendues :
— Épouse-moi !
— Oui ! dit-elle après une fraction de seconde pour laisser le temps à la surprise de s'échapper.
Allant au bout de cette idée aussi folle que soudaine, il fouilla dans ses poches pour en sortir un petit sachet de velours qui renfermait deux bagues. Tonks observa les bijoux, se demandant depuis combien de temps il gardait ces anneaux sur lui en attendant de faire cette proposition.
— C'était à mes parents, justifia-t-il avec émotion.
— Il y a une église juste à côté, annonça Tonks tout sourire. On a tout ce qu'il nous faut ! Allons-y maintenant !
— Tu crois ? demanda Remus qui n'avait pas l'habitude d'une telle spontanéité.
— Je te rappelle que c'est toi qui viens de lancer l'idée…
— Oui, mais… je ne sais pas. Il faudrait des témoins…
— Aucun problème, assura la jeune femme en se levant pour s'adresser à deux inconnus qui buvaient tranquillement leur bière à la table d'à côté. Excusez-moi messieurs, mais mon fiancé et moi on aimerait bien se marier… Ça vous irait d'être nos témoins ? Je vous offrirais votre prochaine tournée !
Remus se passa une main sur le visage, cherchant ainsi à se cacher. L'audace de Tonks le surprendrait toujours. Contre toute attente, il vit les deux inconnus se lever et s'approcher dans sa direction.
— On y va ? demanda Tonks en prenant la main du Maraudeur.
Il se mit à rire franchement et les 4 individus allèrent dans l'église la plus proche pour prêter serment d'un amour éternel. Les témoins furent tellement enthousiasmés par cette situation imprévue que ce fut eux qui payèrent la tournée d'alcool suivante…
Sur Isla Aura, la tristesse était communicative. L'annonce du décès de Dumbledore avait grandement ébranlé Armance. La vieille femme avait gardé une dette de vie envers ce grand sorcier. Pourtant, les dernières paroles qu'elle lui avait tenues étaient dures et chargées de colère à la suite de la mort de Sirius. Wayne restait silencieux, mesurant l'impact d'une telle perte pour la communauté magique. Lowyn garda le souvenir d'un directeur qui l'avait protégée après la mort de ses parents et son frère. Il lui avait ouvert les portes de Poudlard alors que Voldemort détenait toute sa puissance.
Un après-midi, alors que Lowyn jouait avec sa fille, une lettre apparut devant elle. Intriguée, la jeune femme l'ouvrit et reconnut rapidement l'écriture droite et soignée :
Arctica,
Pardonne-moi pour mon silence. Cette année était compliquée. J'ai effectué plusieurs missions pénibles auprès de mes semblables. J'espère que tu te portes du mieux possible.
J'imagine que tu as lu la presse dernièrement. C'est terrible. J'ai encore du mal à réaliser. J'ai un instant pensé te voir à l'enterrement. Mais j'imagine que cela devait être trop dur.
Mini-Cornedrue était là quand le drame s'est produit. Il a tout vu. C'est Servilus qui a tué le phénix. Je ne comprends toujours pas comment une telle chose a pu arriver…
N'hésite pas à me contacter si tu as besoin de parler.
Avec toute mon amitié,
Lunard
Lowyn lut la lettre à plusieurs reprises pour être certaine de bien comprendre le sens de ces révélations. Il parlait d'abord de missions pour l'Ordre du Phénix auprès de loups-garous. Elle en eut un frisson désagréable. Mais c'était la suite qui la paralysa. Ainsi donc, Harry avait vu le directeur se faire tuer par Rogue. Elle était choquée. Elle n'avait jamais aimé ce Serpentard qui avait passé son année à chercher ce qu'elle cachait sur la famille White. Comment était-il possible qu'Albus ait pu se faire avoir par ce Mangemort ?
Lowyn aurait tant aimé pouvoir répondre à son ami, mais le sortilège d'Armance interdisait toute communication écrite. Rien ne pouvait quitter cette île. Elle comprit soudainement ce que Wayne avait pu ressentir lorsqu'il était incapable de répondre à Roxane…
La jeune Scott était de retour chez ses parents. Il lui fallait maintenant entrer dans la vie active. Elle transplana dans la capitale de l'État d'Arizona pour rejoindre le bâtiment qui l'intéressait. La ville de Phoenix était grande et en pleine expansion. Une pépite perdue au milieu de déserts et différents monts rocheux. Et comme partout, il y avait également de nombreux sorciers cachés parmi les Non-Maj's. Edward Marks était un sorcier au regard perçant et intelligent. Il dirigeait le journal de la communauté magique le plus lu de la côte Ouest des États-Unis : The Phoenix News. Jusqu'ici, Roxane s'était habituée au Daily Salem qui était plus souvent lu sur la côte Est et, de ce fait, à Ilvermorny. Mais il lui fallait trouver un travail qui ne soit pas trop loin de chez ses parents. Le transplanage réglait bien des problèmes de déplacement et de distance, mais les décalages horaires pouvaient devenir compliqués à gérer. De plus, la jeune Scott aimait tout particulièrement le logo journalistique qui représentait un Phénix enflammé. Un signe qui lui donnait confiance.
Cela faisait quelques jours qu'elle y travaillait comme simple stagiaire. Elle s'occupait de visionner les articles pour s'assurer de leur bonne mise en page avant publication. Elle avait pu rencontrer de grands journalistes qui avaient à cœur de donner des informations justes et précises sur le monde en pleine crise. Edward Marks avait pour habitude de commencer la journée par une réunion pour rassembler toute son équipe autour des dernières actualités. À ce moment-là, Roxane était cantonnée à servir le café, mais elle aimait garder une oreille attentive à ce qui se disait pour comprendre comment la presse fonctionnait. Edward était un homme exigeant, mais juste.
Après 4 semaines passées à son poste, Roxane discutait avec l'une des journalistes :
— Il y a de nombreuses personnes qui postent des petites annonces, fit remarquer la jeune Scott. Je proposerais bien aux frères Weasley de passer une publicité pour leurs articles.
— Jamais entendu parler d'eux, avoua la jeune femme journaliste qui travaillait là depuis déjà une vingtaine d'années. Qu'est-ce qu'ils proposent ?
— Des tas de choses pour les farces et attrapes. Mais ils se sont également lancés dans une partie de défense contre les forces du Mal avec plusieurs objets détournés qui agissent comme bouclier…
— C'est intéressant. Mais tu sais, il n'y a que Marks pour valider ce qui doit être édité. Essaye de le choper entre deux réunions…
— Tu crois ? s'étonna Roxane. Il ne va pas vouloir perdre son temps avec une petite stagiaire.
— Il ne va pas te manger, assura l'employée avec un petit rire. Vas-y maintenant, il est plus calme après le déjeuner !
D'un pas mal assuré, Roxane s'approcha du bureau du directeur de The Phoenix News. Elle frappa à la porte et la voix d'Edward l'invita à entrer. La jeune fille resta figée dans son mutisme alors que le directeur se trouvait en grande conversation avec un homme dont la tête dépassait dans les flammes vertes de la cheminée. Une plume à papote prenait des notes à vive allure sur le bureau et Edward parcourait la pièce de long en large. D'un coup d'œil, il fit signe à Roxane de prendre place dans l'un des sièges disponibles. Elle aurait aimé se faire la plus petite possible. La conversation touchait à sa fin, et l'inconnu de la cheminée disparut rapidement.
— Que puis-je pour vous ? demanda Edward en prenant place derrière son bureau.
— Heu… Kalya m'a suggéré de venir vous voir concernant une idée de publication…
— Une idée ? J'aime bien les idées. De quoi s'agit-il ?
Roxane s'essuya discrètement les mains sur sa robe de sorcière pour dissimuler son stress qui les rendait moites. Puis elle posa sur le bureau une brochure qui présentait les articles de la boutique des Farces pour sorciers facétieux.
— C'est une simple publicité, marmonna-t-elle.
— Des farces et attrapes ? s'étonna Edward en observant le papier et s'arrêta sur l'adresse qui figurait au dos. Les Anglais ont toujours eu un sens de l'humour décalé…
— En fait, reprit Roxane avec courage. Je trouvais assez intéressants leurs produits développés pour la défense contre les forces du Mal…
Elle se leva pour montrer la partie désirée.
— Il y a des chapeaux, des gants et même des capes boucliers. J'ai pensé que cela pouvait avoir un intérêt en ces temps de guerre.
Edward Marks regardait maintenant la jeune fille avec ses yeux perçants et calculateurs. Elle se rassit, comme s'il venait ainsi de la clouer d'un regard à son siège.
— C'est vrai, poursuivit-elle d'une petite voix. Il y a encore énormément de monde aujourd'hui qui ne savent pas bien produire une simple Charme du Bouclier…
Il y eut un silence pendant lequel le directeur sembla sonder Roxane. Elle se sentit mal à l'aise avec l'envie de fuir le bureau au plus vite.
— C'est effectivement digne d'intérêt. Je vous accorde 300 mots maximum pour aller avec ça. Et si ça me plaît, j'autoriserai sa publication.
— Comment ? s'étonna la jeune Scott. Vous me demandez d'écrire un article pour promouvoir ces produits ?
— Absolument. Vous semblez convaincue de leurs bienfaits. Alors, allez jusqu'au bout de votre idée… Autre chose ?
— Heu… Non, monsieur.
Roxane se leva et sortit du bureau en ayant encore du mal à réaliser ce qui venait de se passer. Elle regagna sa chaise face à la journaliste qui l'avait encouragée à voir le directeur quelques minutes plus tôt.
— Alors ?
— Il veut que j'écrive un article sur le sujet, avoua Roxane encore étonnée.
Kalya se mit à rire franchement.
— Ça ne m'étonne pas de lui. Tiens, commence à écrire…, ajouta-t-elle en donnant un parchemin et une plume à la jeune sorcière. Un conseil, ne le fais pas attendre.
Pendant l'heure qui suivit, Roxane se concentra sur sa rédaction pour trouver les mots justes. Elle chercha à coucher tout ce qui lui vint à l'esprit. Elle raya certains passages, les réécrivit. Elle se relut à plusieurs reprises en s'imaginant être une sorcière comme les autres qui lisait son journal du matin…
Une fois certaine de ne pouvoir faire mieux, elle se leva et frappa une nouvelle fois dans le bureau directorial. Une fois de plus, Edward Marks l'invita à entrer. Sans lever les yeux de ce qu'il lisait à son bureau, il invita Roxane à s'asseoir face à lui. Elle déposa timidement son article sur un coin du bureau. Après un coup d'œil dans sa direction, il prit le morceau de parchemin et lut attentivement le texte en silence. Il haussa les sourcils et demanda enfin :
— Savez-vous qu'il est conseillé de garder un ton neutre sur l'actualité dans le milieu journalistique ?
— Oui, murmura-t-elle intimidée. Je peux peut-être changer…
— Non, c'est très bien. Vous avez fait passer votre message de façon subtile, sans donner l'impression de formuler votre avis sur cette guerre qui divise le monde. C'est très bien tourné. Je suis convaincu que même des Mangemorts auraient envie de passer commande chez les frères Weasley en lisant cela…
— Ce n'est pas vraiment le but recherché, marmonna Roxane avec une mine contrariée.
— Justement, c'est ce qui fait que c'est bien écrit. À aucun moment, on ne pourra vous reprocher de prendre un parti ou un autre. De nombreux journalistes sont morts après avoir trop clairement pris position dans leurs articles… Vous êtes là depuis combien de temps ?
— Environ un mois, en stage.
— Et vous comptez postuler comme journaliste chez nous ?
— Heu…
Roxane laissa passer une seconde avant de se rendre compte qu'elle avait bêtement gardé la bouche ouverte.
— Je n'y ai pas vraiment pensé, avoua-t-elle.
— J'aime bien votre plume. Réfléchissez-y. En attendant, votre article figurera dans le prochain numéro…
Lorsque Roxane regagna son bureau, elle ne put contenir sa mine ébahie.
— Alors ? demanda Kalya.
— J'y suis allée avec une simple question et, au final, je ressors avec une proposition d'embauche !
La journaliste se mit à rire.
— Tu t'y habitueras, il est comme ça Edward… Exigent, mais juste.
Sous un ciel étoilé, Wayne et Roxane se retrouvaient en plein rêve commun.
— Je n'arrive toujours pas à y croire… Il est tellement intimidant. J'étais loin de me douter qu'il me proposerait d'écrire un article !
— Il a l'air vraiment génial, marmonna Wayne avec une expression agacée.
Roxane observa le jeune White avec attention. Elle ne s'était pas rendu compte du débordement d'enthousiasme dont elle venait de faire preuve.
— Tu es jaloux ?
— Non.
— Wayne ! Tu n'as rien à craindre. Il a l'âge de mon père ! ajouta-t-elle en riant.
— Je sais, dit-il en fronçant les sourcils. Mais j'aimerais être auprès de toi…
— Moi aussi, assura-t-elle d'une petite voix en se glissant dans les bras du jeune sorcier.
Lorsque le rêve prit fin, Wayne conserva une angoisse qui lui vrillait les entrailles. Il savait Roxane suffisamment jolie pour attirer bien des regards sur elle. Cela faisait maintenant plus d'un an qu'ils étaient séparés et cet éloignement le pesait de plus en plus.
Le lendemain, Lowyn rejoignit Wayne qui marchait sur la plage, le regard perdu dans l'eau. Elle sentait que son fils était particulièrement tendu.
— Tu veux en parler ? demanda-t-elle.
— Il n'y a rien à dire, marmonna Wayne. La question c'est : combien de temps dure une relation à distance ?
Lowyn ne put retenir une grimace.
— Moi je suis coincé ici… Mais Roxane peut très bien finir par rencontrer quelqu'un qui sera physiquement là pour elle ! Et je ne peux pas lutter…
— Est-ce que tu lui en as parlé ?
— Pas comme ça. Je ne peux pas lui demander de m'attendre toute sa vie. Ça fait déjà un an. Je vais devenir fou si Voldemort ne disparaît pas rapidement ! Si seulement Armance pouvait me laisser partir…
Il donna un coup de pied rageur au premier coquillage le plus proche. Il sentit la main de sa mère se poser sur son épaule, et il se dégagea d'un mouvement. Il se sentait bien trop contrarié pour accepter sa compassion pour l'instant.
— Wayne, dit-elle avec une voix effrayée.
Il se tourna vers elle et fit demi-tour pour suivre son regard. Au large, par-delà la barrière de corail se trouvait un homme qui nageait. Il semblait sur le point de se noyer, gêné par sa cape de voyage qui devait l'alourdir dans ses mouvements. Avec sa baguette, il fit apparaître une bouée et se hissa hors de l'eau avec peine.
— Un Mangemort ?
— Qu'est-ce qu'il peut bien faire là ? Tu crois qu'il nous voit ?
— Ça m'étonnerait, assura Lowyn. Le Sortilège de Fidelitas rend toute l'île invisible…
— Dans ce cas…, commença Wayne en s'approchant du bord de l'eau sa baguette magique à la main.
— Non ! Arrête ! Jette un sort et tu trahiras notre présence…
Wayne soupira. Il aurait bien aimé évacuer tous ces mois de frustration sur ce Mangemort, mais sa mère avait raison, il valait mieux faire profile bas.
Roxane n'en revenait toujours pas. Son tout premier article publié de son nom dans le journal The Phoenix News venait de paraître. Elle avait mis un exemplaire de côté pour l'envoyer aux frères Weasley avec une lettre signée : de la part de votre première cliente américaine, Roxane Scott. Alors qu'elle envoyait son hibou express directement pour Londres trouver les jumeaux, la jeune sorcière vit arriver un autre hibou pour elle. La lettre était scellée avec le sceau officiel du MACUSA. D'une main tremblante, la jeune Scott ouvrit le courrier et fut rapidement angoissée par ce pli. C'était une convocation pour régulariser sa situation. Elle ignorait ce que cela pouvait bien signifier, mais elle se décida à transplaner rapidement à New York pour ne pas les faire attendre trop longtemps.
La jeune Scott arriva dans cette ville familière où elle avait grandi avec sa famille. La même frénésie habituelle se ressentait dans chacune des rues surchargées de monde. Elle regretta presque le calme de l'Arizona qu'elle venait de quitter. Elle arriva bientôt devant l'entrée du Woolworth Building. Passant la porte tournante magique, elle se retrouva dans le bâtiment habillement dissimulé aux yeux Non-Maj's. Le Congrès Magique des États-Unis d'Amérique était vaste et semblait à ciel ouvert tellement le plafond était haut. Sur le sol se trouvait l'emblème de cette administration : un disque orné d'un phénix affilié au drapeau américain. La jeune sorcière s'avança jusqu'à l'accueil et se présenta :
— Bonjour, Monsieur. J'ai reçu cette convocation et je me demandais où je devais aller, dit-elle en présentant le courrier.
Le sorcier parcourut rapidement la lettre du regard avec une expression indéchiffrable sur le visage.
— C'est au 2ème sous-sol. Je vais appeler le responsable qui viendra vous chercher.
— Merci.
Roxane s'écarta du guichet, mais l'homme l'interpella :
— Attendez. Il me faut votre baguette.
— Pour quelle raison ? demanda la jeune Scott avec méfiance.
— C'est la procédure.
Il fouilla dans un tiroir et en sortit un badge vert émeraude sur lequel était inscrit : Visiteur – NNM. Roxane prit sa baguette en laissant tomber ses cheveux en cascade sur ses épaules. Elle la remit à cet inconnu en prenant le badge qu'il lui tendait.
— Gardez-le bien en évidence.
— NNM, ça signifie quoi ? questionna la jeune sorcière par curiosité alors que sa baguette fut rangée à l'abri des regards.
— Née-Non-Maj', précisa-t-il avec un sourire mauvais.
Roxane se figea avec une lueur d'incrédulité dans les yeux. Elle épingla tout de même le badge à sa veste, en tremblant quelque peu. Elle prit place sur un siège en attendant que quelqu'un vienne la chercher. Un sorcier à la mine sévère s'approcha.
— Miss Scott, suivez-moi.
Roxane se leva et suivit cet homme dans l'ascenseur qui les conduisit dans le sous-sol de cet imposant bâtiment. Ils parcoururent un long couloir en croisant de nombreuses personnes qui semblaient travailler activement. La jeune fille sentit des regards se poser sur elle, remarquant sans doute le badge qui dévoilait clairement sa condition de naissance. En cet instant, elle se sentit comme nue et sans défense. Elle entra bientôt dans une petite pièce sombre et sans fenêtre. Elle s'assit sur le siège indiqué par son hôte, alors qu'il prenait place derrière son bureau.
— Roxane Madison Scott, dit-il en feuilletant le contenu d'un dossier. Il y a certains éléments manquants… Je vois que vous aviez tout d'abord émis le souhait d'effectuer un stage au MACUSA. Pourquoi avoir renoncé ?
La jeune sorcière haussa un sourcil de surprise. Elle n'avait fait mention de cette idée qu'à son professeur principal à la fin de sa 5ème année à Ilvermorny. Elle n'aurait jamais pensé qu'une telle information ait pu être connue de cette organisation.
— C'était une idée formulée il y a de cela deux ans, se justifia-t-elle timidement. J'ai changé d'avis.
— Pour ?
— Un journal. The Phoenix News.
Le sorcier haussa ses sourcils broussailleux en laissant planer sa surprise.
— Pourquoi pas le Daily Salem ?
— Parce que The Phoenix News est plus proche de mon lieu de résidence, répondit Roxane.
— C'est bien ce qu'il me semblait à la lecture de votre dossier. Vous avez quitté New York ?
— Oui, avoua la jeune Scott avec prudence. Mes parents ont désiré se rapprocher de ma tante qui était mourante.
Le sorcier eut une expression faussement émue, comme s'il se trouvait agacé par de telles mièvreries.
— Et vous n'avez pas jugé utile de prévenir le MACUSA de votre changement d'adresse ?
— Je ne savais pas que mon lieu de résidence pouvait autant intéresser le MACUSA, avoua Roxane avec incrédulité.
— Nous aimons bien avoir toutes les informations utiles sur les gens comme vous.
— Les gens comme moi ? murmura-t-elle dans un souffle alors que le sorcier porta un coup d'œil appuyé à son badge.
— Je me suis toujours demandé comment quelqu'un qui n'a aucun ascendant magique peut bien manifester des pouvoirs pour étudier à Ilvermorny, reprit-il d'un air songeur. On pourrait penser que cette magie ne vous appartient pas vraiment…
— Vous suggérez que j'ai volé mes capacités magiques ? demanda Roxane avec des yeux écarquillés par la terreur que lui inspiraient ces propos.
Il y eut un silence pesant durant lequel le sorcier semblait partagé entre le devoir de ne pas donner son avis et l'envie de répondre par l'affirmative. Un sourire s'étendit sur ses lèvres fines et il reprit :
— Revenons-en à ce qui nous occupe aujourd'hui, si vous le voulez bien. J'ai besoin de consigner votre nouvelle adresse.
— Je vis chez mes parents qui se sont installés dans l'Arizona, près de Phoenix.
— C'est un peu vague, dit-il.
— Je ne peux pas vous en dire plus.
— Et pour quelle raison ? Je suis un représentant de l'autorité du Congrès Magique des États-Unis d'Amérique, vous avez obligation de me donner une réponse.
— Et je ne peux malheureusement pas vous répondre, assura Roxane en toute sincérité en sentant l'angoisse la saisir. Notre foyer fait l'objet d'un Sortilège de Fidelitas et je n'en suis pas la Gardienne du Secret.
— Qui est-ce ?
— Mon père, mentit la jeune Scott en se voulant la plus convaincante possible.
— C'est bien pratique, lâcha le sorcier avec un rire nerveux.
Roxane tenta le tout pour le tout en décidant d'entrer dans le jeu de cet homme détestable.
— Le seul moyen pour vous d'obtenir cette adresse complète serait de faire venir mon père jusqu'ici. Et nous sommes d'accord pour trouver impensable d'imaginer un Non-Maj' mettre les pieds au MACUSA. J'ai bien peur que votre dossier ne doive se contenter des quelques indications que je viens de vous donner…
Le sorcier lançait à présent un regard qui témoignait clairement le dégoût qu'elle lui inspirait. Le cœur de la jeune fille battait à cent à l'heure alors qu'elle soutenait ces yeux pénétrants. Puis il s'apprêta à répliquer, mais il fut interrompu par l'irruption dans son bureau d'une femme d'un âge avancé.
— Travis, j'ai besoin de toi !
— Je suis en plein entretien, marmonna le sorcier avec mauvaise humeur.
— Laisse cette gamine partir, on a plus urgent ! Un incident en plein Manhattan. Il y a plusieurs dizaines de Non-Maj's à oublietter… On a besoin de tous les effectifs !
Il soupira rageusement, mais Roxane comprit qu'il avait affaire à sa supérieure hiérarchique.
— Maintenant ! s'exclama-t-elle pour presser le sorcier à la suivre hors du bureau.
Roxane suivit les deux sorciers dans le couloir et prit l'ascenseur pour rejoindre le vaste hall d'entrée. D'un pas décidé, elle rejoignit l'accueil pour déposer son badge et réclamer la restitution de sa baguette. Une fois son bien de nouveau en sa possession, elle quitta le MACUSA en sentant ses genoux qui tremblaient encore alors qu'elle remontait l'avenue pleine de Non-Maj's.
Wayne écoutait avec attention ce que Roxane venait de vivre dans la journée lorsqu'elle était allée au MACUSA.
— J'étais terrifiée. Je n'ai pas voulu donner ton nom pour le Gardien du Secret. Je pense que ma version l'a convaincu… Comment est-ce qu'un tel personnage peut travailler dans une telle institution ? Tu crois que j'étais face à un Mangemort ?
— Je ne pense pas, assura Wayne. La guerre fait surtout rage en Europe. Et là-bas, ils n'ont d'intérêt que pour Harry Potter. Mais les États-Unis ont toujours été divisés sur la question Non-Maj'. Même si la loi Rappaport qui interdisait le mariage ou toute forme d'attachement avec les Non-Maj's, a été abrogée depuis plusieurs années, il reste encore plusieurs sorciers convaincus qu'elle devrait être rétablie… Disons simplement que ce qui se passe avec Tu-Sais-Qui pourrait malheureusement libérer une certaine animosité envers les Non-Maj's et les nés-Non-Maj's…
— Je ne veux plus jamais y mettre les pieds… Et dire que je voulais y travailler pour changer les choses. C'est pire que ce que je pensais ! On vit dans un monde terrifiant. Je suis bien mieux au journal The Phoenix News… Heureusement que tu as lancé ce sortilège de protection sur notre maison. Ils ne pourront jamais me retrouver si je m'y cache.
Depuis son mariage, Remus avait vécu ces derniers jours comme des montagnes russes. Il vivait de purs moments de bonheur et de complicité avec Tonks, mais parfois des instants de doute et de profonde tristesse le gagnaient. Sa condition de loup-garou lui faisait craindre une vie difficile pour la jeune Auror qui était maintenant sa femme. Il fallait ajouter à cela la guerre qui faisait toujours plus de victimes. Ils étaient tombés dans un piège lorsqu'ils avaient voulu aider Harry à quitter le domicile de son oncle et sa tante Moldus. Alastor Maugrey était mort. C'était un coup rude pour l'Ordre du Phénix. Et Nymphadora s'en trouva profondément attristée. Il était son mentor, celui qui l'avait prise sous son aile pour la former en tant qu'Auror. Un simple calcul fit prendre conscience au Maraudeur que les membres restants du premier Ordre du Phénix étaient devenus bien rares…
Pourtant, certaines personnes voulaient continuer de vivre comme si tout cela n'était qu'un mauvais rêve. Ils étaient tous invités pour le mariage de Bill et Fleur. Mais Remus n'était pas d'humeur à la fête. Tonks venait de lui faire une annonce particulière. Si la pleine lune avait été proche, il aurait pu deviner, comme il l'avait senti pour Lowyn... Mais là, ce fut sa femme qui lui apprit qu'elle était enceinte. Lunard fut bien évidemment incapable de dissimuler le dégoût que cette nouvelle anima en lui.
— Je ne veux pas croire que le fruit de notre amour puisse être malfaisant, avait alors déclaré Tonks avec conviction.
Remus n'avait pas son assurance. Il était convaincu que sa part d'ombre serait transmise à son fils ou sa fille à naître. Comment pouvait-il se regarder en face avec l'idée d'avoir condamné un être innocent à une vie de souffrance et de rejet perpétuel ?
Puis les choses s'étaient accélérées. Le mariage se termina sous les attaques de Mangemorts alors que le ministère de la Magie venait de tomber aux mains du Seigneur des Ténèbres, avec le décès de Rufus Scrimgeour. Harry, Ron et Hermione avaient pris la fuite et demeuraient introuvables. Remus et Tonks s'étaient réfugiés chez Andromeda et Ted. Nymphadora leur avait annoncé l'heureuse nouvelle de la naissance à venir, et le Maraudeur avait pu apercevoir ce regard inquiet que les parents de la jeune femme s'étaient échangé. Lunard savait que contre toute bonne volonté, on ne voyait de lui que le monstre.
Après quelques jours, Remus prit sa décision. Il devait partir. Tonks était en sécurité avec sa famille. Il n'eut même pas le cœur de lui laisser un mot pour expliquer son absence. Il voulait se rendre utile et retrouver Harry. Le monde venait de changer, et de nouvelles lois étaient appliquées contre les Moldus et les nés-Moldus. Tous ceux qui n'étaient pas d'ascendance magique étaient accusés de vol de magie et condamnés. Tous les enfants sorciers étaient forcés de faire leur rentrée scolaire à Poudlard pour garantir un contrôle sur ces nouvelles générations. Ce monde devenait fou et, bientôt, Remus aurait un enfant qui y grandirait. Cela le rendait malade.
Après réflexion, l'ancien professeur de défense contre les forces du Mal décida de se rendre à l'ancien quartier général de l'Ordre du Phénix. Il n'avait jamais remis les pieds au 12, square Grimmaurd depuis cette fameuse nuit où Sirius avait perdu la vie. Ce fut donc avec le cœur lourd qu'il approcha de la demeure. Il fit son possible pour être discret. Il repéra plusieurs Mangemorts en faction devant la maison des Black qui était bien évidemment invisible à leurs yeux. Il transplana sur la plus haute marche de l'entrée et frappa pour qu'on vienne lui ouvrir. Comme il l'avait deviné, Harry, Ron et Hermione vivaient ici depuis le mariage de Bill et Fleur. Remus leur donna les dernières nouvelles de l'Ordre du Phénix et leur exposa la situation qui avait grandement changé depuis que le ministère de la Magie se trouvait sous le contrôle de Voldemort. Ils se demandaient comment il était possible que des Mangemorts puissent se trouver devant ce logement en sentant leur présence.
Puis Remus aborda le sujet qui lui tenait à cœur ces temps-ci. Il proposa son aide à Harry pour effectuer la mission secrète confiée par Dumbledore avant sa mort. Même s'il était agacé d'être tenu dans l'ignorance, il insista tout de même pour les convaincre que son aide serait un précieux atout. Mais Hermione dirigea alors la conversation sur Tonks. Gêné, il avoua qu'elle était enceinte et en parfaite sécurité avec sa famille… Les trois jeunes sorciers prirent cette nouvelle avec une joie que le Maraudeur ne partageait pas. Il réitéra sa proposition d'aide, mais la réaction de Harry l'étonna. Le jeune Potter était en colère de le savoir abandonnant sa famille. Des éclats de voix avaient résonné, et Remus avait même jeté un sort au fils de ses amis, aveuglé par la colère.
Lunard s'était réfugié au Chaudron Baveur, installé à une table éloignée de tous. Il sentait encore la colère qui le faisait trembler de tous ses membres. Comment Harry avait-il osé lui parler de cette façon ? Ce n'était qu'un gamin qui ne connaissait rien de ce qu'il endurait au quotidien. Comment est-ce qu'une naissance venant de lui pouvait être une bonne chose ? Que pouvait savoir Harry de ce qu'aurait pensé son père de la situation ? Il ne l'avait jamais connu. Remus pensa à Sirius qui avait également laissé derrière lui sa famille pour prendre part à cette guerre. En quoi sa situation était-elle différente ?
Pourtant, Harry avait touché du doigt un élément sensible. Oui. James avait sacrifié sa vie pour protéger sa femme et son fils de Voldemort. C'était comme cela que les choses s'étaient passées d'après le souvenir du jeune Potter lorsqu'il se tenait près des Détraqueurs. James avait voulu affronter le Mage Noir seul pour donner une chance à Lily et Harry de prendre la fuite. Jamais Cornedrue n'aurait abandonné sa famille. Remus imagina un instant son ami avec ses yeux noisette le regarder avec dureté et lui faire une leçon de morale pour lui faire prendre conscience qu'il faisait fausse route. Mais il n'était plus là.
Lunard se passa les mains sur son visage, ses doigts arrivant maintenant jusque dans ses cheveux grisonnants. Sirius avait lui-même tenté de le pousser à vivre une histoire avec Tonks. Peut-être que lui aussi aurait eu la même réaction. Harry l'avait traité de lâche. Peut-être qu'au fond de lui, Remus voulait que Harry le remettre dans le droit chemin. Il laissa échapper quelques larmes alors qu'il prit conscience de combien Tonks lui manquait. Il l'aimait profondément et il avait tout gâché en la laissant seule. Saurait-elle le pardonner ? Il pensa à sa mère Moldue qui avait également connu une vie de nomade en déménageant sans arrêt pour préserver son secret lié à la pleine lune. Elle aussi s'était sacrifiée pour son fils…
Remus quitta le Chaudron Baveur, honteux de son comportement. Il transplana jusque devant le domicile de la famille Tonks. Lorsqu'il entra dans la demeure, il reconnut une expression de soulagement dans le regard d'Andromeda. Elle lui indiqua que sa fille se trouvait à l'étage, enfermée dans sa chambre. Lunard s'y rendit sans attendre et retint son geste alors qu'il s'apprêtait à frapper à la porte pour manifester sa présence. À travers ce montant de bois, il crut entendre des pleurs. Cela lui brisa le cœur. Il ouvrit la porte et rejoignit sa femme étendue sur le lit. À genoux, il prit ses mains entre les siennes et la supplia de le pardonner. Il lui jura de toujours rester auprès d'elle, à condition qu'elle veuille encore de lui…
À la mi-août, toute l'équipe du journal The Phoenix News se trouvait réunie pour discuter du prochain sujet important à mettre en première page. Roxane s'occupait de servir le café alors que les deux plus grands journalistes échangeaient leurs avis divergents sur la guerre qui se tenait en Europe.
— Tu ne peux pas écrire un article sans aucun fondement, protesta Arnold qui repoussa nerveusement ses lunettes sur son nez.
— Mais des preuves il y en a des tas ! assura Kalya avec conviction. Ça ne fait aucun doute que le ministère de la Magie britannique est tombé sous le contrôle de Tu-Sais-Qui… Il n'y a qu'à lire La Gazette du sorcier pour s'en rendre compte. Pendant des mois, ils proclamaient que Harry Potter était l'Élu, celui qui mettrait fin à cette guerre et qu'il fallait le soutenir dans son combat ! Et regarde, aujourd'hui il est devenu l'ennemi public N°1 avec une récompense de plus de dix mille gallions pour sa tête…
— D'accord, mais ça veut peut-être tout simplement dire que La Gazette est maintenant dirigée par un partisan du Seigneur des Ténèbres. De là à imaginer que c'est aussi le cas de tout le ministère, c'est exagéré !
— Mais regarde les dates, insista Kalya. Ce revirement s'est produit juste après la disparition de Rufus Scrimgeour.
— Démission, par disparition, corrigea Arnold.
— Plus personne ne l'a vu depuis… Si ça se trouve, il est déjà mort. Et je te parie ce que tu veux que ce nouveau ministre, Pius Thicknesse, est un adepte de Tu-Sais-Qui ou qu'il agit sous Imperium… J'ai des sources qui m'ont confirmé que le ministère interroge des nés-Moldus – comme ils disent là-bas – pour qu'ils prouvent avoir une affiliation de sorcier. Dans le cas contraire, ils sont jugés indignes de pratiquer la magie et les plus jeunes ont interdiction d'aller étudier à Poudlard !
— Crois-moi, si on sort un papier pareil, ça va créer un mouvement de panique, annonça tristement Arnold.
— Les gens doivent savoir ce qu'il se passe réellement ! Il faut arrêter de nous imaginer à l'abri sous prétexte qu'il y a un océan qui nous sépare…
Il y eut un silence, durant lequel Arnold hocha la tête par la négative. Pendant tout l'échange, le directeur Edward Marks s'était contenté d'écouter les arguments de l'un et l'autre sans prononcer un mot. Il semblait attendre que toutes les pistes soient mises sur la table avant de prendre la peine de réagir. Il porta son regard calculateur sur Roxane et demanda :
— Qu'en pensez-vous Miss Scott ?
La jeune sorcière se figea en observant son patron.
— Moi, Monsieur ? demanda-t-elle d'une petite voix mal assurée.
— Même si vous servez le café, je suis convaincu que vous n'avez pas perdu un mot de ce qui s'est dit, reprit Edward avec un air entendu. J'aimerais donc bien entendre votre avis sur la question…
Roxane se redressa même si elle sentait maintenant le poids de tous les regards posés sur elle et même quelques sourires amusés de la part de ses collègues. S'armant de courage, elle répondit clairement :
— À mon sens, la question n'est pas de savoir si oui ou non le ministère de la Magie britannique est tombé sous l'influence de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom… Mais plutôt de se demander si ce n'est pas déjà le cas du MACUSA.
Un murmure de surprise parcourut la salle.
— Là, Roxane, tu es sur un terrain glissant, dit Arnold admiratif d'une telle audace.
— Vous venez de piquer ma curiosité, avoua Edward avec une étincelle dans le regard. Allez au bout de votre idée…
— Eh bien, la semaine dernière j'ai été convoquée au MACUSA pour régulariser ma situation, dit-elle en mimant des guillemets. Je suis née dans une famille Non-Maj'. Ils m'ont pris ma baguette à l'entrée et demandé de porter un badge visiteur qui portait les lettres NNM, ce qui signifie Née-Non-Maj'…
Kalya porta une main à sa bouche avec un regard choqué.
— Lors de mon entretien, on m'a reproché de ne pas avoir communiqué la nouvelle adresse de résidence de mes parents au MACUSA. Et ce sorcier a également insinué que j'avais forcément volé la magie que j'utilise étant donné que je n'ai aucun parent doté de pouvoirs magiques…
Les propos de Roxane jetèrent un froid dans la pièce, mais elle poursuivit :
— Se faire traiter de Sang-de-Bourbe par des élèves puérils à Ilvermorny c'est une chose, et j'ai déjà donné… Mais entendre de tels propos de la bouche d'un membre officiel du Congrès Magique des États-Unis d'Amérique, ça a le mérite de soulever certaines questions…
Edward continua d'observer la jeune fille sans cligner des yeux, l'expression de son visage restant indéchiffrable. Il y eut un silence pendant lequel tout le monde retenait son souffle pour connaître ce qui allait suivre.
— OK, répondit enfin le directeur du journal. Kalya je te laisse publier ton papier…
— Ed, commença Arnold. Tu sais très bien ce qui risque de se passer si on commence à émettre l'idée que le MACUSA approuve les idées du Seigneur des Ténèbres…
— C'est pour cette raison que Kalya va rédiger quelque chose de très subtil, reprit Edward pour repousser l'argumentaire de son journaliste, puis il se tourna vers la sorcière. Je peux compter sur toi ?
— C'est comme si c'était fait, assura Kalya avec un regard qui ne laissait planer aucun doute.
— J'espère que tu sais ce que tu fais, marmonna Arnold à l'adresse de son supérieur.
Un peu plus tard en fin de matinée, Edward Marks lisait le parchemin qu'il avait sous les yeux avec attention. À la fin de sa lecture, il releva la tête vers sa journaliste :
— C'est bon pour moi, ce sera dans le numéro de demain.
Kalya récupéra son article, mais ne se décida pas à quitter son siège. Elle arborait un sourire énigmatique.
— Autre chose, Mrs Smith ? demanda le directeur de The Phoenix News.
— Avoue que tu ne peux pas t'en empêcher.
— De quoi ? questionna Edward en sondant de regard de son employée.
— De jouer avec cette petite stagiaire…
Mr Marks laissa un sourire se dessiner sur son visage, chose rare ce qui lui donna un air bien plus amical.
— C'est plus fort que moi, reconnut-il sans détour. Mais je me suis fait avoir à mon propre jeu, tout à l'heure. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle me raconte une histoire pareille. Elle a du cran. Elle pourrait aller loin si elle se faisait un peu plus confiance.
— Ce n'est pas une question de confiance. Le problème, c'est que tu es trop intimidant quand on ne te connaît pas.
— Peut-être, admit Edward. En réalité, elle me fait penser à moi à son âge…
Deux jours après que le fameux article fut publié en première page de The Phoenix News, Roxane entra dans la salle de réunion pour rejoindre l'équipe de presse pour leur rassemblement matinal habituel. En observant la mine affligée de ses collègues, la jeune Scott comprit immédiatement qu'il s'était passé quelque chose de grave. Les yeux rougis par le chagrin, Kalya fit face à la jeune stagiaire et attendit qu'elle soit assise pour lui annoncer :
— Edward a été retrouvé mort chez lui.
— Quoi ? murmura Roxane qui sentait ses oreilles bourdonner.
Les autres membres de l'équipe journalistique semblaient bien trop accablés pour entrer dans la conversation. Arnold avait abandonné ses lunettes sur la table, dissimulant son visage de ses mains. Il semblait être le plus anéanti. Ce n'était pas seulement un patron qu'il avait perdu, mais aussi un ami d'enfance.
— Ça ne peut pas être à cause de l'article ? demanda faiblement Roxane. Il était signé de ton nom…
— Tout le monde sait que c'était Edward Marks qui validait ou non les publications, reprit Kalya avec tristesse.
La jeune Scott sentit son estomac se contracter douloureusement. Un violent sentiment de culpabilité s'empara d'elle.
— Je n'aurais jamais dû raconter ce que j'ai vécu au MACUSA, dit-elle faiblement. C'est à cause de moi s'il s'est décidé à te publier…
— Non, assura Kalya avec force. J'ai travaillé avec Edward pendant 20 ans. Et, crois-moi, il avait déjà pris sa décision avant de t'écouter.
Roxane eut une grimace peu convaincue. Ses yeux lui piquaient, menaçant de laisser couler quelques larmes.
— Ton histoire l'a touché, c'est vrai, admit la journaliste. Il était lui-même Né-Non-Maj'. Mais garde bien en tête qu'il aurait tout de même validé mon article que tu sois là ou pas…
— Bien ! Je vois que vous êtes tous présents, annonça un homme à l'imposante stature que Roxane n'avait jamais vu auparavant.
Arnold s'essuya les yeux et remit ses lunettes en demandant :
— Et vous êtes ?
— Votre nouveau patron.
— Vous n'avez pas perdu de temps, marmonna Kalya avec mauvaise humeur.
Le nouveau venu afficha un sourire malsain qui déformait ses traits.
— Nous ne pouvons que saluer l'efficacité du MACUSA, reprit-il. J'ai bien l'intention d'apprendre à tous vous connaître.
Il se plaça au bout de la table pour s'installer dans le siège d'Edward Marks et d'un mouvement de baguette magique, distribua un morceau de parchemin à tous les employés réunis.
— Veuillez commencer par remplir ce formulaire. Une simple petite enquête pour savoir à qui j'ai affaire…
Roxane parcourut le document et commença lire les questions posées. Son sang se glaça dans ses veines alors qu'elle aperçut des précisions demandées sur les origines magiques ou Non-Maj's de chacun. Elle eut une envie de vomir son petit déjeuner. Elle n'eut pas besoin de jouer la comédie pour demander à aller se rafraîchir aux toilettes. La jeune sorcière quitta la salle de réunion pour gagner cette pièce uniquement désignée pour les femmes. Elle se passa de l'eau sur le visage en se demandant quoi faire. Après quelques minutes, Kalya entra à son tour.
— Sauve-toi, dit-elle sans détour. Tu n'es que simple stagiaire, ton absence ne se remarquera pas…
— Mais qu'est-ce qu'il va vous arriver ? demanda Roxane d'une voix paniquée.
— On s'en sortira. Je suis de sang pur, ils ne peuvent rien contre moi. Mais toi, je veux que tu transplanes d'ici sans détour ! Je te couvrirai pour expliquer ton absence.
Roxane regarda intensément cette journaliste à l'expression décidée.
— Aller ! Sauve-toi !
La jeune Scott se concentra sur sa destination et quitta le bâtiment où le journal The Phoenix News était dirigé.
Quelques jours plus tard sur Isla Aura, Armance demanda à Lowyn :
— Où est passé Wayne ?
— Encore sous forme animale quelque part dans la forêt, j'imagine…
La doyenne des White soupira.
— Tu ne peux pas lui en vouloir, rétorqua Lowyn avec mauvaise humeur. Ce n'est pas simple pour lui. Ça le rend malade de voir Roxane pleurer presque toutes les nuits. Il m'a dit qu'elle se sent responsable de l'assassina d'Edward Marks, l'ancien directeur de The Phoenix News…
— Dommage pour cet homme, reconnut Armance. C'était courageux de sa part d'autoriser l'article de cette Kalya Smith… J'ai particulièrement aimé sa phrase : il ne serait pas exclu d'imaginer que de telles dérives puissent être capables de franchir l'océan qui nous sépare de nos voisins anglais. Une belle façon de laisser entendre que le MACUSA ne vaut pas mieux que le ministère de la Magie britannique…
— Tu devrais lever le sortilège pour laisser Wayne la rejoindre.
— Pour qu'il aille ensuite libérer l'Ultime Dragon et consumer toute son énergie vitale ? Hors de question, trancha Armance d'un ton catégorique.
— Et si jamais cette guerre contre Voldemort ne finissait pas ? demanda Lowyn. Cela t'avancerait à quoi de nous laisser mourir sur cette île ?
La vieille sorcière ne répondit pas. Elle était trop concentrée à observer, avec inquiétude, un nouveau Mangemort qui venait d'apparaître au large d'Isla Aura, sans toutefois être capable de deviner leur présence…
La dernière journée du mois d'août touchait à sa fin. Dereck se trouvait attablé avec sa famille dans la maison de ses parents, au beau milieu de l'État du Minnesota. Sa grand-mère se tenait au bout de la table, ses longs cheveux raides et blancs encadraient son visage ridé par le temps écoulé. Ses yeux en amandes étaient les mêmes que ceux de sa fille et de ses deux petits-fils, vestige de leurs origines amérindiennes. Dereck était installé face à ses parents, eux-mêmes dos à la porte d'entrée. Il était également entouré de son petit frère de 5 ans et de Tessa Williams. Cette dernière ne faisait pas partie de sa famille, mais il espérait qu'un jour cela changerait.
— Dernière soirée de vacances pour moi, résuma Tessa avec une mine attristée. Merci encore de m'avoir accueillie. Ça me fait tellement bizarre de retourner à Ilvermorny sans toi.
Elle avait prononcé cette dernière phrase en regardant Dereck.
— Plus qu'une année pour toi et nous serons libres, annonça-t-il en lui prenant la main.
— Croyez-moi, par les temps qui courent, il vaut mieux faire sa rentrée à Ilvermorny qu'à Poudlard, marmonna la grand-mère.
— S'il te plaît maman, ne viens pas gâcher la soirée en parlant de cette guerre sur l'autre continent, avertit la mère de famille d'origine Sioux.
— Si vous voulez mon avis, tout le monde à tort de se sentir à l'abri, continua la doyenne.
— Finis ton assiette Téo, tenta le père de Dereck pour détourner la conversation.
— Le dernier article digne d'intérêt dans The Phoenix News laissait clairement entendre que de telles pratiques pourraient voir le jour ici même, poursuivit la vieille femme imperturbable. Et comme par hasard, le directeur de ce journal a mystérieusement été tué après cela…
— Oui, reprit Dereck. Et Roxane a bien fait de quitter leur équipe…
— Ne l'encourage pas Dereck, soupira sa mère.
— J'ai le droit d'exprimer un avis, marmonna la vieille sorcière. Plus personne ne semble capable d'arrêter Voldemort.
Tous les membres de la tablée eurent un frisson d'angoisse à l'évocation du Mage Noir.
— Arrête de prononcer son nom, bon sang ! s'exclama Dereck à l'adresse de sa grand-mère.
— Je suis bien trop âgée pour avoir peur, poursuivit la vieille femme que rien ne semblait capable de stopper. Je vous rappelle que j'ai connu la guerre contre Grindelwald. Il a tué beaucoup de monde Pour Le Plus Grand Bien comme il disait… Et personne ne craignait son nom ! Voldemort !
— Ça suffit maman !
— Voldemort, Voldemort, Voldemort, répéta la doyenne en riant. Tant qu'il me restera un souffle de vie, personne ne m'empêchera de prononcer son nom ! Et vous devriez en faire autant !
— Bon, coupa Dereck en se levant. Je vais chercher le dessert, ce sera toujours plus intéressant que tes discours à deux noises…
Le jeune sorcier quitta la pièce pour fuir la dispute familiale et rejoindre la cuisine. Dans cette salle de préparation culinaire, il repéra rapidement le gâteau qui avait été confectionné avec soin. Il s'avança pour prendre le plat, mais s'arrêta sur sa lancée alors qu'un bruit d'explosion résonna dans l'entrée. Dereck se retourna et entendit maintenant des cris. Il sortit sa baguette magique et courut pour rejoindre sa famille dans le salon.
De retour auprès des siens, le spectacle qui se jouait devant ses yeux le terrifia. Ses parents étaient à terre, les yeux grands ouverts et vides de toute vie. Sa grand-mère se tordait de douleur au sol alors qu'un sorcier encapuchonné la maintenait sous un sortilège impardonnable.
— Je vais te passer l'envie de prononcer son nom, dit-il d'une voix menaçante.
En tout, 5 Mangemorts se trouvaient là en lançant des sortilèges divers dans la pièce pour atteindre Tessa et Téo qui tentaient de fuir pour leur survie. Dereck répliqua avec des sorts de stupéfixion pour repousser les assaillants et protéger les derniers survivants. Le Mangemort mit fin au sortilège impardonnable pour en lancer un autre qui mit fin aux jours de la doyenne de la famille.
La table tomba à la renverse, propulsée par différents sorts qui volaient dans la pièce. Dereck se cacha derrière ce rempart de bois épais et vit d'un coup d'œil la belle Tessa rendre son dernier souffle de vie. Le petit Téo avait réussi à courir jusque derrière le canapé du salon, mais sa présence se trahissait par ses pleurs. Les Mangemorts se rapprochaient en lançant des sorts de couleur verte dans tous les sens, et Dereck se releva d'un bond pour lancer à son tour un sortilège dans leur direction :
— Bombarda !
L'explosion qui en résulta repoussa 4 assaillants jusqu'en dehors de la maison au mur désormais brisé, ouvrant le foyer sur l'extérieur. Il courut maintenant vers le canapé pour rejoindre son petit frère, le dernier membre à protéger de sa famille. L'un des Mangemorts lança un maléfice de magie noire qui répandit des flammes sur son passage. Le Feudeymon se répandit sous la forme d'un dragon et consuma tout ce qui se trouvait dans la demeure. Dereck resserra sa prise sur le corps de son frère pour faire bouclier et commença bientôt à sentir la morsure brûlante lui manger le bras. D'un coup d'œil, il se rendit compte que l'enfant ne bougeait plus, les yeux également vides de toute vie. Dereck était le dernier qui respirait encore. Dans un ultime effort de survie, il relâcha son frère et se concentra pour quitter cet enfer hardant par transplanage.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, il avait changé d'État. Il se trouvait au beau milieu d'une rue passante et animée au cœur de la Louisiane. Dans un effort titanesque, il tenta d'oublier la douleur fulgurante qu'il ressentait à son épaule pour se diriger vers la boutique qui l'intéressait. En s'approchant, la devanture apparut comme par magie pour proposer divers articles de la culture vaudou. Dereck entra d'un pas vacillant et s'écroula au sol dans un cri de douleur.
Jimmy releva la tête et sauta par-dessus le comptoir lorsqu'il reconnut son ami au sol de la boutique familiale. Une fois près de lui, il remarqua son bras brûlé sur toute la longueur.
— Ils sont tous morts, articula-t-il douloureusement. Toute ma famille… Et Tessa…
— Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Jimmy avec un regard terrifié.
— Surtout, ne prononce pas son nom !
Jimmy tenta d'aider Dereck à se redresser, mais il cria avec force avant de s'évanouir. Le jeune sorcier comprit qu'il y avait quelque chose d'étrange. Il déchira son vêtement et aperçut un os qui sortait de son épaule. Une jeune sorcière également présente dans la boutique eut un haut-le-cœur en découvrant la scène.
— Il s'est désartibulé en transplanant. Amy, va chercher ma malle au sous-sol, demanda Jimmy à la jeune fille. Je vais le monter à l'étage.
Des réactions ? En général, j'aurais tendance à vous inviter à prendre contact avec JK Rowling pour les personnages assassinés gratuitement (je lui en veux encore pour Sirius), mais là j'avoue que je me suis légèrement acharnée sur mes personnages ! Mais c'est la guerre...
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